Ahlam Shibli (2008 – 2010)

Le site d’Ahlam Shibli à découvrir ici : http://www.ahlamshibli.com/photography.htm
Sa page Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ahlam_Shibli
> La résidence à Tulle avec Peuple et Culture
Palestinienne vivant depuis sa naissance en 1970 sous colonisation et occupation israélienne, Ahlam Shibli dont tout le travail artistique est traversé par la question du « chez-soi », a été d’emblée touchée par le traumatisme, passé et présent, subi par la population de Tulle le 9 juin 1944 : plus de 2000 hommes raflés au petit matin par la division SS « Das Reich ». Après un tri arbitraire, 99 seront pendus aux balcons de la ville et 141 déportés dont 101 mourront en camp de concentration. « J’ai immédiatement ressenti de l’empathie avec la population de Tulle marquée par cette tragédie, une empathie qui relevait d’un sentiment d’humanité ».
Puis, son observation à la fois fine et radicale, sa sensibilité à toute situation d’oppression ont ouvert un autre angle, une dimension paradoxale : dans cette même population, souvent dans les mêmes familles, se mêlent des personnes qui ont souffert de la violence de l’occupation nazie, qui ont résisté et d’autres qui, tout de suite ou quelques années après la Libération, ont participé aux guerres coloniales contre des peuples qui agissaient pour leur indépendance et défendaient leur « chez soi » en Indochine ou en Algérie.
A sa demande, Peuple et Culture a fait découvrir à Ahlam Shibli les monuments, lieux, moments de commémorations officielles et grâce à son réseau, l’a mise en contact avec des familles des hommes pendus et déportés, des résistants, d’anciens militaires de la guerre d’Indochine, des appelés du contingent pendant la guerre d’Algérie, des pieds-noirs, des harkis, des opposants à la torture en Algérie, des Algériens immigrés, des Vietnamiens amenés en France par l’administration coloniale comme soldats ou travailleurs forcés… Elle s’est entretenue avec eux, les photographiant dans leur environnement, leur demandant de lui montrer des objets, des documents extraits de leurs archives personnelles, des lieux… Ces hommes et ces femmes forment une population hétérogène dans laquelle s’incarnent et se croisent les deux moments d’histoire. « Il ne s’agit pas d’établir des équivalences, de comparer les deux situations, déclare-t-elle, mais de regarder la complexité de l’histoire et en quoi une ville et ses habitants en portent des signes, des traces… ».
L’œuvre photographique de Ahlam Shibli ne juge pas, ne dénonce pas, ne donne pas de leçons, ne discourt pas. Elle dessine et révèle un portrait de ville dont la complexité enrichit notre rapport à l’histoire, au lieu dans lequel nous vivons, au monde et donne à l’art sa fonction politique par une vraie place dans la société civile.
Manée Teyssandier
> Une exposition et un livre


Photographié en 2008 – 2009 en Corrèze, Trauma consiste en une réflexion sur le sens du terme « chez soi ». Prenant comme point de départ les évènements du 7 au 9 juin 1944 à Tulle, le travail se construit autour du fait qu’une seule et même population -voire dans certains cas les mêmes personnes -, après avoir résisté à l’occupation allemande et souffert de ses atrocités, a mené quelques années plus tard des guerres coloniales en Indochine et en Algérie contre des peuples qui à leur tour demandaient l’indépendance.



Les photographies du livre à découvrir ici : http://www.ahlamshibli.com/photography/trauma.htm
> Entretien avec Ahlam Shibli – Juin 2009



Trauma a fait partie de cette exposition au Jeu de paume : https://jeudepaume.org/evenement/ahlam-shibli-foyer-fantome-2/
Article sur le site de l’Association France Palestine Solidarité :
« Les » martyrs » d’Ahlam Shibli créent une polémique » : https://www.france-palestine.org/Les-martyrs-d-Ahlam-Shibli-creent






