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Chanter à plusieurs voix...
Deux ateliers chants :

Sylvie Heintz* propose un atelier chansons traditionnelles qui s'adresse à des débutants. Cet atelier se donne pour objectifs :
- d'amorcer la découverte et la pratique de chansons traditionnelles du Limousin et d'ailleurs,
- d'aborder leur diversité, leur complexité et leur universalité.

Il ne s'agit pas seulement "d'apprendre" des chansons traditionnelles mais bien de découvrir et pratiquer l'univers sonore particulier de ces chansons : mélodies, textes, variations... et de chanter à plusieurs voix. Cet apprentissage sera centre sur l'oralité.

La formation de base en atelier régulier pourra être complétée dans l'année par des stages avec des intervenants extérieurs .

*Sylvie Heintz pratique et explore la chanson traditionnelle depuis plus de vingt ans.


Depuis la rentrée 2010 - 2011, il a lieu tous les jeudis soir de 19 h 00 à 20h 30 au local de Peuple et Culture,
51 rue Louis Mie à TULLE.


 

Retour ô 35 Chœurs :


L’atelier de chants de lutte et de résistance « Retour ô 35 Chœurs » a repris ses activités. Sous la baguette de Marion Lherbeil, les répétitions se déroulent tous les 15 jours le vendredi de 18h30 à 20h30, une fois à Tulle, une fois à Brive.
Contacts : Pierre Leymarie 05 55 23 52 38 / 06 86 03 78 32, Josette Pouget 05 55 27 12 49

 


 
 

 

en 2004, cinq stages avec Evelyne Girardon ont donné lieu à un spectacle :

entretien réalisé avec Evelyne Girardon par Manée Teyssandier juste après le spectacle Voix en ville et autres mouvements sonores, le 28 novembre 2004

Quel est ton sentiment sur ce qui vient de se passer ?

E.G. – J’espérais la magie que nous avons vécue. Quel plaisir ! Le public a été fondu dans la polyphonie et la narration : les voix se sont fait entendre tout près de son oreille, dans une intimité particulière. La lumière a joué un rôle déterminant pour décrire les différents univers. Il y a eu une alchimie sonore et humaine : c’est une belle et profonde définition de l’expression “spectacle vivant”. La proximité entre le public et les chanteurs, loin de brouiller le discours et l’attention, a plutôt précisé la qualité sonore. Souvent, dans un rapport frontal au public, le son nous parvient avec des sources sonores très définies et qui bougent peu. Dans cette configuration, avec le public inséré dans l’univers vocal, nous avons vécu une mise en scène de l’espace sonore, qui fait que chacun a entendu différemment, en fonction de sa place, et donc, lu l’histoire de façon “particulière”. Les textes et mélodies n’auraient pas eu la même saveur si nous les avions interprétés sur scène dans un spectacle-concert de forme habituelle. Si on met de la distance entre le public et nous, dans un rapport conventionnel scène-sièges devant, sans doute en mettons- nous aussi avec le répertoire qui suscite déjà bien des préjugés. Mais si nous sommes très proches, exprimant le lien entre un son vocal sans filtre, un texte décrivant un imaginaire fort, bien qu’inconscient, une polyphonie dans laquelle chaque voix se fait entendre, alors, chaque auditeur peut y trouver son compte. Du côté des acteurs du spectacle, j'ai remarqué des changements dans l’expression vocale. Il y a des voix qui tout d'un coup se sont posées, parce qu'elles ont été habitées de l’intérieur par ce rapport à l’espace et au public, tout le travail a pris du sens. Les corps se sont détendus, les gestes ont trouvé leur expression, les regards ont pétillé. Je suis très fière d’avoir travaillé avec cette équipe.
Je pense comme Giovanna Marini et d'autres d'ailleurs, que ce répertoire de tradition orale, nous l’avons tous au fond de nous, quelquefois sans le savoir, en strate, même si on le rejette. Je suis absolument ravie de ce qui s'est passé au cours de cet événement « Voix en Ville » parce qu’on retrouve là, une fonction incontournable de la musique traditionnelle, qui n'est plus seulement faire danser ou faire chanter, mais qui contribue à inventer, créer des formes utiles pour notre vie d’aujourd’hui.

Tu parles de Giovanna Marini. Toi, tu es la seule qui fait ce travail en France.

E.G. – Je suis bien loin d’avoir réalisé tout ce qu’elle a créé ! Mais elle est une lumière indispensable dans ma démarche artistique. Ici, la situation n’est pas la même qu’en Italie. le répertoire de tradition orale est très rejeté quand il est en "français", il est en général vécu comme “ringard” (alors que les mêmes histoires chantées en breton, italien, occitan passent mieux, comme des objets “exotiques”). En fait, en “français”, on comprend tout ce qu’il dit, des choses qui viennent de très loin et qu’on essaie de chasser. par exemple, ce qui vient du monde rural. Quand on est à Tulle, ce n’est pas la même chose, on est dans ce monde rural. Par contre, quand on est à Lyon, comme moi, on se trouve confronté à des gens qui ne comprennent pas cet univers. Pourtant nos grands parents sont paysans ; quelles sont les raisons qui poussent la majorité à rejeter leur culture (donc la nôtre aussi) ? La plupart des gens qui sont gênés par les textes en français jugent l’ensemble du répertoire au regard de quelques thèmes rebattus. On comprend les mots, mais on en a perdu le sens, les codes, les images et la fonction.

Ce qui était beau ce soir, c’est de voir chanter des gens aussi différents les uns des autres. Une des choses qui caractérise votre travail, à toi, à Olivier (Durif), à Sylvie (Heintz), c’est vraiment votre grande capacité d’acceptation, dans les ateliers et les stages, de participants très divers avec des “niveaux” complétement différents.

Oui, créer des espaces comme ça, à la fois pour des gens débutants et des gens plus affirmés, c’est extrêmement moteur, d’abord pour la création d’un imaginaire commun, ce qui est fondamental pour vivre avec les autres et ce répertoire peut nous nourrir. La musique, le chant traditionnel, c'est un univers privilégié dans lequel, chacun, quel que soit son niveau musical, peut s’intégrer simplement. Pour ce répertoire, il faut du corps, il faut qu'on entende la personne dans ce qu’elle a de différent de l’autre, il faut des os. En lissant sa voix, ça ne marche pas.
J’aime enseigner et transmettre ces chansons : c’est le partage d’un univers fort, d’une esthétique. Je crois que si on veut continuer à vivre dans une société en commun et qui produit de la convivialité, ce répertoire a sa place. C’est une autre fonction. Chacun peut l’inventer.


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