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cinéma documentaire

Demain, sur la place publique d’Anne Galland (2008 - 90’)
samedi 10 - 16h et 20h30 - salle polyvalente - Saint-Jal, film présenté et produit par l’Amicale Laïque de Saint-Jal

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Comment vit-on ensemble aujourd'hui dans une petite commune rurale ? Cette question se pose à Saint-Jal, en Corrèze, alors que l'élaboration d'une carte communale doit aboutir vers la fin de l'année 2006 et permettre, après une enquête publique auprès de la population, de décider de nouvelles orientations pour la vie communale. Cette question est l'affaire de tous : qu'est-ce qui a changé, s'est transformé, s'est perdu dans notre vie sociale ? Qu'est-ce qu'attendent ceux qui vivent dans la commune, enracinés depuis des générations ou au contraire nouveaux arrivants ? Que peut-on projeter, imaginer, préparer pour un avenir proche ou même à plus long terme ?
La place de Saint-Jal, qui regroupe tous les lieux publics dans lesquels s'organise la vie sociale, sera le théâtre de ce questionnement, l'agora, le forum du débat public. C'est là que se croisent, se rencontrent, se réunissent ceux qui participent à la vie de la commune. Chacun à sa manière et avec ses moyens, mais avec cette conscience collective et cette envie partagée de construire quelque chose ensemble.

à travers un exemple local, le microcosme d'une petite commune rurale de 600 habitants, ce film documentaire propose une réflexion sur nos choix de société.

Retour sur la genèse du projet :

En 2001, Peuple et Culture propose de mettre en place un réseau de diffusion du cinéma documentaire en territoire rural. Saint-Jal est une des premières communes à saisir cette opportunité grâce à l’amicale laïque. Pierre Couloumy alors maire, assiste régulièrement aux séances. Au gré des films, des questions qu’ils ouvrent, échanges et contacts s’approfondissent. Au cours de l’année 2005, il sollicite Peuple et Culture pour une réflexion sur une question qu’il considère comme vitale et que nous traduisons ainsi : Comment vit-on ensemble (ou ne vit-on pas ensemble...) dans une petite commune rurale ?... Entre les "enracinés" et les nouveaux arrivés, entre paysans qui vivent au pays en travaillant la terre et ceux qui habitent la commune et travaillent ailleurs, entre les différentes générations, entre les différentes opinions, croyances, habitudes, cultures... d'un petit territoire qui ressemble à tant d'autres.
Selon quels choix ? Comment déjouer les stéréotypes du “développement”, proposer autre chose aux nouveaux habitants qu’une cité dortoir, préserver les services publics ?
Dans un premier temps, nous envisageons de concevoir un cycle de “Droit de questions” avec des intervenants. Puis vient l’idée d’initier un projet cinématographique qui partirait d’abord d’une écoute de la population dans ses différentes composantes pour dégager des solutions, des personnages, des idées, des émotions. Bref ce qui fait au bout du compte un film, qui n’est pas un simple et rapide reportage mais le regard singulier d’un réalisateur sur une réalité humaine et sa complexité.

Demain sur la place publique
Anne Galland / extraits de la note d'intention / octobre 2006

Quand Peuple et Culture me propose ce sujet de film au début de l'année 2006, je suis tout de suite partante.
Ma rencontre avec Peuple et Culture Corrèze remonte à quelques années plus tôt, en mai 2003, alors que l'association nous avait invitées, avec Alima Arouali, à venir présenter le film que nous avions réalisé ensemble sur une grève dans un McDonald's parisien. La projection de “On n'est pas des steaks hachés” dans une grange de Corrèze reste un des moments d'anthologie de la diffusion de ce film, et la rencontre avec le public corrézien un très beau moment.
C'est donc comme ça que l'histoire commence, et que nous nous retrouvons autour d'une table du restaurant de Saint-Jal, un jour de janvier avec Pierre Couloumy, le maire de la commune et plusieurs personnes de Peuple et Culture…
Ce jour-là, un mercredi gris et froid d'hiver, je me rappelle avoir éprouvé une sensation de vertige sur la place déserte et silencieuse de Saint-Jal…
Et où étaient donc les habitants de cette commune que le maire présentait comme un sujet d'étude ?
Peut-être n'avaient-ils aucune envie de participer à un film ?
Très vite, lors de cette première réunion à Saint-Jal, se sont dessinées quelques pistes de travail. La commune venait de s'engager dans l'élaboration d'une carte communale et prévoyait des réunions mensuelles avec l'urbaniste chargée de l'étude, jusqu'à une enquête publique auprès de la population prévue pour la fin de l'année 2006. Assister à ces réunions était pour moi l'occasion rêvée de tendre un fil conducteur pour ce film à faire, d’avoir accès à une source d'informations précieuses sur l'histoire de la commune et sur les enjeux de son devenir.
Dès le mois de février 2006, j’ai commencé une longue série de séjours de repérages à Saint-Jal. Logée dans l'ancien appartement d'instituteur désaffecté au-dessus de l'école, j'ai vécu au cœur du bourg, au rythme de l'animation de la place sur laquelle donnaient mes fenêtres.
Petit à petit, j'ai fait des rencontres, écouté les histoires de vies particulières imbriquées dans l'histoire de la commune, je me suis faite apprivoisée, parfois j'ai provoqué des réactions hostiles, mais le plus souvent ma présence était source d'échanges, de débats : pour ou contre ce film, pour ou contre les choix du maire et des élus ?
Des décisions que Pierre Couloumy, le maire de Saint-Jal, aimerait partager avec les citoyens de sa commune, dans cet esprit de démocratie participative qui n'est pas si galvaudé que ça quand il est sincère.
J'ai bien compris que le projet de ce film s'inscrivait dans cette démarche-là, et que, au-delà d'une œuvre cinématographique, il allait servir à provoquer la réflexion, à initier un débat d'idées, à exprimer à voix haute ce que les gens disaient en cercles clos, bref à porter le débat sur la place publique.
Ce que j'aimerais capter, avec mon regard de cinéaste, ni sociologue ni ethnologue mais documentariste, travaillant donc avec les matériaux du réel en essayant de partager une émotion, c'est ce qui est mis en œuvre dans l'action collective, qui implique l'engagement individuel de chacun et qui repose sur quelque chose d'indicible… une volonté commune… une mise en commun des compétences et de l'imaginaire…


Deux ans se sont écoulés depuis cette note d’intention de la réalisatrice Anne Galland. Deux ans pendant lesquels elle a séjourné régulièrement à Saint-Jal et filmé ses habitants dans le cadre de leurs activités publiques, professionnelles, politiques, festives, associatives. Deux cents heures de rushes !... Au fur et à mesure, d’autres épisodes se sont ajoutés à ceux qu’elle avait présentis notamment celui du bureau de poste menacé, comme dans beaucoup d’autres communes rurales, de transformation en simple agence postale. Et la réaction de Pierre Couloumy, alors maire, agissant pour la création d’une maison des services. Une partie du film accompagne cette tentative des élus et de la population pour imaginer des alternatives au démantèlement des services publics à la campagne.
L’issue ? à découvrir dans le film.

 

Un projet collectif...

à partir d’un questionnement de Pierre Couloumy, maire et paysan ; d’une intuition de Peuple et Culture ; de séjours réguliers et d’un travail de la réalisatrice Anne Galland, pendant plus de deux ans, avec des habitants de la commune, d’un accompagnement de tous moments par l’Amicale laïque de Saint-Jal qui a rendu possible la production du film en sollicitant et obtenant le soutien de : la Communauté Européenne dans le cadre du programme Leader+, du Conseil Régional du Limousin, de l’association des Maires de Corrèze, de la commune de Saint-Jal, du ministère de la Culture (réserve parlementaire de François Hollande), de GROUPAMA, du Crédit Agricole, de Peuple et Culture et de 126 souscripteurs.