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La salle de l'Université Populaire de Tulle

 

Nous parlons d’un endroit qui pendant des années a été l’Université Populaire de Tulle, c’était Peuple et Culture avant Peuple et Culture. En 1910 - 1911, se sont créées en France des centaines d’Universités Populaires, celle de Tulle un peu plus tardivement. Créations en réaction à l’affaire Dreyfus. Au moment de l’affaire Dreyfus, la CGT existait depuis 1895, les syndicats ouvriers et une large fraction des partis de gauche (la SFIO existait depuis 1905) s’était désintéressée du sort du capitaine Dreyfus. Le capitaine Dreyfus a été réhabilité en 1906, un certain nombre d’intellectuels et de politiques ont fait leur examen de conscience. Leur conclusions étaient : si le peuple de gauche, les syndicats et les partis de gauche se sont désintéressés de l’affaire Dreyfus c’est que le niveau d’instruction n’est pas suffisant il faut donc pousser davantage l’instruction telle qu’elle a été mise en place à l’école primaire et créer des prolongements à l’école primaire.
Se sont alors crées en France des centaines d’Universités Populaires dans lesquelles intervenaient des intellectuels comme Emile Zola, Anatole France, Charles Péguy qui venaient d’horizon politiques assez différents. Ils pensaient qu’un peuple deux fois plus instruit serait deux fois plus républicain !
A Tulle se crée une Université Populaire en 1910 – 1911, avec des instituteurs de l’école de Souilhac à coté des artisans et des cheminots de la gare de Tulle. (A l’époque il y avait 150 cheminots aujourd’hui 12…). Cette UP se crée, elle fonctionne, mais n’avait pas de lieu emblématique.
Pendant la guerre de 14 à cet endroit, ici (19 av Alsace Lorraine à Tulle), la manufacture avait fait édifier un pavillon, genre pavillon Baltard, pour loger quelques uns des 4000 ouvriers qui travaillaient à la manufacture pendant la guerre de 14. La guerre terminée certains de ces ouvriers s’en vont notamment, 800 femmes travaillaient pendant la guerre, au lendemain de l’armistice on les met toutes dehors sans préavis particulier. Les gens de l’UP ont pensé que ce bâtiment qui était assez froid et austère avec des verrières métalliques feraient bien leur affaire. Le siège départemental de la CGT était à coté et ils se sont installés ici. Et sont restés à cet endroit pendant un peu plus de 20 ans.
Que faisaient-ils ?
Des bals (tous les 15 jours) avec l’orchestre Maugein (parmi les musiciens se trouvaient Ricou Valade le père de Jeanine Picard et Jean Armand, deux musiciens dont l’un sera déporté et l’autre pendu le 9 juin 44), des spectacles de théâtre, il y avait une troupe de théâtre, un orchestre une chorale, des activités sportives avec un ring de boxe, de la course à pieds  et une bibliothèque extrêmement importante. Les premières projections de cinéma du patronage laïc se faisaient ici dans la salle de l’UP encore  après la guerre de 39 – 40.
Avant dernier acte de la vie de l’UP, octobre 40, au moment où le maréchal Pétain promulgue le statut des Juifs, qui était déjà prêt depuis le mois de juillet (donc bien avant), il promulgue la suppression des universités populaires. Un matin les flics viennent à l’UP et saisissent les 2000 livres de la bibliothèque.
Le secrétaire général de l’Université Populaire (comme dans les syndicats, il n’y avait pas de président) était un ancien combattant de la guerre de 14, il s’appelait Tintignac. Il avait perdu un bras à la guerre de 14 et était titulaire de la légion d’honneur. Il est monté à la préfecture et du bras qu’il lui restait il a bousculé l’huissier est entré dans le bureau du préfet et a balancé sa légion d’honneur sur le bureau du préfet. C’était l’avant dernier acte de l’Université populaire de Tulle.
Le dernier acte ça a été en 1995, quelques semaines avant les élections municipales, Jacques Chirac qui est premier ministre appelle un Tulliste au gouvernement, Raymond Max Aubert sous-secrétaire d’état au développement rural, pour lui assurer l’élection municipale à Tulle  C’est ce qui s’est produit après 3 mandats de Jean Combasteil à la tête de la municipalité. Raymond Max Aubert est élu maire, alors les idées fusent, « après l’immobilisme de Combasteil »…
Qu’est ce qu’on peut faire ? Il y a une idée géniale qui a germée et on a débaptisé (même si le terme est incongru !) l’Université Populaire pour la nommer salle Marie Laurent. Personne ne la connaît ! Marie Laurent est une actrice célèbre néanmoins de seconde zone quand même qui aurait eu quelques attaches à Tulle à une certaine époque !!! Mais effet pervers, si vous interrogez 100 gamins à Tulle pour savoir qui est Marie Laurent, 99 vous répondront que c’est une résistante !

Nous avons donc renommé cette Salle municipale, Salle de l’Université Populaire, qui est son vrai nom. Nous le faisons symboliquement mais aussi concrètement en posant sur la plaque actuelle une nouvelle plaque et bien entendu nous comptons sur les quelques élus de la ville de Tulle présents ce soir pour prendre le relais.

 

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