Accueil

Sortir la tête :

Pousser la porte librement, voir une exposition, visionner des films documentaires, consulter des documents, des livres tout en buvant un café ou un thé. Assister à une lecture, une rencontre, participer à un atelier d’écriture, découvrir de nouvelles acquisitions de l’artothèque…
voilà quelques exemples de ce qui a pu être fait dans ce lieu ouvert à tous où se croisent art, information et politique.

 

Depuis octobre 2003, des actions très diverses y ont trouvé place : La classe ouvrière existe ; En direct de Palestine ; Mise en boite (travaux sur la mémoire par des enfants de l’Ecole de la Croix de Bar de Tulle) ; De la carte au pli (Sylvie Christophe) ; Tulle, 9 juin 44 ; Ils sont venus d’ailleurs... (photographies de Gilles Perrin), "Entrez libres et servez-vous" d’Estelle Pianet...

histoire d’un titre

En 1997, le groupe culture de Peuple et Culture union organise un séjour à la Documenta X. Je découvre le travail de Marc Pataut avec l’exposition Ceux du terrain (un long et patient travail photographique d’une communauté d’individus, sans domiciliation fixe, installés au Cornillon dans la plaine St Denis et qui seront expulsés pour la construction du grand stade de France). Au retour, bien qu’ayant peu d’espoir qu’un artiste exposé à la Documenta soit ouvert à une invitation de Peuple et Culture Corrèze pour une résidence à Tulle, je prends contact téléphoniquement avec Marc Pataut. La première rencontre a lieu à Paris dans son atelier. Il prend le temps, plusieurs heures, pour parler de son parcours, de son travail, de ses interrogations, fait part de son intérêt pour l’éducation populaire et accepte le principe d’une prochaine rencontre à Tulle dans l’éventualité d’un travail en Corrèze. Il précise cependant aussitôt que ce n’est pas une “commande” qui l’intéresse mais une véritable collaboration artiste/association, que chacune de ses démarches se fait dans la durée et que, compte tenu de cela, il n’est pas possible évidemment d’envisager qu’une exposition puisse avoir lieu l’année qui vient. (A cette époque-là, nous réalisons des projets annuels donc à la suite de résidences courtes). or, Peuple et Culture est à ce moment-là dans un contexte assez particulier. La municipalité de Tulle vient de passer à droite et de dénoncer la convention culturelle qui nous liait à la Ville de Tulle depuis 1978. Tout le travail expérimental de sensibilisation à l’art contemporain par des résidences d’artistes que nous conduisons depuis les années 80, repose pour les expositions, sur la possibilité d’investir chaque année l’église St Pierre*. Or cette possibilité est en train de se refermer et il nous paraît important de ne pas laisser place vide plusieurs mois. Il y a donc contradiction entre une urgence à agir et la durée nécessaire pour un projet à plus long terme. Quelques jours après notre première rencontre, je fais part à Marc Pataut de cette donnée. Il la prend aussitôt en compte. C’est ainsi que va naître la première étape d’un travail commun. Apprendre à se connaître et à travailler ensemble en organisant une exposition qui va regrouper des travaux antérieurs de Marc Pataut (Aulnay sous quoi ? et Sallaumines) mais aussi du graphiste Gérard Paris Clavel et de Ne Pas Plier, de Majida Khattari (vêtement sculpture la femme serpent et vidéo de son premier défilé performance) et du groupe Kiosque issu du séminaire initié et animé par l’historien d’art Jean-François Chevrier. Ce séminaire maintient depuis 1994 un débat public à l’Ecole des Beaux Arts de Paris, sur la mondialisation du capital et ses conséquences sociales culturelles et politiques et examine les relations entre information et art dans la culture contemporaine. lors des différentes étapes de préparation, une séance de travail a lieu à Tulle en présence de Jean-François Chevrier. A un moment de cette séance, la question se pose de trouver un titre à l’exposition et à la démarche en cours. C’est Jean-François Chevrier qui va soudain le trouver en pensant à la robe serpent de Majida Khattari : SORTIR LA TêTE. Un très beau titre qui comme les titres réussis s’impose avec évidence. Et pour cette exposition qui rassemble des “travaux qui résultent tous d’une expérimentation sociale, catalysée par une pratique artistique singulière” et pour la situation dans laquelle se trouve Peuple et Culture Corrèze à ce moment là : dans un contexte hostile, ne pas faire profil bas mais sortir la tête. C’est ainsi que lorsque nous cherchons un nom, en octobre 2003 pour le nouveau lieu que nous ouvrons à Tulle, c’est à nouveau SORTIR LA TêTE qui va s’imposer. Comme une volonté, une ambition, une philosophie. Car aujourd’hui, alors que le monde se défait sous le règne tout puissant de la marchandise, sans que nous ayons pu encore construire des forces de vie et de mouvements suffisants pour en imaginer un autre, voulons-nous ou ne voulons-nous pas sortir la tête ?
Manée Teyssandier


 

 

 

décembre 2006 / janvier 2007

rené moreu

pictogrammes

Je ne peins pas sur le motif,
c’est lui qui vient dans l’atelier.
Mon théâtre c’est le jardin,les taches de soleil,
la planche de bois bleue abandonnée sur l’herbe.
Je travaille de mémoire, c’est à dire que je peins mes aberrations visuelles.
René Moreu


Pictogramme : selon le dictionnaire, ce mot désigne un élément schématique d’une écriture primitive représentant les notions au moyen de signes dessinés (figures, objets) à valeur symbolique.
Système de communication “lisible” par tous, l'écriture pictographique, qu'elle soit assyrienne, aztèque ou des Indiens d'Amérique du Nord, évoluait constamment et s'enrichissait à mesure que des éléments nouveaux ou des idées nouvelles étaient à exprimer et à représenter.


RENÉ MOREU, grand peintre à plumes qui a pour wigwam* une maison en ardoises et torchis située aux confins de la Grande Plaine picarde, a attribué ce titre aux quelque cent cinquante tableaux qui composent sa dernière série d'oeuvres. Quels indices pour une approche de cette oeuvre entend-il nous livrer en nous proposant ce mot ? La nature, incessant émerveillement du peintre, se raconte en “dessins” qui prennent allure de signes, non par volonté de codage mais par nécessité d'une figuration elliptique, rapide, la seule possible pour retranscrire la fulgurance de l'émotion. Rien ici de l'automatisme des surréalistes et des effusions de l'inconscient. Les visions qui font tableaux s'engendrent dans la contemplation du jardin et éclosent dans le nécessaire exil de !'atelier. Là, leur surgissement implique la plus grande disponibilité mentale et une accession à la plus vive conscience. Le temps du tableau. Celui, court, où la vision devient peinture, en promenades du pinceau dans l'espace du format choisi, en envols, battements d'ailes, caresses, papillonnements, griffures et balafres. En masses buissonnantes et obscures ou lacis de poussées végétales lancées vers la lumière. Ecriture primitive en effet, en cela qu'elle évacue la précision descriptive de la dérisoire enveloppe des choses pour n'en inscrire que ce qui l'anime de force vive.
La malvoyance qui frappe René Moreu depuis près de soixante ans s'est aggravée durant cette période. Des oeuvres entassées dans l'atelier, il dit en plaisantant “Tout ceci est fait à la corne de brume !”. Il serait pourtant hasardeux d'invoquer ce handicap pour trouver une justification à la liberté de sa peinture, comme on l'a fait pour les Monet des années de cataracte. Cette “figuration libre” était en amont promise. Elle s'est conquise avec le temps. Progressivement, l'esprit s'est désencombré de tout formalisme. De temps en temps, le vieil indien arrache une plume de sa coiffe et écrit. Exercice de calligraphie périlleuse. Le format trop restreint de la feuille blanche échapper des mots qui s'évadent
sur la table. Une assistance féminine récupère tout cela : simples pensées, notes d'atelier, méditation
sur ce qui se joue et se vit dans le tableau...
C'est une sélection de ces textes qui accompagne les reproductions d'oeuvres de ce catalogue.

Philippe Mehat, In René Moreu : Pictogrammes, oeuvres 2000-2002. Editions Culture hors sol, 2003.




 

novembre 2006


 

manifestez-vous ?!

exposition Cécile Pouget, broderies

Agronome, géographe, j'ai vécu, en famille, dans divers coins du monde. Passe-temps de mon enfance, la broderie est devenue témoignage de mes expéditions : carnets brodés, publication d'un livre de création d'objets pour le voyage. Ces travaux seront d'ailleurs présentés les 17, 18 et 19 novembre prochain à la Biennale du Carnet de voyage de Clermont-Ferrand. J'anime aujourd'hui une filière équitable pour les produits brodés des femmes Akha du Laos.
En 2005 / 2006 grâce à une escale un peu plus longue que d'habitude en Corrèze, je me suis davantage imprégnée de la vie sociale en France, des préoccupations, des revendications des uns et des autres. Beaucoup rêvent de changer le monde. Parmi eux, certains pensent que c'est possible ; ils agissent, protestent, descendent dans la rue. Chaque manifestation soulève un problème différent, mais, elle conduit toujours à s'interroger sur la société que nous souhaitons et sur les moyens d'y parvenir.

Poursuivre la réflexion, faire connaître certains combats, mettre en regard différents mouvements et façons d'agir, sont autant de raisons qui m'ont incitée à représenter quelques-unes des manifestations qui ont eu lieu en France en 2005/2006.
Selon mon habitude, j'ai ébauché d'un trait maladroit les images. Puis l'impulsion a cédé la place à un travail ouvragé. Sur de la toile de lin, j'ai brodé et cousu, avec des fils, des tissus, des morceaux de vieux vêtements.
Cécile Pouget



 

octobre 2006

 

La seule chose qui compte,
c'est la relation humaine.
Le reste, ils - les autistes -
n'en ont rien à foutre.
Nous non plus, sans doute,
mais on oublie...
Bernard Vandewiele



art et singularité(s)

brigitte nêmes


La peinture de Brigitte ou le voyage de la colère

“Brigitte, c'est son prénom et sa signature de peintre.
Elle aura 40 ans bientôt. Le premier quart de sa vie
fut fait d'hospitalisations successives, d'abord pour des problèmes
de maladie physique, et bientôt pour des problèmes psychiques.
Dans ce cas, les psychiatres parlent d' hospitalisme :
on n'avait pas encore dans les années soixante, pris la mesure
du fait qu'un enfant a besoin pour se développer
d'amour autant que de soins corporels.
Privée de sa famille - petits paysans du Bas-Dauphiné
qui ne surent ou ne purent faire face à la situation -
Brigitte bientôt fut déclarée autiste.
Devant elle s'ouvrait une vie entière en institution psychiatrique.
Vint le miracle d'une rencontre : un infirmier
l'accueillit chez lui, pour s'en occuper comme famille d'accueil.
Dès lors, Brigitte jusque-là mutique vint à la parole ;
jusque-là incapable de la moindre autonomie, apprit l'hygiène
et les gestes du quotidien ; jusque-là hors du monde,
fut inscrite à l'école. Elle avait dix ans.
Elle apprit à lire, à écrire, avec une institutrice admirable.
Elle apprit à fréquenter les autres.
L'adolescence fut terrible, avec de féroces régressions
dans l'automutilation : Brigitte se mordait
les mains, les bras, les épaules...
Cela dura longtemps, éprouvant l'entourage.
Sans doute s'assurant, se rassurant, progressivement,
qu'elle ne vivrait pas une deuxième fois
ce qu'elle avait enfant vécu comme abandon,
Brigitte peu à peu s'apaisa.
Mais les morsures ne cessèrent vraiment
qu'il y a une dizaine d'années,
lorsque plutôt que de faire sur son corps les signes de sa souffrance,
Brigitte se mit à peindre, et comment !
Bientôt son entourage organisa une première exposition.
C'était fin 1996. Depuis, il y en a eu plusieurs dizaines.
Elle a même exposé l'an dernier au plus important
des salons parisiens d'art abstrait.
Un film témoigne de son travail.
Art abstrait ? Art brut ? En tout cas de l'art,
c'est-à-dire une recherche de quelque chose de vital.
Brigitte ne peint pas pour faire joli,
elle peint parce qu'elle ne peut pas faire autrement,
pour faire face aux émotions qui la débordent,
à ses angoisses, à sa nuit intime.
Son aventure en peinture, c'est le voyage de la colère,
comme elle a appelé un tableau de ses débuts
C'est pourquoi elle nous touche au plus profond de nous-mêmes.
Bernard Vandewiele, psychanalyste, tuteur de Brigitte, octobre 2005

 

Artiste handicapé(e) mental(e) ?

“La main dans le chapeau : tel est le sens premier du mot handicap, à en croire ceux qui s'amusent à chercher l'origine des mots.
La main dans le chapeau : pour peindre ce n'est pas pratique, sauf si celui/celle à qui cette main appartient, travaille aussi du chapeau, ce qui alors serait plutôt quelque chose comme un coup de main pour l'artiste.
Un coup de main au double sens que ça a : une aide, un style. Car tous ceux qui travaillent et du chapeau et du pinceau en attestent : Le style, c'est l'homme même.
Le style, et pas la technique, qui serait plutôt du côté de la machine.
Il en est qui parlent d'art brut. Pléonasme. Parce que l'art est toujours brut. Bien sûr que peut s'y ajouter une inscription dans l'histoire, dans le mouvement social (à son avant-garde, tant qu'à faire), au travers d'une école ou d'un compagnonnage quelconque. Mais sa force émotionnelle, l'oeuvre ne la tient pas des canons d'une quelconque esthétique. L'art surgit de l'abîme sur lequel nous faisons mine de danser. Il nous parle le langage de l'ombre, au dos du miroir. Tout le reste, l'imagerie, c'est du surplus, histoire de bavarder, de faire comme si.
Alors, ici, on n'est pas au patronage, et les belles âmes sont priées d'aller ailleurs éponger leurs bons sentiments. Ici se montre de l'art, c'est-à-dire ce qu'on ne peut pas faire autrement qu'on ne le fait quand on a le dos au mur de sa folie. Et forcément, tout un chacun en est touché : au coeur, au ventre, à l'estomac. Partout où ça résonne sans raisonner.
Alors, handicapé(e) mental(e), toi qui fais du vélo avec les mains, mais sans vélo, Chapeau !”
Bernard Vandewiele, décembre 2002

 


 

juin / juillet 2006


 

Studio Shakhari Bazar
Un projet documentaire de Gilles Saussier 1997 - 2006


En 1997, GILLES SAUSSIER expose dans la vieille-ville de Dhaka, capitale du Bangladesh, 74 portraits d'habitants du quartier hindou de Shakhari Bazar. Plusieurs milliers de visiteurs se pressent trois jours durant. L'exposition prend fin au fur et à mesure que les photographies sont distribuées. Les noms et les adresses sont conservés dans un registre. Chaque personne est rephotographiée tenant à la main son portrait. Depuis le photographe rend périodiquement visite aux images et aux personnes. Il documente la dissémination de ses images dans les intérieurs, réalise de nouveaux portraits. Dans la rue où les boutiques de portraitistes traditionnels ont disparu supplantées par les réalisateurs de films vidéos bon marché, les habitants viennent désormais à lui comme au studio. GILLES SAUSSIER renoue avec l'activité de portraitiste de quartier, importé par le colonisateur, popularisé par l'indigène et tombé depuis en désuétude.

L'exposition comprend une soixantaine de photographies réalisées entre 1997 et avril 2oo6, ainsi qu'une vidéo de y minutes `White western bideshi' (l'étranger blanc occidental) réalisée en octobre 2005 et exposée pour la première fois.


ouverture de l'exposition et rencontre avec l'artiste mardi 13 juin à 2oh3o

Gilles Saussier

Depuis dix ans, GILLES SAUSSIER poursuit, en
France et à l'étranger, plusieurs projets
photographiques ouverts qu'il interrompt, reprend, entrecroise, proposant l'idée
d'une activité documentaire mouvante faite
de déplacements, de retours successifs, un travail
d'actualisation permanente des images
et des conditions de leur réception. De Living in


the fringe (i995-i996) un corpus de portraits
et de paysges consacré aux paysans sans terre
de la Baie du Bengale, à Envers des villes,
endroit des corps (2004-2005) réalisé
en collaboration avec l'association Peuple & Culture Loire-Atlantique dans une cité HLM
de Nantes, GILLES SAUSSIER modifie la vision et la représentation de soi et de l'autre dans l'expérimentation photographique. Il renvoi ce faisant le spectateur à son propre statut et engage la photographie en tant qu'acte de montrer les images et non pas seulement de les faire. Un acte qui sans cesse réajuste la relation entre le photographe, le sujet photographié et le spectateur.

 


 

mai 2006


 

anne-marie filaire

L'exposition comprend dix-sept photographies réalisées
en 2004, elle se déploie simultanément à Sortir la tête
et à la galerie du CAUE (1 rue des Allois, Limoges)
en partenariat avec l’artothèque du Limousin.

Coproduction des œuvres : Centre d'art contemporain le Quartier (Quimper), les artothèques d'Angers, de Pessac, de la Roche-sur-Yon et du Limousin, Peuple et Culture Corrèze.

Anne-Marie Filaire
Son travail photographique ne tient pas du reportage mais s’apparente à une attitude de documentariste. Ce qu’elle traque dans ses vastes panoramas ne relève pas d’un instantané ou d’une actualité livrée dans sa réalité brute. Au contraire, ses recherches consacrées aux paysages du Moyen-Orient, à travers l’évocation de lieux dans lesquels l’histoire se construit sous nos yeux, nous donnent à lire l’événement en train de se produire.
Photographe d’investigation, Anne-Marie Filaire parcourt Israël et la Palestine en effectuant des relevés extrèmement précis des paysages. Cette enquête minutieuse la conduit à traverser des frontières parfois tangibles, parfois invisibles, ou qui se matérialisent subitement à quelques mois d’intervalle. Ses photographies sont donc majoritairement consacrées à des entre-deux, des zones tampons dans lesquelles, même si aucun habitant n’est présent, les traces de l’activité humaine saturent l’espace.
Sous la forme d’un constat, les images de l’artiste montrent avant tout la structurre mouvante d’un territoire en évoquant le paysage dans sa dimension politique. Si sa volonté de revenir sur les mêmes lieux lui permet d’enregistrer les modifications des sites photographiés, elle constitue également un aller-retour entre plusieurs cultures. En ce sens, les images d’Anne-Marie Filaire nous rappellent que le paysage est une construction humaine et que celui-ci réside peut-être dans la rencontre entre l’histoire d’un peuple et le regard d’un photographe.

"Alors que le paysage se ferme, je voulais travailler dans le mouvement. Ces photos sont des relevés de terrain. Je n'ai pas cherché spécialement à suivre le mur. Il s'agit d'un constat. Engagé, mais pas partisan", déclarait Anne-Marie Filaire au quotidien Libération, auquel elle collabore régulièrement.



 

mars / avril 2006


 

Tout doit disparaitre !

Imaginez une exposition où chaque visiteur s'empare d'une œuvre et franchit la porte avec celle-ci sous le bras,
laissant pour seules traces de son forfait, quelques lignes au mur1. C’est ce que proposent l’artothèque du Limousin et Peuple et Culture à l’occasion de Tout doit disparaître !2

Avec les oeuvres de Frédéric Bouffandeau, Lucia Bru,
Max Charvolen, Michael Dans, Damien De Roubaix,
Laurie-Anne Estaque, Chrystèle Lerisse,
Al Martin, Nelly Maurel , Raphaëlle Paupert-Borne, Patrick Tosani.


1.Comment partir avec une oeuvre ?
Remplir un contrat d’abonnement. L’oeuvre peut être empruntée pour une durée maximum de deux mois. Pour votre première
adhésion, merci d’apporter un justificatif de domicile et un chèque de caution de 305 € (qui n’est pas encaissé).
Exeptionnellement, l’abonnement et l’emprunt seront gratuits
(pour les particuliers) pendant la durée de l’opération. Si vous
l’acceptez, vous serez alors invité à exprimer les raisons de votre choix, qui seront affichées au mur à la place de l’oeuvre emportée.


L’artothèque du Limousin et le relais en Corrèze
Depuis 1985, l’artothèque du Limousin a constitué une importante collection d’oeuvres en deux dimensions qui témoignent de la
diversité de la création contemporaine des quarante dernières années. Plus de trois mille oeuvres sont maintenant rassemblées
au sein de la collection. Ce patrimoine existe pour être partagé :
les oeuvres sont empruntées par des particuliers, des collectivités, des établissements scolaires et des communes du Limousin.
Pour la Corrèze, un relais de l’artothèque du Limousin existe au
sein de Peuple et Culture. Tout au long de l’année, l’association,
à travers ce relais, accueille les abonnés (dans les locaux de
l’association : 51bis rue Louis Mie à Tulle), elle assure aussi le
transport des oeuvres et met en place des temps de rencontres autour de l’art.


2. L’opération tout doit disparaître reprend une idée originale
de l’artothèque de Grenoble.


Au dos : des emprunteurs de "tout doit disparaître 2005" avec (de gauche à droite
et de haut en bas) des oeuvres de Dorothéa Schulz, Alain Doret, Thierry-Loic Boussard,
Anne Ferrer, Sylvie Fajwroska, Heidi Wood, Noël Myles, Ramon et Sylvie Fajwroska.

du 7 au 17 mars
première partie
L’exposition est ouverte aux horaires habituels et vous pouvez dès
ce moment réserver l’oeuvre qui vous plait.

vendredi 17 mars à 18h
vernissage
Ce sera l’occasion de parcourir ensemble l’exposition. Dès cette
soirée les oeuvres pourront être décrochées et empruntées.

du 14 mars au 5 avril
deuxième partie
Les oeuvres peuvent être décrochées du mur et empruntées par tous (selon les règles habituelles de l’emprunt1).

samedi 25 mars à 14h30
atelier ouvert à tous
A votre tour de dessiner, couper, coller... en réaction aux oeuvres
de l’exposition. Atelier gratuit, sur inscription à Peuple et Culture.
Le matériel est fourni par l’association.

Lundi 3 avril à 20h30
Projection du film Ma génération, "un très mauvais esprit"
de Brigitte Cornand (1998- 52min).

Brigitte Cornand
Réalisatrice française vivant à Paris, Brigitte Cornand a depuis
quelques années produit des films documentaires sur les artistes
de "sa génération". Elle s'est aussi beaucoup intéressée
aux mouvements américains de la Beat Generation et à Jonas Mekas. Autant d'acteurs avec lesquels elle a su développer des liens
privilégiés, qui orientent son cinéma vers un style singulier,
entre la confession et l'affectueux regard d'une amie proche.
Des images justes, un sens très humble du montage et
une connaissance remarquable des sujets traités font de ces films des documents essentiels pour la compréhension de moments
déterminants de la création artistique.

Ma génération, "un très mauvais esprit"
Les artistes français qui constituent aujourd'hui ma famille,
comment se sont-ils rencontrés, d'où ils viennent et ce qu'ils font aujourd'hui. Avec Annette Messager, Bertrand Lavier,
Gloria Friedmann, Jean-Hubert Martin, Louise Bourgeois, Jean-Michel Othoniel, Hans Ulrich Obrist, Paul-Armand Gette,
Thomas Hirschorn, Raymond Hains.


 


 

janvier / fevrier 2006



quand les femmes Akha s’en mêlent...

exposition présentée par l’association Akha Biladjo !
du 6 janvier au 10 février 2006
du mardi au vendredi 15h30 - 18h30 / le samedi 15h -18h

Dans la province reculée du nord du Laos, les groupes Akha, dont l'origine remonte aux contreforts du plateau tibétain, sont aujourd'hui les parias des minorités du sud-est asiatique. Vivant il y a peu de la cueillette et de la chasse, au cœur des forêts des plus hauts étages montagnards, ils affrontent aujourd'hui avec détermination les processus liés à la déforestation, la mondialisation économique, et l'uniformisation des modes de vie.
C’est dans cette province qu’est né un micro-projet de développement à partir du savoir-faire des femmes pour la confection de costumes traditionnels sophistiqués. Aujourd’hui, une soixantaine de femmes Akha cousent. Des sacs traditionnels aux colliers farfelus en passant par des chaussons pour bébé, elles réalisent un travail de qualité qui commence tout juste à être connu. L'artisanat représente pour elles une source non négligeable de revenus, c'est aussi un moyen de préserver leur savoir-faire, de valoriser leur culture. Leurs activités sont soutenues par un atelier local de création : Akha Biladjo ! qui lui-même a reçu le soutien d'un projet européen de développement. Le projet européen terminé, la structure en place n'est pas encore capable d'assurer seule le suivi, la valorisation et la commercialisation de la production. Se crée alors en France l’association Akha Biladjo ! qui travaille en lien direct avec l’atelier local de création au Laos.

L’association Akha Biladjo !
L’objet principal est de soutenir l'activité artisanale des femmes Akha du Laos par trois types d'activités :
l La valorisation du savoir-faire artisanal des femmes Akha.
Elle se fait principalement grâce à des missions au Laos qui permettent de poursuivre la formation des femmes, de contrôler la qualité, de concevoir de nouveaux modèles.
l La promotion de l'artisanat Akha.
Depuis la France, l'association peut établir et diffuser un catalogue, gérer un site internet, organiser des réunions d'informations, faire des démarchages auprès des boutiques.
l La commercialisation d'une partie de la production de l'atelier.
L'association doit insérer l'atelier laotien dans des réseaux commerciaux équitables, en particulier vers l'Europe. Pour cela, elle prend part elle-même à la commercialisation, en achetant et revendant régulièrement des produits.
Toutes ces activités se font en étroite collaboration avec l'atelier Akha Biladjo ! du Laos, dans l'esprit de renforcer cette structure laotienne.

En relatant cette expérience, l'exposition cherche à faire réfléchir, petits et grands, sur les voies alternatives aux réseaux traditionnels du commerce et au modèle dominant de développement économique. Elle s'articule autour des photographies de Bruno Ferrandez, de costumes traditionnels et d'objets artisanaux, de textes. Différents dossiers et documents vidéo seront consultables sur place, permettant de replacer l’action de l’association Akha Biladjo ! dans le contexte plus large du développement du Laos.

une partie de l’exposition est destinée aux enfants.
Ils pourront suivre l'histoire d'un doudou depuis sa création dans un village...


voir plus loin?...
Grandir, sans compromis sur notre éthique, sans perdre non plus ce qui fait notre force, notre vitalité… Grandir, en restant petit !

Notre succès vient pour l'essentiel d'une suite de coïncidences, d'opportunités inédites, de rencontres fortuites… Nous avions surtout une richesse aujourd'hui incommensurable : le temps. Plusieurs années à vivre quotidiennement auprès des femmes Akha, plusieurs mois à nous faire connaître auprès des boutiques. Tout cela sans être contraint de penser que cette activité, à laquelle nous consacrons beaucoup de temps et d'énergie, devrait nous faire vivre.

Aujourd'hui, nous nous retrouvons un peu à la croisée des chemins. En phase avec les tendances actuelles de décoration ou de la mode des plus jeunes, en phase aussi avec l'explosion d'un besoin “d'équitable”, la production des femmes Akha attire l'attention. Nombreux sont les importateurs - distributeurs, voir même la grande distribution, qui nous tendent la main… Si nous refusons, nous ouvrons largement la porte à la copie. Nous pourrions aussi évoquer le risque que certains commerçants aillent acheter la production directement aux villages, récupérant à bon compte le temps de formation et de création que nous y avons investi. Mais ce risque est atténué par l'isolement des femmes Akha, le niveau de rémunération que nous leur donnons, nettement au-dessus des standards laotiens, et la confiance existant entre les femmes Akha et nous-mêmes. Accepter, d'un autre côté, nécessiterait l'augmentation de la production, donc pousser plus de femmes à broder, (ce qui en soit est tentant) et augmenter la taille de l'atelier de Boun Neua, standardiser les produits et abandonner notre éthique de création un peu libre. C'est surtout se lancer sur un surf un peu hasardeux : que ferons nous lorsque la vogue “ethnique” actuelle sera retombée, quand le concept “équitable” sera banalisé … Et que viendrait faire notre démarche associative dans un tel monde de “business” ?

Nous croyons que notre avenir peut être ailleurs : stimuler la créativité des femmes Akha pour se renouveler en permanence, rester original, niché, minuscule mais plein d'énergie, plus proche des petits réseaux de boutiques de créateurs, en marge des tendances lourdes du commerce de masse… Faire la mode, plutôt que s'y fondre…

Et sur place ?
On nous demande souvent, avec crainte, si notre intervention n'a pas modifié les costumes traditionnels. Cela dénote une fausse image du costume traditionnel : il n'a bien sûr rien de “traditionnel”, de figé, si ce n'est dans les musées ! Les jeunes-femmes les ornent de chapelets d'épingles doubles, de boutons-pression, de galons fluos, de diverses pacotilles trouvées sur le marché. Les plus vieilles conservent des tissus plus unis, les piastres et autres pièces d'argent qui apparurent dans la région lorsqu'elles étaient jeunes… Aujourd'hui quelques fleurs apparaissent parfois sur le décolleté de la tunique, et les femmes utilisent pour leur usage personnel de petits sacs en bandoulières, créations nouvelles qu'elles ne destinaient d'abord qu'à la vente. Le costume devient témoin de leur nouvelle activité artisanale.

Les nouvelles activités artisanales des femmes Akha participent sans aucun doute à la préservation de leur savoir-faire, surtout à l'heure où les jeunes délaissent les costumes traditionnels pour des vêtements manufacturés. Nous nous félicitons souvent de ce succès lorsque les jeunes-filles, vêtues de jeans et de cols roulés, viennent vendre leur broderie. Mais, dans le même temps, grâce aux revenus procurés par l'artisanat, leurs mamans achètent de “magnifiques” tee-shirts en matière synthétique pour les petits frères et sœurs ! Ces revenus issus de l'artisanat, n'accélèrent-ils pas la disparition progressive des costumes traditionnels, d'une identité ?

Et comment l'ensemble de la société regarde-t-elle le succès de ce petit groupe d'une soixantaine de femmes ? Les plus dynamiques vont aujourd'hui jusqu'à payer de la main-d'œuvre masculine pour travailler à leur place dans les champs. La broderie étant plus rémunératrice, certaines ont même récemment acquis des mobylettes…Il serait temps bien sûr d'entraîner plus de monde dans ce sillage. Nous travaillons maintenant à la relance de la petite culture familiale du coton, en condition biologique, valorisant le savoir-faire d'une autre ethnie locale pour le filage et le tissage. Cela devrait permettre de trouver sur place la matière première et rémunérer ainsi plus de familles…
Association Akha Biladjo !



 

Sortir la Tête avril 2005



 

 

 


 

Novembre - Décembre 2005

du côté de la russie...

photographies
exposition de Madeleine Bernardin

Née à Paris en 1980, Madeleine Bernardin y vit et y travaille. Depuis 1991, son intérêt s'est porté sur la Russie et sur la langue russe. Elle a réalisé un travail photographique dans le village d'Alexandrovka où elle a enquêté sur le passage de la propriété collective à la propriété individuelle et sur la spéculation foncière dans la région de Moscou. Elle tente par l'association du récit et du montage visuel de réenvisager la tradition de la photographie documentaire. Sa formation à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris lui permet de mettre à distance la médiatisation de l'image par le reportage et le photo-journalisme. Elle a participé à plusieurs expositions collectives dont l'exposition "Des Territoires" qui a eu lieu à l'Ecole des Beaux-Arts à Paris, du 9 octobre au 30 décembre 2001. Actuellement, elle fabrique des albums rassemblant texte et images résultant de cette enquête sur la décollectivisation. Elle prévoit d'en donner un exemplaire aux habitants d'Alexandrovka. Cette exposition est la première présentation publique de son travail.

 

 

 

 

Une branche de lilas.
Blanc,
à fleur doubles.
Dans la verdure luxuriante des feuilles.
Baignant dans un rayon de soleil éblouissant.
Elle fait irruption dans ma chambre par la fenêtre.
Se balance sur le rebord de la fenètre.
Et entre dans le monde de mes impressions d'enfance : premier souvenir.
Un gros plan !
Le gros plan du lilas se balançant au dessus de mon berceau est ma première impression d'enfance.

(...)

Beaucoup plus interessant sont les états intermédiaires : ni rêve, ni réalité.
C'est justement à la frontière de ces deux états que j'ai mûri la sarabande des gros plans .
Ce n'était pas une danse sur le Mont Chauve.
Ni même sur aucune montagne.
Mais sur une petite place piétinée, devant quelques isbas massives, quelque part dans l'ancien district de Kholm, dans l'ancienne province de Pskov.

Sergueï M. Eisenstein, Histoire du Gros Plan I, in Mémoires, Julliard 1989

 

 

 


 


du 1er au 30 avril

2005

mathilde fraysse
photographies
à sortir la tête, 14 rue riche à tulle
du mardi au vendredi 16h - 19h
le samedi 15h - 18h
vernissage le 1er avril - 18h en présence de l’artiste
Née en 1980 à Tulle, Mathilde Fraysse, (aujourd’hui en Diplôme d’Etudes Approfondies “Arts des images et art contemporain” à l’université Paris 8) pratique parallèlement deux genres photographiques : le portrait et la photographie de rue.

Interview de mathilde fraysse

- Comment est née cette exposition ?

Deux séries de travaux ont été associées. La première, ce sont les photographies de scène de rue. Après une première série réalisée à Lisbonne en 2001, j'ai trouvé intéressantes les photographies dans lesquelles les personnages semblaient être dans un état de tension particulière, comme s’il allait se passer quelque chose. On pouvait même avoir l’impression que les gens avaient été mis en scène, qu’ils “jouaient” alors que ce n’était pas le cas, j’avais seulement capté avec l’appareil un instant particulier dans la rue. C’est ce que j’ai continué à chercher ensuite quand j’ai réalisé d’autres séries, à Athènes en 2003 et au Portugal en 2004.
Puis j'ai commencé à utiliser un 6x6 avec lequel je parvenais difficilement à faire des photos de rue car il était nécessaire de travailler avec un pied. C’est alors que j'ai commencé à photographier des personnes en prenant le temps, en les faisant poser donc en les mettant en scène. Mais précisément le résultat était souvent “trop posé", sauf avec les enfants et les jeunes filles dont j’ai retenu alors une série de portraits.

- Pourquoi avoir associé ces deux séries de travaux ?

Manifestement il y avait un lien inconscient dans mon travail, pendant toute cette époque, entre l’apparence de “pose” des personnages dans les photographies de scène de rue et la manière que j'avais de faire poser les enfants. L'an dernier, Yves Lapeyre, de la galerie L'Oeil Ecoute à Limoges, m'a proposé de réfléchir à une association des deux travaux pour une exposition. Je crois qu'il a révélé quelque chose qui était sous-jacent dans mon travail.

mathilde fraysse sera présente pour vous rencontrer à sortir la tête les samedis 9 et 23 avril de 15h à 18h.



 

Du 8 février au 12 mars 2005
Tout doit disparaître ! Curieux titre pour une exposition qui présente les acquisitions recentes de l’arthothèque du Limousin ! Faire disparaître les œuvres d'art, voilà le pari tenu par l'artothèque du Limousin* et Peuple et Culture, relais* en Corrèze. Imaginez une exposition où chaque visiteur s'empare d'une œuvre et franchit la porte avec celle-ci sous le bras, laissant pour seules traces de son forfait, quelques lignes au mur **.
Avec les oeuvres de Gilles Bruni et Marc Babarit, Alix Delmas, Alain Doret, Sylvie Fajfrowska, Anne-Marie Filaire, Anne Ferrer, David Gelot, Thierry Girard, Olivier Gourvil, Bernard Guerbadot, Konrad Loder, Frédérique Loutz, Frédérique Lucien, Aurélie Nemours, Ramon, Paul Pagk, Elsa Sahal, Dorothea Schulz, Peter Soriano, Fabien Verschaere, Heidi Wood.

première partie
L’exposition est ouverte aux horaires habituels et vous pouvez dès ce moment réserver l’oeuvre qui vous plait. ( de 15h à 18h du mardi au samedi)
vendredi 25 février à 18h
vernissage

Ce sera l’occasion de parcourir ensemble l’exposition. Dès cette soirée les oeuvres pourront être décrochées et empruntées.
du 25 février au 12 mars
deuxième partie

Les oeuvres peuvent être décrochées du mur et empruntées par tous (selon les règles habituelles de l’emprunt**).
samedi 5 mars à 14h30
atelier ouvert à tous
A votre tour de dessiner, couper, coller... en réaction aux oeuvres de l’exposition. (atelier gratuit, sur inscription à Peuple et Culture. Le matériel est fourni par l’association ).

vendredi 11 mars à 18h00
projection documentaire
suivie d’un pot

*L’artothèque du Limousin et le relais en Corrèze
Permettre à chacun de nouer un lien direct avec une oeuvre d’art et lui proposer ainsi d’établir sa propre vision de la création contemporaine constitue le sens de l’action de l’artothèque du Limousin. Depuis 1985, l’artothèque du Limousin a constitué une importante collection d’oeuvres en deux dimensions qui témoignent de la diversité de la création contemporaine des quarante dernières années. Plus de trois mille oeuvres sont maintenant rassemblées au sein de la collection. Ce patrimoine existe pour être partagé : les oeuvres sont empruntées par des particuliers, des collectivités, des établissements scolaires et des communes du Limousin.
Pour la Corrèze, un relais de l’artothèque du Limousin existe au sein de Peuple et Culture. Tout au long de l’année, l’association, à travers ce relais, accueille les abonnés (dans les locaux de l’association : 51bis rue Louis Mie, Tulle), elle assure aussi le transport des oeuvres et met en place des temps de rencontres autour de l’art.

**Comment partir avec une oeuvre ?
Remplir un contrat d’abonnement. L’oeuvre peut être empruntée pour une durée maximum de deux mois. Pour votre première adhésion merci d’apporter un justificatif de domicile et un chèque de caution de 305 € (qui n’est pas encaissé).

Exeptionnellement, l’abonnement et l’emprunt seront gratuits (pour les particuliers) pendant la durée de l’exposition. En échange, accepter d’exprimer et de livrer les raisons de son choix qui seront affichées au mur à la place de l’oeuvre emportée.

Accueil de groupes pour des visites
Les groupes constitués et les scolaires seront accueillis par Peuple et Culture au sein de l’exposition. Ces visites sont une approche vivante des œuvres : c’est à travers une observation collective et un dialogue avec le public que sont transmises des informations sur les artistes et leur démarche.
Un planning des visites est disponible à Peuple et Culture.


 

Actualité de Sortir la Tête

septembre 2004


 

Anne-Marie Filaire
travaux photographiques en cours (Israël/Palestine)

En février dernier
Anne Marie Filaire présentait à " Sortir la tête " son travail photographique réalisé en 1999 en Israël / Palestine et, sous forme de projection de photographies, un travail plus récent qui s'était déroulé en 2002 au Cambodge, sur la limite urbaine de sa capitale, Phnom Penh.

Le 13 septembre
C'est un travail en cours qu'Anne Marie Filaire nous présentera, une étape entre deux voyages, une série d¹images en train de se construire. Ce travail réalisé en mars-avril 2004 rend compte des paysages traversés à cette époque en Israël et dans les territoires palestiniens (alors que le mur est en cours de construction). C'est à ce moment charnière Anne Marie Filaire accepte de nous livrer généreusement ces images.Car dés octobre, elle retournera là-bas pour photographier exactemet les mêmes lieux et donner aussi à voir les transformations du paysage.
Vous pouvez aussi rencontrer l'artiste lors de l¹accrochage à partir de 15h

Anne-Marie Filaire pose sa caméra comme un chevalet de peintre devant le sujet. Son travail est une enquête photographique, initiée dès les années 90 dans son chez-soi natal et ailleurs à partir de 1999 dans des lieux urbains et désertiques du Proche-Orient et du Moyen-Orient, en Erythrée, au Yémen et au Cambodge.
Paysages abandonnés mais semés de traces humaines, qu'il s'agisse des paysages arides à l'horizon infini de la " Zone de sécurité temporaire " d'Erythrée ou de la synagogue d'Asmara, ville vidée de sa communauté juive.
" Ces paysages-là, bien qu'ayant pour sujet des " zones ", ne peuvent seulement se dire en tant que territoires parce qu'ils excluent, et même nient la limite, la qualification d'un lieu " (Nathalie Cournarie). Ces photos marquent " le temps d¹un abandon de l'espace " que réprésentent les images en noir et blanc d'Anne-Marie Filaire.
Yona Fischer


 

octobre 2004


 

du 9 octobre au 6 novembre Gilles Perrin (photographe)
présente "Histoire d'immigration"

Constitué d'une cinquantaine de portraits de personnes issues de l'immigration cette exposition montre que l'immigration loin d'être un "problème" est une chance pour notre région.

du 10 décembre au 29 janvier 2005 à Uzerche à la médiathèque Simone de Beauvoir