Tribune
Lundi 23 février à Brive, au théâtre municipal, à partir de 18h30 : Tribune n°5 de l’empreinte avec Ludivine Bantigny : Aucune histoire n’est inéluctable : Pas plus celle du capitalisme – et de son corrélat fasciste –, que celle du patriarcat. Gratuit, réservation conseillée au 05 55 22 15 22
Si la violence patriarcale s’exerce depuis des siècles, sous la forme de guerres et de violences de basse et haute intensité sur le corps et les vies des femmes, celles-ci n’ont eu de cesse de répondre à ces dynamiques répressives, coercitives et réactionnaires, par des luttes, des résistances et des solidarités. C’est à une archéologie de la radicalité dans les luttes des femmes que Ludivine Bantigny nous invite dans son dernier ouvrage – Nous ne sommes rien, soyons toutes (Seuil, 2025) – pour en comprendre les stratégies, les projets, les tactiques et les modes d’organisation de façon à détruire l’ordre en place. L’enjeu alors, resituer les luttes féministes dans leur articulation avec les autres luttes : celles portées par les mouvements sociaux, celles du syndicalisme, celles guidées par les révolutions décoloniales, celles présentes au sein des partis de la gauche radicale ou au sein des courants libertaires. Partant de la Révolution française pour cheminer jusqu’à l’époque contemporaine, cette rencontre sera l’occasion de parcourir une histoire des femmes en lutte, une histoire des luttes féministes du point de vue de leur agentivité, de leur combat et de leur victoire. Un répertoire de réponses aux logiques de contre-insurrection, à l’heure où la planète se précipite dans un processus de fascisation, dont il serait bon de garder la mémoire, et pourquoi pas même, de s’inspirer : car aucune histoire n’est inéluctable. Pas plus celle du capitalisme – et de son corrélat fasciste –, que celle du patriarcat.
Ludivine Bantigny est historienne, enseignante et chercheuse. Depuis de nombreuses années, elle travaille sur l’histoire des mouvements sociaux et des engagements politiques pour faire apparaître les nouages et tensions qui relient les luttes anticapitalistes, décoloniales et féministes. Elle a notamment publié 1968. De grands soirs en petits matins (Seuil, 2018), Révolution (Anamosa, 2019), La Commune au présent (La Découverte, 2021) et L’Ensauvagement du capital (Seuil, 2022), avec Ugo Paletha, Face à la menace fasciste (Textuel, 2021) et plus récemment encore Nous ne sommes rien, soyons toutes. Histoire de femmes en lutte et de luttes féministes, de la Révolution à nos jours (Seuil, 2025).