Anne-Marie Filaire (2016 – 2017)

Anne-Marie Filaire (2016 – 2017)

Née en 1961 à Chamalières, en France, Anne-Marie Filaire est photographe, auteure de pièces radiophoniques diffusées sur France Culture et enseignante à l’Institut d’études politiques de Paris. Sous la forme d’une exploration poétique de l’homme face à son environnement, son oeuvre s’articule autour de la question du paysage et des préoccupations intimes des populations confrontées aux fracas géopolitiques.

Elle a documenté la période de séparation et d’enfermement en Israël Palestine.

Elle a notamment exposé et publié “Zone de sécurité temporaire” (Textuel/Mucem 2017) qui lui a valu le prix du meilleur livre de photographie du Festival international du livre d’art et du film. Témoignant de la transformation d’une ville par extractivisme, ‘Terres, sols profonds du Grand Paris” a paru en 2020 aux éditions La Découverte. Son travail photographique a été présenté dans de nombreuses institutions et musées en France et à l’étranger. En 2022 elle a reçu le titre de Chevalière de l’ordre des Arts et des Lettres.

Le site d’Anne-Marie Filaire : https://annemariefilaire.com/

Elle a exposé avec Peuple et Culture Corrèze en 2005 à  Sortir la tête à Tulle dans le cadre d’une exposition intitulée « Tout doit disparaître ! » lors de récentes acquisition du relais artothèque.

Le travail photographique d’Anne-Marie Filaire ne tient pas du reportage mais s’apparente à une attitude de documentariste. Ce qu’elle traque dans ses vastes panoramas ne relève pas d’un instantané ou d’une actualité livrée dans sa réalité brute. Au contraire, ses recherches consacrées aux paysages du Moyen-Orient, à travers l’évocation de lieux dans lesquels l’histoire se construit sous nos yeux, nous donnent à lire l’événement en train de se produire.

Photographe d’investigation, Anne-Marie Filaire parcourt Israël et la Palestine en effectuant des relevés extrêmement précis des paysages. Cette enquête minutieuse la conduit à traverser des frontières parfois tangibles, parfois invisibles, ou qui se matérialisent subitement à quelques mois d’intervalle. Ses photographies sont donc majoritairement consacrées à des entre-deux, des zones tampons dans lesquelles, même si aucun habitant n’est présent, les traces de l’activité humaine saturent l’espace.

Sous la forme d’un constat, les images de l’artiste montrent avant tout la structure mouvante d’un territoire en évoquant le paysage dans sa dimension politique. Si sa volonté de revenir sur les mêmes lieux lui permet d’enregistrer les modifications des sites photographiés, elle constitue également un aller-retour entre plusieurs cultures. En ce sens, les images d’Anne-Marie Filaire nous rappellent que le paysage est une construction humaine et que celui-ci réside peut-être dans la rencontre entre l’histoire d’un peuple et le regard d’un photographe.

« Alors que le paysage se ferme, je voulais travailler dans le mouvement. Ces photos sont des relevés de terrain. Je n’ai pas cherché spécialement à suivre le mur. Il s’agit d’un constat. Engagé, mais pas partisan ». Anne-Marie Filaire pour Libération.

Une de nos convictions les plus fortes (fondée sur notre expérience des dernières années) est que le travail d’ouverture à l’art se fonde non pas sur des “évènements” mais sur un travail en profondeur et dans la durée. C’est pourquoi, lorsque c’est possible, nous donnons priorité à des actions qui se prolongent dans le temps et qui permettent ainsi de découvrir non seulement des oeuvres, mais aussi des processus de création en cours. Comme avec la photographe Anne-Marie Filaire. Elle est venue une première fois à Tulle, en janvier 2004, présenter à Sortir la Tête à la fois une série de photographies réalisées en 1999 en Israël et Palestine (et qui font partie de la collection de l’artothèque du Limousin) et un travail plus récent sur le Cambodge (2002) sous forme de montage (photographies et texte) qu’elle donnait à voir pour la première fois à un public. Elle préparait à l’époque un nouveau séjour en Israël et Palestine dans la perspective d’un travail photographique “d’observation du paysage” des deux côtés du mur. Rendez-vous fut pris pour le “rendu” de son travail après son retour en France. C’est ainsi qu’en septembre dernier, elle a présenté à Tulle, pour la première fois publiquement, ce travail en cours (sous forme de tirages numériques), quelques jours avant un nouveau départ dans les territoires et en Israël pour photographier exactement les mêmes lieux, sous le même angle, et donner ainsi à voir les bouleversements terribles que provoque l’avancée inexorable de la construction du mur de séparation.

Manée Teyssandier

Tulle – Janvier 2017 -Anne-Marie Filaire
Tarnac 2017 – Anne-Marie Filaire
Page centrale du journal de Peuple et Culture Corrèze du mois de mai 2017
Exposition à l’église Saint-Pierre – Tulle