Cinéma documentaire

Réseau de diffusion du cinéma documentaire en territoire rural

Depuis 2001, Peuple et Culture a mis en place un réseau de diffusion de cinéma documentaire en territoire rural avec les partis pris suivants :

  • Aller tout au long de l’année là où le cinéma documentaire n’arrive jamais d’habitude… Dans des petites communes, des quartiers, des salles non équipées, des granges, chez l’habitant, en plein air… avec des projections sur grand écran et une bonne qualité d’image et de son.
  • Retrouver le goût du débat collectif (sur le fond et la forme) le plus souvent en présence des réalisateurs.
  • Associer concrètement des spectateurs actifs aux choix des films et à l’organisation des projections et des échanges.

Vingt ans après, nous pouvons dire que l’intuition que nous avons eue que le cinéma documentaire pouvait rencontrer en territoire rural, un public relativement large, s’est révélée juste. Un cinéma qui laisse une place au spectateur, touche à la fois à l’intime et au politique, agit à l’articulation entre sensible et savoir.

Un réseau à la fois…

Géographique : Chenailler-Mascheix, St-Martial-Entraygues, Sérilhac, Saint-Pardoux-la-Croisille, Seilhac, Viam, Ménoire, Madranges, Marcillac-la-Croisille, le cinéma Véo à Tulle, l’Esplanade à Egletons, Louis Jouvet à Uzerche. Dans ces lieux, un noyau de public s’est peu à peu constitué et s’élargit régulièrement.

Les deux dernières années ont été bien évidemment particulières mais nous pouvons constater qu’en réaction, le besoin d’activités collectives s’est fait particulièrement ressentir en milieu rural, si bien que le réseau s’est étendu. Récemment, plusieurs municipalités nous ont contactés avec le souhait de proposer des projections régulières dans leurs communes.

 

Humain : si les films rassemblent régulièrement un public conséquent, c’est parce que les personnes relais dans les communes sont en contact avec le terrain et font peu à peu passer leur désir de cinéma. Les projections sont souvent accompagnées de moments de partage : repas, casse-croûtes, pots, pendant lesquels les spectateurs se retrouvent ou font connaissance de séance en séance. Les participants les plus actifs dans le réseau sont maintenant en contact les uns avec les autres indépendamment même des moments communs de travail.

 

Artistique : à partir des connivences et des liens qui se nouent avec les réalisateurs. Soulignons enfin que ce travail dépasse la seule dimension culturelle, il s’opère dans la tradition de l’éducation populaire pour qui le cinéma est une forme essentielle du récit, un art, un projet politique et pédagogique.

Culturel : dans chaque lieu, appuyés par Peuple et Culture, associations et groupes d’habitants visionnent des films et font un choix (souvent très discuté) en se déterminant pour tel ou tel film, tel ou tel réalisateur, et co-organisent les projections et l’accueil des cinéastes. Cette pratique élargit pour chacun la connaissance et le goût pour le cinéma documentaire. Ces manifestations sont à la fois des lieux de projections et de pensée sur le cinéma et ses rapports au monde. Par ailleurs, une fois par mois, l’ensemble des acteurs de ce réseau se réunit à Peuple et Culture pour visionner ensemble des films et procéder à des échanges critiques.

Ainsi, c’est une formation en profondeur qui s’opère peu à peu et porte ses fruits par la qualité de ce réseau de diffusion et l’originalité de son fonctionnement. Avec cette action, l’important n’est pas seulement le contenu et l’organisation de la diffusion mais aussi les processus que cela met en jeu tant au niveau du cinéma documentaire que de la vie sociale et culturelle dans les communes concernées. On sait à cet égard que les démarches collectives de réelle participation de la population à des actions culturelle sont rares.

Là réside notre spécificité et notre expérience liée à l’histoire de l’éducation populaire. Et notre conviction que le modèle institutionnel (des spécialistes, des professionnels de l’art et de la culture « programment » puis « communiquent » pour convaincre « les publics ») n’est pas un modèle unique.

Cinéma et prison

Dès 2006, le directeur du SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation) et des enseignants du Centre de Détention d’Uzerche et de la maison d’arrêt de Tulle nous ont sollicité pour l’organisation de projections pour les détenus. Elles ont depuis lieu une fois par mois.

Des initiatives communes

Avec les associations qui diffusent du cinéma documentaire : Mémoire à vif, les lycées et collèges, RESF, la médiathèque intercommunale de Tulle, l’OCCE19, la P’Tite Fabrique Solidaire à Uzerche, le Centre Régional des Musiques Traditionnelles en Limousin à Seilhac…

Formations

Depuis sa création, ce réseau s’est développé grâce à des journées formation conduits, entre autre, par Patrick Leboutte, Jean-Louis Comolli et actuellement par Federico, historien du cinéma et programmateur indépendant dans de nombreux festivals en France et en Europe. Particulièrement sensible au travail de terrain de Peuple et Culture. Depuis peu, il nous accompagne aussi tout au long de l’année avec une programmation à laquelle il associe systématiquement en amont pour la préparation et la projection un ou des spectateurs actifs

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