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PROGRAMME 2016

Janvier 2016

cinéma documentaire
Hiver nomade de Manuel Von Stürler (2012 - 85’)
samedi 16 - 20h30 - salle du Cantou - St Martin-La-Méanne, entrée libre
Pascal et Carole sont bergers en Suisse. Durant les mois de l’hiver 2012, le cinéaste Manuel Von Sturler les suit, leurs 800 brebis et agneaux, leurs ânes, leurs chiens et eux, le long des chemins de transhumance. De trans : « de l’autre côté » et humus : « terre ». 600 kilomètres de pâturage itinérant, une pratique ancestrale qui se fait rare aujourd’hui. Carole, 28 ans, pourrait bien être la seule femme à faire ce métier dans nos contrées. Pascal, lui, y revient chaque hiver depuis trente ans (pour l’anecdote, il est Corrézien !). Un vent de liberté bien glacé souffle sur leur pérégrination, il nous revigore. Cette « terre de l’autre côté » offre des trésors cachés aux brebis et à leurs agneaux, qui doivent être engraissés pour nourrir les citadins. Leur mort n’est paséludée, fin d’une bonne vie.
Hiver nomade pourrait être un beau film un peu nostalgique sur la transhumance, servi par
une photo magnifique. Mais le mystère qui entoure animaux et bergers, l’espèce d’harmonie et de consentement qui règnent, les questions qui surgissent, le suspens même, en font plus qu’un témoignage sur une pratique d’élevage. Nos deux bergers sont avares de mots et d’explications, bourrus, tournés vers leur travail avec les brebis, plutôt moqueurs. À nous donc de deviner ce qui passe. Pourquoi dorment-ils dans la neige comme leurs animaux, roulés dans des peaux de bête ? Et pourquoi les agneaux jugés assez gras montent-ils dans le camion tranquillement, sans contrainte, vers la boucherie, bien loin des scènes cruelles et dérangeantes habituelles ?
Pourquoi l’âne, épuisé, reprend force et se relève grâce aux quelques mots d’encouragement
que lui prodigue doucement le berger ? Qu’est-ce qui lie Pascal et Carole et pourquoi, quand ils s’engueulent, ils ont l’air de s’amuser ensemble ? Pourquoi le monde des sédentaires semble irréel, factice, ridicule, et le troupeau si vrai au contraire ? Pourquoi cette « terre de l’autre côté » paraît tellement vivante, ordonnée, sensée, alors que l’autre, celle des autoroutes et des supermarchés, des lotissements et des propriétaires terriens qui râlent, si bizarre, comme un décor moribond qu’on a envie de fuir aussi vite que courent les brebis pour gambader dans la neige.
« Nous avons souhaité réfléchir à partir d’un film à ce qui se passe entre les hommes et les
animaux, à ce qu’on fait ensemble, hormis exploiter et massacrer. Peuple et Culture nous a
proposé celui-ci dans le fond documentaire de l’association. Bonne pioche ! Le propos semble une illustration parfaite de la réflexion de l’agronome et ancienne éleveuse Jocelyne Porcher, qui nous dit que notre capacité à coexister pacifiquement dépend de notre capacité à vivre en paix et dignement avec les animaux. Elle fait l’hypothèse que les animaux coopèrent, peuvent offrir leur travail et même leur mort en échange d’une vie bonne et de la protection offertes par l’éleveur quand il respecte son troupeau. On ne sera pas tous d’accord avec ce point de vue, mais il a le mérite d’indiquer une autre voie au massacre engendré par la « production animale » et à l’éloignement du monde animal engendré par le végétarisme. Après le film, on en discutera et sans doute on se disputera un peu car nous avons constaté, après la projection de Bovines, que le thème touche beaucoup d’entre nous. Comme si, lorsqu’on parle de notre rapport aux animaux, on parlait aussi de notre rapport aux humains, à nous-mêmes.»
L’équipe de St-Martin -la-Méanne


 

 


Être sans avoir de Christophe Ferrux (2013 - 80’)
vendredi 22 - 20h30 - salle des fêtes - Chenaillers-Masheix,
avec l’Association culturelle et sportive, entrée libre
Il y a 35 ans, Jean-Paul Grospélier abandonne son travail de dessinateur dans un cabinet
d’architecte et, à 21 ans, se lance, comme beaucoup à cette époque, dans le rêve d’un retourà la terre. C’est dans le Haut-Jura qu’il déniche un nid pour ses utopies : la ferme idéale doitêtre isolée, sans eau ni électricité et surtout sans loyer ! 35 ans après, Jean-Paul habite toujours sans confort, cette presque ruine, alors que beaucoup des candidats à la vie nouvelle des années 70 ont remballé leurs rêves. Lui a tenu bon, toujours décidé à être pauvre et heureuxà la fois. Aujourd’hui, Jean-Paul doit quitter son «squat des neiges». Le contrat tacite qui tenait lieu de bail depuis 35 ans s’est achevé avec le décès de la propriétaire. Plutôt que de rechercher une nouvelle ruine, il a décidé de construire sa propre maison, sans argent, sans budget, mais en récupérant les pierres sur les ruines des fermes alentours.
C’est sur un plateau venté à 1200 mètres d’altitude et une vue somptueuse sur le sud Jura qu’il a
trouvé un petit bout de terrain classé... non constructible... Et comme il ne fait rien comme les
autres, il a choisi de construire en pierre de taille, tout seul, à son rythme. Le travail est colossal,
le chantier, lent, agace ou fait sourire les habitants du plateau, mais tous reconnaissent la
qualité de sa construction.
Depuis huit ans Jean-Paul partage sa vie avec Anne et ses deux filles âgées aujourd’hui de 12 et
13 ans. Une famille. Déscolarisées pendant cinq ans les filles ont souhaité retourner à l’école,
au collège, où elles ont retrouvé des camarades et...de très bonnes notes. Avec un regret cependant,
celui d’être de nouveau prisonnières du calendrier scolaire, interdisant dorénavant de
partir en famille au soleil dans la vieille caravane pendant les mois d’hiver...
Annonces de Nurith Aviv (2013 - 63’)
vendredi 29 - 20h30 - salle Latreille - Tulle , entrée libre
Depuis un bon moment déjà, et particulièrement par les temps qui courent dans les
conflits, les causalités religieuses se substituent avec facilité – voire démagogie – aux
analyses d’ordre historique, politique, géopolitique, économique et sociale.
C’est pourquoi Peuple et Culture propose ce film de Nurith Aviv qui, au lieu d’opposer
les religions, les rapproche.
Qu’ont en commun Abraham, fondateur du
judaïsme, sa femme Sarah et sa servante
Hagar, Marie, la mère de Jésus et Mahomet, le
prophète de l’islam ? La visite d’un ange venu
un jour leur annoncer l’impossible : à Abraham
et Sarah, déjà avancés en âge et incrédules au
point qu’ils en rient, la naissance d’un enfant (
Itzhak : « Il a ri » en hébreu) ; à Hagar, chassée
dans le désert avec son fils Ismaël, que d’elle
naîtrait une grande nation (les Arabes), à
Marie qu’elle enfanterait le Sauveur sans avoir
« connu » d’homme. Quant à Mahomet, qui dit
ne pas savoir lire, l’ange lui ordonne : « Lis ! » le
Coran, évidemment. Tous ont accepté l’annonce
qui leur a été faite, et l’impossible ne l’a plus été.
Afin d’explorer les harmoniques mythologiques
et psychanalytiques de ces histoires qui ont
bouleversé l’humanité, la réalisatrice Nurith
Aviv a demandé à sept femmes, issues d’horizons
extrêmement divers, de les commenter. Au lieu d’opposer les religions comme les récits
dominants concourent à le faire aujourd’hui, la parole de ces femmes tend au contraire à les
rapprocher, les entremêler, les superposer.
Ensemble, ces interviews-portraits esquissent une cartographie aux frontières mouvantes qui
évolue entre le Liban, Israël, la Pologne, la France, entre catholicisme, judaïsme et Islam : une
relecture vivante et singulière des textes fondateurs du monothéisme.
La réalisatrice. Nurith Aviv est une portraitiste errante, entre chef opératrice et réalisatrice,
entre la France et Israël, entre le cinéma et la photographie, entre la fiction, le documentaire et
le film expérimental. Elle est la première femme chef opératrice en France et a fait l’image d’une
centaine de films de fiction et documentaires avec entre autres Agnès Varda, Amos Gitaï...
Passionnée par les langues, par le passage de l’une à l’autre, Nurith Aviv a réalisé ces dernières
années une trilogie autour de l’hébreu.

 

 

 

programme 2015


Décembre 2015


 

 

 

cinéma documentaire
Être sans avoir de Christophe Ferrux (2013 - 80’)
samedi 5 - 20h30 - salle des fêtes - St-Martial-Entraygues,
avec l’association Kassoumaï
« AVOIR c’est posséder, ÊTRE c’est exister ! Si l’Homme était caractérisé par son AVOIR c’est-à-dire par ce qu’il possède on l’appellerait un Avoir humain...
En tous les cas chez nous on l’appelle un être humain ! ».
« C’est ainsi que s’exprime Jean-Paul, 57 ans, qui depuis plus de 35 ans, abandonnant son travail de dessinateur dans un cabinet d’architecte, a fait le choix d’une vie simple dans le Haut Jura sans eau courante ni électricité. ‘‘Pauvre’’ mais jamais démuni, il est à la fois forgeron, mécanicien, maçon, bûcheron, boulanger mais aussi bâtisseur... Depuis huit ans, il a été rejoint par Anne, sa compagne, et ses deux filles. Avec des pierres qu’il récupère au gré des bâtiments en ruine alentour, il construit leur ‘‘chez eux’’ patiemment et à l’ancienne. Questionnant simplement, sous le regard amusé ou dubitatif de ses voisins, notre rapport au travail, à la consommation, à nos libertés individuelles et surtout à nos choix en famille ou en société : la place qu’occupent ces choix et celle qu’on leur cède... ».
L’équipe de Kassoumaï


 

 

 


le jour le plus court
Fête du court-métrage
Deux dates, deux publics, Peuple et Culture participe à cette manifestation nationale.
vendredi 18 - 18h - locaux de Peuple et Culture - Tulle
Une sélection de courts métrages, projection ouverte à tous
samedi 19 - à partir de 14h30 - médiathèque éric Rohmer - Tulle
Un après-midi festif à la médiathèque pour les plus petits, en attendant Noël…
14h30 - lecture proposée par une bibliothécaire de l’espace jeunesse
15h30 - sélection de courts métrages pour les enfants (à partir de 3 ans)
16h30 - goûter offert par la médiathèque
L’objectif du Jour le plus Court : populariser la création cinématographique de format court, en inciter la programmation. Cette manifestation de l’Agence du court métrage complète par un événement d’envergure l’action que celle-ci mène tout au long de l’année en faveur du court métrage. C’est donc l’occasion pour tous ceux qui œuvrent pour le cinéma, de sa création à sa diffusion, d’organiser un événement qui leur ressemble, d’accueillir du public et de créer du lien avec les spectateurs.


 

 


droit de questions
Laïcité, éducation : faire société avec éric Favey,
vice-président de la Ligue de l’enseignement
jeudi 10 - 20h30 - salle de l’Auzelou - Tulle, avec la FAL de la Corrèze
et le Cercle laïc de Tulle
à l’origine du désir d’organiser cette conférence-débat, étaient les attentats de janvier dernier. Nous nous disions que, passé le temps de l’émotion, de la sidération, il faudrait bien que vienne celui de l’analyse et de la réflexion. Nous avions décidé d’inviter éric Favey, pour le temps d’une conférence qui réinterrogerait nos pratiques, nos engagements, nos actes, et nos mots.
Les évènements du 13 novembre nous replongent dans l’horreur. à nouveau, dans le grand barnum médiatique, sur les réseaux sociaux, s’accumulent et s’emmêlent des réactions, des velléités d’analyses épidermiques, immédiates, affectives, souvent perverses, auxquelles s’ajoutent les raccourcis, les confusions, les amalgames… à nouveau, sont soulevées des questions qui ont trait à la laïcité, à l’éducation, à ce qui nous lie les uns aux autres, aux valeurs républicaines et démocratiques, à notre capacité de créer du commun là où nous vivons chaque jour, dans notre pays, en Europe, autour de la Méditerranée et dans le monde.
C’est sur ces questions qu’interviendra éric Favey, coauteur de École, Université : pour que la République tienne ses promesses (éd. L’Harmattan) et coordinateur avec Guy Coq
de Pour un enseignement laïque de la morale (éd. Privat).



 

 

 


et après...
Après le choc, la sidération, l’émotion... que penser ? Peuple et Culture propose une écoute radiophonique et une sélection d’articles après les attentats de Paris.


écoute radiophonique
Deux émissions de France Culture
mardi 1er décembre - de 18h15 à 19h45 - locaux de Peuple et Culture - Tulle

Malaise dans la sidération (60’) avec Patrice Moniglier, philosophe (Université de Reims), Michel Terestchenko, philosophe (Université de Paris Naterre) et Gérôme Truc, sociologue (ENS de Cechan)

Les racines de la haine (30’) : le philosophe Souleymane Bachir Diagne en discussion avec le psychanalyste Fethi Benslama. Comment comprendre cette radicalité, en identifier les causes pour pouvoir lutter contre elle, l’enrayer ? Quels sont les ressorts psychologiques et sociaux ? Sur quels troubles subjectifs et collectifs s’appuient les idéologies violentes ?

L’idéal et la cruauté un livre de Fethi Benslama (Lignes éd, 2015)
Quelles interprétations autres que sociologiques et politiques sont susceptibles d’expliquer le passage à l’action violente ? (ce qu’il est convenu d’appeler la ‘‘radicalisation’’ ).
Fethi Benslama (également auteur de La guerre des subjectivités en islam) a réuni autour de lui et pour y répondre psychanalystes, psychiatres et anthropologues. Des interprétations essentielles.
Quels sont les ressorts subjectifs du processus de radicalisation et du passage à l’action violente ?
Quels enseignements peut-on tirer au regard de la clinique et de l’étude des trajectoires individuelles ? Comment penser ce problème au carrefour de la psychologie individuelle et collective ? Ce livre, qui réunit les contributions de psychanalystes, de psychiatres, d’anthropologues, vise à éclairer les articulations à travers lesquelles des jeunes peuvent être saisis par un discours guerrier et, dans certains cas, les autorisent à devenir « tueur au Nom de… ». Les cristallisations existentielles qui conduisent vers de tels engagements n’obéissent pas à un modèle aussi univoque et déterministe qu’on le prétend généralement. Une cartographie reste à établir, mais ici l’entrée par la coordonnée de l’idéal permet de lire comment, par le jeu de l’offre et de la demande autour de la figure de la victime et du vengeur, peuvent se déclencher des mises à disposition intimes à des souverainetés cruelles
.



une sélection d’articles...


« Je voudrais que les gens comprennent que l’état d’urgence, ce n’est pas rien » Henri Leclerc
Henri Leclerc, président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme, invité du 13h de France Inter le 17 novembre 2015, s’interroge sur la nécessité de prolonger l’état d’urgence, après les attentats du 13 novembre, qui porte atteinte, à ses yeux, aux libertés fondamentales.
Par rapport à la Constitution, François Hollande a eu des mots forts, il a dit que c’était une charte commune, que c’était le contrat qui unissait tous les citoyens, il a raison. Ceci étant, réformer la Constitution, ce n’est pas rien.
Est-ce qu’il faut le faire aujourd’hui ? Nous sommes tous profondément bouleversés par les victimes, on est sidéré par la violence des assassins(...). Mais il faut quand même s’interroger : pourquoi ces gens là nous attaquent-ils ? Cette fois-ci ils n’attaquent même pas la liberté d’expression comme ils l’ont fait en janvier ; ils n’agissent pas par cet espèce d’antisémitisme abominable et frénétique qu’ils ont. C’est en fait notre vie, notre mode de vie. Au fond, ils nous attaquent parce qu’on est un peuple libre, parce que nous avons des libertés et que c’est insupportable pour eux. Ce sont des gens qui ne pensent qu’à la charia, qu’à un système politique. Alors ils savent bien qu’ils ne nous vaincront pas militairement mais ils pensent que des actes abominables comme ils ont créés vont disloquer notre union nationale et va mettre en cause notre liberté. (…)
Faut-il faire des lois d’exception dans l’émotion ? Ce qui me préoccupe aujourd’hui, ce n’est pas qu’il y ait des perquisitions nombreuses à domicile faites par des policiers, c’est que nous sommes dans un état qui doit durer 12 jours - ça me paraît concevable - mais qui doit en plus être prolongé 3 mois après, ce qui m’inquiète. C’est une suspension des libertés. La Constitution fait de l’autorité judiciaire la gardienne des libertés or l’état d’urgence c’est la suspension de l’autorité judiciaire.
Le décret a exclu de l’état d’urgence la suspension de la liberté de la presse, c’est-à-dire que les pouvoirs publics ne se sont pas donné les droits de censurer la presse - tant mieux - et surtout la justice militaire qui d’ailleurs n’existe plus véritablement. Mais tout de même, la gardienne des libertés c’est l’autorité judiciaire, or tout cela c’est une forme de dépossession de l’autorité judiciaire pour la donner à la police. Certes il y a besoin d’efficacité, certes il y a besoin d’aller vite aujourd’hui, il y a besoin de trouver ces armes qu’on trouve partout. Très bien. Mais est ce qu’on va instaurer un régime dans cette situation de crise ou est ce qu’on ne va pas se donner le temps pour essayer d’instaurer un régime avec une forme d’unité nationale.
Vous comprenez quand vous rappelez ces grands principes que vous êtes presque inaudible parce que les français sont inquiets et qu’ils réclament des mesures et du concret ?
Je suis inaudible, bien sûr mais je voudrais que les gens comprennent que l’état d’urgence, quand il se prolonge dans le temps, ce n’est pas rien. L’état d’urgence par exemple, c’est ce qui a fait qu’il y a eu en 1962 le drame de Charonne avec tous ces gens tués parce qu’il y avait une manifestation interdite et que la police a donc réprimée. Ou les massacres du 17 octobre 1961 sur l’interdiction d’une manifestation algérienne. C’est aussi ça une conséquence de l’état d’urgence.
Je crois effectivement que le président cherche à rassurer les français et dire « on fait quelque chose » mais ce qu’il propose est-il possible d’être bien fait dans la précipitation ? C’est la seule chose qui m’inquiète alors je suis obligé de le dire, je préfèrerai être dans l’union nationale mais comme je m’aperçois que déjà, les querelles politiciennes ont repris le dessus sur la nécessité de l’union nationale alors je me permets de rappeler moi que le principe essentiel ce n’est pas d’accroître les atteintes aux libertés, c’est de préserver les libertés publiques parce que c’est contre ça qu’on lutte et si on recule sur la liberté publique, ils ont gagné. Regardez les américains avec leur Patriot Act ou la guerre en Irak. Les américains qui ont permis d’emprisonner des gens sans aucune limite dans le temps, simplement parce que c’était des combattants ennemis, c’est Guantanamo. Même Obama n’a pas été capable de se débarrasser de Guantanamo parce que l’ensemble de la population est contre. Alors oui, je dis les choses.
Vous nous dites qu’il faut faire attention quand on transforme la Constitution a ce qu’elle ne tombe pas, un jour, entre de mauvaises mains, c’est ça ?
Absolument, c’est notre pacte commun donc il faut y toucher mais de façon attentive, unanime et véritablement aujourd’hui, il faut que nous préservions notre sûreté, notre sécurité, c’est évident, il faut que nous résistions à cette forme d’oppression qui vient de l’étranger - non qui ne vient pas de l’étranger, je dis une bêtise - qui vient de gens qui veulent détruire notre système de libertés. Alors certes il faut résister, il faut trouver les moyens, il faut aller vite mais en même temps devons-nous modifier notre charte commune? Je pose la question.


 

 

 


Novembre 2015

 



Je lutte donc je suis de Yannis Youlountas (2015 - 80’)
lundi 2 - 20h30 - cinéma le Palace - Tulle - 5 €, en présence du réalisateur
Une soirée pour débattre et penser ensemble les questions qui, à travers l’expérience grecque des mois derniers, nous traversent et nous taraudent.
Est-il possible de mener une autre politique que celle choisie par l’Eurogroupe pour un pays de la zone euro ? La réponse donnée a été sans appel, c’est non. Et quiconque s’y essaie ou prétend malgré tout s’y essayer est promis en plus à l’humiliation. Sans présumer de la suite desévénements en Grèce, une question (entre autres) s’impose aux citoyens que nous sommes età tous les courants sociaux et politiques européens qui appellent de véritables et nécessaires transformations en Europe : si un pays bascule du côté de l’alternative sociale et écologique, comment et à quelles conditions pourra-t-il mener sa politique s’il reste dans la zone euro ? Et quelles autres voies peut-on construire ?


Le réalisateur.
Écrivain et cinéaste franco-grec, formateur en philosophie et critique de la fabrique médiatique de l’opinion, Yannis Youlountas a photographié et analysé l’ensemble des événements en Grèce depuis les premières émeutes de décembre 2008 pour Siné-Hebdo puis Siné-Mensuel et d’autres médias alternatifs. Il est également l’auteur de deux livres sur le rapport de force dans la fabrique de l’opinion : Derrière les mots (satirique) et Paroles de murs athéniens (textes et photos) ainsi que de Exarcheia la noire (textes et photos avec Maud Youlountas) sur le coeur de la résistance et des alternatives à Athènes, publiés aux Éditions Libertaires.
Dans son film Je lutte donc je suis, c’est avec poésie qu’il délaisse l’analyse chiffrée pour un voyageémouvant fait de rencontres et de chansons au coeur de la résistance et des alternatives qui se renforcent de jour en jour. Son film précédent, Ne vivons plus comme des esclaves sorti en 2013, a été traduit dans 14 langues et a commencé à porter la parole du mouvement social grec sur tous les continents.


 

 

 

Le temps des châtaignes de Jean Samouillan (2012 - 59’)
samedi 7 novembre- 20h30 - salle Lou Cantou - Saint-Martin-la-Méanne
projection précédée à 18h30 d’une dégustation de châtaignes grillées
sur place et de jus de pomme local - foyer rural

Ce documentaire tourné en Ariège, dans le Volvestre, traite de la reprise des châtaigneraies
par les néo-ruraux, alors que ces espaces furent pour la plupart abandonnés lors de l’exode
rural des années 60. Cette revitalisation s’opère aujourd’hui sur des bases coopératives et
écologiques, et s’appuie paradoxalement sur certaines valeurs qui furent celle de la société
traditionnelle paysanne et qui renaissent aujourd’hui.
«Si nous ne faisons pas ça, le modèle que nous haïssons, qui déshumanise l’humanité, va gagner.»
Cette phrase de Paul Garcia, un des protagonistes du film, résume à partir de la culture des
châtaignes, une des problématiques fondamentales actuellement posées à l’humanité : où
allons-nous ? Quel progrès pour qui et par qui ? Quel avenir en liaison avec quel passé ? Depuis Au nom de la Terre jusqu’à Paul dans sa vie et Le temps des châtaignes, ce fil sous-tend notre programmation dans le groupe St Martial-Entraygues/St Martin-la-Méanne, à travers divers aspects et facettes du monde rural, et ceci avec le désir de s’inspirer du passé pour éclairer/ créer l’avenir. Le temps des châtaignes illustre cette volonté de dépasser le paradoxe rupture/ continuité vers un monde meilleur.» Le groupe de St Martin-la-Méanne.


 

 


Vivants ! de Vincent Boujon (2014 - 80’)
vendredi 20 novembre- 20h30 - salle des fêtes - St Jal, avec l’Amicale Laïque
Cinq garçons vont tenter un saut en parachute. Ils ont quelques jours pour se préparer. À terre,
ils sont des hommes, séropositifs, que la mort a effleurés. Ils sont unis entre la nuit et le jour,
entre ciel et terre, entre éclats de rires et confidences, entre les mots et ce qui ne peut se dire, le courage et la frayeur. L’un après l’autre, ils tenteront de se jeter dans les airs : ils sont vivants, ensemble.
« Vivants ! : le titre dit bien ce dont le film de Vincent Boujon nous parle... Mieux, il nous place dans cette situation de connaître, d’éprouver physiquement le sentiment d’être au monde, au plus près du vertige face au vide, à la chute, à la mort.
Le cinéaste a l’idée folle et drôle de nous emmener, avec un groupe de cinq hommes, sur un petit terrain d’aviation où le Club des 5 va s’initier, les uns courageusement, les autres fébrilement, au saut en parachute. On suit les cours que l’instructeur intransigeant leur prodigue en bas, les mises en garde vis-à-vis de tout geste fatal en haut, les simulations et mises en condition physique qu’il faut effectuer au sol avant de se retrouver projeté d’un coucou à 4 000 mètres d’altitude...
Nous gagne peu à peu le mélange de peur et de courage que le saut dans le vide procure
aux apprentis parachutistes, en même temps que nous apprenons d’eux ce qu’ils ont éprouvé lorsqu’ils ont appris leur séropositivité : une sensation semblable de se retrouver en chute libre, le souffle coupé, la difficulté à se conformer aux protocoles éprouvants qui les sauveraient...
Ces moments de confidences et de récits sont filmés lors des pauses, ou le soir, après les séances d’initiation. La parole naît dans la proximité des avions qui les emmèneront bientôt
dans le ciel, comme si la mise en condition pour le grand saut ravivait la mémoire de chacun, leur faisait partager l’expérience commune d’un temps vécu dans la proximité de la
mort. Aux recommandations sur l’altitude à laquelle “on arrête de déconner” pour déclencher son parachute, succèdent les confessions sur les risques, bonheurs et malheurs de l’amour.»
Jacques Deschamps, réalisateur et programmateur aux États généraux du documentaire à Lussas.


 


Opération Correa, 1ère partie : les ânes ont soif
de Pierre Carles (2015 - 54’)
lundi 30 novembre - 20h30 - salle Latreille Haut - Tulle, en présence du réalisateur

dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale, en partenariat avec
l’association Mashikuna et Corrèze Environnement (voir programme joint)
« Est-ce que le président équatorien fait peur ? C’est la question que l’on se pose à la vue de la première partie du documentaire Opération Correa. Ce film de Pierre Carles rend compte du traitement médiatique quasi inexistant autour de la venue du président équatorien
en France, en novembre 2013.
Rafael Correa, élu en 2006 à 43 ans avec 57% des voix, est un ancienéconomiste, il parle français et multiplie les réformes originales pour sortir son pays de la crise. Il a lancé une nouvelle constitution qui, entre autres, renforce l’éducation, partage les ressources pétrolières et reconnaît les minorités indigènes. Selon les observateurs, un souffle nouveau est perceptible en Équateur. Mais cela ne suffit pas à intéresser les grands médias français. Il n’a été reçu nulle part.
Pourquoi ce vide ?
Le 6 novembre 2013, Rafael Correaétait à la Sorbonne pour présenter son modèle économique. Micro en main, il n’hésite pasà définir l’économie classique comme « de l’idéologie déguisée en science ». Ses recettes sont simples : dépasser la crise de la dette, refuser l’austérité et s’éloigner du dictat du FMI. Au cours de ses discours, il n’oublie pas non plus de rappeler qu’il lutte contre le néocolonialisme et l’impérialisme. Le président équatorien résume sa pensée par une question simple :
« Qui commande la société, les êtres humains ou le capital ? » Est-ce que cette phrase peut
valoir d’être marginalisé des débats publics en France ? Est-ce parce qu’il déplore ce que font l’Espagne et la France pour contrer la crise ? Ou, plus anecdotique peut-être, est-ce parce qu’il a accordé l’asile à Julien Assange en 2012 ? Dans ce premier épisode, des « figures » du journalisme hexagonal sont interrogées sur les raisons du silence médiatique autour de Correa.
Certaines se distinguent par leur mauvaise foi ou leur ignorance. D’autres sont lucides : Il n’est pas dans l’actualité . » Frédéric Jasseny, Mediapart.


Le réalisateur.
En 1988, Pierre Carles obtient son diplôme de journaliste-reporter d’images à
l’IUT de Bordeaux. Peu après, il est embauché à Télé Lyon Métropole. Mais il est renvoyé après avoir mis en boîte un patron local dans un de ses sujets... Il se fait ensuite connaître pour son travail de critique du fonctionnement des médias dominants (Pas vu, pas pris en 1998 et Enfin pris? en 2002) et sur le monde du travail (Attention danger travail en 2003 et Volem rien foutre al païs en 2007). Il travaille actuellement au deuxième volet de son film sur Correa : Correa si! Correa no!


 

 

Droit de questions avec 2 intervenants du collectif des économistes atterrés :
Mardi 24 novembre - 20h30 - salle Latreille.

Les rebondissements de la crise grecque de l'été dernier et les négociations avec la troïka ont exacerbé les tensions autour de l'euro.
L'euro est-il nécessairement synonyme d'austérité et de conflits entre les européens ?
En quoi l'architecture et la gouvernance de l'euro sont-elles défaillantes ?
Deux options radicales pour dépasser les écueils de la zone euro sont souvent mises en avant :
- La première entend faire évoluer l'euro, le compléter, principalement à travers l'option fédérale. La mise en place de transferts budgétaires entre les pays de la zone euro, d'une union bancaire approfondie et la mutualisation des dettes publiques sont-elles réalistes ?
- La seconde option entend tirer les conséquences de l'échec des négociations avec la Grèce et préconise une sortie de l'euro, seule solution pour éviter les ajustements douloureux et retrouver des marges de manœuvre. Quels sont les avantages et les dangers de l'option de la sortie de l'euro ?
C'est autour de cette question que deux membres du collectif d'animation des Économistes atterrés (Edwin Le Héron et Jean-François Ponsot) en débattront avec nous. 


Les intervenants :

Edwin Le Héron
Maître de conférences HDR à Sciences Po Bordeaux.
Institut d’Etudes Politiques, 11, allée Ausone 33607 PESSAC Cedex - France
Edwin Le Heron est maître de conférences HDR à Sciences Po Bordeaux et chercheur au Centre Émile Durkheim (CED). Il est également le président de l'Association pour le Développement des Études Keynésiennes (ADEK) et membre du bureau du Conseil National des Universités (section sciences économiques). Ses recherches portent sur la monnaie, la théorie post keynésienne et la modélisation Stock-Flux Cohérente (SFC) ainsi que l'histoire de la pensée. Ouvrages : Edwin Le Heron et Philippe Moutot, Les banques centrales doivent-elles être indépendantes ?, éditions Prométhée, 2008. Edwin Le Héron, À quoi sert la banque centrale européenne ?, éditions La Documentation Française, collection RéflexEurope, 2013

Jean-François Ponsot

Maître de conférences en sciences économiques à l'Université Pierre Mendès France de Grenoble, après avoir été Assistant Professor à Laurentian University, Canada et consultant auprès de la Commission technique sur la Nouvelle architecture financière régionale de la Présidence de l'Equateur. 
Ses travaux portent sur la dollarisation, la coopération monétaire régionale et la théorie des banques centrales.

 

 

Exposition Archipel de David Molteau
vernissage le vendredi 6 à 18h - galerie l’Oeil écoute - Limoges
du 6 novembre au 23 janvier 2016 (fermeture du 19 décembre au 4 janvier)
« Calquer est une opération toujours féconde, qui permet de fixer par le dessin certains éléments choisis dans le grand flux d’images qui nous traverse quotidiennement, quelle qu’en soit la source.
De manière faussement fortuite, je juxtapose deux images choisies dans mon environnement proche, en les retravaillant très précisément au trait, à l’aide de la tablette graphique pour l’une et à l’encre de chine pour l’autre. L’ensemble est ensuite numérisé.
La lisibilité de ces assemblages confère à mes productions une dimension pseudo héraldique (blason) mais l’équivoque est au coeur même de celles-ci. C’est une invitation, une ouverture à d’autres paysages de la pensée, qu’elle soit vagabonde, sauvage ou prospective. » David Molteau

 

 

 


 

 

Octobre 2015

cinéma documentaire

 


Nostalgie de la lumière de Patricio Guzmán (2010-90’)
vendredi 9 octobre- 20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix,

avec l’association culturelle et sportive
Au Chili, à 3000 mètres d’altitude, les astronomes du monde se rassemblent dans le désert
d’Atacama pour observer les étoiles. Car la transparence du ciel est telle qu’elle permet de
regarder jusqu’aux confins de l’univers. C’est aussi un lieu où la sécheresse du sol conserve
intacts les restes humains : ceux des momies, des explorateurs et des mineurs. Mais aussi ceux des prisonniers de la dictature, que certaines femmes continuent de rechercher.

Patricio Guzmán est l’un des principaux chroniqueurs cinématographiques de l’histoire
contemporaine chilienne. On sait à quel prix ce travail fut rendu possible : emprisonné par
le régime de Pinochet lors du coup d’État de 1973, finalement relâché, il choisit l’exil, à Paris, comme son compatriote Raoul Ruiz (tous deux sont nés en 1941), maître de la fiction baroque.
Guzmán ne cessera quant à lui de revenir à son pays par la voie du documentaire politique,
depuis La Bataille du Chili (1979) jusqu’à Salvador Allende (2004).

Il aura fallu à Patricio Guzmán quarante ans de lutte pied à pied, de mémoire à vif et de
souffrance intime, pour aboutir à cette oeuvre d’une sérénité cosmique, d’une lumineuse
intelligence, d’une sensibilité à faire fendre les pierres. A un tel niveau, le film devient
davantage qu’un film. Une folle accolade au genre humain, un chant stellaire pour les morts, une leçon de vie. Silence et respect.»
Jacques Mandelbaum (Le Monde)


 

 


Louise, son père, ses mères, son frère et ses soeurs
de Stéphane Mercurio et Catherine Sinet (2004 - 56’)
samedi 24 octobre- 20h30 - salle des fêtes - Sérilhac
, avec l’association Achabatz d’entrar

Louise est la fille de Sybille, Gérard, Sylviane et aussi un peu celle de Françoise, en tous cas, la soeur de ses trois enfants. Françoise et Gérard s’aiment depuis 45 ans. Ils ont eu trois enfants. Sybille et Sylvianne s’aiment depuis 23 ans. Elles voulaient chacune un enfant. Un jour, elles ont demandé à leur amie Françoise de leur prêter Gérard, son mari, pour qu’il devienne le« géniteur ». Celle-ci a accepté. En 1986, Sybille a mis au monde Louise. Depuis sa naissance, ils inventent, apprennent, se trompent, réussissent… Quelle est la place de chacun ? Comment se sont-ils débrouillés avec tout ça ?
Il faut écouter Gérard raconter cette histoire, mais aussi Sibylle, Sylviane et Françoise
donnant leur propre version. C’est une histoire d’amour entre deux femmes, autant qu’une
histoire d’amitié entre deux couples. Un de ces récits tout en pudeur éclairant les débats sur
l’homoparentalité et la famille. Une famille atypique au sein de laquelle la parole et la vie
circulent librement, sans passer sous silence les difficultés parfois rencontrées. En filigrane se dessine le portrait d’une génération de militants de Mai 68 qui ont voulu transformer la société et réinventer la famille.
La réalisatrice. Après des études en droit, Stéphane Mercurio participe au lancement du
journal des sans-logis La Rue et se forme à la réalisation. Dans son premier documentaire
Scènes de ménage avec Clémentine, elle s’intéresse à la vie d’une femme de ménage. Suivent ensuite des documentaires notamment sur les sans-logis (Vivre sans toit et Cherche avenir avec toit), sur l’hôpital (Hôpital au bord de la crise de nerfs) et sur les lieux de détention et les familles de détenus avec À côté, primé au Festival international de films de femmes de Créteil et au Festival Images de justice de Rennes en 2008 puis À l’ombre de la République.


 


17 octobre 61... contre l’oubli
Expositions, rencontres, projections
organisées par la ville de Tulle et le collectif autour des évènements du 17
octobre 1961 (médiathèque Éric Rohmer, Ligue des Droits de l’Homme et Peuple et Culture)

Le mardi 17 octobre 1961, en pleine guerre d’Algérie, des Algériens manifestent pacifiquementà Paris contre le couvre-feu décrété par le préfet de police Maurice Papon. Cette mobilisation, organisée à l’appel du FLN, sera très violemment réprimée : entre des dizaines et des centaines de morts selon les sources, des manifestants emprisonnés dans des centres de détention spécialement mis en place (palais des sports, stade Coubertin, parc des expositions, etc.) où ils subissent de mauvais traitements.
Or ce massacre a été longtemps étouffé. Le lendemain, Maurice Papon publie un communiqué de presse où il minimise la répression (officiellement on parle de trois morts) et accuse les manifestants de violence envers les forces de l’ordre. Si quelques journaux tentent de contester cette version, c’est néanmoins ce communiqué qui va incarner la version ‘‘officielle’’.
À partir des années 80, des historiens vont commencer à produire des travaux de recherche
sur la manifestation et sa répression (notamment Jean-Luc Einaudi, présent à Tulle en
octobre 2013). Mais il faut attendre 1997 et le procès de Maurice Papon (sur ses actes pendant l’Occupation) pour que les événements du 17 octobre refassent surface sur la scène publique.
Commence alors un long travail de mémoire et d’écriture de l’histoire encore en cours.

Exposition de photos d’Élie Kagan
du vendredi 2 au dimanche 28 octobre- salle des mariages - mairie de Tulle
vernissage le samedi 3 octobre à 10h
Reporter engagé, Élie Kagan est l’un des rares professionnels à avoir saisi sur le vif le massacre des Algériens, survenu à Paris après leur manifestation, dans la nuit du 17 octobre 1961. Pigiste indépendant, il couvre dès la fin des années 1950 et jusqu’au milieu des années 1990, une quantité d’événements à résonance politique, syndicale, sociale ou économique : en France principalement, mais aussi dans l’Algérie nouvellement indépendante, ainsi qu’en Israël, en Allemagne et en Russie. L’ensemble des photographies d’Élie Kagan (1928-1999) a été donnéà la BDIC (Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine) en 1999, par ses héritiers : négatifs, tirages, planches contacts, et diapositives.

Lecture de textes et poèmes
vendredi 16 octobre- 14h - plaque commémorative - médiathèque Éric Rohmer - Tulle
Le Silence du fleuve, un film d’Agnès Denis et Mehdi Lallaoui (1991-52’)
suivie d’une rencontre avec Mehdi Lallaoui

samedi 17 octobre- 14h30 - médiathèque Éric Rohmer - Tulle
Le massacre des manifestants algériens le 17 octobre 1961 raconté grâce aux interviews de
témoins et de protagonistes exprimant différents points de vue. Un documentaire qui éclaircit le déroulement de cette violente répression qui s’est abattue sur les manifestants algériens ce jour du 17 octobre 1961, à Paris.
En hommage à François Maspero, Le silence du fleuve sera précédé d’un court extrait du film Le manifeste des 121 de Medhi Lallaoui.

Mehdi Lallaoui est réalisateur et écrivain. Il est, avec Samia Messaoudi et Benjamin Stora, co-fondateur depuis 1990, de l’association ‘‘Au Nom de la Mémoire’’.
Celle-ci est axée autour de trois thèmes qui s’entrecroisent : les mémoires ouvrières liées
souvent à l’immigration ; les mémoires urbaines, et en particulier la banlieue et enfin les
mémoires issues de la colonisation.
Il a notamment réalisé plusieurs films sur des sujets touchant à différents pans des histoires
croisées de l’Algérie et de la France, dont Les massacres de Sétif, un certain 8 mai 1945 qui a reçu, en 1995, le Grand prix du meilleur film documentaire au Festival du film historique de Rueil-Malmaison, et le premier prix (catégorie événement politique) du Festival international du scoop et du journalisme d’Angers.

 

 


 

 

artothèque
Collection en mouvement, Souvenir du futur
OEuvres de Martine Aballea, Simon Bergala, Florent Contin-
Roux, Gabriele Di Matteo, Franck Eon, Matt Mullican

du mardi 6 octobre au vendredi 13 novembre - galerie du musée du Pays d’Ussel
vendredi 9 octobre - 17h30 - vernissage et visite commentée avec David Molteau
Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 17h30
Opération réalisée par le FRAC-Artothèque du Limousin, le FacLim et Peuple et Culture

 


 


et aussi…
Les grands chantiers inutiles,
conférence de Serge Quadruppani
samedi 10 octobre - 17h - théâtre de La Chélidoine - Saint-Angel

Les grands chantiers inutiles avec en exergue ‘‘l’aéroport Vinci’’ de Notre Dame des Landes et
la construction de la ligne LGV Lyon-Turin et son tunnel de 57 km, deux terrains sur lesquels
Serge Quadruppani est très actif. Aussi la LGV Limoges-Poitiers...
Les Échos écrivaient le 18 décembre 2013 à propos de la LGV Lyon-Turin : «ses revenus ne
couvriront même pas 10% des coûts » et on comprend donc « que les partenariats publicprivés
évoqués ne seront que des emprunts déguisés... ». Le coût est estimé (pour le moment...)
à 30 milliards d’euros. Le 1er août 2012, la Cour des Comptes dénonçait « un pilotage qui ne
répond pas aux exigences de rigueur nécessaires... » et conseillait de « ne pas fermer trop
rapidement l’alternative consistant à améliorer la ligne existante ». Et ce d’autant que
par exemple le nombre de camions France-Italie transitant par les Alpes est en constante
diminution... La modernisation de la ligne de chemin de fer actuelle aujourd’hui utilisée à 20% de sa capacité se ferait très rapidement et à moindre coût. Les dégâts environnementaux, y compris avec le contournement de Lyon avec une nouvelle ligne LGV, seront considérables...

Serge Quadruppani. Écrivain, essayiste, journaliste, traducteur et éditeur est depuis
toujours engagé pleinement dans la défense de nombreuses causes politiques, des libertés ou de l’environnement... Il vit en Limousin aux confins du Plateau de Millevaches où il est présent dans de nombreuses initiatives citoyennes. Pleinement engagé aussi dans l’ affaire dite « de Tarnac » aux côtés des victimes de l’arbitraire et contre les dernières lois sécuritaires...
La conférence sera introduite par des lectures du grand écrivain et poête italien Erri Di Luca,
actuellement inculpé (8 mois de prison ferme requis) pour incitation au sabotage dans le cadre de son engagement citoyen avec le mouvement « No Tav », fer de lance dans l’opposition au désastre écologique et économique annoncé. Les textes seront lus par Sylvie Peyronnet et Claude Montagné de l’équipe du théâtre. La soirée est organisée par les Compagnons de la Mémoire vivante en partenariat avec La Chélidoine, Peuple et Culture et la Bouquinerie du Carrefour Ventadour.


 

 


Marcel Conche, la nature d’un philosophe
de Christian Girier (2015-67’)
vendredi 16 octobre- 20h30 - cinéma le Palace - Tulle, en présence du réalisateur


Originaire d’Altillac en Corrèze, Marcel Conche s’estéveillé à la philosophie à l’âge de 6 ans alors qu’il accompagnait ses parents au travail des champs. Il lui consacrera sa vie. À 91 ans, ce philosophe moderne - mais à l’écart des modes - a élaboré au fil du temps une métaphysique de la Nature qu’il continue inlassablement de méditer. Depuis la maison familiale où il vit aujourd’hui, il ouvre avec délice à une pensée toujours en mouvement, et livre le récit d’une vie qu’il dit banale, pourtant aussi surprenante qu’imprévisible.

 

 

 


Septembre 2015

 

 

 

cinéma documentaire
Edgar Morin, chronique d’un regard
de Céline Gailleurd et Olivier Bohler (2015 - 81’)
lundi 7 septembre 2015 - 20h30 - cinéma le Palace - Tulle, en présence des réalisateurs - tarif 5€
« Edgar Morin nous a raconté avoir connu Joffre Dumazedier (un des fondateurs de Peuple et
Culture) aussitôt après la guerre. Edgar Morin est surtout connu aujourd’hui comme un penseur attaché aux grandes problématiques sociétales et politiques de notre époque. On ignore bien souvent qu’il a été le premier chercheur à faire du cinéma son objet d’étude, avant d’initier, avec Jean Rouch, grâce à Chronique d’un été, cette révolution que fut le Cinéma Vérité.
Avec Edgar Morin, Chronique d’un regard, nous souhaitions montrer que cet intérêt pour
le cinéma, loin d’être anecdotique, a au contraire joué une place essentielle dans la formation de sa pensée politique et sociale. Nous avons eu la chance de l’accompagner durant deux ans, et de constater qu’il est sollicité aux quatre coins du globe. Nous voulions donc mettre en scène ce mouvement, cette circulation, qui s’accordait avec son idée de traverser les disciplines et de refuser les cloisonnements. Plus qu’un portrait, nous avons ainsi rêvé un itinéraire, entre Paris et Berlin, en nous inspirant visuellement des grands concepts qu’il développe dans Le Cinéma ou l’homme imaginaire et Les Stars comme la projection, les doubles, les fantômes, les masques, les ombres...
Mathieu Amalric, qui se plonge dans la lecture des textes d’Edgar Morin au début du film, nous fait passer du quotidien à une dimension plus mentale, imaginaire. Notre idée était de donnerà comprendre l’aspect critique, poétique, métaphysique de la pensée d’Edgar Morin. Par le montage, nous avons souhaité travailler plusieurs strates d’images afin de faire ressentir le temps, l’accumulation des souvenirs d’un homme qui, à 93 ans, a presque traversé un siècle entier. Les projections sur les immeubles de Paris ou Berlin, elles, font surgir le cinéma et l’imaginaireà l’intérieur du paysage urbain, pour le peupler de fantômes. Ces présences spectrales sont, pour Edgar Morin, l’origine même de sa fascination pour l’image cinématographique. Elles rappellent aussi qu’étudier le cinéma est un acte sociologique, une façon de parler de notre société. Tout au long de notre tournage, Edgar Morin n’a cessé de parler de la fraternité des peuples et de la transmission du savoir. Présenter notre film à Tulle avec Peuple et Culture fait particulièrement sens pour nous".
Céline Gailleurd et Olivier Bohler, réalisateurs.

« C’est par Joffre Dumazedier que j’ai connu aussitôt après la guerre, puis par Benigno
Caceres, que j’ai rencontré Peuple et Culture. Je me souviens de la première rencontre
avec Dumazedier à une réunion d’intellectuels communistes que le parti voulait mettre
au pas et où il était demandé de maudire les noms de Sartre et Camus. Dumazedier
intervient : « Je ne peux pas dire ça aux ouvriers de chez Renault qui ont lu Sartre et
Camus ». Nous étions ensemble contre cet obscurantisme. Peu après, Dumazedier quitta
le parti. Je le rencontrai souvent au Centre d’étude sociologiques où, recruté au CNRS
comme moi, il fut affecté.
C’est à sa demande (il était alors président de Peuple et Culture) que j’ai participé aux
expérimentations des télé-clubs dont le but était, dans le cadre de l’éducation populaire,
de favoriser des collectifs de spectateurs télévisuels. L’UNESCO accompagnait le projet :
en zone rurale, une équipe de réalisateurs de télévision tournait des films sur le thème
du changement dans les campagnes françaises (série États d’urgence), avec pour
acteurs les paysans et les ouvriers eux-mêmes. Ces films étaient alors projetés sur la
télévision nationale et reçus localement en séance publique à partir d’une télévision
achetée collectivement par le village. J’ai participé en 1954 à plusieurs de ces débats
avec les habitants. La généralisation des postes de télévision individuels ruina cet effort
communautaire.
C’est en partageant ce goût pour les documentaires d’un genre nouveau, que j’ai fait
partie, dans la seconde moitié des années 50, d’une petite bande cosmopolite qui se
retrouvait à l’occasion de festivals de films, en compagnie de Luc de Heutsch, Jacqueline
Veuve, Jean Rouch, Mario Ruspoli, Joris Ivens, Enrico Fulchignoni, et bien d’autres,
grâce à des programmateurs complètement passionnés par ce nouveau cinéma. J’ai
ainsi découvert avec enthousiasme des films sociologiques ou ethnographiques, comme
cette chasse à la girafe dans The Hunters de John Marshall. C’était des documentaires
sur la vie des gens. »
Edgar Morin.


Les réalisateurs. Céline Gailleurd est maître de conférences en cinéma à l’Université de
Paris 8 et intervenante à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris.
Après des études de lettres classiques, Olivier Bohler enseigne l’histoire du cinéma et l’analyse filmique à l’Université d’Aix-en-Provence. Il dirige un ouvrage collectif consacré à Pasolini et l’Antiquité. Il fonde ensuite Nocturnes Productions avec Raphaël Millet en 2007 et réalise Sous le nom de Melville en 2008.
Les deux réalisateurs sont, depuis cet été, en résidence à La Métive pour un nouveau projet.
La Métive est un lieu de résidence de création artistique pluridisciplinaire implantée à Moutier-d’Ahun, en Creuse. Elle accueille tout au long de l’année des artistes venus du monde entier dans des espaces propices au développement de leur travail en cours. La Métive est un projet de lien social et d’action culturelle sur le territoire rural où elle est implantée.
(Plus d’ informations sur lametive.fr)

 


 

 

El diálogo de América / Dialogues avec l’Amérique
d’Alvaro J. Covacevich (1973 - 45’)
vendredi 11 septembre 2015 - 20h30 - locaux de Peuple et Culture - Tulle , projection en 16 mm
suivie d’un film surprise tourné juste après le coup d’État


Interview de Salvador Allende et de Fidel Castro lors de la visite du dirigeant cubain au Chili en 1971. Interrogés par un journaliste chilien, les deux dirigeants devisent sur l’histoire de leur pays, les voies d’une transformation politique et sociale véritable et les embûches pour y parvenir. Une leçon d’histoire, d’idéologie et de mentalité révolutionnaire.
Exercice de mémoire
« Quarante ans ont passé. 11 septembre 1973, 11 septembre 2013. Aujourd’hui cette date nous rappelle d’autres évènements, d’autres horreurs : ironie et tragédie de l’Histoire, de l’oubli qui nous entoure. Ce jour d’il y a quarante ans, le général Pinochet, à la tête de l’armée, prit le pouvoir au Chili par un coup d’État financé par les États-Unis - la tristement célèbre Opération Condor. Soutenu par la droite et la riche bourgeoisie chilienne, il assaillit et bombarda le palais présidentiel de la Moneda. Le président démocratiquement élu par le peuple chilien, Salvador Allende, se suicida pour ne pas tomber aux mains de golpistes.
Pourquoi rappeler, sauver et montrer les images de la naissance d’une révolution non violente, de son difficile développement, de sa fin tragique et de ce qu’il en reste dans la mémoire aujourd’hui ? Nous avons tous une dette d’amour envers Salvador Allende, un homme qui croyait au socialisme à visage humain - comme Imre Nagy et Alexander Dubček - et qui, avec son gouvernement de l’Unité Populaire, chercha une voix alternative au totalitarisme soviétique et pour cela précisément a été liquidé.
Voir aujourd’hui ces documentaires signifie trouver des clefs pour comprendre plus en profondeur l’état présent des choses. Le Chili des années 70 et 80 fut l’objet de l’une des contre révolutions les plus sanguinaires du XXème siècle ; il fut aussi utilisé comme laboratoire de stratégies capitalistes qu’aujourd’hui nous connaissons bien : contrôle social généralisé, syndrome paranoïaque concernant la sécurité, privatisation sauvage de l’économie, démantèlement de l’état social, précarisation du travail. Voilà pourquoi ce patrimoine de luttes, d’auto organisation, d’antifascisme de masse, doit alimenter la mémoire historique des luttes d’aujourd’hui et de demain. Voir aujourd’hui ces documentaires, c’est reprendre des mains des messieurs de la politique et des patrons de la communication, l’histoire et le souvenir de ces années pour les remettre en circulation, en faire des outils de lutte contre l’oubli et des armes pour changer le présent. Nous voulons que ces images passent d’oeil en oeil, qu’elles restituent la complexité d’une époque et l’histoire d’un pays, qu’elles stimulent choix et jugements, qu’elles rouvrent les blessures et déconstruisent les imaginaires manipulés et faux : que cette histoire outrepasse les générations, renforce la fidélité à un projet, dilate nos consciences et enrichisse nos regards.
Federico Rossin, 2013. Rétrospective Chili 40 ans, Festival du réel.

 


THEÂTRE

Jean Jaurès, une voix, une parole, une conscience
par Jean-Claude Drouot
samedi 12 septembre 2015 - 20h30 - La boîte en zinc - Chanteix, avec la ville de Tulle, entrée libre
représentation suivie d’un temps d’échange avec le comédien autour d’un verre


Jean Jaurès, ou comment un jeune « paysan », issu d’une très modeste bourgeoisie devint, grâce à ses dispositions exceptionnelles et à l’école, normalien, philosophe et député, orateur de génie devant lequel même ses adversaires avouent s’incliner. Un nom dont tous les bords politiques semblent vouloir se réclamer. Un nom dont on baptise boulevards et stations de métro : Jean Jaurès, saint laïque.
Les témoignages abondent pour tenter de décrire la voix de Jean Jaurès, définitivement perdue car jamais enregistrée, et l’effet d’entraînement que suscitait l’éloquence de ce tribun extraordinaire qui savait unir la sensibilité du poète à la rigueur logique du philosophe.
A l’occasion de la célébration du centenaire de la mort de Jaurès, Jean-Claude Drouot propose une lecture théâtralisée à travers un parcours de textes extraits de discours importants. Des textes qui ont pour objet de montrer une parole, une conscience, la véritable
nature de cet homme… À l’heure où le futur semble perdre toute lisibilité, et n’être parfois représenté que sous les traits de la catastrophe, écologique, sociale ou démographique, cette confiance dans la marche du temps, qui est une confiance en l’humanité, demeure une lumière d’espoir.


 

Edmond, un portrait de Baudouin de Lætitia Carton (2014 - 80’)
mercredi 23 septembre 2015 - 20h30 - cinéma le Palace - Tulle, en avant-première
en présence de la réalisatrice et d’Edmond Baudoin, tarif 5€
Quand au début des années 80, paraissent les premiers livres de Baudoin, le monde de l’édition reste perplexe. Quel est ce chef comptable reconverti qui vient troubler le cours tranquille de la bande dessinée franco-belge, encore formatée par le diktat de la ligne claire ? Trente ans et une cinquantaine de livres plus tard, Baudoin est unanimement reconnu comme l’un des pionniers de la bande-dessinée contemporaine. Par son dessin aux frontières de la peinture, par son style auto-biographique alors inédit en France, par son immense liberté formelle, par les questionnements existentiels qui traversent son oeuvre, il a contribué à libérer la bande dessinée de ses carcans, préparant le terrain pour les générations d’auteurs qui l’ont suivi.


La réalisatrice. Lætitia Carton vit et travaille à Faux-La-Montagne sur le plateau de Millevaches. Après des études aux Beaux-arts, elle expose son travail dans différents lieux. C’est à l’école d’art de Lyon avec Jean-Pierre Rhem, son « tuteur », qu’ elle rencontre le documentaire de création. Elle décide alors de prendre un autre chemin et intègre l’école documentaire de Lussas. Son film de fin d’études, D’un chagrin j’ai fait un repos, a été sélectionné et primé dans plusieurs festivals à travers le monde.


Paul dans sa vie de Rémi Mauger (2006 - 100’)
samedi 26 septembre 2015 - 20h30 - salle des fêtes - St Martial Entraygues, avec Kassoumaï
Cette fois, c’est sûr, Paul arrête. À son âge, c’est plus sage. Et Paul Bedel est un sage.
À Auderville, son village du cap de la Hague, il vit dans la ferme où il est né il y a plus de 75 ans. Il y demeure avec ses deux soeurs, célibataires comme lui. Ensemble, ils ont arrêté le temps il y a bien longtemps. Sans aigreur ni rebuffade, Paul a laissé passer le progrès. Il a préservé et cultivé son lien à la nature. Au XXIème siècle, il nous l’offre en héritage.

 


ciné-discussion
Faire couple, liaisons maltapropo ?
vendredi 25 septembre 2015 - 18h et 20h30 - cinéma le Palace - Tulle
avec L’École de la Cause Freudienne - tarif 5€
L’École de la Cause freudienne est une association de psychanalyse fondée en janvier 1981 par Jacques Lacan. Elle est reconnue d’utilité publique depuis 2006. A Paris, des soirées et séminaires sont organisés toute l’année, des Journées d’études ont lieu tous les ans à l’automne. Cette année, le thème est Faire couple. Liaisons inconscientes.
18h - projection de courts métrages suivie d’une discussion
Le héron et la cigogne de Youri Norstein (1974 - 10’)
Il était une fois un héron et une cigogne qui vivaient dans un grand marécage. Chacun avait construit sa petite maison d’un côté et de l’autre du marais. Un jour, pour rompre solitude et ennui, le héron décida de se marier et d’aller voir la cigogne...
Laurel et Hardy bonnes d’enfant de Georges Marshall (1932 - 21’)
Cela ne va pas bien entre Oliver et son épouse : elle est agacée par le fait que son mari passe son temps avec son ami Stan et finit par le quitter. Afin de la faire revenir en l’attendrissant, Stan propose à son ami d’adopter un enfant pour le couple.
20h30 – projection du film Sur mes lèvres de Jacques Audiard (2001-115’)
Carla est secrétaire dans une agence immobilière. Son existence va prendre une tournure différente avec l’arrivée dans la société de Paul, 25 ans. Celui-ci cherche à se réinsérer après avoir fait de la prison. Une histoire d’amour improbable, doublée de manipulation réciproque, va naître entre ces deux marginaux.

 


 

artothèque
Collection en mouvement : Code couleur
exposition d’oeuvres de Sigrid Calon, Aurélie Godard, Jane Harris et Cathy Jardon
du 27 août au 20 septembre - salle des Bains douches - Bort-les-Orgues
La réunion de quatre artistes de deux générations différentes, adeptes du dessin et de la peinture et, pour les plus jeunes, de la peinture seule, de la sculpture ou du graphisme et de l’illustration, permet de poser les points communs de leurs démarches respectives : formes simples, souvent géométriques, couleurs limitées, sens du détail, et d’apprécier les différences.

 




Ateliers souffle et voix avec Iris Bugl
les mardi de 18h à 19h30 - Peuple et Culture, 51 bis rue Louis Mie - Tulle
les mercredi de 19h à 20h30 - école Jules Ferry, entrée Rue Dalton - Brive
Il ne s’agit pas d’apprendre des techniques spéciales de respiration mais de prendre conscience de son souffle tel qu’il est à un moment donné, de son corps, de ses états intérieurs. Et à partir de là, commencer à élargir ses propres possibilités corporelles et émotionnelles.
Le travail se pratique assis sur un tabouret, debout, en mouvement et parfois allongé. Des étirements doux préparent le corps pour que le souffle puisse mieux l’habiter. Des séquences de mouvements simples, seul ou avec l’aide d’un partenaire, et un travail d’exploration des sons permettent de stimuler la respiration et de l’expérimenter sans la forcer. Peu à peu se découvrent les lois de son fonctionnement naturel. La sensibilité et la conscience corporelle se développent.
Les effets sont multiples : relaxation, libération de la respiration, prévention de la santé globale. Une pratique régulière permet plus d’équilibre, de reprendre confiance en soi et d’approcher son véritable potentiel de vitalité et la joie de vivre.
Chanteurs, musiciens, enseignants peuvent aussi y trouver un travail en profondeur qui ne forme pas seulement la voix, mais aide à libérer le son et le geste, à être présent et plus en contact avec soi et les autres.
Cette méthode est née en Allemagne sur les bases des années vingt. Fondée par Ilse Middendorf, elle est connue dans les pays germanophones sous le terme de Erfahrbarer Atem.
Iris Bugl l’a implantée en France depuis 1997, en proposant des ateliers, des stages de formation continue ainsi que des séances individuelles.

Après cinq années d’études supérieures en Sciences de l’éducation, psychologie et sociologie à l’université de Berlin, Iris Bugl a travaillé pendant plusieurs années dans le secteur des échanges internationaux de jeunes et de la formation des adultes. Puis elle a engagé une formation de trois années à l’Institut pour l’enseignement du souffle de Berlin dirigé par Erika Kemmann. Elle est actuellement pédagogue et thérapeute par le souffle et membre agréé de l’association professionnelle allemande des thérapeutes par le souffle (AFA).

Des sessions souffle et voix ont lieu aussi en week-end 4 fois par an en 2015 et 2016 :
Au chateau de Ligoure à 17 km de Limoges :

les 03 et 04 octobre 2015
les 12 et 13 décembre 2015
les 30 et 31 janvier 2016
les 02 et 03 avril 2016
les 04 et 05 juin 2016


Tarifs : les ateliers : 60€ par mois/ les stages en week-end : 130 €
Contact : Iris Bugl : 06.08.30.63.24 ou 05.55.26.01.49 / iris.bugl@wanadoo.fr

 

 

 

 


Juillet 2015

cinéma documentaire
Nostalgie de la lumière de Patricio Guzmán (2010 - 90’)
vendredi 3 juillet - 20h - stade municipal - St Jal, projection suivie d’une observation des étoiles


Au Chili, à trois mille mètres d’altitude, les astronomes venus du monde entier se rassemblent
dans le désert d’Atacama pour observer les étoiles. Car la transparence du ciel est telle qu’elle
permet de regarder jusqu’aux confins de l’univers. C’est aussi un lieu où la sécheresse du sol
conserve intacts les restes humains : ceux des momies, des explorateurs et des mineurs. Mais
aussi, les ossements des prisonniers politiques de la dictature. Tandis que les astronomes
scrutent les galaxies les plus éloignées en quête d’une probable vie extraterrestre, au pied des
observatoires, des femmes remuent les pierres, à la recherche de leurs parents disparus…
Après une carrière majoritairement consacrée aux documentaires politiques (Le cas Pinochet,
Salvador Allende …) Patricio Guzmán aborde ici un sujet à priori radicalement inédit : l’astronomie.
Et sous une forme elle aussi légèrement différente car Nostalgie de la lumière appartient
moins à la catégorie stricte des documentaires qu’à une sphère de réflexion plus intime.
En effet, le propos est ici beaucoup plus poétique et métaphysique que politique, et si Guzmán
n’apparait jamais à l’écran, le film finit par devenir tout de même une sorte de portrait en creux
de son auteur. Moins parce que son sujet de prédilection (les tensions politiques liées à l’histoire
de son pays) finit par rapidement pointer le bout de son nez, qu’à cause de la manière dont
évolue la réflexion menée par le film qui passe du coq à l’âne avec fluidité, comme par une sorte
de courant de conscience intérieur. On passe en effet rapidement de l’observation des galaxies
aux momies, puis aux prisonniers politiques, puis à nouveau à l’espace… mais avec simplicité et
évidence, tout simplement parce ce que dans ce lieu unique du désert d’Atacama, tout cela est
indissociable. C’est justement ce qui frappe le plus dans ce film : son extraordinaire simplicité.
Malgré l’ambition apparente du propos, il ne s’éparpille jamais et reste étonnamment facile
d’accès, à la fois dans sa forme et son discours. Et il bénéficie surtout d’images absolument
superbes. Du premier au dernier plan, la cinégénie exceptionnelle du lieu crève l’écran.
« Pour cette dernière intervention de la saison, nous vous proposons cette projection en plein air à 21h30 sur le
stade de Saint-Jal, suivie d’une observation du ciel. A partir de 20h, venez partager le repas. Nous mettrons en
commun ce que chacun aura apporté.
Même s’il fait beau, les nuits peuventêtre fraîches. Pensez à vous habiller chaudement et à apporter couvertures
et lampes de poche. Si le ciel est avec nous, nous pourrons observer constellations et planètes telles que
Jupiter, Vénus, ou bien Saturne à l’aide de télescopes (ou jumelles 10x50 ou 7x50) »
L’Amicale Laïque de St Jal


 


Avec presque rien de Lova Nantenaina (2013 - 52’)
vendredi 10 juillet - en plein air, devant la salle polyvalente (replià l’intérieur en cas de pluie) - Chenailler-Mascheix
20h30 - casse-croûte sorti du sac
21h30 - projection du film en plein air


« Avec presque rien… on peut faire des choses » me dit Gaby, un militaire retraité qui récupère
des tas de ferrailles pour en faire des brouettes. Derrière ma caméra, je pose un regard
sans condescendance sur mes compatriotes, ceux qui, avec leurs forces et leur âme comme
seules ressources, créent… des objets, de la musique ou de grands discours. Je demande à
des artistes de monter un concert et de devenir ainsi mes porte-paroles comme le veut la
tradition de l’art oratoire. Sauront-ils mettre en valeur cette résistance inconsciente de
nombreux Malgaches confrontés aux effets pervers de l’argent et de la mondialisation ? »
Lova Nantenaina, réalisateur.
Entre chronique d’un groupe musical et portrait en demi-teinte d’une île jusqu’alors toujours
présentée pour ses mers bleu lagon dans les agences de tourisme, Avec presque rien nous
entraîne gentiment mais sûrement dans l’âme de Madagascar. Filmer le travail, le bricolage,
la récupération des petites gens de son pays, avec une attention minutieuse que le Samba
Félix Ndiaye des Trésors des poubelles ne renierait pas, telle est la tâche à laquelle s’attelle le
cinéaste malgache Lova Nantenaina. L’originalité et le charme de ce film est aussi sa richesse
musicale et le charme des rencontres qu’elle offre : un musicien, un bricoleur, un revendeur à la
sauvette, une femme debout, qui chante, des nuées d’enfants, des rues où passent des buffles...
Une découverte.


 

 


Soirée autour du pain
samedi 11 juillet - à partir de 19h - lieu-dit « La Force » - St Martial Entraygues,
débat autour du pain, en présence de Marie-France Houdart, ethnologue,
suivi d’un casse-croûte et d’une projection en plein air
Les blés d’or d’Honorine Périno (2005-35’)

Un groupe de paysans, de boulangers, de chercheurs et de diététiciens se retrouvent autour de leur passion commune : le blé. Les récents problèmes d’intolérance alimentaire au gluten mettent cette molécule au coeur du sujet. Les uns nous racontent l’histoire des blés anciens et nous montrent leur grande biodiversité, les autres nous offrent en spectacle l’art de faire du pain. Des savoir-faire qui ont quasiment disparu avec l’érosion génétique du siècle dernier.
Tous observent ressentent et dégustent… Un art de vivre en somme !


La réalisatrice. Après des études de biologie, Honorine Périno, navigue sur différents postes associatifs pour le développement agricole. En 2003, elle est employée par Solagral, une association
internationale de solidarité agricole qui travaille en partenariat avec ADDOCS (Association
pour la Diffusion de DOCumentaires Scientifiques). C’est pour le compte de cette
dernière, productrice et distributrice de films documentaires à visée pédagogiques, qu’elle se
lance en tant que réalisatrice de documentaires sur le thème des nouveaux enjeux agricoles.
Elle a entre autre réalisé : Qui parle de breveter le vivant ? , Légitimité et légalité des semences
paysannes, La déclaration d’Auzeville sur les semences paysannes et les droits des paysans.
Les blés d’or a reçu le prix du meilleur reportage au Festival cinéma nature de Dompierre en 2005.

 

Nicolas Supiot, la passion du pain de Mathieu Marin (2007-15’)
Nicolas Supiot produit bio, local, vit simplement et lutte pour la préservation d’une agriculture
de tradition. Vivre est un acte « politique » ! Installé au bord de la Forêt de Brocéliande, ce paysan
boulanger sème des céréales anciennes, les cultive, les transforme, et en fait du pain cuit au
feu de bois. Ce chercheur bio s’est aussi engagé à sauvegarder et développer certaines céréales
et variétés de blé. Il est l’un des co-fondateurs du « Réseau de semences paysannes » (2003),
et soutient depuis l’origine (2009) la démarche de l’association PEUV, le Projet d’Émergence
d’une Université du Vivant, qui a pour objectif de créer un réseau de recherche et de développement
autonome. Il participe de cet esprit, notamment et concrètement par l’animation du
groupe de recherche et de formation « L’école du vivant ».
« Bien qu’il ne constitue plus notre base alimentaire, le pain est omniprésent dans nos
civilisations. Il accompagne les repas, se voit garni en sandwich, pizza et autre. Mais,
l’avènement du pain industriel a entraîné une modification dans la sélection et la culture
des blés. Aux blés rustiques se sont substitués des blés hybrides à forte teneur en gluten. Ce
dernier déclenche des irritations de la paroi intestinale ainsi que des intolérances.


Peuple et Culture et l’association Kassoumaï vous proposent une soirée autour du pain, de
19h jusqu’à la tombée de la nuit : débat autour du pain avec Marie-France Houdart, ethnologue
qui a créé une maison d’édition (Maiade éditions) dans le but de mettre en valeur l’histoire
et toutes les richesses du Limousin (littéraires, patrimoniales, artisanales, culinaires,
rituelles…). Le débat sera suivi d’un casse-croûte avec pain, pizzas, tartes cuits le jour même
dans un four à pain (nous fournissons le solide, vous pouvez apporter le liquide).
À la tombée de la nuit : projection plein air de deux films documentaires Les blés d’or et
Nicolas Supiot, la passion du pain. » L’équipe de Kassoumaï - St Martial Entraygues.


 

ateliers arts plastiques
Portes ouvertes !
mercredi 1er juillet - à partir de 18h - locaux de Peuple et Culture - Tulle
présentation des travaux, suivie d’un casse-croûte sorti du sac
20h30 - projection de Détroit ville sauvage de Florent Tillon, en sa présence

Les participants aux deux ateliers d’arts plastiques de Peuple et Culture ouvrent grand les
portes des locaux de l’association pour présenter leurs réalisations et raconter aux curieux leur
cheminement depuis le mois d’octobre 2014.
Le détail de la soirée est à retrouver dans l’invitation jointe.


 

Inscrivez-vous…
Atelier collectif enfants/adultes avec Pascale Guérin, artiste plasticienne
les mercredis de 14h à 16h - locaux de Peuple et Culture - Tulle (dès mi-septembre)

L’atelier de Pascale Guérin est ouvert à ceux qui souhaitent vivre une expérience artistique
collective et individuelle, à partir de 8 ans, débutants ou non. Chacun pourra développer une
réflexion autour d’une thématique proposée par l’artiste et, selon son rythme et ses capacités,
réaliser différentes productions (dessin, peinture, assemblages, collages etc.) avec un soutien
technique et des ressources en art contemporain pour compléter et enrichir le travail. Les
participants pourront aussi profiter de la présence du relai artothèque, comprenant de nombreuses
oeuvres pouvant être empruntées.
Pour adultes et adolescents à partir de 14 ans, accompagnement personnalisé avec
David Molteau, responsable du relais artothèque de Peuple et Culture et artiste plasticien
les lundis de 18h à 20h locaux de Peuple et Culture - Tulle (dès mi-septembre)
Cet atelier propose de s’aventurer dans la fabrique des images au moyen de procédés multiples
découlant pour l’essentiel de la pratique du dessin sur calque. Le papier calque, l’image numérique,
le scanner et la photocopieuse, le projecteur seront les principaux moyens d’élaboration
des projets par le dessin. Les principes en sont très simples et accessibles à toute personne
débutante ou déjà expérimentée. Une collection d’images personnelles et collectives permettra
de faire évoluer le travail par assemblage et superposition, collage, détournements, recherche
de sens ou d’étrangeté. Un accompagnement technique sera proposé mais aussi un apport de
références artistiques dans les domaines de l’art classique, moderne et surtout contemporain.
Contacts et tarifs détaillés dans le document joint


 

ateliers chant
Les chorales chantent dehors / Retour ô 35 choeurs
jeudi 2 juillet - à partir de 17h30 - cour de la chapelle de l’hôpital - Tulle

Comme tous les ans, les chorales de Tulle se produisent dans la ville et la chorale Retour ô 35
choeurs, dirigée par Marion Lherbeil ouvre le bal ! Une chorale participative ouverte à tous
(chanteurs ou non) se produira autour de trois chants Place Berteaud à 20h45.


et aussi…
Un tango pour la vie
samedi 4 juillet - 17h - mairie - St Angel, avec les Compagnons de la mémoire vivante

Paloma León, fille de républicains espagnols, auteure d’un récit biographique « Un tango pour la
vie », viendra présenter son ouvrage en compagnie de Paul Estrade, professeur des universités,
historien des Espagnols en Corrèze et co-préfacier de cet ouvrage avec Manuel Rivas, écrivain.
Après une introduction présentée par Paul Estrade, Paloma León parlera du parcours de
vie de ses parents, dès le début de la République espagnole jusqu’aux années 1960, de leur
engagement dans la Guerre d’Espagne et dans les Maquis de Corrèze. Son propos sera illustré
par des photos et des documents familiaux.


Un camp de juifs oubliés, Soudeilles 1941-1942
mercredi 29 juillet - 18h - salle des fêtes - Soudeilles
conférence-débat autour du livre de Paul Estrade et Mouny Estrade-Szwarckopf,

animé par les auteurs, avec le soutien des Compagnons de la mémoire vivante,
du Carrefour Ventadour et de la Municipalité de Soudeilles
Le camp de Soudeilles n’était répertorié nulle part. Même à Soudeilles, ses vestiges avaient
disparu et son souvenir s’était complètement estompé. Le devoir de mémoire imposait ce
travail de recherche historique mené depuis 1997 aux archives départementales de la Corrèze
et de la Haute-Vienne et auprès des survivants, des descendants comme des témoins oculaires
de ce camp qui a fonctionné de juin 1941 à décembre 1942 à Soudeilles.
Les auteurs présentent des aspects peu connus de la période de la Seconde Guerre Mondiale et
de l’Occupation et cherchent à comprendre comment d’un village tranquille, en zone «dite» libre,
plusieurs dizaines de personnes ont pu être déportées à Drancy puis Auschwitz à partir d’août 1942.
L’ouvrage comprend en annexe les biographies succinctes de 500 TE et la liste des 182 déportés et
suppliciés du 665ème GTE de Soudeilles. Cette 3ème édition a bénéficié du soutien de M.Siekierski, fils
d’un travailleur étranger du camp de Soudeilles et est préfacée par Serge Klarsfeld.


 

juin 2015


Nostalgie de la lumière de Patricio Guzmán (2010 - 90’)
samedi 13 - 20h30 - foyer rural - St Martin-la-Méanne
« Nostalgie de la lumière ; nostalgie ou la douleur à propos de ce qui est passé et ne reviendra pas. Le 11 septembre (oui, celui-là, pas l’autre !), la lumière s’est éteinte au Chili quand les yeux du président Allende se sont fermés. Reste l’espoir révolutionnaire dont le souvenir persiste dans les cœurs et les mémoires.
La lumière nous parle du passé et le passé nous parle de la lumière. Avec leurs puissants télescopes, les astronomes du désert d’Atacama creusent l’espace et remontent le temps : pour eux, regarder loin c’est regarder tôt. Ils éclairent notre avenir en faisant la lumière sur notre lointain passé. Les archéologues aussi creusent le désert ; ils font la lumière sur un passé plus directement humain et plus proche que parfois nous ne voulons pas voir car sa noirceur nous gêne. La mémoire est en effet sélective et nous est parfois même inaccessible ; l’histoire toute récente effacée par les tortionnaires des révolutionnaires chiliens reste inaccessible aux femmes qui creusent le désert tout près des grands télescopes à la recherche des restes de leurs proches. Les révolutionnaires aussi cherchaient l’inaccessible étoile. Leur quête continue ; la lumière reviendra...
La beauté et la sérénité cosmiques du film de Guzmán portent et génèrent l’espoir - espoir d’harmonie, de beauté, de lumière. Guzmán explique qu’à partir d’une idée, il écrit une trame qu’il laisse derrière lui pour partir en voyageur rencontrer et filmer les gens. On peut supposer que c’est cette trame qui donne au film son unité à travers un propos et que le résultat est plus qu’un simple reportage. Est-ce là un des traits qui caractérise le documentaire ? En tout cas le résultat est un apparent paradoxe entre ce qui peut apparaître comme une rêverie cosmique grandiloquente et un propos profondément humain et concret.
Symboliquement, nous projetterons ce film à un moment de l’année où les nuits sont les plus courtes et où, d’ailleurs il n’y a plus de nuit véritable car entre un crépuscule très long et une aube tout aussi longue, la lumière est toujours un peu présente... C’est d’ailleurs avec la volonté de toujours rechercher la lumière que le fil conducteur de notre démarche consiste à proposer des films qui nous apparaissent comme à la fois beaux et porteurs d’espoir. Nous pourrons aussi regarder le ciel, à l’œil nu, avec des jumelles et peut-être avec un télescope. Tout en grignotant et en échangeant, comme d’habitude… » L’équipe de St-Martin-la-Méanne.


 


Citizenfour de Laura Poitras (2014 - 114’)
lundi 15 - 18h30 - cinéma le Palace - Tulle (tarif unique 5€)
avec la Ligue des droits de l’homme et l’association Medication Time
(site web : http://autographie.org)
Citizenfour traite de la surveillance généralisée et retrace l’histoire du lanceur d’alerte Edward Snowden. En janvier 2013, Laura Poitras reçoit pour la première fois un e-mail anonyme signé « Citizen Four », le nom de code que se donne Snowden. Il y explique qu’il propose de rendre publique une grande quantité d’informations sur les pratiques de surveillance illégales de la NSA et d’autres agences de renseignement. Laura Poitras travaille déjà sur un film traitant des programmes d’écoutes américains suite aux attaques du 11 septembre.
Avec le journaliste d’investigation Glenn Greenwald et un reporter du Guardian, Ewen MacAskill, elle se rend à Hong-Kong pour filmer la rencontre avec le lanceur d’alerte retranché dans sa chambre d’hôtel. Elle le filme pendant 9 jours. Par la suite, elle se rend à Moscou où elle enregistre une second entretien avec Snowden.
Dans un de ses premiers e-mails, Snowden explique qu’il a contacté Laura Poitras après avoir remarqué qu’elle était surveillée par la NSA :
« À l’heure actuelle, sachez que chaque frontière que vous traversez, chaque achat que vous faites, chaque numéro que vous composez, chaque antenne relai que vous passez, chaque ami que vous contactez, chaque site que vous consultez et mot que vous tapez dans les moteurs de recherche est entre les mains d’un système dont la portée est illimitée mais dont les barrières n’existent pas. » Edward Snowden, alias « Citizen Four »
Le film a reçu l’Oscar du meilleur film documentaire en 2015.
Courte pause entre le débat et le film, chacun apporte son casse-croûte. Les boissons seront fournies.


 


à ta place !?
samedi 27 - à partir de 19h - Halle de Meymac

avec l’association Autrement dit, avec la participation de nomades
sédentaires installés à Meymac depuis plusieurs générations
« à ta place !? Oui, mais quelle place nous assigne-t-on ? La place d’un poste de travail flexible et mobile ? Pendant que l’on oblige les vrais nomades à se sédentariser… Un profil dans le monde multicolore du net ? Pendant que l’on expulse violemment les squatteurs trop voyants ou trop roumains d’à côté… Alors, on occupe le terrain pour en discuter ?» L’équipe d’Autrement dit.
Exposition : Retour à Dallas. Michel Tonneau a photographié des Roms de Dallas, en Roumanie, qui occupent un tas d’ordures.
19h - projection du film L’île aux fleurs de Jorge Furtado (1989 - 12’)
Une tomate est plantée, récoltée, vendue avant de finir à la décharge de l’île aux fleurs parmi les porcs, les femmes et les enfants. Alors, la différence entre les tomates, les porcs et les être humains devient claire.
20h - Danse de Sarah Martinet
20h45 - projection du film Des caravanes dans la tête de Sylvie Texier (2013 - 60’)
Tsiganes, Roms, Bohémiens, Gitans, Manouches... tous ces noms sont familiers tout en gardant une consonance étrangère et ceci par méconnaissance des réalités historiques. En effet, ces peuples itinérants sont établis en France depuis parfois plusieurs siècles et ont gardé leur mode de vie, celui du Voyage. Sylvie Texier a suivi trois enseignants qui présentent la singularité d’exercer leur métier auprès des gens du voyage : Julie Huriez et Noémie Reversat sont institutrices en classes primaires à Couzeix et Cognac-la-Forêt, Raphaël Descamps est professeur référent au collège Jean Moulin de Brive.


 


ciné d’été
Pierre Etaix, Jean-Claude Carrière :
Cinéma, le grand amour

du mercredi 24 au dimanche 28, en leur présence et avec Justine Malle (sous réserve)
Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière sont deux artistes extraordinaires. Pierre Etaix est peintre, comédien, magicien, affichiste, homme de cirque, gagman… Jean-Claude Carrière est écrivain, scénariste, réalisateur, romancier, adaptateur, auteur de théâtre, comédien…Ensemble, mais aussi séparément, ces deux amoureux du cinéma ont réalisé ou participé à l’élaboration des plus grands films. Leurs noms sont associés aux plus grands : Tati, Buñuel, Schlondorff, Fellini, Bresson, Oshima, Rappeneau, Malle, Chéreau… pour ne citer qu’eux.

mercredi 24 - 14h30 - association Inform’Elles - 3, rue Louisa Paulin - Tulle
Yoyo de Pierre Etaix (1965 - 82’)

Un riche petit garçon s’ennuie, seul et entouré de ses domestiques, jusqu’au jour où passe un cirque. Il reconnait dans l’écuyère la jeune fille qu’il aime en secret.

jeudi 25 - 18h - cinéma le Palace - Tulle
La Voie Lactée de Luis Buñuel (1969-105’), scénario Luis Buñuel et Jean-Claude Carrière

Six mystères ou dogmes du catholicisme sont illustrés à travers deux vagabonds, Pierre et Jean, qui pour se faire un peu d’argent se rendent à Saint-Jacques-de-Compostelle.

20h - ferme de Maryline et Léo Mertens - La Chassagne - Saint Mexant
Casse-croûte (venez avec sandwichs et petite laine) avant la projection à 21h de La controverse de Valladolid de Jean-Daniel Verhaeghe (1992-90’), d’après le livre de Jean-Claude Carrière

Les Indiens du Nouveau Monde ont-ils une âme ? Tel est l’objet du débat public qui oppose en 1550, à Valladolid, capitale de l’Espagne, le chanoine Sepulveda et le dominicain Las Casas.

vendredi 26 - cinéma le Palace - Tulle - 15h - Milou en Mai de Louis Malle (1990-107’) scénario Jean-Claude Carrière et Louis Malle
Une vieille dame s’éteint dans une grande demeure du Sud-Ouest. Son fils, Milou, qui a soixante ans et qui s’occupe de la propriété, convoque pour l’enterrement toute sa famille. Mais nous sommes en mai 1968. Depuis deux semaines Paris est à feu et à sang.

18h30 - Pierre de Patience (Syngué Sabour) de Atiq Rahimi (2012-103’), adaptation de Jean-Claude Carrière
Au pied des montagnes de Kaboul, un héros de guerre gît dans le coma ; sa jeune femme à son chevet prie pour le ramener à la vie.

21h - Le tambour de Volker Schlöndorff (1979-142’), scénario de Volker Schlöndorff, Jean-Claude Carrière et Franz Seitz
à la fin des années 1920, dans la région de Dantzig, Oskar, refusant le monde cruel et surfait des adultes, décide à l’âge de trois ans de ne plus grandir.

samedi 27 - 14h30/16h - La boite en zinc - Chanteix
Rencontre avce Pierre Etaix autour de la sauvegarde du cinéma et projection de son court métrage Le cauchemar de Méliès (1988-4’)

18h30 - cinéma le Palace - Tulle - Le grand amour (1969-87’) de Pierre Etaix

Pierre est marié avec Florence. Tout va bien dans son couple et son travail. Les années passent, monotones, et quand arrive une nouvelle et jeune secrétaire, il en tombe amoureux, et se met à rêver...
précédé de Rupture (1961-11’)

21h - cinéma le Palace - Tulle - Le soupirant (1962-85’) de Pierre Etaix
Pierre est un jeune homme introverti, passionné de sciences et issu d’une famille bourgeoise. Néanmoins, son manque de compagnie féminine inquiète ses parents qui le poussent à courtiser.
précédé de Heureux anniversaire (1962-12’)

dimanche 28 - 14h30 - cinéma le Palace - Tulle
Yoyo (1965-82’), précédé de Souris noire (1987) de Pierre Etaix


18h - cinéma le Palace -Tulle - Pays de Cocagne (1971-80’) de Pierre Etaix
Les Français partent en vacances. Pierre Etaix les suit.
précédé du court-métrage Le cauchemar de Méliès (1988- 4’)


 


réunion publique
S’interroger sur la laïcité et en débattre ...
mardi 23 juin - 18h15 - Centre culturel et sportif - salle Amérique - Tulle


Depuis les évènements de janvier, le concept de laïcité est fréquemment convoqué et souvent instrumentalisé. Peuple et Culture et la Fédération des Associations Laïques proposent dans une réunion publique de requestionner sa conception. Il s’agira dans un premier temps que chaque participant à la soirée s’exprime personnellement : « la laïcité pour moi c’est ... ».
Ce qui suppose au préalable de s’être préparé à la question. Les différentes expressions seront regroupées par convergences ou divergences et suivies d’un débat.

 


 


date à retenir
Ateliers arts plastiques ouverts…
mercredi 1er juillet - 18h - locaux de Peuple et Culture - Tulle
présentation suivie d’un casse-croûte sorti du sac
20h30 - projection de Détroit, ville sauvage de Florent Tillon, en sa présence
Les participants aux deux ateliers d’arts plastiques de Peuple et Culture ouvrent grand les portes pour présenter leurs réalisations et raconter aux curieux leur cheminement depuis le mois d’octobre 2014.
« Habiter, cabaner, nicher, se terrer, occuper, fréquenter, hanter, vivre ; autant de synonymes, autant de pistes, autant d’images : qu’est-ce qu’un lieu habité, quelles relations entretient-on avec ce lieu de vie ? A-t-on une idée d’un espace idéal, pour soi, pour le partager avec d’autres ? Maison, tente, hutte, nid, duvet, abri, quels matériaux, quelles formes, quelles couleurs ? Les animaux eux aussi habitent dans des trous et des abris : quelle différence avec l’habiter humain ?
Nous n’avons pas tenté de répondre à toutes ces questions (celles-ci et bien d’autres qui nous viennent en tête dès qu’il s’agit de penser à ce mot « habiter », beaucoup trop compliqué !), mais nous avons fabriqué : fabriqué un duvet protecteur, fabriqué un abri pour un animal s’apparentant à un insecte géant. Nous avons dessiné : une construction utopique à laquelle sont venues se joindre des personnes de l’atelier de David Molteau… Nous avons croqué des abris, des cabanes, des nids multicolores ; « squatté » des gravures, rêvé en planimétrie imaginaire un jardin idéal …
Les travaux ont été conçus collectivement (grands formats, volumes), ou à deux (dessins) ou individuellement (dessins). » Pascale Guérin, artiste plasticienne qui a accompagné un groupe d’adultes et d’enfants pour la réalisation de ce projet.
D’autres productions réalisées dans l’atelier conduit par David Molteau seront également exposées. Elles sont le fruit d’un travail individuel déterminé par des choix personnels, d’un mode opératoire commun et de l’utilisation de moyens techniques actuels pour le travail de l’image : photo numérique, scanner, montage sur ordinateur, recherche sur internet, projection, calque.
Ces apports d’images rendent possibles toutes sortes d’échanges, d’associations d’idées, et permettent des expériences complexes et précises. Cet atelier est unique en son genre et s’inscrit réellement dans la démarche qui consiste à offrir à toute personne, quel que soit son niveau, une possibilité d’expression artistique contemporaine.
L’exposition restera en place du 1er au 10 juillet de 9h à 12h et de 14h à 17h.
Détroit, ville sauvage de Florent Tillon (2010-80’), en sa présence
L’industrie automobile a créé Détroit, jadis la ville la plus industrialisée des états-Unis. Puis, la désertion de cette même industrie fit retourner la ville à son premier état de nature : en de vastes prairies traversées par des faucons, des coyotes et autres animaux de forêt, transformant ainsi le paysage urbain en décor de film de série B.
Mais la chose la plus étonnante n’est pas seulement que des gens vivent encore dans ces décombres, mais que des jeunes américains viennent d’autres horizons pour s’installer à Détroit, au beau milieu des ruines et des terres en friches... Quels sont leurs projets ? Quels sont leurs rêves ? Sont-ils les nouveaux pionniers d’une Amérique dévastée ? Est-ce que l’Amérique pourrait être «re-découverte»?


 


et aussi…
Bobines rebelles, féminismes de lutte
vendredi 12 - 21h - à l’Atelier - Royère de Vassivière
samedi 13 et dimanche 14 - de 10h à minuit - cinéma - Peyrat le Château
voir document ci-joint

 


 

Mai 2015

cinéma documentaire


Anaïs s’en va-t-en guerre de Marion Gervais (2013 - 46’)
mercredi 13 - 20h30 - salle Latreille - Tulle, en présence des membres d’un collectif en cours d’installation

Anaïs a 24 ans. Elle vit seule dans une petite maison au milieu d’un champ en Bretagne. Rien ne l’arrête. Ni l’administration, ni les professeurs misogynes, ni le tracteur en panne, ni les caprices du temps, ni demain ne lui font peur. Portée par son rêve de toujours : celui de devenir agricultrice. Le film accompagne cette jusqu’au-boutiste. Seule contre tous.

Une installation en collectif dans le Limousin...
« à la recherche d’une ferme depuis environ un an dans le Limousin, nous avons enfin trouvé le lieu sur lequel vivre le projet que nous construisons et qui nous anime depuis plusieurs années maintenant...
Le projet est simple : des légumes, du fromage de chèvre et de vache, de la crème, des yaourts, de la viande de porc, du pain au levain, de la bière artisanale... Tout ceci produit en agriculture biologique et commercialisé sur les marchés, sous forme de paniers, et via la restauration collective. Pour porter tous ces ateliers, nous sommes un collectif de onze personnes. Nous nous sommes rencontré-e-s lors de nos études d’agriculture, ce projet est né à cette même période.
Non originaires de la région, une installation hors cadre familial et en collectif, des productions «atypiques» pour la région... Notre projet suscite beaucoup d’interrogations. L’acquisition d’une ferme et l’installation se révèlent être une succession d’étapes tout aussi complexes qu’administratives ! Bientôt arrivés au terme de ces étapes, nous vous proposons de discuter de l’installation en agriculture autour du film Anaïs s’en va en guerre et de notre expérience... »
L’acquisition de cette ferme doit se faire dans le cadre d’une souscription lancée par Terre de liens, un mouvement associatif citoyen qui a pour ambition de supprimer le poids de l’acquisition foncière pour les paysans.



D’une école à l’autre de Pascale Diez (2012 - 95’)
samedi 16 - 20h30 - salle des fêtes - St Martial Entraygues,
dans le cadre de la Décade «off»
Ils ne se seraient jamais rencontrés sans la volonté d’une poignée d’adultes bien décidés à remédier à l’absence de mixité sociale dans les écoles parisiennes. Quarante-cinq enfants de quartiers différents ont mélangé leurs horizons et revu leurs préjugés au cours de l’année scolaire 2010-2011. Ensemble, ils ont créé un spectacle qui reflète la diversité de leurs origines, de leurs cultures et de leurs savoirs. Pascale Diez les a accompagnés et donne à voir, au plus près des visages et des corps, comment on grandit au contact de l’altérité.
« Cela fait presque 20 ans que je me balade d’écoles en collèges et lycées dans Paris et dans les banlieues. J’ai constaté au fil des ans, que de plus en plus, la mixité sociale disparaissait des classes et que des ghettos socioculturels s’installaient. (...) J’ai l’impression que le déterminisme social redevient une réalité et que l’égalité des chances n’existe que dans la littérature.
J’ai décidé de réagir en me faisant le témoin et surtout, l’actrice d’une tentative de suppléer à cette absence de mixité sociale. La rencontre approfondie avec les deux enseignantes qui sont dans le film a été déterminante.
Souvent les enseignants découvrent leurs élèves dans les ateliers artistiques et les considèrent autrement ensuite. C’est d’ailleurs généralement les élèves les moins brillants scolairement qui se révèlent les plus investis, les plus créatifs et les plus efficaces. Faire appel aux qualités de chacun pour former une équipe développe le sens de la responsabilité et l’estime de soi. La pratique des arts peut débloquer des élèves et les ouvrir en les rendant plus disponibles aux enseignements. Le bénéfice de la pratique des arts à l’école est indiscutable et je suis convaincue qu’il contribue à lutter contre les situations d’échecs scolaires. »
Pascale Diez, réalisatrice



On est vivants de Carmen Castillo (2014 - 100’)
mardi 19 - 20h30 - cinéma le Palace - Tulle, en présence de la réalisatrice
tarif unique : 5 €
On est vivants est un film sur l’engagement politique d’aujourd’hui, à la lumière d’un dialogue sensible avec la pensée de Daniel Bensaïd, philosophe et militant, récemment disparu.
Daniel est présent en image et, avec ses textes, Carmen Castillo voyage dans l’espace et dans le temps, à la rencontre de ces inconnus indispensables qui font la grandeur de la politique. Avec ses désarrois, ses doutes mais aussi ses convictions, elle cherche inlassablement une réponse à la question : qu’est-ce qui fait avancer, quand tant d’autres se découragent, ceux qui persistent à vouloir changer le cours du monde ?
Carmen Castillo ou le chant des possibles
« J’ai rencontré Carmen Castillo pour la première fois lors du Festival du cinéma espagnol à Marseille en novembre 2012. Elle avait entamé pour la chaîne franco-allemande Arte un documentaire sur trois auteurs espagnols dont Manuel Rivas. Elle était venue prendre contact avec ce dernier, invité d’honneur du Festival. Bien sûr, je connaissais Carmen Castillo depuis plus longtemps, à travers son histoire militante et personnelle, son travail d’écrivain et de réalisatrice de documentaires. Sa silhouette, fragile et menue, sa voix rauque, traînante et chantante de latinoaméricaine, renvoient à des épisodes de l’Histoire de la deuxième moitié du XXème siècle.
Très jeune, professeur d’histoire en lycée puis à l’Université de Santiago, elle s’engage dans le mouvement révolutionnaire du MIR (Mouvement de la Gauche Révolutionnaire) et lors de l’Unité Populaire, elle collabore au gouvernement Allende. Compagne du leader du MIR,
Miguel Enriquez, elle rentre en clandestinité après le coup d’état militaire de 1973.
En octobre 1974, les militaires encerclent la maison de la Calle Santa Fe, abattent Miguel et laissent Carmen mortellement blessée. Prisonnière, elle sort des griffes de la dictature grâce à la solidarité internationale. C’est la France qu’elle choisit comme terre d’accueil. Hantée par la problématique de la Mémoire et du Mal, Carmen Castillo ne cesse d’interroger la mémoire de ces années d’espérance pour tout le peuple chilien et surtout l’année de clandestinité vécue auprès de Miguel Enriquez et les années noires de la dictature, d’abord par l’écriture puis l’image. Carmen Castillo préfère l’écriture cinématographique. Elle se sent plus à l’aise, elle aime le travail d’équipe qu’impose un tournage. Elle tente à travers l’écriture, puis l’image donc, de se débarrasser du statut d’héroïne que son arrivée dramatique en France a forgé. Elle refuse de s’inscrire dans une logique de culte de la mort et du héros.
Ligne de fuite, Un jour d’octobre à Santiago. Dans ces deux ouvrages, en exil à Paris, commence un lent travail de mémoire où elle raconte que, malgré le danger et la mort qui guettait, la vie était la plus forte et qu’elle fut heureuse malgré les circonstances. Puis elle rencontre un jeune réalisateur français qui deviendra son mari et avec qui elle tournera Les murs de Santiago, un retour au Chili, dix ans après le coup d’état. Mais c’est avec La flaca Alejandra récompensé par le FIPA d’or (Festival International des programmes audiovisuels) qu’elle choisira définitivement l’expression cinématographique. La réalisatrice prend conscience que l’image peut être plus efficace que l’écriture avec la présence du sujet lui-même : « dans le film, tu as le corps, le silence, la parole... ». En effet, La flaca Alejandra est cette militante du MIR, arrêtée, torturée, qui donne ses compagnons de lutte et collabore de longues années avec les militaires. De l’histoire de cette militante traîtresse du MIR, Carmen Castillo interroge le Mal, comment la torture et la peur instaurées en système étatique peuvent détruire. Elle décortique minutieusement à travers ce film les mécanismes de la torture et de la peur.
En 2009, la réalisatrice franco-chilienne tourne Calle Santa Fe , un film de la mémoire également, un retour en arrière mais aussi un film d’espoir. Cette fois-ci, la réalisatrice revient au Chili et découvre qu’elle eut la vie sauve grâce à l’intervention d’un voisin qui contraignit les militaires à la transporter à l’hôpital. à partir de cette découverte, le Chili des années de lutte clandestine contre la dictature, la jeunesse militante des années de transition soufflent un regain d’espoir dans la réflexion de Carmen Castillo et par conséquent dans ce documentaire.
à partir de cet instant, elle ne cesse de porter un regard plein d’humanité sur ceux dont on ne parle jamais, ceux qui portent, mènent des luttes victorieuses ou pas, mais qui en tirent des expériences de solidarité et de fraternité. Et c’est là, selon Carmen Castillo, la vraie victoire des luttes, ce lien indéfectible que créent les moments de lutte pour un même objectif : l’amélioration des conditions de vie contre des systèmes destructeurs. Dans son dernier documentaire, On est vivants, la réalisatrice, accompagnée des réflexions du philosophe engagé, Daniel Bensaïd, interroge les luttes que mènent des groupes, à travers le monde. Ils sont autant de foyers de résistance dont l’espoir n’est pas absent, bien au contraire. Ils sont les continuateurs d’un espoir né dans les années 70 qui connut des déboires mais ne s’est pas éteint.
Carmen Castillo n’a pas renoncé, elle est bien vivante et nous livre à travers son œuvre un chant des possibles.» Paloma León.
L’intégralité de l’entrevue de Carmen Castillo avec Paloma León, Dominique Albaret et Manée Teyssandier, filmée et retranscrite est disponible sur peupleetculture.fr.



mémoire à vif
Quand les lapins tiennent tête aux chasseurs :
projections, débats, chansons, lectures
« Le pouvoir du chasseur dépend de l’obéissance des lapins ». Quand les lapins relèvent la tête, c’est toujours la même histoire. Ici ou ailleurs. En 1905 à Limoges, comme en 1912 à Lawrence, Massachusetts. Des histoires que nous avons en commun de chaque côté de l’Atlantique. Parfois même, ironie du sort, il arrive que le drapeau des états-Unis flotte sur une usine de porcelaine de Limoges. Parce qu’un patron américain l’a hissé par défi, pour riposter à ses ouvriers en grève qui défilent dans la ville, drapeau rouge en tête. Ce sont toujours des histoires de dignité bafouée, où des femmes et des hommes qu’on a trop longtemps asservis, humiliés, réclament du pain et des roses. «Yes, it is bread we fight for, but we fight for roses too» chantent les grévistes de Lawrence. Des histoires qui parfois se terminent mal pour les lapins rebelles. à la mort de Camille Vardelle à Limoges, répond celle d’Anna Lopizzo à Lawrence.
Mais ces histoires d’hier qui nous parlent aussi d’aujourd’hui et de demain nous transmettent le goût de la lutte. A nous de savoir en tirer les leçons ! Rappelons-nous le conseil de Joe Hill : « Ne vous lamentez pas. Organisez-vous ».

jeudi 21 - 20h - cinéma Le Lido - Limoges, tarif unique : 5,50 €,
Howard Zinn, une histoire populaire américaine d’Olivier Azam et Daniel Mermet (2015-106’) suivie d’un débat autour du film et sur la défense d’une information libre et indépendante avec Daniel Mermet
Howard Zinn (1922/2010) est né à Brooklyn, dans une famille d’immigrés, il a traversé le 20ème siècle sans se contenter de l’observer…
De ses souvenirs d’enfant de la classe laborieuse dans le New York des années 30 à l’élection de Barack Obama, l’œuvre de Howard Zinn mêle sa propre expérience et l’histoire populaire, une mémoire qui met sur le devant de la scène les acteurs oubliés de l’Histoire officielle et qui restera comme un modèle de référence pour les générations futures.
« Avec l’énorme succès de son livre Une histoire populaire des états-Unis, Howard Zinn a changé le regard des Américains sur eux-mêmes. Avec ce film nous voulons contribuer à changer le regard des Français sur les états-Unis.
Howard Zinn est de ceux qui résistent à l’irrésistible. Il est du parti des lapins, le parti de ceux qui sont à l’autre bout du fusil, les Indiens devant les conquérants, les esclaves qui fuient dans les marais, les ouvrières et leurs enfants face au peloton de la Garde civile, les déserteurs, les militants, les résistants. Sans idéaliser les victimes, sans trahir l’histoire, il fait simplement sortir de l’ombre ces instants où des femmes et des hommes ont réussi à résister, à s’unir et parfois même à l’emporter… Car les lapins ne s’enfuient pas toujours, il arrive même qu’ils profitent du sommeil des chasseurs, qu’ils leur volent leurs fusils et qu’ils les fassent reculer jusqu’au bord de la falaise. Et même au-delà. » Daniel Mermet

1905, des mots et des images d’hier pour parler d’aujourd’hui.
vendredi 22 - 18h30 - Théâtre Expression 7 - Limoges, tarif unique : 8 € (Réservations au 05.55.77.37.50)
Lecture et chants : accompagnés par un diaporama d’après la photothèque de Paul Colmar, conception : Jean-Marc Lescure.
Textes de Marie Dussartre, Albert Libertad, Joël Nivard, auteur de Limoges, avril 1905 (Editions Le Bruit des Autres). Avec Johanne Hallez, Julie Lalande, Sylvie Nivard, et l’amitié de Max Eyrolle.
Débat, Accroche ton wagon à une étoile : Quelles leçons tirer de ces luttes d’hier pour nos combats d’aujourd’hui ? Introduit par les archives filmées de Philippe Maillot sur le tournage du Pain noir de Serge Moati, recueillies par la Cinémathèque du Limousin. Avec Dominique Danthieux, historien, et Daniel Mermet



PEC Cantal a 10 ans !
samedi 23 et dimanche 24 - à partir de 14h - la Barreyrie - Roumégoux
En mars 2005, nous faisions notre première projection de cinéma documentaire, par un temps glacial, et sous une bonne couche de neige, à la Barreyrie, notre «port d’attache», au fin fond du Cantal... Les amis de Peuple et Culture Corrèze assuraient la logistique et le matériel et nous avions appelé tous les copains, les futurs soutiens à venir savourer auprès d’un poêle rougi, notre premier grand moment de bonheur!
Il y en a eu bien d’autres, nous avons grandi, acquis du matériel, élargi notre public. Ces grands moments ont été souvent liés à la présence des réalisatrices ou réalisateurs et des amis venus faire partager leur passion, dire leurs projets, leurs trajets...
Parce qu’il faut toujours se rappeler les itinéraires et saluer les réussites, évoquer les bons moments, nous avons décidé de fêter dignement cet anniversaire. Les 23 et 24 mai, nous vous invitons à être présent(e)s à cette fête. Elle sera la fête du cinéma documentaire que nous aimons, mais aussi un moment de rencontre festif, gastronomique et musical... Nous vous invitons donc à nous rejoindre, nous avons invité la plupart des réalisateurs qui ont accepté de venir avec leur film, nous attendons leur réponse.
De notre côté, nous allons proposer quelques films présents dans notre vidéothèque et que nous regrettons de n’avoir pas programmé et fait partager, des coups de cœurs restés inconnus de notre public. Les projections auront lieu les samedi 23 et dimanche 24 entre 14 et 20h non-stop. La soirée du samedi sera animée par ZamanZaman un groupe musical ami, après un repas pris en commun sur place.
L’équipe de Peuple et Culture Cantal / Réservation : 04.71.46.11.62 ou 06.70.60.75.12.



décade cinéma et société
L’école aux frontières de la République
du jeudi 28 au samedi 30 - en campagne
jeudi 28 - 17h30 - médiathèque éric Rohmer Tulle
Des caravanes dans la tête de Sylvie Texier,
en présence de la réalisatrice
jeudi 28 - 20h30 - salle des fêtes - St Jal
Espace d’Eléonor Gilbert et Récréations de Claire Simon, en présence de Sylvie Cromer, enseignante chercheuse à l’Université Lille 2 en sociologie et chercheuse associée à L’Institut Démographique (INED) et de Nicole Fernandez Ferrer, déléguée générale du Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir de Paris.
vendredi 29 - 17h30 - médiathèque éric
Rohmer - Tulle
La chasse au Snark de François-Xavier Drouet,
en présence du réalisateur
vendredi 29 - 20h30 - salle des fêtes - Espagnac
Ce n’est qu’un début de Pierre Barougier et Jean-Pierre Pozzi
samedi 30 - 15h - chez Bernard Mullet - Soleilhavoup - Naves
Carte blanche à Federico Rossin
samedi 30 - 20h30 - salle de fêtes - Sérilhac
Quelle classe ma classe ! de Philippe Troyon, en présence du réalisateur et de Joseph Rossetto, pédagogue, principal du collège Pierre Sémard de 1998 à 2008.
samedi 30 - 20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix
Je préfère ne pas penser à demain de Nathalie Joyeux (2013-90’), en présence de Federico Rossin, critique de cinéma et co-programmateur de la Décade 2015.

 


 

Avril 2015


cinéma documentaire
Solutions locales pour un désordre global
de Coline Serreau (2010 - 113’)
vendredi 3 - 20h30 - salle Lou Cantou - St-Martin-la-Méanne
« Il faut montrer qu’il existe des solutions » affirme Coline
Serreau dans ce documentaire, tourné pendant trois ans dans plusieurs lieux du monde. Des solutions contre le « désordre global » dans lequel est jetée la planète par le capitalisme mondial.
La réalisatrice donne la parole à ceux qui résistent, inventent, pensent et agissent aux quatre coins du monde pour éviter le naufrage de la terre et du vivant. Son choix des musiques, des plans, des mots, témoigne du parti pris de mettre en valeur la beauté de la démarche de ces résistants au quotidien, questionnés dans toutes les langues. Bach et son violoncelle accompagnent les premières images, tendres gros plans sur des groins de cochons, des yeux de chevaux, des sabots, des crêtes, tous les animaux de la ferme sans entraves, sans batteries, on pourrait dire libres. Tout comme les femmes et les hommes qui nous racontent les « solutions locales » qu’ils mettent en œuvre, parfois doucement mais parfois dans la violence, comme les paysans sans terre au Brésil. Aux paisibles plans d’ouverture répondent les joyeuses images de la fin : une cascade d’éclats de rire de tous nos inventeurs de solutions. Mais qu’est-ce qui peut bien les faire rire comme ça ? Le plaisir de « bloquer le disque dur du productivisme », comme dit l’un d’eux ? Le local peut-il subvertir le global ? écoutons ce qu’en disent ces courageux !
« Notre ‘‘ ciné en campagne ’’ à St Martial Entraygues et St Martin la Méanne repose sur le souhait d’un petit groupe d’habitants et copains de faire connaître le cinéma documentaire, de susciter la rencontre et l’échange entre voisins. Avec l’appui de Peuple et Culture, nous nous proposons de projeter une fois par mois un film que nous choisissons, dans l’un puis l’autre de nos villages tout proches, alternativement. Nous cherchons à donner une cohérence à cette programmation, un film répondant à l’autre, chaque projection venant s’inscrire dans l’enchaînement de nos discussions, préoccupations, envies du moment. Les spectateurs sont invités à nous faire part de leurs envies à eux aussi, d’ailleurs. Ces rendez-vous mensuels sont destinés à découvrir ou revoir une œuvre du ciné documentaire, à en discuter en liberté, puis, si l’on veut, manger et boire quelque chose ensemble. Tout est offert, on peut mais sans aucune obligation laisser un peu d’argent dans la boîte en partant, pour les frais de diffusion du film assumés par Peuple et Culture.
Nous souhaitions systématiser des projections autour d’une thématique. Nous nous heurtons à la difficulté de « faire rentrer » des œuvres dans des cases, dans la cage d’un sujet pré-établi. Federico Rossin nous a conseillé : « plutôt que de choisir un thème et de chercher des films qui s’y collent, partez de films que vous aimez et décollez ! Suivez un fil et vous trouverez des correspondances entre des oeuvres pour construire votre programmation ». Plus exigeante, plus riche, cette démarche nous conduit à creuser, explorer, rêver et réfléchir jusqu’à ce que des passerelles, subtiles ou évidentes, s’établissent entre des films. Entre nous aussi. Et, nous l’espérons, entre notre public et nous.
Afin de faciliter nos rendez-vous, à partir de juin ce sera le second samedi de chaque mois, à 20h30. Une fois à la salle des fêtes de St-Martial-Entraygues, une fois au foyer rural de St Martin ou à la salle du Cantou l’hiver. Et peut-être à la belle étoile l’été si le ciel le permet… »
Le groupe de St-Martin-la-Méanne et St-Martial-Entraygues


 


Le Lonzac pendant les années noires, avril 1944
vendredi 10 - 18h - salle des fêtes - Le Lonzac, avec la municipalité, l’ANACR de Chamboulive et de Treignac


 


Des étrangers dans la ville de Marcel Trillat (2014 - 70’)mardi 14 - 20h30 - cinéma le Palace - Tulle, en présence du réalisateur
tarif unique : 5€
En 1969, Marcel Trillat réalisait étranges étrangers. 43 ans plus tard, il reprend la caméra et retourne à la rencontre des étranges étrangers d’aujourd’hui. Avec la volonté de poser une simple question : ces Étrangers dans la ville, toujours aussi indispensables, sont-ils accueillis plus dignement par la société française en plein XXIème siècle ?
Ils sont venus de tous les horizons de la planète en prenant tous les risques. Ils n’ont qu’un
objectif : Vivre ! Pour comprendre comment vivent ces étrangers toujours sous la menace d’une expulsion, Marcel Trillat a accompagné quelques uns et quelques unes de ces rescapé(e)s de toutes les misères du monde, dans tous les lieux où leur espoir d’une vie meilleure est mis à la rude épreuve des réglementations administratives. à travers les entretiens, les lieux d’accueil et les paroles des officiels, adeptes de la langue de bois, il dessine une géographie politique de l’immigration. Il montre aussi que la lutte peut payer : après des années de combat, certains arrivent à être régularisés. Tout n’est pas totalement désespéré…
« Nous avons filmé ces hommes et ces femmes venus de tous les horizons de la planète, dans tous les lieux où se heurte leur espérance d’une vie meilleure et où se joue leur avenir : zones d’attentes dans les aéroports, centres de rétention, préfectures, Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides, Cour Nationale du Droit d’Asile, Office Français de l’Immigration et de l’Intégration. Leur unique objectif, obtenir à tout prix un petit rectangle de plastique bleu et rose, la carte de séjour, leur visa pour une vie normale. » Marcel Trillat.

Journaliste, cinéaste, documentariste, Marcel Trillat a porté haut l’exigence de l’information sociale et ouvrière. De ses débuts à l’ORTF dans le magazine Cinq Colonnes à la Une et à Envoyé Spécial sur France 2, en passant par sa participation à des projets collectifs militants tels que Unicité ou Radio Lorraine Coeur d’Acier, il a arpenté la société française sans cesser d’être fidèle à ses idéaux.



Au bout de la nuit de Patrick Séraudie (2009 - 52’)
mercredi 22 - 20h30 - cinéma le Palace - Tulle, en présence du réalisateurtarif unique : 5€
Mauthausen, un nom qui reste gravé dans la mémoire des hommes… Roger Gouffault n’a que 17 ans lorsqu’il s’engage, en septembre 1941, dans la résistance. Arrêté à la veille de Noël 1942, il est condamné à mort par la Gestapo, puis déporté au camp de Mauthausen et classé « Nuit et brouillard ». Un témoignage bouleversant et une extraordinaire leçon de vie.
« Ce qui étonne lorsqu’on rencontre Roger pour la première fois, c’est son optimisme sans faille. Il appartient à ces rares hommes qui irradient par leur humanité et leur générosité, à cette poignée d’individus capables aussi de transcender la souffrance la plus absolue. Depuis son retour, Roger raconte son expérience de la douleur comme une prévention à la folie humaine. Depuis 1945, il n’a jamais dérogé à cette règle. Il est aujourd’hui un des derniers résistants-déportés à pouvoir décrire avec précision son parcours. » Patrick Séraudie, réalisateur.
« Quand je suis sorti du camp, j’ai eu envie de transmettre la mémoire en replaçant la fraternité au cœur des relations entre les hommes, de dire aux gens : ne restez pas individualistes. Finalement, la religion, l’économie, tout cela reste très secondaire. Quand je vais dans les écoles pour raconter mon histoire, c’est le message que je tente de faire passer aux jeunes
générations. La fraternité ! Ce film doit être une espérance, il doit donner envie de vivre.
Malgré les horreurs que nous avons vécues, l’homme venait en aide à l’homme. » Roger Gouffault


 


Iranien de Mehran Tamadon (2014 - 105’)
vendredi 24 - 20h30 - salle des fêtes -St Jal, avec l’Amicale laïque
« La projection de ce film était décidée depuis longtemps. Ce qui nous avait intéressés, c’était la démarche de Mehran Tamadon : les mots, la réflexion, l’argumentation doivent permettre aux hommes de vivre ensemble. Les tragiques évènements de ce début 2015 à Paris et ailleurs rendent ce film d’autant plus actuel. » L’Amicale laïque de St Jal.

Iranien athée, Mehran Tamadon invite quatre mollahs à venir séjourner et discuter 48 h dans la maison de sa mère proche de Téhéran. Le fil conducteur de cet échange : peut-on, dans le respect de chacun, élaborer des règles de vie qui permettront à tous de vivre ensemble dans un espace commun quand on a une vision du monde radicalement différente? Architecte de formation, Mehran Tamadon a vidé son salon qui devient cet espace dans lequel la parole est mise en scène. C’est là qu’ils vont tenter d’élaborer les conditions d’une vie commune ( quelle place pour les femmes, dans quelle tenue, que met-on sur les murs, quelles musiques écouter… )
La discussion se poursuit dans les tâches plus quotidiennes : arrosage du jardin, préparation des repas, jeux des enfants, rencontres furtives avec les femmes des mollahs ). On plaisante, on sourit, mais l’enjeu reste redoutable. Face à quatre mollahs intelligents et retors, Mehran Tamadon n’a pas toujours les meilleurs arguments. « J’ai favorisé l’échange et la relation, en mettant en valeur les moments de tension, de joie, de rires, de proximité, d’éloignement, ceux où je perds pied, plus que les bonnes réponses que je leur donne. Je trouve intéressant de créer une carence chez le spectateur, ce vide que j’ai ressenti à certains moments. C’est là que le spectateur cesse d’être passif et réagit, veut entrer dans le cadre pour leur parler. » Exercice dangereux, utopie ou désir fou que la parole et l’échange prennent le pas sur l’intolérance et la violence ?
Ce film a reçu plusieurs prix en 2014 : Grand Prix du Festival du réel à Paris, Prix Buyens-Chagoll -Visions du réel à Nyon, Prix spécial du jury à la Documenta de Madrid.
Le réalisateur. Mehran Tamadon, fils de militants communistes sous le chah arrive en France à l’âge de 12 ans. Après des études d’architecte, il repart en Iran de 2000 à 2004. Il réalise cette année-là son premier long métrage documentaire Bassidji dans lequel il filme ses premières tentatives de dialogues avec ceux qui soutiennent le régime iranien.


 


exposition
Collection en mouvement autour des œuvres de Jane Harris
du jeudi 9 avril au samedi 9 mai - médiathèque - Argentat
mercredi 8 avril - 18h - vernissage en présence de l’artiste
samedi 25 avril - 11h - visite commentée par David Molteau
Réalisée par le FRAC- Artothèque du Limousin et la FACLim, la communauté de communes d’Argentat et Peuple et Culture Corrèze
Née en 1956 à Dorset (Angleterre), l’artiste vit et travaille en Dordogne. Elle s’est formée aux Beaux Arts du Camberwelll College et de Brighton et à l’université de Londres à la Slade School of Art.
«Il y a une fascination humaine à voir une chose identique, ou presque identique, deux fois. Jumeaux, couples, doubles et paires peuvent à la fois attirer et repousser. Leur représentation artistique peut être inconfortable, ensorcelante et souvent absurde, pas seulement pour le spectateur confronté à l’image finale mais aussi pour l’artiste dans le processus engagé pour parvenir à cette image finale. Des pensées de double vue, de double trouble, de déjà-vu se forment par cet acte de duplication. Si elle est obtenue par séparation, effet miroir ou répétition, si elle se situe dos à dos, côte à côte, au dessus ou à l’envers de l’autre, la seconde forme qualifie la première en créant un dialogue implicitement ou explicitement intrinsèque duquel nous, spectateurs, sommes exclus ou une alliance convenue (un front uni) qui nous confronte et cherche à nous compromettre, physiquement et émotionnellement, dans une sorte de relation à trois » Jane Harris.


 


décade cinéma et société
L’école, aux frontières de la République?

du mercredi 29 avril au samedi 2 mai - cinéma le Palace - Tulle,
avec Autour du 1er Mai (voir programme joint)
Comment le cinéma a-t-il abordé la question de l’école et développé un imaginaire autour de cette institution sensible ? Comment parle-t-il aujourd’hui de l’école ? Comment filmer les jeunes enfants sans les manipuler, sans donner d’eux une image figée ou idéalisée, sans les envahir avec notre imaginaire d’adulte ? L’école est-elle encore un territoire sanctuarisé de la
République ?
Les films de cette Décade cinéma et société racontent l’école comme un lieu de tension et d’utopie, un espace d’actions et de paroles pour tous les citoyens - enfants, enseignants, parents. Ils interrogent sur de nombreux sujets qui ont fait et font l’école : la question du droit à l’école, de la transmission de la citoyenneté et de la laïcité. Nous avons également choisi de montrer des films dans lesquels les professeurs mènent un véritable combat civique, à la fois en résistant à l’absence d’horizon possible offert par l’école à de jeunes français non privilégiés et en défiant la désespérance que le corps enseignant aurait largement intériorisée.
Au menu de cette 10ème édition, des films d’archives, des documentaires, des fictions, et une matinée de cinéma en famille… Federico Rossin, critique et historien du cinéma, signe avec nous cette programmation et nous accompagnera tout au long des projections.
L’équipe de Autour du 1er Mai.


 


et aussi…
Conférence gesticulée
Inculture(s) 1 : L’éducation populaire, Monsieur,
ils n’en ont pas voulu ! par Franck Lepage
jeudi 16 - 14h - salle Jean Cocteau - Panazol
Cette conférence gesticulée présente de façon ludique voire humoristique une analyse qui
déconstruit les discours dominants, notamment ceux sur le pouvoir de la culture comme ascenseur social, sur l’égalité du système scolaire, etc…
Proposée par l’ENEP (école Nationale d’éducation Populaire) tarif : 5€/ réduit 3€
Contact : 05.55.06.06.20

 

 

 

 


 

Mars 2015


François Maspero, les chemins de la liberté (2014 - 92’)
Un film de Yves Campagna, Bruno Guichard et Jean-François Raynaud produit par les Films du Zèbre en partenariat avec la Maison des passages et Peuple et Culture Corrèze
jeudi 12 mars- 20h30 - cinéma le Palace - Tulle -
tarif unique : 5 €, en présence des réalisateurs et de François Maspero
En septembre 2009, est inaugurée au musée de l’imprimerie à Lyon, une exposition François Maspero et les paysages humains portée par la Maison des Passages et les éditions à plus d’un Titre. Elle comporte, entre autres, 60 panneaux retraçant le parcours de l’éditeur puis écrivain qu’est François Maspero. * à cette occasion, Yves Campagna et Jean-François Raynaud vont alors rencontrer François Maspero pour filmer les entretiens qui viendront renforcer l’exposition. De cette rencontre, est née l’idée d’un film.
Yves Campagna et Jean-François Raynaud ont développé ensemble une pratique de coréalisation de films documentaires. Bruno Guichard a acquis une connaissance aigüe des idées, du parcours et de l’histoire de François Maspero. Faire un film portrait de François Maspero, suivre son regard poétique sur le monde, intensément, comme il le porte dans son livre Des saisons au bord de la mer (2009) lorsqu’il écrit « la mémoire elle ne cesse de se transformer et de se reconstruire en se mélangeant jour après jour au présent. »
Le film offre au spectateur une découverte, une rencontre ou une redécouverte d’un homme qui fut un centre de gravité de la société française. Il demeure un lien entre le passé et l’avenir possible de notre humanité en interrogeant toujours les discours dominants. Homme de la fidélité, à ses idées, à ses camarades de lutte et de combat, à la conviction qu’une autre humanité plus fraternelle est possible.
* Cette exposition a été accueillie à Tulle en février et mars 2011 à l’initiative de Peuple et Culture avec la complicité de la Médiathèque éric Rohmer et deux rencontres avec François Maspero, à la médiathèque et à la librairie L’aire libre à Argentat. C’est à cette occasion qu’est née l’idée d’un partenariat avec Les films du Zèbre pour la réalisation du film.


François Maspero et Peuple et Culture…
« à quelques mètres (de sa première librairie, rue Monsieur le Prince), il y avait aussi le siège de Peuple et Culture dont les militants déboulaient chez moi, et j’ai appris de Benigno Cacérès, son secrétaire général, le sens de cet idéal de culture issu du Front Populaire et de la Résistance, que je n’ai jamais renié. » Extrait de l’article publié dans le Monde du 26 mars 1982.
« J’ai construit des rayons divers et complets, avec un accès libre, de poésie, de philosophie, de littératures étrangères, d’ouvrages qu’on ne trouvait que dans une ou deux librairies spécialisées, cinéma, théâtre, architecture. S’il y avait militantisme, il ne s’arrêtait pas aux livres défendant une cause, mais à l’ensemble des textes de tous bords sur un problème, réunis dans des listes bibliographiques, dont les premières avaient été faites en liaison avec le mouvement Peuple et Culture. (...) François Maspero - Extraits de Les Abeilles et la guêpe - éditions du Seuil, 2012.

François Maspero, libraire, éditeur, écrivain, traducteur…
1932 : naissance à Paris
1944 : son père, membre du réseau Buckmeisser du Musée de l’Homme est arrêté, et meurt déporté à Buchenwald. Son frère, traducteur au sein de la 3ème armée américaine, est tué au combat. Sa mère, déportée à Ravensbruck, sera la seule à revenir.
1955-1957 : François Maspero fonde la
librairie l’Escalier à Paris
1957-1974 : Ouverture de la librairie La Joie de Lire. Elle devient le lieu de rencontre des intellectuels, militants de gauche et
révolutionnaires du monde.
1959-1982 : Les éditions François
Maspero sont fondées, pendant la guerre d’Algérie. Guerre durant laquelle les éditions Maspero et sa librairie ont été complètement engagées dans le soutien à la lutte d’indépendance du peuple algérien et dans la dénonciation des crimes de l’armée française.
Environ 1350 titres sont publiés. Sans carcan, il donnera la voix aux intellectuels de gauche de toutes sensibilités : à Frantz Fanon,
Pietro Nenni, Fidel Castro, Che Guevara, Paul Nizan.
Fatigué de plusieurs condamnations et d’attentats contre sa librairie, François
Maspero quittera définitivement les éditions en 1982. éditions qu’il cèdera pour un Franc
symbolique à François Gèze. Elles deviennent les éditions La Découverte.
1961-1975 : est alors créée la Revue
Partisans, qui est la principale tribune du mouvement anticolonialiste.
1969-1971 : directeur de l’édition française de la revue Tricontinental créée à la suite de la première Conférence Tricontinentale qui eu lieu à la Havane à Cuba en 1965. L’enjeu était de constituer un front anti-impérialiste, autonome par rapport à l’Union Soviétique.
1971-1972 : Durant les deux dernières années de la Guerre d’Algérie, 11 livres et les 3 premiers numéros de la revue Partisans sont interdits.
1979-1985 : directeur de la revue l’Alternative. Cette dernière donne la parole aux dissidences des pays de l’Est.
1984 : Parution aux éditions du Seuil de son premier roman en tant qu’auteur : Le sourire du chat. Une douzaine d’autres suivront. Parmi eux, Les passagers du Roissy-Express, La Plage Noire, Les Abeilles et la guêpe, Transit&Cie, l’Ombre d’une photographe : Gerda Taro.
2009 : parution de son dernier livre Des Saisons au bord de la mer. Il est par ailleurs membre du tribunal Russell pour la Palestine.



Marinaleda, un village en utopie de Sophie Bolze (2009 - 82’)
samedi 21 mars- 20h - foyer rural - St Martial Entraygues
Dans les années 80 un groupe de villageois entame des actions d’occupation des terres et des fermes qui appartiennent à de gros propriétaires terriens. Grace à ces actions, ils obtiendront 1200 hectares de terrains et des bâtiments qu’ils exploiteront collectivement. La culture du poivron, des olives, piments, fèves, artichauts transformés et conditionnés par le biais d’une conserverie permettra alors de dégager un profit intégralement redistribué à la collectivité et aux travailleurs : salaires, santé, éducation, culture, logement...Par ailleurs, toutes les décisions concernant la commune sont prises en assemblée et chaque habitant y prend part. Mais cette organisation exceptionnelle au sein même de l’économie de marché, se retrouve néanmoins confrontée aux difficultés intrinsèques du capitalisme.
La projection de ce documentaire sera l’occasion de débattre de questions fondamentales et plus que jamais d’actualité : propriété de la terre et de l’appareil productif, redistribution des richesses, pour qui et pourquoi travaille-t-on, qu’est-ce que le bien commun… ? Aussi nous vous espérons nombreux pour passer un moment d’échange, de partage, de réflexion et de convivialité autour de ces questions.



Bourse aux graines, projections de films
dimanche 15 mars- 2 séances à 14h et 16h - Le battement d’ailes - Cornil
Je mange donc je suis de Vincent Bruno (2009 - 26’)
Plus d’un milliard d’affamés dans le monde. Dans tous les grands colloques internationaux, une question se pose à présent : qui va nourrir le monde ? Et si la question était mal posée ? En partant du quotidien des agriculteurs belges, le film conduit une enquête rythmée où les paroles d’experts font écho à des petits schémas explicatifs très réussis. Ce tour du monde agricole et alimentaire identifie des problèmes communs en Europe, en Afrique ou au Brésil.
Une prise de conscience que tout est lié et que chacun a son rôle à jouer…
Copier cloner de Louis Rigaud (2009 - 3’)
De la gestion futuriste d’un élevage de vaches clonées depuis un banal ordinateur !
L’analogie entre l’exploitation d’une ferme et de ses vaches et un système d’exploitation informatique révèle l’horreur du productivisme et de la mécanisation du vivant. Une jolie animation sous forme de fable informatique qui appelle à la sagesse.
La era del buen vivir d’Aline Dehasse et Jeroen Verhoeven (2011 - 52’)
Le film raconte l’histoire de Mayas d’aujourd’hui qui, en mettant en pratique leur propre définition du développement, construisent leurs propres solutions pour demain. Pourtant, les défis qui se présentent à eux sont épiques. Après 500 ans de colonisation et une guerre civile sanglante dans leur histoire récente, les Mayas font aujourd’hui face à la globalisation de la société de consommation, à des difficultés d’accès à la terre, au pillage des ressources naturelles, à la destruction des écosystèmes et aux impacts du réchauffement climatique. La survie des communautés indigènes Mayas et leur souveraineté alimentaire s’en trouvent menacées.
Des communautés, des associations, des paysans résistent et transforment leur conditions de vie en créant leurs propres dynamiques locales ancrées dans l’identité culturelle du peuple Maya et dans les liens sociaux, en harmonie avec la terre et porteuses d’autonomie : défense des semences de variétés anciennes, formation de promoteurs en agroécologie, promotion de systèmes d’agroforesterie hérités de la civilisation Maya, lutte collective pour l’accès à la terre…
Au-delà de ces alternatives concrètes, se dessine aussi une tout autre conception du développement que celle imposée par l’Occident aux peuples indigènes.


 

Inform’Elles
Association SOS Violences Conjugales, accueil de jour Inform’Elles de Tulle. à l’occasion de la journée de la femme
We want sex equality de Nigel Cole (2011 - 113’)
vendredi 6 mars- 14h -
locaux association Inform’Elles - rue Louisa Paulin - Tulle
Employées à coudre les intérieurs des voitures dans l’usine Ford de Dagenham (dans l’Est de Londres), 187 femmes décident, un jour de mai 1968, de se mettre en grève pour obtenir les mêmes salaires que les 55 000 hommes de l’usine. L’histoire est véridique et la grève de ces ouvrières conduisit, deux ans plus tard, au vote de la loi sur l’égalité des salaires. Le titre du film est né d’un malentendu. Au cours d’une manifestation, les grévistes avaient mal déployé une bannière.
«We Want Sex Equality !» disait le slogan, mais seuls les trois premiers mots étaient visibles...
Dépassant le simple récit d’une crise sociale, We want sex equality aborde le profond bouleversement culturel de 1968 et le changement du regard des femmes sur elles-mêmes et des hommes sur ces femmes. Son sujet l’amène à aborder des questions complexes et passionnantes, rarement traitées dans une fiction grand public : l’imbrication de la lutte des classes et du combat féministe ; l’impact d’un conflit social sur la vie personnelle et intime de ceux et celles qui le mènent ; la « double journée » des femmes actives (ces « prolétaires de l’homme », pour reprendre la formule de Friedrich Engels) ; ou le continuum du sexisme au sein des sphères privée, professionnelle et politique.
L’association SOS Violences conjugales, accueil de jour Inform’Elles
L’accueil de jour Inform’Elles 19 Tulle constitue un lieu ressource pour toute femme de la commune et ses environs. Premièrement, son cœur d’intervention est de venir en aide aux femmes victimes de violences conjugales en proposant un espace d’écoute spécialisée, d’informations, de conseils pratiques et d’orientation. D’autre part, Inform’Elles 19 Tulle est un relais pour les évènements culturels de la ville en offrant des temps conviviaux permettant de créer du lien social, de favoriser l’éveil culturel et créatif de toute femme.



et aussi...
Réunion publique sur le nouveau modèle d’assurance chômage des intermittents
dimanche 15 mars- 17h - salle de réception du CCS
- Tulle, en présence de Matthieu Grégoire, maître de conférence en sociologie à l’Université de Picardie et membre de la Commission Nouveau Modèle de la Coordination Nationale des Intermittents et Précaires
« Le régime d’assurance chômage spécifique de l’intermittence d’avant 2003, est l’exemple d’un système qui a montré sa capacité à accompagner socialement des pratiques professionnelles par essence courtes, discontinues et à employeurs multiples. Ce système, qui a prouvé historiquement son à-propos et sa viabilité, reconnaît qu’une pratique professionnelle peut avoir une grande partie de son travail qui s’exerce hors emploi salarié sans pour autant être déconnectée de la vie économique et sociale, et même y être nécessaire. Pour un artiste ou technicien du spectacle cette part paraît évidente (apprentissage, formation, entretien physique, conception de projets, recherche). Mais si on y regarde bien, cette réalité s’étend à tout le corps social si on pense l’emploi comme un territoire où la liberté, le choix et l’initiative sont des enjeux fondamentaux pour l’émancipation.
La défense d’un modèle d’indemnisation du chômage adapté à l’emploi discontinu va au-delà d’une question corporatiste, car elle est avant tout la défense du seul régime historiquement connu qui soit capable d’accompagner vertueusement ces pratiques d’emploi en promouvant l’autonomie collective et en rejetant la mise en concurrence des travailleurs. Il représente en quelque sorte le seul rempart connu aux attaques de la sécurisation sociale de l’emploi par les marchés, et pour autant, il est par évidence totalement adapté aux réalités du monde de l’emploi aujourd’hui.
C’est fort de ce constat, de l’expérience des pratiques et de l’indemnisation des intermittents du spectacle, que la Coordination des Intermittents et Précaires travaille depuis 11 ans à inventer et promouvoir un modèle d’assurance chômage évolutif, capable d’accompagner dans un esprit d’équité sociale toutes les pratiques d’emploi telles qu’elles existent aujourd’hui. On parle d’intermittence de l’emploi. Le développement de ce nouveau modèle d’assurance chômage se fait dans une collaboration entre chercheurs et militants. Nous invitons tous les partenaires et citoyens intéressés à venir s’informer en participant à la réunion publique du 15 mars prochain.»
Commission Nouveau Modèle de la Coordination Nationale des Intermittents et Précaires (CIP Limousin)



à venir en avril...
Des étrangers dans la ville de Marcel Trillat (2014-69’)
mardi 14 avril - 20h30 - cinéma le Palace
- Tulle, en présence de M. Trillat
Plus de 45 ans après étranges étrangers, Marcel Trillat signe un nouveau documentaire sur les migrants qui tentent d’obtenir un titre de séjour en France.
« Nous avons filmé ces hommes et ces femmes venus de tous horizons de la planète, dans tous les lieux où se heurtent leur espérance d’une vie meilleure et où se joue leur avenir : zones d’attentes dans les aéroports, centres de rétention, préfectures, Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides, Cour Nationale du Droit d’Asile, Office Français de l’Immigration et de l’Intégration. Leur unique objectif, obtenir à tout prix un petit rectangle de plastique bleu et rose, la carte de séjour, leur visa pour une vie normale.» Marcel Trillat.

 

 


 

Février

cinéma documentaire
Visages d’une absente de Frédéric Goldbronn (2013 - 95’)
samedi 14 février - 20h - foyer rural - St Martin la Méanne

L’absente, c’est la mère disparue du réalisateur, une figure qu’il convoque en interrogeant la mémoire de ses trois sœurs et de son frère aîné, nés de quatre pères différents et qui n’ont pas grandi ensemble. Il confronte ces mémoires trop pleines ou trop vides (ou trop pleines de leur vide) aux traces que sa mère a laissées, lettres et photos sans légende ou parfois déchirées. Il retourne sur les lieux qu’elle a traversés, du 16ème arrondissement à Aubervilliers, en passant par Saint-Germain-des-Prés, enquête dans les archives et découvre son secret, l’histoire douloureuse de son enfance et de sa jeunesse sous l’Occupation. Au fur et à mesure, ces fragments s’assemblent, restituant l’unité d’une vie qui, dans son désordre même, dit quelque chose de la liberté d’une femme du 20ème siècle.
« Ce film « avec » ma mère, je le porte depuis pas mal d’années. À chaque printemps, à l’anniversaire de sa mort – trente ans déjà – il se rappelle à moi avec un peu plus de nécessité. Dans son film « Sans soleil », Chris Marker cite un poème de Samura Koichi : « Qui a dit que le temps venait à bout de toutes les blessures ? Il vaudrait mieux dire que le temps vient à bout de tout, sauf des blessures. Avec le temps, la plaie de la séparation perd ses bords réels. Ce qui demeure, c’est une plaie sans corps ».
C’est un documentaire à la première personne ; une enquête où je tente de pénétrer le mystère qui entoure la jeunesse de ma mère et ses origines, mais il est aussi, et surtout, une quête cinématographique où je crée des situations de remémoration, des scènes et des images qui peuvent faire advenir une présence, celle de ma mère disparue.
En fait, c’est l’histoire d’une famille qui n’en est pas une. Une famille de cinq enfants nés de quatre pères différents et qui n’ont pas grandi ensemble. Catherine, l’aînée, fut élevée dans une famille d’accueil. Serge, le cadet, a grandi dans une île lointaine avec son père, qui lui a longtemps caché l’existence de sa véritable mère. Anne et Patricia, confiées par la justice à leur père, partageaient leurs vacances avec notre mère, avant de vivre avec elle leur fin d’adolescence. Quant à moi, le benjamin, qui n’ai jamais connu mon père, je fus le seul qu’elle éleva jusqu’à mon départ, à l’âge de 17 ans. Aujourd’hui, un seul lien, aussi ténu que tenace, unit ces enfants : le souvenir de leur mère morte.
En ouvrant cette enquête alors que tant de témoins ont disparu, je sais qu’il est bien tard pour obtenir toutes les réponses. Mais c’est là justement que peut commencer le temps du cinéma, celui de l’après, de la distance et du recul. C’est là aussi que peut commencer la refabrication de l’espace et du temps sous la forme d’un récit retravaillé. Un film où je m’efforce de poursuivre la vérité et qui révèlerait la vérité de la poursuite, celle du désir qui l’anime. »
Frédéric Golbronn, réalisateur.



Dormir, dormir dans les pierres d’Alexe Poukine (2013 - 74’)
vendredi 20 février - 20h30 - salle des fêtes - St Jal, en présence de la réalisatrice

« Je voulais faire un film sur les gens qui se perdent ». Alexe Poukine, la réalisatrice, s’était déjà intéressée à ces hommes et femmes de la rue, avant d’apprendre, quelques années plus tard, qu’Alain, son oncle, est mort de froid sur un trottoir de Paris. Pour essayer de comprendre « l’itinéraire de son naufrage » , elle filme pendant trois ans le quotidien de deux « SDF », Joe et Bart. Ils sont vivants, attachants, agaçants. Elle revient sur les lieux que son oncle a fréquentés, rencontre des gens qu’il a connus, interroge ses proches. Ces destins s’entrecroisent, s’éclairent, se complètent.
« Je voulais que le présent des uns résonne avec le passé de mon oncle. Qu’on puisse se dire que Joe et Bart sont forcément les frères, ou les fils, ou les pères de quelqu’un… Je voulais également avoir le portrait en creux de quelqu’un qui est déjà mort, et le portrait de deux personnes qui essayent de ne pas mourir. C’était l’idée de départ. »
Malgré une réalité souvent difficile, Alexe Poukine réussit à nous offrir un film à la fois délicat et sensible, profondément humain, plein de poésie, personnel et universel. « Certaines choses sont difficilement filmables, le milieu est très violent. Mais je ne voulais pas créer de rejet. Politiquement, mon film est donc un peu compliqué, parce qu’il reste assez doux. Au centre d’hébergement de Nanterre, je n’ai presque rien filmé. Je montre juste un écran de surveillance. Parce que tu ne peux pas filmer les cafards, le sang et 250 personnes hurlant. » Alexe Poukine, réalisatrice.
Alexe Poukine est à la fois réalisatrice, photographe, artiste peintre et vit entre Paris et Bruxelles. Son film a reçu le Prix Regard Social au 23ème Festival Traces de Vies en 2013.



cycle Afrique et cinéma
Timbuktu d’Abderrahmane Sissako (2014-97’)
vendredi 6 février - 20h30 - cinéma le Palace - Tulle - tarif unique : 5 €

Des djihadistes ont investi un village non loin de Tombouctou. Face à eux, les habitants tentent de se rebeller comme ce modeste éleveur de vaches dont la préférée se nomme GPS, son épouse, brillante et sage, et leur belle petite fille. Un sage tente de faire entendre la voie de la raison et du Coran. Mais les extrémistes excités refusent de l’entendre : ils organisent des mariages forcés, prétendent faire porter des gants aux femmes qui travaillent, traquent ceux qui se réunissent, la nuit, dans une chambre, pour y faire de la musique et interdisent le foot....
L’intégralité du programme du Cycle Afrique et Cinéma disponible sur le site du cinéma le Palace : www.veocinemas.fr/tulle-palace/

« Ce qui m’a poussé à faire le film, c’est une femme et un homme lapidés, dans une petite ville du Mali, parce qu’ils avaient eu des enfants sans se marier devant Dieu. J’ai lu un bref article dans un journal à ce sujet. On pouvait trouver la vidéo de leur exécution sur Internet, mais on en parlait à peine dans les médias. Il se trouve que, le même jour, l’essentiel de l’actualité se concentrait, dans le monde entier, sur la présentation d’un nouveau modèle de smartphone. Qu’on en soit arrivé là me révolte et me plonge dans un désespoir profond. Mais il ne suffit pas de s’en indigner.
L’indifférence toujours plus frappante face au malheur, à la pauvreté, donne à chacun la responsabilité d’agir. Il me fallait raconter cette histoire en essayant d’éviter au maximum les clichés. Montrer, aussi, ce qu’est l’islam, qui a été le socle de mon éducation, comme de celle de millions de jeunes, et qui nous apprenait à vivre notre foi, dans la tolérance, en harmonie totale avec l’autre. Je suis croyant, mais je ne veux pas l’afficher. Toute foi est intime. Et c’est cette intimité, réelle et puissante, qui lui donne son sens. Les extrémistes ont fait de l’islam un danger.
» Abderrahmane Sissako, réalisateur.

« Nombre de musulmans, révoltés, viennent me confier leur désarroi après les projections de Timbuktu. Ils aimeraient ne pas avoir à s’expliquer. Nous ne devrions pas avoir à dire que ces crimes horribles ne sont pas commis en notre nom. S’y trouver contraint est une grande douleur. » A. Sissako



droit de questions
De la surveillance à la répression : communistes, étrangers, Francs-maçons et Juifs en Corrèze de la fin des années 30 jusqu’à la Libération,
compte-rendu de la thèse soutenue par Nathalie Sicard-Roussarie sous la direction de Michel Dreyfus
jeudi 19 février - 20h30 - salle Latreille - Tulle

« On ne peut guère, dans les années qui suivent la Libération, échapper aux récits sur la guerre. Il est certain que les discours, contradictoires et quelquefois véhéments, entendus durant ma jeunesse sur ce sujet ne sont pas étrangers au goût qui me vint, très tôt, de m’intéresser à cette période de l’histoire. C’est donc tout naturellement sur les journées des 8 et 9 juin 1944 que je fixai le choix du sujet de ma première recherche : il me fallait essayer de comprendre ce qui s’était passé à Tulle et en analyser l’impact sur la mémoire. Ce premier travail a soulevé bien des questions et m’a donné l’envie de poursuivre et d’approfondir cette recherche en l’élargissant à tout le département et en prenant en compte ce qui s’était passé avant la guerre, durant les années 30. D’où le choix d’un plan qui suit la chronologie : à partir des réactions aux événements de 1934, pour expliquer les origines et la mise en place de la répression qui vise alors les étrangers et les communistes, puis son évolution jusqu’à l’installation du régime de Vichy. Une nouvelle administration, avec le soutien des élites locales, désigne alors les coupables : communistes, étrangers, Juifs et Francs-maçons, impitoyablement poursuivis jusqu’aux journées sanglantes du printemps et de l’été 1944 qui entraînent un traumatisme violent. Il pèse encore aujourd’hui sur la mémoire collective : enfermées dans leurs souvenirs contradictoires et dans leurs rancoeurs, des mémoires politiques rivales s’opposent. Il faut les comprendre mais aussi les analyser pour retrouver ce passé controversé dans toute sa complexité. Aucun historien ne peut échapper à son passé, il doit, ce me semble, apprendre à le reconnaître. Plutôt que devoir de mémoire je parlerai plus volontiers de devoir de connaissance.» Nathalie Sicard-Roussarie
Cette présentation sera suivie d’une conférence de Michel Dreyfus sur le rôle de l’historien
«Cette réflexion est particulièrement importante en raison du sujet et des passions qu’il suscite encore légitimement. Or la Seconde Guerre mondiale en Corrèze reste encore un sujet brûlant aujourd’hui, pourtant il faut avoir le courage de l’aborder. Il n’y a pas d’histoire objective pour la simple raison que l’histoire, celle des hommes et des femmes, celle des êtres humains, se développe d’abord sur le terrain de la subjectivité. Cela ne veut pas dire que l’histoire n’ait pas de règles : honnêteté, multiplication et croisement des sources, administration de la preuve, etc. Il existe bel et bien des règles déontologiques que l’historien doit suivre absolument. Il lui est d’autant plus nécessaire de le faire que le sujet auquel il s’attaque est douloureux et suscite encore bien des émotions. Ne pas juger : qu’aurions nous fait à Tulle en juin 1944 ? Mais essayer de comprendre pour aider à ce que ce passé infiniment douloureux le devienne si possible un peu moins.» Michel Dreyfus, historien, directeur de recherche au CNRS-Paris I.

 

 


 

Janvier 2015

cinéma documentaire
L’attente de Damien Fritsch (2006-83’)
samedi 10 janvier- 20h - salle des fêtes - St Martial Entraygues, avec le foyer rural

Attendre un « heureux » évènement, est-ce une évidence ? Devenir père, mère ou pas. Quand nos existences basculent, quand deux devient trois, quand la naissance nous met face à un questionnement qu’on avait tenté d’occulter. Maternité, paternité, voilà ce que les copains de Saint-Martin-la-Méanne et de Saint Martial Entraygues vous proposent d’explorer avec deux projections : L’attente de Damien Fritsch et Visage d’une absente de Frédéric Goldbronn (le 14 février à 20h au foyer rural de Saint-Martin-la-Méanne).
« Il y a six ans, ma compagne m’annonçait que j’allais devenir père. J’ai pris ma caméra et j’ai filmé durant les neuf mois qui ont suivi, pour conjurer la peur qui m’habitait. Ne sachant que filmer je suis allé voir des amis, déjà pères et j’ai constitué un journal personnel sur cette période. Le film raconte ce moment particulier dans la vie d’un homme et le chemin de la filiation paternelle. » Damien Fritsch, réalisateur.


 


questions sur l’énergie ou l’énergie en questions ?
Carte blanche à Michael Hoare
vendredi 16 et samedi 17 janvier- salle Latreille - Tulle
Programme, proposé par Peuple et Culture avec la complicité de : ATTAC, le Battement d’Ailes, le Collectif anti gaz de schiste Sud Corrèze, la Confédération Paysanne, le Civam, Corrèze Environnement, Europe Ecologie Les Verts Limousin et Corrèze, le réseau Sortir du Nucléaire.


vendredi 16 janvier- 20h30 - salle Latreille - Tulle
Big Men de Rachel Boynton (Danemark, Grande-Bretagne, Etats-Unis/ 2013 - 99’)Grand prix du festival 2014 du film d’environnement.
En 2007, la société américaine Kosmos Energy découvre le premier gisement de pétrole du Ghana. Le film est une étude des luttes de pouvoir autour du site, il offre à la fois un suspense à couper le souffle et une perspective pertinente sur les échecs de la mondialisation.
Rachel Boynton a mis presque dix ans à réaliser un documentaire consacré à la production de pétrole en Afrique de l’Ouest par les deux anciennes colonies britanniques, le Ghana et le Nigeria. « Bien qu’il décrive l’interaction entre des sociétés américaines, des gouvernements africains et des insurgés du pétrole, ce n’est pas un film qui arrive à une espèce de conclusion politique sur l’équité d’un contrat en particulier, assure la réalisatrice. C’est un film sur la nature humaine. »

 

samedi 17 janvier - 17 h - salle Latreille - Tulle
No gazaran de Doris Buttignol et Carole Menduni (France/ 2012 - 90’)
Après l’Amérique et la Pologne, le lobby gazier jette son dévolu sur la France. 26 février 2011, les élus et les habitants de Villeneuve de Berg en Ardèche défilent dans les rues pour dire non à l’exploitation du gaz de schiste. Tous refusent la fracture hydraulique qui détruit les paysages et suppose l’utilisation de produits chimiques dangereux, produits qui selon certains scientifiques pourraient avoir de graves conséquences en matière de santé. «No gazaran», voila le cri de ralliement du mouvement de contestation. Sous la pression des lobbys, les gouvernants peinent à tenir une position claire alors que les opposants se préparent à la désobéissance civile.
Carnet de route d’une mobilisation citoyenne imprévue, le film suit pendant deux ans l’organisation d’un mouvement de résistance historique qui va faire reculer les industriels et l’état.Catastrophe écologique pour les uns, eldorado financier pour les autres, l’affaire du gaz de schiste révèle un dysfonctionnement démocratique qui questionne la gestion du bien commun. « à partir de l’expérience américaine, nous avons voulu faire comprendre aux spectateurs la nature et la gravité des risques de cette exploitation » écrivent les réalisatrices.
Casse-croûte sorti du sac (liquide, salé, sucré à partager...)


samedi 17 janvier 20h30 - salle Latreille - Tulle
L’urgence de ralentir de Philippe Borel (France/ 2014 - 90’)
« On marche dans l’inconscience vers des catastrophes en vivant au jour le jour… Personne ne pense à ce problème de temps dont nous souffrons tous. » C’est par ces propos amers, froids, du sociologue Edgar Morin que débute le documentaire. « Ce que nous vivons, appuie l’économiste Geneviève Azam, c’est vraiment la colonisation du temps humain dans toutes ses dimensions – biologique, social, écologique – par le temps économique. C’est un temps vide, sans racine, sans histoire, seulement occupé par la circulation des capitaux. »
Sont directement pointés du doigt les milieux financiers et la logique d’actionnaires en attente d’une rentabilité immédiate. Le temps n’échappe plus à l’emprise de l’argent. L’immédiat et la vitesse sont devenus la norme. L’accélération, notre rythme quotidien. Mais à quel prix ? Et jusqu’à quand ? interroge le réalisateur Philippe Borrel.
Nous sommes entrés dans l’ère de l’immédiateté, celle des profits, celle de l’information, celle de la satisfaction individuelle. Que traduit cette accélération de nos modes de vie ? Avec quels risques dans une planète aux ressources limitées ? Comment résister à cette injonction du toujours plus vite ? Telles sont les questions posées dans L’urgence de ralentir. Philippe Borrel est allé à la rencontre de ceux qui expérimentent des alternatives concrètes à contretemps du modèle dominant néolibéral. Localement, concrètement, pour redonner du sens au temps et à leur vie, certains ont fait un pas de côté, peut-être un pas en avant : vers un monde nouveau qui se dessine ici et ailleurs sur la planète Terre.
Le mot de Michael Hoare
« La manière dont l’humanité va gérer l’exploitation et la distribution des ressources énergétiques dans les années qui viennent va avoir un impact certain sur la manière dont nos enfants et petits enfants vont pouvoir vivre, et sur le devenir de la biosphère dans son ensemble. Nous le savons. Chaque rapport sur le changement climatique ou sur la disparition des habitats naturels nous le confirme. Il y a urgence à insister sur le fait qu’il y a urgence. D’où le choix de ces trois programmes, construits autour de trois films qui interrogent chacun à leur manière, à la fois une situation concrète et la notion dans son ensemble. Ces films et les débats qu’ils suscitent nous permettront avec l’aide de passeurs et d’intervenants divers, d’approprier des aspects de cette question.
Comme le problème de l’alimentation, avec lequel elle forme un tout, la question de l’énergie doit être saisie par le grand public et dans un débat ouvert et démocratique. Nous ne pouvons pas laisser notre avenir entre les mains d’élites politiques et technocratiques qui manœuvrent surtout en regardant leurs propres intérêts à court terme, à l’écoute de puissants intérêts industriels et financiers qui se fichent de l’avenir de la vie. Pour ces gens-là, la communication fait office de politique et le long terme n’existe pas.
Refusons cet accaparement abusif de notre futur. Ces films nous donnent l’occasion de rompre une trop passive béatitude devant les écrans des infos, pour entrer en discussion, pour rechercher activement d’autres possibilités ouvertes. »


Michael Hoare est vidéaste documentariste et militant pour les droits des étrangers en France.Il participe comme traducteur à des festivals de films documentaires (notamment les Etats généraux du film documentaire de Lussas et le festival Traces de Vie de Clermont-Ferrand).Textes et commentaires de films disponibles sur www.avenirvivable.ouvaton.org.



projection-débat
Autour de l’eau potable à l’initiative de Corrèze Environnement

mercredi 21 - 18h - salle Latreille à Tulle
Projection du film Eau potable à tous les étages réalisé par Télé Millevaches (Franck Galbrun et Raphaël Cartier) suivie d’un débat animé par Corrèze Environnement, avec Jean-Luc Touly, écrivain, responsable du secteur eau de la fondation Danielle Mitterrand France Libertés.
Comment l’eau arrive-t-elle jusqu’à notre robinet ? Une seule certitude : c’est aux communes que revient la responsabilité de l’y amener. Avec l’abondance des sources du plateau, la plupart d’entre elles ont choisi de se débrouiller seules, en régie municipale. Mais d’autres se regroupent en syndicats et délèguent tout ou partie de ce service à de grands groupes privés. Télé Millevaches explore ce monde aujourd’hui sous tension : entre l’obligation de contrôler et rénover des réseaux vieillissant, l’incitation accrue à traiter l’eau et à protéger davantage les périmètres de captage, la réglementation qui se resserre et les moyens en baisse, des communes tentent de trouver des solutions.
20h30 - salle Latreille à Tulle, débat public sur l’eau potable à Tulle, organisé par la Ville de Tulle (passage en régie municipale et projet d’approvisionnement sur la Vézère).



La collection de l’artothèque du Limousin : un outil de connaissance du monde et de soi-même
par David Molteau

L’implantation des artothèques en France est née d’une ambition politique, par l’implication d’élus, de professionnels de la culture et d’acteurs locaux au début des années 80, avec la volonté de transmettre, de faire circuler des idées, du sens. Ces structures ne sont pas de simples dispositifs de diffusion mais également des moyens pour les artistes de développer des projets spécifiques selon un cercle vertueux diffusion-production.
Il faut rappeler que c’est un artiste berlinois, Arthur Segal, qui en 1906 lance le principe de la location des œuvres d’art afin de relancer le marché de l’art contemporain. Cet artiste adhère au mouvement DADA (1910 - 1920), mouvement basé sur la subversion des normes esthétiques en vigueur. Beaucoup de jeunes artistes d’aujourd’hui sont les héritiers de ce mouvement.
La relation du public à cette collection est souvent de nature très subjective, mais certains vont au-delà avec le désir de découvrir, partager et questionner.
Dans le cadre scolaire, qui concerne l’essentiel de l’activité du relais de Peuple et Culture, c’est une relation plus contrainte, avec une programmation élaborée entre le médiateur et l’enseignant selon le contenu des œuvres, qui implique un travail pour les élèves, un effort à fournir pour se former au décryptage des images. Les particuliers vont de fait emprunter des œuvres plus directement identifiables, plus anciennes dans la collection, des années 70 - 80. Les personnes plus habitués à l’art contemporain et les enseignants vont choisir des productions plus récentes.
Certaines œuvres sont comme frappées d’invisibilité pour le grand public ; généralement peu séduisantes, elles développent des esthétiques qui parfois collent à la banalité du quotidien au point de s’y confondre. Elles sont produites par des artistes dont les attitudes, les modes de production diffèrent considérablement de la période de l’art moderne. Ils s’insinuent généralement discrètement dans toutes les sphères de la société et de son fonctionnement pour le modifier légèrement, sans cet impératif de changer radicalement le monde comme dans d’autres période d’essence révolutionnaire ; leurs œuvres presque invisibles physiquement sont pourtant hyper présentes par leur contenu d’intelligence et de pensée, très bien perçu par les élèves lors des séances de médiation.
Ces artistes n’en demeurent pas moins concrètement engagés et actifs au sein de la société, créant des réseaux et des façons d’impliquer des personnes non artistes dans leur projet ( ex : Marc Pataut, RADO ) ; mais le public reste très majoritairement imperméable à ces productions car elle touchent à l’intégrité même du corps social, ses goûts et modes de consommation culturelle habituels, par des dispositifs de dérèglement en miroir d’une crise sociétale permanente, de détournement, d’hybridation, recyclage et mise à bas des repères identitaires.
L’art contemporain est donc ressenti comme un monde étrange et étranger, phénomène accentué par le bruit de fond médiatique à l’affût des petits scandales et des niveaux de spéculation financière jamais atteints auparavant, mais qui ne concerne en réalité que peu d’artistes, ceux qui sont sous les feux de la rampe. Et, comme s’agissant de tout corps étranger, il est plaisant d’ostraciser les artistes contemporains dans leur ensemble et les institutions publiques qui les soutiennent, système sans doute perfectible mais qui n’existe qu’en France, créé (par la gauche) pour soutenir la création en dehors des lois du marché et que les tenants du libéralisme européen rêvent d’éradiquer.
C’est très injuste car en réalité, c’est un grand nombre de femmes et d’hommes vivant assez modestement, le plus souvent avec un métier complémentaire ou dans la précarité qui sont engagés dans des pratiques exigeantes.
Ce monde « étranger », il faut y séjourner un certain temps, comprendre son langage spécifique, au risque d’être contaminé et de s’y perdre un peu, et peut être s’en trouver un peu changé… Ces réalités, je les explique souvent à la demande des élèves de collège et lycée car certains d’entre eux sont intéressés et travailleront peut être dans ce domaine qui s’est beaucoup développé et génère de nouveaux métiers.
Notre collection ( à nous, habitants du Limousin ) s’enrichit chaque année d’œuvres parfois difficiles à appréhender mais choisies par une commission sur des critères exigeants, c’est pourquoi elles sont d’un grand intérêt pédagogique en milieu scolaire.
Certaines ont un contenu explicitement politique, abordant des questions de société et de citoyenneté qui peuvent croiser des programmes d’enseignants en lettres, histoire - géographie ou autres.
En voici, pour ceux qui désirent découvrir ces artistes et emprunter leurs œuvres, une liste non exhaustive : Marc Pataut, Anne-Marie Filaire, Nicolas Milhé, Adel Abdessemed, Frédéric Clavère, Laurie-Anne Estaque, François Daireaux, Laurent Terras, Damien Deroubaix, Edouard Levé, Timothy Mason, Florence Louise Petetin, Raphael Boccanfuso, Jason Karaïndros, Mathieu Pernot, Paul Pouvreau, Loic Raguénes, Daniel Chust Peters, et sûrement d’autres. Beaucoup d’autres œuvres, sur des critères plus poétiques dans leur rapport au langage, également sur la question du paysage urbain et rural, du corps, de l’héritage du pop art et de l’abstraction sont à découvrir sans modération, la collection étant riche de près de 4000 œuvres, révélant une grande cohérence quant à son contenu.
David Molteau
NB : ce texte n’engage que son auteur. Puisse-t-il ouvrir à d’autres contributions...


 

 

 

 


programme 2014


Décembre 2014

cinéma documentaire
Carte blanche à Federico Rossin, projections et formation
du jeudi 4 au dimanche 7 - Tulle
Certains d’entre vous connaissent déjà Federico que nous avions invité il y a quelques mois pour une présentation de quelques uns des films qu’il avait programmés pour le Festival du Réel dans le cadre d’une rétrospective Chili. C’est un jeune italien, programmateur, critique, qui collabore avec plusieurs festivals, entre autres, le Réel, Lussas, Lisbonne… Il a une très grande culture cinématographique, historique et politique et c’est un vrai plaisir de participer à des projections et des discussions en sa présence. Car Federico Rossin fait partie de ces interlocuteurs (somme toute assez rares) dont les qualités pédagogiques et humaines font qu’on éprouve le plaisir de la pensée lorsqu’elle est à la fois accessible, vive et complexe.
Les films : 3 films choisis dans une programmation plus large (qui «tournera» dans différentes régions PEC) conçue par Federico sur la question du conflit vu sous différents angles: conflits de classe, de races, de peuples, de mondes, de sociétés, d’identités ...
Une journée de formation (qui prolongera celle que nous avions organisée avec Nicole Fernandez Ferrer du Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir) : Federico nous propose de réfléchir ensemble et à partir de sa propre expérience sur notre démarche quand nous choisissons des films pour les montrer à un public. La formation se déroulera le dimanche 7 décembre de 10h à 17h à Peuple et Culture entrecoupée par un déjeuner concocté par Maryline Mertens (inscriptions au 05 55 26 32 25 ou par mail peupleetculture.correze@wanadoo.fr;)

Federico Rossin / Images de conflit(s), une idée de programmation
“ La démocratie n’est portée par aucune nécessité historique et n’en porte aucune. Elle n’est confiée qu’à la constance de ses propres actes. La chose a de quoi susciter de la peur, donc de la haine, chez ceux qui sont habitués à exercer le magistère de la pensée. Mais chez ceux qui savent partager avec n’importe qui le pouvoir égal de l’intelligence, elle peut susciter à l’inverse du courage, donc de la joie.” Jacques Rancière
Cette programmation est plus qu’une liste de films autour du thème “Conflit(s)”: c’est une matrice qui intègre en elle-même l’aspect conflictuel. Mon propos de programmateur est de faire dialoguer chacun de ces films entre eux, les rapprocher, les faire se répondre, s’entrechoquer, et donc les faire eux-mêmes entrer en conflit(s). Le cœur de ce projet est la forme du montage, qui devient, avec le travail de chaque spectateur, un montage de formes: montage de différentes constellations des conflits – de classe, de races, de peuples, de mondes, de sociétés, d’identités. Là réside la potentialité critique.


Conflit(s) d’images, une idée de séminaire
Dans le cadre d’un séminaire sur la programmation du film documentaire, je vous propose que nous réfléchissions et travaillions ensemble ce que l’on appelle le conflit au cinéma et dans le domaine du cinéma du réel en particulier. L’objectif est de réfléchir sur le rôle du programmateur face au public, à l’oeuvre, au réalisateur, ou comment monter une programmation de ces films et quel accompagnement mettre en place. En quoi ce désir de composition, de programmation de films “en conflit” est-il fondé et en quoi est-il partageable avec les spectateurs? La programmation est un art de la résonance et du rythme : faire penser les films, trouver des pistes cachées, des liens historiques impensés. Un travail sur la forme des films, sur la texture des images et du son: un travail de tissage et de dramaturgie. Travaillant depuis de nombreuses années à accompagner et programmer les films dans plusieurs festivals en France et en Europe, je sais par expérience que ce travail est un enjeu à la première personne, qui touche à la subjectivité profonde du programmateur. Mais c’est un travail très politique aussi, une remise en perspective de nos valeurs, de nos connaissances, de nos idées. Programmer est un acte d’écriture, de pensée, de critique: chaque fois il s’agit de composer un véritable essai. Un travail de passeur et de collagiste. Daney + Dada.


jeudi 4 - 20h30 - salle Latreille - Tulle
Projection


vendredi 5 - 20h 30 - salle Latreille - Tulle
Projection

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samedi 6 - 17h - local de Peuple et Culture - Tulle
Projection du film Lame de fond de Perrine Michel (2013-57’)
« Ce film a pour point de départ une expérience personnelle. J’ai fait une BDA : bouffée délirante aiguë. Il s’agit d’un épisode psychotique aigu unique survenant brutalement chez un sujet sans antécédents psychiatriques ou neurologiques, chez les jeunes de moins de 30 ans en général. On distingue les états psychotiques brefs survenant sans causes apparentes et ceux survenant dans des contextes de stress psychosociaux ou environnementaux marqués. L’intensité des symptômes, ainsi que leur apparition plus ou moins brutale et l’absence d’antécédents médicaux fait classiquement évoquer dans la littérature médicale l’image « d’un coup de tonnerre dans un ciel serein ».
J’ai grandi jusqu’à l’âge de neuf ans dans une maison à la campagne avec mes parents et mon frère de deux ans mon aîné. Mes parents avaient été militants en 68. Dans les années 80, je baigne dans un esprit kibboutz et une ambiance libérée. Quelques années après la mort de mon père, nous vendons la maison familiale. C’est alors que des souvenirs d’enfance remontent, comme des réminiscences obsédantes. Il est d’abord question d’intimité abusée puis d’inceste. Etait-ce possible? J’étais en pleine paranoïa.
Après un complot familial, je suis devenue le centre d’un complot politique. J’ai commencé à avoir peur des micros dissimulés et des caméras cachées partout. Les sarkozystes voulaient ma peau. Le délire a alors atteint son paroxysme. J’ai été internée dans un service de psychiatrie, en HDT — hospitalisation à la demande d’un tiers. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Je n’ai trouvé à l’hôpital aucune écoute, aucun soutien. J’ai continué à fantasmer et interpréter tout ce qui m’entourait : certains soignants étaient des agents du gouvernement qui allaient me dénoncer et les médicaments n’étaient là que pour m’empoisonner. J’étais isolée, insoumise et perdue.
Au bout de deux mois et suite à mes demandes répétées, le psychiatre de l’hôpital m’a laissée sortir pour commencer l’Atelier documentaire de la Fémis (une résidence d’écriture de huit mois), avec un projet de film sur ma bouffée délirante. J’étais obnubilée par l’idée de faire un film. Il m’a dit avoir accepté car rien d’autre ne m’attendait « dehors » : pas de travail salarié, ni de structure affective ou familiale dans laquelle j’avais confiance. Lors de l’épreuve orale de sélection à la Fémis, j’étais convaincue que l’ensemble du jury faisait partie du contre-pouvoir et me missionnait pour sauver le monde en faisant un film. Je ne me souviens pas de la manière dont j’ai défendu mon projet, mais j’ai du être persuasive car j’ai été retenue. Je ne sais pas exactement ce que mes examinateurs ont compris de mon état.
C’est grâce au travail de mise à distance de cette expérience que j’ai retrouvé un état rationnel. Et en poursuivant un travail en psychanalyse. Dans le cadre de cette résidence d’écriture, j’ai travaillé sur la manière dont je voulais raconter cette histoire. Avec quels matériaux représenter, en images et en sons, mon expérience? Comment faire ressentir ce que j’avais vécu, sortir d’une description littérale? Comment ne pas accabler le spectateur, mais introduire de la distance, y compris celle de l’humour? Ce délire aberrant, cette bouffée irrationnelle devient ainsi possible et projette une lumière crue sur des questions qui nous concernent tous: Comment nos souvenirs d’enfance se construisent-ils? Comment distinguer un vrai souvenir d’un faux? Comment une personne ordinaire peut-elle basculer dans la paranoïa? Comment faire face à la violence du monde qui nous entoure? Comment un propos dément peut devenir loufoque pour les autres? Ça veut dire quoi « remettre les pieds sur terre » ? Je prends donc l’initiative – libératrice, jubilatoire – de transformer une aventure funeste en une forme narrative et plastique.» Perrine Michel, réalisatrice

Docteur Jean Broustra, psychiatre, psychanalyste, écrivain, président de l’association
Asphodèle, Ateliers du pré (Paris)
« Le film de Perrine Michel est une expérience de vie très dramatique transformée en une scène d’expression et de création. Dans la grande tradition ouverte par Aurélia de Gérard de Nerval, un vécu cauchemardesque qui aurait pu être oublié, devient tout au contraire re-création. Malgré un écart nécessairement posé, l’émotion reste vive dans le souvenir reconstitué de cette dramatique expérience. On entend et on voit comment l’atmosphère du monde, sa sensorialité, est répercutée et transformée par le délire. Cette reprise poétique de ce trouble de la conscience s’accompagne aussi d’un témoignage socio historique sur les pratiques de soins. Le film nous introduit aux espaces d’hospitalisation, aux discours des soignants, au bruit et à la fureur des institutions où la folie est soignée.»


 


le jour le plus court
vendredi 19 - 18h30 - cinéma le Palace - Tulle - séance gratuite
Initié par le CNC en 2011, Le Jour le plus Court – Fête du court métrage est désormais organisé par l’Agence du court métrage. C’est aujourd’hui une manifestation nationale et internationale qui a pour objectifs de mettre à l’honneur la création, d’inciter la diffusion, de créer du lien avec les spectateurs et de fédérer toutes les initiatives de programmation. Depuis trois ans, le Jour le plus Court s’est installé dans les cinémas mais aussi dans de nombreux autres lieux (médiathèques, bars, places publiques, établissements scolaires, gares, hôpitaux etc.)
Pour cette 4ème édition, Peuple et Culture et le cinéma le Palace ont sélectionné 7 films.
Graves, poétiques, sensibles ou franchement drôles, ces courts métrages nous questionnent sur le monde, les gens d’ici et d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui. Venez nombreux, c’est jour de fête et c’est gratuit !

Aïssa de Clément Trehin Lalanne (Fiction - 2014 - 8 min)
Aïssa est congolaise. Elle est en situation irrégulière sur le territoire français. Elle dit avoir moins de dix-huit ans, mais les autorités la croient majeure. Afin de déterminer si elle est expulsable, un médecin va examiner son anatomie.

Octobre noir de Florence Corre et Aurel (Animation - 2011 - 12 min)
Paris, le 17 octobre 1961. Cinq jeunes algériens et trois jeunes français se rassemblent afin de prendre part à la manifestation pacifique organisée par le Front de Libération nationale algérien. Le FLN impose ce boycott de masse pour contrer le couvre-feu instauré le 5 octobre par le préfet de police Maurice Papon. La police parisienne a carte blanche.

Disney Ramallah de Tamara Erde (Fiction - 2014 - 16 min)
Rabia est directeur technique du Hamas à Ramallah, il vit avec la peur. Il doit aussi élever son fils qui ne rêve que d’une chose : aller à Eurodisney pour son anniversaire.

El canto d’Ines Sedan (Animation - 2013 - 8 min)
Une femme est forcée par son mari à se taire à jamais. Mais, lorsqu’elle écoute le chant de la nature elle retrouve son propre chant et l’espoir d’une vie différente.

Blue line d’Alain Sauma (Fiction - 2011 - 20 min)
Une vache libanaise, qui se désaltère dans une marre traversée par la “Ligne bleue”, s’avance un peu trop et s’enlise du côté israélien, où personne ne peut aller la chercher sans autorisation. Du haut de son poste d’observation, un jeune soldat du contingent indien de l’ONU, va tout tenter pour sauver cette vache, sacrée à ses yeux.

On s’y met de Benjamin Busnel (Fiction - 2013 - 16 min)
Le 6 mai 2012. Pendant que la France élit son
Président, Sabine et Thomas se prennent la tête.
Résultats à 20h.

Ya basta ! de Gustave Kervern et Sébastien Rost (Fiction - 2010 - 11 min)
Un centre d’éducation spécialisé va fermer ses portes. Des handicapés mentaux aidés par leurs éducateurs, vont alors prendre leur destin en main !

 

 


 

 

et aussi...
Terres rouges, les luttes populaires avec Roger Eymard
samedi 29 novembre - 15h30 - salle du CE - gare SNCF - Ussel,
avec l’association de défense de l’esprit du CNR et de Peuple et Culture

 


 

Novembre 2014


 

cinéma documentaire programmation novembre 2013
Le silence et la douleur de Patrick Séraudie (2014-110’)lundi 3 - 21h - cinéma le Palace - Tulle, avant-première nationale
en présence du réalisateur
à Tulle le 9 juin 1944, 99 hommes sont pendus aux balcons de la ville et 149 sont déportés. Ce crime est perpétré par des éléments de la 2ème division blindée SS Das Reich. Pour tenter d’en comprendre les raisons, il faut aujourd’hui revenir sur le déroulement des exactions en convoquant les témoins, en recherchant les traces et en décryptant les lieux du drame. Une « chape de plomb » s’est abattue sur la ville : le silence et la douleur comme un poison inoculé, un effet durable par-delà les blessures.
Le film a déjà été projeté à Tulle en avant-première le 9 juin dernier à l’occasion du 70ème
anniversaire du drame. La sortie nationale en salles est prévue le 3 juin 2015 et le DVD sera disponible à la fin de l’année 2015. La souscription est toujours ouverte et disponible sur le site de Peuple et Culture.
Autour du 9 juin 1944. à l’occasion du 70ème anniversaire du 9 juin 1944, Peuple et Culture a demandé à Ramon de réaliser une nouvelle affiche. L’artiste a choisi de retravailler celle qu’il avait déjà réalisée en 1994, lors du 50ème anniversaire en y ajoutant un verso. Cette affiche a été exposée et remise gratuitement aux familles de victimes lors de la projection du film Le silence et la douleur le 9 juin dernier. Elle est disponible sur demande à Peuple et Culture (5€).



Les fils de la terre d’édouard Bergeon (2012-90’)
jeudi 6 - 20h30 - salle Latreille - Tulle, avec Solidarité Paysans Limousin
Le film d’édouard Bergeon nous propose de faire la connaissance d’un jeune producteur de lait, Sébastien Itard, possédant un cheptel de 80 vaches laitières dans le département du Lot, et qui, si tout se déroule comme le prévoient les carnets de comptes au début du film, va devoir partir… Pour aller où ? Et pour faire quoi ?
« Jusqu’au bout mon père s’est battu seul et dans l’indifférence générale pour tenter de conserver son exploitation. Accablé de dettes, menacé de dépôt de bilan, épuisé physiquement et moralement, il a fini par craquer, et s’est donné la mort.
15 ans plus tard, je rencontre Sébastien, 38 ans. Il est éleveur dans le Lot. Dans les campagnes françaises, les années ont passé mais l’agriculture demeure en crise. Suite à la chute des prix du lait et de la viande, Sébastien est endetté à hauteur de 500 000€, et ne peut plus payer ni les banques, ni les fournisseurs. Il travaille à perte, 15h par jour, sans jamais prendre de vacances. Son épouse Céline, enceinte de son 4ème enfant, a du mal à vivre la situation.
Sébastien doit en plus affronter le regard accusateur de son père qui lui a cédé l’exploitation il y a une dizaine d’années. Jean-Claude, 62 ans et officiellement à la retraite, continue d’aider Sébastien sur la ferme. La cohabitation est rude. Pour Jean-Claude, si l’on en est arrivé là, c’est avant tout la faute de son fils qui ne travaille pas assez. » Edouard Bergeon, réalisateur.
Solidarité Paysans est une association qui accompagne et défend les agriculteurs en difficulté et leur famille en luttant contre les exclusions et pour conforter leur autonomie et leur permettre de faire valoir leurs droits. Contact : 07.51.60.06.90/splimousin@gmail.com



Mare Magnum d’Ester Sparatore et Letizia Gullo (2014-74’)vendredi 7 - 20h30 - salle des fêtes - St Jal, avec l’Amicale laïque
La campagne électorale houleuse de la candidate municipale écologiste Giusi Nicolini à Lampedusa offre un point de vue inédit sur cette île. Devenue malgré elle le cimetière de l’immigration africaine en Europe, cette île devient tout à coup sous nos yeux un lieu habité. Avait-on pensé aux résidents, dépassés en nombre à l’hiver 2011 après les exils dus au Printemps arabe, et laissés de côté par le gouvernement berlusconien ?
Les réalisatrices posent leur regard au milieu de cet abandon-là. Plutôt que de partir de la représentation médiatique (les migrants en transit, les structures d’accueil impropres à l’afflux), elles emboîtent le pas à une candidate à la mairie, Giusi Nicolini, dont l’écologisme et le métier d’origine (elle dirigeait la réserve naturelle de Lampedusa) la placent à l’écart du maelström politicard dont le film se fait aussi l’écho en quelques scènes drolatiques.


Adieu la vie, adieu l’amour. Fusillés pour l’exemple,
de Michel Brunet et Dominique Hennequin (2012-52’)
samedi 8 - 20h30 - salle des fêtes - Sérilhac
En 1914, l’armée a tous les pouvoirs. Des conseils de guerre spéciaux jugent sans possibilité d’appel ou de recours en grâce. Parce qu’on considère qu’ils ont – effectivement ou non – refusé d’obtempérer, 2500 soldats français sont condamnés à mort et au moins 620 « fusillés pour l’exemple » entre 1914 et 1918. Les poilus, condamnés pour « abandon de poste en présence de l’ennemi » sont exécutés immédiatement. Tout au long de la guerre et malgré l’abandon de cette justice d’exception en 1916, l’armée française continuera à fusiller. Qui étaient ces fusillés ? Qu’ont-ils fait pour mériter la honte et le déshonneur ?
Dans l’Aisne, la Somme, l’Oise, l’Aude, la Meuse et la Meurthe-et-Moselle, nous suivons le combat de passionnés anonymes qui se battent pour la mémoire de ces poilus, morts oubliés de tous. Le film donne la parole aux plus grands spécialistes de la question, des historiens qui nous replongent dans le contexte de ce conflit hors-norme.



Ne vivons plus comme des esclaves de Yannis Youlountas (2013-89’)
mercredi 19 - 20h30 - salle Latreille - Tulle, avec Attac 19
Venu des catacombes grecques de l’Europe, un murmure traverse le continent dévasté :
« Ne vivons plus comme des esclaves ». Sur les murs des villes et sur les rochers des campagnes, sur les panneaux publicitaires vides ou détournés, dans les journaux alternatifs et sur les radios rebelles, dans les lieux d’occupation et d’autogestion qui se multiplient, tel est le slogan que la résistance grecque diffuse, jour après jour, et nous invite à reprendre en chœur sur les mélodies de ce film. Un grand bol d’air frais, d’enthousiasme et d’utopies en marche, venu de la mer Égée.
Un film sans but lucratif. « Ne vivons plus comme des esclaves s’adresse à celles et ceux qui souffrent - en Grèce, en France et ailleurs, qui peinent non pas seulement à vivre mais, de plus en plus, à survivre… Nous ne voulons pas que l’accès à ce film leur coûte l’équivalent d’un repas, même le plus frugal.
Il s’adresse à celles et ceux qui résistent, vivent à la marge, inventent d’autres modes d’existence moins absurdes, aliénés ou compromettants ; ceux dont la lutte courageuse est souvent au prix de sacrifices socio-professionnels et, par conséquent, budgétaires, par souci de cohérence ou, tout simplement, bannis par les dirigeants du monde du travail… Nous ne voulons pas que l’accès à ce film leur coûte le moyen de réaliser une action de résistance, même la plus modeste.
Il s’adresse à celles et ceux qui s’interrogent, doutent de plus en plus du système actuel et de son évolution, s’attristent de voir toujours plus de souffrance et de dévastation autour d’eux et ne peuvent se satisfaire de chercher un bonheur précaire et discutable dans un océan de malheur qui s’étend et nous submerge les uns après les autres. Nous voulons que l’accès gratuit à ce film participe à les faire réfléchir et contribue à étendre le débat sur la nécessité de rompre avec la marchandisation du monde et de l’humain ; marchandisation qui frappe jusqu’aux outils et matériaux essentiels à l’amplification de la lutte et à la création d’alternatives.
à l’inverse, pour ces derniers, notre souscription de soutien est l’occasion de contribuer authentiquement - et non sous la forme d’une charité quelconque - à nourrir la pensée et l’action de ceux qui précèdent : donner à celles et ceux qui souffrent la force de se lever ou - au moins - de se sentir vraiment soutenus, et à celles et ceux qui résistent un témoignage d’affection, d’estime et d’encouragement à persévérer dans l’adversité ». Yannis Youlountas, réalisateur.
http://nevivonspluscommedesesclaves.net



Les glaneurs et la glaneuse d’Agnès Varda (1999-82’)vendredi 28 - 20h30 - salle des fêtes- St Martin-la-Méanne
Un peu partout en France, Agnès a rencontré des glaneurs et glaneuses, récupéreurs, ramasseurs et trouvailleurs. Par nécessité, hasard ou choix, ils sont en contact avec les restes des autres. Leur univers est surprenant. On est loin des glaneuses d’autrefois qui ramassaient les épis de blé après la moisson. Patates, pommes et autres nourritures jetées, objets sans maître et pendule sans aiguilles, c’est la glanure de notre temps. Mais Agnès est aussi la glaneuse du titre.



lecture
Lucien Jacques, Carnets de moleskine, extraits lus
par Pierre-étienne Heymann et Dominique Vincent
Lucien Jacques (1891-1961), fils de cordonnier fut peintre, écrivain, créateur de revues. Il fut le premier à faire publier Jean Giono, début d’une grande amitié.
Les Carnets de moleskine (que Gallimard vient de rééditer) sont le journal qu’il tint au début de la Première Guerre Mondiale, de juillet 1914 à août 1915, brancardier en Champagne, non loin de son village natal de Varennes. C’est un témoignage bouleversant de l’enfer quotidien de la guerre : enfer des obus, plus tard des tranchées ; des gradés. Dans ce cauchemar où « chaque jour me dépouille d’une illusion, comme l’oignon d’une peau », Lucien Jacques s’interroge.
Moments d’évasion, et d’espoir, que constituent les lectures de Shakespeare et de Whitman, la contemplation de la nature : « La chaleur du printemps, le contact avec les pierres, le ciel et ses inventions de nuages », c’est tout ce qui subsiste.
Dominique Vincent, comédienne de théâtre, de télévision et de cinéma (elle a été notamment l’interprète de Rossellini) a choisi les extraits, qu’elle lit avec Pierre-Etienne Heymann, comédien.


 


mémoire à vif
1914-2014 : refusons de penser en chœur !
vendredi 14 et samedi 15 - cinéma le Lido et théâtre de l’Union - Limoges
Comment résister à l’emballement
commémoratif, centenaire oblige ?
Mémoire à Vif fera la part belle à ces hommes contre, ceux qui ont dit NON à la guerre, mais ceux aussi qui ont voulu construire un autre avenir. Car la Grande Guerre ne doit pas faire oublier ces révolutions qui ont ébranlé le monde au même moment : celle, bien sûr, d’octobre 1917 en Russie, celle, moins connue, menée en Irlande par les Républicains indépendantistes contre la domination anglaise, celle au Mexique où vont s’illustrer Pancho Villa, Zapata, Flores Magon. Et celle, éphémère, des Spartakistes dans l’Allemagne vaincue.
à partir de films et de rencontres avec des historiens, Mémoire à Vif se propose de poser quelques questions : qu’est-ce qu’obéir ou désobéir dans une société démocratique ? Jusqu’où doit aller l’obéissance ? Ces événements n’ont-ils pas été, pour reprendre une expression de Chris Marker, le moment où le XXème siècle a pris forme ? Quelles leçons pouvons-nous en tirer aujourd’hui ?
vendredi 14 - 20h30 - cinéma le Lido - Limoges
War Game de Dave Unwin et Mickaël Foreman (animation, 2011- 28’)
Angleterre 1914 : Will, Lacey et Freddie, trois jeunes gens de Suffolk passionnés de foot sont mobilisés. A l’enthousiasme du départ succède vite la désillusion. Le jour de Noël, dans le no man’s land qui sépare les lignes, ils organisent un match de foot avec les Allemands.
14-18 : Refuser la guerre de Georgette Cuvelier (2013-52’), dans le cadre de la Décade 2014 Maudite soit la guerre, organisée par Peuple et Culture et Autour du 1er mai
Le film, réalisé à partir d’extraits de récits, d’articles de journaux, de carnets de guerre, et illustré, exclusivement par des archives, souvent rares, présente celles et ceux qui ont dit non à la guerre, à travers toute l’Europe.
samedi 15 - 14h30 - bar du théâtre de l’Union - Limoges, entrée libre
Projections, Comme une blessure, vidéo-documentaire réalisée par des élèves du Lycée Marcel Pagnol de Limoges (1999/2000 - 22’), 20 000 Moujiks sans importance de Patrick Le Gall (1999-60’), avec l’association La Courtine 1917
Exposition, réalisée par « éclats de Rives » sur Jean-Henri Prébost, maçon creusois fusillé pour l’exemple à Flirey en 1915
Débat avec Dominique Danthieux, historien et René Burget de l’Union Pacifiste
Jamais les engagements militaires de la France à l’extérieur n’ont été aussi nombreux et il nous paraît essentiel, à l’occasion de ce centenaire d’ «actualiser la mémoire», de réfléchir aux leçons que nous pouvons en tirer aujourd’hui et de nous poser la question : jusqu’où doit aller l’obéissance à un ordre donné ?
20h30 - théâtre de l’Union - Limoges
Le Lavoir, pièce de Dominique Durvin et Hélène Prévost
2 août 1914 : onze lavandières de Picardie libèrent leurs paroles et leurs émotions, expriment leurs douleurs et leurs espoirs. Ce texte donne vie et voix aux femmes auxquelles la société n’a offert aucune tribune et la mise en scène de Brigitte Damiens orchestre autour du bassin un spectacle choral d’une formidable acuité, où les histoires simples, dans ce terrifiant contexte de la catastrophe imminente, résonnent étrangement. Réservation : 05.55.79.90.00


 


et aussi…
Films du patrimoine limousin

vendredi 21 - 20h30 - cinéma le Palace - Tulle, proposé par Autour du 1er Mai, 5€ (tarif unique)
R5 autour d’un maquis de Georges Lannes (1944-18’), présenté par Béatrice de Pastre, des Archives françaises du film du Centre National du Cinéma et de l’image animée (CNC)
En 1944, dans le Limousin, deux amis se retrouvent dans la foule qui acclame les soldats alliés. Le plus jeune, Paul, relate ses activités au sein du maquis limousin, surnommé R5. Il évoque également le courage de ses camarades partis libérer les autres régions françaises.
Haceldama ou le prix du sang de Julien Duvivier (1919-75’) présenté par Émile
Cauquy de la Cinémathèque
française
Landry Smith, un homme secret, vit avec sa pupille Minnie en Corrèze. Kate Lockwood, la servante, fait venir Bill Stanley, un gaucho mexicain particulièrement sadique, pour liquider le maître des lieux et mettre la main sur son magot. Ce film, muet, vous sera proposé sous la forme d’un ciné-concert avec le Unit jazz trio (Christian Gabach : guitare, Guy Barboutie, guitare et Thierry Chèze : saxophone).

 

 

 

 

 



 

cinéma documentaire octobre


La relève de Juliette Warlop (2012 - 52’)
vendredi 3 octobre- 20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix, avec l’association culturelle et sportive

Cela fait plus de trente ans que Didier Ménard est médecin généraliste à la cité du Franc-Moisin (Seine-Saint-Denis). Mais qui va le remplacer quand il va prendre sa retraite ? Comment donner envie à de jeunes médecins de venir s’installer dans ce quartier déshérité ? Epaulé par une association implantée de longue date, il crée un centre de santé associatif inédit, La Place Santé, réunissant médecins et médiatrices de santé.
 Maxime et Mathilde ont à peine 30 ans. Avec trois autres jeunes collègues, ils font leurs premiers pas dans ce centre de santé en tant que médecins généralistes. Pour eux, une chose est sûre : ils ne veulent plus pratiquer la médecine comme leurs aînés !
« Nous passons le témoin aux jeunes
médecins de la Place Santé. Ce passage, s’il est évident pour nous qui avons porté le projet de construction du Centre de Santé Communautaire, ne l’est pas pour les habitants. Je me suis engagé pour leur dire que c’est ensemble que nous allons continuer à construire ces savoir-faire et ces savoir-être. L’approche sociale, l’approche cultuelle, la dimension psychologique, font partie de la question médicale, cela ne s’apprend pas à la faculté et à l’hôpital, où la médecine est faite différemment pour répondre à d’autres problèmes. Nous pratiquons la médecine générale dans une dimension de Santé Communautaire, cela signifie que le soin est particulier. Il doit être émancipateur, protecteur, coordonné avec les autres professionnels du quartier. Cela s’apprend à chaque consultation, et cela fait maintenant deux années que les jeunes font cet apprentissage. Et ils ne sont pas seuls, toute l’équipe est là pour les aider, le travail des médiatrices est un bien précieux pour eux, les ateliers collectifs sont des moments de ressourcement, la musicothérapeute, la psychologue, la diététicienne, la podologue, l’équipe de direction, les secrétaires et le conseil d’administration de l’ACSBE sont là pour tisser collectivement notre projet de Santé. »
Didier Ménard, lors de son discours de départ à la retraite, 25 janvier 2014.



Les petits gars de la campagne d’Arnaud Brugier (2014-80’)samedi 18 octobre- 20h - salle des fêtes - St Martial Entraygues avec le Foyer Rural, dans le cadre du festival Alimenterre

« Créer un événement régulier au cœur du village: la projection de films documentaires grâce à Peuple et Culture sera, nous l’espérons, l’occasion de nous rassembler pour découvrir, apprendre, partager, tisser des liens et échanger.
En alternance avec la commune voisine de Saint Martin la Méanne, nous pourrons ainsi donner un rendez-vous mensuel à tous ceux qui souhaiteront partager ces moments.
Bienvenue à tous !» Le foyer rural de St Martin Entraygues

En cinquante ans, l’agriculture française a changé du tout au tout. Une transformation radicale inédite dans l’histoire qui entraîna de profondes mutations économiques, sociales et environnementales. Derrière cette révolution restée silencieuse, il y a la PAC, la Politique Agricole Commune dont tout le monde a entendu parler sans la connaître vraiment. Elle a pourtant bouleversé la vie de millions d’individus en modelant leur alimentation, leurs paysages, leur quotidien. Le documentaire plonge au cœur de cette volonté politique initiée à l’échelle européenne il y a 60 ans, avec l’ambition de contribuer à remettre l’agriculture au centre d’un débat public dont elle a été écartée pendant trop longtemps.
Faire un film dynamique, pédagogique et humain sur la Politique Agricole Commune (ou PAC pour les intimes), le défi était immense et Arnaud Brugier l’a relevé avec brio. Le film donne avant tout la parole à ceux qui vivent la PAC au
quotidien, et complète les propos par des interventions de spécialistes et des images d’archives.
Rire, émotion, concentration pour comprendre
certaines explications pointues, ce film ne laisse pas indifférent et devrait donner lieu à de beaux débats sur l’avenir de notre agriculture européenne.
Le réalisateur. Arnaud Brugier est né en 1976 près de Montmorillon, dans un petit village de 800 habitants dont il observe les transformations durant son enfance et adolescence. Il est aujourd’hui auteur et réalisateur de deux documentaires longs traitant de transformations territoriales (Ça sent le roussi et Les petits gars de la campagne) et a participé à l’écriture de divers courts-métrages
( Les apéros des petits gars en 4 parties et uniquement constitué d’images d’archives).



La zone du dehors : rencontre avec Alain Della Negra et Kaori Kinoshita, documentaristes
vendredi 24 octobre - 20h30 - salle Latreille - Tulle, sur une proposition du ciné-club de Tarnac

Alain Della Negra et Kaori Kinoshita travaillent ensemble depuis 2005. Cette rencontre sera l’occasion de traverser leur œuvre à l’aide de court-métrages, d’extraits et d’échanger autour de leur nouveau projet « Les mutants ».

« Leurs premiers travaux documentaires concernaient les liens qu’entretiennent les individus avec leurs doubles virtuels ou avatars (The cat, the reverend and the slave, sorti au cinéma en 2009, projeté par PEC à Uzerche). Mais loin de se cantonner à un sujet spectaculaire, ce couple franco-japonais est en réalité obsédé par les formes de vie, par les communautés singulières, par ceux qui se cherchent d’une identité autre dans un monde auto-normé. Que ces communautés soient d’ordre virtuel, autonomistes, financières, scientifiques, religieuses ou sectaires, il s’agit toujours de se rapprocher au plus près de l’existence de ces êtres à la recherche d’un «ailleurs». Cet œil quasi anthropologique ne serait pas aussi fort s’il ne croisait également une mise en scène libre et imaginative, se défiant de toute école formaliste, avançant aussi bien dans des formes classiques de narration documentaire que totalement expérimentales et inédites, croisant de temps en temps la fiction, voir la science-fiction. Au fond, leur style ressemble à celui des êtres qu’ils filment ; ils cherchent l’autre, l’ailleurs, la zone du dehors...
Tout deux issus de l’école du Fresnoy, ils participent régulièrement à des expositions de groupe en France et à l’étranger (Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, Centre Pompidou, Jeu de Paume, Palais de Tokyo, Fondation Ricard, Institut d’Art Contemporain à Lyon, Casino du Luxembourg, Haifa Museum of Art). Alain Della Negra est enseignant à la Haute école du Rhin, à Strasbourg.»
Florent Tillon, Planète Obscure, émission de cinéma sur Radio Vassivière.
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spectacle
Maudite soit la guerre de et avec Marie-Mélanie Pavie et Francis Facon
vendredi 31 octobre - 20h30 - salle polyvalente - Espagnac ( 5€ boisson comprise, gratuit pour les enfants et les étudiants spectacle accueilli par la municipalité
Peuple et Culture et Autour du 1er mai proposent ce spectacle dans la continuité de la Décade Cinéma et Société 2014, Maudite soit la guerre.

Marie-Mélanie Pavie, chanteuse et Francis Facon, comédien ont conçu ce spectacle, qui est également accompagné d’une mini exposition. Avec (entre autres) des textes, poèmes, extraits de romans, chansons, mélodies de Bruant, Bertold Brecht, Kurt Weill, Brassens, Boris Vian, Barbara, Apollinaire, Romain Rolland, Ravel, des articles de journaux, des lettres de poilus, etc…



ateliers
Chant traditionnel avec Sylvie Heintz
les jeudis - 19h à 20h30 - locaux de Peuple et Culture - rue Louis Mie - Tulle
L’atelier a repris le 25 septembre dernier au local de PEC. Animé par Sylvie Heintz, cet atelier propose de découvrir le large répertoire de la chanson traditionnelle du Limousin et d’ailleurs, de se saisir de la richesse et de la complexité de cette matière pour chanter seul ou à plusieurs, à l’unisson ou en polyphonies. Inscriptions : 05.55.26.32.25

Retour ô 35 chœurs
avec Marion Lherbeil
un vendredi sur deux - 18h30 - au collège Jean Lurçat à Brive ou dans les locaux de Peuple et Culture à Tulle
En ces temps d’industrie financière triomphante sur les peuples du monde entier et le nôtre en particulier, cet atelier propose sous la houlette de Marion Lherbeil de se faire plaisir en partageant des chants passés et présents de lutte et de résistance. Le groupe est ouvert à tous, musiciens ou non. Inscriptions : 05.55.26.32.25

Ateliers arts plastiques avec David Molteau
les lundis (sauf vacances scolaires) - de 18 à 20h - locaux de Peuple et Culture
Cet atelier a débuté le 22 septembre dernier dans les locaux de Peuple et Culture. Destiné aux adultes et adolescents, il propose de s’affranchir des pratiques traditionnelles pour s’aventurer dans la fabrique des images au moyen de procédés multiples découlant pour l’essentiel de la pratique du dessin sur calque. Le papier calque, l’image numérique, le scanner et la photocopieuse, le projecteur seront les principaux moyens d’élaboration des projets par le dessin. Inscriptions : 06.04.15.11.45

Ateliers arts plastiques avec Pascale Guérin
les mercredis (sauf vacances scolaires) - de 14 à 16h - locaux de Peuple et Culture
Cet atelier mixte pour enfants et adultes a débuté le 24 septembre dernier dans les locaux de Peuple et Culture. Le principe est de partir d’un thème donné, cette base étant une grille de départ. Chacun pourra ensuite proposer, faire part de ses idées aux autres, et cela déterminera un socle commun pour différentes réalisations plastiques.
Inscriptions : 06.04.15.11.45


 


et aussi...
Timbuktu, le chagrin des oiseaux d’Abderrahmane Sissako
jeudi 9 octobre - 20h30 - cinéma le Lido - Limoges, avec Mémoire à Vif
en avant-première nationale, le film sera présenté par Abel Jafri, comédien
Timbuktu reflète l’actualité brûlante du nord de l’Afrique, et du Mali en particulier, puisque le film se passe dans le contexte de l’avancée djihadiste jusqu’aux portes de Tombouctou...
Les djihadistes font régner la terreur et la charia à coups d’interdits tous plus absurdes les uns que les autres, alors qu’une tragédie couve à feu doux comme un western, opposant un berger à un pêcheur...
« Le vrai courage, c’est ceux qui ont vécu un combat silencieux. Tombouctou n’a pas été libéré par Serval. La vraie libération, c’est ceux qui chantaient au quotidien dans leur tête une musique qu’on leur avait interdite, ceux qui jouaient au foot sans ballon ». Abderrahmane Sissako


Herbe de Matthieu Levain et Olivier Porte (2008-76’)
jeudi 9 octobre - 20h - Centre Culturel et Sportif - rue Alsace Lorraine - Tulle
Face à un modèle de production industriel, des éleveurs proposent une agriculture autonome, durable et performante pour une alimentation saine.
Projection organisée par le FRCIVAM en Limousin, RAD Limousin, Corrèze Environnement, et la Ville de Tulle, dans le cadre du Marché des Initiatives locales et des agricultures durables (dimanche 12 - de 9 à 15h - marché de la gare - Tulle)


Rencontres citoyennes avec Jean-Luc Lamouché
samedi 11 octobre - 10h - médiathèque éric Rohmer - Tulle
Jean-Luc Lamouché, agrégé d’histoire, propose une série mensuelle de rencontres citoyennes conviviales, autour d’un café. Ce mois-ci : Les droites en France aujourd’hui.


17 octobre 1961
vendredi 17 octobre - médiathèque éric Rohmer - Tulle, à l’initiative de la ville de Tulle et du collectif constitué autour des événements du 17 octobre 1961
18h - Temps de recueillement au niveau de la plaque commémorative située à l’entrée de la médiathèque Eric Rohmer et hommage à Jean-Luc Einaudi.
20h projection du film Ici, on noie les Algériens de Yasmina Adi (2010-90’)
50 ans après, la cinéaste met en lumière une vérité encore taboue. Mêlant témoignages et archives inédites, le film retrace les différentes étapes de ces évènements et révèle la stratégie et les méthodes mises en place au plus haut niveau de l’Etat : manipulation de l’opinion publique et récusation systématique de toutes les accusations.


 

 

 

 

 

 

 


 

septembre 2014


El telón de azucar (Le rideau de sucre) de Camila Guzmán Urzúa (2006 - 80’)
vendredi 19 - 20h - chambre d’hôtes le Creuset - St Martin-la-Méanne avec l’association Corrèze Cuba Estrella, en présence de Muriel Dichamp, corrézienne, journaliste de presse à Cuba.

Le portrait intime d’une génération qui était sur les bancs de l’école dans les années 1970, à l’apogée du régime cubain. Ce film rend compte de leur enfance, semblable à aucune autre. Il explore, à travers le regard de ces jeunes adultes, ce qui est arrivé depuis à ce pays, paralysé du jour au lendemain par la chute des régimes d’Europe de l’Est. Le film dessine une autobiographie collective de cette génération de Cubains et pénètre dans l’intimité de leur quotidien.

Née au Chili, Camila Guzmán Urzúa (fille du cinéaste Patricio Guzmán) avait à peine 2 ans lorsque sa famille, fuyant la junte militaire, s’est exilée à Cuba. Bercée par les chants révolutionnaires et les idéaux du Che, elle a grandi dans La Havane des années 70, quand l’économie socialiste faisait encore figure d’alternative politique. Devenue réalisatrice, elle revient sur les lieux de cette enfance heureuse, balayés entre-temps par la crise économique des années 90.
En confrontant ses souvenirs à ceux de ses anciens camarades, aujourd’hui trentenaires, elle exhume la mémoire collective d’un paradis perdu. Le rideau de sucre commence ainsi par restituer une vie insulaire et solidaire, parenthèse enchantée vécue comme un rêve éveillé. Cette chronique d’un retour va pourtant au-delà d’une démarche nostalgique, pour brosser le portrait d’une génération trahie. Comment aller de l’avant lorsque tout ce sur quoi on s’est construit est parti en fumée ?


à ciel ouvert de Mariana Otero (2013 - 110’)
mardi 23 - 20h - EPDA le Glandier - Beyssac, repas sorti du sac dès 18h30
en présence de Manuel Pereira, auteur de théâtre en résidence au Glandier

Alysson observe son corps avec méfiance. Evanne s’étourdit jusqu’à la chute. Amina ne parvient pas à faire sortir les mots de sa bouche. À la frontière franco-belge, existe un lieu hors du commun qui prend en charge ces enfants psychiquement et socialement en difficulté. Jour après jour, les adultes essaient de comprendre l’énigme que représente chacun d’eux et inventent, au cas par cas, sans jamais rien leur imposer, des solutions qui les aideront à vivre apaisés. Au fil de leurs histoires, à ciel ouvert nous ouvre à leur vision singulière du monde.

La projection du film à ciel ouvert s’inscrit dans le cadre de la résidence d’écriture proposéeà Manuel Pereira par le Bottom Théâtre et la Maison des auteurs des Francophonies en Limousin durant laquelle il a été invité à séjourner une semaine à l’EPDA du Glandier, en Corrèze, et à venirà la rencontre des résidents et du personnel de l’établissement notamment sous forme d’ateliers.
Cette projection, ouverte au public, est une occasion d’élargir le champ des rencontres et des discussions autour du thème qui traverse la trilogie de Manuel Pereira : la construction des relations avec des personnes mises en échec dans un système de communication classique, dans un protocole social auquel ils n’ont pas ou trop difficilement accès. C’est ici notamment la question des relations entre des personnes en situation de handicap mental ou psychique et les professionnels qui les accompagnent dans la vie quotidienne qui sera abordée.


Juin 44, mémoires tullistes réalisé par Peuple et Culture
jeudi 25 - 18h30 - médiathèque éric Rohmer - Tulle, entrée libre

Pendant l’Occupation, les habitants de Tulle ont vécu des évènements dramatiques au cours du mois de juin 1944, marqué par les pendaisons publiques et les déportations. Certains habitants, témoins, victimes ou acteurs des faits en ont encore des souvenirs individuels, des images, des vécus. Ce montage vidéo, fruit de la collecte réalisée par les Archives Municipales, le Pôle Musées et Peuple et Culture, a été présenté une première fois le 6 juin dernier dans le cadre des commémorations du 70ème anniversaire du 9 juin 1944.


RADO
Nouvel accrochage et journée d’étude
dimanche 21 - de 10h30 à 18h -
Centre International d’Art et du Paysage -île de Vassivière, gratuit -
déjeuner payant sur réservation (05.55.69.27.27)

« L’exposition Ce qui ne se voit pas, à l’église Saint-Pierre de Tulle, s’est terminée le 12 août dernier. Nous, membres du groupe RADO, remercions vivement tous ceux et celles qui y ont conduit leurs pas et leurs regards ! Son pendant, au Centre International d’Art et du Paysage de Vassivière, est encore visible jusqu’au 2 novembre.
Le groupe RADO a décidé de profiter de ce décalage pour transformer l’exposition de Vassivière, en y réintroduisant certaines oeuvres venues de Tulle. Façon de tenter une synthèse, de tisser de nouveaux liens, d’expérimenter aussi la reprise, dans un lieu spécifiquement dédié à l’art contemporain, d’oeuvres plus directement liées à la fois au contexte tulliste et à l’architecture de l’église Saint-Pierre.
Ce réaccrochage aura commencé quand le jeudi 18 septembre à 20h30, au cinéma Jean Gabin d’Eymoutiers, dans le cadre de la programmation «Le choix de l’artiste» en partenariat avec le CIAP, seront projetés quatre courts métrages choisis par RADO, dont plusieurs membres seront présents. Ce sera : à propos de Nice de Jean Vigo (1930), Les Morutiers de Jean-Daniel Pollet (1966), Lettre à Freddy Buache de Jean-Luc Godard (1982) et enfin Considérant qu’il est plausible que de tels événements puissent à nouveau survenir de Sébastien Thiéry (PEROU - 2013).
Le dimanche 21 septembre, au terme du réaccrochage, se tiendra au CIAP une journée d’étude et d’échanges, co-organisée par PEC, RADO et le CIAP. Trois dialogues en donneront le tempo. Manée Teyssandier ouvrira les débats, en revenant sur l’histoire des menées artistiques de Peuple et Culture Corrèze. Elle discutera avec Jean-François Chevrier, historien et critique d’art, des formes passées, présentes et futures de l’invention institutionnelle. Puis Madeleine Bernardin Sabri présentera la situation Forêt-machine : elle expliquera pourquoi et comment une exigence artistique d’information (l’exigence d’une information artistique, et même picturale) s’est mise au service des luttes locales quant au droit d’usage de la forêt limousine.
Quelques habitants du plateau de Millevaches, militants de ces luttes, dialogueront avec elle.
Enfin, Fanny Béguery et Adrien Malcor retraceront l’expérience des Enfantillages outillés, un atelier qui a voulu mobiliser, dans trois écoles primaires de Corrèze, les imaginaires enfantins des fonctionnements techniques. à leurs côtés, la philosophe Catherine Perret, qui s’intéresse aujourd’hui à la fois à l’anthropologie des techniques et à l’histoire du dessin d’enfant et de ses valorisations idéologiques.

Voilà en tout cas un programme a minima, qui n’exclut pas d’autres interventions, venant de RADO, de PEC ou d’ailleurs, puisqu’évidemment la parole sera donnée à tous ceux qui voudront la prendre !»


ateliers arts plastiques
En juillet, nous vous annoncions la mise en place dès la rentrée de deux ateliers arts plastiques animés par David Molteau et Pascale Guérin. Le temps est aux présentations, les inscriptions sont ouvertes… avis aux amateurs !

Pour adultes et adolescents avec David Molteau, responsable du relais artothèque de Peuple et Culture et artiste plasticien
les lundis de 18h à 20 h - local de Peuple et Culture - Tulle
1ère séance le lundi 22 septembre
Sur le principe d’un accompagnement personnalisé, cet atelier propose de s’affranchir des pratiques traditionnelles pour s’aventurer dans la fabrique des images au moyen de procédés multiples découlant pour l’essentiel de la pratique du dessin sur calque. Le papier calque, l’image numérique, le scanner et la photocopieuse, le projecteur seront les principaux moyens d’élaboration des projets par le dessin. Les principes en sont très simples et accessibles à toute personne débutante ou déjà expérimentée. Une collection d’images personnelles et collectives permettra de faire évoluer le travail par assemblage et superposition, collage, détournement, recherche de sens ou d’étrangeté.

Un accompagnement technique sera proposé mais aussi un apport de références artistiques dans les domaines de l’art classique, moderne mais surtout contemporain, du dadaïsme en passant par le surréalisme, le pop art et toutes les pratiques actuelles qui en découlent. Ces principes seront le socle commun de cet atelier mais chacun pourra développer son travailà son rythme avec ses propres choix de supports, de moyens graphiques et de mise en couleur.
L’objectif de cet atelier n’est pas de produire des oeuvres mais de repenser notre rapport aux images - celles que nous accumulons dans nos divers appareils, celles qui nous environnent au quotidien, dans l’espace public, sur internet ou autre - et de devenir nous-même producteurs de formes graphiques et plastiques.
Inscriptions (à partir de 14 ans) / renseignements : 06.04.15.11.45


Atelier collectif enfants/adultes avec Pascale Guérin, artiste plasticienne
les mercredis de 14h à 16h - local de Peuple et Culture - Tulle
1ère séance le mercredi 24 septembre
Depuis une quinzaine d’années, parallèlementà ma pratique artistique personnelle, je travaille avec des enseignants du premier degré dans les écoles primaires corréziennes. Ces expériences, à raison de quatre ou cinq
projets annuels, m’ont permis de m’initier à diverses pratiques pédagogiques ; ma pratique artistiqueétant plutôt solitaire dans mon atelier, j’ai pu découvrir ainsi l’intérêt d’expérimenter une activité artistique collective, en la reliant aux autres champs de connaissances : science, littérature, histoire et autres, et le plaisir d’initier les enfants à diverses techniques et solutions plastiques sous l’impulsion d’un projet dont ils sont les auteurs. De 2010 à 2014, j’ai aussi encadré un groupe de huit enfants de 6 à 13 ans, dans un atelier arts plastiques au sein de la Cour des Arts.
Avec Peuple et Culture, je propose un atelier mixte adultes et enfants à partir de 8 ans. Le principe est de partir d’un thème donné. Cette base étant là juste pour donner une grille de départ, chacun peut proposer, faire part de ses idées aux autres, ce qui déterminera le socle pour différentes réalisations plastiques. Je serai là pour aider le groupe à construire soit quelque chose qui peut s’apparenter à une ‘‘oeuvre collective’’, soit pour guider chacun de façon plus individuelle , cela ne pouvant se préciser qu’une fois le groupe constitué.

Pour moi, cela se différencie d’un loisir créatif dans la mesure où je souhaite garder ma place d’artiste, en participant au projet (sans toutefois de dispositif trop directif qui propose des recettes aboutissant à un résultat attendu) en faisant des propositions susceptibles d’évoluer. Bien sûr, de par mon expérience, je peux apporter une aide technique, et même si ce n’est pas le but de cet atelier, nous aurons besoin de ‘‘parler cuisine’’ : mélanges de couleurs, pigments, dessin, et tout ce qui se réfère au ‘‘métier’’.
La présence du relais Artothèque au sein de Peuple et Culture nous permettra de faire des incursions dans le monde des artistes contemporains qui peuvent être en lien avec le projet en observant directement les oeuvres. Nous pourrons également profiter d’un écran de projection pour regarder extraits de films d’artistes, vidéos… Dans l’atelier, nous disposerons d’un« fond » de matériel, papier, outils, peintures, collections diverses d’objets et de matériaux, qui peut être complété et amélioré par chacun, au fil des projets. Avec l’accord des participants, les travaux seront visibles lors d’un accrochage annuel à l’atelier.

Inscriptions (à partir de 8 ans) /renseignements : 06.41.33.11.67
Le rythme des ateliers se calquera sur le calendrier scolaire (pas d’atelier pendant les vacances) à raison d’une fois par semaine (10 séances par trimestre).
Tarifs : Adhésion à PEC : 25€*/ Forfait annuel pour 30 séances de 2 h : 195€ soit 65 €/ trimestre
(si ce tarif est un obstacle à l’inscription, ne pas hésiter à contacter D.Molteau au 06.04.15.11.45 )
* (cette adhésion vous donne accès au prêt d’oeuvres de l’Artothèque, à la vidéothèque de l’association, à un tarif réduit
pour l’abonnement au théâtre des 7 Collines, et aux projections organisées par PEC au cinéma le Palace à Tulle)


art contemporain
Rencontre avec Lucy Watts
, artiste en résidenceà l’atelier de lithographie d’Ussel
jeudi 18 - 18h30 (avec casse-croûte sorti du sac) - local de PEC - Tulle

Sur le principe des Rencontres artothèque initiées par David Molteau depuis l’an dernier, nous vous proposons de rencontrer, quand l’occasion se présente, des artistes de passage pour se retrouver et échanger autour de leur travail.
Diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2011, Lucy Watts réalise des installations qui mêlent dessins, impressions, éditions, dessins muraux et parfois vidéos. Elle est actuellement accueillie en résidence au musée du Pays d’Ussel où elle développe un projet en lithographie qu’elle exposera à Ussel à l’été 2015.


Fil, du Rosel au Poinct de Tulle,
quand la création contemporaine rejoint un métier d’art
à partir du 12 septembre - 5 créations dans 5 lieux à travers Tulle

Depuis 1984, l’association Diffusion et Renouveau du Poinct de Tulle (aujourd’hui une soixantaine de dentelières) travaille à sa transmission. Fil, du Rosel au Poinct de Tulle est un projet artistique qui associe, autour de la Ville de Tulle, plusieurs partenaires associatifs et trois artistes : Delphine Dewachter, Cécile Maulini et Marie-Dominique Guibal, pour que se croisent savoir-faire séculaire et création contemporaine.

vendredi 12 - 18h30 - médiathèque éric Rohmer
Projection du film Fil, du Rosel au Poinct de Tulle réalisé par Peuple et Culture
suivie de la conférence Fil, du Rosel au Poinct de Tulle, lorsque la création contemporaine croise un artisanat d’art local par Marine Laplaud, conférencière diplômée de l’Ecole du Louvre

samedi 13 - vernissage itinérant des 5 expositions
15h30- médiathèque éric Rohmer - projection du film réalisé par Peuple et Culture
16h - église Saint Pierre - Les espaces du dessin de Marie-Dominique Guibal
17h - cour des Arts - créations de Delphine Dewachter
17h45 - immeuble Lauthonie - créations de Cécile Maulini
18h - galerie du Point G - créations de Delphine Dewachter
18h15 - musée du Cloître - pièces anciennes en Poinct de Tulle et créations de Cécile Maulini


Agriculture et approvisionnement de proximité
samedi 6 - 14h30- St-Pardoux-la-Croisille
Table ronde - Comice agricole du canton de la Roche-Canillac
Cette rencontre, ouverte à tous, permettra d’échanger sur les nouveaux rapports entre les producteurs et les consommateurs que permettent les AMAP, les paniers paysans et les circuits courts en général... Tous ces modes de consommation qui exigent la re-localisation des productions, et un rapport pas seulement marchand mais aussi simplement humain entre agriculteurs et consommateurs. Des intervenants extérieurs et des acteurs locaux du département viendront exposer leurs différentes expériences, leurs réussites et leurs difficultés afin de faire progresser nos réflexions sur le sujet (programme complet sur http://stpardouxlacroisille.pagesperso-orange.fr
/ mairiestpardouxcroisille@wanadoo.fr)


 

juillet aout 2014

cinéma documentaire



Le thé ou l’électricité de Jérôme Le Maire (2012-93’)
vendredi 4 juillet - 21h30 - en plein air, près de la salle des fêtes -
Chenailler-Mascheix, avec l’association culturelle et sportive

Le thé ou l’électricité est l’histoire épique de l’arrivée de l’électricité dans un village isolé et enclavé au cœur du Haut Atlas marocain. Durant plus de trois années, saison après saison, le réalisateur dévoile patiemment les contours de la toile qui se refermera inexorablement sur les habitants d’Ifri. Sous nos yeux se dessine l’image d’une modernité impitoyable à laquelle le petit village va être relié.
« Depuis bientôt un siècle et demi la terre s’électrifie ! Et même si les premiers chantiers pharaoniques de cette révolution sont déjà logés aux «archives» de notre histoire, la progression de cette gigantesque toile d’araignée continue aujourd’hui encore. Depuis l’automne 1882, date de l’apparition simultanée des premiers réseaux à New York, Belgrade et en France, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts… En effet, plus d’un siècle d’inventions nous sépare de ce moment fatidique où la «fée électricité» a commencé à entrer dans les maisons. La liste d’inventions et de progrès est gigantesque et les bouleversements que cela a entraîné sont d’une profondeur insondable ! Or, récemment, en sillonnant les montagnes du Haut Atlas marocain qui sont en train d’être électrifiées, j’ai eu un choc. Un soir, dans une maison de terre d’un de ces petits villages reclus dans la vallée, en scrutant les visages tellement particuliers des berbères qui m’accueillaient et en les voyant hypnotisés par une télévision trônant au centre de la pièce, j’ai eu l’impression de revoir la scène d’Hibernatus où Louis de Funès (l’aïeul) se réveille effaré en plein XXème siècle ! Un décalage démesuré entre des hommes et l’époque dans laquelle ils vivent, un voyage dans le temps ! Depuis lors, une image me hante : le toit d’une maison de terre équipé d’une parabole ! Inouïe superposition de deux symboles faisant référence à deux univers quasiment opposés : d’une part le passé (qui est leur présent), l’obscurité, le travail à la main, la lenteur, l’autarcie, l’isolement, la collectivité, l’artisanat, le dénuement, la croyance… Et d’autre part le présent, la lumière, la mécanisation, la vitesse, la globalisation, la communication, l’individualisme, l’industrialisation, l’opulence, le matérialisme… Ce que je voulais filmer en suivant l’électrification de ce petit village, c’est précisément la «rencontre» (la collision ?) entre ces deux univers. Et finalement, le reflet que nous voyons dans ces télés trônant au milieu de pièces quasiment troglodytes, n’est-ce pas un peu le nôtre ? Car l’histoire d’Ifri nous tend un miroir. Elle dessine en creux notre mutation en hommes «modernes» et «évolués» avec tout ce que cela comporte comme questionnement : quelles sont devenues nos valeurs ? Qu’avons-nous dû mettre de côté ou laisser en chemin pour en arriver là ? Dans quelle direction avançons-nous ?» Jérôme Le Maire, réalisateur.



Le temps des grâces de Dominique Marchais (2009 - 123’)
samedi 19 juillet - 20h - chambre d’hôtes Le Creuset - St Martin-la-Méanne
« Une ferme en Auvergne, avec chapelle ancestrale et panorama impeccable. A priori, tout est à sa place. L’éleveur sort ses vaches sous l’oeil satisfait des citadins en vacances. Mais sur la rampe, la première vache glisse et tombe. Fin des réjouissances : tout le troupeau est au diapason, les vaches ne tiennent pas debout. Que se passe-t-il au juste? Réponse de l’éleveur: « Rien, tout va bien ! ». C’était en août 2004 et cette scène ne se laissait pas oublier. Pour impressionnante qu’elle fût, c’est moins la chute des vaches que la dénégation de l’éleveur qui m’a marqué, par ce qu’elle révélait de douleur rentrée, de gène. Et mon sentiment fut que cette souffrance nous concernait, que nous n’étions pas extérieurs à cette scène, que nous faisions partie du problème. Et c’est pour mieux comprendre ce qui se jouait à ce moment là, dans cet espace-là, dans cette paradoxale intrication de beauté et de désastre, que j’ai eu le désir de parcourir tout le pays, de rencontrer tant de gens, agriculteurs, agronomes, écrivains et autres, pour faire un film qui questionnerait notre attachement à l’agriculture. » Dominique Marchais
Le temps des grâces est une enquête documentaire sur le monde agricole français aujourd’hui à travers de nombreux récits : agriculteurs, chercheurs, agronomes, écrivains... Un monde qui parvient à résister aux bouleversements qui le frappent - économiques, scientifiques, sociaux, et qui, bon gré mal gré, continue d’entretenir les liens entre générations.



exposition
Ce qui ne se voit pas par le groupe RADO
jusqu’au mardi 12 août - église St Pierre - Tulle
mardi, jeudi, vendredi : 15h-19h / mercredi, samedi : 10h-12h/15h-19h

entrée libre
« En 2011, Peuple et Culture nous invitait à nous intéresser « au présent et au futur » du pays de Tulle, en privilégiant les occasions de travailler avec ses habitants. Nous avons choisi d’aborder le territoire par ses réseaux techniques ( énergie, déchets, transports, etc.) : le plus souvent invisibles alors même qu’ils structurent notre vie quotidienne, ils sont de plus en plus objet de luttes et de débats. Il y avait là un défi documentaire : comment avec de la vidéo, du dessin, des photographies, des sculptures, révéler des réalités cachées, ou mal regardées, tout en indiquant des réserves d’invisible ? De ces questions et des enquêtes que nous avons conduites se sont dégagées plusieurs situations qui seront exposées en deux lieux : Enfantillages outillés, Forêt-machine, Ouvriers des réseaux, Autonomie, L’air de l’accordéon, Plate-forme multimodale. Les expositions sont aussi différentes que les deux lieux qui les accueillent : une église déconsacrée et un centre d’art
aqueduc orienté vers un barrage.»


RADO, avril 2014. Fanny Béguery, Madeleine Bernardin Sabri, Florian Fouché, Adrien
Malcor, Anaïs Masson, Marie Preston, Maxence Rifflet, Claire Tenu, Antoine Yoseph.
Avec la collaboration de Kerwin Rolland.

La force d’un collectif lorsqu’il n’écrase pas les individualités et qu’il ne fonctionne pas au plus petit dénominateur commun, c’est qu’il démultiplie les énergies, les engagements, les activités, les intérêts, les questionnements, les formes artistiques... Cette démultiplication s’est appuyée sur une autre tout aussi vitale, celle opérée par l’ensemble des protagonistes qui, en de nombreux points du territoire (Tulle, Argentat, St Martin-la-Méanne, Marcillac-la-Croisille, Hautefage, St Pardoux-la-Croisille, Nouillane, St Salvadour, Seilhac, Bar, Cornil, Tarnac, Faux la Montagne, etc ) ont été étroitement associés à ce travail pendant les trois années de résidence et de recherche du groupe Rado. Anaïs Masson a établi un document à disposition des visiteurs pour la découverte de l’exposition dans l’église St Pierre, dans lequel elle les nomme et les remercie toutes et tous. Ce sont plus de 270 personnes adultes et enfants qui, d’une manière et d’une autre, ont participé à l’émergence de cette exposition.
Une belle rencontre aussi (et une autre forme de démultiplication...) entre des artistes, des habitants de ce territoire et les moyens publics consacrés à l’art et à la culture (commande publique du CNAP, Ministère de la Culture, Région Limousin, Ville de Tulle, ADEME, ONACVG, Ecole nationale supérieure des beaux arts du programme doctoral SACRe de l’Université Paris Sciences et Lettres). Peuple et Culture, juin 2014.


les rendez-vous
samedi 5 juillet - après-midi avec RADO
14 h : rendez-vous dans les locaux de Peuple et Culture
15 h : visite de l’exposition à l’Église Saint-Pierre
17h : découverte de la sculpture d’Antoine Paucard, Le franc-tireur 1870-1944, près de Saint-Salvadour (covoiturage). Renseignements : 05.55.26.32.25

dimanche 6 juillet - 11 h - vernissage de l’exposition - Vassivière
Centre International d’art et du paysage, avec un concert-performance d’Olivier
Philippson, accordéonniste.
dimanche 20 juillet - Échappée organisée par le réseau d’art contemporain Cinq/25
visite des deux expositions, à Tulle puis à Vassivière, en compagnie de RADO (covoiturage)
ateliers chants



Les chorales chantent dehors
jeudi 3 - à partir de 17h30 - quartier du Trech - Tulle, déambulation d’un répertoire à l’autre avec Gilbert le saltimbanque

Les ateliers Chant traditionnel
et Retour ô 35 chœurs se produisent dans
le cadre de cette manifestation organisée par la ville
de Tulle, l’occasion de (re)découvrir leurs répertoires.

17h30 - Cour de la Chapelle de l’Hôpital - Coryphée et la Chorale de l’ESPE
18h20 - Cour de la galerie du Trech - Carmina
Atelier « chant trad » de Peuple et Culture
Animé par Sylvie Heintz, il fonctionne depuis une dizaine d’années et propose de découvrir et de pratiquer le monde des chansons traditionnelles collectées en Limousin ou ailleurs en France. Basé sur l’oralité, il permet d’expérimenter et d’explorer sa propre voix : chanter en petit groupe, ou seul, à l’unisson ou en polyphonie, dans la palette sonore particulière (mélodies, variations, ornements) de ce large répertoire qui aborde des histoires de vie aussi intemporelles qu’universelles. Cet atelier d’une dizaine de personnes se retrouve en période scolaire tous les jeudis de 19h à 20h30 dans les locaux de Peuple et Culture. Il est ouvert à tous ceux pour qui chanter est un plaisir et/ou une nécessité !
19h - Cour des arts - Asphodèle
19h20 - Maison Lauthonie - Chorale des Lendemains qui chantent
19h40 - Salle capitulaire du cloître - Retour ô 35 chœurs
Dirigé par Marion Lherbeil, cet atelier se propose de faire (re)vivre des chants de lutte et de résistance. Les répétitions ont lieu un vendredi sur deux à 18h30 en alternance entre Tulle et Brive.
20h - Salle capitulaire du cloître - Tulla voce et Lost in traditions



ateliers arts plastiques
Pour adultes, avec David Molteau, responsable du
relai artothèque du Limousin à Peuple et Culture
tous les lundis - de 18h à 20h - locaux de PEC - Tulle (dès mi-septembre)

à partir de projets individuels et collectifs, dessin, graphisme, assemblages, utilisation du calque , d’images numériques et de matériel informatique. Renseignements : 06.04.15.11.45

Mixte, enfants et adultes avec Pascale Guérin, artiste plasticienne
tous les mercredis - de 14h à 15h30 - locaux de PEC - Tulle (dès mi-septembre)

Sur la base d’un projet, recherches et mise en commun... Dessin, peinture, assemblages de matériaux divers, collectes, techniques mixtes (collages sur fonds peints, toiles et papiers, matériaux naturels). Renseignements : 06.41.33.11.67



et aussi…
états généraux du film documentaire
du dimanche 17 au samedi 23 août - Lussas

Depuis 26 ans maintenant, dans un petit village d’Ardèche, au milieu des vignes, une manifestation non compétitive, non seulement de projections de films mais de pensée sur le cinéma et le monde...
Avec cette année deux ateliers de réflexion : Atelier 1 : Le cadre entre intuition et intention avec Benoit Dervaux, Nicolas Philibert, Olivier Dury ; Atelier 2 : Soulèvement, révoltes, le sursaut des images avec Federico Rossin.
La programmation films : Expérience du regard, œuvres récentes et peu diffusées de la production francophone de l’année / Histoire de Doc (L’Italie) / Route du Doc (Les Pays -Bas) / Afrique, le regard porté depuis dix ans sur les œuvres de jeunes africains s’élargit cette année dans un ensemble plus vaste avec des films de la zone Océan Indien, du Caucase, de Sibérie / Fragments d’une œuvre, Eric M. Nilsson et Sandor Sara / et tous les soirs des séances en plein air. Pour en savoir plus : http://www.lussasdoc.com.
Covoiturage possible à partir de Tulle le dimanche 17 août. Renseignements : 05.55.26.32.25


 

Jours de fête au domaine du Mons
jeudi 21, vendredi 22 et samedi 23 août - Le Nouveau Jardin -
Vitrac-sur-Montane (cf dépliant ci-joint)

Le Domaine du Mons, c’est une ferme où Raphaëlle De Seilhac élève vaches et brebis en agriculture biologique. Pendant trois jours se succèderont aux quatre coins du jardin ou de la maison clowns bucoliques, musiciens, comédiens et poètes. Restauration sur place (et sur réservation) à partir des légumes du jardin et de la viande de la ferme.
Renseignements et réservations : 06.75.89.66.93/lenouveaujardin@gmail.com

 


cinéma documentaire


Laissez les avorter tranquille! d’Alima Arouali et François Bernard (2013 - 48’)
jeudi 12 - 20h30 - salle de l’Université Populaire - Tulle, en présence des réalisateurs

38 ans après la loi autorisant l’avortement en France, ce film tente de montrer le travail réalisé au quotidien dans le centre d’orthogénie de l’hôpital du Kremlin-Bicêtre (94) pour permettre aux femmes d’être accueillies dans les meilleures conditions possibles. Travailler dans un centre d’orthogénie n’est pas un métier comme les autres. Héritiers du MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement et la contraception ) les professionnel(le)s regroupés dans
l’Association Nationale des Centres d’Interruption de grossesse et de contraception (ANCIC) restent mobilisés pour défendre un droit sans cesse remis en cause, au moment ou plus de 150 centres d’interruption de grossesse ont été fermés en 10 ans et où les prières de rue des anti-IVG reprennent de la vigueur comme à l’hôpital Tenon à Paris.
Infirmièr(e)s, médecins, sage femmes, assistantes sociales, psychologues, conseillères conjugales, tous restent des militants pour permettre aux femmes d’avorter en paix, pour que l’on cesse de leur rebattre les oreilles avec la contraception dès qu’il est question d’avortement, pour faire comprendre que le foetus dépend du projet parental et non de ceux des États ou des Églises.



Bakhta et ses filles d’Alima Arouali (2014 - 54’)
vendredi 13 - 20h30 - salle des fêtes - St Jal

« Le film aborde la question de la liberté et de la volonté de s’approprier cette liberté, en dépit des contraintes imposées par l’éducation et les circonstances historiques et sociales. Il interroge la manière dont une femme peut un jour décider de sortir du chemin qui lui a été tracé par la famille, les traditions ou encore la religion. Il traverse la vie de six femmes, la mère Bakhta 95 ans et ses filles Aïcha 67 ans, Malika 63 ans, Rachida 57 ans, Horia 52 ans et moi, Alima 59 ans. Je vais remonter le fil de cette histoire, qui a débuté après la dernière guerre mondiale, pour évoquer le mouvement singulier de mes sœurs, ma mère et moi, en écho aux combats menés pour la légalisation de la contraception, de l’avortement ou encore pour le droit au travail.
Le film propose une réflexion sur la conquête menée par ces femmes pour être libres d’agir en toute indépendance, d’échapper au carcan de leur milieu, et de décider de leur propre vie. Il s’agit, en faisant le récit de ces parcours individuels, de les mettre en relation avec les combats collectifs de la libération des femmes – ces combats auxquels elles n’ont pas participé directement, mais auxquels leurs destins individuels n’ont cessé de faire écho.
Mes parents, Bakhta et Abdenbi, arrivent en France en 1948, alors que les femmes votent depuis trois ans. C’est en 1968 – un an après la Loi Neuwirth légalisant la pilule – qu’Aïcha quitte son mari. Et c’est en 1975, année de la légalisation de l’IVG, que Malika rencontre Bernard et l’épouse à l’insu de nos parents. Au début des années 1980, alors que la gauche arrive au pouvoir, et qu’a lieu la « Marche pour l’égalité et contre le racisme » dite « Marche des beurs », je démarre une psychanalyse qui va me permettre de faire ce long chemin qui me mènera au cinéma.
Aïcha, Malika, Rachida, Horia et moi-même avons connu des destins qui, compte tenu de nos origines arabo-musulmanes d’une part, de notre appartenance sociale d’autre part, ne nous prédestinaient pas à une liberté que nous avons dû conquérir nous-mêmes. Nous avons mené ce combat chacune à notre façon : Aïcha en quittant son mari à 20 ans avec ses trois enfants, Malika en épousant un non musulman en dépit des interdits, Rachida en se débrouillant seule dès ses 17 ans, Horia en n’hésitant pas à faire main basse sur les économies de nos parents pour fuir l’Algérie seule et enceinte, moi qui m’engage à 25 ans sur un long chemin psychanalytique qui va me permettre de m’autoriser à être cinéaste et enfin Bakhta qui après la mort de notre père Abdenbi ose dire qu’elle « a enfin la paix ». Abdenbi est le personnage central autour duquel va s’articuler l’histoire de chacune. Symbole d’une autorité contre laquelle tous ces destins féminins se sont construits. Ce père mort en 1988 sera présent tout au long du film, à travers la parole des unes et des autres. » Alima Arouali.



9 juin 44 : 70 ans
Voici 20 ans, pour le 50ème anniversaire du 9 juin 44, Peuple et Culture engage un travail sur ces évènements
alors qu’à cette époque, seule la commémoration annuelle les rappelle, qu’ils sont effacés de la mémoire nationale et que le silence pèse sur la ville et les familles de victimes.
Recueil de photographies et de témoignages auprès des familles, affiche de l’artiste Ramon qui pour la première fois donne visage aux hommes pendus, film La mémoire des vivants de Jean Pradinas, Livre blanc conçu par le graphiste Estelle Pianet, œuvres plastiques réalisées par des artistes, DVD, telles sont les initiatives à l’actif de Peuple et Culture.
En ce 70ème anniversaire, une pensée particulière pour Patrick Teyssandier qui jusqu’à sa mort accidentelle en octobre 2011 a, depuis 1994, constamment et patiemment continué à maintenir les contacts avec les familles et élargir le recueil de photographies, de documents, de témoignages.


montage vidéo 70 ans après, sauvegarder la mémoire réalisé par Peuple et Culture
vendredi 6 - 18h30 - médiathèque éric Rohmer - Tulle, entrée libre dans la limite des places disponibles / (14h30 : projection aux scolaires)

Certains habitants, témoins, victimes ou acteurs des évènements dramatiques survenus en juin 1944 ont encore des souvenirs individuels, des images, un vécu... 70 ans après, consciente de l’urgence de sauvegarder cette mémoire, dans la continuité des actions engagées par les associations locales, la Ville de Tulle a souhaité réaliser des enregistrements filmés afin de constituer un fonds de témoignages vidéo qui seront pour les historiens des archives orales, publiques, complémentaires aux documents écrits conservés par ailleurs. Les Archives Municipales et le Pôle Musées, en partenariat avec l’association Peuple et Culture, réalisent cette collecte.



Le silence et la douleur de Patrick Séraudie (2014 - 110’) lundi 9 - 20h30 - salle de l’Auzelou - Tulle, entrée libre dans la limite des places disponibles
Avant-première, en présence de l’équipe du film, discussion-débat à l’issue de la projection (cf page centrale)



exposition
Ce qui ne se voit pas par le groupe Rado
du 21 juin au 12 août, église St Pierre - Tulle
mardi, jeudi, vendredi : 15h-19h
mercredi, samedi : 10h-12h/15h-19h (entrée libre)
vernissage le samedi 21 juin - 18h - église St Pierre - Tulle
du 6 juillet au 2 novembre, Centre international d’art et du paysage - Vassivière
juillet-août : tous les jours : 11h-13h/14h-18h
le reste de l’année : du mardi au dimanche : 11h-13h/14h-18h (entrée 3€/1,50€)

En 2011, Peuple et Culture lance une invitation en résidence au groupe Rado.
Parce que ces neufs jeunes artistes viennent de se constituer en collectif (tout en continuant parallèlement leur propre chemin) et qu’en cette époque de logiques individualistes nous sommes attentifs à cette dimension. Parce que tous sont sensibles au lien art/territoire ainsi qu’à une activité artistique menée en collaboration avec un public non artiste, ils mettent en place des situations de travail avec des habitants dans lesquelles la dimension pédagogique ne sacrifie rien à l’ambition artistique. Parce qu’ils sont d’une nouvelle génération et susceptibles pour cela de porter un regard prospectif sur la ville et la région à partir de leur propre démarche.Parce que leurs pratiques artistiques sont diverses (photographie, vidéo, sculpture, dessin…) et que la plupart connaissaient de près nos initiatives antérieures.
Trois années d’enquêtes de terrain, de recherches, d’activités ont donné matière à des productions artistiques sous différentes formes (cf. carton d’invitation joint)
En 2012, Rado et Peuple et Culture ont répondu à un appel à projets national lancé par le CNAP (Centre National des Arts Plastiques). Sur 70 projets déposés, 6 ont été retenus dont celui de Rado, seul projet émanant d’une association d’éducation populaire, les 5 autres provenant tous de centres d’art. à souligner aussi que pour la première fois, une initiative de Peuple et Culture fait l’objet d’une collaboration avec un lieu d’art contemporain en Limousin. En effet, grâce à l’intérêt de Marianne Lanavère (directrice du Centre international d’art et du paysage de Vassivière) pour le travail artistique de Rado, l’exposition Ce qui ne se voit pas sera double : à l’église St Pierre à Tulle et à Vassivière, de façon à la fois commune et différente.
Peuple et Culture et les résidences d’artistes
Depuis les années 80, Peuple et Culture invite des artistes en résidence à Tulle et dans le pays de Tulle pour tenter de rapprocher la population du territoire de la création
artistique contemporaine qui reste une des plus élitistes. C’est pour cela que nous avons choisi, dès le début, non pas d’organiser des expositions à partir d’œuvres déjà constituées mais d’inviter des artistes à séjourner ici, à appréhender des réalités et problématiques locales par des rencontres avec les habitants. Et à partir de cette « matière »
de créer des formes artistiques qui, parce qu’elles partent d’un territoire précis, sont « reconnaissables » et en même temps produisent de l’étrangeté, des décalages, venant à la fois révéler, troubler, questionner ces réalités. C’est aussi parce que ce travail artistique est issu du « local », de « l’intime » qu’il peut atteindre une valeur générale, parler à d’autres ailleurs et fonctionner à la fois pour et hors du lieu où il a été conçu. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé à plusieurs reprises. Voici trois exemples récents :
Pays, paroles, images, Marc Pataut (de 2000 à 2002) : ce travail photographique comprenant une quarantaine de portraits d’habitants et de paysages et un « mur de paroles » restituant des entretiens sur la notion de « pays » et résultant de deux années d’immersion de Marc Pataut en position « d’écoute photographique » sur le territoire de Tulle a été montré, après plusieurs lieux en Corrèze, dans le cadre de l’exposition « Des territoires » (dont le commissaire d’exposition était l’historien d’art Jean-François Chevrier) en 2002 à l’Ecole Nationale supérieure des beaux Arts de Paris. Puis en 2012, lors d’une rétrospective Marc Pataut à l’hôtel Fontfreyde Centre d’art photographique de Clermont-Ferrand et en 2013 au Centre d’art photographique Le Point du jour à Cherbourg et à l’Artothèque de Caen.
Tulle, Patrick Faigenbaum : de 2005 à 2007, Patrick Faigenbaum, après Brême, Barcelone, Prague, réalise un « portrait de ville » de Tulle (48 photographies et un ouvrage). 8 de ces images de Tulle ont été montrées en 2013 à Vancouver dans une exposition qui lui était consacrée et dont un des Commissaires d’exposition était le grand photographe Jeff Wall, puis à la Villa Médicis à Rome.
Trauma, Ahlam Shibli (2008-2010) : palestinienne vivant depuis sa naissance (en 1970) sous colonisation et occupation israélienne, Ahlam Shibli, dont le travail artistique est traversé par la question du « chez soi » a été d’emblée touchée par le traumatisme, passé et présent, subi par la population de Tulle lors des évènements du 9 juin 1944. Puis son observation à la fois fine et radicale, sa sensibilité à toute situation d’oppression ont ouvert un autre angle, une dimension paradoxale : dans cette même population, souvent dans les mêmes familles, se mêlent des personnes qui ont souffert de la violence de l’occupation nazie, qui ont résisté, et d’autres qui, tout de suite ou quelques années après la Libération, ont participé aux guerres coloniales contre des peuples qui agissaient pour leur indépendance et défendaient leur « chez soi » en Indochine ou en Algérie. Les 48 photographies issues de la résidence de Shibli à Tulle ont fait partie intégralement d’une rétrospective que lui ont consacré en 2012 et 2013 le Musée du Jeu de Paume, le MACBA (Barcelone) et le Musée d’Art Contemporain Serralves à Porto.



et aussi…
Ciné-club de Tarnac en présence de Federico Rossin, critique et programmateur
salle des fêtes - Rempnat
vendredi 6 - 18h : Télé déconstruction
Maso et Miso vont en bateau de Nadja Ringart, Carole Roussopoulos, Delphine Seyrig et Ioana Wieder (1976 -55’), De grands événements et des gens ordinaires de Raoul Ruiz (1979 - 65’)
Repas du soir pris en commun à l’Auberge du Magasin Général
samedi 7 - 14h : Contre-stratégies
Red Squad de Howard Blatt, Steven Fischler et Joel Sucher (1972-45’), Six Fois Deux, Part 3A: Photos et Cie de Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville (1976-46’)
17h30 : L’économie expliquée aux enfants
A Corner in Wheat de David W. Griffith (1909-14’), Prix et profits d’Yves Allégret (1932 -20’)Zum Vergleich de Harun Farocki (2009-61’)



Exposition des travaux des ateliers d’expression
artistique de l’EPDA du Glandier
du mercredi 25 au samedi 28 -
pavillon Verdurier - Limoges,
à l’invitation du Festival des arts
de la rue Urbaka
vernissage le mercredi 25 à 18h
exposition et animation d’ateliers du jeudi 26 au samedi 28
de 14h à 20h
renseignements exposition : EPDA du Glandier 05.55.73.81.00 / epda@epdaduglandier.fr/ sophie.petitpre@epdaduglandier.fr
Renseignements Urbaka et détail du programme : http://www.urbaka.com/fr/



Fête du cinéma autour de Michel Piccoli
du mercredi 25 au samedi 28, en présence de Michel Piccoli et de Jacques Rouffio, réalisateur avec la Ville de Tulle, Peuple et Culture, La Cour des Arts, Hélène Fraysse, Gwenolla Maheux...
projections :
mercredi 25 - 20h30 -
Saint-Mexant - Lachassagne -
ferme de Maryline et Léo Mertens,
Le sucre de Jacques Rouffio (1978- 104’), projection précédée d’un montage vidéo sur la recontre avec Michel Piccoli réalisé par Peuple et Culture
Au cinéma le Palace - Tulle
jeudi 26 - 15 h - La fille prodigue
de Jacques Doillon (1981-95’)
18h30 - Journal d’une femme
de chambre de Luis Bunuel (1964-98’ )
21 h - La passante du sans-souci
de Jacques Rouffio (1982-110’)
vendredi 27 - 15 h - Le mépris
de Jean-Luc Godard (1963-103’)
21 h - Adieu Bonaparte
de Yussef Chahine (1985 -115’)
samedi 28 - 18h30 Habemus Papam
de Nani Moretti (2011-104’)
rencontres :
samedi 28 - 10h - médiathèque éric Rohmer - Tulle
bavardages avec Michel Piccoli et Jacques Rouffio
et des créations...
Hélène Fraysse, installation sur la rivière Corrèze, projections en continu, exposition et
lecture à La Cour des Arts, Création à l’accordéon de Gwenolla Maheux



 

Mai 2014

 


Le fond du garage de Loïc Balarac (2004 - 52’)
samedi 10 - 20h - chambre d’hôtes Le Creuset - St Martin la Méanne

Le Garage moderne n’est pas un garage comme les autres. C’est un lieu associatif, installé à Bordeaux depuis fin 2000, où l’on peut tout la fois venir avec son véhicule pour raison mécanique, ou découvrir sur place une activité artistique, car le site accueil des performances multiples, dans l’architecture industrielle d’une ancienne raffinerie d’huiles du quartier des docks. Le garage est donc une sorte de passerelle entre un type d’économie militante (« l’accès aux soins automobiles pour tous ») et un lieu de rencontres ouvert à toutes les propositions d’expression artistique. Le lien social c’est ce qui définit le mieux ce qu’offre le Garage moderne. Sans demander, les gens apportent tous quelque chose, un concert de musique, de la nourriture, leur savoir-faire ou une de leurs œuvres…
Anecdote : « L’autre jour, un homme nous a apporté du pain rassis. On l’a apporté à une femme qui a des poules, et qui nous a promis en échange de nous donner des œufs ». C’est ça l’effet papillon du Garage moderne. Il compte aujourd’hui plusieurs centaines d’adhérents tout public, on compte certes des Rmistes ou des chômeurs, mais également, dans un registre d’économie différent, un chanteur d’opéra, un avocat, une jeune femme professeur de japonais, ou encore une « vieille » dame de 85 ans…



artothèque
Rencontre autour de la collection avec David Molteau, en charge du relais Artothèque de Peuple et Culture
vendredi 16 - de 18 à 19h - médiathèque éric Rohmer - Tulle
vendredi 23 - 18h30 (avec casse-croûte sorti du sac) - local de PEC - Tulle

Riche de 4000 œuvres, la collection de l’Artothèque du Limousin est la plus importante en France. L’artothèque offre à chacun d’entre nous la possibilité d’emprunter une œuvre d’art, d’établir dans la durée un lien direct avec celle-ci. C’est ce « possible » qui fonde l’action de l’Artothèque du Limousin depuis 1986 : permettre à chaque habitant du Limousin, quel qu’il soit, où qu’il se trouve, de rencontrer durablement les démarches artistiques contemporaines.
Trois types d’abonnements sont proposés pour les particuliers, les établissements scolaires et les collectivités ou entreprises. La présence de notre relais à Tulle profite essentiellement au public scolaire et doit également bénéficier au plus grand nombre.
Nous vous proposons de partager un moment autour des œuvres afin de découvrir, d’échanger et de débattre. Nous tenterons ensemble d’y voir plus clair dans les enjeux des nouvelles formes et attitudes souvent transgressives des artistes, et dans le déplacement de la notion même d’œuvre d’art. Enfin, le parcours intime de chacun conditionnant le regard posé sur l’art contemporain fait que votre parole, vos questionnements nous intéressent.
Exposition Collection en mouvement autour des œuvres de Laurie-Anne Estaque, Alain Jacquet et Laurent Terras
jusqu’au samedi 17 mai - médiathèque - Argentat
ouverture mardi et jeudi de 9h30 à 13h30, mercredi de 9h à 18h et samedi de 9h30 à 16h30
Cette exposition est réalisée par l’Artothèque du Limousin - Faclim en partenariat avec la Communauté de Communes du pays d’Argentat, la médiathèque du pays d’Argentat, la DRAC Limousin et Peuple et Culture.



décade cinéma et société
14-18. Maudite soit la guerre…
du mercredi 30 avril au dimanche 4 mai

mercredi 30 avril - 21h - cinéma le Palace - Tulle : Soirée d’ouverture
Surprise musicale de l’atelier chant de PEC « Retour ô 35 chœurs »
Projection de La grande illusion de Jean Renoir, précédé de Douaumont repris! de Vladimir Léon
jeudi 1er mai - cinéma le Palace - Tulle, en présence de Laurent Véray, réalisateur, Clément Puget, historien et Béatrice de Pastre du CNC
14h30 : La cicatrice. Une famille pendant la Grande Guerre de Laurent Véray
17h15 : Les sentiers de la gloire
de Stanley Kubrick
21h : séance Archives françaises du film CNC : Le Turco de Ginette (réalisateur inconnu) , Niemensland de Victor Trivas
vendredi 2 mai - médiathèque éric Rohmer - Tulle, en présence de Yolande Josèphe, réalisatrice
16h : Ida, Madelon du front de l’Artois
de Yolande Josèphe,
Une vie de femme pendant la Grande Guerre de Cédric Condom
18h : 14-18. Refuser la guerre de Georgette Cuvelier
vendredi 2 mai - 21h - cinéma Le palace - Tulle
La vie et rien d’autre de Bertrand Tavernier
samedi 3 mai - cinéma le Palace - Tulle, en présence de Daniel Ellezam de la BnF,
de l’équipe de la Ménagerie et XBO films et de Yves Boisset, réalisateur
14h30 : Séance Département Audiovisuel de la BnF : FireWaltz de Marc Ménager et Mino Malan
Premier Noël dans les tranchées
de Michaël Gaumnitz
Le Pantalon de Yves Boisset
20h : Joyeux Noël de Christian Carion
dimanche 4 mai - cinéma le Palace - Tulle, avec l’équipe de Télé Millevaches
15h : séance Télé Millevaches : Fusillés pour l’exemple de Aude Chopplet, Raphaël Cartier et François-Xavier Drouet
Maudite soit la guerre de Jacques Lefebvre, Jacques Malnou et Catherine Varoqui
17h30 : 140 000 Chinois pour la grande Guerre de Olivier Guiton

dimanche 4 mai - 21h - cinéma le Palace - Tulle : Soirée de clôture, Ciné-concert Projection du film Châteauroux, fêtes du retour des poilus - 24 août 1919 de Maurice Brimbal accompagné au piano par Christophe Heyraud

Infos pratiques :
Des pass sont disponibles à la vente au cinéma le Palace : 20€ les 5 séances/ 35€ les 10 séances. L’achat d’un pass vous permet de bénéficier d’une entrée gratuite à la soirée de
clôture (ciné-concert) du dimanche 4 mai.
L’entrée est gratuite pour les séances à la médiathèque éric Rohmer
Toutes les séances sont gratuites pour les chômeurs et minima sociaux
Retrouvez le programme complet de la Décade sur peupleetculture.fr et autourdu1ermai.fr
renseignements complémentaires : 05.55.26.32.25 / 06.40.28.66.18


 

à vos agendas…
Ce qui ne se voit pas
Une double exposition du groupe RADO au terme d’une recherche de trois années dans le pays de Tulle (voir page centrale).
à Tulle du 21 juin au 12 aout
vernissage le samedi 21 juin - 15h - église Saint-Pierre - Tulle
ouverture du mardi au samedi 15h-19h
entrée libre.
renseignements : 05 55 26 32 25
sur l’île de Vassivière du 6 juillet au 21 septembre
vernissage le dimanche 6 juillet - 11h - Centre international d’art et du
paysage, avec un concert-performance d’Olivier Philippson, accordéoniste.
ouverture en juillet-août : tous les jours 11h-19h
en septembre : mardi-dimanche 11h-13h/14h-18h
entrée : 3 euros / 1,5 euros
renseignements : 05 55 69 27 27
autres rendez-vous :
samedi 5 juillet à Tulle : rencontre avec le groupe RADO
14h : Rendez-vous à Peuple et Culture
15h : visite à l’Église St-Pierre puis découverte de la sculpture d’Antoine Paucard, « Le franc-tireur » dans un bois près de Saint Salvadour.



et aussi…
La ligne de partage des eaux de Dominique Marchais (2013-108’)
mercredi 28 mai - 21h - cinéma le Palace - Tulle

La Ligne de partage des eaux est le volet « Géographie » d’un diptyque sur la France rurale dont Le Temps des grâces était le volet
« Histoire ».
Le film est inscrit dans le périmètre du bassin versant de la Loire, de la source d’un de ses affluents dans le Massif Central, jusqu’à l’estuaire.
Le bassin versant, et non pas le fleuve Loire ! C’est-à-dire le plan incliné vers la mer, la totalité de l’espace irrigué, pas seulement le trait de la rivière. C’est-à-dire les zones d’activités et les zones humides, les fossés et les autoroutes, les salles de réunions et les chantiers. Car l’eau est partout, dans les sols, dans les nappes, dans l’air. Partout circulant, s’infiltrant, s’évaporant, partout se métamorphosant et partout reliant les territoires entre eux, désignant leur interdépendance, nous faisant rêver à leur solidarité.
La ligne de partage des eaux n’est donc pas seulement cette ligne géographique qui sépare des bassins versants mais elle est aussi la ligne politique qui relie des individus et des groupes qui ont quelque chose en partage : de l’eau, un territoire, un paysage.
Une communauté en somme, qui en se mirant dans ces eaux en circulation, ne peut que s’interroger sur sa propre agitation - et ce qu’il en restera.
Dominique Marchais, réalisateur

 

 


 

Avril 2014


Visages d’une absente de Frédéric Goldbronn (2013-95’)
mercredi 2 - 20h30 - salle Latreille - Tulle, en présence du réalisateur

L’absente, c’est la mère disparue du réalisateur, une figure qu’il convoque en interrogeant la mémoire de ses enfants, nés de pères différents et qui n’ont pas grandi ensemble. Il confronte ces mémoires trop pleines ou trop vides aux traces que sa mère a laissées, lettres et photos sans légendes ou parfois déchirées. Il retourne sur les lieux qu’elle a traversés, du 16ème arrondissement à Aubervilliers, en passant par Saint-
Germain-des-Prés, enquête dans les archives et découvre son secret, l’histoire douloureuse de son enfance et de sa jeunesse sous l’Occupation. Au fur et à mesure, ces fragments s’assemblent, restituant l’unité d’une vie qui, dans son désordre même, dit quelque chose de la liberté d’une femme du 20ème siècle.
« Ce film « avec » ma mère, je le porte depuis pas mal d’années. À chaque printemps, à l’anniversaire de sa mort - trente ans déjà - il se rappelle à moi avec un peu plus de nécessité. Dans son film Sans soleil, Chris Marker cite un poème de Samura Koichi : « Qui a dit que le temps venait à bout de toutes les blessures ? Il vaudrait mieux dire que le temps vient à bout de tout, sauf des blessures. Avec le temps, la plaie de la séparation perd ses bords réels. Ce qui demeure, c’est une plaie sans corps ».
C’est un film documentaire à la première personne. Une enquête, où je tente de pénétrer le mystère qui entoure la jeunesse de ma mère et ses origines, mais il est aussi, et surtout, une quête cinématographique où je crée des situations de remémoration, des scènes et des images qui peuvent faire advenir une présence, celle de ma mère disparue. Le film met ainsi en relation le maintenant et l’autrefois, le possible et le réel, le plein et le vide, le visible et l’invisible. Son point de vue est celui de l’enfance, l’enfance telle que ne peuvent la vivre que les adultes, à la fois comme promesse non tenue par la vie et comme puissance salvatrice, qui permet de sauver le passé dans le présent.
De la vie de ma mère, je savais, avant de me lancer dans mes recherches, peu de choses : les hôpitaux où elle fut laborantine, certains endroits où elle vécut. Elle ne parlait pas de son passé et menait une existence solitaire. Elle ne s’est jamais mariée. Elle attachait peu d’importance aux choses matérielles. Elle ramassait les chiens, et parfois les gens, qui traînaient dans la rue. Elle porta des valises pour le FLN et milita au MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception). Elle était affectueuse. Elle nous a laissé de rares objets, parmi lesquels la sculpture, grandeur nature, d’une tête d’enfant, seule rescapée d’une collection qu’elle avait fabriquée avant ma naissance, vestige d’un talent qui n’a pu éclore. Et aussi quelques lettres lumineuses et des photos sans légende dans une boîte dorée. Son absence et son mystère, comme une énigme qu’il me faut résoudre.
En fait, c’est l’histoire d’une famille qui n’en est pas une. Une famille de cinq enfants nés de quatre pères différents et qui n’ont pas grandi ensemble. Catherine, l’aînée, fut élevée dans une famille d’accueil. Serge, le cadet, a grandi dans une île lointaine avec son père, qui lui a longtemps caché l’existence de sa véritable mère. Anne et Patricia, confiées par la justice à leur père, partageaient leurs vacances avec notre mère, avant de vivre avec elle leur fin d’adolescence. Quant à moi, le benjamin, qui n’ai jamais connu mon père, je fus le seul qu’elle éleva jusqu’à mon départ, à l’âge de 17 ans. Aujourd’hui, un seul lien, aussi ténu que tenace, unit ces enfants : le souvenir de leur mère morte. Avec eux, je travaille la présence du passé. J’ouvre une brèche temporelle par laquelle je demande à chacun de rechercher l’image qui ressemble le plus à celle qu’il a perdue, et donner à voir à travers elle l’immanence de l’absente.
Mémoires débordantes, trop pleines ou trop vides, ou trop pleines de leur vide. En ce sens, le film ne prétend pas dire ce que fut ma mère mais ce qu’elle est aujourd’hui pour chacun de nous et ce que chacun de nous a hérité d’elle, nous qui sommes les seules traces qu’elle a laissées. Dans le halo de ces mémoires, il y a aussi ce que ma mère ne nous a pas transmis, ce qu’elle ne pouvait dire ; l’épais rideau qu’elle avait dû tirer sur son enfance et sa jeunesse pour continuer à vivre, et les légendes dont nous avons nourri notre origine. Ce secret, j’ai fini par le percer à force d’opiniâtreté dans mes recherches. C’est le placement de ma soeur Catherine à l’assistance publique à la fin de la guerre, au terme d’une invraisemblable enquête des assistantes de police et d’un jugement qui met ma mère au banc de l’infamie, au nom de l’ordre moral triomphant. Les éléments de cette enquête sont utilisés dans le film comme un autre regard sur l’absente, celui d’une société qui a failli la détruire et que viennent démentir les regards de ses enfants. En ouvrant cette enquête alors que tant de témoins ont disparu, je sais qu’il est bien tard pour obtenir toutes les réponses. Mais c’est là justement que peut commencer le temps du cinéma, celui de l’après, de la distance et du recul. C’est là aussi que peut commencer la refabrication de l’espace et du temps sous la forme d’un récit retravaillé. Un film où je m’efforce de poursuivre la vérité et qui révèlerait la vérité de la poursuite, celle du désir qui l’anime. »
Frédéric Goldbronn



droit de questions
Fille et fils de républicains espagnols. Fragments
avec Paloma León et Llibert Tarragó
vendredi 11 - 20h30 - salle Latreille bas - Tulle (voir journal 97 en pdf)

Cette soirée mêlera récits personnels et éléments de contexte historique.
Paloma León est née à Tulle de parents espagnols, réfugiés politiques arrivés en Corrèze en 1939. Elle est professeur d’espagnol, traductrice du galicien et du castillan. Elle a notamment traduit les poètes galiciens, Manuel Rivas, La disparition de la neige aux éditions N&B et Lois Pereiro dans la revue Friches, Cahier de Poésie Verte. Elle est co-auteure d’un livre pédagogique à propos de l’œuvre phare de l’écrivain Manuel Rivas : Le crayon du charpentier . C’est sur sa proposition que Patrick Séraudie a réalisé le film documentaire Une histoire galicienne qui traite de la répression franquiste en Galice. Pendant dix ans, elle fut la présidente de l’association France-Amérique Latine Limousin, puis co-fondatrice de l’Ateneo Republicano du Limousin qu’elle a animé pendant cinq ans. Aujourd’hui, elle se consacre à l’écriture et à la poésie. Elle vient de publier son premier ouvrage, un récit biographique Un tango pour la vie aux éditions Les Monédières, avec le soutien du Conseil Régional du Limousin et de la DRAC.
Llibert Tarragó est né à Brive-la-Gaillarde de parents réfugiés politiques espagnols. Il a été journaliste (La Montagne, L’Équipe, Le Monde) puis chef d’entreprise (communication et industries techniques du cinéma) et a créé la maison d’édition Tinta blava consacrée à la littérature catalane traduite en français, avant de travailler à l’histoire de la déportation espagnole, à l’écriture et à la photographie. Il est l’auteur notamment de Le puzzle catalan, une nation fiévreuse et Le Massif central, esprit des hautes terres (éditions Autrement) et co-auteur de l’ouvrage collectif Inconnues corréziennes- résonances d’écrivains (Archives départementales de la Corrèze).



artothèque
Découverte de la collection avec David Molteau,
en charge du relais Artothèque de Peuple et Culture
vendredi 4 - de 18h à 19h - médiathèque éric Rohmer - Tulle

Riche de 4 000 œuvres, la collection de l’Artothèque du Limousin est la plus importante en France. L’artothèque offre à chacun d’entre nous la possibilité d’emprunter une œuvre d’art, d’établir dans la durée un lien direct avec celle-ci. C’est ce « possible » qui fonde l’action de l’Artothèque du Limousin depuis 1986 : permettre à chaque habitant du Limousin, quel qu’il soit, où qu’il se trouve, de rencontrer durablement les démarches artistiques contemporaines.
Nous vous proposons des rencontres régulières autour de quelques œuvres choisies pour vous, afin de découvrir, d’échanger, de questionner.
Un dernier rendez-vous à venir le 16 mai à la médiathèque… à vos agendas !
Exposition Collection en mouvement autour des œuvres de Laurie-Anne Estaque, Alain Jacquet et Laurent Terras
du mercredi 9 avril au samedi 17 mai - médiathèque - Argentat
rencontre avec Laurent Terras le mardi 15 avril à 18h

ouverture mardi et jeudi de 9h30 à 13h30, mercredi de 9h à 18h et samedi de 9h30 à 16h30
Cette exposition est réalisée par l’Artothèque du Limousin - Faclim en partenariat avec la Communauté de Communes du pays d’Argentat, la médiathèque du pays d’Argentat, la DRAC Limousin et Peuple et Culture.
Laurent Terras vit et travaille à Sérilhac (Corrèze). Passionné de géopolitique, il effectue de nombreux voyages au cours de ses études notamment en Chine du Nord et au Pakistan. Il a également été photographe aérien pour l’armée de 1992 à 1993, période pendant laquelle il a réalisé près de 30 000 clichés. « C’est notre époque qui est comme ça, industrielle, avec Internet, les sondes sur Mars, les centrales nucléaires, la pollution. Les problématiques de mon travail sont venues de tout ce que je vis tous les jours, cela ne s’est pas décidé comme ça. J’essaie de montrer de manière plastique des choses qui m’intéressent ou me dérangent. Je ne dénonce pas, je montre. Nous vivons une époque où il est important d’être méfiant envers tout. L’art en soi, c’est un jeu. Ce qui est important, c’est la communication entre les gens ».
Laurie-Anne Estaque vit et travaille à Aubusson dans la Creuse. « L’œuvre de Laurie-Anne Estaque se construit sur un questionnement exigeant et toujours renouvelé : quelles sont les représentations du monde aujourd’hui ? La carte n’est-elle pas le lieu par excellence de l’expression d’une vision du monde ? Soutenue par la grâce d’un dessin très élaboré, Laurie-Anne Estaque découpe les cartes du monde, les renverse, les brode, et propose des mises à jour bien plus critiques que celles de l’I G N – et peut-être plus conformes à la réalité. » Jean Poussin, artothèque du Limousin.
Alain Jacquet - Approche chronologique, Terre et Visions. Vue de l’espace, la Terre n’est qu’un point. En 1969, la mission spatiale Apollo a rapporté une photographie de la Terre prise par les astronautes à leur réveil. De ce cliché, Jacquet tirera son First Breakfast en 1972, à partir duquel, il crée, entre 1978 et 1988, une abondante série d’œuvres, toutes dérivées de cette image unique. Jacquet s’approprie le globe tout entier comme point central de son œuvre. Le First Breakfast est progressivement déformé pour laisser apparaître les « Visions » de l’artiste. Le peintre reprend le pinceau qu’il avait abandonné depuis ses « Camouflages » pour révéler les figures camouflées sous la surface nuageuse. Il donne à voir les images de son inconscient qui habitent son regard et peuplent ses «Terres». Jacquet expose ses fantasmes et ses idées fixes et travaille à nous rendre voyants. La trame, le camouflage - toujours visibles dans la création de l’artiste - rendent l’œuvre difficilement lisible et contraignent le spectateur à un décryptage actif ; en cherchant à voir les images qui hantent Jacquet, le spectateur se trouve confronté à ses propres fantasmes, à ses propres « visions ». Jacquet brouille les images et les inconscients.



décade cinéma et société
14-18, Maudite soit la guerre…
du mercredi 30 avril au dimanche 4 mai - cinéma le Palace et médiathèque éric Rohmer - Tulle, avec Autour du 1er Mai (voir programme joint)

Eh bien non, hélas, la guerre de 14-18 n’a pas été la « der des der », sans doute fut-elle une des guerres les plus meurtrières du 20ème siècle. Tous les monuments aux morts des villages en témoignent dans cette France d’alors, encore majoritairement rurale.
Faire revivre, à travers le cinéma, tous ceux qui ont disparu ou sont revenus mutilés,
défigurés nous a semblé important : il ne s’agit pas seulement de devoir de mémoire, mais aussi de solidarité avec les millions de paysans, d’ouvriers, fauchés au combat. Il s’agit également de solidarité avec leurs familles, nos familles, les familles des tirailleurs sénégalais et des soldats venus des colonies, marquées par l’absence et le deuil dans la France de l’après-guerre.
Ce sujet sera traité à travers des thèmes qui ont encore un écho dans le présent, marque de fabrique de la Décade : la révolte des soldats contre la haute autorité militaire, le pacifisme et la fraternisation dans les tranchées, le rôle des femmes durant le conflit et le statut des images d’archives, souvent reconstituées ou colorisées. Dans notre société où la dématérialisation des supports prend de plus en plus d’importance, se pose la question fondamentale aujourd’hui du vrai et du faux dans les modes de représentation du réel.
Une exposition «L’écho des tranchées, la guerre de 14-18 vue par les auteurs de bande
dessinée» prêtée par la Bibliothèque Départementale de la Corrèze sera également visible au 1er étage du cinéma le Palace du 26 avril au 5 mai. Quand les approches thématiques et
graphiques se multiplient pour le plus grand plaisir des lecteurs.
Sylvie Dreyfus-Alphandéry, présidente de Autour du 1er mai



et aussi…
Entr’acte. Expériences cinématographiques d’avant-garde et regards sur la ville
vendredi 25 et samedi 26 - médiathèque éric Rohmer - Tulle, avec Autour du 1er mai et La cour des arts
séances à 18h30 et 20h30 le vendredi et à 14h30 et 16h le samedi.

Cette année La cour des arts souhaite s’associer à la démarche éprouvée par Autour du 1er mai en participant à la programmation de films qui s’inscrivent délibérément dans la création artistique. Il s’agira de vous proposer des films réalisés par des artistes.
On pense naturellement aux expériences menées par Man Ray dans ce domaine. Le choix se portera aussi vers des films qui traitent du thème de la ville, et la façon dont les artistes la voient. Par cette double approche, nous souhaitons montrer le travail en mouvement de l’artiste dans le processus de création. Comment le film rend-il compte d’une démarche artistique en la libérant du secret de l’atelier ? Aujourd’hui la vidéo en est une déclinaison, elle fait partie des moyens d’expression de nombreux artistes contemporains. La vidéo est à la fois un outil de la création et un des matériaux disponibles. Chaque séance sera suivie d’une discussion avec le public. Ce partenariat contribue à mettre en exergue un des aspects de la création artistique.
Le programme complet est à retrouver sur les sites de La cour des arts : www.lacourdesarts.org, Autour du 1er mai : www.autourdu1ermai.fr et la médiathèque éric Rohmer : www.mediatheque.tulleagglo.fr

 

 


mars 2014

Kinshasa symphony de Claus Wischmann
et Martin Baer (2010-95’)
samedi 8 mars- 20h30 - chambre d’hôtes Le Creuset - St Martin la Méanne

Dans l’obscurité totale, deux cents musiciens jouent la neuvième symphonie de Beethoven
« L’Ode à la joie ». Une panne de courant intervient quelques mesures avant l’achèvement de la dernière phrase. Mais pour le seul orchestre symphonique du Congo ceci est le dernier de leurs soucis. Depuis son fondement il y a quinze ans, les musiciens de l’orchestre ont survécu à deux coups d’état, plusieurs crises et une guerre civile. Heureusement il y a la passion pour la musique et l’espoir d’un avenir meilleur. Kinshasa Symphony accompagne des hommes et des femmes qui, dans l’une des métropoles les plus chaotiques au monde, s’attèlent à l’un des systèmes les plus complexes de la vie commune : un orchestre symphonique. Ce film fait le portrait du Congo d’aujourd’hui, des habitants de Kinshasa et de l’amour pour la musique.



Gagner sa vie de Laurence Kirsch (2012-52’)
vendredi 14 mars- 20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix

« Changez tout, changez tout pour une vie qui vaille le coup ! ». Vous vous rappelez ce refrain de Jonasz. Le film de Laurence Kirsch semble être l’illustration parfaite de cette aspiration qu’on a tous et toutes eue un jour. Des femmes en quête de justesse dans leur vie et du souffle nécessaire pour vivre en harmonie avec soi. Salariat ? Autonomie ? Quelle éthique de vie ? Laurence Kirsch filme sur la durée Nelly et Isabelle : des parcours, des choix semés parfois d’embûches, de joies et d’angoisses. Ne plus perdre sa vie à la gagner n’est pas si simple…
On reconnaît la légèreté patiente et sensible de la caméra de Laurence Kirsch. Son film marquant Présence Silencieuse avait eu l’audace généreuse et intimiste de nous montrer le basculement de son père dans l’étrange voyage qu’est la maladie d’Alzheimer. La durée, la patience, le rapport d’égalité filmeur/filmé se retrouvent dans Gagner sa vie. Suivre de longue haleine deux femmes de classes et milieux sociaux opposés, mais où chacun d’entre nous pourra se reconnaître tant le travail occupe ou a occupé de place et de questionnements dans nos vies.



Cultures en transition
de Nils Aguilar (2011-65’)
dimanche 16 mars- 16h45

Battement d’ailes - Cornil dans le cadre de la Bourse aux graines
A Cuba, en Angleterre, en France, la transition culturelle est en cours vers un futur dépassant l’insécurité alimentaire et les désastres écologiques. Le film donne à voir des alternatives répondant à la triple menace du changement climatique, de la raréfaction du pétrole et des crises économiques. Les solutions sont simples, modiques et écologiques. Du balcon-potager à l’agriculture nationale, elles favorisent les économies locales, les liens de voisinage, la résistance aux chocs extérieurs et la libre diffusion des savoirs. La transition n’est pas une révolution mais une évolution, inspirée de notre histoire. C’est un projet convivial à l’opposé de l’exploitation industrielle. L’agriculture y devient la clé de voûte de la culture.



Silence Radio de Valéry Rosier (2012-52’)
vendredi 21 mars- 20h30 - salle des fêtes - St Jal avec l’Amicale Laïque,

en présence de Radio Vassivière et de Céline Chastanet de Bram FM et Radio Grand Brive
Décidément ce mois de mars documentaire sera fortement marqué par la puissance de la voix. Ça se passe en Picardie et ça dit beaucoup des liens sensibles, des ondes magiques qui relient une communauté d’auditeurs. Ce petit geste du matin que font presque tous les amoureux de radio pour retrouver LA station préférée, LA voix qui accompagne le premier café, le premier pas sur la terre ferme au sortir du lit et des rêves. Silence Radio c’est le portrait touchant des auditeurs de Radio Puisaleine. Ces auditeurs d’ordinaire invisibles reliés par la même fréquence et ce tressage fort du lien social que permettent parfois les radios associatives de campagne. Tendre, drôle parfois de cette loufoquerie qui nous rend attachants, ces fans de chansons et variétés françaises. Le réalisateur Valéry Rosier par petites touches lève le voile sur ce qui fait les petits instants fragiles et merveilleux de ces auditeurs parfois esseulés. Le temps d’une chanson ou d’une dédicace. à une époque où les radios associatives sont menacées et jugées pas rentables, inutiles, Silence Radio quantifie par sa qualité humaine et cinématographique l’inquantifiable : nos petit suppléments d’âmes et de cœur…



droit de questions
Penser et agir autrement contre la misère avec Anne de Margerie, responsable du réseau Wresinski-culture d’ATD Quart Monde.
mardi 11 mars- 20h30 - salle Latreille - Tulle

Plus la crise économique et sociale liée à l’extrême libéralisme s’accentue, plus les idées reçues sur les pauvres se répandent. Plus cette crise est présentée comme une catastrophe naturelle contre laquelle on ne peut rien, plus ils sont convoqués au tribunal de l’opinion publique.
« Ce sont des assistés qui coûtent cher à la société » « d’ailleurs, s’ils voulaient vraiment chercher du travail, ils en trouveraient »
« de toute manière, on gagne plus au RSA qu’avec un SMIC »…
Dans ce flot de discours, les étrangers sont particulièrement visés :
« ils profitent des minima sociaux qu’ils ne perçoivent pas dans leur pays ».
Les vendeurs de papier Le Point et l’Express composent régulièrement leur page de couverture en accusant les pauvres d’être des assistés et des fraudeurs.
Défaire la chape de plomb du fatalisme et tenter de briser les murs de l’apartheid social qui s’est instauré en France (un des lits de la droite et de l’extrême droite !) c’est ce que tente de faire ATD Quart Monde dont une des particularités est d’associer à leurs actions les pauvres eux mêmes (ils sont appelés «militants»).

« Fondé en 1957 par Joseph Wresinski avec les habitants d’un bidonville de la région parisienne, ATD Quart Monde vise la destruction radicale de la misère comme d’autres ont visé l’abolition de l’esclavage. Cette ambition renvoie à l’organisation même de nos sociétés, à nos choix politiques tout comme aux réflexes de peur et de ségrégation. Ce défi exige de nous unir pour faire respecter les droits de l’homme pour chacun. Il suppose l’expression et la participation des plus pauvres, à tous les niveaux de notre société.» (extrait de la plaquette d’ATD Quart Monde).

La culture : Pourquoi ? Pour qui ?
Avant même que le Mouvement ATD Quart Monde soit créé, une des premières actions de son fondateur, Joseph Wresinski, a été d’installer une bibliothèque dans le camp, véritable bidonville, situé à Noisy-Le-Grand dont il avait été nommé aumônier. Une bibliothèque avec des livres neufs. Pas n’importe quoi, pas le surplus des autres... Il savait ce qu’il voulait et de quoi il parlait. Il était lui-même né dans la misère.
Depuis ce temps, la croyance dans la force de la culture pour redresser la tête est ancrée solidement dans notre mouvement. Elle commence par une démarche essentielle : celle d’accéder au savoir des populations avec lesquelles nous nous trouvons. La culture, en effet c’est d’abord une rencontre et un partage.
La rencontre et la confrontation avec d’autres. Les deux sont indispensables pour exister, pour se forger, acquérir une mémoire, une pensée, des savoir- faire, pour oser imaginer et bâtir l’avenir.
Le partage car il faut se rappeler que tous les hommes ont la même valeur, les mêmes aspirations. Que les plus pauvres ont une expérience riche, un bon sens, une capacité à faire réfléchir et que, pour finir, cette confrontation avec eux nous change nous-mêmes. Elle transforme et enrichit ce qu’on avait pensé sans eux.
Mais la rencontre et le partage seraient insuffisants s’ils ne s’inscrivaient dans le cadre de la loi : le droit à la culture. Notre perspective n’est pas de créer quelques activités au milieu de la misère, mais d’envisager une véritable politique culturelle fondée sur plusieurs principes notamment que le droit à la culture est à réaliser en même temps que celui des sécurités matérielles les plus élémentaires. Il se base sur le droit à l’expression et à la consolidation par tous de son propre savoir, de sa propre expérience. Il s’agit de permettre à toute une population de se savoir sujet de culture et à l’ensemble de la société de reconnaître que le plus pauvre de ses membres a droit à la culture et que sa contribution est essentielle à tous.
Anne de Margerie


artothèque
Découverte de la collection avec David Molteau,
en charge du relais Artothèque de Peuple et Culture
vendredi 7 mars- de 18h à 19h - médiathèque éric Rohmer - Tulle

Riche de 4000 œuvres, la collection de l’Artothèque du Limousin est la plus importante en France. L’ Artothèque offre à chacun d’entre nous la possibilité d’emprunter une œuvre d’art, d’établir dans la durée un lien direct avec celle-ci. C’est ce « possible » qui fonde son
action depuis 1986 : permettre à chaque habitant du Limousin, quel qu’il soit, où qu’il se trouve, de rencontrer durablement les démarches artistiques contemporaines. Nous vous proposons des rencontres régulières
autour de quelques œuvres choisies pour vous afin de découvrir, d’échanger, de questionner.
D’autres rendez-vous auront lieu les vendredi 4 avril et 16 mai de 18h à 19h à la médiathèque éric Rohmer. à vos agendas!


rencontre littéraire
Haine des femmes de Nadia Kaci

adaptation Mounya Boudiaf et Laurent Hatat, lecture par Mounya Boudiaf et Christophe Carasson
avec la Maison des auteurs des Francophonies en Limousin dans le cadre de Nouvelles Zébrures
samedi 29 mars- 18h - librairie L’aire libre - Argentat

La nuit du 13 juillet 2001, Hassi Messaoud, au sud de l’Algérie, à la suite d’un prêche virulent de l’imam, des dizaines d’hommes violent et torturent une cinquantaine de femmes. L’humiliation publique, le mépris de la famille, le silence de la presse étrangère et la peur des représailles succèdent à cette nuit de cauchemar que la plupart des victimes choisissent d’oublier. Mais certaines refusent de se résigner et exigent la condamnation des coupables - Rahmouna Salah et Fatiha Maamoura se sont battues jusqu’au procès. De leur enfance au sein de familles patriarcales à la naissance de leurs enfants, en passant par leurs mariages, répudiations et divorces, elles relatent la difficulté de vivre hors du joug des hommes dans une société qui connaît de terribles bouleversements.
Nadia Kaci est née à Alger où elle vit jusqu’à son départ pour Paris en 1993. Comédienne au cinéma, elle se fait remarquer dans Bab El-Oued City de Merzak Allouache avant de jouer une femme algérienne en exil dans Tunisiennes de Nouri
Bouzid en 1997. On la retrouve ensuite dans Ça commence
aujourd’hui de Bertrand Tavernier, Nationale 7 de Jean-Pierre Sinapi, qui lui offre un premier rôle, ainsi que dans plusieurs téléfilms. Au théâtre elle apparait dans des pièces d’auteurs algériens comme Le Patio du pays éperdu mis en scène par Ziani-Chérif Ayad, ou 1962 de Mohamed Kacimi. En 2003, elle écrit Femmes en quête de Terres, une pièce à plusieurs voix dont elle est l’unique interprète sur scène.



Février 2014

 


Quel cirque ! de Philippe Cornet (2012 - 53’)
vendredi 14 - 20h30 - salle des fêtes - St Jal avec l’Amicale Laïque

Dire que le documentaire est une question de regard, d’éclairage, de cadrage et de durée comme un pari sur la transformation des êtres : est-ce enfoncer une porte ouverte ?
En voyant Quel cirque ! on a pourtant bien envie d’enfoncer pleinement cette porte ouverte avec une joie d’enfant, une respiration retrouvée le temps d’un film.
« Pendant deux années, ce film documentaire suit la fabrication d’un poétique spectacle de cirque, baptisé Complicités, qui rassemble, à Bruxelles, onze handicapés mentaux et sept artistes professionnels. Un parcours à la fois glorieux et drôle, attachant et imprévu, qui n’échappe pas aux douleurs de la maladie mentale. »
Voilà le synopsis juste et concis qu’on trouve sur le site du festival national du film d’éducation, et on y apprend que le film a obtenu la mention spéciale du Jury jeune 2013, et de fait on
souscrit pleinement.
L’un des professionnels parle face caméra après un numéro d’improvisation avec deux coéquipiers handicapés et se livre un peu, sa hantise était qu’on fasse de cette création avec des êtres hors-norme un spectacle d’attraction où on aurait fait de ces onze-là des petits mimes de cirque, sans énergie propre, sans inventivité bien à eux, il craignait en somme que les normaux s’amusent à transformer des handicapés en poupées
circassiennes.
Mais voilà, la magie opère : le pari de l’intelligence et du travail rigoureux de Catherine Magis, la metteur en scène de Complicités, qui demande à toute la compagnie de dépasser ses limites avec exigence mais dans le détournement des techniques pour que chacun trouve sa juste place, ce pari est gagné et va jusqu’à faire dire à ce professionnel ‘‘normal’’ :
« mais en fait moi aussi je suis un handicapé et on ne m’a rien dit ! ».
Quel Cirque ! est aussi un film sur la rencontre et sur le dépassement. Filmé avec un Canon 5D ainsi qu’une caméra Sony HD et un souci constant du cadre, de la beauté du corps et des visages, le documentaire de Philippe Cornet procure bien après le générique de fin une sensation forte. On est frappé par la chaleur des couleurs et l’attention portée aux visages, aux transfigurations. Ce qui me vient aux lèvres à la sortie de ce film, c’est juste un petit bout de Brassens : « Et dans mon âme, il brûle encore à la manière d’un feu de joie ».
Le choix de la musique originale, de certains moments de vie forts et tendres de la compagnie et des familles des handicapés, font du film de Philippe Cornet une interrogation profonde, toute en légèreté, sur l’essence de nos vies. Pourquoi ne pas se le prescrire vendredi à St Jal comme un élixirque, permettez le néologisme, dont s’inspirer pour bricoler nos vies ?



droit de questions
Amérique latine : nouveaux défis, nouvelles perspectives…
avec Maurice Lemoine, écrivain, ancien rédacteur en chef du Monde Diplomatique
vendredi 21 - 20h30 - salle de l’Université Populaire - Tulle

« Au lieu de combattre la pauvreté, on combat les pauvres », tel est le propos par lequel le cinéaste
Patrick Jean commence son film La raison du plus fort qui loin d’une image de la ‘‘démocratie européenne’’ où tous ont une chance, offre un regard critique d’une société parfois sordide
- la nôtre - où on tend à répandre l’idée dominante selon laquelle le système capitaliste mondialisé rendrait impossible et vaine toute tentative de s’attaquer à la pauvreté et à la question de la répartition des richesses.
Or plusieurs pays d’Amérique latine, inclus dans ce même système, ont grâce à une volonté de transformation politique, expérimenté et réalisé des avancées considérables dans ce domaine et dans d’autres. Certes, les ‘‘modèles’’ ne sont pas exportables, en revanche toute expérience qui bat en brèche le ‘‘on ne peut pas faire autrement’’ est salutaire pour chacun de nous.

C’est pour cette raison que nous avons souhaité inviter Maurice Lemoine pour ce Droit de questions dans lequel il traitera des révolutions citoyennes et des réformes sociales qui ont transformé plusieurs pays de l’Amérique latine, du Venezuela à l’équateur en passant par le Brésil et la Bolivie.
Il est aussi un spécialiste de la situation en Colombie qui vit depuis 50 ans un conflit armé qui, malgré son extrême violence, demeure mal connu. Le 18 octobre 2012, le gouvernement du Président Juan Manuel Santos et les FARC ont entamé un dialogue de la paix à La Havane. Pour comprendre les dessous de cette négociation, il interrogera les racines politiques, sociales, économiques et historiques de cet affrontement et se demandera si pour construire une paix juste et durable, la Colombie saura ou pourra s’inspirer des transformations politiques des autres pays d’Amérique Latine.
Maurice Lemoine vient de publier Sur les eaux noires du fleuve (éd. Don Quichotte), romanconsacré à la Colombie.


atelier théâtre
Toujours est-il
samedi 22 - 20h30
dimanche 23 - 17h

Amphithéâtre des Treize Vents - Ecole Internationale des Métiers - Tulle
Textes : les participants de l’atelier théâtre de Peuple et Culture et Philippe Ponty
Mise en scène : Marie-Pierre Bésanger
Avec : Sandrine Beaubert, Hélène Chastagner, Valentine Dagoneau, Pierre-Vincent Estrade, Nadia Mokaddem, Gaétan Murat et Philippe Querel.
En coopération avec Les Treize Vents qui ont accueilli les répétitions depuis novembre 2013.
Participation : 5€ (ou plus si vous le souhaitez).
« Chez Bob », à Châteauroux.Un café un peu bohême, un peu au bord du monde, dans la zone industrielle en ‘‘reconversion’’, au bord de la nationale. L’usine de rétroviseurs Laborit, toute proche, a fermé il y a cinq ans. Les anciens employés se retrouvent sur cet improbable radeau. Pour continuer ?
Toujours est-il se présente comme un puzzle, une collection de poupées russes, entre incarnation, récit, et secrets de fabrication.
Et puis il y a cette entêtante question : pourquoi Châteauroux ?
Le groupe travaille depuis un peu plus d’un an chaque semaine. Au départ, il y a le projet du Bottom Théâtre sur le texte Permafrost de Manuel Antonio Pereira. La lecture commune du texte donne l’envie d’élargir le propos autour de l’emploi, de ses interactions avec l’intime, le quotidien, des relations humaines qu’il induit. Le groupe improvise, développe des pistes sur la question de la perte, de la résistance à l’abandon, des liens qui perdurent, des vies qui s’entrecroisent. On lit d’autres textes. Puis viennent des personnages, un environnement, une histoire. On écrit, on essaie, on prend des voies sans issue, on revient, et puis une forme se dégage et l’urgence de donner tout cela au public fait le reste. Au bout du compte, on ne racontera pas seulement une histoire, une fiction. On dira aussi comment on (en) est arrivé là.
L’atelier théâtre est conduit par Marie-Pierre Bésanger et Philippe Ponty, du Bottom Théâtre, depuis 2009.

Permafrost
Le Bottom Théâtre créera le 26 septembre 2014 le spectacle Permafrost de Manuel Antonio Pereira au Théâtre du Cloître de Bellac dans le cadre du 31ème festival International des Francophonies en Limousin.
Le texte met en jeu la rencontre entre une ouvrière et un ouvrier d’une usine de métallurgie.
« Une voix féminine nous parle, s’approche et nous invite. Elle dit les gens ordinaires, petits employés d’une entreprise. Elle dit les êtres à la vie gelée, auxquels nul ne s’intéresse. Sauf quand les vagues de suicides interpellent la presse. Dans ce monde, la femme est attirée par un homme. Un bloc minéral, un homme cambouis, ami des machines, ses seules compagnes. Un étranger venu d’une autre ville. Le jour, il erre sur les routes. La nuit, dans l’immense fabrique, il répare et surveille les machines. Parfois, il escalade la fenêtre d’une jeune fille, et joue à caresser son ombre. Le plus souvent, il est une énigme, qui préfère le silence du métal et des engrenages. Il fabrique d’étranges objets mécaniques. On parle d’œuvre d’art. Cette femme qui s’adresse à nous veut être quelqu’un pour lui. Essayer l’amour, pourquoi pas.»
Permafrost parle de cette envie irrésistible d’aller nous asseoir au creux des autres. Qui est également une peur. C’est aussi une histoire à deux. La mise au monde de quelque chose de plus grand que soi.

Soudure (2014-2015)
Lors d’un séjour à Bellac en octobre 2013, Marie-Pierre Bésanger pousse la porte des Chaîneries Limousines, entreprise de 80 salariés spécialisée dans la production de chaînes en acier exportées dans le monde entier.
Le lieu principal de la pièce Permafrost est une usine, avec des machines-outils qui jouent un rôle essentiel dans le parcours du personnage principal. Elle souhaite donc rencontrer et découvrir concrètement l’univers réel du métal et de son industrie, inconnu d’elle jusqu’alors.
M. Lauwers, directeur des Chaîneries, se montre sensible à cette démarche et invite l’équipe artistique à venir séjourner deux jours et deux nuits dans l’usine. Elle y approche les employés, leurs postes de travail, les univers sonores, les gestes, les odeurs, les rythmes, les matières… La rencontre est simple, les artistes et les employés y partagent leur curiosité.
Dès lors, Soudure est en route. Le projet implique plusieurs résidences de l’équipe artistique dans l’usine, un recueil de paroles et d’images, un partage entre les corps de métiers de la métallurgie et du spectacle vivant, une expo dans l’usine, une forme théâtrale légère et itinérante construite à partir de la matière des résidences.

à propos de Manuel Antonio Pereira
Né en 1965, Manuel Antonio Pereira, de nationalité franco-portugaise, réside en Belgique depuis treize ans. Il entreprend des études à l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle (INSAS), section mise en scène, d’où il sort en 1994. 
En 1995, il fonde à Bruxelles le groupe Tsek. Depuis il se partage entre écriture et mise en scène.
Manuel Pereira a été accueilli en 1996 en résidence d’écriture à La Comédie de Valence (3 mois, à l’invitation de Philippe Delaigue), puis à La Chartreuse de Villeneuve-Lez-Avignon en 2005 où il travaille sur Requiem pour une cascadeuse et La balade du non mort. En novembre 2006, il effectue une troisième résidence d’écriture au Théâtre Les Tanneurs à Bruxelles au cours de laquelle il met en scène Requiem pour une cascadeuse.
De 2006 à 2008, une résidence lui a été proposée au théâtre Les Tanneurs, à Bruxelles. Il y a réalisé un travail d’accompagnement à l’écriture avec des sans-abris et des gens vivant ou ayant vécu dans une grande précarité. Ce travail, intitulé Les Invisibles, se poursuit jusqu’en 2010.
Sa pièce Mythmaker a été achevée lors d’une seconde résidence à La Chartreuse, en septembre-octobre 2008. Elle a été sélectionnée par le Théâtre National de Bruxelles et mise en voix dans le cadre du Festival des Ecritures, en mars 2009.




 

Janvier 2014

cinéma documentaire

Merci Ovide de Catherine Harnois et Jacques Meaudre (2010-78’)
vendredi 10 - 20h30 - salle Latreille - Tulle - entrée libre

C’est une école de banlieue parisienne a priori tout ce qui y a de plus ordinaire. Ou plutôt un groupe scolaire puisqu’il va de la maternelle à la fin du collège. Une école publique ouverte à tous, pas une école privée à la pédagogie hors du commun et réservée à une élite fortunée, pas non plus une école totalement alternative à l’écart des contraintes de la société. Simplement une école publique au personnel dépendant de l’Education nationale mais avec quelques petites différences. Des petites différences qui changent tout, qui font que chaque enseignant, chaque élève qui est passé par Decroly s’en souvient des décennies plus tard, en reconnaissant que l’école a forgé sa vie d’homme et de femme et l’a rendue probablement différente. Et ça méritait bien un film.
Ovide Decroly est un neuropsychiatre belge du début du siècle qui développa cette approche pédagogique. La projection est organisée l’initiative de l’association Ecole Publique Expérimentale.
L’’association Ecole Publique Expérimentale a été créée par des parents, des familles, des enseignants, des éducateurs qui coopèrent pour la mise en place d’une école publique avec un projet éducatif et pédagogique alternatif dans Tulle. La projection sera suivie d’une introduction et d’un débat autour de ce projet.


 

L’art de vieillir de Jean-Luc Raynaud (2007-74’)
samedi 11 - 20h - chambre d’hôtes Le Creuset - St Martin-la-Méanne,

entrée libre
Des hommes et des femmes, de soixante-dix-sept à quatre-vingt-dix ans, libérés du jugement d’autrui, entrelacent leur art de vieillir dans une sorte de plénitude inattendue. Ce film se propose de balayer, l’une après l’autre, les idées toutes faites qui nous bouchent l’horizon du vieillissement.
Quand on arrive à 50 ans, tout d’un coup on entre dans un autre pays. C’est-à-dire que tout se défait. Et à mesure que les choses se défont, il y a une espèce de grâce qui s’installe. Ça c’est difficile à comprendre.
Confronté à la vieillesse difficile de ses parents, le réalisateur a mené l’enquête auprès de trois hommes et deux femmes de 71 à 92 ans afin de découvrir le secret de leur art de vieillir. Le film nous livre leurs mots, leurs expériences, leur clairvoyance et leur simplicité, leur fraîcheur. Si leur épanouissement est bien sûr lié à leur nouveau rapport au temps, c’est le jouir qui illumine leurs yeux : jouir de chaque petite victoire sur soi-même, jouir de la disparition momentanée d’une douleur, et surtout jouir du jouir que l’on donne. La clé de leur bonheur semble tenir à la perte progressive de l’ego, la reconnaissance de l’autre. Face à leurs vieillesse tranquillement flamboyante, «ces vieux fous, ces vieilles folles» stigmatisent les tabous et la répression que leur opposent famille et société.
Prix du meilleur documentaire, Festival des Films du Monde (Montréal 2006).

Thérèse Clerc, protagoniste du film
Thérèse Clerc est née en 1927 à Paris. Mariée à 20 ans, mère de quatre enfants à 32, elle fréquente la paroisse du Bon Pasteur, rue de Charonne. L’église décille ses yeux sur les questions sociales et, en mai 1968, elle bat le trottoir pour vendre Témoignage Chrétien. Quelques mois plus tard, elle signe son premier contrat de travail : vendeuse de machines à coudre pour fillettes aux Grands Magasins. Elle divorce en 1969.
1972 : Thérèse Clerc adhère au MLAC (Mouvement pour la Libération de l’Avortement et de la Contraception) et pratique des avortements militants. C’est le début de ses engagements et de son militantisme, plus particulièrement pour la cause des femmes. Elle fonde la Maison des Femmes à Montreuil en 2001 et pose en 2007 la première pierre de la Maison des Babayagas, maison de retraite collective, solidaire et unisexe.
Baba Yaga (Баба-Яга en russe, Baba Jaga en polonais) est une figure de la mythologie slave. Elle apparaît dans de nombreux contes russes, bulgares et polonais. On la représente souvent comme une sorcière unijambiste vivant dans les tréfonds de la forêt). La maison des Babayagas est un lieu de vie pour des vieilles femmes, citoyennes solidaires, laïques et d’orientation écologique. C’est une autre manière de vieillir et un lieu entièrement auto-géré.
«Nous voulons changer le regard des vieux et des vieilles sur eux-mêmes et sur la société et surtout le regard de la société sur la vieillesse. La maison des Babayagas est une expérience d’innovation sociale, c’est un projet politique qui, au bout de treize longues années de combat, a enfin pu voir le jour. Pour l’heure, nous comptons quatorze locataires. Les huit premières Babayagas ont emménagé début novembre Nous sommes les semeuses du futur car mourir vieux c’est bien mais vieillir bien c’est mieux. D’ici 2050, un tiers de la population française aura plus de 60 ans. A l’avenir, il faudra davantage de projets d’autogestion des vieux.
La Maison des Babayagas est aussi un lieu de partage d’expérience. Le rez-de-chaussée, un espace de 120 m2, est entièrement dédié à la recherche et la formation sur le mieux vieillir».


 

Les éclaireurs de Simone Fluhr et Daniel Coche (2011-94’)
mercredi 22 - 20h30 - salle Latreille - Tulle, entrée libre

en partenariat avec RESF (Réseau Education Sans Frontières), et en présence de Louise Akakpovie, ancienne bénévole puis salariée du Casas.
Le documentaire serait-il aussi ce miroir que l’on promène le long d’un chemin ?
Les éclaireurs c’est un cheminement d’une heure trente au cœur du CASAS (Collectif pour l’Accueil des Solliciteurs d’Asile à Strasbourg), une association strasbourgeoise dédiée à l’accompagnement des candidats à l’asile politique ou au statut de réfugié. Disons candidats parce que leur parcours relève à la fois d’une loterie tragique (11% de demandes acceptées en France, 25 % après recours) et d’un parcours de demandeur d’emploi, de demandeur de place ici en Europe.
Où l’on voit des bénévoles et quelques salariés se débattre avec des familles qui ont fui des persécutions qu’ils racontent dans leur dossier d’OFPRA. Traducteurs bénévoles, locaux rudimentaires mais écoute attentive, profonde, de ces parcours, de ces histoires de vies faites de traumatismes, d’errances, ballotées de camps de réfugiés en centres de rétention. Et très souvent, avant même l’écoute, il faut rechercher dans l’urgence un hébergement décent parce que l’Etat, dont c’est pourtant l’obligation, se révèle incapable de loger ces familles. (1 personne sur 4, c’est la proportion de demandeurs d’asile primo-arrivants accédant à un centre d’accueil pour demandeur d’asile en France. L’immense majorité se retrouve à la rue ou en hébergement d’urgence avec un accompagnement juridique réduit, voir inexistant).
Traumatisme encore : c’est peut-être de constater que la France des Droits de l’Homme et plus encore la ville de Strasbourg, qu’on avait rêvée gardienne des lois de l’Europe, n’ont pas précisément le reflet qu’on aurait voulu voir dans le miroir... Pour mémoire, l’Europe accueille 42 fois moins de réfugiés syriens que la Turquie, la Jordanie, ou le Liban réunis.
Simone Fluhr et Daniel Coche ont posé la caméra en témoins justes, juste en témoin d’un combat qui se livre chaque jour, partout en Europe.
Nadia Mokaddem, Erwin Bliesenick,et Louise Akakpovie.

Le film sera projeté en présence de RESF, de Louise Akakpovie protagoniste du film (elle a été bénévole puis salariée du CASAS, et aujourd’hui toujours membre de l’association), et de la réalisatrice Simone Fluhr (sous réserve).
Simone Fluhr qui travaille au Casas a aussi constitué un ouvrage rassemblant réflexions et témoignages des demandeurs d’asile. En voici un extrait :

«A l’Ofpra*, c’était difficile. Il m’a fallu emmener mon fils, c’était encore un enfant, il voulait aller aux toilettes, puis il grimaçait derrière les murs de verre, puis il voulait jouer à cache-cache… J’ai senti durant mon entretien combien à l’Ofpra ils étaient fatigués, pas seulement à cause de mon enfant, mais fatigués de ces histoires, les nôtres, la mienne, parce que tous les jours ils entendent les mêmes.
J’ai été transférée dans un Cada (Centre d’accueil des demandeurs d’asile) à Paris. Et dès mon arrivée j’ai reçu le rejet de l’Ofpra. Là-bas, c’était terrible. La directrice m’a fait savoir qu’elle n’aimait pas du tout les russophobes. Pour mon recours, aucune aide ne m’a été accordée, mais malheureusement, par ailleurs, le Cada me versait de l’argent.
J’ai mis le maximum de cet argent pour la traduction de mon recours, pour pouvoir m’entretenir avec un avocat, j’ai eu beaucoup de chance, j’ai trouvé un traducteur intègre et compétent. Et j’ai trouvé un avocat exceptionnel, maître Laurain, qui m’a reçue au moins sept fois.
Après j’ai eu une réponse positive. Quand j’ai dit merci à mon avocat, il m’a demandé quels étaient mes projets. Je ne savais pas. Jusqu’à maintenant, il n’y avait qu’une seule et unique chose à atteindre, et tellement improbable, tellement aléatoire : le statut de réfugié. Maintenant que je l’avais, je me rendais compte que je n’avais jamais pu penser à la suite. La suite à laquelle je pensais parfois, et à laquelle je me défendais de penser de toutes mes forces, c’était un trou noir, c’était : que faire si j’étais rejetée ? Rien, je ne pourrais rien faire, et dire cela à mon enfant serait impossible.
Maintenant, je pouvais rester et vivre en France, et pourtant je n’étais pas à Paris, je sentais que ce n’était pas ma ville. Ma ville c’était Strasbourg. Peut-être parce que c’est là que j’étais arrivée, c’est là que j’avais trouvé mes premiers repères, c’était la ville d’accueil de ma demande d’asile, même si bien des choses ont été difficiles. Je comprends le drame des familles qui sont transférées ailleurs au bout de six mois, parfois un an. C’est comme un nouvel exil, un nouvel arrachement. On perd à nouveau les quelques liens et repères qu’on avait pu trouver.
Alors, en novembre 2001, deux ans après mon arrivée en France, je suis revenue à Strasbourg. J’ai retrouvé le Casas dans le cadre d’un stage lors d’une formation linguistique. Puis j’ai continué à y aller bénévolement, parce que je sais combien c’est important le dossier de demande d’asile, je sais combien c’est important de pouvoir comprendre et se faire comprendre quand on ne parle pas la langue.
Le Casas c’est ma maison. J’étais dans la situation des demandeurs d’asile et je me sens toujours comme eux. J’aime l’atmosphère, le contact chaleureux que chacun essaie de créer. L’autre jour, un demandeur d’asile m’a dit : « Dans ma tête, je suis tranquille quand je suis ici, je suis comme chez moi, à la maison ». Je lui ai répondu : «Pour moi, c’est la même chose».
* Ofpra : Office français de protection des réfugiés et apatrides

La Coordination française pour le droit d’asile (CFDA) a présenté en février 2013 son rapport intitulé «Droit d’asile en France : conditions d’accueil – Etat des lieux 2012». Le constat dressé après plusieurs mois d’enquêtes réalisées dans 31 départements de quinze régions en France, montre que le système d’asile est à bout de souffle.
Les vingt associations regroupées au sein de la CFDA tirent la sonnette d’alarme sur le système français d’asile. Alors que le nombre de demandes d’asile a tendance à baisser (41 222 primo-demandeurs adultes en 2012 soit moins qu’en 1989 (61 400), ou 2003 (52 200), la CFDA dénonce l’incapacité à sortir d’une logique qui porte atteinte aux droits des demandeurs.
L’enquête révèle que les délais pour accéder à la procédure d’asile sont de plus en plus longs. La gestion par les préfectures de région de l’accueil des demandeurs d’asile complique souvent l’accès matériel à la procédure et conduit parallèlement à la saturation des services administratifs. Faute d’infrastructures suffisantes, les conditions dans lesquelles sont accueillis des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants se résument aux dispositifs d’urgence ou à la rue. L’Etat se défausse de ses responsabilités en laissant les associations pallier son inaction.
Une demandeuse d’asile malienne raconte les conditions d’accueil en préfecture : «Je me présente presque toutes les semaines. Les policiers ne nous traitent pas comme des humains. Comme si tu mentais sur les raisons qui t’ont fait fuir ton pays. Tu passes la nuit dehors dans le froid. On te reçoit 5 minutes. On te dit qu’il n’y pas de place. Après on te renvoie chez toi sans explication. Et tu recommences». Ayant fui les menaces pour son engagement contre l’excision, elle attend depuis un an en France de pouvoir déposer son dossier.
Au final, les personnes qui sont venues en France pour chercher refuge contre les persécutions sont à nouveau mises face à un danger : celui de ne pouvoir déposer à temps leur demande d’asile ou d’être déboutées de leur demande, faute d’avoir pu correctement exposer leurs craintes de persécutions.
«La prise en charge des demandeurs d’asile est déshumanisée et incohérente, déplore Franck Ozouf, rédacteur du rapport. Déshumanisée, car de plus en plus de demandeurs ne sont pas ou mal accueillis et les organisations d’aide financées par l’Etat contraintes à délaisser l’accompagnement social et juridique pour un travail de gestion administrative. Incohérente, car le coût augmente par des systèmes de contrôle, une dissuasion à tous les niveaux de la procédure et une préférence donnée au dispositif d’urgence, cher et précaire, le tout pour un service rendu bien loin des normes minimales d’accueil».
La CFDA appelle à une réforme en profondeur de la procédure d’asile et du dispositif d’accueil des demandeurs d’asile. La course à la réduction des délais et la lutte contre les détournements de procédure doivent céder la place à une réflexion d’ensemble pour assurer l’accueil et la protection des réfugiés grâce à une procédure efficace et équitable.
Communiqué CFDA du 13 février 2013



Rencontre et casse-croûte autour des œuvres du relais artothèque de Peuple et Culture.
vendredi 24 à partir de 18h30- local PEC- Tulle

Riche de 4000 œuvres, la collection de l’Artothèque du Limousin est la plus importante en France. L’artothèque offre à chacun d’entre nous la possibilité d’emprunter une œuvre d’art, d’établir dans la durée un lien direct avec celle-ci. C’est ce « possible » qui fonde l’action de l’Artothèque du Limousin depuis 1986 : permettre à chaque habitant du Limousin, quel qu’il soit, où qu’il se trouve, de rencontrer durablement les démarches artistiques contemporaines.
Trois types d’abonnements sont proposés pour les particuliers, les établissements scolaires et les collectivités ou entreprises.
La présence de notre relais à Tulle profite essentiellement au public scolaire et doit également bénéficier au plus grand nombre.
Nous vous proposons de partager un moment autour d’ œuvres afin de découvrir, d’échanger et de débattre.
Nous tenterons ensemble d’y voir plus clair dans les enjeux des nouvelles formes et attitudes souvent transgressives des artistes, et dans le déplacement de la notion même d’œuvre d’art.
Enfin, le parcours intime de chacun conditionnant le regard posé sur l’art contemporain fait que votre parole, vos questionnements nous intéressent.
La rencontre sera suivie d’un casse-croûte qui peut permettre de poursuivre les échanges de manière plus informelle. Chacun apporte du salé, du sucré ou du liquide à partager.
David Molteau



 

programme 2013


Décembre 2013

Route 60 de Alaa Askhar (2012-74’)
vendredi 6 - 20h30 - cinéma Le Palace - Tulle, en présence du réalisateur,
à l’initiative des Amis de Jayyous et en collaboration avec Corrèze Environnement, Mashikuna, Le CCFD Terre Solidaire et Peuple et Culture.

« Un périple poétique dans la vie quotidienne de Palestiniens, en Cisjordanie, à la rencontre de rêves et de passions, de l’espoir et du désespoir. Pour la première fois de ma vie de Palestinien citoyen d’Israël, je suis parti pour incarner l’expérience de l’occupation qui, tout au long de ma jeunesse, fut dénaturée… »
Citoyen Israélien, Palestinien de Galilée, Alaa Ashkar, après avoir étudié à Sciences-Po et beaucoup voyagé dans le monde, se pose des questions sur son identité. Son éducation à l’école israélo-arabe, la politique de peur instillée par l’Etat d’Israël au sein de sa population, les pressions de la société israélienne, ont façonné sa vision des territoires occupés, lui ont appris à se défier des Palestiniens de Cisjordanie. Il décide d’aller voir par lui-même. Pour cela, il nous conduit sur la Route 60 qui traverse du nord au sud la Cisjordanie et nous fait partager ces rencontres. Aux Palestiniens d’Hébron, de Bethléem, de Naplouse, de Ramallah, de la vallée du Jourdain ou du camp de Balata, il pose la question de ce qu’est pour eux l’occupation, quels sont leurs rêves, leurs ambitions.
Il réalise avec nous que l’occupation n’est pas seulement physique mais qu’elle pèse sur toute la vie des Palestiniens.
La Ligue des droits de l’homme, Amnesty France, le CCFD Terre Solidaire et l’association France Palestine Solidarité soutiennent le film « Route 60 » du réalisateur Alaa Ashkar.

 


 

Novembre 2013


Pierre Rabhi, au nom de la terre de Marie-Dominique Dhelsing (2013-98’)vendredi 8 - 20h - Chambre d’hôtes Le Creuset - Saint Martin la Méanne,
Pierre Rabhi est paysan, écrivain et penseur. Il est l’un des pionniers de l’agro-écologie en France. Amoureux de la terre nourricière, engagé depuis 40 ans au service de l’homme et de la nature, il appelle aujourd’hui à l’éveil des consciences pour construire un nouveau modèle de société où une «sobriété heureuse» se substituerait à la surconsommation et au mal-être des civilisations contemporaines.


Cultures en transition de Nils Aguilar (2012-52’)-en collaboration avec Terre de Liens Limousin
samedi 23 - 20h - librairie L’Aire libre - Argentat
A Cuba, en Angleterre, en France, la transition culturale est en cours vers un futur dépassant l’insécurité alimentaire et les désastres écologiques. Le film donne à voir des alternatives répondant à la triple menace du changement climatique, de la raréfaction du pétrole et des crises économiques. Les solutions sont simples, modiques et écologiques. Du balcon-potager à l’agriculture nationale, elles favorisent les économies locales, les liens de voisinage, la résistance aux chocs extérieurs et la libre diffusion des savoirs. La transition n’est pas une révolution mais une évolution, inspirée de notre histoire. C’est un projet convivial à l’opposé de l’exploitation industrielle. L’agriculture y devient la clé de voûte de la culture.


La relève de Julette Warlop (2012-52’) vendredi 29 - 20h30 - Salle des fêtes - Saint Jal
Cela fait plus de trente ans que Didier Ménard est médecin généraliste à la cité du Franc-Moisin (Seine-Saint-Denis). Mais qui va le remplacer quand il va prendre sa retraite ? Comment donner envie à de jeunes médecins de venir s’installer dans ce quartier déshérité ? Epaulé par une association implantée de longue date, il crée un centre de santé associatif inédit, La Place Santé, réunissant médecins et médiatrices de santé. Maxime et Mathilde ont à peine 30 ans. Avec trois autres jeunes collègues, ils font leurs premiers pas dans ce centre de santé en tant que médecins généralistes. Pour eux, une chose est sûre : ils ne veulent plus pratiquer la médecine comme leurs aînés !


droit de questions
Famines au Sud, Malbouffe au Nord avec Marc Dufumier
, ingénieur agronomedans le cadre de la semaine de la solidarité internationale en partenariat avec Corrèze Environnementmercredi 6 - 20h30 - Amphithéâtre du Conseil Général - Tulle.
Ingénieur agronome et enseignant-chercheur français, Marc Dufumier dirige la chaire d’agriculture comparée à AgroParisTech. Il a été impliqué dans de nombreux projets de développement agricole, en France comme à l’étranger, et a milité dans diverses associations de solidarité internationale. Il a notamment réalisé de nombreux séjours dans les pays du Sud en appui à des politiques de réforme agraire, des programmes de sécurité et de souveraineté alimentaire et des projets de développement agricole et rural. Expert auprès de la FAO et de la Banque mondiale, il est régulièrement sollicité par les gouvernements étrangers confrontés à des crises alimentaires ou agricoles. Il est depuis 2007 membre du Comité de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot la nature et l’homme (FNH), et a représenté la Fondation dans le groupe « adopter des modes de production et de consommation durables : agriculture, pêche, agroalimentaire, distribution, forêts et usages durables des territoires » du Grenelle de l’environnement. Il est opposé au développement des cultures OGM. Il est membre du Conseil stratégique de l’agriculture et de l’agro-industrie durables (CSAAD) au ministère de l’Agriculture et de la Pêche et président de la nouvelle association pour la fondation René Dumont.
«L’agriculture biologique est surtout réputée pour sa contribution à la fourniture de produits agro-alimentaires sains, sans hormones de croissance ni résidus pesticides. On lui reconnaît aussi souvent sa capacité à préserver un environnement agréable et à ne pas trop porter préjudice aux potentialités productives des écosystèmes. Mais du fait de ses moindres rendements à l’hectare, il lui est fréquemment reproché de ne pas être suffisamment productive. Trop chers, les produits bios, ne seraient pas aisément accessibles aux couches sociales les plus modestes. Et pire encore, aux dires de certains, il serait illusoire d’imaginer pouvoir nourrir correctement et durablement une population mondiale sans cesse croissante avec cette forme d’agriculture.
La réalité est en fait tout autre. La faim et la malnutrition proviennent de la pauvreté de paysans qui, dans le Sud, ne parviennent pas à résister à la concurrence des surproductions exportées par les pays du Nord et sont parfois contraints de s’exiler vers les bidonvilles sans pouvoir y trouver des emplois rémunérateurs. Il convient donc en fait de créer les conditions qui permettront aux paysanneries pauvres du « Sud » de dégager des revenus suffisants pour à la fois satisfaire leurs besoins essentiels et investir dans l’amélioration de leurs systèmes de culture et d’élevage, de façon à assurer par elles-mêmes l’alimentation de leurs propres pays.
Les Européens seraient quant à eux bien inspirés de cesser la surproduction de denrées standards difficilement exportables et de réorienter leur agriculture vers la fourniture de produits de toujours plus grande qualité gustative et sanitaire, en réduisant leurs émissions de gaz à effet de serre et sans causer de dommages à leur environnement. Cette réorientation de notre agriculture vers des formes de production plus durables et artisanales aurait aussi l’avantage de mettre fin à nos surplus récurrents de produits « tout venant » exportés vers les pays pauvres du Sud. La défense d’une agriculture bio, respectueuse de l’environnement et soucieuse de la qualité de nos aliments en Europe, n’est en rien contradictoire avec le droit des nations du Sud de reconquérir leur sécurité et souveraineté alimentaires. Bio et local, c’est l’idéal pour toutes les nations, au Nord comme au Sud».
Marc Dufumier
extrait de son livre Famines au Sud, Malbouffe au Nord, Nil Editions, Paris 2012


Terres Rouges de Roger Eymard
A l’occasion de sa sortie, présentation du livre
20h30 - salle de l’UP - Tulle
Luttes populaires en Corrèze, au 20ème siècle 1900-2000
Depuis qu’il y a des écrivains, et qui écrivent sur la Corrèze, tout est dit sur le bon vieux temps - pas si vieux, pas si bon -, sur nos racines, sur les maçons et les ardoisiers, les tanneurs et les scieurs de long, les gabariers et les marchands de vin, les faucheurs en Auvergne et les chauffeurs de taxi à Paris, la farcidure et le cantou, la foire de jadis et l’accordéon, les poilus de 14 et le maquis.
Couleur sépia ou non, nostalgie ou pas, tout est dit … ou presque.
Oubliées les luttes sociales et politiques du siècle dernier ?
Oubliée la plus grande grève des cheminots, en mai 1920, quand les mécanos ont laissé tomber le feu des locomotives 3 semaines, que les pissenlits fleurissaient au bas des quais, entre les traverses, à Brive, à Tulle, à Ussel, à Eygurande ?
Oubliées les émeutes paysannes de Marius Vazeilles et d’Antoine Bourdarias quand ils lachaient les chiens derrière les vaches pour culbuter l’escadron des gardes mobiles et les pavillons de l’octroi (pour le droit de place, un franc par bête !)
Oublié l’immense drapeau rouge qui flottait sur la cité Administrative en mai 68 ?
… On ne sait jamais ce que le passé nous réserve.
Roger Eymard


 


Octobre 2013

Secret des champs de Honorine Perino (2012-85’)
mercredi 2 octobre - 20h30 - salle Latreille - Tulle

En collaboration avec le collectif «Semaine de la solidarité internationale»
Cette projection précède le Droit de questions prévu avec Marc Dufumier le mercredi 6 novembre prochain à 20h30 dans l’amphithéâtre du Conseil Général
Ce film illustre sans opposition ni polémique la manière dont les plantes cultivées s’associent, coopèrent, communiquent et cohabitent avec les êtres vivants qui les entourent : les insectes, les champignons du sol et les autres plantes. Les recherches scientifiques et paysannes récentes ouvrent des pistes d’innovation pour l’agriculture, éclairées par l’expérience de Marc Dufumier, agronome émérite. Du maraîchage à l’agroforesterie, en bio comme en agriculture de conservation, ce sont finalement les pratiques des paysans qui permettent d’activer le potentiel du vivant pour l’agriculture.
«C’est un film qui nous change de ces reportages qui se contentent de détruire l’agriculture conventionelle. C’est riche, instructif et rassurant pour l’avenir de notre agriculture»
Frédéric Thomas, céréalier en agriculture de conservation


 

De l’autre côté du périph de Bertrand Tavernier (1997-85’) épisode 2
vendredi 4 cotobre - 20h30 - Chenailler Mascheix

«Le 11 février 1997, 66 cinéastes, pour protester contre la loi Debré, appellent à la désobéissance civique. Je reçois une lettre du ministre délégué à la Ville et à l’Intégration m’invitant à passer un mois dans la cité des Grands Pêchers à Montreuil. Je me retrouve face à plus de 250 personnes choquées, blessées, offensées par la lettre du ministre. Et c’est là qu’est née l’idée d’un film qui leur permette de répondre, de parler de leurs problèmes, de leurs luttes, de leur vie… de leur colère. Peu à peu, on aborde des sujets comme l’école, le logement, le travail et aussi des sujets de préoccupation et de discorde : l’insécurité, le vandalisme, la délinquance et les rapports difficiles avec les policiers. Au-delà de ces conflits, de ces brutalités et des responsabilités respectives, on découvre aussi la solidarité, l’entraide dans la cité. Chez ces hommes et ces femmes, j’ai rencontré ce que Louis Aragon appelle « le meilleur de l’âme ». Bertrand Tavernier, novembre 1997 (extraits).



20 000 Moujiks sans importance de Patrick Legall, (1999, 60’)
vendredi 25 octobre - 20h00 - salle Latreille - Tulle

En collaboration avec Amitiés Droujba*, La Libre pensée de la Corrèze**, et l’association Terre Curretia***.
Et en présence de Jean Gavrilenko, fils du mutin Stéphane Gavrilenko et de Eric Molodtzoff, petit-fils du mutin Michel Molodtzoff.

Ce film retrace, à travers les témoignages posthumes de deux soldats, l’odyssée de ces 20 000 soldats russes qui furent «prêtés» aux alliés en échange d’armements. Après un an de durs combats en Champagne, ils apprennent, en mars 1917, la nouvelle de la Révolution dans leur pays et, aussitôt, réclament leur rapatriement. Devant le refus des autorités russes et françaises, ils forment des comités élus de soldats et chassent leurs officiers, au moment même où des mouvements de rébellion se produisent chez les Poilus. L’État major, craignant la contagion, les expédie dans la Creuse, au camp de La Courtine. Là, 12 000 hommes armés, fonctionnant en autogestion démocratique, tiendront tête pendant trois mois aux injonctions et menaces du commandement militaire. Finalement, l’assaut sera donné et la répression impitoyable. Les survivants ne regagneront la Russie qu’à la fin de l’année 1919.
Le film sera précédé d’une vidéo-projection réalisée par l’association Terra Curretia, (Gilles Chavant, professeur d’histoire et Pascal Daubernard employé au Pôle Graphique de Tulle) qui présentera le contexte historique de l’arrivée des soldats russes au camp de la Courtine, de la création de la Triple-Entente aux emprunts russes, les premières phases de la guerre, les batailles sur le front russe, le départ et le parcours de ces soldats, leur arrivée à Marseille puis sur le Front de Champagne jusqu’à leur déplacement en Creuse.
*Amitiés Droujba 19, (qui est à l’origine de cette soirée) a pour but le renforcement de l’amitié traditionnelle entre la France et les peuples de Russie, de la CEI et plus largement de l’ancienne Union Soviétique et de coopérations multiformes.
**La libre pensée de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne ont organisé le premier rassemblement pacifiste à Gentioux devant le monument aux morts portant l’inscription « Maudite soit la guerre ! ». En 1997, la fédération de la Creuse édite une brochure sur le soviet de la Courtine puis quelques années plus tard lance une souscription publique pour édifier un monument leur rendant hommage. L’inauguration de la stèle commémorative le 15 septembre 2012, puis le succès du premier rassemblement du 22 juin 2013 ont rendu aux mutins de la Courtine la place qui leur revient dans l’histoire.
***Terra Curretia est une association de vulgarisation et de diffusion de documentaires sur l’histoire et le patrimoine de la Corrèze. Gilles Chavant et Pascal Daubernard ont conçu spécialement pour la soirée un DVD sur les mutins de la Courtine qui sera proposé par souscription (10 euros).


 

17 octobre 1961,
reconnaissance d’un massacre

La Ligue des Droits de l’Homme, Peuple et Culture, la Médiathèque intercommunale Eric Rohmer et la Ville de Tulle proposent deux temps de rencontre autour de la reconnaissance de ce massacre.
Le 17 octobre 1961, trente mille algériens, souvent en famille, manifestent pacifiquement, à l’appel du FLN, dans les rues de la capitale contre le couvre-feu raciste qui leur est imposé par le préfet de police Maurice Papon et le gouvernement. Une répression d’une férocité inouïe s’abat sur eux. la police tire sur les cortèges. Quinze mille manifestants sont arrêtés. Parqués dans des stades, conduits dans des sous-sol, affamés, battus et torturés, assassinés, jetés dans la Seine. Les estimations sérieuses parlent de près de trois cents morts. Car l’état colonial menait aussi « la sale guerre» dans les rues de Paris. Et le silence est ordonné, l’oubli organisé, la date même du 17 octobre effacée des consciences et de l’histoire. C’est seulement depuis les années 90, qu’à contre courant, des écrivains, des historiens, des associations ont fait resurgir le fait, ont rétabli sa mémoire, organisé sa commémoration.
A Tulle, Ras l’front est la première association à organiser en 2001 (40 ans) un rassemblement au square Jean Moulin « pour la reconnaissance par l’état du massacre perpétré le 17 octobre 1961 ». Et renouvellera chaque année cet appel ( relayé, après la dissolution du groupe, par la section de Tulle de la Ligue des Droits de l’Homme). En l’appuyant régulièrement par des actions de sensibilisation diverses : projection des rares films qui traitent de ce crime, rencontres, notamment avec Jacques Morel auteur de « Calendrier des crimes d’état Outre Mer », et en 2011 (50 ans) avec Olivier La Cour Grandmaison : 17 octobre 1961, le racisme d’état d’hier et d’aujourd’hui en collaboration avec Peuple et Culture. Ces initiatives sont accompagnées dès 2002 par des courriers au Préfet (tous restés sans réponse) demandant la reconnaissance du crime par l’état puis à partir de 2004 à la municipalité qu’une plaque soit apposée dans Tulle. C’est grâce à cette ténacité, après que le Maire Bernard Combes ait répondu favorablement en octobre 2012, au principe de cette demande, qu’un groupe (composé d’élus et de services de la ville, de membres de La Ligue des Droits de l’Homme et de Peuple et Culture) a travaillé depuis plusieurs mois à l’élaboration des initiatives qui accompagneront la pose d’une plaque pour que cet acte ne se réduise pas à une commémoration formelle, mais soit l’occasion d’un véritable travail de mémoire.




vendredi 11 octobre

18h30 - Auditorium de la médiathèque
Projection d’ Octobre noir, court métrage d’animation de Aurel et Florence Corre (Film d’animation, France, 2011, 12min)
17 octobre 1961 à Paris. Cinq jeunes algériens et trois jeunes français se rassemblent afin de prendre part à la manifestation pacifique, organisée par le Front de Libération Nationale algérien pour contrer le couvre-feu instauré le 5 octobre par le Préfet de police Maurice Papon. La police parisienne a carte blanche… Aurel nous propose un univers de polar aux teintes tendant vers le noir et blanc légèrement teinté pour nous raconter l’histoire de Malek, Saïd, Karim et les autres…
Suivie d’un débat en présence de Didier Daeninckx.

19h30 - Hall d’acceuil - Buffet-entracte gratuit

20h - Auditorium de la médiathèque
«La création dans le traitement de l’histoire» : conférence/débat avec Didier Daeninckx.
Didier Daeninckx est écrivain, auteur de romans policiers, de nouvelles, d’essais, de bandes dessinées, d’albums pour la jeunesse porteurs d’une critique sociale et politique. Son ouvrage « Meurtres pour mémoire » publié dans la série noire de Gallimard, bien avant le procès Papon a largement contribué à faire connaître le message du 17 octobre 1961 à une époque où le silence et l’oubli l’avaient recouvert.


 

jeudi 17 octobre
17h - pause de la plaque commémorative, rue Eric Rohmer.

La plaque comprendra une photo de Elie Kagan (du fond Elie Kagan de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine de Nanterre) et le texte suivant :
Le 17 octobre 1961, 30 000 algériens colonisés, hommes, femmes, enfants manifestent pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire et anti-constitutionnel décrété par Maurice PAPON, préfet de police sous la responsabilité du Gouvernement français.
Une répression policière d’une férocité inouïe s’abat sur eux : battus, torturés, assassinés, jetés dans la Seine.
Ce massacre perpétré par l’Etat colonial français au cœur de la métropole aura fait près de 300 morts.

20h - Auditorium de la médiathèque
Projection du film Octobre à Paris de Jacques Panijel
Le premier film consacré à la démonstration des Algériens, le 17 octobre 1961, contre le couvre-feu auquel ils étaient soumis. Entrepris clandestinement peu avant la fin de la guerre et mêlant reconstitution des massacres et plans des bidonvilles de Nanterre ou du centre de torture de la rue de la Goutte-d’Or, Octobre à Paris retrace la préparation et le déroulement de cette manifestation sauvagement réprimée sous l’autorité du préfet Maurice Papon.
Jacques Panijel n’était pas un cinéaste. Biologiste et chercheur au CNRS, il avait créé, deux ans auparavant, avec Pierre Vidal-Naquet notamment, le comité Maurice Audin, du nom de ce mathématicien torturé à mort par les militaires en 1957 dans l’Algérie en guerre pour son indépendance. Le jour de la manifestation des Algériens le 17 octobre 1961, il se rendait à une réunion de ce comité ; « en traversant les Champs Elysées je découvre l’horreur : des centaines d’Algériens assis par terre entre deux rangées de flics en uniforme ».
Au lendemain de la manifestation, au nom du comité, il contacte des cinéastes français et étrangers dont la réputation aurait protégé un film sur ce sujet. « Il n’y a qu’Hollywood qui n’ait pas été mis au courant de notre démarche ». Face au refus de ceux « qui prétendent représenter le monde du cinéma », il décide de réaliser lui-même ce film.
« Octobre à Paris » est un film clandestin dans sa fabrication et dans ses tentatives de projection en 1962.
Avec l’aide des responsables locaux du FLN, il tourne pendant six mois dans le quartier de la Goutte d’or. Il reconstitue l’organisation et le départ de la manifestation. Pour la manifestation elle-même, les seules images sont celles des télévisions étrangères, les journalistes français ayant été interdits. Il utilise donc les photos prises clandestinement par le photographe Elie Kagan. Puis il retrouve des Algériens rescapés du massacre qui lui racontent les exactions policières.
En 1962, les tentatives de projection du film se soldent par la saisie des bobines, une fois sur deux.
Pendant le festival de Cannes, J. Panijel loue une salle, aucun des journalistes français présents à Cannes ne parlent de ce documentaire.
Le film n’obtient pas de visa de censure jusqu’en 1973 après une grève de la faim du cinéaste René Vautier qui connaît très précisément ce qu’est la censure politique.
En 1998, le procès Papon à Bordeaux incite un procureur à diffuser le film. Mais Jacques Panijel veut absolument que son film soit précédé d’une préface qui explicite le contexte de l’époque et qui « définit ce qu’est – moralement et politiquement – un crime d’Etat ».
Faute de moyens il n’a pas pu réaliser cette préface. Medhi Lallaoui, réalisateur du documentaire « Le silence du fleuve » a exaucé le vœu de Jacques Panijel. Ainsi « Octobre à Paris » libéré de toute interdiction a été projeté légalement le 19 octobre 2011, cinquante ans après sa réalisation et un an après la mort de Jacques Panijel survenue le 12 septembre 2010.
Note établie par Saïda Amarouche, Ligue des droits de l’homme, section de Tulle

21h Conférence de Jean-Luc Einaudi, historien

Jean-Luc Einaudi est le premier chercheur qui a fourni une enquête exhaustive sur les évènements du 17 octobre 1961 à Paris. Dans son livre paru en 1991, « La bataille de Paris, 17 octobre 1961 », il livre après 5 ans de recherches minutieuses le résultat de ses investigations. Il a dépouillé les archives de la Fédération de France du F.L.N., le registre d’inhumation du cimetière de Thiais, il a collecté des témoignages, y compris en Algérie.
Mais il n’a pas eu l’autorisation de consulter les archives de l’Institut médico-légal, celles de la Préfecture de Police, celles du ministère de l’Intérieur, celles des Archives nationales.
Par les témoignages recueillis, il reconstitue le déroulement de la soirée et de la nuit du 17 octobre d’un bout à l’autre de la capitale et de la banlieue.
Son livre-enquête va être redécouvert en 1997 lors du procès Papon à Bordeaux : Jean-Luc Einaudi est appelé à témoigner sur la carrière de Maurice Papon par les parties civiles, il y parle des massacres d’octobre 1961. A cette occasion, il publie un article dans la presse dans lequel il accuse nommément M. Papon. Ce dernier porte plainte en diffamation. Le procès a lieu en février 1999, pour la première fois la justice examine le 17 octobre et reconnaît qu’il y a eu massacre.
Mais deux archivistes venus témoigner à son procès, dévoilent des archives accusant M. Papon : ils sont mis au placard (jusqu’en août 2005).
La bataille pour l’accès aux archives continue malgré les déclarations de différents ministres. C’est ce que raconte J.L Einaudi dans « Octobre 1961, un massacre à Paris » paru en 2001, dix ans après sa première enquête. Il a pu approfondir ses recherches après avoir essayé maints et maints refus. Il accède enfin à de nouvelles archives administratives et il apporte la preuve de l’existence de nouvelles victimes.
Il écrit à la fin de son ouvrage : « On sait, par exemple, grâce à plusieurs témoignages que des gens sont morts au Palais des Sports et au Parc des Expositions de la porte de Versailles. Mais jusqu’à ce jour, on ignore ce qu’il est advenu de leurs corps. Le saura-t-on jamais ? On sait également que plusieurs dizaines de personnes sont mortes dans la cour de la préfecture de police. Mais on n’a jamais retrouvé trace des cadavres. Pas plus que de ces nombreux corps amenés à l’Institut médico-légal le 17 octobre 1961, puis jetés à la Seine selon Gérard Monate (ancien responsable du syndicat général de la police).
Note établie par Saïda Amarouche, Ligue des droits de l’homme, section de Tulle


 

et aussi...
Exposition Lumière derrière vous de David Molteau du 19 octobre au 16 novembre
Médiathèque du Pays d’Argentat - place Joseph Faure
samedi 19 octobre - 11h30 - vernissage de l’exposition

«Cette exposition présente l’évolution de mon travail depuis plusieurs années, l’idée est de rendre visible un projet et non un ensemble d’œuvres, avec ses ouvertures et ses impasses.
Le mouvement, le déplacement, dans le cadre de mon travail de médiateur culturel notamment, génère un flux d’images numériques dont sont extraits des dessins calqués, numériques également; en découle une épaisseur immatérielle qui à beaucoup à voir avec une forme de mémoire».
Dates à retenir pour novembre :
Mercredi 6 novembre - 20h30 - Droit de Questions avec Marc Dufumier, agronome et enseignant chercheur - Tulle - Amphithéâtre du Conseil général
Dimanche 10, Lundi 11, Mardi 12 novembre - à Argentat, Tarnac et Tulle : Chili 40 ans, carte blanche à Federico Rossin, critique et programmateur.
Jeudi 21 novembre - 20h30 - soirée pour la sortie du l’ouvrage de Roger Eymard : Terres Rouges - salle de l’UP.

 

 


 


samedi 7 septembre 2013
Pierre Bergounioux / Jean-Pierre Bréchet
Un livre, une exposition, une rencontre, un film...
Rencontre avec Pierre Bergounioux et Jean-Pierre Bréchet
15h - Librairie Préférences - place Clément Simon - Tulle
Exposition Sillons et écriture de Pierre Bergounioux et Jean-Pierre Bréchet
du 7 au 30 septembre
18h - Vernissage - Eglise St Pierre - Tulle - en présence des artistes
Projection du film Vies Metalliques de Henri Colomer
21h - Cinéma Le Palace - Tulle - projection du film Vies métaliques - en présence du réalisateur et de Pierre Bergounioux



jeudi 19 septembre
Reprise de l’atelier chant traditionnel avec Sylvie Heintz
19h - local de PEC - Tulle



vendredi 20 septembre
Reprise de l’atelier chant «Retour ô 35 choeurs» avec Marion Lherbeil
18h30 - local de PEC - Tulle


cinéma documentaire

juin 2013

en avant programme des Journées Bertrand Tavernier à Tulle Et si on s’engageait ?
De l’autre côté du périph de Bertrand Tavernier (1997-85’) épisode1
lundi 3 - 20h30 - Salle Latreille, entrée libre

L’épisode 2 sera projeté à la médiathèque le samedi 29 juin à 9h50.
Le 11 février 1997, 66 cinéastes, pour protester contre la loi Debré, appellent à la désobéissance civique. Je reçois une lettre du ministre délégué à la Ville et à l’Intégration m’invitant à passer un mois dans la cité des Grands Pêchers à Montreuil. Je me retrouve face à plus de 250 personnes choquées, blessées, offensées par la lettre du ministre. Et c’est là qu’est née l’idée d’un film qui leur permette de répondre, de parler de leurs problèmes, de leurs luttes, de leur vie… de leur colère. Peu à peu, on aborde des sujet comme l’école, le logement, le travail et aussi des sujets de préoccupation et de discorde : l’insécurité, le vandalisme, la délinquance et les rapports difficiles avec les policiers. Au-delà de ces conflits, de ces brutalités et des responsabilités respectives, on découvre aussi la solidarité, l’entraide dans la cité. Chez ces hommes et ces femmes, j’ai rencontré ce que Louis Aragon appelle « le meilleur de l’âme ». Bertrand Tavernier, novembre 1997 (extraits).


 

Pleure ma fille, tu pisseras moins ! de Pauline Horovitz (2011-52’)
vendredi 7 - 20h30 - salle des fêtes - St Jal- avec l’amical laïque, entrée libre

Partie d’une commande d’Arte sur la question du genre, Pauline découvre Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir. On ne naît pas femme ? On le devient ? Pas bête ça... Et si j’allais voir du côté des femmes de ma famille.
Une enquête de famille où la jeune réalisatrice filme son père aux yeux globuleux comme un personnage de cartoon et ose poser des petites questions, l’air de rien, sur cette petite différence.
Un film léger. Si vous avez aimé l’humour de Mafalda, il y a des chances que celui de Pauline Horovitz vous fasse sourire. Question forme, si vous êtes de ceux qui aiment ouvrir les petites portes du calendrier de l’avent et l’art des collections de cadrages façon Varda, il y a aussi des chances que les plages de Pauline vous tentent.


 

Un soir un étranger de Olivier Bertrand (2007-46’)
vendredi 5 juillet- 20h30- salle des fêtes de Chenaillers Mascheix

Dix ans plus tôt, des habitants d’un village d’Ile-de-France avaient caché un immigré clandestin marocain dans leurs greniers.Dix ans plus tard, le réalisateur revient dans ce village, pour essayer de comprendre pourquoi ils ont ouvert leurs portes.Qu’est-ce qui fait que l’on entre en illégalité et en résistance



exposition
Ahlam Shibli au Jeu de Paume
1, place de la Conconde - Paris 8ème,

De 2008 à 2010, Ahlam Shibli en résidence d’artiste à Tulle à l’initiative de Peuple et Culture a conduit un travail photographique qui a donné lieu à l’exposition Trauma au chateau de Sédières, et à l’ouvrage du même nom.
Palestinienne vivant depuis sa naissance (en 1970) sous colonisation et occupation israélienne, Ahlam Shibli, dont le travail artistique est traversé par la question du «chez soi» a été d’emblée touchée par le traumatisme, passé et présent , subi par la population de Tulle autour des événements du 9 juin 1944. Puis son observation à la fois fine et radicale, sa sensibilité à toute situation d’oppression ont ouvert un autre angle, une dimension paradoxale : dans cette même population, souvent dans les mêmes familles, se mêlent des personnes qui ont souffert de la violence de l’occupation nazie, qui ont résisté, et d’autres qui, tout de suite ou quelques années après la Libération, ont participé aux guerres coloniales contre des peuples qui agissaient pour leur indépendance et défendaient leur «chez soi» en Indochine ou en Algérie.
A sa demande, Peuple et Culture a fait découvrir à Ahlam Shibli les monuments, lieux, moments de commémorations officielles et, grâce à son réseau, l’a mise en contact avec les familles des hommes pendus et déportés, des résistants, d’anciens militaires de la guerre d’Algérie, des pieds-noirs, des harkis, des opposants à la torture en Algérie, des Algériens immigrés, des Vietnamiens amenés en France par l’administration coloniale comme soldats ou travailleurs forcés... Elle s’est entretenue avec eux, les photographiant dans leur environnement, leur demandant de lui montrer des objets, des documents extraits de leurs archives personnelles, des lieux... Ces hommes et femmes forment une population hétérogène dans laquelle s’incarnent et se croisent deux moments d’histoire. «Il ne s’agit pas d’établir des équivalences, de comparer les deux situations», déclare-t-elle, «mais de regarder la complexité de l’histoire et en quoi une ville et ses habitants en portent des signes, des traces».
Trauma (48 photographies) fait aujourd’hui intégralement partie d’une rétrospective que consacre le Musée du Jeu de Paume à Ahlam Shibli après le MACBA à Barcelone et le Musée d’Art comtemporain Serralves à Porto.

«Foyer fantôme», titre de la rétrospective (du 27 mai au 1er septembre 2013) réunit avec Trauma cinq autres séries photographiques qui condensent les recherches d’Ahlam Shibli autour de la notion du «chez soi».
Depuis le milieu des années 1990, les photographies d’Ahlam Shibli s’attachent à cerner les conditions de vie sous l’oppression. L’esthétique documentaire forgée dans les territoires occupés par Israël pour traiter des traumas inhérents à la discrimination, à l’expulsion et à la mort violente du peuple palestinien, a été transposée vers d’autres lieux où la notion du « chez soi » est tout aussi problématique. Qu’il porte sur les commémorations de la Résistance française et leurs contradictions, puisqu’on apprend que ceux-là mêmes qui subirent une violence insoutenable purent servir ensuite un régime colonial tout aussi injuste, ou sur des individus obligés, en désespoir de cause, d’émigrer pour réconcilier leur corps et le désir d’appartenir à un genre autre que celui qui leur est assigné, le travail d’Ahlam Shibli parle de déracinement et d’occupation sans les limiter au conflit palestinien, mais en les étendant à d’autres pays et situations où règnent l’injustice et le paradoxe.
Il traite de la perte de la terre et de la lutte contre cette expropriation, mais aussi des restrictions et des limitations que l’idée de terre impose aux individus et aux groupes touchés par une politique identitaire répressive dans la série Eastern LGTB (Lesbian,Gay, Bisexual, Transgenre) réalisée à Londres de 2004 à 2006.
Ahlam Shibli travaille avec des ressortissants originaires de pays orientaux qui ont dû quitter leur famille et leur pays, faute de pouvoir vivre comme ils l’entendaient. À l’étranger et parfois seulement le week-end, en club, ils ont trouvé les conditions qui leur permettent d’être ce qu’ils sont vraiment.
Trackers (2005) montre les Palestiniens d’origine bédouine qui ont servi, ou servent encore, comme volontaires dans l’armée israélienne. Ce travail est une recherche sur le prix qu’une minorité est obligée de payer à une majorité, pour être acceptée ou pour survivre, ou peut-être tout à la fois. Comme l’explique l’artiste : “Les trackers sont payés en argent liquide, et trois ans après avoir quitté l’armée, il leur est permis d’acheter aux Israéliens des terrains en bénéficiant d’une remise de 75%. Mais les terres qu’ils achètent étaient celles de leurs familles avant la création de l’état d’Israël.”
Dom Dziecka (2008) est une série de photographies réalisées dans onze orphelinats polonais (dom dziecka, en polonais) où sont dévoilées les conditions de vie d’enfants qui grandissent non pas au sein d’une famille mais dans un centre d’accueil. La cellule familiale classique fait place ici à une société d’enfants où les relations familiales habituelles sont à la fois remplacées et déplacées pour former un corps social nouveau et spécifique.
La série Self Portrait (2000) se situe en marge des ensembles précédents. La photographe y recrée un épisode de son enfance. Une fille et un garçon sont les protagonistes d’une histoire aux contours flous qui se déroule aux abords du village où l’artiste a grandi. Leurs gestes, leurs jeux et leur position au milieu d’un champ ouvert définissent un territoire qui, loin de revêtir une démarcation rigide, existe en tant que représentation. La production de « territoires existentiels», selon le terme du philosophe français Félix Guattari, est une forme de résistance qui peut s’exercer à l’intérieur d’autres territoires.
Enfin, Death (2011-2012) dernière série en date, conçue spécialement pour l’occasion, montre les efforts de la société palestinienne pour préserver la présence de ceux qui ont perdu la vie en combattant l’occupant.

 

 

 


Programmation Mai 2013

 

Les derniers jours de l’hiver de Mehrdad Oskouei (2012-52’)
mardi 14 - 20h30 - salle Latreille - Tulle, entrée libre

Cette projection s’inscrit dans les journées des droits de l’enfant organisées par L’OCCE les 14 et 15 mai.
Ce sont les derniers jours de l’hiver à Téhéran et tout le monde se prépare à célébrer le Nouvel An iranien.
La caméra suit la vie de 7 adolescents au sein d’une Maison de Correction pour mineurs. Le film nous fait partager leurs pensées et les enfants, malgré leur jeune âge, évoquent avec beaucoup de force et de lucidité ce qui les a amenés là, leurs angoisses, leurs désirs et leur forte envie d’échapper à un destin cruel.


 

La saga des Conti de Jérôme Palteau (2012-97’)
mercredi 22 - 21h - cinéma Le Palace - Tulle

11 mars 2009, les 1120 salariés de l’usine de pneumatiques « Continental » de Clairoix reçoivent leur lettre de licenciement.
Dès les premiers jours c’est la colère, mais ceux que l’histoire retiendra sous le nom des « Conti» sont déjà habités d’une certitude : celui qui se bat n’est pas sûr de gagner, mais celui qui ne se bat pas a déjà perdu.
Le film relate le conflit sur plusieurs mois, dans ses grandes étapes, mais aussi et surtout en coulisses, au plus près de ses acteurs: Xavier Mathieu, Roland Szpirko, et tous les autres. On découvre de l’intérieur la mise en œuvre d’une stratégie inédite, on assiste à sa montée en puissance au jour le jour, à une combinaison d’actions judiciaires, de coups de force, de diplomatie et d’opérations de relations publiques. Les Conti nous livrent leur aventure à la fois collective et individuelle, leur propre analyse des évènements, leur vision d’un monde qui change : subjective, mais toujours pertinente et lucide. Une peinture d’un certain monde ouvrier en mutation.
Et au-delà des chiffres, la saga des Conti est aussi un film sur l’amitié, l’histoire d’un groupe d’hommes et de femmes (surtout d’hommes, il faut bien le reconnaître) confrontés à un défi qui engage leurs vies.
Xavier Mathieu, délégué CGT, s’est illustré par son combat lors du plan social des Continental.

 


La lutte du Larzac de Philippe Cassard (2003-90’)
vendredi 31 - 20h30 - La vie et demie - Tulle

En 1971, la population du Larzac s’est trouvée brusquement confrontée à un projet de l’Etat qui menaçait son existence : l’extension du camp militaire. Face à cette décision, une résistance populaire imaginative et non-violente s’est organisée pendant dix ans autour d’un solide noyau de paysans soutenu par un très vaste mouvement national. Les actions de désobéissance civile (construction d’une bergerie illégale, adduction d’eau dans les fermes convoitées par l’armée...) succèdent aux marches et aux rassemblements de toutes sortes (camping sous la tour Eiffel, brebis dans le Palais de Justice...), dans la chaleur humaine et la détermination, jusqu’à ce que l’Etat abandonne le projet en 1981. Sans jamais être récupérés par aucun des mouvements qui les soutenaient, les paysans du Larzac ont inventé une façon nouvelle de lutter.
 Ce documentaire retrace les dix ans de lutte contre l’extension du camp militaire du Larzac, filmée et racontée par ceux qui l’ont faite. Cette chronique est montée à partir des films super 8 tournés pendant la lutte par des militants et des paysans du Larzac, en particulier Claude Baillon, Pierre Burguière, Michel Cabirou, Alain Julien, Léon Maillé, Raymond Martin et Louis Vézy.


 


 


avril 2013


Notre dame des luttes
de Jean François Castell (2012 - 52’)
samedi 6 - 20h30 - La vie et demie à Tulle

Le documentariste Jean-François Castell a passé trois semaines au cœur de la Zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes et nous livre son regard «à hauteur d’homme» sur cette lutte qui a pris une ampleur exceptionnelle depuis le début de la répression policière le 16 octobre et surtout avec la manifestation de réoccupation du 17 novembre. À visage découvert, les activistes venus de partout décrivent cette «fraternité» qu’ils ont trouvée dans l’organisation autonome de cette lutte. On les voit au quotidien, se servir dans le «free shop», participer à la cuisine, construire des cabanes habitables, et aussi, résister aux forces de l’ordre qui les poursuivent jusque dans les arbres. «On ne défend pas ses idées dans son salon», dit une dame venue se joindre à ce «nouveau Larzac». C’est, appelées par cette nécessité de donner de soi que des centaines de personnes, aux profils très variés, convergent vers ce qui est en train de devenir «un lieu mythique».


 

Cleveland contre Wall street
de Jean-Stéphane Bron (2010, 98 min)
Mardi 9 - 20h30 - Salle Latreille à Tulle

Certains d’entre vous connaissent peut-être son génie helvétique, où le réalisateur suisse filmait le Palais fédéral comme on ne l’avait jamais vu. Intrigues, alliances et jeux d’influence au sein du parlement suisse. Le thriller politique avait passionné la Suisse entière.
Il continue d’explorer les arcanes du pouvoir, celui de l’argent cette fois en nous donnant des clefs pour comprendre ce qui se tramait dans le terrible théâtre des subprimes. Le documentaire haletant et tonique remet en scène un procès, comme si nous y étions. Le 11 janvier 2008, Josh Cohen et ses associés, avocats de la ville de Cleveland, assignent en justice les 21 banques qu’ils jugent responsables des saisies immobilières qui dévastent leur ville. Mais les banques de Wall Street qu’ils attaquent s’opposent par tous les moyens à l’ouverture d’une procédure.
«Cleveland contre Wall Street» raconte l’histoire d’un procès qui aurait dû avoir lieu. Un procès de cinéma, mais l’histoire, les protagonistes et leurs témoignages sont bien réels


 

La Cause et l’usage
de Dorine Brun et Julien Meunier (2012, 62 min)
vendredi 12 - 20h30 - salle des fêtes de St Jal

C’est connu, les documentaires sur la politique flirtent souvent avec la comédie. De 1974, une partie de campagne, dans lequel Raymond Depardon filmait Valéry Giscard d’Estaing candidat à l’élection présidentielle, au Président d’Yves Jeuland, portrait de Georges Frêche en potentat machiavélique, le sel de ces films tient à ce qu’ils montrent la trivialité de l’exercice de la politique, aux images volées en coulisses, au contraste entre les personnages en chair et en os et à la noblesse théorique de la fonction convoitée. Dans ce documentaire dont le titre renvoie justement à cet écart entre la grandeur de la cause politique et la veulerie de certains de ceux qui prétendent la défendre, le rire ne tarde pas à provoquer l’effroi.
La cause et l’usage se passe à Corbeil-Essonnes, ville de la région parisienne qui fut dirigée, entre 1995 et 2009, par le milliardaire Serge Dassault (96e fortune du monde selon le classement 2011 de Forbes), lequel fut forcé de renoncer à son mandat après que le Conseil d’Etat l’eut condamné pour avoir acheté les voix de ses électeurs pendant les municipales de 2009. Le film a été tourné lors de la campagne qui se tint dans la foulée pour élire un nouveau maire, et au cours de laquelle le candidat UMP Jean-Pierre Bechter, bien connu des Corréziens, se présentait ouvertement comme l’homme-lige, l’affidé de Serge Dassault, avec un slogan en forme d’insulte à la décision du Conseil d’Etat : «Voter Bechter c’est voter Dassault.»


 

Les glaneurs et la glaneuse
d’Agnès Varda (2000 - 82’)
vendredi 29 - 20h30 - La vie et demie - Tulle

Un peu partout en France, Agnès a rencontré des glaneurs et glaneuses, récupérateurs, ramasseurs et trouvailleurs. Par nécessité, hasard ou choix, ils sont en contact avec les restes des autres. Leur univers est surprenant. On est loin des glaneuses d’autrefois qui ramassaient les épis de blés après la moisson. Patates, pommes et autres nourritures jetées, objets sans maître et pendule sans aiguilles, c’est la glanure de notre temps.
Mais Agnès est aussi la glaneuse du titre et son documentaire est subjectif. La curiosité n’a pas d’âge. Le filmage est aussi glanage.


 

décade cinéma et société
étranges étrangers

The Devil
de Jean-Gabriel Périot (2012, 7 min)
- 21h - 30 avril - Cinéma le Palace

Sept minutes d’archives sur les Black Panthers sur fond de musique post-punk.
suivi du film
Dernier maquis
de Rabah Ameur-Zaïmèche (2008-93 min)
en présence du réalisateur ou d’un acteur du film et de Danièle Restoin de Mémoire à vif, Limoges.
Au fond d’une zone industrielle à l’agonie, Mao, un patron musulman, possède une entreprise de réparation de palettes et un garage de poids lourds. Il décide d’y ouvrir une mosquée et désigne l’imam sans aucune concertation…

 

 

 


programme mars 2013


 


L’innocence d’Adrien Charmot (2011 - 62’)
mardi 5 - 20h30 - salle Latreille - Tulle

«Pourtant j’ai essayé d’oublier, mais c’est impossible. J’ai tellement essayé d’oublier que je ne me rappelle plus trop comment ça s’est passé, ni combien de fois.» Adrien Charmot
Prendre sa caméra et son courage à deux mains pour aller interroger ces adultes qui ont été vos parents, qui ont été des enfants et qui n’ont pas su, ni pu dire non à des adultes : tel aura été le pari et la quête d’Adrien Charmot. Que peut-on retrouver à travers une photo d’enfance ou un procès ?



Le thé ou l’électricité de Jérôme Lemaire (2012 - 93’)jeudi 7 - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche
Le Thé ou l’Électricité est l’histoire épique de l’arrivée de l’électricité dans un village isolé et enclavé au cœur du Haut Atlas marocain. Durant plus de trois années, saison après saison, le réalisateur dévoile patiemment les contours de la toile qui se refermera inexorablement sur les habitants d’Ifri. Sous nos yeux se dessine l’image d’une modernité impitoyable à laquelle le petit village va être relié.



Small is beautiful d’Agnès Fouilleux (2010 - 106’)
dimanche 10 - 17h30 - au Battement d’ailes - Cornil,

dans la cadre de la Bourse aux graines
Au delà des discours et des bonnes volontés politiques affichées, les conséquences de l’évolution de notre agriculture sont là : malbouffe, dégâts environnementaux irréversibles, conséquences sociales ... Le constat de la mise à mal des quatre éléments fondamentaux qui assurent la souveraineté alimentaire à venir : l’eau, la terre, les semences, et la biodiversité est aujourd’hui alarmant.
Le film d’Agnès Fouilleux nous révèle pas à pas les mécanismes et les enjeux de la mondialisation et de la financiarisation de l’agriculture, face auxquels des résistances commencent à apparaître.



Ecuador, une politique au delà de l’utopie
de Jacques Sarrasin (2011 - 72’)

vendredi 22 - 21h - cinéma le Palace - Tulle, dans le cadre de la Quinzaine du doc
en présence de Tobar Bolivar, président de France Ecuador avec Mashikuna et Mémoire à vif
Dans un monde à sens unique, où les pays du nord exportent leur modèle économique et politique dans le monde entier, il existe un pays d’Amérique latine qui s’est engagé dans une réforme profonde de ces modèles et invente une nouvelle gouvernance, pragmatique et humaniste.
Ce pays est l’Equateur. Rafael Correa, économiste réputé, venu à la politique comme on part en mission, en est devenu le Président en 2006. Il a transformé un pays aux structures archaïques en une démocratie participative, sociale, indépendante et écologique. Aux équatoriens, il a apporté l’espoir que les vieilles structures figées n’étaient pas une fatalité, que tous les citoyens avaient leur mot à dire et qu’il y aurait enfin quelqu’un pour les écouter.



Willy Ronis, une journée à Oradour de Georges Chatain, Pascal Plas et Patrick Séraudie (2012 - 30’)
Willy Ronis, autoportrait d’un photographe de Michel Toutain (2003 52’).

mercredi 27 - 21h - cinéma le Palace - Tulle, dans le cadre de la Quinzaine du doc,
en présence de Patrick Séraudie, réalisateur et producteur Pyramide Production
Ce film revient sur la journée du 12 Juin 1949 où, à l’initiative de Louis Aragon et Frédéric Joliot-Curie, une caravane d’artistes et d’intellectuels proches du mouvement de la Paix se rend à Oradour-sur-Glane pour une journée commémorative. Quelque 400 créateurs parmi lesquels Elsa Triolet, Pablo Picasso, Fernand Léger et Tristan Tzara ont fait don d’une œuvre d’art ou d’un manuscrit pour constituer un Livre d’Or collectif, offert à la commune.
«A la demande de Louis Aragon, Willy Ronis accompagne cette délégation d’intellectuels et d’artistes. Il réalise un reportage dont les Lettres Françaises publient quelques images. Lors de cette journée, parallèlement à l’événement immortalisé par la photo d’Aragon brandissant le Livre d’Or au-dessus de la foule, il pose son regard de photographe humaniste sur la population du village. La plupart de ces photos resteront inédites. Elles constituent aujourd’hui l’unique témoignage iconographique de cet événement, mais aussi une trace de la vie des familles dans ces années de reconstruction. 57 ans plus tard, en 2006, je demande à Willy Ronis de ressortir ses négatifs. J’enregistre alors son témoignage autour de cette journée du 12 Juin 1949.»
Un film de 30 minutes pour dévoiler une partie jusqu’alors méconnue de l’œuvre du photographe. La projection sera précédée de la diffusion d’un documentaire de 52 minutes consacré au photographe : Willy Ronis, autoportrait d’un photographe réalisé en 2003 par Michel Toutain et également produit par Pyramide Production.



Les glaneurs et la glaneuse d’Agnès Varda (2000 - 82’)
vendredi 29 - 20h30 - La vie et demie - Tulle

Un peu partout en France, Agnès a rencontré des glaneurs et glaneuses, récupérateurs, ramasseurs et trouvailleurs. Par nécessité, hasard ou choix, ils sont en contact avec les restes des autres. Leur univers est surprenant. On est loin des glaneuses d’autrefois qui ramassaient les épis de blés après la moisson. Patates, pommes et autres nourritures jetées, objets sans maître et pendule sans aiguilles, c’est la glanure de notre temps.
Mais Agnès est aussi la glaneuse du titre et son documentaire est subjectif. La curiosité n’a pas d’âge. Le filmage est aussi glanage.



lecture
Le passage, texte de Fadwa Suleiman
dimanche 24 - 15h30 - librairie L’aire libre - Argentat

interprétation Fadwa Suleiman, mise en lecture par Catherine Boskowitz
dans le cadre des rencontres littéraires Nouvelles Zébrures organisées par le festival des Francophonies
Sur le plateau, une femme, seule en scène. Au travers des mots et de la voix de Fadwa Suleiman, la révolution syrienne réprimée depuis un an et demi dans le sang sous les yeux des spectateurs du monde entier, prend corps.
En incarnant ici la dualité qui habite tout homme ou toute femme en Syrie comme ailleurs - soi-même oppresseur et oppressé, tueur et victime, complice du pouvoir et résistant -, Fadwa Suleiman tentera de faire surgir, par son texte et sa présence, une voix (voie) universelle loin de la barbarie et la confusion des genres qui caractérise la situation syrienne.
Le texte est lu en français et en arabe par Fadwa Suleiman (les fragments en langue arabe sont dits en français simultanément par Catherine Boskowitz). Catherine Boskowitz a rencontré Fadwa Suleiman à Damas en 2006 et l’a mise en scène sur le spectacle Secret de famille de l’auteur syrien Amr Sawa. En avril dernier, dès l’arrivée de Fadwa en France, elles se sont retrouvées et ont décidé de continuer à travailler ensemble.
Aujourd’hui, figure de la résistance syrienne réfugiée en France, Fadwa Suleiman a écrit
Le passage sous la forme d’un autoportrait théâtral. Ce texte rend compte d’un combat partagé avec nombre de syriens qui l’ont soutenue et suivie lorsque, depuis un an, elle s’est opposée directement et physiquement à la violence du pouvoir, aux armes de la guerre qui affluent sur le territoire et aux divisions communautaires et confessionnelles. En France pour un temps qu’elle ne peut prévoir, Fadwa Suleiman a écrit Le passage pour le porter au théâtre. Elle souhaite l’incarner sur différents plateaux pour trouver les conditions d’un véritable échange avec le public français.

Plusieurs lectures de ce texte ont été données : au Festival d’Avignon en juillet dernier, au Festival des Polyphonies à Calvi en septembre, et au Festival des Francophonies en Limousin ce début octobre.
Fadwa Suleiman est comédienne et auteure. Comédienne, en Syrie elle a joué notamment au théâtre dans Les voix de Maria de Lydia Sherman Hodak, dans Un riche et trois pauvres de Philippe Bazireau, Secret de Famille d’Amr Sawa et No comment avec Walid Al Koualy. Au cinéma, elle tourne avec Abed al Latif, Abed al Hamid, le long métrage Out of aria; avec Nidal Hassan, Histoire de chaque jour; avec Mohammad Malass, le court métrage Mouchoirs, Mouchoirs ! et avec Gayanieh Gigi dans Le père aussi. Elle a aussi beaucoup tourné dans des séries à la télévision. Réfugiée politique en France depuis avril 2012, elle écrit et intervient dans de nombreuses manifestations pour dénoncer la situation actuelle en Syrie et venir en aide aux victimes. Son texte Le passage sera édité début 2013 aux Editions Lansman.

Catherine Boskowitz est metteure en scène. Elle vit dans le Morvan et à Paris, travaille en France, en Haïti, au Congo et au Moyen-Orient, voyage en Europe. A l’intérieur de ce mouvement, de ces allers et retours, elle trouve la cohérence de sa recherche et construit avec son équipe, un travail de création où le théâtre occupe une place essentielle.
Sa dernière création La dernière interview de Jean Genet, avec sur le plateau l’acteur-auteur Dieudonné Niangouna, revient d’une tournée dans neuf pays d’Afrique et sera reprise à Paris en février prochain à la Maison des Métallos puis à Montréal au théâtre l’Espace Libre. Témoin de nombreux événements sociaux et politiques qui ont secoué la planète ces vingt dernières années, Catherine Boskowitz s’attache à tisser le lien entre Art et Société, à questionner l’époque contemporaine à partir de vecteurs pluriels tels la scène, l’image, la performance, la peinture, le son…



décade cinéma et société
étranges étrangers?
du mercredi 13 au dimanche 17
à Naves, St Jal, Cornil, Uzerche, Argentat, Chenaillers-Mascheix et Tulle

(cf programme ci-joint)



et aussi...
La quinzaine du doc
du 20 mars au 2 avril - cinéma le Palace - Tulle

Pierre Rabhi, au nom de la terre de Marie-Dominique Dhelsing (2012 - 98’),
en présence de Françoise Vernet, vice-présidente de Terre Humanisme.
samedi 30 - 20h - cinéma le Palace - Tulle
Pierre Rabhi est agriculteur, écrivain et penseur, pionnier de l’agroécologie. Après 40 ans d’engagement au service de l’Homme et de la Nature, il appelle aujourd’hui à «l’insurrection des consciences» pour fédérer ce que l’humanité a de meilleur pour préserver notre planète-paradis face aux dommages et aux souffrances qu’elle subit.
Ce premier long métrage qui lui est entièrement consacré raconte le cheminement d’une vie et la conception d’une pensée qui met l’humanité face à l’enjeu de sa propre destinée.
Rude Boy Story de Kamir Meridja (2012 - 85’)
mercredi 20 - 21h - cinéma le Palace - Tulle, avec des Lendemains Qui Chantent
Un long sillon de la Dordogne au Mali de Frédéric Chignac (...-...)
samedi 23 - 20h - cinéma le Palace, en présence du réalisateur (originaire de Tulle)



 

Trois hymnes à la joie en février
et si l’art-genre- faisait le bonheur ?

Impossible de résister à ce jeu de mot et pour cause, voilà trois films Pleure ma fille, tu pisseras moins ! de Pauline Horovitz , Kinshasa Symphony de Martin Baer et Claus Wischmann et enfin L’argent, raconté aux enfants et à leurs parents de l’incroyable Claudio Pazienza qui surprennent par leur audacieuse effervescence.
Si d’aventure en février, en voyant le monde se poser des questions de genre, de dettes ou de sens de l’existence, vous aviez des maux de tête, PEC ne saurait vous conseiller d’autres pharmacopées que ces trois films à voir et revoir…
Nous programmons au gré de nos coups de cœur, de nos rencontres avec les films et les lieux partenaires. Et programmer c’est peut-être vouloir partager son plaisir de spectateur avec une communauté élargie d’autres spectateurs.
C’est donc comme un heureux hasard que la tonalité de février soit celle de la joie, de la volonté de savoir, de la volonté de créer, d’assembler en un bricolage existentiel tantôt foutraque, farfelu et cocasse avec la patte excentrique de Pauline Horovitz, tantôt poétique, philosophique et drôle avec les cheminements de Claudio Pazienza ou bricolages encore bien réels des musiciens de l’orchestre symphonique de Kinshasa qui composent avec une force de vie et une joie communicatives.
Le documentaire de création est bien étrange finalement, il a ce goût de continent littéraire. Plus on l’explore et plus on découvre des voix familières et singulières. Pauline Horovitz a un petit goût de Phillip Roth, Claudio Pazienza un petit goût de Claudio Pazienza.
Obsédés par une question, ces réalisateurs vont cuisiner leurs proches ou leurs protagonistes dans leur cuisine, leur salon, les pourchassent même jusque chez le coiffeur en quête d’une réponse.
« Dis c’est quoi pour toi être une femme ? » demande l’une. « Et c’est quoi l’argent pour toi ? » demande l’autre à ses vieux parents ouvriers, immigrés italiens de Belgique. Alors je n’ai pas pu m’empêcher de copier ces réalisateurs et de leur poser la question qui me vient au coeur à chaque fois que je vois un film documentaire inclassable : « Mais c’est quoi un documentaire de création, ça se définit comment ? »
En objet de mon mail à Claudio Pazienza, j’avais écrit : « petite question ». Voici sa réponse :
« à ta question (qui n’est pas petite): « pour toi c’est quoi le documentaire de création, comment tu l’habites ou le cartographies ? » Je réponds : « Faire un documentaire, c’est donner corps à une perception, inventer une manière, un détour, un langage pour rendre compte de ce qu’on a ‘‘vu’’. Dans le mot ‘‘vu’’ il n’y a pas que le perceptible, le visible... le réel ne se limite pas à ça. Faire un documentaire c’est aussi donner une forme à ce qui n’est pas nécessairement visible, mais qui habite ce qui est là devant nous et s’y agite de manière parfois incompréhensible ou pas encore nommable. C’est nécessairement faire l’expérience d’une rencontre avec l’autre, c’est nécessairement inventer un langage pour traduire au mieux ce qui surgit, mon ‘‘réel’’. En ce sens tout documentaire est de création. »
Quant à Pauline Horovitz, de ma question, elle en a fait trois, subdivisées en trois volets. Voilà qui donne aussi une idée de la méticulosité avec laquelle elle fouille le réel avec sa caméra. Si vous voulez sa réponse, je ne peux que vous encourager à venir à la projection du jeudi 7 février, salle de L’Uni Pop. Pauline sera présente et nous vous distribuerons ses réponses que vous pouvez trouver sur le site de PEC à l’adresse suivante : Entretien avec Pauline Horovitz
En attendant, voici une partie du mail de Pauline Horovitz à qui nous avions demandé un petit texte.
« Je n’ai pas pu m’empêcher entre temps de faire quelques modifications, surtout stylistiques (qui ne rajoutent rien à la longueur du texte). Mais j’avais oublié de citer Guy Maddin, cinéaste génial et auteur d’un des plus grands documentaires que je connaisse, Winnipeg mon amour.
Je regrette de ne pas pouvoir vous rendre un texte un peu plus élaboré, synthétique, et qui ne parte pas dans tous les sens... Mais je suis sûre que Claudio a dû faire quelque chose de très bien (en plus d’être un cinéaste brillant, il parle très bien de son travail).
Il y a quelque chose dont j’ai oublié de parler, c’est la question de la générosité : générosité envers le spectateur (ce qui veut dire pour moi être exigeant dans le projet du film, ne pas considérer le film comme une occasion de faire sa thérapie, pousser le montage le plus loin possible, offrir quelque chose de riche et de lisible à la fois...). Mais c’est une question compliquée, comme celle du style, alors je ne vais pas me lancer dedans ! »
Voici donc une posologie ou prescription documentaire en trois temps. Si les douleurs persistent, nous ne pouvons que conseiller de nous suivre et de découvrir ce mois-ci les machines outils génialissimes conçues et dessinées par les enfants consultés par Rado. Et puis peut-être s’arrêter un instant à la Ressourcerie, la Transformerie, La vie et demie quoi… à lire ce mois-ci, petit portrait de ce jardin extraordinaire loin des noirs buildings et des passages cloutés…comme chantait l’autre.

 


Pleure ma fille, tu pisseras moins ! de Pauline Horovitz (2011-52’)
jeudi 7 - 20h30 - salle de l’Université Populaire - Tulle, en présence de la réalisatrice, entrée libre
vendredi 8 - de 12 à 14h - casse-croûte ouvert à tous avec Pauline - PEC

Partie d’une commande d’Arte sur la question du genre, Pauline découvre Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir. On ne naît pas femme ? On le devient ? Pas bête ça... Et si j’allais voir du côté des femmes de ma famille.
Une enquête de famille où la jeune réalisatrice filme son père aux yeux globuleux comme un personnage de cartoon et ose poser des petites questions l’air de rien sur cette petite différence.
Un film léger. Si vous avez aimé l’humour de Mafalda, il y a des chances que celui de Pauline Horovitz vous fasse sourire. Question forme, si vous êtes de ceux qui aiment ouvrir les petites portes du calendrier de l’avent et l’art des collections de cadrages façon Varda, il y a aussi des chances que les plages de Pauline vous tentent.



Kinshasa Symphony de Claus Wischmann et Martin Baer (2011-95’)
vendredi 8 - 20h30 - salle des fêtes - Sérilhac avec le foyer culturel, entrée libre

Martin Baer est caméraman et a l’habitude de filmer des musiciens de haute volée comme l’orchestre philharmonique de Berlin. Claus Wischmann est musicien. Il y a chez ce duo de réalisateurs un amour de la musique et de la mise en valeur cinématographique de la musique.
Loin du confort des formations occidentales, la symphonie de Kinshasa c’est l’histoire d’un
orchestre qui tient à l’énergie de ces congolais hors du commun. Martin Baer et Claus Wischmann filment avec générosité et émerveillement la vie d’un orchestre qui tient du miracle et où l’on ne s’arrête pas de jouer à la moindre anicroche.
Et pourquoi se poser la question de savoir si Beethoven peut passer les frontières. Beethoven, c’est comme l’air, il est à tout le monde, non ? Lo-love Beethoven chantait Chuck Berry ! Récit grandiose qui nous rappelle que l’existence, ça se bricole avec ténacité.



L’argent, raconté aux enfants et à leurs parents de Claudio
Pazienza (2002-53’)
samedi 23 - 20h30 - Transformerie La vie et demie - Tulle, entrée libre

Le film scrute, sur le mode d’une fable humoristique et pince sans rire, la métallique maigreur d’une pièce de monnaie et raconte, par bribes, l’histoire d’une famille ouvrière incapable de conjuguer besoins, désirs et moyens.
De père en fils, on vit dans l’angoisse de la dette. Cela inquiète évidemment le fils (l’auteur du film), bientôt père à son tour. C’est donc une histoire de «cuisine interne» à laquelle sont conviés des monétaristes, des philosophes, un gouverneur de banque centrale et un utopiste de province, le professeur Giacinto Auriti, auteur d’un jubilatoire projet de propriété populaire de la monnaie et néanmoins inventeur d’une monnaie alternative ayant eu cours quelques mois dans une ville moyenne de l’Italie du Centre (Guardiagrele).
À pile ou face, le film décrypte et radiographie des concepts d’économie monétaire et des états d’âme avec le secret souhait de conjurer des dettes par l’effet cathartique de la parole ou de l’utopie. Moralité : la dette, c’est le coût du lien social.




 

Janvier 2013


Sombras de Oriol Canals (2009-94’)
jeudi 10 - 20h30 - salle Latreille - Tulle, entrée libre

Oriol Canals annonce la couleur de son film par une petite voix off dès le début et une légère installation. Il nous dit pourquoi il va filmer et comment. Chaque année, il voit arriver des
migrants en Espagne. Il choisit de les approcher et de leur offrir sa caméra pour qu’ils racontent à la famille restée là-bas en Afrique, le récit concret de ce naufrage quotidien dans une Europe qu’ils avaient pourtant crue être cette bouée de sauvetage.
La caméra d’Oriol Canals filme avec justesse du point de vue de ces visiteurs qui semblent condamnés à rester en permanence sur le seuil de la porte, en dehors du mouvement des villes et des familles, en dehors même des fêtes de village. Emaillé de lettres vidéo destinées à la famille restée là-bas, le film provoque enfin cette rencontre entre ces silhouettes entrevues dans les journaux télévisés et nous.



Les invisibles de Sébastien Lifshitz (2012-115’)
vendredi 25 - 21h - cinéma le Palace - Tulle

Personne ne l’a vu à PEC mais nous avions très envie de le voir, alors une fois n’est pas coutume on programme sans l’avoir vu ! Le réalisateur, tout jeune, s’est penché sur des vieux et des vieilles aux mœurs bien étranges pour leur époque : oui, quelle idée saugrenue d’aimer un homme… quand on est un homme, ou une femme quand on est une femme. Hasard du calendrier politique hexagonal, à l’heure où l’on parle du mariage pour tous.
Sébastien Lifshitz travaille depuis un moment sur nos mœurs sentimentales des soixante
dernières années. Il a rencontré plus de 70 hommes et femmes d’un âge respectable de tous milieux sociaux qui nous livrent le récit de leurs amours réprouvées par la morale. Le réalisateur a choisi des personnages qui ont su prendre de la distance avec leurs blessures de vie et distillent avec humour et tendresse des clefs du métier d’homme. C’est aussi un autre regard sur la vieillesse, loin de l’imagerie grise à l’odeur de naphtaline.


La nuit remue de Bijan Anquetil (2012-45’)
samedi 26 - 20h30 - La vie et demie - 53, avenue Lucien Sampaix - Tulle

en présence du réalisateur et de Hamid, protagoniste du film, entrée libre
Quelles images avez-vous de l’Afghanistan ? Savez-vous à quoi rêve un jeune Afghan, et quelle langue il peut parler à un ami le soir autour d’un feu de camp ? Pourriez-vous dessiner à la craie sur le sol à main levée le voyage qu’il faudrait accomplir pour rejoindre l’Europe, caché sous un camion ? Connaissez- vous le poème d’Henri Michaux La nuit remue ?
Le court-métrage de Bijan Anquetil est un voyage de nuit surprenant. Deux amis liés par un périple commun, Hamid et Soban, nous racontent leur voyage et la caméra les suit arrivés dans un Paris qu’on pourrait trouver froid et impersonnel si, justement, le regard de ces trois aliens : Hamid, Soban et Bijan Anquetil, le réalisateur, ne nous jouait pas un tour étrange. On avait oublié les coquelicots incongrus en bord de Seine.

 

 


pec en 2013 …
Réseau de diffusion du cinéma documentaire

Un peu plus de 10 ans maintenant que Peuple et Culture a commencé à fonder un réseau itinérant de
cinéma documentaire à Tulle et dans la campagne corrézienne...
De 60 à 70 projections, largement l’équivalent d’un festival mais tout au long de l’année, dans des petites communes, des salles non équipées, des granges, chez l’habitant, en plein air... et parfois dans des salles de cinéma, au Palace à Tulle et au Louis Jouvet à Uzerche.
Le cinéma documentaire puise dans toute la complexité du «réel» à travers le regard singulier d’un réalisateur, touche à la fois à l’intime et à l’universel, agit à l’articulation entre sensible et savoir et convoque ainsi plaisir, émotion, pensée, questionnement sur soi et sur le monde. Un cinéma qui laisse place au spectateur, qui concerne à la fois l’individu et le collectif. Ce travail dépasse la seule dimension de diffusion culturelle, il s’opère dans la tradition de l’éducation populaire pour qui le cinéma est une forme essentielle du récit, un art, un projet politique et pédagogique.
Aujourd’hui le réseau comprend St Jal, Uzerche, Chenailler-Mascheix, la librairie L’aire libre à
Argentat, Sérilhac, Lostanges... et bientôt « Le battement d’ailes » à Cornil. à Tulle, les projections ont lieu soit dans les salles municipales (Latreille le plus souvent), soit au Palace. à partir de ce mois de janvier s’instaurera à nouveau une plus grande régularité sur le principe de deux films au moins par mois dont un sera projeté dans un nouveau lieu : la Transformerie « La vie et demie » avec l’équipe de laquelle une complicité vient de s’établir.
Dans chaque lieu, appuyés par Peuple et Culture, associations et groupes d’habitants visionnent des films et font un choix (souvent très discuté) en se déterminant pour tel ou tel film, tel ou tel réalisateur et co-organisent les projections et l’accueil des cinéastes... ( non, le modèle institutionnel : des professionnels de l’art et de la culture ‘‘programment’’, puis ‘‘communiquent’’ pour convaincre les ‘‘publics’’, n’est pas un modèle unique !)
Pour toute initiative associative, municipale ou individuelle, prendre contact avec
Nadia Mokaddem - 05.55.26.04.69 - mokaddemnadia@gmail.com



Décade Cinéma et Société
du 13 au 17 mars en campagne et du 1er au 5 mai à Tulle


La Décade Cinéma et Société est la face visible de la base de données (créée et alimentée par l’association Autour du 1er Mai - autourdu1ermai.fr) sur les films autour de la société, de ses questionnements et de ses engagements.
Co-organisée par Autour du 1er Mai et Peuple et Culture depuis 2006, la Décade se déroule, comme son nom l’indique, pendant une dizaine de jours et en deux temps : en mars à la campagne (St Jal, Argentat, Chenaillers-Mascheix, Uzerche, Cornil, Naves) et autour du 1er mai à Tulle (au cinéma le Palace, à la Médiathèque et à la salle Latreille).
Les sujets et programmations alternent moments historiques forts et questionnements thématiques le Front Populaire et ses représentations (2006), Cinéma et Monde rural (2007), Les années 68 au cinéma (2008), Utopistes ? (2009), Le féminisme est-il un mauvais genre ? (2010), Ouvriers, ouvrières, la classe ! (2011), El Djazaïr, France-Algérie, du colonialisme à aujourd’hui (2012).
En 2013, le Décade Cinéma et Société s’intitulera étranges étrangers (titre repris du poème de Jacques Prévert). Une trentaine de films - fictions, documentaires, animation, courts ou longs - à partager pour…
… Aller au-delà des postures bien pensantes de dénonciation et d’indignation et tenter d’avancer dans la construction collective d’une pensée, de positions et d’actions… à partir de films et avec l’aide de chercheurs pour articuler les projections avec des approches diverses : historiques, philosophiques, anthropologiques, politiques, psychologiques…
… Interroger les figures de l’ «étranger», l’ «immigré», du «migrant» pour dépasser les préjugés et les stéréotypes (en premier lieu les nôtres), les fantasmes, les mensonges et nous approcher des réalités.
… Questionner les ressorts et les fonctions du racisme (qu’il émane de groupes sociaux et politiques ou de l’état), les mythes de la République, les effets encore à l’œuvre de la colonisation, les discours unificateurs et assimilationnistes.
… Débusquer les mots et expressions piégés qui s’installent à notre insu, dans le langage courant :
«français d’origine étrangère», «immigré de la 3ème, 4ème génération», «intégration», «diversité»…
… Dévoiler les amalgames et les glissements (ex : migrant/ immigré/ arriéré/ islamiste/ terroriste).
… Inventer ensemble, réalisateurs, chercheurs, spectateurs, citoyens, d’autres regards sur les migrants.
Parallèlement, Peuple et Culture a décidé d’anticiper questionnements et réflexions en s’appuyant sur une série d’ouvrages en lecture partagée, par petits groupes de travail. Voici les titres en circulation (à compléter et enrichir). Les ouvrages sont disponibles (sur demande et selon leur rotation) à Peuple et Culture pour quiconque voudrait s’associer à ce partage.
Parlons immigration, en 30 questions, François Héran, La documentation française / La contre-révolution coloniale en France, De de Gaulle à Sarkozy, Sadri Kiari, La Fabrique éditions/ Immigration postcoloniale et mémoire, Abdellali Hajjat, éditions l’Harmattan/ L’invention de la diversité, Réjane Sénac, PUF/ On bosse ici, on reste ici ! La grève des sans-papiers, une aventure inédite, Pierre Barron, Anne Bory, Sébastien Chauvin, Nicolas Jounin, Lucie Tourette, éditions la Découverte/ Histoire politique des immigrations (post) coloniales, France, 1920-2008, coordonné par Ahmed Boubeker et Abdellali Hojjat, éditions Amsterdam/ La fracture coloniale sous la direction de Pascal Blanchard, éditions la Découverte/ La domination policière, une violence industrielle, Mathieu Rigouste, La Fabrique éditions/ Le mal-être arabe, enfants de la colonisation, Dominique Vidal et Karim Bourtel, éditions Agone/ Féministes islamistes, Zahra Ali, La Fabrique éditions/ La République mise à nu par son immigration, sous la direction de Nacira Guénif-Souilamas, la Fabrique éditions/ Classer, dominer, qui sont les autres ?, Christine Delphy, la Fabrique éditions.



Résidences d’artistes
RADO

Le collectif RADO rassemble 9 artistes aux pratiques diverses : photographie, sculpture, vidéo, dessin… qui ont répondu à l’invitation de Peuple et Culture en proposant d’aborder l’actualité du territoire corrézien vu à travers les réseaux techniques (eau, voirie, électricité, etc.) qui déterminent notre quotidien.
« Le projet de RADO en Corrèze a franchi le mois dernier une étape importante, avec la livraison au Centre National des Arts Plastiques du rendu d’étude pour la commande publique. Ce rendu d’étude a pris la forme d’un «album-table» d’une cinquantaine de grandes pages cartonnées
(75 x 90 cm), sur lesquelles sont contrecollées – ou entre lesquelles sont insérées – des images, des textes, des documents de travail. Une vidéo accompagne l’album, intégrant au montage les réalisations filmiques.
Nous nous sommes assurés que l’objet, maintenant dans les collections du CNAP à la Défense (et propriété, évidemment, dudit CNAP) pourra faire le voyage jusqu’à Tulle. Ceux qui nous ont fait le plaisir de venir participer à la journée d’étude organisée par RADO et Peuple et Culture le 22 septembre dernier retrouveront, plus ou moins transformés, certains des éléments que nous présentions salle Latreille. Nous les remercions au passage pour leur attention, qui fut précieuse, tant elle a catalysé les décisions plastiques. Nous n’avons fait que poursuivre dans l’atelier de Madeleine, «collectivisé» pour l’occasion, le travail amorcé cet automne. En finalisant un objet collectif unique, bien sûr, ce qui change un peu la donne. Présenté à Tulle, notre «album-table» pourrait permettre à d’autres de se faire une première idée concrète des différents chantiers artistiques ouverts par RADO, et de la façon dont ils résonnent et «réseautent» les uns avec les autres.
Ils suivent leurs cours, ces chantiers, avec notamment le lancement, il y a un mois maintenant, d’un premier travail directement pédagogique, les «Enfantillages outillés», animés par Fanny et Adrien dans les écoles primaires de Hautefage, Marcillac-la-Croisille et Saint-Martin-la-Méanne. L’idée initiale est la suivante : proposer aux enfants de figurer, avec les outils et les machines de l’art (dessin, photographie, gravure, etc.), ce qu’ils peuvent imaginer du fonctionnement des divers outils et machines qui les entourent au quotidien.
La première session d’ateliers s’est déroulée à merveille, et c’est l’enthousiasme et l’imagination des enfants qui font merveille. La deuxième session comportera des visites photographiques à ces mystérieux voisins que sont les installations hydroélectriques de la Dordogne, du Doustre ou de la Maronne. Chaque session débouche sur l’édition d’un petit journal artistique, support d’une correspondance entre les trois écoles. Nous aurons le plaisir d’en montrer un échantillon dans le prochain numéro du journal de Peuple et Culture Corrèze. »


Pascale Guérin
« L’inventaire s’élargit ...

Jusqu’à présent j’ai travaillé surtout dans mon atelier, après avoir engrangé un certain nombre de photos de lieux parcourus dans toute la vallée du Doustre et visité aussi quelques lieux «fétiches»,
accompagnée par ceux qui ont bien voulu me les faire découvrir. Il en résulte une nouvelle série d’images, peintures, dessins et photos qui vont former des ensembles. A cela viennent s’ajouter des écrits de personnes qui ont évoqué leurs lieux : lieux d’enfance, lieux de voyages, lieux imaginaires. Je m’oriente à présent vers l’idée d’une confrontation de ces images et de ces textes dans l’exposition.
Les enfants de l’école de Marcillac la Croisille entrent aussi dans la ronde en photographiant leurs petits endroits secrets, leurs cachettes, et je vais bientôt les rencontrer et les aider à réaliser un travail sensé évoquer ces espaces, si différents des nôtres, les adultes, et qui ne manqueront pas, j’en suis sûre, de nous surprendre ... Ce travail en cours prendra la forme d’une exposition de mai à juin prochain à l’église St Pierre à Tulle. »
D’habitude, les enfants trouvent plus facilement que nous des champignons ou des pointes de flèches, pour cette simple raison qu’ils projettent moins de choses sur le paysage. Jim Harrison

 

 

 

 


 

Décembre 2012

cinéma : le jour le plus court

Le 21 juin c’est le jour le plus long, la fête où on peut découvrir toutes les musiques. Le 21 décembre, «Le jour le plus Court», est aussi une fête libre et participative, qui a pour volonté de valoriser et faire découvrir toutes les formes du court métrage, en incitant à organiser des projections publiques dans tous les lieux et sur tous les écrans. Proposée pour la première fois en 2011 par le Centre National du Cinéma, cette année encore nous en sommes le relais à Tulle avec le partenariat de la médiathèque Eric Rohmer l’après midi et du cinéma Le Palace en soirée.

vendredi 21 - à partir de 9 h 30 - local de Peuple et Culture, 51 bis rue Louis Mie à Tulle

L’absence Réalisateur : Mathieu Pheng
( Documentaire, 2007, 30’41)
A travers le regard de sa famille restée au Cambodge, le réalisateur franco khmer nous emmène sur un parcours chargé d’émotions. Trente ans après le départ de son père, il découvre un autre Cambodge profondément marqué par son histoire.
Under Construction Réalisateur : Zhenchen Liu
(Documentaire, 2007, 10’00)
Pour suivre la planification actuelle du gouvernement et des promoteurs immobiliers de Shanghai, chaque année, presque 100 000 familles sont obligées de déménager, parce que leur maison est détruite. Composé de photos animées avec des vidéos documentaires, le film propose un plan séquence à travers la destruction d’un quartier de Shanghai.
Sur la route du paradis Réalisateur : Uda Benyamina
(Fiction, 2007, 43’47)
Leila et ses deux enfants, Sarah et Bilal, ont quitté leur terre natale afin de s’installer en France. Sans papiers, et à la recherche de son mari réfugié en Angleterre, Leila, qui souhaite offrir à ses enfants une vie meilleure, tente de survivre et de les élever dans la clandestinité. Alors qu’elle retrouve enfin la trace de son époux et dispose de l’argent nécessaire, l’étau se resserre.
Chacun sa Palestine Réalisatrices : Nadine Naous, Léna Rouxel
(Documentaire, 2006, 57’00)
Sabrina, Rawad, Saïd et d’autres jeunes réfugiés palestiniens nés au Liban, entrent dans le studio de photographie un par un. Les règles du jeu sont simples, chacun choisit sa photo parmi 4 paysages de villes mythiques : New York, Paris, Beyrouth et Jérusalem. Chacun se raconte, se projette et s’interroge. Ils ont en commun la nostalgie d’une terre qu’ils ne connaissent pas et qu’ils ne connaîtront peut-être jamais : La Palestine.
Fond de teint Réalisatrice : Marie-Louise MENDY
2005 / Fiction / 09’30
Safi, une jeune femme africaine, va chercher son fils, métis afro européen, à l’école maternelle. Arrivée à l’école, ce dernier la dévisage comme s’il la voyait pour la première fois. Etrangement distant et déprimé depuis ce jour, elle découvre petit à petit la raison de son trouble : leur différence de couleur de peau...
Méditerranées Réalisateur : Olivier Py
2011 / Fiction / 32’00
Exhumés après vingt cinq ans, des films 8 millimètres donnent lieu à une médiation sur le destin d’une famille et d’une génération. Méditerranées est une autofiction, l’histoire d’un couple, d’une famille, qui se confond avec l’histoire de l’Algérie et de la France des années 1960, sur lequel Olivier Py porte un regard à la fois lucide et nostalgique.

de 14 h à 19 h- Amphithéâtre de la Médiathèque intercommunale Eric Rohmer - à Tulle
programme enfants de 16 h à 17 h 30.


Promesse Réalisateur : Jero Yun
2010 / Documentaire / 14’00
Nouvel an 2010. Cela fait déjà neuf ans qu’elle n’a pas revu son fils. «Mon fils viendra vers cette terre promise... Oui. Mon fils viendra vers cette terre promise». Elle ne perd pas espoir.
Brûleurs Réalisateur : Farid Bentoumi
2011 / Fiction / 15’00
Armé d’une caméra amateur, Amine, un jeune Algérois, filme les traces de son voyage vers l’Europe. Avec Malik, Lotfi, Mohammed et Khalil, ils embarquent sur une barque de fortune pour traverser la méditerranée.
Arthur flèche Réalisateur : Samuel Hercule
2012 / Fiction / 12’30
Depuis bientôt deux mois, Arthur Flèche a un gros problème: il a la main droite de gauche et inversement. La situation empire de jour en jour. Assis dans le bureau d’un thérapeute par un après-midi, il n’a plus que quelques heures pour résoudre son énigme.
Be quiet Réalisateur : Sameh Zoabi
2005 / Fiction / 19’40
Alors qu’ils sont en route vers chez eux, à Nazareth, un petit garçon palestinien et son père sont confrontés à la tension politique et à la réalité militaire environnantes. Une atmosphère qui rejaillit sur la relation entre le père et le fils.
Bye Bye Réalisateur : Edouard Leduc
2011 / Fiction / 11’12
Cécile, la cinquantaine, frange et collants bleus, divorcée, se fait épiler par sa fille Leila. Cette dernière annonce à sa mère que son père a une nouvelle copine. Jehanne, la deuxième fille de Cécile, les rejoint. Sa mère lui reproche de lui avoir caché la vie sentimentale de son père...
En rachâchant Réalisateurs : Jean- Marie Straub, Danièle Huillet
1982 / Fiction / 07’00 - dès 6 ans -
Un petit garçon têtu et sérieux comme un pape derrière de grosses lunettes de myope réalise le rêve de tous les enfants en âge d’aller à l’école primaire : celui de dire une bonne fois pour toutes ‘merde’ au professeur et à ce qu’il représente.
Junior Réalisatrice : Julia Ducournau
2011 / Fiction / 21’30
Justine, dite Junior, 13 ans, des boutons et un sens de l’humour bien à elle, est un garçon manqué un brin misogyne. Alors qu’on lui a diagnostiqué une gastro-entérite fulgurante, le corps de Junior devient le théâtre d’une métamorphose étrange…
Emilie Muller Réalisateur : Yvon Marciano
1993 / Fiction / 20’24
Le film raconte le bout d’essai d’une jeune comédienne, Emilie Muller.
Nécessaire(s) territoire(s) Réalisateur : Benoît Perraud
2006 / Documentaire / 21’00
Ce monde est injuste. Notre organisation inhumaine. On le sait. On le montre. Tout le temps. Je ne veux même pas proposer une dénonciation de tout ça. Je cherche autre chose...»
Nue Réalisateur : Catherine Bernstein
2008 / Documentaire / 07’58
Une femme est nue. Elle est filmée par sa fille qui s’attarde sur des détails de son corps. Sentant ce regard sur son corps adulte, marqué par les années, la femme raconte son histoire à travers celle de ses sourcils, de ses yeux, de ses seins, de son ventre, de ses jambes... Ce corps en morceaux devient petit à petit un tout.
18 ans Réalisateur : Frédérique Pollet Rouyer
2009 / Documentaire / 22’00
L’arrivée de ses dix-huit ans déclenche chez Morgan des sentiments contradictoires. Une sensation très forte de liberté d’un côté. De l’autre, le regret de l’enfance qui s’en va et avec elle l’espoir de pouvoir un jour compter sur sa mère.
Le remords Réalisateur : Yann Sinic
2006 / Documentaire / 04’00
Portrait d’une femme qui découvre, au moment de mourir, qu’elle n’a pas su vivre.
Ménage Réalisateur : Pierre Salvadori
1992 / Fiction / 12’00
Blanche est une «maniaque» du ménage. Colette, après avoir passé une nuit blanche très mouvementée, lui rend visite ..
Regards libres Réalisateur : Romain Delange
2005 / Documentaire / 11’20
Des enfants observent, commentent et critiquent un tableau.

Cinéma Le Palace à Tulle à 21 h
séance gratuite

ABCDEFGHIJKL MNOP(Q)RSTUVWXYZ Réalisateurs : Valérie Mrejen, Bertrand Schefer
(expérimental, 2011-6’)
Inventaire rêveur et éclectique d’images du Japon et de choses énumérées par ordre alphabétique.
Fleuve rouge, Song Hong, réalisateurs, Stéphanie Lansaque, Leroy François
(animation 2012, 15’)
Vietnam : les premières heures à Hanoi de trois jeunes frères fraîchement débarqués de leur village natal. Autour du pont Long Biên, trait d’union entre ville et campagne, ils croisent la route d’un jeune flic et d’une vendeuse ambulante.
Manque de preuves, réalisateur : Hayoun Kwon
(Documentaire Animation 2011, 09’20)
Chez les Nigériens, «être jumeaux» peut signifier une bénédiction ou une malédiction. Un jour, le père d’Oscar a tenté, lors d’une fête, de tuer ses deux fils : Oscar a réussi à s’échapper, mais a assisté au meurtre de son frère. Après s’être enfui et avoir traversé son pays, il a réussi, par chance, à sortir du Nigéria et à s’exiler en France. Il a demandé l’Asile dans ce contexte, mais sa demande a été refusée, car il ne pouvait pas fournir de preuve.
7h57 am-pm Réalisateur : Simon Lelouch
( Fiction, 2009 11’00)
Le 25 mai 2009, Renaud Capuçon a tenu à participer à ce film en interprétant sur la ligne 6 du métro parisien «La mélodie» de Gluck sur un Guarmerius de 1737 surnommé «le vicomte de Panette». Deux jours plus tard, sa prestation au théâtre des Champs Elysées affichait complet.
Action commerciale Réalisateur : Pascal Jaubert
(Fiction, 2011, 10’44)
Une maison de campagne isolée. Stéphane, jeune VRP, débarque valise à la main, espérant vendre ses produits ménagers. La maison semble déserte et alors qu’il entre pour s’en assurer, il se retrouve face à deux cadavres et un homme armé…. Comment sauver sa peau grâce à des produits d’entretien ?
Babioles Réalisateur : Matray
(Animation, 2010, 04’45)
Perdu dans une décharge, cherchant un peu d’attention des humains, Petit Lapin tente de rejoindre la ville avec son nouveau compagnon Petit Indien.
Foutaises Réalisateur : Jean-Pierre Jeunet
(1989 / Fiction / 07’18)
‘Tout ce que j’aime. Tout ce que je n’aime pas.’
Emilie Muller Réalisateur : Yvon Marciano
1993 / Fiction / 20’24
Le film raconte le bout d’essai d’une jeune comédienne, Emilie Muller.
Bye Bye Réalisateur : Edouard Leduc
2011 / Fiction / 11’12
Cécile, la cinquantaine, frange et collants bleus, divorcée, se fait épiler par sa fille Leila. Cette dernière annonce à sa mère que son père a une nouvelle copine. Jehanne, la deuxième fille de Cécile, les rejoint. Sa mère lui reproche de lui avoir caché la vie sentimentale de son père...
Agosto Réalisateur : Marc Picavez
2009 / Fiction / 29’00
Elsa partage son temps entre son groupe de rock et l’abattoir où elle travaille. Elle rêve d’un ailleurs et elle n’est pas seule. Sa grand-mère, Olga s’entête à vouloir rejoindre un amant oublié dans les montagnes. Seulement quand Olga décide quelque chose, Elsa sort la moto. La route du Sud comme une dernière danse. Ou le début d’une autre vie...



Scène ouverte
mercredi 19 décembre à 18 h salle des Lendemains qui chantent

La « scène ouverte » est un moment d’expression libre pour des artistes professionnels, amateurs ou passionnés qui souhaitent tester sur différents lieux, parfois insolites, leur numéro, répertoire, chorégraphie, texte…, ou bien juste partager le plaisir d’être sur scène avec un spectacle rôdé. Un moment convivial à partager ensemble autour d’un verre et d’une rondelle de saucisson ! Alors public, venez les soutenir ! L’entrée est gratuite. Rens. 05 55 26 99 10

Onirique – duo chanson
Sur la langue de ma mère un film de Nadia Mokaddem 20’
B.O.D - (Spectacle «Sur la fréquence») solo hip hop
Maloya Lamem – musique traditionnelle réunionnaise

 

Sur la langue de ma mère un film de Nadia Mokaddem
C’est une cité harkie perdue près d’une petite ville d’Ardèche. Tout tournait autour de deux histoires mêlées la mine de Pena Roya et l’histoire de ces harkis qu’on a parqués là. Ils y sont restés, y ont fait leur vie. Cité étrange perdue dans un paysage d’Ardèche qui évoque des paysage de Kabylie. Aujourd’hui la cité est déserte, endormie, la mine a fermé, les vieux harkis disparus. Au milieu de cette cité ensommeillée, j’ai rencontré deux femmes pleines de vie et de malice, veuves de harkis, elles me paraissent trop jeunes et belles pour s’endormir avec la cité. Nous ne parlerons pas histoire d’Algérie, nous n’avons pas la même. Mais nous sommes femmes et bien en vie. Je décide de les rencontrer dans leur cuisine, le temps de la préparation d’un couscous, j’aimerais qu’elles me racontent des bouts de leur vie, j’aimerais qu’elles me parlent de la place des sentiments dans leur vie…En y allant, je sais déjà que je vais me prendre les pieds dans le tapis de mes pudeurs, récit sensible d’une rencontre de femmes. Tandis que le couscous se prépare, comment délier les langues et les cœurs ?

 


 

Novembre 2012

Focus sur le réalisateur chinois Wang Bing
Si le documentaire est un continent du réel où chaque réalisateur opère un voyage formel, il nous semblait important pour ce mois du documentaire de programmer deux films du jeune réalisateur chinois Wang Bing : Fengming, chronique d’une femme chinoise et Le fossé. Deux films majeurs et courageux autant par le fond que par la forme. De quoi lever le voile sur un chapitre de l’histoire chinoise liée à la révolution culturelle d’une manière fine et sensible.

Le fossé de Wang Bing (fiction, 2010-112’)
vendredi 16 novembre - 21h - cinéma le Palace - Tulle

Wang Bing a interrogé des survivants du « camp de rééducation par le travail » de Jiabiangou, dans la province aride du Gansu, dans le nord-ouest de la Chine, au sinistre taux de mortalité de 50%. Ce camp fermé seulement en 1967, est longtemps resté un tabou absolu. Wang Bing a découvert ce camp à travers un livre - traduit en France sous le titre Le Chant des martyrs - dans lequel l’auteur, Yang Xianhui, raconte, sous une forme littéraire destinée à contourner la censure chinoise, des récits de survivants de Jiabiangou. Wang Bing réalise alors sa première fiction : Le fossé.


Fengming, chronique d’une femme chinoise de Wang Bing (2007-192’)
samedi 17 novembre - 20h - cinéma le Palace - Tulle

Wang Bing a rencontré Fengming lors de la préparation de son film Le fossé. Résultat : un film documentaire de 3 heures dont on ne sent pas la durée tant le récit nous happe et nous absorbe…
Fengming nous fait entrer dans l’enthousiasme et l’idéal révolutionnaire d’une époque et nous livre face à la caméra l’emballement de la grande Histoire et le déchirement de la sienne.

Pour saisir l’impact d’un cinéaste comme Wang Bing et vous donner envie de venir voir ces films, nous avons demandé à une réalisatrice, Michka Saäl, de nous livrer son regard sur ce cinéaste.
Michka Saäl vit au Québec. Née en Tunisie, elle a travaillé avec sensibilité et poésie la question de l’appartenance. Loin d’où, son premier court, aborde les sensations physiques et psychiques du décalage opéré dans le dépaysement, l’exil. Elle a réalisé Zéro Tolérance (2004) et Les prisonniers de Beckett (2005).
Depuis quelques années, elle travaille sur un documentaire intitulé China Me, comment interroger des femmes chinoises sur leur détresse sociale et morale, comment convoquer une poétesse chinoise et un Freud chinois ? Pour les besoins de ses films Michka Säal applique les mêmes lois fortes de l’existence : être bien accompagnée. Il se trouve qu’elle sera amenée à travailler pour les besoins de China Me avec la productrice exécutive de Wang Bing, Lihong K.

Michka, à quel moment as-tu rencontré le cinéma de Wang Bing et que représente-t-il dans ton trajet de spectatrice et réalisatrice ?
J’ai rencontré le travail de Wang Bing au cinéma le Champollion à Paris, en 2004 je crois, avec trois séances du film fleuve, À l’ouest des rails. Je n’avais jamais rien vu de pareil. Les films de Wang Bing sont souvent des épreuves, parce qu’ils correspondent à des partis-pris radicaux. À l’ouest des rails nous plonge dans la vie d’ouvriers d’une énorme usine qui vit son chant du cygne. Évidemment, il s’agit aussi de la mort de la classe ouvrière comme héroïne du marxisme, le passage de la Chine de l’économie planifiée à celle de la course au profit individuel. Trois séances, 9 heures de vie quotidienne avec ces ouvriers chinois, les lieux, l’usine, la neige, les trains. J’avais l’impression de découvrir la réalité chinoise dans toute la dimension de vies sacrifiées, de pessimisme noir, d’échec politique et social.
Mais surtout, comme documentariste, le travail sur la durée, sur le côté inconfortable du film, parce que cru, très long, terriblement réel et en même temps avec plein de plages où l’on décroche mais pas complètement, où l’on réfléchit sur la taille de la claque dans la gueule du cinéma documentaire que ce film représente. Et puis, ce travail énorme, à l’échelle du pays, ces plus de 300 heures de film sont tournées et montées par Wang Bing lui-même.
Parallèlement mais sans lien immédiat conscient, je commence à lire sur les conséquences socio-démographiques de la nouvelle Chine, la perte des valeurs anciennes, les problèmes de santé mentale et l’émergence de l’individualisme chinois. L’idée d’un film se précise et je rencontre par connaissances communes, une jeune femme chinoise vivant à Paris et qui m’aidera en Chine. Pour les repérages, l’interprétariat, la régie, les personnages, l’équipe, tout quoi ! Par ailleurs, je découvre qu’elle est une des collaboratrices principales de Wang Bing. [Il s’agit de Lihong K qui est la productrice exécutive de Wang Bing ]

Nous allons projeter Le fossé et Fengming, chronique d’une femme choinoise de Wang Bing. Peux-tu nous livrer ton regard sur ces deux films ?
J’ai vu Fengming avant tout le monde, parce que j’ai travaillé au sous-titrage. Déjà dans À l’Ouest des Rails, il y avait la durée du film, l’immersion dans la vie quotidienne des ouvriers, dans leur parole et surtout la durée toujours juste, presque morale, des plans. Il n’y a pas de montage démonstratif, pédagogue ou démagogue, il y a le temps que prend un rail pour rouiller. Un bol de soupe pour être avalé, une discussion pour s’éteindre et une culture pour nous rejoindre. Fengming, c’est un autre parti pris radical. Le film met en scène un seul personnage dans un seul lieu, presque en un seul plan et un seul cadre. Fengming, c’est une vieille dame chinoise, assise face à la caméra, qui raconte sa vie par le menu, qui raconte la vie de toute une génération, qui raconte l’épopée de la Chine de Mao. Elle est un peu sans âge, elle porte des vêtements incolores, des lunettes qui dissimulent les 3/4 de son visage, sa voix est égale, elle se lève une fois pour faire pipi, et répond une autre fois au téléphone. Son appartement n’est pas particulièrement beau ni intéressant, l’image est limite banale. Mais elle est juste, elle transmet l’obscurité, le confinement, le côté à la fois incroyablement humble et totalement lucide et courageux d’une femme chinoise qui vit toujours et uniquement dans le souvenir des évènements de sa vie, c’est-à-dire dans la mémoire de l’Histoire de la Chine.
Pourtant, Fengming agit comme un thriller. On est suspendu au récit de la vieille dame, on est choqué et abasourdi, on apprend des tas de choses précieuses, on se fait son cinéma dans sa tête, on a le coeur brisé en hors champs dans nos imaginaires, on partage les terribles péripéties de sa vie, on a faim, soif et peur. On est bouleversé.
Le fossé est une fiction, une adaptation littéraire même je pense. Cela pourrait être aussi un épisode horrible de la vie du mari de Fengming ou de beaucoup de chinois de sa génération, envoyés en camp de travail au milieu du désert et mourant littéralement de faim, d’isolement, d’humiliation et d’arbitraire. C’est une fiction qui se passe il y a plusieurs décennies, mais les éléments de reconstitution sont presque inexistants. Le réalisme et le choix des scènes souvent éprouvants, le jeu des acteurs, les cadrages et la lumière penchent du côté des choix documentaires.

Que dirais-tu à un ami qui hésite à aller voir ces deux longs films?
Je me souviens de réactions mitigées au film Le fossé, mais je les crois proportionnelles à nos capacités de défense. Le fossé est parfois à peine supportable, avec son dénuement, ses situations d’horreur, on en ressort comme après une bataille mais que nous n’aurons vécue, nous, que virtuellement. Alors au spectateur hésitant, je dirais, un peu de courage, cela fait du bien à la tête de regarder la cruauté des hommes en face, et de passer notre résistance de confort et d’indifférence à l’épreuve des espaces et du temps des films de Wang Bing. On y grandit.

Propos recueillis par Nadia Mokaddem.



Zahia Ziouani, une chef d’orchestre entre Paris et Alger de Valérie Brégaint (2010-52’)
jeudi 15 - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche avec Musicas Dreibidas

Zahia Ziouani a 32 ans, elle est la plus jeune chef d’orchestre française et dirige, en plus de sa carrière internationale, l’Orchestre Symphonique Divertimento et le Conservatoire de musique et danse de Stains (93).
Ce portrait est emblématique de l’aventure contemporaine d’une femme et d’une région, ainsi que des aléas de sa diversité. Il nous mène sur les traces de cette jeune femme généreuse qui construit en brisant les préjugés : entre Paris et la banlieue, où elle accueille à Stains des jeunes de trente nationalités différentes, entre la France et l’Algérie car elle y dirige l’Orchestre National en tant que Chef invitée depuis 3 ans.


Même la pluie de Icíar Bollaín (fiction, 2011-103’)
vendredi 23 - 21h - cinéma le Palace - Tulle, dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale avec Mashikuna et Corrèze environnement

Le film. Sebastian, jeune réalisateur passionné et son producteur arrivent dans le décor somptueux des montagnes boliviennes pour entamer le tournage d’un film. Les budgets de production sont serrés et Costa, le producteur, se félicite de pouvoir employer des comédiens et des figurants locaux à moindre coût. Mais bientôt le tournage est interrompu par la révolte menée par l’un des principaux figurants contre le pouvoir en place qui souhaite privatiser l’accès à l’eau courante. Costa et Sebastian se trouvent malgré eux emportés dans cette lutte pour la survie d’un peuple démuni. Ils devront choisir entre soutenir la cause de la population et la poursuite de leur propre entreprise sur laquelle ils ont tout misé.

Ce film s’inspire de faits bien réels : en 1999, le gouvernement bolivien décide de continuer ses réformes néolibérales et de privatiser la distribution de l’eau à Cochabamba, la 4ème ville du pays. Le but annoncé : apporter l’eau potable au tiers des habitants qui n’y ont pas accès. Avec l’appui de la Banque Mondiale et l’accord des autorités locales, la gestion de l’eau est confiée à Bechtel, la plus grande entreprise d’ingénierie des États-Unis. Le prix de l’eau devient très vite inabordable (jusqu’à 300% d’augmentation) et sa marchandisation scandalise une population qui considère l’eau comme un bien commun et sacré.
En janvier 2000, se crée une coordination pour l’eau et la vie composée d’un large front d’associations, de syndicats et de paysans. Pendant des mois, elle organise des manifestations et des blocages de rue auxquels toute la population participe. Le gouvernement tente de réprimer la contestation en déclarant l’état de siège et en arrêtant les dirigeants du mouvement. Loin de calmer les esprits, la colère monte et les manifestations qui suivent font un mort et des centaines de blessés. Pour éviter l’effet de contagion dans tout le pays le gouvernement est contraint de négocier et accepte toutes les revendications de la Coordination. Bechtel a dû partir et le gouvernement a dû modifier la loi sur l’eau.

Jeanne Wachtel, présidente de l’association Mashikuna : « Je ne connais pas la Bolivie, je connais seulement l’Equateur, plus particulièrement la région du Tungurahua où, avec Mashikuna, nous avons créé des liens avec la communauté kichwa d’Ambayata. Mais je suis attentive aux évènements qui secouent l’Amérique Latine et aux mouvements de résistance qui s’organisent pour l’accès aux droits fondamentaux.
Alors, lorsqu’en 2011, Le Palace a projeté ce film « Même la pluie » qui nous plonge au cœur d’une lutte féroce contre la privatisation de l’eau en Bolivie, je suis allée le voir… En sortant, je savais que nous le projetterions à nouveau dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale dès que ce serait possible. Ce sera donc cette année car c’est la question de l’eau, ici ou ailleurs, qui est au cœur de la Semaine.»

 


exposition marc pataut
Humaine et Pays, Paroles, Images
du 8 novembre 2012 au 9 février 2013 - vernissage le jeudi 8 à 18h
Hôtel Fontfreyde - Centre photographique - Clermont-Ferrand

Pour Humaine (voir page centrale), Marc Pataut a travaillé dans le Nord à Douchy-les-Mines, pendant trois ans; une commande du Centre régional de la photographie Nord-Pas-de-Calais dirigée par Pia Wiewing que Marc avait rencontrée une première fois au Centre d’art et de paysage de Vassivière en Limousin où elle travaillait lorsqu’il était en résidence à Tulle. Pia Wiewing avait, elle découvert le travail de Marc dans la grange de Yves et Sylvette Lidove, à Gumont.

Pays, Paroles, Images est le résultat d’un travail qui a associé de 1998 à 2000, des habitants de Tulle et du pays de Tulle, l’association Peuple et Culture et un artiste : Marc Pataut.
L’exposition comprend un mur d’images avec un film vidéo, une quarantaine de photographies (portraits et paysages) montées recto verso (pour découvrir toutes les photographies il faut donc les manipuler, ce qui est contraire à la règle muséale : on ne touche pas les œuvres!) et un mur de paroles (une vingtaine d’entretiens mis en forme graphiquement) qu’on peut prendre sur le mur et lire.
En 2000, cet ensemble a été présenté en Corrèze dans trois lieux non habituellement dévolus à l’art dans trois petites communes : à Gumont dans la grange de Yves et Sylvette Lidove, à Chanteix à la Boite en Zinc, et à la salle des fêtes de Sérilhac. Puis plus tard à l’espace Noriac à Limoges avec le Festival des Francophonies et enfin en 2001, dans le cadre de l’exposition Des territoires à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts à Paris.
Voici ce qu’écrivait Marc Pataut dans le document de présentation de l’exposition :
« Au départ de ce travail, il y a une double rencontre : celle que fit Manée Teyssandier en 1997, à la Documenta X de Kassel, de mon travail sur le terrain du Cornillon (une friche industrielle sur laquelle vivaient des Sans Domicile Fixe et où a été construit le Stade de France). Et de mon côté ma rencontre avec Peuple et Culture Corrèze, et mon intérêt pour les mouvements d’éducation populaire, pour ce qu’ils représentent : des actions, des forces, des procédures, et une question : « puisque ces mouvements ont fait après guerre et jusqu’à la fin des années 70 ce qui constitue mon travail aujourd’hui, comment ne pas ignorer ces acquis ? »
Ce constat commun nous a fait travailler et inventer une « forme/exposition » contraction de l’histoire et du présent. L’histoire c’est celle de PEC, des équipes volantes qui allaient de maquis en maquis, le présent c’est celui de notre travail, de l’exposition Sortir la tête. Exposition itinérante qui ira de lieu en lieu, dans le Pays et autour de Tulle questionner la notion de pays à un moment vital pour Tulle qui vit douloureusement, dans un contexte de mondialisation, la fin retardée d’une époque, celle d’une mono industrie de l’armement, avec une population ouvrière hautement qualifiée dans le domaine de la mécanique.
Questionner la notion de pays dans un tel contexte, c’est faire le pari qu’une approche sensible, poétique, artistique peut susciter et capter l’expression d’une identité forte, d’une souffrance mais aussi dévoiler de la force, des désirs et des recherches d’alternatives.
Habituellement l’art contemporain c’est au mieux avoir un lieu et y faire un programme en espérant que les gens y viendront. Mon travail avec une association d’éducation populaire, PEC (qui à Tulle n’a pas de lieu d’exposition ou plus de lieu) a une autre ambition : produire des échanges, poser des questions. L’exposition est une forme de pédagogie à la fois dans les entretiens et le jeu des images. Elle s’inscrit dans un réseau avec des associations, des chercheurs (le séminaire Des territoires de Jean-François Chevrier à l’école Supérieure des Beaux Arts de Paris), d’autres artistes. Elle donne l’idée d’un projet commun, les personnages y témoignent de leur histoire personnelle, en tant qu’elle participe d’un projet commun sinon collectif.
Cette forme artistique fonctionne d’abord et réellement, avec les habitants de Tulle et sa
région ; ils en sont les premiers destinataires. L’idée est à la fois de parler très concrètement du pays de Tulle, des gens qui y vivent et y mènent des aventures, qui ont une valeur d’exemple locale. Et de poser une question plus générale : en quoi un travail local, intime, peut atteindre une valeur générale, donc une valeur politique ?

 

 

 


 

Octobre 2012

cinéma documentaire
Voix de garage de Philippe Guilloux (2011-71’)

vendredi 12 octobre 2012 - 20h30 - Saint Jal avec l’Amicale laïque en présence de Stéphane Jacquinot-Lacara du garage Réseau Solidaire(RS) de Cosnac
Voix de garage est le récit sensible et polyphonique d’une construction précaire, une tentative fragile de résister à la casse sociale.
Dès les premiers plans, la tonalité est donnée par le témoignage d’une femme qui vient d’amener sa voiture recalée de tous les garages conventionnels, « faire réparer cette épave ? vous n’y pensez pas ! » Pour qui a possédé une vieille guimbarde, une voiture à laquelle on tient pour de multiples raisons, à commencer par le manque d’argent ou le lien affectif, ce film résonne fortement.
Il raconte la vie d’un garage solidaire, les mécaniciens qui y travaillent se réparent en réparant. Ils sont en contrat aidé et à les entendre, au-delà de la rémunération et réinsertion professionnelle, il y a le geste de remettre en état des voitures de gens comme eux, et de remettre en mouvement ces gens. Il y a cette reconnaissance de leur travail et de leur humanité.
Premier long métrage de Philippe Guilloux, Voix de garage existe en deux formats : un 52 minutes pour les télés parce qu’il le dit lui-même : « la télé ça va vite alors il faut accrocher le spectateur très vite » et une version pour un public de cinéma, de festivals qui aura choisi d’être là. Dans la version longue, on sent une attention presque maladroite, presque enfantine et impolie portée aux objets. On nous a tous dit, petits : « ne regarde donc pas comme ça ce monsieur, tu vas le mettre mal à l’aise ». Ici, la caméra s’autorise ce regard et s’attarde sur des vieux boulons de récup, des boîtes d’outils, autant de natures mortes qui nous ramènent à cette société du tout jetable. à commencer par les gens, tout abîmés qu’ils sont par ces règles du jeu de la consommation qui va vite.
Le réalisateur a posé une caméra juste sur ces salariés, sur le fondateur du garage solidaire, sur quelques clients de ce garage singulier et sur une entreprise voisine, une entreprise « normale » qui accueille d’un œil positif la démarche et s’étonne même que Pôle Emploi ne lui ait jamais adressé des salariés aussi consciencieux qu’au garage solidaire. Une caméra juste et juste une caméra : pas de voix off, pas de commentaire, « les gens sont assez intelligents pour comprendre ce qui n’est pas dit » commente Philippe Guilloux. Son film a reçu le prix du jury au festival du film de l’action sociale de Nancy en 2012.

 

 


La ruée vers l’Est de Raphaël Girardot et Vincent Gaullier (2010-58’)
vendredi 19 octobre - 20h30 - Chenailler-Mascheix avec l’association culturelle et sportive,
en présence du réalisateur Vincent Gaullier


La projection sera précédée du court métrage
Taraneasca de Tim Moreau (2006 - 21’)
Tim Moreau est parti un jour avec son collectif de vidéastes. Un voyage simple comme un élan de curiosité vers une contrée en voie de disparition. Un bus Eurolines, l’idée de savoir ce qu’il adviendra des petits paysans de Roumanie après son entrée dans l’Union Européenne et un regard tendre et à la bonne place sur un vieux couple de paysans. On sent une immersion assumée dans un univers qui rappellera peut-être à une ancienne génération, des gestes d’autrefois qu’on aurait presque oubliés.
Il nous a semblé juste de programmer Taraneasca en contrechamp de La ruée vers l’Est parce que ce geste documentaire s’inscrit dans une vocation très forte du documentaire de création : restituer un album de famille, d’une paysannerie qui s’éteint.
J’avais vu le film de Tim Moreau il y a quelques années, je l’avais trouvé empreint d’une petite musique nostalgique et désuète. En le revoyant aujourd’hui après avoir découvert La ruée vers l’Est, il m’apparaît au contraire comme une chance inestimable, un bel objet de mémoire, où la photographie et le sens du cadre et du détail filmé participent d’une intuition forte d’assister à la fin d’une époque. C’est comme si nous pouvions feuilleter ensemble l’album de famille et comprendre de manière incarnée ce que signifieront des mots comme « entrée dans l’Union Européenne » pour un pays comme la Roumanie.

Autre voyage en car, même destination : la Roumanie. La ruée vers l’Est de Raphaël Girardot et Vincent Gaullier nous embarque dans un voyage pour le moins surprenant au coeur d’une Roumanie à vendre.
Les deux réalisateurs se connaissent bien, ils ont travaillé ensemble près de trois ans sur un autre film intitulé Le lait sur le feu où le milieu agricole est aussi questionné à travers un éleveur haut en couleur, Alain Crevé. Connaissant ses 60 vaches sur le bout des doigts, Alain sera contraint d’abattre son troupeau entier parce que l’une d’entre elle aura contracté la maladie de la vache folle.
Récit d’une tragédie agricole qui renvoie à d’autres questions sur l’économie, le travail, Le lait sur le feu est à l’origine de La ruée vers l’Est. Alain Crevé raconte en effet aux réalisateurs qu’il pense à acheter des terres ailleurs, à investir. Il leur parle de sociétés, comme la Golden Valley, qui organisent des voyages pour futurs investisseurs agricoles dans les pays de l’Est.
Raphaël Girardot et Vincent Gaullier décident d’en être et d’aller filmer un de ces voyages. Ils relancent alors Alain Crevé, qui avait fini par renoncer à ce projet mais qui accepte cependant de les accompagner, offrant ainsi aux deux réalisateurs une porte d’entrée plus juste dans cette aventure agricole. « Avec Alain, me confie Raphaël Girardot, on était sûr d’avoir une parole forte même si nous tombions sur un groupe un peu introverti. »
Et de fait, on discute beaucoup dans ce bus, entre professionnels et experts de la terre. On discute éthique, politique, économie et avenir d’une agriculture qui se transforme à une vitesse vertigineuse. Un français installé en Roumanie dira au groupe de visiteurs : « dites-vous bien qu’en Roumanie vous serez chef d’entreprise, fini le tracteur. » Il faut voir ces agriculteurs flatter, soupeser la terre roumaine ou ses céréales. La beauté du geste renseigne plus que ces discours sur leur savoir-faire, leur rapport au travail ou leur amour de la terre.
Déroutant et complexe dans la manière d’aborder ces transformations, La ruée vers l’Est n’est jamais manichéen. Il interroge aussi nos projets de vie et nos choix politiques : où et comment vivre mais surtout à quel prix ?
Nadia Mokaddem, Peuple et Culture


 

 

Zahia Ziouani, une chef d’orchestre entre Paris et Alger
de Valérie Brégaint (2010-52’)
dimanche 21 octobre - 17h - salle des fêtes - St Privat
avec l’Amicale européenne de la Xaintrie
Zahia Ziouani a 32 ans, elle est la plus jeune chef d’orchestre française et dirige, en plus de sa carrière internationale, l’Orchestre Symphonique Divertimento et le Conservatoire de musique et danse de Stains (93).
Ce portrait est emblématique de l’aventure contemporaine d’une femme et d’une région, ainsi que des aléas de sa diversité. Il propose différentes rencontres entre Zahia et son entourage, l’orchestre et le public. Il nous mène sur les traces de cette jeune femme généreuse qui construit en brisant les préjugés : entre Paris et la banlieue, où elle accueille à Stains des jeunes de trente nationalités différentes, entre la France et l’Algérie car elle y dirige l’Orchestre National en tant que Chef invitée depuis 3 ans. Le film aborde les questions qu’elle se pose en tant qu’actrice du monde musical dans l’Europe d’aujourd’hui : sur l’identité, l’éducation et le rapport aux médias, la création. Les réflexions et l’expérience de Zahia Ziouani ouvrent des perspectives, comme autant de promesses.
L’orchestre. Crée en 2003, l’Orchestre Symphonique Divertimento est un ensemble symphonique réunissant 70 musiciens permanents de renom issus de Seine-Saint-Denis, Paris et de la Région Ile-de-France. Depuis 2007, son activité est fortement ancrée en Seine-Saint-Denis. Une de ses grandes orientations, est la diffusion de l’art symphonique sur l’ensemble du territoire régional et national et tout particulièrement auprès de nouveaux publics. L’Orchestre Symphonique Divertimento mène également de nombreuses actions de sensibilisation et de diffusion et participe à des projets éducatifs. Depuis 2010, il participe aux côtés de l’Orchestre de Paris à l’encadrement musical du projet de créations d’orchestre de jeunes DEMOS, initié et piloté par la Cité de la Musique.


cycle psychiatrie
Premier volet d’un cycle de projections et d’échanges sur la souffrance psychique, la place de la psychiatrie dans notre rapport à la folie et sur les différentes luttes qui continuent de défendre un refus de l’enfermement quel qu’il soit.
Fous à délier de Marco Bellochio, Silvano Agosti, Stefano Rulli et Sandro Petraglia (1ère partie 1975-71’)
samedi 27octobre - 17h - local de Peuple et Culture
- Tulle avec le ciné-club de Tarnac
En 1968, alarmée par l’état catastrophique de la psychiatrie publique en Italie, la municipalité communiste de Parme confia à Mario Tommasini, un ancien ouvrier du gaz, la direction du secteur de la santé mentale et sa réorganisation dans des voies révolutionnaires.
Cette initiative politique, inspirée par les travaux du célèbre psychiatre Franco Basaglia - critique de l’institution asilaire - marqua le début d’une vaste entreprise de réinsertion sociale des patients.
Considérant que la souffrance de l’un est l’affaire de tous, Fous à délier illustre magistralement les propos de Basaglia : rendre la folie à la société, et la vie sociale à la folie. Le film débute par les portraits de trois de ces « malades », un enfant et deux jeunes adultes. La parole leur est donnée, ainsi qu’à leur entourage (famille, amis, psychiatres), que la caméra restitue dans une impressionnante proximité.
Les « fous », filmés avec un évident respect, surprennent par la force et la lucidité de leurs propos. Ce film invite à questionner le terreau individuel et social de la folie, l’état d’enfermement et les conditions d’un retour dans la « vie normale ».


Un tramway nommé désir d’Elia Kazan (1952 - 122’)
samedi 27 octobre - 20h - cinéma le Palace - Tulle
avec le ciné-club de Tarnac (sous réserve)
Un Tramway nommé désir est certainement l’oeuvre la plus connue de Tennessee Williams. C’est le récit de la descente aux enfers d’une jeune femme, Blanche Dubois (Vivien Leigh), dont l’univers dominé par l’imaginaire s’effondre car elle ne trouve pas sa place dans le monde matérialiste représenté par sa soeur et son mari, Stanley Kowalski (Marlon Brando). Venue vivre quelque temps à la Nouvelle Orléans chez sa soeur Stella, Blanche déplore la grossièreté de son beau-frère et évoque continuellement le passé d’aristocrates de leur famille et la perte de leur plantation Belle Rêve. Après de vives tensions entre elle et Stanley, Blanche finira par être internée.
Une oeuvre difficile car les thématiques abordées lui ont donné une réputation sulfureuse : sexualité, marginalisation, folie…
La pièce dont est tirée le film d’élia Kanzan date de 1947, d’où l’importance des thèmes de l’immigration, de la redéfinition des rapports homme-femme après la seconde Guerre Mondiale, de l’opposition entre le Vieux Sud (l’agriculture, les plantations) et le Nouveau Sud (les industries, les machines).


artothèque
Collection en mouvement, Œuvres de Gilles Aillaud, Equipo Cronica, Erro, Peter Klasen, Jacques Monory, Hervé Télémaque, Gérard Schlosser, Gérard Tisserand…
Exposition réalisée par l’artothèque du Limousin, le FacLim et Peuple et Culture
du 2 au 23 octobre - Galerie du Musée du pays d’Ussel - Ussel
entrée libre du mardi au samedi : 14h - 17h30
mardi 2 - 18h - vernissage de l’exposition
jeudi 11 - 18h - visite guidée avec David Molteau de Peuple et Culture


du 26 octobre au 18 novembre - place Delmas - Argentat
entrée libre du mardi au dimanche de 10h à 12h et de 15h à 18h
vendredi 26 - 18h - vernissage de l’exposition
Cette exposition aborde les multiples registres de l’image. La plupart de ces artistes ont participé à l’exposition Mythologies quotidiennes de 1964 au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris et revendiquent un renouveau figuratif se démarquant des expériences de l’abstraction mais également du Pop Art américain.
Ancrés dans les réalités contemporaines, politiques et sociales, ces artistes vont exploiter toutes les possibilités de manipuler et transformer les images en essorant les nouvelles formes venues de la publicité, de la photographie, du cinéma, de la bande dessinée ou du dessin animé, du roman noir ou même de la peinture classique. Opérant par détournements, juxtapositions, superpositions et combinaisons de cadrages, ils réintroduisent du récit, de la citation, des métaphores, de l’humour et de la dérision.
Animés par le désir commun de faire à nouveau de l’art un outil de transformation sociale et portés par l’effervescence des mouvements politiques de l’époque, ils seront impliqués dans les événements de mai 1968.
Cette exposition montre l’inventivité de ces artistes qui marquent l’histoire de l’art en France et en Europe dans les années 60 et 70.
David Molteau, Peuple et Culture.


 

et aussi…
(In)Dépendances, du joug colonial à la dictature du marché proposé par Mémoire à Vif

jeudi 4 octobre - 20h30 - cinéma le Lido - Limoges (5€ la séance)
Festival Panafricain d’Alger de William Klein (1970 - 90’)
William Klein filme le premier festival culturel panafricain organisé par l’Algérie indépendante. «L’Afrique n’existe pas» avait lancé le sinistre Salazar. Ici, elle bouillonne de vie à chaque coin de rue. Elle dit non à toute forme de domination. Elle fait de son combat pour l’émancipation une fête.
Présenté par Christophe Kantcheff, critique de cinéma et rédacteur en chef de Politis et Michel
Beretti, auteur dramatique et médiateur, avec le Festival des Francophonies, Autour du 1er mai et PEC


Présenté par Christophe Kantcheff, critique de cinéma et rédacteur en chef de Politis
et Michel Beretti, auteur dramatique
La culture africaine sera révolutionnaire ou ne sera pas.

Tout est fête, euphorie, exubérance dans ce film qui nous plonge au cœur du premier festival panafricain d’Alger, organisé en 1969. La caméra s’immerge littéralement dans la foule en délire. Explosion de couleurs. Visages fiers, épanouis, captés en gros plan. On chante, on danse, on lève le poing. Encore et encore.
« L’Afrique n’existe pas » avait lancé le sinistre Salazar. Ici, elle bouillonne de vie à chaque coin de rue. Elle explose en mouvements de foule impressionnants. Elle dit NON à toute forme de domination. Elle fait de son combat pour l’émancipation une fête.

Des images d’archives rappellent l’exploitation éhontée, les exactions terribles contre ceux qui ont osé lever la tête face aux colonisateurs. Mais l’Afrique se réveille. L’Afrique se libère. L’Afrique est debout. Malgré le néocolonialisme qui s’insinue perfidement avec ses bases militaires, ses profiteurs qui continuent à exploiter les richesses nationales. Prises de parole, musique, théâtre, danses se poursuivent jusqu’au petit matin. Tous unis dans le même élan pour une Afrique libre et fraternelle.

Le réalisateur. Photographe, peintre, cinéaste et graphiste, William Klein est l’un des artistes contemporains les plus controversés, les plus passionnés. Ses engagements, ses combats, ses changements de modes d’expression, ses allers et retours de la peinture à la photographie en passant par le cinéma font de Klein un artiste polymorphe qui impose un style unique et va influencer des générations de photographes et de cinéastes.
Né (en 1928) à New York, il découvre l’Europe lors de son service militaire, s’inscrit à la Sorbonne puis étudie la peinture avec Fernand Léger. De retour à New York, il travaille à Vogue et, pour son premier livre, photographie sa ville à sa manière : chaotique, désordonnée. Le résultat est un brûlot d’une intensité et d’un dynamisme inégalés. à partir de 1965, il se consacre au cinéma avant de revenir à la photo dans les années 80.

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mardi 9 octobre - 20h - cinéma le Lido - Limoges (5€ la séance)
Lumumba, la mort du prophète de Raoul Peck (1991 - 69’)
Patrice Lumumba devient à 36 ans, le 30 juin 1960, le premier chef de gouvernement du Congo, nouvellement indépendant. Refusant de composer avec l’ex-colonisateur belge, il choisit de se débarrasser de la tutelle européenne, de lutter contre la corruption et de réorganiser la répartition des ressources du pays. Son pouvoir durera deux mois.
Thomas Sankara de Balufu Bakupa-Kanyinda (1991 - 24’)
En présence de Bruno Jaffré, auteur de Biographie de Thomas Sankara
De 1983 à 1987, l’ex Haute-Volta, devenue indépendante en 1960 et baptisée, en 1984, Burkina Faso (Pays des hommes libres et dignes) connaît des bouleversements politiques, sociaux et économiques sans précédent en Afrique Noire : c’est « La Révolution Burkinabé » menée par le Capitaine Thomas Sankara.


jeudi 11 octobre - au cinéma Grand écran - Limoges (5€ la séance - 8 € les 2)
à 18h : Voukoum de François Perlier (2011 - 52’) en sa présence
Un Voukoum, en créole guadeloupéen, c’est un mouvement massif et bruyant, un désordre provoqué sciemment pour provoquer l’éveil politique et artistique des gens de la rue, des « vyé nèg » (vieux nègres). C’est aussi le nom choisi par les membres du mouvement culturel implanté depuis le début des années 80 dans le quartier populaire du Bas du bourg à Basse Terre, en Guadeloupe.

à 20h30 : Afrique 50 de René Vautier (1950 - 17’)
1950. L’Afrique Occidentale française est sous domination coloniale depuis près d’un siècle. Le film ose montrer ce qui existe derrière l’image officielle de la colonisation, à savoir l’exploitation éhontée de la main-d’oeuvre noire qui enrichit les grandes compagnies. Pourtant, peu à peu, le peuple d’Afrique se dresse.

Cameroun, autopsie d’une indépendance de Valérie Osouf et Gaëlle Le Roy (2008 -52’)
Derrière l’imagerie officielle de l’indépendance du Cameroun, se cache une autre réalité, une guerre qui n’osa jamais dire son nom et fit pourtant plusieurs centaines de milliers de victimes.


samedi 13 octobre - à partir de 14h30 - théâtre de L’Union, CDN du Limousin (libre)
- Lecture par la Cie Asphodèle de textes :
de Kousy Lamko (extrait d’Aurore),
de Daniel Mermet (extrait de Carnets de route)
et de William Sassin (extrait de L’Afrique en morceaux)
Projection du film : Le profit et rien d’autre, réflexions abusives sur la lutte des classes de Raoul Peck (2000 - 57’)
- Débat sur la Françafrique avec l’association Survie
à 20h30 : Le poète comme boxeur : montage réalisé par Samuel Gallet de textes inédits de Kateb Yacine. Mise en scène : Kheireddine Lardjam. Avec : Azeddine Benamara et Larbi Bestam.
Théâtre-concert atypique où un musicien et un comédien portent la parole du poète.
Un dialogue entre théâtre et musique pour dire des mots qui cognent. Infos/Réserv: 05 55 79 90 00

 

 

 


 

 

Septembre 2012

cinéma documentaire
Vol spécial de Fernand Melgar (2011-100’)

vendredi 21 - 21h - cinéma le Palace - Tulle avec RESF 19
Chaque année en Suisse, des milliers d’hommes et de femmes sont emprisonnés sans procès ni condamnation. Pour la seule raison qu’ils résident illégalement sur le territoire, ils peuvent être privés de liberté pendant 18 mois dans l’attente de leur expulsion.

Après La Forteresse - Léopard d’Or au festival de Locarno - qui traitait des conditions d’accueil des requérants d’asile en Suisse, Fernand Melgar porte son regard vers la fin du parcours migratoire. Le cinéaste s’est immergé pendant 9 mois dans le Centre de détention administrative de Frambois à Genève, l’un des 28 centres d’expulsion pour sans papiers en Suisse.
Pêle-mêle, on trouve à Frambois des requérants d’asile déboutés ou des clandestins. Certains sont établis en Suisse depuis des années, ont fondé une famille et travaillent. Ils cotisent, envoient leurs enfants à l’école. Jusqu’au jour où les services d’immigration cantonaux décident arbitrairement de les jeter en prison pour garantir leur départ.
Le problème, c’est qu’aucun détenu n’est disposé à quitter la Suisse volontairement. Commence alors un long acharnement administratif pour les forcer à partir.
Dans ce huis clos carcéral, le face-à-face entre le personnel et les détenus prend au fil des mois une dimension d’une intensité parfois insoutenable. D’un côté une petite équipe soudée et motivée, pétrie de valeurs humanistes, de l’autre des hommes en bout de course, vaincus, épuisés par la peur et le stress. Se nouent alors des rapports d’amitié et de haine, de respect et de révolte, de gratitude et de rancœur. Jusqu’à l’annonce de l’expulsion, souvent vécue par les détenus comme une trahison, comme un ultime coup de poignard.

Avec ce film, Fernand Melgar entend dénoncer les conditions de détention et surtout de renvoi des demandeurs d’asile dans leur pays, et ce avec d’autant plus de force qu’il filme de façon objective, dans un centre réputé « modèle », en nous mettant face à nos responsabilités individuelles et collectives, en tant que spectateurs mais également en tant que citoyens (rappelons que la Suisse relève d’une démocratie directe et que les lois relatives à la détention et l’expulsion de sans-papiers reflètent la volonté du peuple).
A travers l’exemple suisse, c’est en fait l’existence d’un problème géopolitique et social d’envergure internationale que met en lumière le film, compte tenu du manque de volonté politique croissant des états au profit d’objectifs de volume désincarnés et de leur terrifiant nécessaire administratif. Dans Vol spécial, ces objectifs de volume ont des noms : Pitchoun, Ragip, Jeton, Wandifa, Serge… La caméra de Fernand Melgar se fait leur porte-parole.

Le réalisateur. Fernand Melgar est né en 1961 dans une famille de syndicalistes espagnols exilés à Tanger au Maroc. Il accompagne clandestinement ses parents qui émigrent en Suisse en 1963 comme saisonniers. Il interrompt ses études de commerce au début des années 80 pour fonder avec des amis le haut lieu de la culture underground de Suisse romande, Le Cabaret Orwell puis la scène rock internationalement réputée, La Dolce Vita. Après y avoir programmé de la vidéo de création, il devient, en autodidacte, réalisateur et producteur indépendant. À partir de 1983, il bricole des films expérimentaux et des reportages iconoclastes pour la télévision. Depuis 1985, il a réalisé une dizaine de documentaires sur les questions d’immigration et d’identité : Classe d’accueil sur l’intégration de jeunes étrangers en Suisse (1998), Remue-Ménage sur un père de famille qui a choisi de s’habiller en femme (2002, primé à Traces de Vie en 2003), La forteresse (2008).


 

arts plastiques
Exposition de l’atelier d’expression picturale
de l’EPDA1 du Glandier
du mercredi 5 au dimanche 30 - à l’Eglise St Pierre et à La Cour des Arts - Tulle
vernissage le vendredi 14 - 17h - église St Pierre
en présence des artistes et du groupe Yakatapé (formation de l’atelier de musique de l’EPDA du Glandier encadré par Charles Naras - percussions/accordéon)
(Voir page centrale)
La ville de Tulle, l’association Entropie et Compagnie, Peuple et Culture Corrèze, la Cour des Arts et le Conseil Général de la Corrèze2 ont souhaité s’associer à la direction de l’EPDA du Glandier pour donner à voir au plus grand nombre la remarquable qualité de ces travaux.
Cet atelier, créé par deux employés de l’établissement, Charles Naras et Marie-Christine
Favart, existe en tant que lieu dédié à part entière à la création plastique au sein du Glandier depuis 2006.
43 résidents de l’établissement le fréquentent toute la semaine. C’est un lieu de plaisir et de liberté et cela se ressent sans aucun doute dans le caractère jubilatoire des productions qui en émanent.

A partir d’un désir... pas toujours facile à saisir, chacun est accompagné dans une recherche de technique et de style au plus près possible de ses envies et de ses moyens, l’objectif étant de permettre aux membres de l’atelier d’atteindre la plus grande autonomie et la plus grande liberté possibles dans leur démarche d’expression. C’est ainsi, grâce à la qualité de cet accompagnement, que chacun a pu développer une personnalité artistique qu’il apprend à maîtriser peu à peu et qui est pour certains particulièrement remarquable.
Une partie de l’exposition sera consacrée au travail de Dominique Bertoliatti, qui séjourna au Glandier durant les dernières années de sa vie tout en ayant une production artistique personnelle autonome et antérieure à sa fréquentation de l’établissement et dont le talent était alors déjà reconnu par son entourage et fut ensuite confirmé par des spécialistes de l’art brut (une partie de ses oeuvres graphiques a été déposée au musée d’art brut de Lausanne par sa famille).
1. établissement Public Départemental Autonome
2. Cet évènement reçoit également le soutien financier de la CPAM et de l’AG2R La Mondiale pour la réalisation du projet vidéo mis en œuvre pour l’occasion.

 


rado
Journée d’étude autour des premiers travaux
de Rado en Corrèze
samedi 22 - de 9hà 18h - salle Latreille - Tulle
(Voir document joint)
Peuple et Culture et le groupe RADO en résidences d’artistes à Tulle depuis septembre dernier, ont répondu à un appel à projet du Centre National des Arts Plastiques dans le cadre de la commande publique.
Cette demande soutenue par la DRAC Limousin a abouti : sur 70 projets déposés, 6 ont été retenus dont celui de RADO. Seul projet émanant d’une association d’éducation populaire. Tous les autres sont issus de Centres d’art.
Au-delà du projet même de RADO, cette commande publique est signe d’une reconnaissance des initiatives de Peuple et Culture notamment les 15 dernières années avec les trois temps forts des résidences de Marc Pataut, Patrick Faigenbaum et Ahlam Shibli.
Le tolet des jeunes artistes est fondé sur les hypothèses suivantes :
« La première hypothèse tire son origine de l’intérêt de plusieurs d’entre nous pour une activité artistique menée en collaboration avec un public non artiste. Nous voulons mettre en place des situations de travail collective avec des habitants, associations, entreprises, établissements scolaires, dans lesquelles la dimension pédagogique ne sacrifie rien à l’ambition artistique.
La seconde souhaite mettre l’accent sur une géographie : les citoyens, et les artistes les premiers, ignorent généralement combien la géographie d’un territoire (a fortiori rural) détermine et est déterminée par un ensemble dynamique de réseaux techniques (voirie, énergie, télécommunications). Nous voulons comprendre et montrer comment tel système technique exploite telle particularité du paysage (de la géologie, de l’hydrographie, etc.), comprendre et montrer comment une ville comme Tulle et un département comme la Corrèze s’insèrent dans des réseaux techniques et technologiques plus vastes (régionaux, nationaux, européens, mondiaux), comprendre et montrer enfin comment les paramètres de cette insertion dessinent l’image de leur futur. »
Un travail artistique qui passe par des repérages et des enquêtes sans s’y réduire bien sûr ! Les œuvres réalisées donneront lieu en 2014 à plusieurs expositions plutôt dans des lieux non habituellement dédiés à l’art

 

 


 

 

juillet - aout 2012

 


les docs de l’été

Zahia Ziouani, une chef d’orchestre entre Paris et Alger de Valérie Brégaint (2010-52’)
mardi 17 juillet - 21h - librairie L’aire libre - Argentat

Zahia Ziouani a 32 ans, elle est la plus jeune chef d’orchestre française et dirige, en plus de sa carrière internationale, l’Orchestre Symphonique Divertimento et le Conservatoire de musique et danse de Stains (93). Ce portrait est emblématique de l’aventure contemporaine d’une femme et d’une région, ainsi que des aléas de sa diversité. Il propose différentes rencontres entre Zahia et son entourage, l’orchestre et le public. Il nous mène sur les traces de cette jeune femme généreuse qui construit en brisant les préjugés : entre Paris et la banlieue, où elle accueille à Stains des jeunes de trente nationalités différentes, entre la France et l’Algérie car elle y dirige l’Orchestre National en tant que Chef invitée depuis 3 ans. Le film aborde les questions qu’elle se pose en tant qu’actrice du monde musical dans l’Europe d’aujourd’hui : sur l’identité, l’éducation et le rapport aux médias, la création. Les réflexions et l’expérience de Zahia Ziouani ouvrent des perspectives, comme autant de promesses.


The Black Power Mixtape de Göran Olsson (2011-93’)
vendredi 20 juillet - 21h - ciné-club - Tarnac

De 1967 à 1972, des équipes de télévision suédoises se sont intéressées au mouvement des droits civiques aux États-Unis. Du quotidien d’une famille noire qui manque de tout au désespoir des habitants de Harlem après les assassinats de Martin Luther King et Bob Kennedy, d’un discours de Bobby Seal au procès très médiatisé de l’égérie des Black Panthers, Angela Davis, ces journalistes ont relayé le soulèvement de la population afro-américaine en tentant d’en comprendre les causes.
Ils ont approché les grands leaders du Black Power lors de prises de positions publiques, mais aussi dans l’intimité. Dans une séquence particulièrement forte, Stokely Carmichael interviewe sa mère, qui raconte la misère et les discriminations. Dans un autre entretien d’une franchise stupéfiante, Angela Davis, interrogée depuis sa prison sur l’usage de la violence, s’emporte contre le journaliste avant d’évoquer son enfance, marquée par les meurtres raciaux et la possession vitale d’armes pour se défendre.



Babel Caucase toujours ! de Mylène Sauloy (2007-90’)
mardi 24 juillet - 21h - librairie L’aire libre - Argentat

Au printemps 2007, une caravane, de huit camions attelés et d’une cinquantaine d’artistes, part de trois coins de France vers le Caucase pour des étapes de rencontres et d’échanges, un geste de solidarité culturelle. Au bout de la route et du rêve, il y a Grozny en Tchétchénie.
Un projet mûri depuis la venue au théâtre du Soleil d’une troupe d’enfants danseurs de
Grozny, Daymokh. Pour les retrouver et ouvrir au monde la petite république tchétchène, meurtrie par 12 ans de guerre, une bande hétéroclite de musiciens, danseurs, voltigeurs équestres, cuistots, syndicalistes, marionnettistes, cinéaste, éleveur et plasticiens, roule à bord d’un bus cinéma et d’un camion vidéo, un semi remorque plein de cadeaux, une cuisine sur roues et, tractées, une roulotte scène, une fête foraine et un manège d’animaux marins.
Caravane de la solidarité culturelle, Babel Caucase tisse des liens entre les peuples, crée des métissages, donne à voir, à entendre, nourrit l’âme de beauté et offre espoir à ceux qui en manquent, de se sentir moins seuls, de se sentir plus proches.



Djembéfola de Laurent Chevallier (1991-67’)
mardi 14 août - 21h - librairie L’aire libre - Argentat

Mamady Keita, l’un des grands maîtres de la percussion africaine (un djembefola), rentre au pays, à Balandugu, dans la région de Malinké (Guinée). Émotion des retrouvailles, rencontres mêlées de rires et de larmes, de musique et de danse avec des artistes mais aussi des villageois qui l’ont aidé à devenir cet artiste à la stature internationale. Caméra à la main, Laurent Chevallier a suivi son périple.
Mamady Keïta est né en 1950 à Balandugu, un village situé près du fleuve Fé, en Guinée. Son père est maître chasseur et fida tigi (maître des plantes et guérisseur). Il est initié au djembé dès l’âge de 7 ans par Karinkadjan Kondé, djembéfola de son village. A 14 ans, il est sélectionné pour entrer au ballet national Djoliba en tant que batteur principal et soliste.
Il en sera le directeur artistique de 1976 à 1986 et entreprend de nombreuses tournées en Afrique, en Asie, en Europe et aux États-Unis.
En 1988, il s’installe à Bruxelles où il donne des cours de percussions, enseignant plus particulièrement les rythmes mandingues, au sein de l’école Répercussions. Il crée également son nouveau groupe de musiques traditionnelles mandingues Sewa Kan, avec lequel il donne plusieurs concert en Europe.
En 1989, il sort son premier album intitulé Wassolon et fonde dans les années suivantes sa propre école TamTam Mandingue. Il organise, deux ans plus tard son premier stage en Guinée. Son dernier album Hakili est sorti en 2010.



Soirée courts métrages
mardi 21 août - 21h - librairie L’aire libre - Argentat
Avant que les murs tombent
de Eve Duchemin (2008 - 27’)
Près de Charleroi, Colin, jeune exclu, écrit du rap avec ses potes…
Les hommes s’en souviendront de Valérie Müller (2006 - 10’)
Les dernières minutes d’intimité qui ont précédé, le 26 novembre 1974, l’entrée de Simone Veil dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale pour y présenter son projet de loi pour l’avortement.
L’amour à contre champ de Frédéric Murarotto (2011 - 6’)
Mélanie et Louis s’aiment. Ou plus précisément, ils doivent s’aimer. Ils sont même payés pour ça. Malheureusement pour eux, ils se détestent.
La Saint Festin de Anne-Laure Daffis et Léo Marchand (animation - 2007 - 15’)
Hourrahhhh ! Demain c’est le 40 novembre ! C’est la Saint-Festin, la grande fête des ogres ! Alors si vous n’avez pas encore attrapé d’enfant, dépêchez-vous et bonne chasse !
Cul de bouteille de Jean-Claude Rozec (animation - 2010 - 9’)
La nouvelle, terrible, est tombée : profondément myope, Arnaud doit porter d’affreuses binocles.



les ateliers
Venez écouter les ateliers Chant traditionnel et Retour ô 35 choeurs...

mercredi 4 juillet - 20h30 - salle polyvalente du Lycée René Cassin - Tulle
Soirée chants et poésies (à l’initiative de l’association Amitiés Droujba 19 qui accueille en Corrèze le Forum des professeurs de français de Russie et d’Arménie)
- atelier chants traditionnels sous la direction de Sylvie Heintz
- poèmes pour le partage : Pierre-Etienne Heymann dira des textes de Victor Hugo, Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Henri Michaux, Paul éluard, Louis Aragon, Jacques Prévert, Boris Vian et Aimé Césaire.
- atelier Retour ô 35 chœurs, chants de luttes et de résistances, sous la direction de Jean-Yves Depecker et Béatrice Bonnevie.


 

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.. et vous promener avec l’Atelier Théâtre
jeudi 5 juillet - 18h30 - rive droite de la Corrèze
jeudi 19 juillet - 18h30 - rive gauche
départ devant le parking St Pierre - durée : 1h

L’atelier théâtre de Peuple et Culture accompagné par le Bottom Théâtre travaille depuis plusieurs années comme un laboratoire. En 2012/13, selon le désir des participants actuels, nous allons monter Oncle Vania de Tchekhov
Toutefois , nous nous donnons la liberté de faire des parenthèses dans ce projet pour nous rendre disponibles à la rencontre avec le public, pour essayer, faire entendre, questionner.
Il y a aussi notre désir de découvrir l’écriture d’auteurs vivants, d’ici ou d’ailleurs. Qu’est-ce qui s’écrit aujourd’hui ? De quoi y parle-t-on ? Quelles sont les langues des auteurs de théâtre ? On prend, on lit, on laisse ou on garde ce qui rencontre les participants.
Ainsi, cette fois, nous donnerons à entendre des extraits de Emmanuel Darley, Bernard Marie Koltès, Jean Marie Piemme, Laurent Comantin, Daniel Dannis, Philippe Minyana…
Dans la proposition d’être présents dans la ville avec les jeudis de l’été, il y a notre envie de faire résonner des morceaux de textes, de langues, dans des lieux parfois secrets de Tulle, là où d’autres ont vécu, là où nous vivons. Il y a notre envie de promenade, d’ardoises, de paysage et de mots, notre envie d’essayer.
Travail dirigé par Marie-Pierre Bésanger et Philippe Ponty
Avec : Karima Alouani, Audrey Arnal, Pierre Daniel, Grégoire Durif, Claudine Le Guen, Gaëtan Murat, Olivier Philippson, Clément Pichot, Romane Ponty Bésanger.



arts plastiques
Cabinet de curiosités et La peinture dans tous ses états
mardi 3 juillet - 16h30 - écoles primaires de St Martin la Méanne et de St Clément

Présentation aux parents et au public du résultat des projets Arts Plastiques réalisés par Peuple et Culture (David Molteau) dans les écoles de Saint-Martin-la-Méanne et Saint-Clément.
Au total, huit projets Arts Plastiques ont été réalisés cette année par Peuple et Culture dans des classes de maternelle, primaire et lycée.

Le projet de Saint Martin la Méanne s’est déroulé tout au long de l’année avec 12 élèves d’une classe unique pour la réalisation d’un Cabinet de curiosités regroupant une collection d’images, d’objets et d’inventions en tout genre.

à Saint Clément, les élèves ont flirté avec les interdits, laissant couler la peinture à même le sol (protégé !), sur divers objets, vaisselle, cahiers, jouets, vêtements... une expérience rare et jubilatoire ! Des œuvres de l’artothèque ont été associées à ce projet sur la question de la matérialité de la peinture.


festivals ciné doc
Résistances
du vendredi 6 au samedi 14 juillet - Foix

Le festival de films Résistances explore les frontières d’un cinéma subversif. Fondé en 1997, il s’est donné comme objectif de promouvoir un cinéma engagé, rarement diffusé, et proposer un nouveau regard sur le monde. Ainsi, Résistances s’affirme comme un lieu de rencontre entre le 7ème Art et la politique. Véritable levier pour l’esprit critique, le festival offre 9 jours de projections, de rencontres avec des cinéastes et de débats construits autour de 4 grands thèmes.
Cette année : Norme sociale et handicap, Montagne sacrée, montagne sacrifiée, Jeunesse, musique et rébellion, La fabrique des croyances. Depuis 2008, une région du monde est mise à l’honneur dans la programmation (Zoom Afrique pour cette édition).
Résistances, c’est aussi des évènements satellites et des invités. Depuis sa création, le festival accueille des personnalités de la culture et divers analystes, venus échanger avec le public leur point de vue sur les sujets abordés. Plus d’infos sur le site du festival : http://festival-resistances.fr/



états généraux du film documentaire
du dimanche 19 au samedi 25 août - Lussas

Manifestation non compétitive, la ligne éditoriale des États généraux est marquée par trois axes de programmation :
- les séminaires développent, sur plusieurs séances, une réflexion théorique sur le cinéma. Cette année : Nécessité de la critique (avec Emmanuel Burdeau, Jean-Louis Comolli, Antoine Guilloy, Christophe Kantcheff).
- les rencontres professionnelles proposent des temps privilégiés d’échange entre les différentes catégories professionnelles, destinés à s’informer, se mobiliser et à engager une réflexion commune à tous les secteurs de la profession autour des perspectives économiques et de diffusion du documentaire.
- les programmations «Films» permettent de découvrir ou revisiter des œuvres documentaires exceptionnelles, des filmographies ou l’évolution du documentaire d’un pays : le regard sur la production francophone européenne de l’année met en avant des œuvres récentes et peu diffusées, les «Histoire de doc» renforcent la dimension de formation à travers la programmation d’œuvres de référence ou de patrimoine (cette année, les Pays Baltes) les «Fragments d’une œuvre» proposent des rétrospectives d’auteurs confirmés ou la découverte de la filmographie de jeunes auteurs (B. Dziworski, documentariste polonais pour cette édition), la «Route du doc» propose de faire le point sur l’évolution du documentaire hors de nos frontières (le Portugal). Et les séances plein air du soir n’oublient pas les films à caractère plus événementiel... Plus d’info sur : http://www.lussasdoc.com

 

 


avril 2012
Avec Dédé de Christian Rouaud (2010-79’)
vendredi 11 - salle Cerous, mairie - Seilhac
en partenariat avec le Centre Régional des Musiques Traditionnelles en Limousin (CRMTL) et la médiathèque de Seilhac, autour de la collecte et de la mise en valeur des musiques traditionnelles.
19h : projection des Danseurs de bourrée de Treillet réalisé par Charly Beyer et le CRMTL
19h30 : casse-croûte sorti du sac (chacun amène du salé, du sucré ou du liquide à partager)
20h30 : projection du film Avec Dédé de Christian Rouaud
En Bretagne où il est né, André Le Meut partage son temps entre deux activités, qui se nourrissent l’une l’autre : pour collecter et faire connaître la culture orale du Morbihan, il part à la rencontre de ceux qui la détiennent encore, l’enregistre, la met en mémoire et l’offre à la disposition du public. Par ailleurs virtuose de la bombarde, imprégné jusqu’au plus intime de la tradition bretonne, il cherche, dans la confrontation avec d’autres musiciens, une voie singulière pour la musique qu’il a en tête, en même temps qu’il fait sonner son instrument inlassablement, dans les fest-noz, les églises et les salles de concert. Grand, efflanqué, embarrassé de lui-même et de ses bras qui renversent d’un même geste partitions et verres de bières, il arpente le film de sa démarche saccadée, se heurte aux obstacles que la vie s’ingénie à lui opposer en s’excusant d’un «hop là!» ou en faisant un pas de côté pour effacer son corps trop encombrant.
Le réalisateur. Christian Rouaud a d’abord été professeur de lettres, puis responsable de formation audiovisuelle dans l’éducation Nationale. Durant cette période, il a réalisé des films pour le système éducatif et participé à différents projets sociaux et culturels, notamment un circuit interne de télévision à la prison de Fresnes et la création de l’Association «Audiovisuel Pour Tous dans l’éducation» (APTE), qu’il a présidée pendant 5 ans. Il est également l’auteur d’un roman, La saldéprof (Editions Syros, 1983).
Filmographie sélective : Paysan et rebelle, un portrait de Bernard Lambert (2002), L’Eau, la terre et le paysan (2006), Les LIP, l’imagination au pouvoir (2007), Tous au Larzac (2011)...
Les danseurs de bourrée de Treillet. Nous avons souhaité lors de cette soirée mettre en résonance le travail d’André Le Meut en Bretagne et celui effectué par le CRMTL en ce qui concerne le travail de collecte et de mémoire des musiques et cultures traditionnelles. C’est pourquoi nous projetterons un film réalisé par le CRMTL, Les danseurs de bourrée de Treillet. Robert Pouget et André Dupuy habitent le village de Treillet, commune de Beaumont, niché au pied des Monédières. Un petit pré sépare leurs deux maisons mais la danse les a toujours réunis. La danse, c’est la bourrée pratiquée par l’un et par l’autre, chacun avec son génie propre.
Le CRMTL. C’est une association qui a pour but d’informer, de coordonner, de soutenir et de développer les musiques traditionnelles en Région Limousin. C’est un centre de ressources dans le domaine de l’information, la mise en réseau, le conseil et l’expertise, et une structure de développement d’actions dans le domaine du patrimoine et de la mémoire, de la formation ainsi que de la création et la diffusion.


 


télé-brouette PEC
Un magazine vidéo réalisé par Peuple et Culture…
mercredi 9 - 18h - locaux PEC - 1ère rencontre autour de cette nouvelle aventure
Une «télé-brouette» c’est un programme vidéo diffusé de la main à la main sous forme de DVD que l’on peut choisir de regarder ensemble, dans un café, une bibliothèque, chez soi avec quelques amis, dans un lieu public. C’est une télévision ancrée dans le territoire sur lequel elle travaille, qui s’adresse à ses habitants, non pas à des consommateurs, pour dévoiler un pays vivant.

Pourquoi ? Pour aller à la rencontre du mouvement social en Corrèze, donner à voir des tranches de vies rebelles et sensibles, des actions collectives et solidaires, des expériences alternatives qui donnent envie de se mettre en mouvement.
Comment ? En créant un « comité de rédaction » à géométrie variable, qui serait associé au projet selon les disponibilités et les intérêts de chacun(e) : de la simple participation à une
« conférence de rédaction » qui propose et décide des sujets, à une implication plus large : prendre les contacts, conduire des entretiens, s’associer au montage et à la réalisation complète du document final qui comporterait plusieurs rubriques, sans formatage préconçu. Les sujets pourraient durer de 1 à 20 ou 30 minutes et certains pourraient faire l’objet d’un suivi.
Selon quelle fréquence ? Une fréquence régulière non encore arrêtée (1 fois par trimestre par exemple)
Par quel mode de diffusion ? Sur DVD qui serait proposé à des points de diffusion (à établir) et éventuellement projeté tout ou partie dans le réseau de diffusion du cinéma documentaire de Peuple et Culture. Le magazine serait aussi accessible sur le net.
Quelques exemples possibles de courtes rubriques régulières en complément des sujets évoqués en introduction :
- la présentation d’un livre par un libraire ou/et un ou des lecteurs dans une librairie,
- une rubrique cinéma sous la forme d’un débat après un film, entre spectateurs ou /et avec le réalisateur,
- une rubrique activités de PEC (déjà réalisées ou à venir) : droits de questions, interventions en milieu scolaire (ateliers de pratiques artistiques, projection cinéma documentaire), suivi de résidence d’artistes…
- une information (qui pourrait être réalisée en lien avec les syndicats) sur la situation dans les entreprises.
Nous vous attendons nombreux pour partager des idées et nous rejoindre dans cette aventure....


 


scènes ouvertes
jeudi 24 - 19h - Le battement d’ailes à Lauconie - Cornil
Les scènes ouvertes se mettent au vert !
Nous partons en fanfare à la campagne, accueillis cette fois-ci par l’association Le battement d’ailes à Cornil.
Entre yourte et jardin venez déguster un brin de musique et écouter une rondelle de saucisson, ou bien le contraire…

Implantée sur un terrain de 5 hectares, le Battement d’ailes est une proposition d’alternative sociale, économique et culturelle pour celles et ceux qui ressentent le besoin de la mise en oeuvre d’un mode de développement local respectueux des humains et de leur environnement. Fonctionnant sur un modèle participatif et démocratique, se revendiquant des valeurs de l’éducation populaire, elle élabore des outils visant à la sensibilisation, l’information et la transmission de savoirs dans les domaines de l’écologie appliquée (écoconstruction, connaissance du vivant) et du développement culturel. Tél : 05 55 26 49 98

 



PEC change de constitution

En 2011, pour le 60ème anniversaire de Peuple et Culture Corrèze, le travail qui a été mené sur l’origine de l’association, son histoire, son évolution (essentiellement par une longue série d’entretiens avec son fondateur Roger Eymard) a permis de vérifier que nous avions à la fois une grande fidélité aux valeurs qui l’ont fondée et en même temps des capacités de transformation et de renouvellement.
L’activité de Peuple et Culture fait l’objet d’une reconnaissance régionale mais aussi nationale et parfois même au-delà du cadre national. C’est sur ces bases-là que les questions sur lesquelles nous avons voulu mettre l’accent lors de l’Assemblée Générale élective (qui a eu lieu le 17 avril dernier) ne concernaient pas la nature des actions ni leur volume (conséquent), ni la situation financière de l’association qui reste favorable. En revanche, il nous a semblé nécessaire d’interroger les modes de fonctionnement et les questions de transmission.

Ainsi, l’Assemblée Générale a procédé à un changement de statuts inspirés par une réflexion guidée par les intentions suivantes :
- imaginer une « architecture » permettant d’expérimenter un fonctionnement alternatif plus collectif, dégagé du phénomène de « présidentialisme » qui depuis la Constitution de 1958 déteint sur toutes les structures sociales y compris associatives et personnalise à outrance les modes de fonctionnement.
- questionner les appellations utilisées pour désigner les instances (« bureau », « comité directeur ») qui depuis longtemps empruntent un vocabulaire issu des partis politiques traditionnels ou de l’administration.

Selon les nouveaux statuts adoptés à l’unanimité, l’Assemblée Générale a élu un « Conseil » composé de 31 membres, parmi les adhérents actifs de Peuple et Culture.
Ce Conseil qui travaillera à définir les orientations de l’association a élu en son sein un « Collectif » qui sera, lui, chargé du fonctionnement plus quotidien et opérationnel de l’association. Le Collectif est composé de 6 membres parmi lesquels un(e) président(e) et un(e) trésorier(e) ont été tirés au sort (ainsi que cela se pratique dans le fonctionnement des coopératives) et seront renouvelables chaque année. Conseil et Collectif seront élus chaque année.

Le Conseil est composé de :
Marie Albaret, Marie-Pierre Bésanger, Iris Bugl, Didier Christophe, Sylvie Christophe, Nadège Colladant, Jean Combasteil, Carmen Deguil, Odile Delaunay, Estelle Duquenois, Marie Durin, Olivier Durin, Dominique Fleygnac, Cathy Froidurot, Dominique Grador, Sylvie Heintz, Pierre-Etienne Heymann, Anne-Marie Leymarie, Pierre Leymarie, Marie Maugein, Marilyne Mertens, Bernard Mullet, Sophie Petitpré, Philippe Ponty, Josette Pouget, Edmond Pouget, Marie Trillo-Pouget, Mary Rochais, Jean-Bernard Servières, Manée Teyssandier.

Le Collectif est composé de :
Marie Maugein, Maryline Mertens, Bernard Mullet, Sophie Petitpré, Josette Pouget,
Manée Teyssandier.
Présidente tirée au sort : Josette Pouget / Trésorière tirée au sort : Sophie Petitpré


 


et aussi…
Algérie : combats d’hier, résistances d’aujourd’hui
mardi 15 - 20h - cinéma le Lido - Limoges avec l’assocation Mémoire à Vif - 5 €
« Algérie : l’indépendance a 50 ans.
50 ans après, pourquoi convoquer, une fois encore, notre mémoire sur cette histoire toujours douloureuse ? Parce que Mémoire à Vif, née de la résurgence d’une résistance locale à la guerre d’Algérie, se doit de participer au cinquantenaire de l’indépendance qui mit fin à 132 ans de cette « nuit coloniale » dont parlait Ferhat Abbas, d’autant que certains ont tenté de nous vendre les aspects positifs de la colonisation et nous parlent du choc des civilisations, continuant à instrumentaliser un racisme au quotidien.
C’est aussi pour nous le moyen de faire entendre une autre voix que celle diffusée par les grands médias- presse écrite, radio, télévision - qui, dans la plupart des cas, continuent, 50 ans après, à avoir un regard de colonisateur. Bien peu osent encore dénoncer les méfaits du colonialisme et dire que les Algériens avaient raison de se révolter. Le point de vue reste résolument français, une manière de nous conforter dans l’idée que nous étions là-bas chez nous.
C’est, enfin, l’occasion de parler, en toute liberté, de l’Algérie d’aujourd’hui. N’oublions pas que le gouvernement français, qui a décidé qu’aucune commémoration officielle ne serait organisée le 19 mars, date du cessez-le-feu, a suggéré aux autorités algériennes de fêter ce cinquantenaire « dans un esprit de modération, en essayant d’éviter les extrémismes de tous bords ». Et le Premier Ministre algérien, Ahmed Ouyahia, a cru bon de dire : « Il faut cesser de faire de la colonisation de l’Algérie un fonds de commerce ». Visiblement, les consignes de la France seront appliquées à la lettre. Vous avez dit : Indépendance ?» Danièle Restoin, Mémoire à Vif

Jacques Charby, porteur d’espoir de Mehdi Lallaoui (2006-52’)
Le film est le premier volet du triptyque En finir avec la guerre...d’Algérie, autour de portraits de femmes et d’hommes aux itinéraires et engagements très différents. Ce sont, pour la plupart, des histoires occultées ou peu abordées, comme celle de Jacques Charby, comédien de talent, qui s’est engagé dans le réseau Jeanson. Mort le 1er janvier 2006, le film est un hommage posthume à son parcours étonnant.
Octobre noir d’Aurel et Florence Cotte (2011-12’)
17 octobre 1961 à Paris. Cinq jeunes gens, Algériens et Français, sont en route pour manifester pacifiquement contre le couvre-feu instauré par le préfet de police Maurice Papon. Pour Malek, cette manifestation est signe d’espoir d’un avenir pour sa génération en France. Saïd, lui, y trouve l’occasion d’exprimer sa frustration. Les trois Français, eux, manifestent pour une France respectant sa devise républicaine. Tous se lancent, confiants, dans les rues de Paris...
Mollement, un samedi matin de Sofia Djama (2011-28’)
« Dans l’Alger d’aujourd’hui, où tout sent la déliquescence, une jeune femme belle et libre peut-elle être considérée autrement que comme une prostituée ? Et que faire, face à « un violeur défaillant » ? Fiction à la limite du documentaire, court-métrage qui laisse une empreinte plus forte que bien des longs-métrages, chute de l’histoire aussi intéressante que peu prévisible : une grande réussite que ce premier film franco-algérien. » Martine Delahaye, Le Monde 29/30 janvier 2012


 


Rencontres africaines
du jeudi 31 mai au samedi 2 juin - salle Latreille - Tulle
jeudi 31 mai : Cette soirée sera consacrée au cinéma africain avec Peuple et Culture. Au programme, des courts métrages qui montrent les difficultés et les espoirs de l’Afrique vus par des africains et en particulier un superbe film d’animation.
vendredi 1er : soirée avec la troupe de musiques et de danses Saaba du Burkina Faso déjà présente lors des Rencontres de 2008, en partenariat avec la Maison des Droits de l’Homme de Limoges.
samedi 2 : Participation à l’événement de la Ligue contre le cancer avec un spectacle tout public de Mamadou Sall et l’intervention de la troupe de danses et percussions tulliste Tassouma avant le grand spectacle sur la place de la cathédrale de Boney M.
En partenariat avec la médiathèque Eric Rohmer : Des séances de contes avec un conteur mauritanien, Mamadou Sall, dans les collèges Victor Hugo, Seilhac et à la médiathèque elle-même ; une animation avec l’illustratrice Bénédicte Nemo autour du Sénégal et présentation de son travail. Elle fera expérimenter la technique de linogravure aux collégiens de Victor Hugo et de Seilhac .
Durant la journée, à la salle Latreille, vous pourrez participer à des apéritifs dinatoires, des ateliers (batik, souwere, henné), visiter des stands d’associations de solidarité internationale...

 

 


 

décade cinéma et société
El Djazaïr!
France-Algérie, du colonialisme à aujourd’hui
du mercredi 11 au dimanche 15 à Tulle
et le vendredi 20 au battement d’ailes à Cornil

mercredi 11
15h - cinéma le Palace -
en présence du réalisateur
Les Folles années du twist de Mahmoud
Zemmouri (1983-90’)
18h - médiathèque éric Rohmer - en présence
de Gilles Manceron*, historien, LDH
J’ai 8 ans de Yann Le Masson (1961-10’)
Octobre à Paris de Jacques Panijel (1961-70’)
21h - cinéma le Palace - en présence
de René Vautier* et Marceline Loridan-Ivens
Peuple en marche de René Vautier (1963-60’)
Algérie, année zéro de Marceline Loridan-Ivens (1962-40’)


jeudi 12
14h - cinéma le Palace - en présence
de Naïma Yahi de l’association Pangée Network
Le Général de Bollardière et la torture de André Gazut (1974-52’)
18h - médiathèque éric Rohmer - en présence de Jean Labib*, réalisateur
et de Geneviève Dreyfus-Armand, historienne
Déchirures algériennes de Jean Labib (1987-57’)
L’engagement de Gérard Follin (1988-32’)
21h - cinéma le Palace - en présence du réalisateur*
Bled number one de Rabah Ameur-Zaimèche (2005-97’)


vendredi 13
14h - médiathèque éric Rohmer
Kateb Yacine : l’amour et la révolution de Kamal Dehane (1960-60’)
18h30 - cinéma le Palace - en présence de Monique Martineau,
directrice de Cinémaction
Elles de Ahmed Lallem
Algériennes, 30 ans après de Ahmed Lallem
21h - cinéma le Palace - en présence de Jean-Pierre Burdin, consultant
arts-travail et Marie-José Nat, comédienne, interprète d’élise*
élise ou la vraie vie de Michel Drach (1970-105’)


samedi 14 - cinéma le Palace
de 15h à 18h - en présence de Béatrice de Pastre, directrice de collections
des Archives françaises du film
Carte blanche au CNC, sélection de films tournés pendant la période coloniale (1896-1962)
20h - en présence des réalisateurs *
La Guerre sans nom de Bertrand Tavernier et Patrick Rotman (1992-230’)


dimanche 15 - cinéma le Palace
14h45 - en présence de Naïma Yahi de l’association Pangée Network
Algérie, histoires à ne pas dire de Jean-Pierre Lledo (2006-160’)
21h - en présence de
Nicole Fernandez-Ferrer, du centre audiovisuel Simone de Beauvoir
et de Habiba Djahnine,
réalisatrice
Avant de franchir la ligne
d’horizon de Habiba Djahnine
(2010-64’)

vendredi 20 - 20h - au battement d’ailes - Lauconie - Cornil
Mémoires d’immigrés : les enfants de Yamina Benguigui (1997-52’)
Projection suivie d’un apéro débat et d’un concert avec le Cabaret Constantine


droit de questions
Changer d’économie ! par Mireille Bruyère,
«économiste atterrée»
vendredi 6 - 20h30 - salle Latreille - Tulle

Début 2012, la récession menace de s’installer à nouveau. Tirant prétexte de la pression exercée par les marchés financiers, les gouvernements européens veulent imposer aux peuples des politiques d’austérité et de régression sociale. De surcroît, l’Europe est menacée d’un recul sans précédent de la démocratie. Si l’on veut échapper à la catastrophe sociale qui se prépare dans les laboratoires de l’idéologie néolibérale, c’est dans des voies nouvelles qu’il faut résolument s’engager.
Dans ce contexte et à l’heure où se préparent dans notre pays des élections majeures, les ‘‘économistes atterrés’’ s’invitent dans le débat. Le désarmement des marchés financiers, la réorientation du système bancaire, une profonde réforme fiscale, le renouveau des services publics, la refonte des traités européens pour mettre fin à la concurrence fiscale et sociale, la relance des investissements publics pour organiser la transition écologique, de nouvelles gestions des entreprises : voilà autant de sujets majeurs où les économistes atterrés formulent des propositions afin d’ouvrir de nouvelles perspectives. Aujourd’hui, le réalisme a changé de camp. Après trente ans d’aveuglement, les politiques néolibérales ont perdu toute crédibilité. Il est urgent de changer d’économie !

« Pour saisir les origines de la crise de la dette il faut d’une part saisir les dynamiques contemporaines du capitalisme dont la plus importante est la montée des inégalités mais aussi les évolutions de la pensée économique libérale. La conférence aura cette double ambition. Le lien entre la pensée économique libérale et les politiques mises en œuvre apparaît alors évident. Une pensée économique critique devient alors absolument nécessaire aujourd’hui. Le collectif des économistes atterrés a la vocation de rendre visible cette pensée critique. Cette pensée critique est plurielle. Nous présentons alors au débat citoyen des alternatives aux politiques néolibérales suivies dans toute l’Europe.» Mireille Bruyère

Mireille Bruyère est maître de conférences en économie à l’université de Toulouse 2 et membre du conseil scientifique d’ATTAC.
Ses travaux portent sur l’emploi et le travail. Elle est membre du Laboratoire CERTOP-CNRS (Centre d’étude et de Recherche Travail Organisation Pouvoir).
Elle fait également partie du groupe des économistes atterrés, qui comptent près de 2000 membres en France, et s’opposent au diktat néo-libéral de la logique économique actuelle. Ils éclairent le débat public sur la possibilité et la nécessité d’autres politiques. En octobre 2010, ils ont publié leur Manifeste qui a rencontré un grand succès international.



scènes ouvertes
jeudi 5 - 19h - théâtre des 7 Collines - Tulle - entrée gratuite

La scène ouverte est un moment d’expression libre pour des artistes professionnels, amateurs ou passionnés qui souhaitent tester sur différents lieux, parfois insolites, leur numéro, répertoire, chorégraphie, texte… ou bien juste partager le plaisir d’être sur scène avec un spectacle rôdé. Un moment convivial à partager ensemble autour d’un verre et d’une rondelle de saucisson !
Infos, prochains rendez-vous, vidéos, son sur : http://www.myspace.com/sceneouverteencorreze
Prochain rendez vous : jeudi 24 mai à 19h au Battement d’ailes à Cornil. Nous recherchons des participants, toutes les formes sont les bienvenues. Renseignements et inscriptions : les 7 Collines, 05 55 26 89 60
Les scènes ouvertes de Tulle sont organisées en partenariat avec le théâtre des 7 collines, la Fédération des Actions Laïques de la Corrèze, Peuple et Culture et la salle des «Lendemains qui chantent».

 

 

 

 


 

programme mars 2012

Le fond du garage de Loïc Balarac (2004 - 52’)
vendredi 9 mars - 20h30 - salle polyvalente - Sérilhac, avec le foyer culturel

Le Garage moderne n’est pas un garage comme les autres. C’est un lieu associatif, installé à Bordeaux depuis fin 2000, où l’on peut tout à la fois venir avec son véhicule pour raison mécanique, ou découvrir sur place une activité artistique (car le site accueille des performances multiples) dans l’architecture industrielle d’une ancienne raffinerie d’huiles du quartier des docks. Le garage est donc une sorte de passerelle entre un type d’économie militante (« l’accès aux soins automobiles pour tous ») et un lieu de rencontres ouvert à toutes les propositions d’expressions artistiques. Le lien social, c’est ce qui définit le mieux ce qu’offre le Garage moderne. Sans demander, les gens apportent tous quelque chose, un concert de musique, de la nourriture, leur savoir-faire ou une de leurs œuvres…
Anecdote : « L’autre jour, un homme nous a apporté du pain rassis. On l’a apporté à une femme qui a des poules, et qui nous a promis en échange de nous donner des œufs ». C’est ça l’effet papillon du Garage moderne. Il compte aujourd’hui 600 adhérents tout public, on compte certes des Rmistes ou des chômeurs, mais également, dans un registre d’économie différent, un chanteur d’opéra, un avocat, une jeune femme professeur de japonais, ou encore une « vieille » dame de 85 ans…
Le réalisateur. Régisseur durant 10 ans pour la télévision et le cinéma, Loïc Balarac est réalisateur de films documentaires, auteur et scénariste pour d’autres réalisateurs. Il est aussi l’auteur d’un roman écrit en 2008 : Prêt à l’emploi (éditions Artistfolio). Filmographie sélective : Un certain temps de réaction (2002), Une fille en mouvement (2003)...


 

Le temps des grâces de Dominique Marchais
(2009 - 123’)
mardi 20 mars - 20h - salle des fêtes - Monestier-Merlines, avec l’association Trait d’union en pays d’Eygurande

Une enquête documentaire sur le monde agricole français aujourd’hui, à travers de nombreux récits : agriculteurs, chercheurs, fonctionnaires, écrivains... Un monde qui parvient à résister aux bouleversements qui le frappent - économiques, scientifiques, sociaux - et qui, bon gré mal gré, continue d’entretenir les liens entre générations. Un monde au centre d’interrogations majeures sur l’avenir.
Au gré des rencontres de Dominique Marchais, se dessine l’euphorie de la modernisation des techniques agricoles, initiée dans les années 50 et ses atouts dans l’amélioration des conditions de travail des ouvriers de la terre. Cette époque de grands desseins fait aujourd’hui place aux inquiétudes et à une certaine nostalgie d’acquis perdus, que ce soit en termes de savoir-faire ou de respect de la nature. L’exode rural et les difficultés financières ont mis fin aux exploitations à taille humaine pour faire place à d’immenses champs de plusieurs centaines d’hectares. On assiste alors à une rationalisation des productions au détriment de la biodiversité.
Au cours de cette promenade dans les campagnes françaises, le réalisateur ne se contente pas de remonter le temps en évoquant un passé où l’homme vivait davantage au rythme de la nature, il se tourne aussi résolument vers l’avenir en rencontrant ceux qui, optimistes, se battent pour trouver des solutions pérennes.
Le réalisateur. Entre 1995 et 1999, Dominique Marchais est critique de cinéma aux Inrockuptibles. De 1998 à 2001, il travaille sur le film Dans La Chambre de Vanda, de Pedro Costa; Trois Ponts sur la rivière, de Jean-Claude Biette, et L’Adolescent, de Pierre Léon. Parallèlement à cela, il réalise des reportages pour le magazine Court Circuit d’Arte. En 2003, il écrit et réalise un court-métrage de 9 minutes, Lenz Echappé, qui obtient le prix du jury du festival Images en région, à Vendôme en 2004. En 2009, il réalise Le Temps des grâces, son premier long-métrage.


 

Les nouveaux chiens de garde de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat (2012-104’)
vendredi 23 mars - 21h - cinéma le Palace - Tulle, en présence de Michel Naudy, journaliste et écrivain, protagoniste du film

Scénario de Serge Halimi, Pierre Rimbert, Renaud Lambert, Gilles Balbastre, Yannick Kergoat

Les médias se proclament « contre-pouvoir ». Pourtant, la grande majorité des journaux, des radios et des chaînes de télévision appartiennent à des groupes industriels ou financiers intimement liés au pouvoir. Au sein d’un périmètre idéologique minuscule, se multiplient les informations prémâchées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices et les renvois d’ascenseur.
En 1932, Paul Nizan publiait Les Chiens de garde pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s’imposaient en gardiens de l’ordre établi. Aujourd’hui, les chiens de garde, ce sont ces journalistes, éditorialistes et experts médiatiques devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social. Sur le mode sardonique, Les Nouveaux chiens de garde dresse l’état des lieux d’une presse volontiers oublieuse des valeurs de pluralisme, d’indépendance et d’objectivité qu’elle prétend incarner. Avec force et précision, le film pointe la menace croissante d’une information pervertie en marchandise.
Les réalisateurs. Ancien pigiste à France 2, France 3 et M6, Gilles Balbastre a tiré de cette expérience une analyse lucide des ressorts socio-économiques de la profession, décrits dans Journalistes précaires (Le Mascaret, 1997), ainsi qu’une détermination ferme à corriger le « parti de la presse et de l’argent » (il fut directeur de la publication du Plan B, un journal de critique radicale des médias). Il est l’auteur d’une série de documentaires consacrés aux rouages et aux effets de l’ordre libéral, tous diffusés sur France 5, dont Le chômage a une histoire (2001), Moulinex, la mécanique du pire (2003), EDF, les apprentis sorciers (2006) et Fortunes, Infortunes (2008).
Yannick Kergoat a réalisé plusieurs documentaires pour la télévision avant de se fâcher avec elle. Il a alors entamé une carrière de monteur de long-métrages, collaborant notamment avec
Rachid Bouchareb (Indigènes, Hors-la-loi), Costa-Gavras (Amen, Le Couperet), Mathieu Kassovitz (Assassins(s)), Cédric Klapisch (Ni pour ni contre (bien au contraire)), Dominique Moll (Harry, un ami qui vous veut du bien, César du meilleur montage 2000) et Eric Zonca (La vie rêvée des anges). En parallèle, il mène depuis plusieurs années une activité militante sur la question des médias en tant que co-animateur de l’association Acrimed (Action-Critique-Médias).
L’intervenant. Michel Naudy a été chef adjoint du service politique de l’Humanité de 1977 à 1981, chef du service politique de France 3 de 1982 à 1986, rédacteur en chef adjoint de l’émission Taxi (France 3), rédacteur en chef de Hors sujet (émission sur l’éducation) et Droit de regard. Il est le président du Cercle Lakanal (association libre de citoyens qui ne le sont pas moins, le Cercle Lakanal est un lieu de résistance et de propositions, un lieu de débat comme un lieu de combat. Plus d’informations : www.cerclelakanal.fr). Michel Naudy est aussi l’auteur de nombreux livres : PCF, Le suicide (Albin Michel, 1986), L’affaire Loiseau (Plon, 1993), Le Cercle noir (Stock, 1995), Un rien de trop (Le Temps des cerises, 2000),…



décade cinéma et société
El Djazaïr !
France-Algérie, du colonialisme à aujourd’hui
du mercredi 14 au dimanche 18 mars, à Uzerche, St Jal, Naves, Tulle et Argentat


mercredi 14 mars - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche
avec l’association Musicas Dreibidas,
Soirée d’ouverture de la Décade
en la présence exceptionnelle du réalisateur Mohammed Lakhdar Hamina
Techniquement si simple de René Vautier (1970-15’)
Le Vent des Aurès de Mohammed Lakhdar Hamina (1966-95’)

jeudi 15 mars - 20h30 - salle polyvalente - St Jal avec l’Amicale Laïque,
en présence de Naïma Yahi, association Pangée Network
Ici on noie les Algériens de Yasmina Adi (2011-90’)

vendredi 16 mars - 20h - chez Bernard Mullet - Naves
en présence du réalisateur Medhi Lallaoui et de l’historienne Geneviève Dreyfus-Armand
Le manifeste des 121, les intellectuels dans la guerre d’Algérie de Medhi Lallaoui (2011-52’)
Retour sur l’île Seguin de Medhi Lallaoui (2003-52’)

samedi 17 mars
15h - salle de l’Université Populaire - Tulle,
Carte blanche à l’INA autour des archives de la télévision
en présence de Christine Angoujard, déléguée régionale INA-Atlantique
et Joëlle Olivier, chef de projets culturels, INA.
1ère partie : 5 colonnes à la Une et le Bloc-notes
2ème partie : Une autre guerre d’Algérie de Djamel Zaoui (2004-52’)


samedi 17 mars
21h - cinéma le Palace - Tulle,
en présence de Danièle Restoin de l’association Mémoire à Vif
Guerre et bâillon, Atelier cinéma du lycée professionnel Marcel Pagnol de Limoges (2001-26’)
Octobre noir (film d’animation) de Aurel et Florence Corre (2011-12’)
Mollement un samedi matin de Sofia Djama (2011-26’)

dimanche 18 mars - 16h - librairie L’aire libre- Argentat
Leçon de cinéma de Dominique Cabrera en sa présence
Autour de l’Algérie (extraits de ses films)
L’ Autre côté de la mer de Dominique Cabrera (1996-90’)



nouvelles zébrures
Permafrost, texte de Manuel Antonio Pereira,
mise en lecture de Marie-Pierre Bésanger (55’)
samedi 24 mars - 14h - médiathèque éric Rohmer - Tulle,

dans le cadre du festival des Francophonies en Limousin
Lecture par Gabriel Durif, Clément Pichot, Philippe Ponty, Romane Minati, Agnès Guignard, Stéphane Schoukroune.
Permafrost vient de l’anglais et désigne un sous-sol gelé en permanence, au moins pendant deux ans. Ni racines, ni animaux ne peuvent pénétrer le vrai permafrost. Là où il est présent depuis plusieurs cycles glaciaires, il peut être épais de plusieurs centaines de mètres.
Un homme apparaît, bloc minéral, silencieux, à peine humain. Le jour, il erre sur les routes, le long des voies ferrées. La nuit, dans une immense fabrique, il surveille les machines. Il se couche contre les calandres, aime le contact du métal et de la rouille.
Tout ce qui est dur le rassure. Et la certitude des machines toujours vient l’apaiser. Il revient chaque nuit devant l’immeuble d’une jeune fille endormie. Il grimpe à l’étage et il voit, par la fenêtre, le corps de la dormeuse. Il joue à caresser de son ombre les hanches, le flanc, la nuque, le visage de la jeune femme, et redescendre et remonter tout le long de ce corps exposé. Il ne dit rien, puis il s’en va errer le long des routes, intranquille fantôme, incapable d’habiter cette vie autrement… La jeune fille le sent venir chaque nuit. Lui, et ce qui vient avec lui : en même temps ce désir et cette peur, comme depuis son enfance ; l’homme, ce mystère déjà dans l’obscurité de sa chambre.
Mais tout cela nous est conté par la voix d’une autre femme, témoin, attentive, qui peu à peu prend le pas sur ce qui survient. Et la rencontre de l’homme et de cette femme là peut semble-t-il survenir. Comme une tentative d’histoire à deux. Comme la mise au monde de quelque chose de plus grand que soi.
Cette pièce fait partie d’une trilogie, nommée La Trilogie des machines, dont le premier volet Requiem pour une cascadeuse est publié, tout comme le deuxième Permafrost, aux éditions Espace 34. Le troisième volet est en cours d’écriture.

L’auteur. Né à Porto en 1965, Manuel Antonio Pereira réside en Belgique depuis plus de 15 ans. Diplômé de l’INSAS (Institut National des Arts du Spectacle à Bruxelles), il fonde en 1995, le groupe Tsek et depuis se partage entre écriture, mise en scène et création vidéo.
De 2006 à 2009 une résidence lui est proposée au théâtre Les Tanneurs, à Bruxelles. Il y a réalisé un long travail d’accompagnement à l’écriture avec des sans abris et des gens vivant ou ayant vécu dans une grande précarité. Ce travail, intitulé Les Invisibles, a été présenté aux Tanneurs, en mai 2008 et novembre 2009.

Marie-Pierre Bésanger, metteur en scène, Bottom Théâtre
« Ce qui fait pour moi de Permafrost un vrai coup de coeur, c’est avant tout la langue de Manuel Antonio Pereira, à la fois sobre, fluide et très précise, une langue, créatrice d’une atmosphère, sensible, singulière, qui vient nous chercher et nous conduit au plus près de l’autre, une écriture très maitrisée dans sa capacité à construire des images fondatrices, qui font soudainement référence pour chacun de nous. Une langue attentive et tragique qui n’a pas besoin de l’outrance pour dire la violence des êtres et des situations, aucune brusquerie mais une dramaturgie très déterminée qui avance pas à pas.
Il y a aussi dans Permafrost notre goût commun pour les gens de l’ombre, les sans voix, les travailleurs silencieux, ceux que l’on croise tous les jours et que l’on entend si peu.
Ensuite dans Permafrost il est question d’un homme et d’une femme, de son désir à elle, vers lui, son désir de s’approcher, de comprendre, d’apprivoiser, de prendre place « aux côtés ».
Pour cette deuxième lecture après les Zones théâtrales d’Ottawa, nous tenterons avec les acteurs français de rendre compte de tout cela, sobrement, humblement, je dirais. S’approcher du silence de l’homme, de l’enragement contenu, de la profondeur du texte et le laisser agir avec justesse dans toute sa complexité, à l’instant de la rencontre avec le public. »

 

 

 


 

février 2012

cinéma documentaire
Les Roses noires de Hélène Milano (2010-52’)
vendredi 3 - 20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix, avec l’association culturelle et sportive


Farida, Claudie, Coralie, Kahina, Moufida sont des adolescentes âgées de 13 à 18 ans. Elles vivent en banlieue parisienne, au Blanc Mesnil, Stains, Clichy-sous-Bois ou dans les quartiers nord de Marseille, et toutes disent les mots des garçons. Elles ont la parole et interrogent leur langue et leur rapport au langage. Elles parlent de leur langue maternelle, de la langue des cités, de l’école, de leurs difficultés face au langage normé. Elles expriment leurs contradictions ; elles revendiquent leur particularité et l’attachement à l’identité d’un groupe qui s’affirme dans la langue. Elles disent aussi la blessure liée au sentiment d’exclusion, au manque.
Et puis au sein de leur quartier, au-delà des mots des garçons qu’elles disent comme un masque qui les protège, elles dévoilent les enjeux intimes de cette stratégie langagière. Traversant la mutation de l’adolescence, c’est la construction fragile de leur vie de femme qu’elles protègent et inventent.


« Nous avons découvert ce film lors des Etats Généraux du cinéma documentaire à Lussas l’été dernier et il nous paraissait important de le diffuser car il est d’une exceptionnelle qualité. Ce n’est pas un film de plus sur la banlieue! mais un véritable travail d’approche de la réalité de ces jeunes adolescentes, de leur rapport au langage, des questions d’identité qui les traversent vivement, de leurs blessures, de leur extraordinaire vitalité (et au-delà du contexte propre qui est le leur, une interrogation sur l’état de régression de notre société dans son ensemble quant à l’image des femmes).
Hélène Milano nous disait à Lussas que, conduisant ses propres enfants chaque matin dans une école proche d’un collège de banlieue, et voyant quotidiennement de jeunes adolescentes se comporter, elle a eu l’envie de les approcher et de leur proposer de les rencontrer. Ce qu’elle a fait petit à petit avec la caméra, prenant le temps d’échanges et conversations profondes. Puis plutôt que de se contenter de ce seul matériau, avant le montage, elle a lu de nombreux ouvrages et rencontré des chercheurs qui lui ont permis de vérifier que ses intuitions, ses observations, ses hypothèses semblaient fondées. Ce travail dans la durée, propre au cinéma documentaire et tellement différent des reportages télévisuels, donne bien sûr à son travail une qualité et une épaisseur qui bouleversent nos représentations plutôt schématiques quant aux ‘‘jeunes de banlieue’’. Une occasion plutôt rare.»
Manée Teyssandier



La stratégie du choc de Michael Winterbottom et
Mat Whitecross (2010-79’)
mardi 7 - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche avec Musicas Dreibidas


En 2007, Naomi Klein publiait La Stratégie du choc. Un traumatisme collectif, une guerre, un coup d’état, une catastrophe naturelle, une attaque terroriste plongent chaque individu dans un état de choc. Après le choc, nous redevenons des enfants, désormais plus enclins à suivre les leaders qui prétendent nous protéger.
S’il est une personne à avoir compris très tôt ce phénomène, c’est Milton Friedman, Prix Nobel d’économie en 1976.
Friedman soutenant l’ultralibéralisme, conseilla aux hommes politiques d’imposer immédiatement après une crise les réformes économiques douloureuses avant que les gens n’aient eu le temps de se ressaisir. Il qualifiait cette méthode de
« traitement de choc ». Naomi Klein la nomme « stratégie du choc ».


En utilisant de nombreuses images d’archives Michael Winterbottom et Mat Whitecross
démontrent la puissance du texte de Naomi Klein et la nécessité de résister.
Naomi Klein est une journaliste canadienne, auteure, cinéaste et militante altermondialiste. Sa carrière d’écrivain commença avec ses contributions au journal The Varsity, un journal étudiant de l’Université de Toronto dont elle était rédactrice en chef. Elle est devenue une représentante de l’altermondialisation grâce à son livre No Logo (2000), dans lequel elle dénonce la réduction de l’espace public, social et citoyen au profit des multinationales au travers de la prolifération de leurs logos. Elle y évoque l’exploitation de la misère que conduisent selon elle les multinationales envahissantes telles que McDonald’s, Nike, Coca-Cola, etc.
Elle a également écrit Fences and Windows (2002) ainsi que des articles pour différents
journaux (The Nation, The Globe and Mail, Harper’s Magazine, The Guardian, Rolling Stone et In These Times), et participé (avec son mari, le journaliste de la télévision canadienne Avi Lewis) à la réalisation d’un film (The Take) sur le phénomène des entreprises autogérées par les salariés en Argentine. Elle est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.
Les réalisateurs. Mat Whitecross et Michael Winterbottom ont réalisés ensemble The road to Guantanamo en 2006. De son côté Michael Winterbottom a réalisé The Killer inside me (2010), Un cœur invaincu (2007), Tournage dans un jardin anglais (2005), In this world (2003), 24 Hour party people (2003).



An angel in Doel de Tom Fassaert (2011 - 76’)
mercredi 8 - 20h30 - salle Latreille bas - Tulle


Doel est une bourgade près d’Anvers, vouée à la démolition, pour faire place à de nouvelles installations portuaires. L’évacuation totale après l’expropriation de ses habitants a été décidée en 1999 par l’autorité régionale flamande. Une poignée d’habitants vit toujours dans cette ville presque fantôme. Emilienne est l’une d’entre eux, elle ne partira sous aucun prétexte. Veuve, elle vit avec ses chats et ses plantes. Sa cuisine est un lieu central dans ce village, tout le monde s’y retrouve et discute. On y rencontre le prêtre, autre figure importante du film, dont la santé décline en concomitance avec Doel. Il est pourtant bien vivant, et nous le prouve à grands coups de prêches insolites et de visites à ses paroissiens peu nombreux…


An angel in Doel est un film sur la lente mais inexorable agonie de Doel, filmée avec beaucoup de délicatesse, captant des dialogues savoureux et parfois surréalistes d’êtres humains aux vies qui se délitent peu à peu mais qui refusent d’être déracinés. Les rues se vident, les maisons s’éventrent et disparaissent, mais le dernier ange de Doel, porte-parole de la protestation, n’a pas l’intention de partir…
« Monsieur Hulot était condamné à évoluer dans un monde « moderne » où il était incapable de s’adapter. Emilienne me fait penser au personnage de Tati, car elle appartient à cette masse de gens des laissés pour compte de cette société ultra libérale. Mais à la différence de Monsieur Hulot,
Emilienne ne pense même pas avoir à appartenir à ce monde : elle est chez elle à Doel, elle entend bien y rester. Et même si l’atmosphère de Doel ne donne pas forcément envie de s’y installer, on resterait bien avec elle. Pour résister avec cette vieille dame têtue et bougonne, mais terriblement attachante. Pour que l’on puisse vivre là où on veut, et comme on le veut.»
Marie Durin



Duch, le maître des forges de l’enfer de Rithy Panh (2011- 113’)
lundi 20- 21h - cinéma le Palace - Tulle en présence de James Burnet


James Burnet est journaliste, ancien collaborateur au Monde. Il a couvert les conflits au Cambodge et au Vietnam. Il est aussi ami de Rithy Panh et a suivi le tournage de S21, la machine de mort Khmer rouge.
Entre 1975 et 1979, le régime Khmer rouge a causé la mort d’environ 1 million 800 mille personnes soit un quart de la population du Cambodge.
Kaing Guek Eav dit Duch a dirigé durant quatre années M13, une prison des maquis Khmers rouges, avant d’être nommé par l’Angkar (« l’Organisation», entité sans visage et omniprésente qui règne sans partage sur la destinée de tout un peuple) au centre S21 à Phnom Penh. En qualité de secrétaire du parti à S21, il a commandé entre 1975 et 1979 cette machine de mort Khmer rouge où périrent, d’après les archives restantes, au moins 12 380 personnes. Mais combien d’autres ont disparu, «écrasées, réduites en poussière», sans qu’on ait retrouvé leur trace ?
En 2009, Duch a été le premier dirigeant de l’organisation Khmer rouge présenté devant une cour de justice pénale internationale. Condamné à trente-cinq années d’emprisonnement, il a fait appel. C’est dans l’attente de ce nouveau procès que Rithy Panh l’a questionné en profondeur. Il recueille sa parole nue, sans fioritures, dans l’isolement d’un tête-à-tête. Parallèlement il la met en perspective avec des images d’archives et des témoignages de survivants. Implacablement, au fil du récit, se dessine la machine infernale d’un système de destruction de l’humain à travers la description maniaque de ses minutieux rouages.
Le réalisateur. Rithy Panh échappe très jeune aux camps de la mort des Khmers Rouges. Après avoir étudié en France à l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques (IDHEC) dans les années 80, il signe son premier documentaire, Site 2, centré sur les camps de réfugiés cambodgiens, en 1989. Une grande partie de son œuvre est consacrée à la tragédie de son pays, notamment La Terre des âmes errantes (1999), S21, la machine de mort Khmère rouge (2003), dans lequel il filme la rencontre entre les victimes et les bourreaux, ou des longs métrages de fictions tels Les Gens de la rizière et Un soir après la guerre (1998).

L’Elimination, un livre de Rithy Panh, avec Christophe Bataille
Ed. Grasset, 2012, 336 p.

Rithy Panh a survécu aux camps de la mort des Khmers rouges dans lesquels il fut enfermé dès l’âge de 13 ans avec ses parents et ses soeurs qui eux furent éliminés.
Dans L’élimination, qu’il a écrit avec le romancier et éditeur Christophe Bataille, il raconte pour la première fois son histoire personnelle, de l’arrivée des Khmers rouges dans PhnomPenh, en 1975, à la chute du régime de Pol Pot, quatre ans plus tard.
Rithy Panh raconte : « Tout part de ce film sur Duch que j’ai mis des années à faire et qui a été très
déstabilisant. Ce n’est pas Duch comme personne qui m’a fasciné, mais l’idéologie qui est la sienne, comment elle a été conçue, appliquée… Tout cela m’a ramené à mon histoire personnelle. Je
savais depuis toujours qu’un jour il faudrait raconter, redonner leur place à mes proches. Mais parmi ceux qui ont vécu des situations pareilles, certains ont envie ou besoin de
témoigner, et d’autres non. Moi j’espérais ne pas avoir à le faire. Je me disais que mes films suffiraient. Mais la rencontre avec Duch a été tellement importante qu’elle m’a fait vaciller. Il fallait passer par les mots pour dire des choses qu’on ne peut pas dire dans un film.»
(Le Monde, 13/01/12)

 


Maquisarbres
vendredi 24 - 18h - salle de l’université populaire - Tulle
Stéphane Hessel et Michelle Guinguoin (fille de Georges Guinguoin) sont Présidents d’honneur et parrains de l’action Maquisarbres. Ils seront tous deux présents (sous réserve).

Exposition, projection du film-documentaire, lectures par des jeunes, des élus, des metteurs en scène, échanges avec d’anciens résistants, buffet participatif, sont au programme de cette soirée ouverte à toutes et à tous, dont l’entrée sera gratuite.

Ce sera l’occasion de rassembler les membres du comité de soutien éthique de Maquisarbres et tous les participants à l’action qui reconnaissent et soutiennent ses valeurs pédagogiques, artistiques, culturelles et républicaines.
Parrainée par Stéphane Hessel, résistant, ambassadeur de France, co-rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, et Michèle Guingouin, fille de Georges Guingouin, premier maquisard de France, libérateur de Limoges, compagnon de la Libération, l’action artistique et culturelle “Maquisarbres” a été mise en place en 2009 par l’association Pulsart en partenariat avec l’Ecole Forestière de Meymac, auprès d’élèves en Bac Pro « Gestion et conduite de chantiers forestiers » qui se sont interrogés sur ce qui
pourrait les amener à s’engager, à résister aujourd’hui. L’action traite des notions de résistance et d’existence avec comme point central l’arbre puisant par ses racines le terreau du passé, pour envoyer plus haut des messages vers l’avenir. « Maquisarbres », au-delà de l’idée de commémoration, va, au travers de la métaphore de l’arbre, à la recherche de ce qui peut fonder les luttes individuelles et collectives, présentes et à venir, les causes nécessitant un engagement et les moyens de les défendre.
Labellisée au titre de l’«année internationale des forêts - 2011 - des forêts pour des hommes» par le Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de
l’Aménagement du Territoire, l’action a été reconduite en 2010 et 2011, auprès d’autres élèves du Lycée Forestier.
L’action « Maquisarbres » a permis de réaliser, à travers des ateliers d’écriture, de gravure sur bois et de sérigraphie, de ferronnerie, de musique et de vidéo, avec des artistes de l’association Pulsart et le soutien d’anciens Résistants, une exposition d’affiches, de sculptures et de tracts qui traduit les préoccupations de ces jeunes ayant l’âge de ceux entrés en Résistance en 1940-1944.
L’action nous donne à voir un travail plastique autour de la lettre et du symbole, nous donne à penser par le sens des mots, des phrases, des slogans, que le domaine des idées est à investir comme une relation à l’autre, à l’humanité.

Partant du principe qu’un devoir de mémoire n’est justifié que si un droit de résistance peut s’exercer pour les générations à venir, les créations de l’action artistique « Maquisarbres » sont des interrogations du monde dans lesquelles chacun peut se retrouver, trouver l’Autre, trouver des raisons et des moyens de résister, des façons de promouvoir les valeurs d’humanité défendues par les maquisards.
Le film, documentaire pédagogique basé sur le dialogue intergénérationnel entre les acteurs du passé, du présent et de l’avenir, retrace la première session de 2009. En 2011, «Maquisarbres» a subi un coup d’arrêt brutal au Lycée de Meymac.
Pourtant «Maquisarbres» avait été reçue au Sénat, soutenue par le Conseil Régional et le Conseil Général, qualifiée « d’exceptionnellement pédagogique » par le Ministre de l’Agriculture, et soutenue un temps par le Directeur du Lycée forestier qui déclarait publiquement que
« former les citoyens techniciens de demain c’est aussi former des résistants »… Les raisons de cet arrêt ? Idéologie, incapacité, absence d’intérêt pour le bien commun ? Bien sûr que non, il n’y a pas de raison car il n’y a pas d’arrêt ! L’esprit de résistance ne s’arrête pas si facilement en Corrèze et en terre Limousine, il se cultive au plus près de chacun dans l’humus de nos cultures partagées où nous voulons que nos enfants grandissent.
Cette soirée est dédiée à José Fortuni et Daniel Espinat, résistants ayant
participé à Maquisarbres et décédés récemment.

 

 

 


 

programme janvier 2012

Bonne année !

aux pauvres, aux chômeurs, aux salariés en congé maladie…
assimilés à l’infime minorité de « fraudeurs » ( qui d’ailleurs pour la plupart « fraudent » non par manque de ressources mais par pur
plaisir et vice ), et à nous-mêmes subissant cette insupportable
propagande qui finit parfois par entamer nos convictions et nos discernements.

Sans que pour l’instant ( mais l’histoire n’est pas finie ! ) nous trouvions les moyens de résistance et de transformations à la hauteur de l’entreprise de démolition violente des services publics et des acquis sociaux.


La Rue est à eux de Isabelle Regnier (2010 - 93’)
vendredi 13 - 21h - cinéma le Palace - Tulle, à l’initiative de Autour du 1er Mai
en présence de la réalisatrice

Un documentaire sur Rue 89, « site d’information et de débats sur l’actualité ».
La réalisatrice est elle même journaliste au Monde. Stéphanie Legrand de l’association Autour du 1er Mai l’a rencontrée.

Dans quel contexte a été réalisé ce film ?

A la fin de l’année 2007, la presse papier traversait une grande crise, alors qu’au même moment foisonnait une nouvelle forme de journalisme : la presse Internet, avec notamment la création de Rue 89, Mediapart, Bakchich… Ainsi, alors qu’était ressenti au sein des équipes des grands journaux un sentiment d’angoisse et de peur, une nouvelle forme de journalisme se développait sur Internet, à l’initiative de journalistes issus de la presse papier, qui s’entouraient de jeunes qui eux n’avaient jamais travaillé ailleurs. Indéniablement, une nouvelle pratique était en train de naître, avec de nouveaux codes : un lecteur qui participe et donne son avis, des supports multiples (photo, article, film, dessin…), et des formats variés. C’est cette nouvelle pratique que j’ai voulu interroger.

Quelle a été votre approche de Rue 89 ?

En 2007, lorsque j’ai rencontré l’équipe pour proposer mon projet, un vrai côté « laboratoire » transparaissait : beaucoup de choses étaient testées, discutées, on modifiait, on retravaillait, je trouvais cette ambiance de travail particulièrement intéressante.

Finalement, mon projet a un peu changé car, lorsque je suis revenue en 2009 pour filmer, le côté « laboratoire » était moins présent, et j’ai trouvé alors plus intéressant de questionner le côté
« média participatif » dont se réclame Rue 89. La devise de ce site est « La Rue est à nous », j’ai voulu savoir ce qui se cache derrière cette phrase : qui participe, comment, quel est le nouveau rôle des journalistes, et celui des lecteurs.

On ressent une certaine tranquillité, une lenteur agréable dans vos images, vous avez pris le temps de filmer, vous êtes allée plusieurs fois à la rencontre des gens… Racontez-nous ce tournage…

Oui, ce film a été réalisé dans la durée, j’ai tourné de mars à septembre 2009. Grâce à la grande disponibilité de Sophie Verney-Caillat, j’ai pu saisir une véritable expérience journalistique qu’elle mettait en œuvre à l’époque, un travail au long cours mené auprès des salariés de l’usine Continental au moment où elle était menacée de fermeture. Je faisais des allers-retours entre la production de l’information et sa réception, en allant régulièrement prendre le pouls du côté des «riverains», comme on appelle les internautes de Rue 89. J’avais choisi deux des intervenants les plus célèbres du site, que je faisais se rencontrer à intervalle régulier dans un Internet café à Paris, et à qui je demandais de discuter de l’actualité, de son traitement dans la presse et sur Rue 89 en particulier, de leur pratique de commentateurs et éventuellement blogueurs sur Rue 89.

Comment le film a été reçu par l’équipe de Rue 89 ?

Les réactions ont été diverses. J’ai raconté une histoire de Rue 89. Il y en avait 1000 possibles. Certains ont apprécié mes partis pris, d’autres moins. L’effet de miroir déformant qu’ont pu produire mes choix a été, je pense, assez déconcertant pour certains.

Au montage, de fait, j’ai renoncé à beaucoup de choses que j’avais filmées, et que j’aimais bien. Sans parler du cas du journaliste qui ne m’a pas donné son autorisation de droit à l’image, de nombreux membres de l’équipe n’apparaissent jamais dans le film. C’était pour moi la manière la plus efficace de raconter une histoire, et de poser des questions sur le journalisme. Mais évidemment, cela ne pouvait pas donner, au final, une image objective et exhaustive de la boîte.

Aujourd’hui, il faut bien être conscient que même si ce film est récent, les choses ont beaucoup changé depuis, Rue 89 a beaucoup évolué, ils ont déménagé, d’autres outils ont été mis en place, l’équipe a été largement renouvelée... A l’échelle d’Internet, deux ans, c’est presque l’équivalent d’une génération. Ce film est déjà un film historique, c’est une photographie de Rue 89 à un temps T.


 

Fumel, de feu, de fer, de rock de Jacques Mitsch et Jean-Christian Tassy (2006 - 52’)
vendredi 20 - 20h30 - salle des fêtes - Lostanges, avec le Foyer rural

À l’heure de la mondialisation généralisée, à l’heure des délocalisations industrielles en tout genre, ce film fera l’autopsie d’un processus irréversible en essayant de comprendre comment, à Fumel (Lot-et-garonne), une usine de 3 000 ouvriers en 1970, est aujourd’hui en situation de survie avec ses 480 rescapés qui tentent de reprendre en main la gestion administrative et comptable de leur usine.

Et comment parler de Fumel sans parler de Rock ? Fumel fut dans les années 80, la capitale du Rock français : des dizaines de groupes, plusieurs salles de concerts dans la ville, le premier festival Rock français contre le racisme.

Note du producteur :

« Une entreprise, 386 patrons » par Philippe Baqué ( l’Humanité le 16 avril 2005, extrait)

« L’aventure exceptionnelle de ces salariés est l’aboutissement d’une longue histoire. En un siècle et demi d’existence, l’usine a totalement dominé l’économie et la vie sociale de Fumel et de son environnement rural. En 1970, alors propriété du groupe Pont-à-Mousson, elle employait plus de 3 000 personnes. Depuis, les différentes restructurations ont élagué ses effectifs et réduit ses activités malgré les luttes acharnées des salariés. Le coup de grâce aurait dû être porté à l’usine en 2003, quand son propriétaire d’alors, l’Union des banques suisses, envisagea de déposer le bilan, suite à de sombres opérations financières. Le dernier carré des salariés, 386 personnes, s’y opposa. Les syndicats, le comité d’entreprise et un cabinet d’experts proposaient alors un plan de reprise alternatif, fondé sur un actionnariat partiel des salariés et la venue d’un repreneur, actionnaire majoritaire. Le tribunal de commerce donna son accord, malgré le désengagement d’une banque censée soutenir le projet. Fumel Technologies fut créé avec 150 000 euros de capital et avec des actifs industriels et un stock acquis pour 3 euros. En octobre 2004, les salariés se séparaient de l’actionnaire majoritaire, soupçonné de préparer la délocalisation de l’usine en Chine, et rachetaient ses parts. »


 

Retour à Gorée de Pierre-Yves Borgeau (2007 - 102’)
mardi 24 - 20h30 - médiathèque éric Rohmer - Tulle
dans le cadre du festival Du Bleu en hiver, organisé par les 7 Collines,
Des lendemains qui chantent, la FAL et le Maxiphone Collectif

Retour à Gorée raconte le périple du chanteur africain Youssou N’dour sur les traces des esclaves noirs et de la musique qu’ils ont inventée : le jazz. Son défi : rapporter en Afrique un répertoire de jazz et le chanter à Gorée, l’île symbole de la traite négrière, en hommage aux victimes de l’esclavage.

Guidé dans sa quête par le pianiste Moncef Genoud, Youssou N’Dour parcourt les Etats-Unis et l’Europe. Accompagnés par des musiciens d’exception, ils croisent de nombreuses personnalités, et créent, au fil des rencontres, des concerts et des discussions sur l’esclavage, une musique qui transcende les cultures. D’Atlanta à la Nouvelle Orléans, de New York à Dakar en passant par le Luxembourg, les chansons se transforment, s’imprègnent de jazz et de gospel. Mais déjà le jour du retour en Afrique approche et beaucoup reste à faire afin d’être prêt pour le concert final…

Le réalisateur. Né dans le Valais suisse en 1963, Pierre-Yves Borgeaud étudie les lettres et rédige le mémoire Le Jazz dans le roman, avant d’œuvrer comme journaliste indépendant. Egalement batteur et attiré par la captation de musique live, il se forme à New York à la production vidéo, et crée sa propre structure.


 

Le bonheur… Terre promise de Laurent Hasse (2011 - 93’)
dimanche 29 - 14h30 - librairie L’aire libre - Argentat
en présence du réalisateur, projection suivie d’un goûter sorti du sac *

On pourrait dire que ce film a été fait par accident. Quelques temps auparavant, Laurent Hasse, le réalisateur, a été fauché par une voiture et plongé dans un long coma. Il en est sorti avec le risque de ne plus pouvoir marcher. Il a finalement retrouvé l’usage de ses jambes avec l’envie folle de les utiliser.

Son projet : traverser la France à pied, en suivant au plus près le méridien de Paris
(« la méridienne verte »), de la frontière espagnole jusqu’à la mer du Nord. En plein cœur de l’hiver. Seul avec son sac à dos et une petite caméra, progressant de rencontres en rencontres. Il n’y a pas de scénario : le réalisateur savait seulement d’où il allait partir et où il allait arriver. Le film repose sur le hasard des rencontres, privilégiant l’humain. Le tout avec une question lancinante : qu’est-ce que le bonheur ?

Le réalisateur. Laurent Hasse a étudié l’audiovisuel à Poitiers. Il a réalisé entre autres : L’âge d’or ? (1996), « un voyage au pays des vieux » ; Sur les cendres du vieux monde (2001) ; Aimé Césaire (2007) avec Laurent Chevallier. Avec son film Sur les cendres du vieux monde, sur la fin des usines dans une région auparavant considérée comme le fleuron de la sidérurgie, il fut un des premiers réalisateurs invité à Tulle par Peuple et Culture tout au début de l’activité cinéma documentaire en 2001.

* chacun amène gâteau ou boisson à partager en continuant la discussion...


 

Université Populaire Virtuelle

Une université populaire en ligne, ouverte à tous, gratuite et animée bénévolement…

Il ne s’agit pas uniquement de dispenser des cours mais bien de mettre en place un projet d’autoformation basé sur la coopération et l’échange où la place de l’apprenant est la même que celle du formateur. L’idée est de développer des rapports différents à la formation, à l’accès au savoir.

Guy Veyssière, professeur certifié d’informatique et de mathématiques au Lycée agricole public Henri Queuille de Neuvic est l’initiateur de ce projet. Il est membre de plusieurs associations travaillant à la promotion des logiciels libres.

En pratique :

Cette première formation, expérimentale, aura pour thème l’informatique de communication et débutera dès le mois de janvier.

L’objectif sera de réaliser un projet de communication complet par le biais de l’informatique : création de supports papier de plusieurs formes (affiche, bulletin, flyer…), traitement de texte approfondi, PAO (publication assistée par ordinateur), PréAO (présentation assistée par ordinateur), Internet site et courrier, réseaux sociaux, web 2.0.

Ce projet devra être traité obligatoirement par groupe (2 personnes minimum).

Le travail demandé est d’environ 4 heures par semaine, cours et travaux pratiques, sur 9 mois. La progression est organisée semaine par semaine et chacun peut travailler quand bon lui semble, le jour ou la nuit. La forme de travail et de collaboration dans les groupes est gérée par chaque groupe.

L’ensemble de la formation et de l’évaluation se fait sans regroupement, sans déplacement mais pas sans relation. Cela permettra entre autres à des personnes isolées géographiquement ou à mobilité réduite de participer aussi bien comme apprenants que comme encadrants.

Nous demandons aux participants de se rendre disponibles environ une fois par semaine, dix minutes, un quart d’heure, pour un suivi individualisé avec les formateurs par visioconférence.

Cette formation se fait uniquement sur des logiciels libres ou gratuits et donc légaux.

Elle est ouverte à tous avec deux pré requis : l’adhésion à PEC et la motivation.

Actuellement, les encadrants sont des enseignants certifiés de l’enseignement public mais chaque personne porteuse d’un projet peut le proposer. Les autodidactes sont évidemment les bienvenus.

Vous pouvez dès à présent nous contacter à l’adresse suivante : upvpec@gmail.com

Plus de renseignements sur le site de l’UPV : http://www.peupleetculture.fr/upv


 

scènes ouvertes

vendredi 27 - 19h - salle Latreille - Tulle,
dans le cadre du festival du Bleu en hiver

Un joyeux mélange, pas prévisible, parfois iconoclaste, de plusieurs esthétiques du spectacle, un brassage pas savant mais généreux d’hommes et de femmes qui se lancent, s’essaient, se livrent sur un plateau. Un public qui joue le jeu de la surprise et de la découverte, qui soutient les artistes sur la scène. Des rencontres, des surprises, un homme-orchestre pour ponctuer le tout. Et toujours l’apéro. C’est un peu l’auberge espagnole les scènes ouvertes !

Et comme c’est le festival du Bleu en hiver, cette scène ouverte sera consacrée au jazz.

 

 

 


 

programme décembre 2011

cinéma documentaire
La mort de Danton de Alice Diop (2011 - 64’)
vendredi 2 - 20h30 - salle des fêtes - St Jal

Steve a décidé de devenir acteur. Pendant trois ans, il a suivi l’enseignement délivré au cours Simon. Il vit en Seine-Saint-Denis, dans un quartier populaire, il est noir et il rêve de tenir le rôle de Danton, mais Danton n’était pas noir...

Steve Tientcheu habite la cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois. Il a un secret qu’il cache à son entourage. Il se rend régulièrement à Paris pour rejoindre le Cours Simon avec l’espoir de réaliser son rêve : devenir comédien professionnel.
Pour Steve, 24 ans, au physique imposant, ce passage au Cours Simon est une véritable épreuve. Seul élève noir, à venir d’un quartier « chaud », il n’arrive pas à faire corps avec le reste de la troupe et reste très en retrait. Lui et ses camarades ont grandi dans le même pays mais il a l’impression de ne pas faire partie du même monde. Et ceux qui discutent avec lui ne cessent de lui rappeler que son physique « armoire à glace » et sa personnalité impressionnent.
Mais ce qu’il ne semble pas voir et qu’Alice Diop révèle aux yeux des spectateurs, c’est le carcan dramatique dans lequel ses professeurs l’ont enfermé. Depuis son arrivée au Cours Simon, ils ne distribuent Steve que dans des rôles écrits pour des noirs (indigène, militant des droits civiques américain, gangster du ghetto…). Pourtant, lui rêve d’incarner Danton et réciter sur scène le discours prononcé avant son exécution mais il n’aura jamais l’audace de réclamer ce rôle.
La réalisatrice. Alice Diop a grandi dans la Cité des 3 000 à Aulnay-sous-Bois, en banlieue Nord de Paris, dans une famille sénégalaise. Elle a étudié les rapports entre cinéma et société avant de réaliser des documentaires. Avec La Tour du monde en 2006, elle revenait aux 3 000 pour en proposer un autre regard à travers le portrait de familles immigrées. La même année, elle cherchait dans Clichy pour l’exemple les raisons de la colère des banlieues de 2005. En 2007, avec Les Sénégalaises et la Sénégauloise, elle se confrontait aux femmes de sa famille d’origine à Dakar et à leur façon de gérer la séduction pour arriver à leurs fins. La mort de Danton, son dernier film a obtenu le Prix des bibliothèques au festival du Réel à Paris en mars dernier.



Les roses noires de Hélène Milano (2010-53’)
mardi 13 - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche

Farida, Claudie, Coralie, Kahina, Moufida sont des adolescentes âgées de 13 à 18 ans. Elles vivent en banlieue parisienne, au Blanc Mesnil, Stains, Clichy-sous-Bois ou dans les quartiers nord de Marseille, et toutes disent les mots des garçons.
Elles ont la parole et interrogent leur langue et leur rapport au langage. Elles parlent de leur langue maternelle, de la langue de cité, de l’école, de leurs difficultés face au langage normé. Elles expriment leurs contradictions ; elles revendiquent leur particularité et l’attachement à l’identité d’un groupe qui s’affirme dans la langue. Elles disent aussi la blessure liée au sentiment d’exclusion, au manque.
Et puis au sein de leur quartier, au-delà des mots des garçons qu’elles disent comme un masque qui les protège, elles dévoilent les enjeux intimes de cette stratégie langagière. Traversant la mutation de l’adolescence, c’est la construction fragile de leur vie de femme qu’elles protègent et inventent.



Le jour le plus court... à Tulle
mercredi 21 - 21h - cinéma le Palace - Tulle (tarif unique 3€)

Le jour le plus Court est une grande fête du film court qui aura lieu le 21 décembre prochain, jour du solstice d’hiver, dans toute la France… et à Tulle. Initié par le CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée), c’est une première.
Le message est simple : en ce jour le plus court et cette nuit la plus longue, diffuser des courts métrages partout, sur les écrans et sur les murs !
Des milliers de films courts sont réalisés chaque année, d’une inventivité et d’une créativité extrême, or ils sont trop peu connus du grand public. Une situation d’autant plus paradoxale que la révolution numérique élargit les publics autant qu’elle crée de cinéastes.
Aussi l’idée est de faire chaque année, en ce moment charnière du calendrier, un événement libre et joyeux, à la portée de tous, créateurs professionnels comme amateurs, diffuseurs traditionnels et nouveaux médias, un événement qui apporte des surprises, du sens et de la beauté, « une grande promenade sans but où l’on ne trouve rien de ce qu’on cherche, mais bien des choses qu’on ne cherchait pas » (Eugène Green).

Je pourrais être votre grand-mère de Bernard Tanguy (France /2010 / Fiction / 19’)
Un jeune avocat d’affaires réalise qu’une vieille femme d’origine roumaine qui mendie en bas de chez lui ressemble à sa grand-mère. Une nuit, il lui fabrique une pancarte en carton «Je pourrais être votre grand-mère». Les passants se montrent soudain très
généreux. D’autres SDF lui réclament une pancarte. L’avocat est rapidement dépassé par la demande...
Tout le monde descend de Laurent Bachet (France / 1997 / Fiction / 11’)
1995... Un bus, quelque part en France. Un chauffeur. Des passagers. Trois contrôleurs. Un étranger en situation irrégulière. Le regard d’une jeune fille. Un drame. Presque banal. Trop banal.
Les hommes s’en souviendront de Valérie Müller (France / 2006 / Fiction / 09’)
Le 26 novembre 1974, quelques heures avant sa présentation à l’Assemblée Nationale du projet de loi pour l’avortement, Simone Veil se prépare dans un appartement bourgeois, comme dans l’antichambre du torero avant d’entrer dans l’arène.
Le jour où Ségolène a gagné de Nicolas Pariser (France /2009 /Fiction /14’)
6 mai 2007, jour de l’élection présidentielle. Alice, une jeune mère et militante socialiste essaie de faire tout ce qui est en son pouvoir pour faire gagner Ségolène Royal. Pour elle et pour le spectateur, tout ne se passera pas comme prévu et il se pourrait bien que pour Alice, le 6 mai 2007 soit le jour où Ségolène a gagné.
Deweneti de Dyana Gaye (France / 2006 / Fiction / 15’)
Dakar. Sénégal. Ousmane, qui n’a pas sept ans mais gagne déjà sa vie en mendiant dans le centre ville de la capitale, se met en tête d’écrire au Père Noël...
Merci ! de Christine Rabette (Belgique / 2002 / Fiction / 08’)
Une grande ville de nos jours. Un drôle de personnage prend le train et réinvente à sa façon le transport en commun.
L’an 2008 de Martin Le Chevallier (France / 2010 / Fiction / 18’)
L’an 2008 met en scène une collection d’archétypes de la mondialisation : le consommateur insouciant, la sociale dumper chinoise, le défricheur amazonien, le surendetté américain, le trader inconséquent etc. Tous ces personnages, à la fois dérisoires et emblématiques, vont s’interpeller mutuellement, s’accuser des maux qu’ils subissent et s’excuser pour les dommages qu’ils provoquent.
Eût-elle été criminelle de Jean-Gabriel Périot ( France /2006 / Documentaire / 09’30)
France, été 1944. Les femmes accusées d’avoir entretenu des relations avec des soldats allemands durant la guerre sont publiquement châtiées.
100 papiers de Gérard Ollivier (France / 1998 / Animation / 01’)
Arrêté d’expulsion du territoire, arrêté d’expulsion du territoire, arrêté d’expulsion du territoire... Les formulaires imprimés s’empilent, le tapis roulant tourne sans fin, les rouages s’entraînent irrésistiblement, la machine fonctionne à merveille, rien ne l’arrêtera, rien n’empêchera l’interminable procession des expulsés.
Amal de Ali Benkirane (France / 2004 / Fiction / 17’)
Amal est une petite fille de 12 ans qui vit dans la campagne marocaine. Elève studieuse et passionnée, son rêve est de devenir médecin. Jusqu’au jour où ses parents décident de ne plus l’envoyer à l’école.



droit de questions
Réforme de la psychiatrie, l’entrée en résistance d’une profession avec Olivier Labouret *
vendredi 9 - 20h30 - médiathèque Eric Rohmer - Tulle

Le 2 décembre 2008, trois semaines après la mort d’un étudiant de 26 ans, poignardé dans le centre de Grenoble par un homme qui s’était échappé d’un hôpital psychiatrique où il avait été hospitalisé d’office, Nicolas Sarkozy a présenté des mesures pour que «le drame ne se reproduise pas». A Antony, il a tenu un discours sur la psychiatrie que certains spécialistes jugent le plus «sécuritaire» depuis des décennies, mettant ainsi le monde de la santé mentale en ébullition.
(cf page centrale)

* psychiatre, président de l’Union Syndicale de la Psychiatrie, membre du Collectif contre la Nuit Sécuritaire



de retour de Palestine…
Rencontre avec Anne Tanné (Peuple et Culture Cantal), témoignage, photographies…
vendredi 16 - 20h30 - au local de Peuple et Culture - 51 bis rue Louis Mie - Tulle

« Chemins de Palestine : aux racines de l’olivier.
Du 15 au 23 octobre 2011 avec Diwan voyages, tout le contraire des voyages qu’on collectionne et qu’on consomme juste pour le plaisir. De Jérusalem à Ramallah en passant par Bethléem, Hebron, Jericho, Naplouse, Sabastya...un séjour inoubliable.
Parce que c’est la Palestine, une histoire douloureuse, une terre martyrisée, une terre ou on ne va pas par hasard. Parce que c’est la découverte de lieux mythiques, fabuleux et dont les noms ont bercé notre imaginaire. Parce que notre guide, Sabri Giroud, créateur de Diwan, est aussi l’auteur du guide Palestine et Palestiniens, qu’il a une remarquable connaissance de l’histoire, de l’histoire de l’art, des enjeux politiques, mais aussi des contacts qui nous ont permis des rencontres étonnantes et chargées d’émotions.
Un voyage dont on revient avec un mélange de colère, mais aussi d’espoir lié à la force, la dignité, le courage des femmes et des hommes que nous avons rencontrés ou croisés, et qui nous savent une immense reconnaissance d’être venus les voir et nous demandent juste de témoigner, chez nous, et nous donne l’envie d’agir, comme on le peut, même modestement...» Anne Tanné



scènes ouvertes
jeudi 1er - 19h - salle des Lendemains qui chantent - Tulle

Des artistes, des chanteurs, des poètes, des humoristes ou des rêveurs viennent s’essayer à la scène le temps de quelques morceaux. Un maître de soirée les accueille et vous les présente.
Les scènes ouvertes sont ouvertes à tous et tous les genres sont représentés. Du punk à la chorale, du conte à la danse en passant par des lectures…, toutes les expressions sont les bienvenues.
Si vous ne voulez pas monter sur scène mais plutôt encourager tous ces artistes en herbe, discuter et manger du saucisson, réjouissez-vous, l’entrée est gratuite !


 


 


 


 

programme novembre 2011

cinéma documentaire


Sub de Julien Loustau (2007 - 45’)

vendredi 4 novembre - 20h30 - salle de l’exposition Rado, avenue Ventadour - Tulle
projection proposée par le groupe Rado
Le lac Vostok est prisonnier sous les glaces de l’Antarctique, isolé du reste du monde depuis des millions d’années. La seule technologie qui permettrait d’atteindre le lac sans risquer de le contaminer serait le cryobot, une sonde conçue par la Nasa pour l’exploration d’océans subglaciaires sur Mars. En Chine, dans la région des Trois Gorges, on finit de construire le plus grand projet hydroélectrique du monde. Le barrage a déjà noyé 600 km de vallées, déplacé plus de 1,8 millions de Chinois.
Le long d’un voyage nocturne sur le fleuve Yangtze, dans l’exploration distante de ses berges, Sub envisage l’odyssée solitaire du cryobot à travers les glaces jusqu’au lac Vostok, demeuré jusqu’ alors inexploré.
A partir de données scientifiques concernant deux territoires très éloignés, dont l’actualité renvoie à des enjeux écologiques majeurs, Julien Loustau produit un récit métaphorique qui n’existe paradoxalement que par la disjonction du son et de l’image, et donc par l’expérience sensorielle et intellectuelle à laquelle le spectateur est invité.
Le groupe Rado est très heureux d’accueillir Julien Loustau pour un dialogue sur son film, qui par sa forme interroge la possibilité d’une œuvre documentaire et poétique, en écho aux problématiques que nous souhaitons aborder dans notre travail en Corrèze.


 


Water makes money de Leslie Franke et Herdolor Lorenz (2010 - 82’)

mardi 15 novembre - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche
dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale, avec Corrèze environnement et l’association Qualité de la vie en pays d’Uzerche
Tout comme l’air que nous respirons, l’eau est un élément indispensable à la vie. Ainsi, le 27 juillet 2010, l’accès à l’eau potable a été intégré à la Déclaration des Droits de l’Homme par l’Assemblée Générale des Nations Unies. Malgré tout, l’eau reste en proie aux intérêts économiques des entreprises multinationales obsédées par leurs profits. Cette mainmise sur l’or bleu touche aussi bien les pays en voie de développement que les riches pays industrialisés…
Dès qu’une commune cherche à remanier sa gestion de l’eau, les deux plus importants groupes mondiaux de l’eau pointent leur museau. Ensemble, ils constituent un oligopole qui pèse sur toute la surface du globe. En France, par exemple, ils approvisionnent près de 80% de la population. Conséquences : hausse vertigineuse des prix à la consommation, baisse de la qualité de l’eau, manque de transparence souvent lié à un climat de corruption… Même s’il ne s’agit plus de privatisation à proprement parler, mais de partenariat public-privé, le résultat est le même : les profits sont privatisés et les pertes collectivisées.
Le documentaire Water Makes Money explique comment les entreprises multinationales s’accaparent la distribution de cet élément vital et créent ainsi une alchimie déroutante : elles transforment l’eau en argent ! L’analyse de ce phénomène par des experts est agrémentée par plusieurs exemples de communes, allemandes et françaises, en proie à la domination de ces entreprises peu soucieuses d’offrir un service de qualité. Mais, à l’instar de Paris, des collectivités se soulèvent pour passer en régie publique.
Depuis 1998, la 3ème semaine de novembre est consacrée chaque année à la solidarité internationale. Ainsi, la Semaine est un grand rendez-vous national de sensibilisation à la solidarité internationale et au Développement Durable.
Du 12 au 20 novembre. Renseignements : Corrèze environnement 05 55 25 70 75 -
correzeenvironnement@free.fr ou Mashikuna 05 55 27 31 78 - mashikuna@free.fr


 


Un combat singulier de Xavier Villetard (2004 - 52’)
jeudi 17 novembre - 20h30 - salle de l’Université populaire - Tulle
à l’occasion des 10 ans de Leitmotiv Production, 10 ans de films «made in Limousin», en présence du réalisateur et de Jérôme Amimer, producteur
Le destin du général Jacques de Bollardière représente un cas unique dans l’histoire contemporaine. Devant lui, c’était la gloire. Les combats, les exploits, les médailles. D’une guerre à l’autre, sans état d’âme. Un jour de 1957, pourtant, il refuse d’obéir à sa hiérarchie qui justifie l’usage de la torture durant la guerre d’Algérie. Le ‘‘baroudeur par excellence” bascule alors du côté de la non-violence. Son geste continue de nous interroger au moment où la mémoire de la guerre d’Algérie reste approximative des deux côtés de la Méditerranée.
Le général est mort en 1986 mais son épouse Simone de Bollardière, signataire de l’appel contre la torture durant la Guerre d’Algérie, continue de perpétuer ses idées. Mieux encore : elle les incarne et les fait partager.
Cette projection est proposée dans le cadre du mois du film documentaire qui réunit chaque année en novembre plus de 1200 lieux culturels en France, dans les Dom-Tom et à l’étranger. Bibliothèques, salles de cinéma, associations et structures culturelles organisent des projections. L’objectif : rendre visibles des films documentaires peu diffusés.


 


Ici on noie les algériens - 17 octobre 1961 de Yasmina Adi (2011 - 90’)
du 18 au 21 novembre - cinéma le Palace - Tulle, avec la ligue des Droits de l’Homme, présence de la réalisatrice à confirmer durant cette période
A l’appel du Front de Libération Nationale (F.L.N.), des milliers d’Algériens venus de Paris et de toute la région parisienne, défilent, le 17 octobre 1961, contre le couvre-feu qui leur est imposé. Cette manifestation pacifique sera très sévèrement réprimée par les forces de l’ordre.
50 ans après, Yasmina Adi met en lumière une vérité encore taboue. Mêlant témoignages et archives inédites, histoire et mémoire, passé et présent, le film retrace les différentes étapes de ces événements, et révèle la stratégie et les méthodes mises en place au plus haut niveau de l’Etat : manipulation de l’opinion publique, récusation systématique de toutes les accusations, verrouillage de l’information afin d’empêcher les enquêtes...


 


festival
Traces de vies
du 21 au 27 novembre, Clermont-Ferrand

Chaque année en novembre, Traces de Vies propose une semaine d’immersion dans un cinéma qui sait être singulier et multiple. L’inépuisable surprise de la diversité des formes filmiques, des écritures, des récits renouvelle l’identité et la richesse de chaque édition.
Le festival est né en 1991 de la volonté de formateurs de l’Unité de Formation de Travailleurs Sociaux (U.F.T.S.) à Vic-le-Comte (Auvergne). Ce désir s’était, en partie, concrétisé cinq ans auparavant sous la forme des Rencontres du film institutionnel et documentaire, réunissant étudiants, professionnels du travail social et professionnels de l’image. L’évolution progressive de la sélection des films et de la programmation vers les questions de société, l’ouverture au grand public, ont conduit les organisateurs à imaginer Traces de Vies, au-delà du champ de la formation.
Renseignements : http://www.tdv.itsra.net


 


de Ahlam Shibli…
« Aujourd’hui, [18 octobre] les prisonniers qui ont été libérés des prisons israéliennes grâce à l’accord passé contre la libération du soldat israélien, ont été accueillis à Ramallah. C’était triste de voir leur familles avoir attendu si longtemps et d’autres familles qui portaient des photos de leurs fils où était écrit « mon fils ne fait pas partie de l’accord ». Je suis allée avec deux femmes dans une des maisons des prisonniers libérés et de là, encore dans une autre famille.
Puis je me suis rendue au camp de réfugiés de Ama’ari près de Ramallah, j’ai juste marché seule là-bas, en prenant des photos, en lisant des graffitis sur les murs et en demandant aux personnes qui étaient ces gens dont les noms étaient inscrits sur les murs. Il y avait le nom d’une femme, la première femme kamikaze palestinienne à Jérusalem ouest. J’ai pris des photos de la maison où elle vivait et parlé d’elle avec sa famille. J’ai marché pendant deux heures en rond en ressentant une grande colère contre l’occupation israélienne.
J’ai pensé à Patou pendant que je marchais et je me suis demandée comment se sentaient les gens de Tulle qui le connaissaient, j’ai pensé à Daniel Espinat, à Renée et Dédée (Lavigne) et je me suis demandé comment ils ressentaient l’absence de Patou. »
Ahlam


et aussi…
Résidence d’artistes - Merveilleux prétexte
présentation du travail de Bruno Even, Pascale Guérin et David Molteau

samedi 5 novembre - 17h30 - Merveilleux Prétexte - Cerice - Tulle.
Notre projet de résidence à Cerice découle d’une proposition de création de collectifs d’artistes par l’association Merveilleux prétexte en 2006 ; chacun devait envoyer un élément, photographie, objet, texte…en recevoir à son tour des autres, créant ainsi un réseau sensé inciter l’un ou l’autre à s’approprier d’une manière ou d’une autre une démarche, des modalités de travail ne lui appartenant pas, une thématique inhabituelle, etc. Des formes ont ainsi émergé, hybrides, livres objets, dessins.
Au-delà de ce qui nous a semblé s’apparenter à un simple jeu de cadavres exquis, il nous est apparu qu’ un système d’ échos, de relations entre nos recherches respectives existait, et qu’il pouvait se développer plus en avant, en s’articulant autour de quelques notions choisies qui reviennent de façon récurrente dans l’actualité de notre travail. Abandonnant donc l’échange hasardeux d’objets, nous décidons de prendre point d’ancrage dans un lieu précis, Cerice, et après réflexions, échanges d’impressions, nous retenons trois pistes, pouvant être également abordées par chacun d’entre nous :
- Comment un lieu devient-il ‘‘habitable’’, ou qu’est ce qui fait que l’on s’y retrouve, s’y ‘‘reconnaît’’ ; comment on finit par se l’approprier, le limiter, le définir à son image, ses proportions.
- Le mystère contenu dans un lieu, apparemment sans intérêt particulier, et qui devient équivoque, ‘‘dépaysant’’, parce que soudainement, au hasard d’une rencontre, d’un détail aperçu, on y entrevoit de multiples possibles, on y projette nos mythologies personnelles, on le met en scène.
- Les marques de passage, le seuil, le point de flottement entre intérieur et extérieur, la frontière un peu indéterminée entre espaces privés et autres.


 


Anniversaire de l’association Mémoire à Vif
En 2011, Mémoire à Vif fête ses 10 ans.
Mais il n’est pas question d’entretenir la nostalgie du passé. La mémoire doit servir à construire l’Histoire d’aujourd’hui et de demain. Et il nous semble que donner à entendre et à voir la parole des femmes des pays arabes et musulmans est une belle manière de fêter cet anniversaire.
D’abord, parce que leur donner la parole alors que, trop souvent, beaucoup la prennent à leur place, c’est rappeler le rôle qu’elles ont joué dans les combats d’hier et qu’elles poursuivent aujourd’hui. Ensuite parce que la dépossession identitaire des femmes est séculaire et n’a pas de frontières. D’une rive à l’autre, ici et là-bas, les luttes des femmes pour leur égalité et leur liberté se rejoignent.
jeudi 24 novembre - 20h30 - Cinéma le Lido - Limoges
Projection du film Hors jeu de Jafar Panahi (Iran, 2006 - 88’)


vendredi 24 novembre - 20h30 - Cinéma le Lido - Limoges
Projection du film Femmes du Caire de Yousri Nasrallah (Egypte, 2010 - 135’)


samedi 26 novembre - Théâtre de l’Union - Limoges
à partir de 14h30

Lecture de Marcelle, Denise, un printemps à Limoges de Arezki Mellal par la compagnie
Asphodèle
Projection du film La moitié du ciel d’Allah de Djamila Saharoui (1999-55’)
Débat avec Nadia Chaabane, initiatrice de l’Appel des femmes tunisiennes du 23 janvier 2011, Sdiga Dauger, représentante du gouvernement sahraoui en exil, Fadela M’Rabet, écrivaine algérienne.
à 20h30
Théâtre. A mon âge, je me cache encore pour fumer.
Texte, Rayhana. Mise en scène, Fabian Chapuis.
Peuple et Culture dispose de 10 places pour cette représentation (tarif 10€).
Contacter Gaëlle au 05.55.26.32.25

 


 

 

 


Octobre 2011

cinéma documentaire


La république Marseille de Denis Gheerbrant (2009 - 360’)
Quand un cinéaste explore la notion de peuple…
Une journée de projections et de débats en présence du réalisateur
samedi 8 - salle de l’Université Populaire (Marie Laurent) - Tulle
10h - La Totalité du monde (14’), Les Quais (46’), L’Harmonie (53’)
midi - un casse croûte sorti du sac est prévu : chacun apporte du salé, du sucré ou du liquide à partager
14h - Les Femmes de la cité Saint-Louis (53’), Le Centre des Rosiers (64’), Marseille dans ses replis (45’)
21h - salle des fêtes - Saint Jal, avec l’Amicale laïque : La République (85’)

La République Marseille nous emmène à travers sept univers qui composent une ville comme une république : celui des dockers, des militants ouvriers, des femmes d’une cité jardin ou des habitants d’une énorme cité ghetto et, dans ses replis, à la rencontre de tout un peuple, ancien junkie, boxeur ou toutes jeunes filles devant la vie. Face à une violente opération immobilière, toutes ces histoires viennent se rejouer. Au final, ces sept épisodes sont autant de rencontres attachantes, sous le regard attentif et chaleureux de Denis Gheerbrant.
Cette œuvre est le fruit de deux ans de travail. Denis Gheerbrant y croise pour chaque film un lieu précis avec la parole d’un personnage principal qui l’habite et nous le fait découvrir. Qu’ont en commun, à ce titre, le docker à qui le réaménagement du port ferme l’accès à la mer, les anciens communistes qui continuent de se réunir à l’Harmonie de l’Estaque, les femmes de la cité-jardin Saint-Louis qui ne veulent pas céder leurs maisons, les jeunes de la cité des Rosiers privés de tout avenir, ou les résidents de la rue de la République qu’on voudrait bien expulser à l’occasion du réaménagement urbain? Rien d’autre, par le fait même d’exister, qu’une résistance à des mutations qui tendent peu ou prou à effacer les plus démunis du paysage urbain, sous couvert de progrès.


 


La terre des âmes errantes de Rithy Panh (2000 - 98’)
vendredi 14 - 20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix,
avec l’Association culturelle et sportive
projection proposée par le groupe RADO

Lorsque les membres de RADO sont venus une première fois dans le pays de Tulle, ils ont eu la chance d’assister, dans le village de Chenailler-Mascheix à la projection du documentaire La pépinière du désert, de Laurent Chevallier. Ce film montrait, entre autres choses, l’installation d’une éolienne dans une pépinière du sud du Maroc. En proposant aujourd’hui la projection de La Terre des âmes errantes, RADO souhaite associer le public de Chenailler-Mascheix et d’ailleurs à une réflexion sur les liens entre réseaux techniques et territoire.

En 1999, les travaux de pose du premier câble de fibres optiques cambodgien traverse le pays. Cette « autoroute de l’information », dont le but est d’intégrer le Cambodge à l’économie mondiale, relie l’Europe à la Chine en suivant la Route de la Soie. Les travaux impliquent le creusement d’une tranchée d’un mètre de profondeur de la frontière thaïlandaise à la frontière vietnamienne, pour y enfouir le câble à peine plus gros que le pouce. C’est là une occasion pour de nombreux Cambodgiens (paysans pauvres, soldats démobilisés, familles sans ressources) de trouver du travail. Tout au long de son creusement à la pioche, ou à la houe, cette tranchée rencontre la présence obsédante de millions de morts dont les âmes « errent », harcelant les survivants, faute de sépultures.
Mais qui dispose et jouit de l’information circulant dans ce câble ? Qui aura le droit d’accès ? Y aura-t-il un échange culturel ou encore un transfert de technologie vers cette région du monde ? Le réalisateur Rithy Panh et son équipe cambodgienne, ont suivi la progression du chantier, s’attachant à quelques personnages centraux qui symbolisent les difficultés et les contradictions que doit surmonter ce pays. Dans la nécessité de survivre à une violence économique quotidienne, ces hommes et femmes tentent de renouer avec une culture ancestrale laminée, elle aussi, par les années de guerre.


 

 


D’égal à égales de Corinne Mélis & Christophe Cordier (2010 - 52’)
vendredi 21 - 20h30 - salle polyvalente - Salon la Tour
avec l’association Qualité de la vie au pays d’Uzerche

Ce film s’intéresse à des pionnières. Elles sont migrantes ou filles d’immigrants, et syndicalistes. Elles ont choisi de s’engager face à la dureté des conditions de travail et à la précarité des salariés dans les secteurs du nettoyage, du commerce, des services aux particuliers, d’industries à l’agonie, où l’on retrouve nombre de femmes issues de l’immigration. En provenance d’Afrique du Nord et d’Afrique de l’Ouest, elles s’inscrivent dans une histoire migratoire post-coloniale qui imprègne leur cheminement individuel. Travailleuses et syndicalistes, elles bousculent les stéréotypes sur les « femmes immigrées ». Activistes en milieu masculin, elles sortent des rôles féminins attendus. Enfin, elles ne cessent de se déplacer : des banlieues de résidence à leur lieu de travail, d’un lieu de travail et d’une région à l’autre lorsque l’usine ferme ou qu’elles sont licenciées, de leur lieu de travail au syndicat, de « tournées syndicales » en négociations, de réunions en manifestations, de l’espace public aux espaces privés.
Traversant et retraversant ces multiples frontières, elles incitent leurs interlocuteurs à modifier leur regard sur les femmes, sur les immigré-e-s, sur les ouvrièr-e-s et les précaires. Elles sont peu nombreuses dans ce cas : Nora, l’assistante maternelle dont les premiers pas de secrétaire générale ouvrent le film est l’une de ces pionnières, tout comme Dorothée, Keira, et Anissa.Par-delà les conflits du travail, elles nous racontent une démarche d’émancipation individuelle et collective dans une société où sexisme et racisme restent d’actualité, tandis que s’accentue la précarisation du salariat. Dans l’espoir d’être traitées, enfin, « d’égal à égales ».


 


droit de questions
17 octobre 1961, le racisme d’Etat, d’hier et d’aujourd’ hui par Olivier Le Cour Grandmaison

jeudi 13 - 20h30 - salle Latreille - Tulle, avec la Ligue des Droit de l’Homme
Le 5 octobre 1961, 7 ans après le début de la guerre d’Algérie, le préfet de police de la Préfecture de Paris, Maurice Papon, publie un communiqué interdisant aux travailleurs algériens de circuler de nuit à Paris et en banlieue et de se déplacer à plus de deux. Pour protester contre ce couvre-feu discriminatoire, le FLN en France organise une manifestation pacifique à Paris le 17 octobre. Venus de la banlieue, les manifestants qui convergent vers le centre de Paris voient les policiers se déchaîner : tabassages, coups de feu, manifestants jetés à la Seine, arrestations. Bilan officiel de cette sinistre journée : 3 morts, alors que les estimations les plus sérieuses font état de 200 à 300 morts.
Depuis, une chape de plomb s’est abattue sur les mémoires, comme si cette terrible journée était portée disparue. En 2011, 50 ans après, l’Etat français n’a toujours pas reconnu ce crime et la xénophobie d’Etat fait des ravages.
Olivier Le Cour Grandmaison est historien, spécialiste de la citoyenneté sous la Révolution française et de l’histoire coloniale. Il est partie prenante du collectif «D’ailleurs nous sommes d’ici». Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Le 17 octobre 1961 : un crime d’Etat à Paris (2001), Coloniser, exterminer : Sur la guerre et l’Etat colonial (2005), La République impériale : politique et racisme d’Etat (2009).


 


ouverture
Le groupe RADO installe son atelier à Tulle
du 9 septembre au 4 novembre
visites accompagnées ou ateliers sur rendez-vous

Depuis le 9 septembre, dans l’ancien magasin de luminaires de l’avenue Ventadour, RADO, un collectif de neuf jeunes artistes, présente une sélection d’œuvres issues de leurs recherches individuelles et de projets pédagogiques. Photographies, vidéos, albums, montages d’images et sculptures soulèvent des questions géographiques, politiques et poétiques liées à différents territoires. Ces œuvres ont été choisies pour inaugurer un travail de deux années dans le pays de Tulle, au cours duquel RADO souhaite aborder avec les habitants l’actualité du territoire vu comme milieu géographique structuré par des réseaux techniques.
Cette exposition et les événements qui l’accompagnent permettent de collecter des informations, d’initier des enquêtes, d’ouvrir les débats et de proposer des coopérations. Des balades ont eu lieu autour de l’exposition, et des projections sont prévues, en rapport avec la problématique choisie par RADO pour le travail à Tulle. Nous tous n’ignorons-nous pas souvent les réseaux qui déterminent notre quotidien ?
RADO regroupe actuellement Fanny Béguery, Madeleine Bernardin Sabri, Florian Fouché, Adrien Malcor, Anaïs Masson, Marie Preston, Maxence Rifflet, Claire Tenu, Antoine Yoseph.
www.groupe-rado.org / blog du projet : http://correze.groupe-rado.org

vendredi 14 - 20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix
Projection de La terre des âmes errantes de Rithy Panh
(voir rubrique cinéma documentaire)
samedi 15 - 20h - local de l’exposition RADO - Tulle
Projection du film Trois jardins de Marie Preston, en sa présence
Trois jardins potagers, biologiques et parfois pédagogiques ont été filmés par huit élèves du collège Michelet à Saint-Ouen accompagnés par Marie Preston. Pendant un an, ils ont filmé le jardin qui se trouve dans la cour de leur collège et leurs camarades jardiniers. Pendant quatre jours, le jardin maraîcher des Amanins, un centre agro-écologique dans la Drôme où ils ont séjourné. Et, enfin, pendant quelques heures, le jardin partagé de l’Association des Femmes Maliennes de Montreuil. Le film restitue cette expérience où le jardin est pratiqué comme le lieu de transmission d’une histoire et d’un savoir-faire, mais aussi comme un lieu de vie et de partage.
Trois Jardins a été réalisé par Marie Preston accompagnée de Madjid Amine Adjabi, Khadidja Dia, Jane Garcia Fernandez, Grégoire Kwedi, Georges Mendes, Wilfrid Ornecipe, Solène Sahnoun et Océane Veeren.

A suivre en novembre…
vendredi 4 novembre : projection du film Sub du Julien Loustau en présence du réalisateur - local de l’exposition - Tulle
mercredi 9 novembre: Projection de Louisiana Story de Robert Flaherty - salle Latreille -Tulle


 


artothèque
Collection en mouvement, Abstraits #2

Oeuvres de Franck Badur, Charles Kalt, Didier Mencoboni, Jane Harris…
Exposition du 4 au 28 octobre 2011- Galerie du musée du Pays d’Ussel - Ussel
réalisée par l’Artothèque du Limousin, le FacLim et PEC
Entrée libre du mardi au samedi : 14 h - 17 h 30
mardi 4 - 18 h- vernissage de l’exposition
Jane HARRIS, Spacers 4, 2009. Crayon sur papier, format 76 x 56 cm


 

 


ateliers
Chansons traditionnelles

L’atelier Chansons traditionnelles a repris son activité le 22 septembre et se réunira les jeudis de 19h à 20h30 dans les locaux de Peuple et Culture, rue Louis Mie à Tulle.
Animé par Sylvie Heintz, cet atelier fonctionne depuis 10 ans , il propose de découvrir le large répertoire de la chanson traditionnelle du Limousin et d’ailleurs, de se saisir de la richesse et de la complexité de cette matière pour chanter seul ou à plusieurs, à l’unisson ou en polyphonies. Il s’adresse à tous ceux pour qui chanter est un plaisir et une nécessité!


Retour ô 35 choeurs

Le groupe de chant «Retour ô 35 choeurs» a repris ses activités le vendredi 23 septembre au local Peuple et Culture à Tulle.
En ces temps d’ «industrie financière» triomphante sur les peuples du monde entier et le nôtre en particulier, cet atelier propose sous la houlette de Jean-Yves Depecker assisté de Béatrice Bonnevie de se faire plaisir en partageant des chants passés et présents de lutte et de résistance. Le groupe est ouvert à tous, musiciens ou non. Sont déjà au répertoire : Le temps des cerises, Lily, Le chiffon rouge, Bella ciao, Djelem djelem (hymne ROM), Samba (Lavilliers), Manathan Kaboul...
Prochain rendez-vous le vendredi 7 octobre à 18h30 au collège Jean Lurçat à Brive puis en alternance tous les 15 jours (le vendredi à 18h30) entre Tulle et Brive.
Contact : Pierre Leymarie 09 62 52 51 98 ou 06 86 03 78 32


Atelier théâtre
L’atelier théâtre se définit cette année encore comme un laboratoire, un espace permettant aux amateurs et apprentis de se confronter à de grands et beaux textes classiques ou contemporains, français ou étrangers. Scènes, extraits, monologues, chœurs, poésie sont au programme. Chacun pourra faire ses tentatives, découvrir une écriture, une façon d’aborder le théâtre, et approcher l’art de l’acteur dans toutes ses dimensions. Il est ouvert à tous à partir de 16 ans.
Pour le Bottom, c’est l’occasion de transmettre et de faire partager une démarche artistique.
Premier rendez-vous le mercredi 19 octobre à 18h - Salle de l’Université Populaire à Tulle.


 


et aussi...
Mémoire à Vif fête ses 10 ans
jeudi 6 - 20h - cinéma Le Lido - Limoges

Mémoire à Vif est née le 6 octobre 2001, à La Villedieu, pour rappeler ce 7 mai 1956 où, dans la petite localité de la Creuse, des rappelés, en partance pour l’Algérie, soutenus par la population, ont manifesté leur opposition à la guerre coloniale.
Depuis, Mémoire à Vif a poursuivi ce travail de mémoire en organisant chaque année des rencontres, des projections, des lectures, du théâtre, autour de l’Algérie, puis élargissant sa réflexion sur d’autres mémoires, souvent occultées.
Pour la date anniversaire de sa création, Mémoire à Vif propose ‘‘un premier parachutage sur le terrain accidenté de la mémoire’’ avec la projection en avant-première du film de Jacques Panijel Octobre à Paris, seul documentaire consacré à l’époque aux exactions, tortures et noyades dans la Seine pendant et après la manifestation pacifique du 17 octobre 1961. Les témoignages des victimes et les photos d’Elie Kagan constituent un réquisitoire accablant.
Ce film a été interdit jusqu’en 1973 mais présenté clandestinement dans les réseaux militants. Mais Jacques Panijel s’oppose à sa diffusion tant qu’une « préface filmée » posant le contexte de l’époque ne sera pas ajoutée, sans réussir à trouver le financement pour ce projet. La situation s’est débloquée après son décès en 2010 grâce à la société de distribution Les Films de l’Atalante et à Mehdi Lallaoui, écrivain, réalisateur qui a réalisé l’introduction du film, comme le souhaitait Jacques Panijel.
La projection du film de Jacques Panijel sera précédée de la présentation :
-de la vidéo Guerre et bâillon réalisée en 2001 par les élèves du Lycée Professionnel Marcel Pagnol de Limoges sur les événements de La Villedieu en 1956
-du reportage vidéo Mémoire à Vif dix ans après réalisé par Peuple et Culture 19

 



Septembre 2011


cinéma documentaire

Dieu nous a pas fait naître avec des papiers
de Luc Decaster (2010 - 105’)
Mercredi 28 Septembre 2011- 20h30 - salle Latreille - Tulle
En présence du réalisateur - en partenariat avec RESF
À Saint-Sérotin, en Bourgogne, entre champ et forêt, François transforme une ancienne colonie de vacances en lieu de vie pour jeunes mineurs sans papiers, protégés par la loi du fait qu’ils sont mineurs isolés, sans liens avec leurs familles. François, lui, est déjà là, avec sa famille, et travaille pour obtenir un agrément des institutions.
En attendant l’ouverture du centre, Abdoul, un jeune Ivoirien et Cacheng qui arrive de Chine ont rejoint la famille de François.
Dans quelques mois, s’ajouteront à eux une dizaine de jeunes garçons et filles venues de différents pays. Poser sa caméra des mois durant dans ce lieu de vie, c’est poser la question du «vivre ensemble» et voir des adolescents aux parcours chaotiques se transformer en de jeunes adultes mus par le désir de se construire.
Le réalisateur : « Luc Decaster a grandi à Saint-Nazaire, “ capitale des constructions navales ”. Pendant son adolescence durant laquelle il prépare un Brevet Industriel de chaudronnier, il est marqué par les grèves dures, les affrontements des ouvriers des chantiers de l’Atlantique avec les CRS.
Devenu dessinateur industriel chez Chausson en Région Parisienne, derrière le mur du bureau d’études il découvre le taylorisme dans les ateliers de presses : les mains calleuses, les visages creusés des OS à la chaîne. Parallèlement il entreprend des études d’histoire et se spécialise dans les recherches sur le mouvement ouvrier [...] Il devient professeur d’histoire. Il reprend des études de cinéma à l’université. En 1991 il quitte l’enseignement et réalise ses premiers films autour d’Argenteuil, où il réside : des films qui évoquent, sans compassion, des bribes de vies de gens qui lui sont proches. Les oubliés de l’histoire. » Christophe Kantcheff
L’année dernière Luc était venu présenter son documentaire Etat d’élue, accompagné de Françoise Verchère, élue de Loire Atlantique et protagoniste du film.
Filmographie : Le rêve usurpé (1997), Rêve d’usine (1999), Etat d’élue (2007), On est là ! (2011)



Samedi 8 Octobre 2011

journée exceptionnelle avec Denis Gheerbrant
Projection de La république Marseille à Tulle et à Saint-Jal

« Rendre compte en sept films d’un état présent du peuple et du monde : le projet de Denis Gheerbrant, inlassable arpenteur, est unique. D’une ampleur inédite, quasi démesurée, La république Marseille fait en effet date dans l’histoire du documentaire en France. Dans les quartiers populaires de la ville, c’est l’humanité même qui vient à notre rencontre. En dépit de ce qui les menace, les fragilise ou les lamine, ces femmes et ces hommes, venus de tous les horizons, ont beaucoup à nous dire : sur la mémoire et sur la politique comme sur tout ce qui fonde encore leur puissant désir d’une société commune. »
Patrick Leboutte

Sept films, six heures de projection : “Je savais que je n’avais pas envie de faire “juste un film de plus”, explique Denis Gheebrant, mais de faire du cinéma dans Marseille, de remonter des pistes, comme autant d’histoires qui ensemble allaient raconter l’histoire d’une ville”. Une mozaïque de parcours individuels, qui fondent une mémoire collective.
A travers les personnages de Roger et de Rolf, c’est l’histoire des docks qui s’écrit en filigrane. Celle d’un port, marqué par le brassage culturel, qui se transforme à grande vitesse. Du côté de la Cité Saint-Louis, on rencontre des femmes qui forment une petite société, bien décidées à lutter contre la mise en vente de leurs maisons par l’office HLM. Et puis tous les autres, Vincent, Jules et Monique, Mme Ben Mohamed, qui se défendent face aux pressions des groupes immobiliers.
Un travail de longue haleine. “Je passais d’un tournage à l’autre, parfois dans la même journée, ils se faisaient écho, nourissaient mon lent apprentissage de la ville”, raconte le réalisateur. Lui n’est pas marseillais. Il a choisi d’apprender la cité “comme un étranger”, pour mieux en saisir les enjeux : “Qu’est-ce qui fait culture commune ? Mémoire commune ?” Une quête qu’il a menée en solitaire.
“A deux vous représentez une institution, seul vous être fragile, vous n’avez aucune autorité. Filmer seul, c’est aussi pouvoir ne pas filmer, ou filmer un rien, une tâche de soleil…”. Un regard sensible sur une ville en (perpétuelle ?) mutation.

LA TOTALITÉ DU MONDE (14’), quel cinéaste ne rêverait pas d’en saisir, ne serait-ce qu’une bribe ? C’est un peintre qui emploie cette expression. Avant, fils d’ouvrier, il a été ouvrier, puis docker. Et sur ces mondes, il porte un regard à la fois intérieur et décalé. Un petit film pour commencer, comme pour ajuster notre regard.

De L’HARMONIE (53’) de l’Estaque, à cent mètres de chez Rolf, on pourrait dire que c’est un fief, celui des anciens dirigeants de la cellule locale du Parti Communiste entrés en dissidence. On y vient de tous les quartiers alentour pour jouer au Loto et des jeunes y apprennent à chanter des airs d’opéra. Mais l’harmonie de l’Estaque-gare ce sont d’abord des femmes et des hommes ensemble. Et l’idéal politique toujours, ravivé par les élections qui remettent en jeu un siège de député tenu par les communistes depuis soixante-dix ans.

MARSEILLE DANS SES REPLIS (45’), un trajet, des usines du nord de la ville au bord de mer, la caméra comme un carnet de croquis à la main. Marseille invisible, comme cette femme qui se cache pour mieux libérer sa parole. « Marseille après la catastrophe » : un rescapé des années drogue et sida, des jeunes dans un club de quartier et à la boxe, deux amis qui ont monté leur boîte après la faillite de leur entreprise de décolletage, des jeunes filles au bord de leur adolescence…

LA RÉPUBLIQUE (85’), à Marseille, c’est une artère de l’époque haussmannienne rachetée par deux groupes immobiliers. Elle se doit alors d’être embellie et la mairie la pare d’un tramway pour en faire le symbole d’une « reconquête du centre-ville ». Les habitants se parlent, se réunissent pour échanger leurs expériences et apprendre à se défendre. Ils étaient censés disparaître, ils se révèlent. Vincent, Jules et Monique, Madame Ben Mohamed et Madame Cary, certains ont un passé politique, d’autres pas, certains ont eu une vie tumultueuse, d’autres pas, c’est une petite république qui se monte là.

 

LES QUAIS (46’), c’est l’univers de Rolf, « docker de l’Estaque », comme une double identité, celle du port, d’une histoire qu’il légende, et celle d’un quartier populaire, ouvrier, toutes immigrations brassées, ouvert sur la mer. Blessé au travail, il reprend après deux ans d’inaction. Mais Roger - ancien dirigeant syndical à l’époque où les dockers bloquaient les armes pour l’Indochine - n’entretient guère d’espoir quant à l’avenir du port. Et l’Estaque de Rolf est en train de bien changer.

LES FEMMES DE LA CITÉ SAINT-LOUIS (53’), une cité jardin que les habitants, de génération en génération, depuis 1926, se sont appropriés pour en faire un petit monde, ouvrier, joyeux et combatif. Une société de femmes ? En tout cas, ce sont maintenant les femmes qui défendent leur désir de société, au moment où l’organisme HLM qui gère la cité veut mettre les maisons en vente.

LE CENTRE DES ROSIERS (64’), une cité de la fin des années cinquante, avec ses grandes barres de béton brut, a quelque chose d’une forteresse. Le chômage, le commerce de drogue, la concentration de toutes les misères du monde feraient exploser cette cité, s’il n’y avait une formidable force de vie : l’aspiration tout simplement à aimer, gagner sa vie et faire partie de la société. Ce n’est rien d’autre que cela qui se joue ici : le centre des Rosiers est un centre social.

 

 


des actions à venir

Avec le soixantième anniversaire de Peuple et Culture Corrèze, l’année 2011 est particulièrement consacrée à la recherche de fils qui font sens entre passé et présent, qui continuent dans une grande fidélité aux origines du mouvement et de l’éducation populaire, à nourrir notre pensée, nos convictions, notre sensibilité et nos actions au présent.

Cette recherche a déjà pris plusieurs formes :
. Entretiens avec Roger Eymard, le principal fondateur de Peuple et Culture Corrèze et montage vidéo réalisé par Dominique Albaret, projeté en public le 17 mars dernier à l’exacte date anniversaire du dépôt des statuts de l’association en 1951, soirée à la fin de laquelle la salle de l’UP retrouva concrètement son nom grâce à la plaque : SALLE DE L’UNIVERSITE POPULAIRE que nous avons apposée.
. Projections de films « cultes » de l’histoire du cinéma et des cinés-clubs : Le Sel de la terre, Les Raisins de la colère, Farrebique et Biquefarre…
. Exposition François Maspero et deux temps de rencontre avec lui à la médiathèque de Tulle et à L’aire libre à Argentat
. Lecture de textes de Frantz Fanon

Les actions pour les mois à venir poursuivent cette recherche dans le même sens :
. Unipops… et Droit de Questions
Les « Unipops » de Peuple et Culture Corrèze sont nées dans l’hiver 1968-69 d’un vif besoin de formation collective. Entrainement mental, économie politique, histoire… des sessions décentralisées dans des petites communes à raison de 12 à 15 séances par hiver ainsi que chaque année, une « Unipop centrale » sur des questions qui sont restées marquantes, à titre d’exemple « Culture et idéologie », « Sémiologie de l’image », « L’écologie » (en 1977 !) …
A partir des années 80, leur succèdent les « Droits de Questions » dont un court texte de présentation définit le principe : Une ambition… Ne pas nous retrouver demain devant un destin que personne n’aura voulu mais que chacun n’aura pas assez combattu . (Albert Jacquard)
Un moyen... La rencontre avec des chercheurs, des experts, des scientifiques, des artistes, des journalistes spécialisés, des responsables politiques et culturels... pour l’exercice nécessaire d’un droit de questions qui pose le fait que la parole est plus que le bavardage et l’être humain plus qu’une cible pour la consommation et le bulletin de vote.
Parmi les nombreux intervenants venus jusqu’à Tulle, citons Claude Julien, Alain Gresh, Serge Halimi, José Bové, François Dufour, Madeleine Rebérioux, Alain Lipietz, Marcel Mazoyer, Sony Labou Tansi, Véronique Nahoum Grappe, Mathieu Rigouste…
Avec la mise en place du réseau de diffusion du cinéma documentaire, les Droits de Questions sont devenus moins réguliers dans la mesure où un certain nombre de projections sont de véritables supports de débats sur des questions de société.
Cependant à la dernière assemblée générale, s’est fait jour, dans le contexte politique et économique actuel, un renouveau de désir de formation. Fin juin, un groupe de travail s’est constitué et a dégagé des axes de réflexion à mettre en place sous des formes différentes ( interventions-débats « classiques », cycles, journées permettant d’approfondir une problématique par des moyens divers : textes, films… ou encore groupes de travail et d’échanges).
Plusieurs questions vont être explorées : la « crise économique » (des repères pour y voir clair …), le travail, l’agriculture et les questions environnementales, la constitution de 1958 et ses effets sur la démocratie, la petite enfance et son traitement…
. Fiches de lecture
Les fiches de lectures sont nées durant la Résistance : Dans le Vercors, sous les rochers, près des braises dont il fallait cacher la fumée aux « mouchards » qui évoluaient dans le ciel, l’éducation populaire continuait. Les textes littéraires, dans un tel climat, avaient une nouvelle résonance. Ces hommes, ensemble, prenaient conscience que quoi qu’il arrivât, les forces de lumière triompheraient des forces d’oppression.

Produites plus systématiquement de 1948 à la fin des années 70, ces fiches proposent un montage d’extraits significatifs d’un ouvrage pour une lecture à voix haute de trois quarts d’heure à une heure destinée à donner au public le goût de lire le livre en entier. La lecture est suivie d’une discussion appuyée sur une méthodologie conseillée dans chaque fiche et favorisant l’expression et la réflexion de chacun.
Plus de 100 fiches de lecture ont été expérimentées auprès de publics diversifiés. Des classiques tel que Bouvard et Pécuchet, mais aussi des réponses à l’actualité comme Le Fils du pauvre de Mouloud Feraoun lorsqu’il fut assassiné par l’OAS.
Peuple et Culture Corrèze a organisé des dizaines de « veillées-lecture » dans des petites communes où les bibliothèques étaient rares voire inexistantes et où les livres ne pénétraient pas facilement dans les maisons.
Nous allons dans les mois qui viennent ré expérimenter la réalisation et la pratique de ces fiches. L’idée est venue de Marie Maugein de la librairie l’Aire libre à Argentat avec laquelle Peuple et Culture collabore régulièrement.
Premier chantier prévu : la fiche de lecture du premier roman d’une jeune écrivaine : Les hommes-couleurs de Cloé Korman aux éditions du Seuil qui sera l’invitée de l’ Aire libre lors du quatrième trimestre 2011 pour un échange avec le public à la suite de la lecture. Puis en 2012, pour la future Décade Cinéma et société qui aura pour thème l’Algérie ( 50ème anniversaire de la fin de la guerre), c’est le livre de Laurent Mauvignier : Des hommes qui sera présenté par une lecture à haute voix selon une fiche réalisée à cet effet. Conjointement, la fiche déjà existante du Fils du pauvre de Mouloud Ferraoun sera réutilisée pour une lecture publique de cet ouvrage

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. Résidences d’artistes
Depuis les années 80, Peuple et Culture invite des artistes en résidence à Tulle et dans le pays de Tulle. Entre la commande publique traditionnelle et l’oeuvre dite autonome, l’association explore une troisième voie : celle d’un art rattaché à l’espace public par des procédures de participation et d’échanges, et capable dans le même temps de produire des formes exemplaires. Des projets qui émanent d’un territoire précis tel que le décrit Edouard Glissant : un pays qui devient monde, lieu « incontournable » mais qui n’a de sens que s’il est ouvert. Les formes artistiques produites induisent de la reconnaissance et dans le même temps, des rapports d’étrangeté, des décalages, des lignes de fuite. Un travail artistique qui, justement parce qu’il part du local, de l’intime, peut atteindre une valeur générale, parler à d’autres ailleurs et fonctionner pour et hors du lieu précis où il a été conçu.
Pour ces résidences d’artistes, pas d’a priori, ni de commande particulière mais, à partir de leur propre démarche, l’invitation à porter un regard sur la ville et ses habitants.

 

le groupe RADO
Les dix dernières années ont été marquées par trois temps forts avec les photographes Marc Pataut, Patrick Faigenbaum et Ahlam Shibli qui chacun-e à leur manière ont investi par leur travail artistique, le pays de Tulle.
En est résulté un corpus d’œuvres (plus de 140 photographies et deux ouvrages) inscrits dans ce territoire et en lien avec sa population, ce qui constitue un phénomène rare.
Nous avons choisi de poursuivre ce travail par une nouvelle étape de cette démarche avec l’invitation en résidence d’un collectif de jeunes artistes (aux pratiques diverses : photographie, sculpture, vidéo, dessin) sensibles au lien art/territoire : le groupe RADO
Du 9 septembre au 28 octobre, le groupe RADO présentera une sélection d’oeuvres. l’exposition inaugurera un travail de deux années dans le pays de Tulle qui abordera avec les habitants l’actualité du territoire vu comme milieu géographique et technique. nous tous n’ignorons-nous pas souvent les réseaux qui déterminent notre quotidien ? Cette présentation d’oeuvres antérieures au projet tulliste, en écho à la problématique, permettra de collecter des informations, d’ouvrir les débats et de proposer des coopérations.

Pascale Guérin
Depuis l’obtention du DNSEP à l’Ecole des Beaux-Arts d’Angoulême, Pascale Guérin développe un travail artistique aux multiples facettes : dessin, gravure, peinture, installations, livres-objets, collections d’ « hybrides ».
Elle a autoconstruit un atelier en Corrèze où elle s’est installée il y a quelques années.
En articulation avec son travail artistique, elle conduit une activité pédagogique de grande qualité dans des ateliers avec des enfants d’écoles primaires et maternelles.
Tout son travail fortement marqué par le rappel à la mémoire et à la nature nous paraît profond et exigeant. Il a été peu montré pour l’instant.
Peuple et Culture souhaite, pendant deux années, le soutenir par l’émergence d’un nouveau projet (à définir avec elle) et mettre en place des modalités qui permettent de faire découvrir au public son travail antérieur.


 

droit de questions
Palestine : Comment les sociétés civiles peuvent-elles agir pour une paix juste ?
Le témoignage de Laurence Pache, conseillère régionale.
Vendredi 23 - 20h30 - médiathèque intercommunale - Tulle
Après avoir soulevé un immense espoir, le « processus de paix » israélo-palestinien, inauguré il y a tout juste 20 ans à la conférence de Madrid, est vite apparu comme un leurre en accordant aux palestiniens une souveraineté réduite à quelques symboles, et surtout, en permettant aux israéliens de renforcer sans cesse leur emprise sur la Cisjordanie et Jérusalem (par la colonisation) et sur la bande de Gaza (par le blocus).
Dès 2003, et parallèlement à la 2ème intifada (2000/2005) elle-même déclenchée par le blocage des négociations, un mouvement de résistance populaire non violent s’est développé à Jérusalem et en Cisjordanie, contre l’occupation israélienne, en particulier dans les villages et les quartiers qui sont les plus touchés par la construction du « Mur de la honte ».
En 2006, se tenait une 1ère conférence internationale à Bil’in, village situé au nord de Jérusalem, qui a été l’un des premiers à s’engager dans la lutte contre la construction du Mur. Depuis, malgré la répression israélienne (plus de 20 tués, des dizaines de blessés et des centaines d’arrestations), le mouvement prend de l’ampleur avec le soutien de militants et d’ONG représentant les sociétés civiles, en Israël, en Europe, en Amérique, ...
Ce mouvement de résistance non violente prend la forme de manifestations (avec la participation de militants internationaux) chaque fin de semaine sur les terres menacées ou déjà confisquées par le mur et l’extension des colonies, afin d’affirmer les droits des palestiniens et l’illégalité de la colonisation et de l’occupation. Il prend aussi la forme d’actions juridiques devant la Cour suprême israélienne, et plus récemment d’appels au boycott des produits fabriqués dans les colonies et des emplois qu‘elles offrent aux palestiniens.

Face à l’échec de la résistance armée (la 2ème intifada a coûté beaucoup aux palestiniens et n’a pas eu d’issue politique) et à l’échec des négociations au sommet, la lutte populaire non violente constitue une nouvelle étape du combat des palestiniens pour leur indépendance.

Militante syndicale et associative, Laurence Pache est conseillère régionale du Limousin depuis 2010. Elle a participé à la 6ème conférence internationale sur la lutte populaire palestinienne à Bil’in (Cisjordanie) en avril 2011. Laurence Pache a également fait partie en juillet 2011, de l’équipage du « Louise Michel » l’un des bateaux de la « flottille de la liberté » à destination de Gaza afin de dénoncer le blocus israélien.

A l’heure où l’Autorité Palestinienne doit présenter à l’ONU (le 20 septembre) la demande d’adhésion de la Palestine en tant qu’état souverain, Laurence Pache témoignera de son expérience aux côtés des palestiniens en lutte contre l’occupation israélienne et des militants internationaux contre le blocus de Gaza. Elle témoignera également des différentes formes d’action que les citoyens peuvent utiliser, en France notamment, afin d’aider à construire une paix juste et durable en Palestine.

 

 


Les yourtes de la discorde de Suzanne Chupin (2011-52’)
Mardi 14 - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche
En présence de la réalisatrice
« Un vent de discorde souffle sur le village de Bussière Boffy quand je m’y rends pour la première fois en mars 2009. Mais qui sait depuis combien de temps le feu couve et de quoi il se nourrit ? Depuis l’adoption de la carte communale, cinq familles installées dans des yourtes vivent dans la crainte d’être expulsées par la municipalité. Ceux qui, jusqu’à présent vivaient paisibles en expérimentant un mode de vie différent, décident de porter l’affaire sur la place publique... » Suzanne Chupin.
A l’origine, 5 familles ont fait le choix d’habiter dans des yourtes, dans le nord de la Haute Vienne à Bussière-Boffy. Quelques centaines de mètres à peine les séparent des dernières maisons du village, mais c’est déjà un autre monde, avec une autre façon d’habiter la terre. Un monde que la réalisatrice découvre au moment où il menace de disparaître…
La réalisatrice : Après un premier court métrage, Le Nez qui saigne (1997), sélectionné et primé à divers festivals, Suzanne Chupin, opératrice audiovisuelle pour la télévision et la radio, a réalisé en parallèle des films documentaires : La Vie en Friche (1999) et La Case manquante (2002), Le Champ des paysannes (2005), Rêves et cauchemars (2007) et Partisans du rail (2008).


L’Atlantide de Marcel Trillat et Maurice Failevic (2010-2x80’)
Vendredi 17 - 18h - la Boite en zinc - Chanteix
18h : projection 1ère partie
19h30 : auberge espagnole (chacun apporte du salé, du sucré, du liquide à partager)
20h30 : projection 2ème partie et discussion avec les réalisateurs

En présence de Marcel Trillat et Maurice Failevic
Une histoire du communisme
C’est une tentative de décryptage d’une énigme historique, l’expérience communiste : 1917-1991.
Une cause exaltante d’ampleur planétaire qui a mobilisé des millions d’opprimés en révolte et d’hommes et de femmes qui rêvaient d’un monde plus juste et plus solidaire.
Une entreprise paradoxale engagée dans des conditions défavorables puis dévoyée par le stalinisme sans cesser malgré tout, pendant trois quarts de siècle, de susciter d’immenses espérances, de nourrir d’innombrables combats pour les plus justes causes. Avant de s’effondrer en quelques années comme un château de cartes.
Qu’en reste t-il aujourd’hui pour ceux qui ont 20 ans et qui pensent à l’avenir en ignorant souvent le passé ?
La nécessité de combattre le capitalisme et son cortège de guerres, d’injustices, de misères, de violences qui était sa raison d’être n’est-elle plus d’actualité ?
Les réalisateurs :
Marcel Trillat est un journaliste, réalisateur de films documentaires et auteur français. Il devient journaliste à l’ORTF en 1965 en collaborant au magazine «Cinq colonnes à la Une». Il a également participé à des entreprises collectives militantes : la CREPAC, UNICITE, Radio Lorraine Coeur d’Acier. Il est entré à Antenne 2 en 1981.. A été directeur adjoint de l’information d’Antenne 2 en 1986. Administrateur de France Télévisions de 2001 à 2006. Il a réalisé entre autres Etranges étrangers (1970), 300 jours de colère (2002), Les prolos (2002), Silence dans la vallée (2007)…
En 1962 Maurice Failevic entre comme assistant réalisateur à la RTF aux côtés d’Henri Spade et de Jacques Krier. En 1967, Eliane Victor pour l’émission «Les femmes aussi» lui confie la réalisation de son premier film sur l’histoire d’une femme médecin à la campagne puis de son second film sur le quotidien de Renée Delanches, institutrice en poste depuis deux ans dans un village de Haute Ardèche (Faire l’école à Conges en Ardèches). Les documentaires qu’il réalisera jusqu’en 1970 lui vaudront de nombreux prix ( le prix de la critique, le prix Albert Olivier) et marqueront à jamais sa façon de préparer et de faire des films. Après cette période, il devient réalisateur de fictions pour le cinéma et pour la télévision. Il réalise entre autres De la belle ouvrage (1969), 1788 (1977), Le Jardinier récalcitrant (1983), Jusqu’au bout (2005)…


 

Fix me de Raed Andoni (Palestine-2009-98’)
Samedi 25 - à partir de 20h - parc de la mairie -Tulle
20h : pique-nique (chacun apporte du salé, du sucré, du liquide à partager)
21h30 : projection en plein air
Raed Andoni a quarante ans, tout comme l’occupation israélienne de la Cisjordanie, et souffre d’une migraine tenace. Face caméra, la mère de Raed s’étonne : « Tu as mal à la tête et tu te filmes, mais qui cela intéresse à part toi et moi ? » Pourtant, de cette céphalée invalidante, il a oeuvré à un film où l’intime entre en résonance avec le destin collectif de son peuple.
Parcourant des paysages éventrés, Raed Andoni mène l’enquête, rassemble ses souvenirs manquants - interroge son thérapeute, ses amis, sa famille -, passe les check-points comme un ressassement. Fix me traite de la perméabilité, de la porosité : il montre comment l’histoire des territoires occupés s’est insidieusement insinuée dans le corps du cinéaste.
Par son rythme, sa densité, la beauté des cadres, la musicalité de la bande sonore, le cheminement de sa pensée, Fix me agit comme un antidote à la guerre. Par son humour et son intelligence, il constitue un merveilleux et subtil bras d’honneur aux extrémistes des deux bords.
Le réalisateur : Né en 1967 en Cisjordanie, Raed Andoni mène un parcours d’autodidacte qui l’associe dès 1997 au développement du cinéma indépendant en Palestine.
Producteur avant de devenir réalisateur, il est le co-fondateur de «Dar Films», une société de production indépendante basée à Ramallah. A travers Dar il a produit et coproduit plusieurs documentaires primés, tels que The inner tour de Ra’anan Alexandrowicz et Live from Palestine de Rashid Masharawi). Raed Andoni est également le co-fondateur de la société de production parisienne «Les films de Zayna».
Son premier documentaire en tant que réalisateur, Improvisation, Samir et ses frères (2005) dresse un portrait intime des musiciens du Trio Joubran.


La pépinière du désert de Laurent Chevallier (2008-90’)
Vendredi 1er juillet - Chenailler-Mascheix
20h30 : casse croûte sorti du sac
boissons offertes par l’association culturelle et sportive de Chenailler-Mascheix
21h30 : projection en plein air devant la salle des fêtes
Pour Mostafa le vieux, il est trop tard pour choisir entre son Maroc natal et la France où il vit depuis trente ans et où ses cinq enfants sont nés. Il a pourtant subi l’exclusion dans un petit village de l’Essonne où il tenait une épicerie, réalisant son rêve de vivre à la campagne. C’est là qu’il a fait la connaissance de Brahim, un SDF marocain qu’il a logé et qu’il a aidé à retrouver sa dignité. Et puis un jour, Brahim est mort d’un arrêt cardiaque. Pour Mostafa le vieux, cette mort a sonné comme une défaite.
Resté “le seul Arabe” du coin, il est reparti vivre avec femme et enfants en banlieue parisienne dans une cité où les Maghrébins sont en majorité. Ce retour est pour lui le constat d’un échec, celui de l’intégration. Il se met à penser que c’est au Maroc où il revient chaque année pour les vacances, qu’il peut encore agir pour les jeunes qui, au péril de leur vie, se laissent attirer par les mirages de l’Europe. Il y fait la connaissance de Mostafa le jeune qui, revenu de sept années d’exil en Europe, a décidé de vivre du travail de la terre en plein désert du Mengoub et même d’y créer une pépinière afin d’aider les fellahs de la région à croire de nouveau en l’avenir.
Le réalisateur : Après avoir été assistant caméra puis cadreur, Laurent Chevallier a travaillé comme directeur de la photographie sur des films comme La Vengeance du serpent à plumes (Gérard Oury, 1984) ou Les Spécialistes (Patrice Leconte, 1985). La traversée de l’Antarctique par Jean-Louis Étienne a été le sujet d’Au sud du sud, son premier long métrage documentaire, réalisé en 1990. Puis il en a signé d’autres : Djembefola (1992) sur Mamady Keïta, un des plus grands joueurs guinéens de djembé, qui a notamment reçu le Prix du meilleur documentaire au Festival de San Francisco, Circus Baobab (2000) sur le premier cirque acrobatique aérien d’Afrique. En 2004 il réalise La Vie sans Brahim (2004), où l’on rencontre Mostafa «le vieux». En 2007 son film Momo le doyen se consacre à Momo Wandel Soumah, saxophoniste et doyen du jazz africain. On lui doit par ailleurs un long métrage de fiction : L’Enfant noir (1995), sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes.



Retour à Gorée de Pierre-Yves Borgeau (2007-102’)
Mardi 5 juillet - Saint-Jal
20h30 : casse-croûte sorti du sac (chacun apporte du salé, du sucré, du liquide à partager)
21h30 : projection en plein air devant la salle polyvalente
Retour à Gorée raconte le périple du chanteur africain Youssou N’dour sur les traces des esclaves noirs et de la musique qu’ils ont inventée : le jazz. Son défi : rapporter en Afrique un répertoire de jazz et le chanter à Gorée, l’île symbole de la traite négrière, en hommage aux victimes de l’esclavage. Guidé dans sa quête par le pianiste Moncef Genoud, Youssou N’Dour parcourt les Etats-Unis et l’Europe. Accompagnés par des musiciens d’exception, ils croisent de nombreuses personnalités, et créent, au fil des rencontres, des concerts et des discussions sur l’esclavage, une musique qui transcende les cultures.
Le réalisateur : Pierre-Yves Borgeaud étudie les lettres et rédige le mémoire « Le Jazz dans le roman », avant d’œuvrer comme journaliste indépendant. Egalement batteur et attiré par la captation de musique live, il se forme à New York à la production vidéo, et monte sa propre structure.
Il signe les films Encore une histoire d’amour (1990), Miles post mortem (1998), Swiss jam : musiciens suisses à New York (1999), Family music (2004)…
Puis il se fait remarquer avec iXième - Le journal d’un prisonnier (2003), poème multimédia cosigné avec le musicien Stéphane Blok, et le documentaire Retour à Gorée.



Bobines Rebelles
4ème édition du festival de documentaire politique en Creuse
vendredi 17 - 21h30 - bar l’Atelier - Royère-de-Vassivière
samedi 18 - de 10h à 24h - Le Villard - Royère-de-Vassivière
avec Autour du 1er mai, Creuse-Citron, Émile a une vache, La Loutre par les cornes



9 juin 1944

Jacques Martinie, Résistant dès la première heure au BRO (Bureau de la Résistance Ouvrière) à Tulle avait 17 ans en 1944. Raflé par les SS allemands le 9 juin 1944 à Tulle, trié à la Manufacture et libéré parmi les plus jeunes, il témoigne sur le site de Peuple et Culture consacré aux évènements de juin 1944 et dans un ouvrage à paraître, de l’histoire du BRO : comment dès 1942 à Tulle, des hommes et des femmes se sont engagés dans la Résistance.
Par ailleurs, le site http://pec9juin.free.fr est enrichi de cinquante nouvelles notices individuelles en hommage aux victimes (éléments biographiques, photos, et témoignages de familles)



Et aussi
Les Rencontres africaines de Tulle
du 9 au 11 juin - salle Latreille - Tulle
Jeudi 9 - à partir de 18h
21h : projection du documentaire réalisé par des apprentis du CFA bâtiment de Tulle et de Limoges.
Vendredi 10 - à partir de 18h
21h : projection du film Kinshasa Symphony de Claus Wischmann et Martin Baer
Samedi 11 - à partir de 10h
20h : contes de la savane avec Niamar N’Dour
21h30 : concert de musique berbère par le groupe OUHRIK de Toulouse
Expostions et ateliers du jeudi au samedi.
Renseignements : 05 55 27 59 40 - rencontres.africaines.tulle@gmail.com



Les 24èmes Rencontres photographiques de Solignac
du 10 au 19 juin - salle des fêtes de Solignac (Haute-Vienne)
organisée par l’association L’Oeil écoute
Vernissage le vendredi 10 à 18h30 et conférence projection par les artistes invités le samedi 11 juin à 16h
Sur le thème «Mémoire», ces 24èmes Rencontres présentent le travail de 5 artistes revisitant des lieux de leur mémoire.
Avec Isabelle Braud «Lieux d’enfance - poussière d’éternité», Delphine Dewachter «Tissu d’histoires», Florent Contin-Roux «Paint it black», Yveline Loiseur «Crépuscule du matin ; Dresde 2008/2009», David Molteau «Vestiges».
Renseignements :
www.galerie-oeilecoute.fr - 05 55 32 30 78

 


 

programme MAI 2011


2eme partie de la Décade Du 4 au 8 mai 2011

Mercredi 4 mai, 18 h Tulle, médiathèque intercommunale
Générations précaires, derrière les masques
Ruxandra Medrea
France, 2006, 52 min

Au début de l’automne 2005, un groupe de jeunes portant des masques blancs intrigue les médias. Leurs objectifs : sensibiliser l’opinion à la précarité des jeunes diplômés mais aussi intervenir comme groupe de pression pour une réforme du Code du Travail, qui devrait, selon eux, reconnaître et réglementer le statut du stagiaire. Ce film analyse ainsi cette mobilisation qui a su interpeller parents, politiques et syndicats.

Les apprentis se réveillent
Laurent Chevallier
France, 1976, 15 min

Dans son premier film, Laurent Chevallier laisse la parole à une catégorie de la population qui ne l’a pas souvent eue dans le cinéma français : les jeunes apprentis. Dans la rue, les collégiens criaient « Le CET, c’est déjà l’usine ! ». Les temps ont-ils changé depuis 1976 ?
Comment « forme »-t-on les futurs ouvriers (ou les futurs chômeurs) ?

Et voilà le travail
Florette Eymenier
France, 2009, 17 min

De nouvelles formes et de nouveaux modes de travail se font jour. Travail nomade, temps flexible, travail virtuel, travail précaire, travail en réseau et de nouvelles formes de travail à la chaîne. Eclairés par la froide lueur d’un néon, dans un couloir ou un bureau, des témoignages d’employés plus ou moins bien placés dans la hiérarchie, s’égrènent d’un ton monocorde et artificiel : la déshumanisation élevée au rang de technique managériale ! Les témoignages sont des récits écrits et distanciés portés à l’écran par des comédiens amateurs. Cette vidéo de création mène une réflexion sur les nouvelles formes émergentes du travail.
rennes. 2008

 Mercredi 4 mai, 21 h
TULLE, cinéma le Palace
Carte Blanche à Ciné Archives, Fonds audiovisuel du PCF, mouvement ouvrier et démocratique . En présence de Julie Cazenave, déléguée générale de Ciné-Archives.

D’hier à aujourd’hui, lorsque le mouvement social détourne les moyens de communication.
Comme d’autres organisations militantes - politiques ou/et ouvrières - le PCF a cherché à détourner les moyens (et les réseaux) de communication de son temps. Dès les années 30, il adopte le nouveau « mass media » qu’est le cinéma. Ciné-Archives présentera deux exemples de formats audiovisuels traditionnels revisités, les actualités cinématographiques qui ont précédé la télévision et le magazine télévisé…

Magazine Populaire N°1
Anonyme
France, 1938, extraits : 14 min

Le 14 juillet 1938, le 32ème tour de France : contre-information politique et ouvrière, ou comment parler de la guerre d’Espagne en relatant le Tour de France… Suivent deux reportages « Une retraite pour les vieux » et « Les Congés Payés ».

Reflets
Collectif
France, 1964, extraits : 30 min

Ouvriers 1964, Jean Ferrat, Ma Môme, Youri Gagarine à Paris.

Sélection d’épisodes de l’association Plus belles les luttes
invité de ciné-archives, Peuple et culture et autour du 1er mai :

Plus belles les luttes Jean-Paul Leroy, ancien ouvrier et syndicaliste de Fos-sur-Mer, et Thierry Del Bado, journaliste, ont crée en 2009 leur propre outil audiovisuel de production et de diffusion d’information : chaque semaine, ils mettent en ligne sur leur site Internet un nouvel épisode des luttes ouvrières et sociales, et même politiques, qui ont cours dans les Bouches-du-Rhône.

 


 

 

Jeudi 5 mai, 18h
TULLE, médiathèque intercommunale
En présence de Didier Zyserman, réalisateur.
Nosotros del Bauen
Didier Zyserman
France, 2010, 95 min

L’hôtel Bauen fut construit sous la dictature militaire, au cœur de Buenos Aires, pour accueillir la Coupe du Monde de football. Durant vingt-cinq ans, ses employés ont servi l’élite argentine et accueilli les touristes venus du monde entier. Depuis mars 2003, ils travaillent en autogestion, se partageant les tâches et les salaires, votant en assemblées générales toutes les décisions qui les concernent. Elena, Osvaldo, Santiago, Marcello sont quelques-uns des employés de la coopérative. Ils luttent aujourd’hui contre leurs anciens patrons, désireux de récupérer l’immeuble à leur profit. Droit au travail contre droit à la propriété, quelle légitimité l’emportera ? À partir de ce lieu unique, le film se propose de plonger au cœur de l’autogestion et de rendre compte de l’Argentine d’aujourd’hui.

 

Jeudi 5 mai, 21 h
TULLE, cinéma Le Palace,
En présence de Sébastien Layerle, enseignant à L’université Paris III.
Des gens sans importance
Henri Verneuil
France, 1955, 101 min

Jean Viard, conducteur de poids lourds sur la ligne Paris-Bordeaux, tombe amoureux d’une jeune serveuse d’un relai routier. L’affaire tournera mal… Jean Gabin interprète comme souvent un personnage écrasé par la vie. Le film témoigne d’un pessimisme fortement présent dans le cinéma français. L’objectif est de montrer un « anti film de lutte » pour réfléchir ensemble à ce qu’il véhicule et à quelle représentation correspond le personnage central de Jean Gabindans l’histoire du cinéma français.

 

 

Beau comme un camion
Antony Cordier
France, 1999, 90 min

« Dans ma famille, il n’y a que des ouvriers. Comment ont-ils perçu mon parcours, à moi qui suis encore en études à 28 ans ? »

Beau comme un camion est le premier fi lm d’Antony Cordier, alors élève d’une école de cinéma, la FEMIS. Né dans une famille d’ouvriers, il est le premier à avoir fait des études. Il a choisi de montrer comment a évolué la perception du travail intellectuel au sein d’une famille de manuels. Pour certains, les intellectuels sont des fainéants ; pour d’autres, l’école peut permettre de s’en sortir. Mais se sortir de quoi ? Anthony Cordier cherche la réponse auprès de ses proches : son frère, manutentionnaire, son père, conducteur de camion, sa mère, nourrice.

 


 

 

Vendredi 6 mai, 18h30
TULLE, cinéma Le Palace

En présence de Bruno Muel, réalisateur, et de Sébastien Layerle, enseignant à l’Université Paris III

Week-end à Sochaux,
groupe Medvedkine de Sochaux, Bruno Muel
France, 1971, 57 min

Seul fi lm en couleur des groupes Medvedkine, coréalisé, interprété, inventé au fi l du jeu par les ouvriers eux-mêmes, Week-end à Sochaux décrit avec humour, l’arrivée des jeunes travailleurs à l’usine Peugeot. Filmer ce qui dégrade la vie quotidienne autant que la chaîne, les hôtels interdits aux jeunes filles, la ville qui vit au rythme des usines, les magasins de l’empire Peugeot, qui s’appellent – il fallait l’inventer – Ravi.

Le fi lm est une forme de comédie jubilatoire et grinçante, une sorte de boomerang, retourné à l’envoyeur et à l’exploitation capitaliste, dans et hors de l’usine. De 1967 à 1974, au travers des Groupes Medvedkine, les travailleurs des usines de Besançon et de Sochaux s’approprient l’outil cinéma pour témoigner de leurs conditions d’existence et de leurs luttes quotidiennes. Ils sont à l’origine d’une quinzaine de fi lms réalisés en collaboration avec des réalisateurs et des techniciens professionnels et soutenus par la coopérative de production SLON.
« Nous n’aurions jamais dû nous rencontrer, encore moins travailler ensemble, souligne Bruno Muel. Ça ne se faisait pas, ça ne se fait toujours pas, ou si rarement. De quoi je vous parle ? D’une utopie, de quelques dizaines d’ouvriers des usines Rhodiaceta de Besançon et Peugeot de Montbéliard, d’un côté, d’une poignée de cinéastes, réalisateurs et techniciens de l’autre, qui ont décidé à cette époque, qui n’est justement pas n’importe laquelle, de consacrer du temps, de la réflexion, du travail à faire des films ensemble. »)

On voit bien qu’c’est pas toi
Christian Zarifian
France, 1969, 48 min

Préparé puis tourné avec un groupe de jeunes ouvriers, collégiens et chômeurs dans un quartier du Havre, On voit bien qu’c’est pas toi inaugure la série de films « collectifs » portés par l’élan de Mai 68. Les jeunes ont choisi la forme documentaire afin de montrer leur vie au quotidien, dans leur local, au travail, en surboum, en famille, en camping sauvage… Ils ont ainsi dressé de façon précise et détaillée l’autoportrait, singulier, d’un milieu jusqu’alors presque totalement absent des écrans.

 

Vendredi 6 mai, 21 h

TULLE, cinéma Le Palace

En présence de Daniel Ellezam, directeur de la collection Films en classe du CNDP, responsable de la prospection du dépôt légal des films à la Bibliothèque nationale de France.

Les raisins de la colère
John Ford
Etats-Unis, 1940, 130 min

Au début des années 1930, après quatre années d’incarcération dans un pénitencier de l’Oklahoma, Tom Joad s’apprête à rejoindre la ferme familiale. Les États-Unis connaissent alors une crise économique majeure pendant laquelle les banques s’approprient les terres des paysans endettés - sinistre pratique d’actualité avec la crise des subprimes. Comme tant d’autres, le clan Joad prend la route de la Californie, cette terre promise pour tous les délaissés de l’Amérique. Les raisins de la colère, tiré du roman de John Steinbeck, est un chef-d’œuvre d’humanisme.

Ce film aux valeurs universelles n’est pas le simple témoignage d’une crise économique : il témoigne avec force de la capacité chômeurs et précaires du cinéma américain de fiction à porter à l’écran l’image de la réalité sociale d’alors. Un des « films cultes » des ciné-clubs de Peuple et Culture projeté dans la campagne et les usinesde Corrèze et qui prend place aujourd’hui dans le programme de la décade pour le 60e anniversaire de l’association.

Monsieur Cok
Franck Dion
France, 2008, 10 min

Monsieur Cok est le propriétaire d’une grande usine de fabrication d’obus. Sa passion pour le rendement et son goût du profit le conduisent à remplacer ses employés par des automates très perfectionnés. Résignés, les anciens ouvriers assistent impuissants au labeur de leurs remplaçants mécaniques. Mais cela ne va pas sans susciter la colère de l’un d’entre eux. Lorsqu’un court métrage d’animation en dit beaucoup sur le travail…

 


 

 

Samedi 7 mai, 15h
TULLE, salle Latreille

En présence de Bruno Muel, réalisateur, et de Bernard Nicolas, réalisateur.

France Télécom, malade à en mourir
Bernard Nicolas
France, 2010, 54 min

En 2000, France Télécom est racheté par l’opérateur anglais Orange. Il est prévu de faire partir 22000 personnes entre 2004 et 2007. Se met en place alors une panoplie de méthodes qui poussent des dizaines d’employés à la dépression et au suicide : mutations arbitraires, congés de maladies forcés, placardisations, humiliations, obligation de vendre n’importe quoi à n’importe quel prix à l’usager devenu client. Ces pratiques, hélas, ne concernent pas seulement France Télécom, La Poste connaît elle aussi son lot de suicides. Ne pas accepter, témoigner, s’organiser : il nous a semblé urgent de donner à voir cette réalité qui signe aussi la transformation de services publics en entreprises vouées exclusivement au profit, qui font mourir les hommes et les femmes, pour réfléchir ensemble

 

Avec le sang des autres,
Groupe Medvedkine de Sochaux, Bruno Muel
France, 1974, 52 min

Dernier film des groupes Medvedkine réalisé par Bruno Muel :
une descente aux enfers. Son direct et image simple, assourdissante image. C’est là l’essentiel de l’empire Peugeot, l’exploitation à outrance du travail humain. Dehors : magasins, supermarchés, bus, distractions, vacances, logement, la ville elle-même. Un horizon : Peugeot.

« Ce film est un des meilleurs documentaires sur le monde ouvrier de ces années-là. Mais il n’a pas l’esprit de Week-end à Sochaux. Ces films, je crois que je les aime autant l’un que l’autre. Le premier avec la bande de copains, c’est la découverte et l’autre, c’est l’aboutissement : quand tu es juste capable de gueuler sur les mauvaises conditions de travail et qu’intellectuellement tu t’en sors mal ».
Christian Corouge, ouvrier, protagoniste du film.

La mort du rat
Pascal Aubier
France, 1973, 4 min

Un ouvrier enchaîné à la cadence infernale de son travail finit par être complètement débordé et finit par bloquer l’horrible machine. Le contremaître lui aboie dans les oreilles qu’il sera puni. En rentrant chez lui, l’ouvrier ne dit bonsoir ni à sa femme ni à son fils.

 

Samedi 7 mai, 20h00
TULLE, cinéma Le Palace,

Rendez-vous des quais, Paul Carpita et Carte blanche au CNC :
Ces gens du nord, René Lucot. En présence de Béatrice de Pastre, directrice des collections des archives françaises du film.

Le Rendez-vous des quais
Paul Carpita
France, 1954, 75 min

Dans le Marseille des années cinquante, sur fond de guerre d’Indochine, l’histoire d’un jeune couple confronté aux difficultés économiques et à la crise sociale qui secoue le port. Sur les quais, on embarque des canons et des chars ; on décharge aussi les blessés et les cercueils venant d’Indochine. Des grèves éclatent, durement réprimées par la police. « Nous plantons notre caméra au cœur même de parmi les dockers en colère, racontait Paul Carpita. Caméra légère, souvent à l’épaule, décors naturels, comédiens non professionnels, dont certains jouent leur propre rôle. Scénario modifié au rythme de la vie réelle. Après plus d’un an de tournage dans des conditions très difficiles, notre film est enfin terminé. Nous décidons d’organiser, dans un cinéma des Quartiers-Nord, une séance spéciale réservée aux dockers et à leur famille et à tous ceux qui nous ont aidés à mener à bien cette extraordinaire entreprise. La fête tourne court. Des camions de CRS prennent position devant l’entrée du cinéma. Accompagnées d’un huissier de justice et d’un commissaire de police, les forces de l’ordre font irruption dans la salle archi-comble. Les bobines sont aussitôt saisies : Le Rendez-vous des quais vient, à Paris d’être totalement interdit par la censure. » Il le sera pendant plus de 35 ans…

Ces gens du nord
René Lucot
France, 1951, 17 min

Portrait d’une région marquée par la présence de l’industrie et du travail des hommes, pécheurs, mineurs, sidérurgistes.

Le film a été sélectionné au festival de Cannes, en 1952 et appartient aux collections des Archives françaises du film du CNC. Il sera présenté par Béatrice de Pastre, directrice des collections des Archives françaises du film.

 

Samedi 7 mai, 22h15
TULLE, cinéma Le Palace
En présence de Jean-Pierre Burdin, qui milite aujourd’hui auprès de différentes organisations et d’associations pour de nouvelles rencontres « arts-travails ».

Bread and roses
Ken Loach
Royaume-Uni, 2000, 112 min

Bread and roses décrit le combat de travailleurs latino fraîchement immigrés à Los Angeles, devenus gens de ménage dans une multinationale. Lorsque les grévistes sont arrêtés par la police américaine, ils déclinent leurs noms : Emiliano Zapata, Pancho Villa et s’amusent de l’ignorance de leurs gardiens. Souvent, dans les films de Ken Loach, les personnages qui incarnent le mieux l’esprit de révolte sont des femmes.

  

Il se passe quelque chose aux Nouvelles Galeries de Saint-Étienne
André Picon
France, 1970, 13 min

Un reportage sur la grève des employés du grand magasin Les Nouvelles Galeries en octobre 1970 à Saint-Etienne à travers des interviews, des articles de journaux et des photographies.

Dimanche 8 mai, 14h45
TULLE cinéma le Palace,
En présence de Daniel Ellezam, directeur de la collection Films en classe du CNDP, responsable de la prospection du dépôt légal des films à la Bibliothèque nationale de France.

We want sex equality
Nigel Cole
Royaume-Uni, 2010, 113 min

En 1968, 183 ouvrières des usines Ford de la banlieue de Londres bravent leur patron pour obtenir le même salaire que leurs collègues masculins. En arrêtant leur travail, elles stoppent l’ensemble de la chaîne de production de l’usine, s’attirent les foudres des ouvriers et… de quelques représentants syndicaux. Depuis les origines de l’histoire du mouvement ouvrier, la lutte des femmes pour l’égalité des droits est un long chemin souvent à recommencer. C’est ce que ce film, Prix du public au Festival du film britannique de Dinard en 2010, démontre avec brio et humour.

 


 

Dimanche 8 mai, 17h00
TULLE, cinéma Le Palace,
La classe ouvrière va au paradis
Elio Petri
Italie, 1971, 125 min

En parlant de son film, Elio Petri disait : Mon but est de semer non des certitudes mais le doute. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a très bien réussi ! Massa, ouvrier modèle, travaille à une telle cadence qu’il se fait détester par ses camarades. La machine s’emballe, il perd un doigt dans l’engrenage et met autant d’énergie à résister aux cadences imposées qu’il en avait mis à s’y conformer. Tourne a un rythme haletant, ce film met en scène tous les protagonistes impliques dans les luttes sociales de l’Italie d’après 1968 - les syndicalistes, les étudiants, les ingénieurs en blouses blanches - dans une entreprise automobile qui pourrait être la FIAT.

 

Dimanche 8 mai, 21h00
cinéma Le Palace, tulle
En présence de Philippe Corcuff, scénariste du film (sous réserve)

Nadia et les hippopotames
Dominique Cabrera
France, 1999, 100 min

Décembre 1995. La France entière est en grève contre le plan Juppé, pour la défense des retraites et de la Sécurité sociale. Une jeune femme, Nadia, vit du RMI et élève seule son fils Christopher depuis six mois. Un jour, elle croit reconnaître le père de l’enfant dans un reportage télévisé sur les cheminots grévistes, tourné à la gare d’Austerlitz. Elle décide de partir à sa recherche…

« Cela me plaisait d’avoir l’occasion de faire un film politique, d’employer des mots politiques à l’écran, explique Dominique Cabrera. […] Je voulais faire sentir comment la vie privée, la vie sentimentale, les baisers, les amours, sont traversés par des idées ; et puis, comment les idées aussi proviennent de l’histoire vivante, de ce qui s’est passé la nuit d’avant… Le film montre comment on cherche à inventer un « tous ensemble » où il soit possible de rester des sujets. »

 




Walter, retour en Résistance de Gilles Perret (2009-84’)
vendredi 13 mai - 20h30 - salle des fêtes - Aix

En mars 1944, le Conseil National de la Résistance regroupant toutes les organisations de la Résistance, allant des gaullistes aux communistes, adoptait dans la clandestinité un programme comportant deux parties :
Partie 1 : comment se libérer de l’occupant et du parti collaborateur de Vichy ?
Partie 2 : Quel programme politique appliquer après la libération ?
Ce dernier sera mis en œuvre dès 1945 et donnera naissance à la sécurité sociale, au système de retraite par répartition, à la nationalisation des secteurs vitaux de l’économie, à la liberté de la presse et à bien d’autres réformes encore.
Walter Bassan a fait partie de la Résistance dès l’âge de 17 ans à Annecy, et a été déporté à Dachau. Aujourd’hui âgé de 85 ans il continue son long combat : d’écoles en manifestations, de discours engagés en témoignages de la guerre… Un combat fait de petites batailles, contre toutes les formes de démagogies, d’injustices et d’oppressions. Walter agit en écoutant son cœur. « Je n’ai pas changé », comme il se plait à rappeler.
Partageant ces mêmes « raisons du cœur », Gilles Perret réalise ici un portrait vivant de cet homme calme et insurgé. Nous sommes invités à les suivre en passant du Plateau des Glières à Dachau, à faire des retours en arrière pour mieux comprendre l’Histoire, à partager leurs inquiétudes face à un monde où l’inégalité et l’injustice gagnent sans cesse du terrain, à poser les questions qui fâchent...
Sans prétention, et avec la même simplicité et constance que Walter, ce documentaire révèle l’actualité, l’importance, et la nécessité, d’une résistance au quotidien.
Le réalisateur
Réalisateur de documentaire pour la télévision puis pour le cinéma (Ma mondialisation, Walter, retour en résistance), Gilles Perret s’est fait une spécialité du « globcal », abordant des questions de politique ou d’économie générale à travers la description d’un territoire cher à son coeur : la Haute-Savoie. Collaborateur régulier du magazine documentaire de France 3 «Chroniques d’en haut», il filme depuis 1999 ses voisins de vallée abordant les questions économiques autant qu’écologiques pour mieux traiter de la réalité du monde politique et économique mondiale…


La terre des âmes errantes de Rithy Panh (1999-100’)
vendredi 20 mai - 20h30 - salle polyvalente - St-Jal

Les analystes prévoient que d’ici 10 ou 20 ans le centre de l’économie basculera en Asie et considèrent la crise actuelle comme une sorte de “maladie d’adolescence”. Les pays de l’Asie du Sud-Est rêvent de stabilité politique et d’une autoroute de l’information qui ouvrirait la région aux nouveaux marchés économiques. Après des décennies de guerres, l’Asie du Sud-Est s’apprête donc à entrer dans le nouveau millénaire avec Ie moyen de communication le plus moderne.
En 1999, les travaux de pose du premier câble de fibres optiques ont traversé le Cambodge. Cette “autoroute de l’information”, dont le but est l’intégration dans l’économie mondiale, doit rejoindre celle qui part d’Europe et, suivant la Route de la Soie, relier la Chine. Ces travaux impliquent le creusement d’une tranchée d’un mètre de profondeur de la frontière thaïlandaise à la frontière vietnamienne, pour y enfouir le câble à peine plus gros que le pouce. C’est là l’occasion pour de nombreux Cambodgiens (paysans pauvres, soldats démobilisés, familles sans ressources) de trouver du travail. La tranchée rencontre les mines et la présence obsédante des millions de morts dont les âmes « errent », harcelant les survivants, faute de sépultures. Tout au long de son creusement à la pioche, à la houe, à la main, elle met en scène l’angoisse de pouvoir continuer à travailler tout en subissant quotidiennement la violence économique.
Mais qui dispose et jouit de l’information circulant dans ce câble ? Qui aura le droit d’accès ? Y aura-t-il un échange culturel ou encore un transfert de technologie vers cette région du monde ?
Le réalisateur, Rithy Panh, avec son équipe cambodgienne, a suivi la progression du chantier, s’attachant à quelques personnages centraux qui symbolisent les difficultés et les contradictions que doit surmonter ce pays, dans la nécessité de survivre et la volonté de renouer avec une culture ancestrale laminée, elle aussi, par les années de guerre.
Le réalisateur
Rithy Panh échappe aux camps de la mort des Khmers Rouges alors qu’il n’a que 15 ans. Après avoir étudié en France à l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques (IDHEC) dans les années 80, il signe son premier documentaire, Site 2, centré sur les camps de réfugiés cambodgiens, en 1989. Rithy Panh n’aura dès lors de cesse de montrer la tragédie de son pays à travers des documentaires comme La Terre des âmes errantes (1999) ou des longs métrages de fictions tels Les Gens de la rizière et Un soir après la guerre (1998).
En 2003 il réalise S21, la machine khmère rouge, dans lequel il filme la rencontre entre les victimes et les bourreaux du génocide cambodgien. Les Artistes du théâtre brûlé, en 2005, évoque l’idée que l’artiste n’a plus sa place ni la parole dans la société cambodgienne contemporaine. Après avoir filmé le quotidien tragique de prostituées dans le documentaire Le Papier ne peut pas envelopper la braise, il dirige Isabelle Huppert et Gaspard Ulliel en 2009 dans le drame Un barrage contre le Pacifique, adapté du roman de Marguerite Duras.


L’an prochain la Révolution de Frédéric Goldbronn (2010-71’)
vendredi 27 mai - 20h30 - Médiathèque intercommunale - Tulle
En présence de Frédéric Goldbronn et Maurice Rajsfus

«L’An prochain la révolution», c’est le cri d’espérance des prolétaires du Yiddishland de la première moitié du XXe siècle, un rêve qui s’achève dans le cauchemar des camps d’extermination. L’histoire de Maurice Rajsfus s’inscrit au cœur de cette tragédie. Venus en France pour y trouver refuge, ses parents seront arrêtés le 16 juillet 1942 par la police française et conduits à Drancy avant d’être assassinés à Auschwitz. Comment se construire sur ce néant ? Pour Maurice, la réponse fut l’écriture et l’engagement politique, la fidélité aux idéaux de ses parents.
Comme en écho, l’histoire de Maurice interroge celle du réalisateur. Ils ont les mêmes origines et, avec l’écart d’une génération, ils ont habité les mêmes lieux et partagé les mêmes engagements. Mais à la différence de Maurice, le réalisateur ne sait rien ou presque de sa propre histoire familiale, qui ne lui a pas été transmise.
Maurice Rajsfus a été « Jeune communiste » à 16 ans, exclu à 18 pour « hitléro-trotskisme », militant de la IVe Internationale avant 1950, puis du groupe Socialisme ou Barbarie avec Lefort et Castoriadis, mobilisant le mouvement des Auberges de jeunesse contre la guerre d’Algérie dès 1955 et président de Ras l’Front de 1991 à 1999.
En avril 1993, le jeune Makomé M’Bowolé est tué d’« une balle dans la tête à bout touchant alors qu’il était interrogé, menotté, au commissariat des Grandes Carrières ». Un an après Maurice Rajsfus cofonde l’Observatoire des libertés publiques, qui relève dans son bulletin mensuel Que fait la police ? ce qui constitue des bavures policières.
Bibliographie sélective : Palestine, chronique des événements courants, 1988/1989 (1990), La police de Vichy, Les forces de l’ordre françaises au service de la Gestapo 1940-1944 (1995), La police hors la loi, Des milliers de bavures sans ordonnances depuis 1968 (1996), Mai 68. Sous les pavés, la répression (1998), L’intelligence du barbare (2010)…
Frédéric Goldbronn a réalisé Diego en 2001, documentaire pour lequel Diego Camacho, l’un des derniers témoins de la guerre civile espagnole, revient sur ces évènements à travers une sélection de photos. En 2002 c’est à la Maternité d’Elne qu’il s’intéresse, une maternité pour les enfants victimes de la guerre, qui leur permettra de survivre loin des camps.




atelier theâtre
présentation du travail de l’atelier accompagné
par le Bottom Théâtre
lundi 30 mai - 18h30 - école Turgot - Tulle

rendez-vous dans la cour des locaux associatifs, auberge espagnole prévue après la représentation.
L’atelier théâtre se définit cette année comme un laboratoire, un espace permettant aux amateurs et apprentis de se confronter à de grands et beaux textes classiques ou contemporains, français ou étrangers.
Chacun s’est vu proposer une scène, un extrait, un monologue et à pu faire ses tentatives, découvrir une écriture, une façon d’aborder l’art du théâtre .
Pour le Bottom, c’est l’occasion de transmettre et de faire partager une démarche artistique.
Shakespeare, Siméon, Anouilh, Tchekhov, Wajdi Mouawad, E. Darley, M. A. Pereira, Koltes, Minyana sont les premiers invités de cette restitution. D’autres suivront...
Avec Pierre Daniel, Grégoire Durif, laure Nonique Desvergnes, Claudine Leguen, Gaetan Murat, Olivia Huddelston Boatman, Sophie Prodel, Romane Ponty Bésanger, David Terrier , Sylvestre Nonique Desvergnes,Clement Pichot.




et aussi
«Connaissance de la Résistance»
samedi 21 - de 9h30 à 17h - salle du conseil municipal - Lagraulière
Journée d’étude départementale ANACR-Corrèze.

L’Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance (ANACR) organise depuis 4 ans, des journées d’études destinées à approfondir les connaissances historiques de ses Amis sur les différents aspects de la Résistance, au plan national comme au plan local, les textes fondateurs du Conseil National de la Résistance (CNR) et du Général de Gaulle.
En 2010 à Neuvic, cette journée a été consacrée à la Résistance en Haute-Corrèze et aux acquis du programme du CNR, grignotés aujourd’hui par des lois et des pratiques remettant en cause la démocratie, la solidarité, la paix sociale, la paix tout court, si chèrement acquises par les Résistants.
En 2011, face au négationnisme , marqué dans notre région ces dernières années par des procès retentissants aux verdicts bien décevants pour des vices de forme, nous souhaitons rappeler à nos Amis et aux personnes qui auraient pu être troublées ou avoir des doutes, la vérité historique sur les deux plus importants crimes de guerre commis en France par les SS de la Division Das Reich à Tulle le 9 juin 1944 et à Oradour sur Glane le 10 juin.
Pour cela , nous avons fait appel à :
- Richard Jezierski, Directeur du Centre de la Mémoire d’Oradour (CMO),
- Pascal Plas, historien du CMO , correspondant, à l’université de Limoges de l’Institut d’Histoire du Temps Présent (IHTP).
Tous deux interviendront en matinée.
Et l’après-midi, à :
- Bruno Kartheuser pour ses travaux (salués par des historiens nationaux) sur le drame de Tulle,
- Peuple et Culture Corrèze pour le film de Jean Pradinas « La mémoire des vivants »,
- Jacques Varin, Secrétaire Général national de l’ANACR, pour évoquer une revendication de l’ANACR sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre.

PEC assurera l’enregistrement des interventions afin de les conserver en archives et de pouvoir ensuite les diffuser largement, en particulier chez les scolaires, pour faire échec aux négationnistes et autres falsificateurs de l’Histoire.

Un repas rapide est prévu à midi au restaurant de l’Union, pour les participants, au prix de 13 Euros. Pour s’y inscrire, envoyer un chèque (nombre de personnes x 13 E) à l’ordre de : « ANACR - Saint-Mexant, Comité intercommunal » , adressé à Sylvie Maugein-Goudour, Chaumeil , 19700, Saint-Clément, pour le 14 mai au plus tard. Tél. 06 32 08 32 60, possibilité de laisser un message.


Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch
de Anne Linsel, Rainer Hoffmann (2010-89’)
vendredi 13 - 18h - théâtre des 7 Collines - Tulle

En 2008, Pina Bausch, quelques mois avant sa mort, décide de reprendre son fameux spectacle Kontakthof, non plus avec sa troupe, mais avec des adolescents de 14 à 18 ans qui ne sont jamais montés sur scène et n’ont jamais dansé.
Pendant presque un an, quarante adolescents issus de plusieurs écoles de Wuppertal travaillent sur la pièce de Pina Bausch sous la direction de deux danseuses - Jo Ann Endicott et Bénédicte Billiet - avec les précieux conseils de la chorégraphe qui assistait régulièrement aux répétitions. Anne Linsel et Rainer Hoffmann ont accompagné les répétitions des jeunes danseurs jusqu’à la première en novembre 2008. Bien plus qu’un aperçu de leur travail de répétition, leur film suit l’évolution des jeunes danseurs, de leurs premières tentatives maladroites et hésitantes jusqu’à l’aboutissement d’une chorégraphie parfaite.

 


 

rendez-vous d'avril 2011

Rien à perdre de Jean-Henri Meunier (2009-78’)
mardi 5 - 20h30 - salle Latreille - Tulle
En présence de Fakir, protagoniste du film

« Ce film est d’abord né d’une rencontre forte et fortuite, dans une rue toulousaine, avec un homme errant « aux semelles de vent », un vagabond gouailleur et lumineux : Phil le Fakir, clown et SDF de son état, lancé alors dans une grève de la faim contre le harcèlement de la Police Municipale et pour le combat quotidien des Enfants de don Quichotte Toulousains.
C’était le jour de son anniversaire, il était joyeux et criait qu’il était né le même jour que la mort d’Edith Piaf, dans le même hôpital…
Je savais désormais que ce film serait le portrait d’obscurs flamboyants, d’errants majestueux, de perdants généreux, de déclassés à la classe humaine sans pareille, de figures de l’ombre mises en lumière… Ce film raconte leur vie des hauts et bas, leur combat pour avoir un toit... » Jean Henri Meunier
Le réalisateur
Photographe, Jean-Henri Meunier réalise son premier film en 1975 (L’Adieu Nu) grâce à l’amitié d’Henri Langlois, fondateur de la Cinémathèque Française.
En 1976, il enchaîne avec Aurais dû faire gaffe le choc est terrible. La Bande du Rex avec Jacques Higelin sort en 1980. Ensuite, il produit Pochette surprise, le 1er album de Charlélie Couture sur Island Records.
A la fin des années 80, la rencontre avec l’outil vidéo et avec Maurice Cullaz, ami de toute la planète jazz, lui permet de concilier ses deux passions : le cinéma et la musique, en réalisant des documentaires musicaux : Smoothie, pour et avec Maurice Cullaz, tourné de 1988 à 1992, Tout partout partager avec Ray Lema, L. Subramaniam, un violon au coeur.
Son long métrage documentaire, La Vie comme elle va est sorti en salles en mars 2004 et s’est vu décerner le Grand Prix Scam du meilleur documentaire de création de l’année 2004.
Ici Najac, A vous la terre a été sélectionné en Séance Spéciale, Hors-Compétition au Festival de Cannes 2006.

 

 


Bernard, ni dieu ni chaussettes de Pascal Boucher (2010-84’)
vendredi 8 - 20h30 - salle des fêtes - Chenailler Mascheix

Sur les bords de Loire, Bernard Gainier continue bon gré mal gré à cultiver sa vigne et à partager son vin entre amis au « Bureau », sa cave. À 73 ans, il a toujours vécu seul et reste fidèle à un mode de vie rural qu’il a toujours connu. Bernard est un gardien de la mémoire. Celle du poète local Gaston Couté, héritier de François Villon, qui connut son heure de gloire dans le Montmartre de la Belle Époque. Les deux hommes, qu’un siècle sépare, ont en commun des idées libertaires et la volonté de témoigner de la condition paysanne des plus humbles. Depuis 25 ans, Bernard écume les salles des fêtes de la région pour faire entendre les textes du poète écrits dans sa « langue maternelle », le patois beauceron. En 2009, il a enregistré son premier CD en solo, une consécration qui le laisse de marbre… « J’chu d’abord un pésan ».
Gaston Couté et Bernard Gainier
En 2011, cela fera un siècle que Gaston Couté a retrouvé sa terre natale des bords de Loire. Emporté par la Fée verte (l’absinthe) et la tuberculose, il n’avait pas 31 ans. Étoile filante dans la nuit montmartroise, son succès dans les cabarets aura duré quelques années. Son personnage de poète-paysan qui dit des monologues en patois a trouvé un écho favorable auprès du public des cabarets artistiques. Mais à partir de 1905 le vent tourne. La France amorce un net tournant idéologique vers des valeurs conservatrices et militaristes. Les portes des cabarets se ferment. Pas question pour lui de renoncer à afficher ses opinions pacifistes et ses idées révolutionnaires. Comme Villon et plus tard Brassens, il perpétuera la tradition médiévale de la chanson de gueux. Ce gueux mendiant, truand ou artiste, pour qui la pauvreté a les traits de l’injustice mais où le fatalisme fait place à la révolte… ou ce gueux vagabond, cheminant au hasard de la vie, libre et jouisseur des plaisirs simples et naturels. Gaston a grandi au Moulin de Clan où son père était meunier. Bernard est un voisin. Il a toujours vécu dans la ferme familiale à deux cents mètres du moulin. Couté, il l’a toujours entendu, il l’a toujours dit. Puis un jour on lui a demandé de dire en public « Le Christ en boué », « Le Gâs qu’à pardu l’esprit »... C’était il y a 25 ans.
Bernard est une vedette à sa manière, l’oeuvre et la gloire posthume de Couté lui ont permis d’affirmer sa singularité, de jouer les provocateurs mais toujours avec humour et sans se prendre au sérieux. L’essentiel est de faire entendre cette poésie qui nous parle d’un temps où la vie était plus rude mais où les lendemains chantaient encore…
Le réalisateur
Cameraman, réalisateur et co-fondateur de la coopérative audiovisuelle « Les Mutins de Pangée », Pascal Boucher a longtemps réalisé des reportages scientifiques pour la télévision et la Cité des sciences. Docu-voyageur il collabore pour Handicap International en Inde et au Népal. Il sillone la cordillère des Andes où il tourne un documentaire sur les batailles rituelles chez les Indiens Kanas du Pérou, s’interrogeant sur le monde paysan des hauts plateaux : comment résister à une mondialisation synonyme d’uniformisation, de perte des singularités, des identités ? Il participe également à l’aventure des média libres sur Zaléa TV et coréalise le documentaire Désentubages cathodiques. Il est formateur audiovisuel pour le CIFAP (Formation des professionnels de l’audiovisuel, du cinéma, de la musique, du spectacle vivant, du web & de la communication).


Au nom du père, de tous, du ciel
de Marie-Violaine Brincard (2010-52’)
jeudi 14 - 20h30 - salle Latreille - Tulle
avec les Rencontres africaines
D’avril à juillet 1994 au Rwanda, quelques Hutus résistent à la terreur génocidaire et décident d’accueillir et de sauver des Tutsis. Quinze ans plus tard, malgré des tentatives symboliques de reconnaissance, ils peinent à trouver leur place dans la société rwandaise. Aussi est-il plus que jamais nécessaire de rappeler que, face au danger, des êtres savent prendre le risque du sacrifice, par fidélité à leurs valeurs.
Joseph, Joséphine, Léonard, Augustin et Marguerite racontent comment, au péril de leur vie, ils ont caché des tutsi et les ont aidés à s’enfuir. Si le titre évoque les raisons données (éducation, intérêt général, foi) c’est pour mieux rappeler combien il leur était naturel d’aller  à l’encontre de la folie collective. Leurs paroles résonnent dans les lieux où ils ont résisté, des collines de Nyanza aux rives du lac Kivu, et rendent ainsi sensible l’humanité dont ils ont fait preuve.
« J’ai commencé par passer beaucoup de temps avec les gens que j’ai rencontrés et dans les lieux où je les ai filmés ; c’était indispensable pour questionner leur présent à l’aune de ce qu’ils avaient vécu ; je voulais tenter de comprendre qui ils étaient, comment et où ils vivaient. C’est avant tout un film de parole, d’une parole jusqu’à présent inexistante. […] Leurs voix se prolongent parfois dans les lieux qui les entourent, leurs souvenirs intègrent ainsi la mémoire du Rwanda. » Marie-Violaine Brincard


Collection en mouvement
Paysages
Martine ABALLEA, Anne Bregeaut, Mamadou Cissé, Florent CONTIN – Roux, François Daireaux, Jeremy Laffon, Edouard LEVE…
œuvres des collections de l’Artothèque du Limousin - Faclim

le vendredi 15 avril  2011 à 18 h à l’Ancienne Halle
place Delmas à Argentat, Corrèze
ouvert du mardi au dimanche de 10h à 12h et de 15h à 18h

exposition du 16 au  avril 8 mai 2011


exposition réalisée par l’artothèque du Limousin - facLim et Peuple et Culture, relais artothèque pour la Corrèze
Opération réalisée par l’Artothèque du Limousin – Faclim, en partenariat avec la Communes d’Argentat
Avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication/DRAC Limousin. L’Artothèque du Limousin – faclim est financée par la Région Limousin

 

 


 

Et aussi
L’Europe et Tchernobyl de Dominique Gros
(France-2006-59’)
diffusion mardi 26 avril à partir de 20h40 sur ARTE

En avril 1986, le réacteur détruit brûle pendant plus de dix jours. Après être montés à près de 2 000 mètres d’altitude, les gaz radioactifs forment trois nuages qui, poussés par les vents, se dirigent vers la Scandinavie, l’Europe centrale et les Balkans. Même si 70 % des retombées radioactives ont touché la Biélorussie, au nord de Tchernobyl, d’autres régions d’Europe, en Norvège, en Grèce, en Autriche et en France, ont été durablement contaminées.
Des images de synthèse reconstituent l’explosion et la propagation de la radioactivité vers le nord et l’ouest dans les jours qui suivirent l’explosion. Construit comme un voyage transeuropéen sur les traces de ce triple nuage, le film recueille des points de vue parfois divergents quant à ses conséquences. Avec la participation d’associations et d’experts de l’Union européenne, mais aussi de simples citoyens, ce voyage nous conduit aussi dans une zone interdite en Biélorussie, tout près de la centrale (qui se situe, elle, en Ukraine).
Le film montre que la situation n’est pas stabilisée. Environnement, santé et chaîne alimentaire sont affectés pour encore très longtemps et la contamination continue son chemin. En Norvège, par exemple, les populations sami présentent la même concentration de césium radioactif que les voisins immédiats de la centrale. Ils ont été vraisemblablement contaminés par leurs rennes, qui ont eux-mêmes absorbé les radiations contenues dans le lichen. En outre, d’autres facteurs, par exemple un incendie qui ravage les forêts entourant Tchernobyl, pourraient contribuer à lancer dans l’atmosphère un nouveau nuage radioactif.
Recueillis notamment dans les pays les plus contaminés – la Biélorussie, la Norvège et la Grèce –, des témoignages et des analyses scientifiques parfois contradictoires sur les retombées du nuage radioactif rouvrent un débat occulté.

Questions posées à Dominique Gros, auteure réalisatrice de L’ Europe et Tchernobyl
Pourquoi avoir choisi d’apporter une dimension européenne à la Catastrophe de Tchernobyl ?
Lorsque Arte en la personne d’Alex Szalat a su que je m’intéressais à l’après Tchernobyl, je lui ai montré lors de notre premier rendez vous la carte d’Europe réalisée par les différents pays, relevant le taux de césium 137 dix ans après la catastrophe. Cela lui est apparu évident qu’il fallait élargir la question, car comme vous le savez le nuage a beaucoup voyagé…

Etes-vous allée à Tchernobyl même ?
Je suis allée dans différents territoires contaminés en Biélorussie et dans la zone interdite, en Biélorussie, dans un rayon de 20 km, mais non dans la centrale qui se trouve en Ukraine . La population nous a rappelé que les directives au moment de lacatastrophe étaient d’évacuer à plus de 60 km mais tout s’est arrêté à 30 km au maximum. L’Union Soviétique s’est démembrée, trois ans après le drame. De fait, l’ingestion de produits contaminés est courante dans tout le pays car la réglementation semble avoir été levée et le principe de dilution avec des produits sains est la seule manière de faire baisser les risques et de reprendre les ventes et les exportations.

Votre film date de 2006, en 2011, que pouvez faire comme constat ?
Il semble qu’en France particulièrement, on soit incapable d’aborder sereinement la question du nucléaire. Peut être que le nucléaire est entaché d’un péché originel qui est celui de la défense militaire ? Je regrette que l’Europe et les associations n’aient pas pu exiger une véritable séparation entre l’OMS et l’AIEA. Il y a conflit d’intérêts et toutes recherches médicales indépendantes sur le terrain sont l’objet de mépris quand ce n’est pas de censure. Enfin, nombreux sont ceux qui veulent comparer un accident nucléaire à un accident chimique. C’est totalement absurde. Il s’agit dans un cas d’un accident meurtrier certes mais qui n’entache pas le futur de la vie sur terre. Les égyptiens nous ont donné des Pyramides sublimes, de quoi méditer sur le beauté de la vie, de la mort et d’une possible éternité. Nous ne serions donc capables que d’offrir nos poubelles radioactives à nos descendants ? Car chaque centrale nucléaire est une poubelle en devenir et ce en quelques décennies. Soyons sérieux. Je suis d’ailleurs personnellement encore plus inquiète de la prolifération du nucléaire civil que du nucléaire militaire.

le 26 avril prochain, à l’occasion du 25e anniversaire de l’accident de Tchernobyl, ARTE propose une programmation spéciale à partir de 20h40
THEMA : Tchernobyl, l’histoire sans fin
Deux documentaires pour interroger la mémoire de Tchernobyl et questionner son avenir :
Tchernobyl forever, un documentaire d’Alain de Halleux (2011 - 56mn), l’aborde par le prisme de la jeunesse en Ukraine, qui se dénomme elle-même « génération Tchernobyl »
et L’Europe et Tchernobyl, de Dominique Gros (2006 - 59mn),


 

 

 

 

PEC Corrèze a 60 ans
jeudi 17 mars- 19h - salle Marie Laurent - Tulle
19h : moment de chanson avec l’atelier chant traditionnel
19h30 : casse-croûte sur le mode auberge espagnole (chacun amène à manger ou à boire)
20h30 : projection du film peuple et culture : Indépendant mais pas neutre (2011- 92’)

Réalisé a partir d’une série d’entretiens de Manée Teyssandier avec Roger Eymard, fondateur de Peuple et Culture, ce film retrace les trente premières années du mouvement corrézien et le replace dans le contexte historique de l’époque.

Il y aura exactement 60 ans ce mois-ci, le 17 mars 1951, quelques jeunes gens, Roger Eymard, Odette Eymard, Jean Tamain (dit ‘‘le Bison’’), Claude Séguy (dite ‘‘Reine’’), Paul Gasnet, Francis Bretagnolle, Louis Tournarie, fondent l’association Peuple et Culture Corrèze, tout juste 6 ans à peine après la naissance du mouvement national pendant la Résistance dans les maquis du Vercors. Ils deviendront avec d’autres et pour longtemps des ‘‘colporteurs d’utopies’’, ouvrant maints chemins et organisant aussitôt en lien avec les fondateurs de Peuple et Culture - notamment Bénigno Cacérès et Joffre Dumazedier - cinés club, veillées-lecture, récitals de poésie, voyages d’études, accueil des grandes troupes de la décentralisation théâtrale, séjours au festival d’Avignon…
Avec ce 60ème anniversaire, il ne s’agit pas pour nous aujourd’hui de célébrer le passé en cultivant une quelconque nostalgie mais de chercher les fils qui font sens entre passé et présent, qui continuent, dans une grande fidélité, à nourrir notre pensée, notre sensibilité et donnent la capacité de vivre sans subir, avec lucidité, conscience et espoir. Et avec un désir renouvelé comme l’écrit François Maspero, empruntant cette phrase à Miguel Benasayag « plutôt que de regarder, de dire ça me regarde ».
D’autres initiatives suivront tout au long de l’année 2011. Pendant la Décade Cinéma et Société, Ouvriers, ouvrières la classe ! deux films cultes de Peuple et Culture au temps de ses cinés clubs dans la campagne et les usines de Corrèze seront projetés : Le sel de la terre de Herbert Biberman (en mars) et Les raisins de la colère de John Ford (en mai). Des droits de questions, lectures, projections seront également organisées...
Manée Teyssandier



cinéma documentaire
Le cran de l’abattu (2003, 113’)
Captation vidéo du spectacle théâtral et musical de Pierre-Etienne Heymann
lundi 7 mars - 20h30 - salle Marie Laurent - Tulle, en présence de P.E.Heymann

Le cran de l’abattu est la chronique de la mort annoncée de la Manufacture d’armes de Tulle. L’auteur et metteur en scène a collecté la parole vivante des anciens de la Manu, les nez noirs, sur plusieurs générations. La pièce se présente comme une visite dans un musée patrimonial, dédié à l’Homo manufacturus, enfermé dans sa cage en tant que dernier exemplaire d’une culture d’atelier pluriséculaire. À travers des anecdotes, Pierre-Etienne Heyman fait revivre la vie de la Manu, sur fond de fraternité ouvrière et de luttes contre la mondialisation.
« L’histoire de la Manufacture d’Armes de Tulle raconte le passage de la société rurale vers une société industrielle idéalisée par les utopies du XIXème siècle. Aujourd’hui, la société paysanne est en voie de disparition et la société industrielle en train d’échapper à sa vocation nourricière et productrice de biens, au profit de jeux financiers d’une efficacité et d’une cruauté inégalées.
Dans Le cran de l’abattu, des voix d’anciens de la Manu racontent avec colère ou dépit, avec lucidité, l’indignation qu’a provoquée chez eux l’exclusion de leur usine. Ils racontent leur trajectoire, leur existence d’hommes solidaires, transmettant et initiant un savoir-faire, une connaissance technologique, d’un haut niveau. Ce monde du travail était soudé par cette culture d’atelier, par le sentiment d’une nécessaire défense de leur statut social, il était pour eux, pour de nombreux hommes, porteur d’une espérance utopique. » Cueco
« Ici on l’appelle encore avec tendresse ‘‘la Manu’’. Une histoire humaine qui, pendant des siècles, a lié dans le même destin tour à tour favorable et défavorable, une ville, une industrie, une communauté. Mais ce pourrait être ailleurs... Métaleurope-Nord à Noyelles Godault dans le Pas de Calais, Matra Automobile à Romorantin dans le Loir et Cher, Moulinex à Alençon, Epéda à Mer dans le Loir et Cher aussi, Péchiney à Auzat dans l’Ariège, Philips au Mans, Bata à Moussey en Moselle. Quelques exemples récents d’entreprises à rayer de la carte parmi beaucoup d’autres. Et rayés en même temps des histoires, des centaines d’hommes et de femmes devenus soudain inutiles, des bâtiments ; au mépris de l’histoire, de savoir-faire, d’identités, du patrimoine industriel... »
Manée Teyssandier



Biquefarre de Georges Rouquier (1983, 90’)
vendredi 25 mars- 20h30 - Salle polyvalente - Sérilhac, avec le foyer culturel

En 1946, Georges Rouquier réalise Farrebique, un film sur la vie quotidienne d’une famille de paysans de Goutrense (Aveyron), qui se déroule au rythme des 4 saisons. En 1983, il arrive à convaincre les personnages qui ont joué leur propre rôle dans Farrebique (amis et cousins du réalisateur) d’interpréter une nouvelle fois une histoire très proche de la leur.
Georges Rouquier nous conduit sur les mêmes lieux 38 ans après. Le monde rural, à grands renforts d’investissement coûteux, a connu de véritables transformations. Acquérir encore et toujours plus de terre est devenu primordial pour rentabiliser les efforts financiers consentis. Justement, Raoul, le propriétaire de Biquefarre, souhaite vendre ses 10 hectars de terre, terrain trop petit pour être viable. Ceux de Farrebique décident alors de se porter acquéreurs… Biquefarre est un film où des personnes réelles, des ‘‘non acteurs’’, expriment leur vie à travers une fiction.
Le réalisateur. Georges Rouquier apprend les métiers de typographe et de linotypiste et trouve son premier emploi dans une imprimerie parisienne en 1925. Il fréquente assidûment les salles obscures et apprécie particulièrement les films de Robert Flaherty. Il s’achète une caméra et commence à filmer au hasard de ses promenades. Il tourne à l’âge de vingt ans son premier court-métrage, Vendanges (1929), aujourd’hui perdu. Son deuxième court-métrage Le Tonnelier (1942) rencontre un certain succès et trace une voie personnelle, où Rouquier exalte des gestes du travail et, au-delà, les traditions et la culture des hommes. C’est Farrebique qui impose le talent hors norme du cinéaste. Ce documentariste aux accents lyriques et poétiques réalise des films de commande, tels que Le Sel de la terre (1950) sur la Camargue ou le portrait d’Arthur Honegger (1954). Lourdes et ses miracles (1954) est une étonnante enquête sur la foi et les marchands du temple. Il réalise aussi des films de fiction : Sang et lumière (1953) et S.O.S. Noronha (1956). Georges Rouquier travaille un temps pour l’Office du film canadien. Acteur, il joue notamment dans Z (1968) de Costa-Gavras et dans L’Amour nu (1981) de Yannick Bellon.
Anne-Marie Laval, membre du foyer culturel de Sérilhac : « Dans les années 60 à Sérilhac, avec l’aide de Peuple et Culture, il y a eu veillées, voyages, cinés clubs, etc. C’était hier... Biquefarre sera-t-il un re-départ? A voir...»



Birlyant, une histoire tchétchène de Helen Doyle (2007, 80’)
jeudi 31 mars - 20h30 - Salle Latreille - Tulle - en présence de Nicole Fernandez Ferrer, déléguée générale du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir

« L’artiste tchétchène Birlyant Ramzaeva voit sa vie éclater au moment de la guerre dans son pays. Entourée de ses filles Aset et Tamara, son chant et sa musique sont ses seules armes pour défendre sa culture. Au coeur du drame : la disparition de son mari, le poète et dramaturge Makkal Sabdullaev. Après avoir créé l’agence de presse électronique Chechen Press, Makkal est enlevé par les forces russes le 24 juillet 2000. On ne l’a jamais revu... L’histoire intime et particulière de Birlyant invite à un regard différent sur le conflit tchétchène, les conséquences de la guerre et le destin tragique d’un peuple. Cette femme unique est un peu l’emblème de toutes les femmes qui font face à la guerre et c’est dans cette intimité que j’ai voulu montrer son combat pour son peuple et sa culture » Helen Doyle
La réalisatrice. Scénariste et réalisatrice québécoise, Helen Doyle a participé à la fondation de Vidéo Femmes. Elle signe depuis trois décennies des documentaires sociaux et artistiques. Souvent, elle explore de nouvelles voies de réalisation en mélangeant les genres. Ces dernières années, Helen Doyle a travaillé sur des sujets qui l’ont conduite à Sarajevo et aux frontières de la Tchétchénie. Elle a produit et réalisé Soupirs d’âme, documentaire sur l’abandon et l’adoption des enfants, mais aussi sur la quête d’identité et la réconciliation. Avec la bourse de carrière en cinéma du CALQ (Conseil des Arts et des Lettres du Québec), Helen Doyle poursuivra son travail d’exploration sur l’exil et sur les façons de montrer les lieux de conflits par ceux qu’on appelle les rapporteurs d’images.



lecture
Lecture de textes de Franz Fanon par Marie-Pierre Bésanger et Philippe Ponty du Bottom Théâtre
vendredi 11 mars - 18h30 - médiathèque intercommunale - Tulle

Surtout connu pour son engagement révolutionnaire, on oublie souvent que Frantz Fanon était avant tout psychiatre. En 1953, après des études à Lyon, il se rend à Blida, en Algérie, où il est nommé médecin-chef à l’hôpital psychiatrique. Il y introduit des méthodes de psychothérapie institutionnelle, qu’il avait découvert auprès de François Tosquelles à l’hôpital de Saint Alban, et qu’il adapte à la culture des patients musulmans algériens. Tout son travail est porté par les conséquences psychologiques de la colonisation, à la fois sur le colonisé et sur le colon, idée qui remonte à son engagement en tant que jeune Martiniquais dans les FFL pendant la Seconde Guerre Mondiale où il a pu expérimenter la discrimination ethnique. De son expérience de noir minoritaire au sein de la société française, il rédige Peau noire, masques blancs en 1952.
Dès 1954, il s’engage au côté de la résistance algérienne en cachant des combattants à l’hôpital de Blida. Il se voit contraint de donner sa démission en 1956 et s’engage pleinement aux côtés du FLN. Il est nommé ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République algérienne au Ghana. Pendant cette période il rédige L’An V de la révolution algérienne, qui décrit de l’intérieur les profondes mutations d’une société algérienne en lutte pour sa liberté. Se sachant atteint d’une leucémie, il se retire à Washington pour écrire son dernier ouvrage Les Damnés de la Terre (1961), dans l’urgence, avant la mort.
Les écrits de Fanon restent d’une grande actualité, aussi bien ceux qui ont fondé sa pensée anticolonialiste et révolutionnaire que ceux qui sont liés à ses pratiques alternatives de psychiatrie appuyée sur le courant de la psychotérapie institutionnelle. Cette lecture à haute voix nous donnera certainement le désir de découvrir ou redécouvrir ses ouvrages.



décade Cinéma et Société
du 15 au 20 mars, à Uzerche, Argentat et dans le pays de Tulle

L’idée de cette décade 2011 : montrer des films qui témoignent de l’esprit de solidarité et de résistance, de la combativité pour la conquête des droits et de la dignité. De la France aux États-Unis, en passant par le mouvement des coopératives argentines, Autour du Premier mai et Peuple et Culture entendent bien réaffirmer qu’être ouvrier c’est bien la classe !
Suite à cette première escale à la campagne, la Décade se poursuivra du 4 au 8 mai à la médiathèque intercommunale et au cinéma le Palace à Tulle.

mardi 15 - 20h30 - Cinéma Louis Jouvet - Uzerche avec Musicas Dreibidas
Le Sel de la terre de Herbert Biberman (1953, 95’) et 2084 de Chris Marker (1984, 10’)
vendredi 18 - 20h30 - Salle des fêtes - St Jal avec l’Amicale laïque
Mémoires d’immigrés de Yamina Benguigui (1997, 52’) et Les 88, l’art de la grève de Sophie Paviot (2010, 55’)
samedi 19 - 15h - chez Bernard Mullet - Naves
Il était une fois le salariat de Anne Kunvari (2006, 2x52’)
20h30 - au Battements d’ailes - Cornil
L’usine un jour de plus, un jour de moins de Eric Pittard (1998, 85’) et Sortie d’usine d’Auguste et Louis Lumière (1895, 3x5’)
dimanche 20 - 16h - Librairie L’aire libre - Argentat
De la belle ouvrage de Maurice Failevic (1969, 79’) et Le temps des cafés de Grégory Mouret, Marilou Terrien et Yaël Epstein (2010, 26’)

Décade cinéma 2011



scène ouverte
jeudi 17 - 19h - Théâtre des 7 collines - Tulle

Le principe : des artistes, des chanteurs, des poètes, des humoristes ou des rêveurs viennent s’essayer à la scène le temps de quelques morceaux. Un maître de soirée les accueille et vous les présente. Ces scènes sont ouvertes à tous et tous les genres sont représentés. Du punk à la chorale, du conte à la danse en passant par des lectures…, toutes les expressions sont les bienvenues.
Comment participer ?
(pour le prochain rendez-vous le mardi 31 mai à Naves)

• Préparer un set d’un quart d’heure maximum (quelque soit la discipline) et qui puisse être présenté avec des conditions techniques réduites (amplifié mais pas sonorisé, pas de plan de feux.)
• Suite à votre appel, votre participation sera confirmée après notre réunion de préparation.
• Après chaque scène ouverte les participants se retrouvent autour d’un casse-croûte offert.
Pour s’inscrire, contacter Sylvain au 05 55 26 09 50
Organisée par les 7 Collines, Des Lendemains Qui Chantent, la FAL, Peuple et Culture et le CRMT



FEVRIER 2011


L’eau, la terre et le paysan de Christian Rouaud
(2006-52’)
mardi 1er février 2011- 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche

À travers deux générations de paysans sur une ferme des Côtes d’Armor, le film aborde l’épineuse question de la pollution des eaux bretonnes par les excès de l’agriculture industrielle.
étienne, le père, a connu le travail à l’ancienne, les chevaux, le fauchage à la main. Lorsque la modernisation a apporté ses machines et ses produits, en même temps que le confort ménager, il s’y est lancé à corps perdu. Encouragé par les techniciens agricoles, il déversait les engrais, les pesticides et le lisier à grande échelle, sans se poser de questions. Les rendements étaient impressionnants.
Lorsque le fils, Joseph est revenu de l’école d’agriculture, c’est avec un réel plaisir qu’il a continué ce jeu avec la nature, qu’on croyait enfin avoir vaincue. Jusqu’à ce qu’il s’aperçoive que son voisin, le producteur de moules, se voyait régulièrement interdire la commercialisation de sa pêche.
En suivant le récit de la prise de conscience de Joseph et de sa difficile conversion, le film envisage l’hypothèse d’une autre agriculture, qui trouverait, enfin, un équilibre avec la nature.

Le réalisateur. Né en 1948 à Paris, Christian Rouaud a d’abord été professeur de Lettres, puis responsable de formation audiovisuelle dans l’éducation Nationale. Durant cette période, il a réalisé des films pour le système éducatif et participé à différents projets sociaux et culturels, notamment un circuit interne de télévision à la prison de Fresnes et la création de l’Association « Audiovisuel Pour Tous dans l’Education » (APTE), qu’il a présidée pendant 5 ans. Il est également l’auteur d’un roman, La saldéprof (Editions Syros, 1983).
Filmographie sélective : Paysan et rebelle, un portrait de Bernard Lambert (2002), Dans la Maison Radieuse (2005), LIP, l’imagination au pouvoir (2007)…



Peter Tosh, stepping razor de Nicholas Campbell (1992-100’- Canada)
mercredi 9 février 2011- 20h- salle des Lendemains qui chantent - Tulle

Peter Tosh, de son vrai nom Winston Hubert McIntosh, est l’une des figures les plus respectées du reggae jamaïcain. Et pour cause, fondateur des Wailers avec Bunny Wailer et Bob Marley, il a marqué l’histoire de la musique jamaïcaine à jamais. Il s’est aussi imposé comme une des figures de proue du mouvement rastafari en Jamaïque. N’hésitant pas à interpeller les hommes politiques de l’île pour s’indigner de la pauvreté du peuple, de la répression à l’égard des rastas, de la corruption ou encore pour affirmer la nécessité d’un soulèvement de la population noire. Ce film permet aux amateurs de musique jamaïcaine de se fondre dans l’ambiance des ghettos (les fameux «Trench town») de Kingston et de redécouvrir le personnage de Peter Tosh, un des grands du reggae.
Le film s’appuie sur de nombreuses images tournées en Jamaïque dans les quartiers populaires mais aussi sur les «Red X» tapes de Peter Tosh, sorte d’autobiographie audio enregistrée par le chanteur lui-même avant sa mort tragique en 1987.

Nicholas Campbell, le journaliste réalisateur, revient largement sur le combat de Tosh pour l’émancipation du mouvement rastafari et de la population noire jamaïcaine. Bien évidemment, il ne manque pas de nous livrer les images mythiques du «One Love Peace concert», organisé entre autres par Bob Marley en 1978 à l’occasion du 12ème anniversaire de la visite officielle de Hailé Sélassié Ier en Jamaïque. Les artistes réunis pour l’occasion avaient pour but de célébrer la paix et de mettre fin à la guerre civile qui ravageait le pays. Cet évènement est resté dans les mémoires pour ce moment historique où Bob Marley joignit les mains de Michael Manley et Edward Seaga, les deux opposants politiques de l’époque et responsables en grande partie de la violence dans le pays. A l’occasion de ce concert, Peter Tosh s’était montré très véhément, s’adressant directement depuis la scène aux deux hommes politiques avec violence. Beaucoup pensèrent ensuite que la mort de Tosh était la conséquence directe de ces réprimandes publiques et surmédiatisées lancées aux deux hommes. En effet, Peter Tosh, agitateur publique et polémiste notoire, sera retrouvé mort le 11 septembre 1987, une balle dans la tête. Vérité officielle : Peter Tosh a été abattu par des voleurs qui étaient venus le braquer à son domicile.
A noter : Les voleurs n’avaient rien volé (bizarre) et un seul des trois suspects a été incarcéré. Il clame toujours son innocence plus de 20 ans après les faits.


Frantz Fanon, mémoire d’asile d’Abdenour Zahzah et Bachir Ridouh (2002, 52’)
jeudi 17 février 2011- 20h30 - médiathèque - Tulle

Projeté dans le cadre de l’exposition François Maspero et les paysages humains, ce film évoque avec des images d’archives et des témoignages actuels le parcours de Frantz Fanon, psychiatre et essayiste martiniquais, engagé aux côtés des peuples colonisés et opprimés.

Frantz Fanon est né en 1925 en Martinique. En 1943, à 18 ans, il s’engage dans les Forces Françaises Libres pour combattre le nazisme. A ses amis qui lui disent que cette guerre n’est pas la leur, que les «nègres» n’ont rien à y faire, Frantz Fanon répond « chaque fois que la dignité et la liberté de l’homme sont en question, nous sommes concernés, Blancs, Noirs ou Jaunes, et chaque fois qu’elles seront menacées en quelque lieu que ce soit, je m’engagerai sans retour ». Il découvre très vite à la fois la hiérarchie de l’armée, bâtie sur la couleur de la peau et l’indifférence à l’engagement des siens. Cette expérience, sa déception, nourriront son premier essai Peau noire, masques blancs publié au Seuil en 1951 grâce au soutien de Francis Jeanson.
En 1953, à 28 ans, après ses études de médecin psychiatre, il est nommé médecin chef de l’hôpital de Blida en Algérie dans le contexte de la montée de la révolution algérienne. Formé à l’hôpital de St Alban par François Tosquelles, il s’inscrit d’emblée dans le courant de la psychothérapie institutionnelle.
Il va s’employer à transformer ce bastion de la folie - « où les cris des malades ne doivent pas atteindre les chastes oreilles des bien-pensants » - en appliquant des thérapies basées sur le travail manuel, le sport et l’expression artistique. Des méthodes révolutionnaires pour l’époque, impliquant malades indigènes, jusqu’ici déconsidérés, et personnel hospitalier. Ses idéaux le conduisent très vite à s’engager dans la lutte de libération notament en hébergeant et en soignant des combattants algériens. Contraint de démissionner, il poursuit la lutte en rejoignant le FLN à Tunis. Il publie en 1959, chez Maspero L’an V de la révolution algérienne. Atteint d’une leucémie, il se retire aux USA pour écrire son dernier ouvrage Les damnés de la terre. Il meurt le 6 décembre 1961, à l’âge de 36 ans, quelques mois avant l’indépendance de l’Algérie.

Les réalisateurs. Pas d’école de cinéma en Algérie? Abdenour Zahzah intègre donc la section journalisme/audiovisuel à l’université. Plus de cinéma à Blida? En cinéphile convaincu, il fonde l’association Anwar Cinéma « avec zéro dinar de subvention », et relance en 1998 la salle de cinéma moribonde de sa ville natale. Avec la complicité et le soutien du Directeur de la Cinémathèque d’Alger, la salle de Blida devient la treizième du réseau des cinémathèques d’Algérie et se voit attribuer la mission de conserver tous les courts-métrages, fictions ou documentaires, de moins de 30 minutes. Ce premier jalon posé, reste à atteindre les autres objectifs que s’est fixés l’association, à savoir, produire et réaliser des films «locaux».
Né en 1942 à Bab-El-Oued (Alger), Bachir Ridouh, professeur en psychiatrie, médecin légiste, criminologue, écrivain, est actuellement responsable du service de la psychiatrie légale au CHU Frantz-Fanon de Blida


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droit de questions
La question de l’accaparement des terres. Causes et conséquences, avec José Tissier
vendredi 4 février 2011- 20h30 - salle Latreille bas
José Tissier,
ingénieur agronome, a travaillé depuis toujours et en de nombreux lieux (Corrèze, Nouvelle Calédonie, Afrique du Nord, Afrique Noire) dans le développement agricole et rural. Il est aujourd’hui adjoint au chef de la division du développement agricole et rural de l’AFD (Agence Française de Développement).

 

La «faim» des terres : une conséquence attendue de la crise alimentaire.
A la suite de la crise alimentaire du printemps 2008, la recherche de surfaces agricoles dans les pays en voie de développement anime de plus en plus d’opérateurs privés ou publics disposant d’importantes capacités d’investissement. Certains pays sont obligés de recourir au marché international pour satisfaire leurs besoins alimentaires, dans la mesure où ils ne disposent pas de ressources naturelles en quantité suffisante(terres agricoles ou eau). Pour sécuriser leur approvisionnement, ces pays cherchent maintenant à contrôler l’utilisation de terres agricoles ou la commercialisation des produits dans des pays étrangers. C’est le cas de nombreux pays du Proche-Orient et en particulier de pays producteurs de pétrole (Arabie Saoudite, Pays du Golfe, Iran), c’est le cas également de nombreux pays asiatiques, à commencer par les plus grands d’entre eux (Chine, Inde...) ou les plus développés (Corée du Sud), tous les pays dotés de ressources financières importantes et qui pourraient sous peu exporter leur propre insécurité alimentaire.
Deux phénomènes supplémentaires viennent renchérir cette « faim de terre ». La nouvelle rentabilité des activités agricoles, grâce à des cours mondiaux supérieurs à ce qu’ils ont été pendant les vingt dernières années, attirent maintenant des capitaux privés sous toutes les latitudes et anime les rubriques de la presse destinée aux investisseurs. L’anticipation des changements climatiques conduit certains investisseurs à acheter des terres au Nord de l’hémisphère Nord, terres aujourd’hui incultes mais qui pourraient devenir productives avec l’élévation des températures.
La nouvelle pression foncière sur les pays en développement concerneraient des dizaines voire des centaines de milliers d’hectares. Elle repose sur deux grands a priori, celui de la disponibilité de terres vierges, notamment en Afrique et celui d’une efficacité accrue de l’agrobusiness par rapport à l’agriculture familiale.
Extraits d’un article de José Tissier et Emmanuel Baudran

Conjointement à l’exposé de José Tissier, Philippe Revel, porte parole de la Confédération paysanne 19 et Frédéric Lascaud, membre de la commission foncière de la Confédération paysanne Nationale interviendront brièvement sur la question du foncier en Corrèze.


exposition
François Maspero et les paysages humains
du vendredi 4 février au samedi 26 mars - médiathèque intercommunale - Tulle

A l’occasion du cinquantenaire de la création des éditions Maspero en 2009, la Maison des paysages et la Librairie A plus d’un titre (Lyon) ont conçu une exposition et un livre qui permettent de cheminer en compagnie de François Maspero, libraire, éditeur et aujourd’hui écrivain et traducteur.
Pour beaucoup, les éditions François Maspero furent une véritable boîte à outils, une université pour tous, une porte ouverte sur le monde.

François Maspero est né le 19 janvier 1932. Son enfance est prise dans la tourmente de la Seconde Guerre Mondiale. Son frère, jeune résistant, meurt en combattant, ses parents sont déportés dans les camps nazis. Seule sa mère reviendra, son père mourra au camp de Buchenwald.
À la fin de la guerre François Maspero voyage à travers l’Europe : « J’ai voyagé dès mon adolescence. Dans l’après-guerre immédiate, au sortir de la Résistance dont j’ai été imprégné par mon histoire familiale, il y a eu une tentative poussée de retrouver une forme d’humanisme, après et malgré ce qui s’était passé. Abolir définitivement la haine. Cette recherche d’un nouvel humanisme, je l’ai perçue, entre quinze et vingt ans, chez Sartre, mais aussi Camus ou même, ce qui est plus lointain pour moi aujourd’hui, chez Saint-Exupéry qui disait qu’il fallait jeter des passerelles entre les hommes » (entretien avec Sadek Assaït ).
1955, à vingt-trois ans, François Maspero ouvre sa première librairie « À l’escalier » rue Monsieur-le-Prince dans le 5ème arrondissement de Paris.
1957, ouverture de la librairie « La joie de lire » au 40 de la rue Saint Séverin au coeur du Quartier latin. En même temps, il travaille à la création de la maison d’édition, rejoignant ainsi la grande tradition des libraires-éditeurs.
De 1960 à 1975, les éditions seront le carrefour des divers courants révolutionnaires mondiaux en donnant à connaître, apprendre et juger, plutôt que prêcher l’ultime vérité.
1982, François Maspero quitte l’édition avec l’ambition de : « rendre compte, pour les années de liberté qui me restaient, de paysages humains au plus près de moi et au plus loin, ceux du présent et aussi ceux du passé toujours mêlés pour qui essaye de regarder… Et ne pas m’en tenir là, mais, pour reprendre la formule de Miguel Benasayag “ plutôt que de regarder, dire : ça me regarde ”».

samedi 12 février 2011
15h30 : rencontre avec François Maspero
‘‘ Homme livre - homme libre...’’
animée par Bruno Guichard de la Maison des paysages
17h30 : vernissage de l’exposition en sa présence
20h30 : rencontre avec François Maspero - Librairie L’aire libre - Argentat

à propos du livre François Maspéro et les paysages humains :


En ouvrant un chantier aux mille figures, ce livre nous parle aussi de demain, des espérances qui ne sont pas mortes, contrairement à ce que certains essaient de nous faire croire : il nous faut seulement en chercher les nouvelles formes.
Avec les contributions de :
François Maspero, Julien Hage (historien), Edwy Plenel, Pierre-Jean Balzan (éditeur), Patrick Chamoiseau, Nils Andersson, Abdenour Zahzah (cinéaste algérien), Klavdij Sluban (photographe), Michel Piccoli, Fanchita Gonzalez Batlle, Jean-Yves Potel, Jean-Philippe Bernigaud, Christian Baudelot, Alain Martin,Éric Hazan (éditeur) et Thierry Discepolo (éditeur).

 

 

François Maspero et Peuple et Culture
J’ai construit des rayons divers et complets, avec un accès libre, de poésie, de philosophie, de littératures étrangères, d’ouvrages qu’on ne trouvait que dans une ou deux librairies spécialisées, cinéma, théâtre, architecture. S’il y avait militantisme, il ne s’arrêtait pas aux livres défendant une cause, mais à l’ensemble des textes de tous bords sur un problème, réunis dans des listes bibliographiques, dont les premières avaient été faites en liaison avec le mouvement Peuple et Culture. (...)

Continuer à tenter d’être présent au monde sans passer par les livres des autres. Et cela en me retrouvant, à cinquante ans tout ronds, libre et les poches vides. M’exprimer, témoigner, à ma simple mesure. Imperméable à la théorie - ce fut toujours un sujet de plaisanterie (affectueuse) de Louis Althusser et d’irritation (pas toujours affectueuse) de certains de ses disciples - je ne pouvais ni voulais prétendre m’exprimer directement dans le domaine politique. Mais, après tout, j’avais toujours conçu mon métier comme un bricolage, ce bricolage avait été utile, et peut-être pouvais-je le poursuivre, sur des modes différents. Je suis parti à la rencontre des paysages humains - cette «Rencontre des hommes» de mon vieil ami des tout débuts, Benigno Cacérès, compagnon charpentier, docteur ès lettres et l’un des fondateurs de Peuple et Culture - très loin ou à ma porte. En Chine et à Aubervilliers. J’ai écrit des livres et des sortes de reportages, j’ai traduit pour des éditeurs et des journaux, j’ai enregistré pour la radio. (...)
François Maspero - Extraits de Les Abeilles & la guêpe - Editions du Seuil

 


JANVIER 2011 :



Illégal de Olivier Masset-Depasse (2010-fiction-95’)
vendredi 14 janvier 2011 - 21h - cinéma Le Palace - Tulle
En partenariat avec RESF 19, LDH 19 et le cinéma Le Palace

Tania et Ivan, son fils de 13 ans sont Russes et vivent clandestinement en Belgique depuis huit ans. Sans cesse sur le qui-vive, Tania redoute les contrôles de police jusqu’au jour où elle est arrêtée. La mère et le fils sont séparés. Tania est placée dans un centre de rétention. Elle fera tout pour retrouver son fils mais n’échappera pas pour autant aux menaces d’expulsion.
Le réalisateur : Dès ses premiers courts métrages, Chambre froide (2000) et Dans l’ombre (2004), Olivier Masset-Depasse filme des personnages féminins déterminés et prêts à tout pour atteindre leurs buts. Avec ces deux films, Olivier récolte une soixantaine de prix dans les festivals du monde entier. Cages (2006), son premier long-métrage, qui relate une passion amoureuse destructrice, fait le tour des festivals internationaux tels que Toronto ou Rome et remporte un joli succès public en Belgique. Illégal, son deuxième long-métrage, est un thriller psychologique sur fond de critique sociale.



Ecchymoses de Fleur Albert (2008-100’)
vendredi 21 janvier 2011 - 20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix

À travers le travail quotidien d’Annick, infirmière scolaire dans un collège rural, le film est une chronique de l’adolescence dont l’infirmerie est le théâtre unique et privilégié ; une forme de refuge où peut se dire le malaise scolaire, familial ou personnel tout autant que des questionnements cocasses ou graves sur la vie quotidienne, la famille, l’amour, l’école, la société... Personnalité atypique, douce et rebelle, mère de 5 enfants, Annick joue tout à la fois le rôle de soignante et de confidente.
Un film qui permet de mesurer l’importance de la fonction d’écoute dans les établissements scolaires à l’heure où l’existence des personnels qui assurent ce rôle (infirmières, assistants sociaux, psychologues scolaires, conseillers d’orientation psychologues) est de plus en plus menacée.
La réalisatrice : Après des études de lettres modernes et de cinéma, Fleur Albert fait ses débuts auprès du cinéaste Jean-Michel Carré (auteur de nombreux films portant sur la prison, la toxicomanie et la prostitution). Elle est également l’assistante de Jean-Luc Godard sur Éloge de l’Amour. Les figures de la marginalité préoccupent la jeune réalisatrice qui s’intéresse aux formes anciennes de résistance : Clarisse est partie (Artline Films/France 3/2001), Le Silence des rizières (long-métrage documentaire sorti en salles en janvier 2006). Ses films documentaires interrogent les filiations et la mémoire et se structurent à partir des figures de l’absence. Cette quête du destin des «affranchis» se poursuit au présent.



L’Ordre des mots de Cynthia et Mélissa Arra (2007-75’)
lundi 24 janvier 2011- 20h30 - salle Latreille - Tulle
En présence de Nicole Fernandez Ferrer, déléguée générale du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir

L’Ordre des mots donne la parole à des personnes trans et intersexes dont la quête d’identité de genre se trouve entravée par des normes établies. Six récits qui évoquent les parcours, les souffrances, la lutte militante pour sortir des carcans socioculturels et médicaux qui emprisonnent et maintiennent souvent les trans dans des catégories de sous-humanité. Ces hommes et ces femmes rapportent leur affliction vécue d’abord dans la famille puis au niveau social avec l’impossibilité de choisir librement sans passer par le pouvoir médical. Ils font part aussi de leur résistance et de leur recherche d’alternatives en dehors des schémas conventionnels.
Loin du traitement habituel des questions trans, ce film, par le choix de ses portraits, tous acteurs et précurseurs contemporains du mouvement trans et intersexe en France, aborde de front ces questions d’identité de genre en interrogeant non seulement nos normes sociétales trop souvent incontestées mais aussi en analysant la nature de l’oppression et de la répression dont fait l’objet cette communauté.
Les réalisatrices :
Cynthia Arra a suivi une formation de multimédia spécialisée en vidéo et montage à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Elle est diplômée du Conservatoire libre du cinéma français à Paris comme assistante-réalisatrice. Parallèlement à ses projets de réalisation, elle occupe différents postes dans le cinéma en tant qu’assistante décoratrice, coach d’acteurs, monteuse.
Après une formation en arts plastiques et graphiques, et une initiation au 16 mm, Mélissa Arra a étudié seule la vidéo. Elle a été photographe sur des pièces de théâtre et cadreuse pour Solferino un documentaire de Justine Triet sur le Parti Socialiste avant de co-réaliser L’Ordre des mots.


scène ouverte

samedi 29 janvier 2011 - 16h - médiathèque intercommunale - Tulle
Une scène ouverte teintée de jazz, puisqu’elle s’inscrit dans la programmation du festival Du Bleu en hiver1. LA scène ouverte du festival, la scène où se révèlent les surprises de dernière minute.
La prochaine scène ouverte aura lieu le jeudi 17 mars au théâtre des 7 Collines. Musiciens, danseurs, diseurs, acteurs, inventeurs… Cette scène ouverte est conçue pour vous qui voulez aller à la rencontre du public. Une scène ouverte à toutes les expressions, des découvertes et des rendez-vous incontournables qui ponctuent l’année de surprises et de rencontres inédites.
Renseignements et inscription : Sylvain 05 55 26 09 50
1 Pour cette 6ème édition : du concentré de Bleu en Hiver, des concerts pendant 3 jours, du midi au soir, une programmation à l’image du jazz d’aujourd’hui, hybride et polymorphe, métissé d’influences rock, blues, injecté ça et là d’électro…
Le festival est organisé par quatre structures à vocation culturelle : le théâtre des Sept Collines, la Fédération des Associations Laïques de la Corrèze, la salle de concerts Des Lendemains Qui Chantent et le Collectif Maxiphone.
Renseignements : www.myspace.com/dubleuenhivertulle


et aussi

 

Yezemed Yebaed de Leïla Morouche (2009-58’)
mardi 18 - janvier 2011 - 20h30 - théâtre des 7 Collines - Tulle
Projection organisée par le festival du Bleu en hiver

Ce très beau film de Leïla Morouche nous conte la rencontre du Tigre des Platanes, quartet toulousain qui recycle à sa façon les standards de la musique éthiopienne et de Eténèsh Wassié, chanteuse azmari (tout droit venue de Addis Abeba), à la voix phénoménale et éraillée et à l’étonnante capacité d’improvisation.
Le Tigre des Platanes et Eténèsh Wassié seront en concert à la salle des Lendemains qui chantent le samedi 29 janvier.

 



L’Atlantide, une histoire du communisme de Marcel Trillat et Maurice Failevic (France-2010-2x80’)
vendredi 3 janvier 2011- la Boîte en zinc - Chanteix
18h - 1ère partie puis casse-croûte (chacun apporte quelque chose à partager) 20h30 - 2ème partie et débat
En présence de Marcel Trillat et Maurice Failevic

C’est une tentative de décryptage d’une énigme historique, l’expérience communiste : 1917-1991.
Une cause exaltante d’ampleur planétaire qui a mobilisé des millions d’opprimés en révolte et d’hommes et de femmes qui rêvaient d’un monde plus juste et plus solidaire. Une entreprise paradoxale engagée dans des conditions défavorables puis dévoyée par le stalinisme sans cesser malgré tout, pendant trois quarts de siècle, de susciter d’immenses espérances, de nourrir d’innombrables combats pour les plus justes causes. Avant de s’effondrer en quelques années comme un château de cartes.
Qu’en reste t-il aujourd’hui pour ceux qui ont 20 ans et qui pensent à l’avenir en ignorant souvent le passé ? La nécessité de combattre le capitalisme et son cortège de guerres, d’injustices, de misères, de violences qui était sa raison d’être n’est-elle plus d’actualité ?
Les réalisateurs :
Marcel Trillat, né en 1940 à Seyssinet-Pariset (Isère), est un journaliste, réalisateur de films documentaires et auteur français. Il devient journaliste à l’ORTF en 1965 en collaborant au magazine «Cinq colonnes à la Une». Il a également participé à des entreprises collectives militantes : la CREPAC, UNICITE, Radio Lorraine Coeur d’Acier. Il est entré à Antenne 2 en 1981. A été directeur adjoint de l’information d’Antenne 2 en 1986. Administrateur de France Télévisions de 2001 à 2006. Il a réalisé entre autres Etranges étrangers (1970), 300 jours de colère (2002), Les prolos (2002), Silence dans la vallée (2007).
En 1962 Maurice Failevic entre comme assistant réalisateur à la RTF aux côtés d’Henri Spade et de Jacques Krier. En 1967, Eliane Victor pour l’émission «Les femmes aussi» lui confie la réalisation de son premier film sur l’histoire d’une femme médecin à la campagne puis de son second film sur le quotidien de Renée Delanches, institutrice en poste depuis deux ans dans un village de Haute Ardèche (Faire l’école à Conges en Ardèche). Les documentaires qu’il réalisera jusqu’en 1970 lui vaudront de nombreux prix (le prix de la critique, le prix Albert Olivier) et marqueront à jamais sa façon de préparer et de faire des films. Après cette période, il devient réalisateur de fictions pour le cinéma et pour la télévision. Il réalise entre autres De la belle ouvrage (1969), 1788 (1977), Le Jardinier récalcitrant (1983), Jusqu’au bout (2005).


 

PROGRAMMATION PEUPLE ET CULTURE CORREZE 2008 - 2010



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Le calendrier de Peuple et Culture


Programme du mois de novembre 2015 :

lundi 2 novembre
projection du film Je lutte donc je suis de Yanis Youlountas
20h30 - cinéma le Palace - Tulle, en présence du réalisateur


vendredi 6 novembre
Vernissage de l’exposition Archipel de David Molteau
18h - galerie L’oeil écoute - Limoges


samedi 7 novembre
Projection du film Le temps des châtaignes de Jean Samouillan
20h30 - salle Lou Cantou - St-Martin-la-Méanne
projection précédée d’une dégustation de châtaignes grillées et de jus de pomme local


vendredi 20 novembre
Projection du film Vivants ! de Vincent Boujon
20h30 - salle des fêtes - St Jal, avec l’Amicale laïque

mardi 24 novembre
20h30 - salle Latreille.
Droit de questions avec 2 intervenants du collectif des économistes atterrés
Les rebondissements de la crise grecque de l'été dernier et les négociations
avec la troïka ont exacerbé les tensions autour de l'euro.


lundi 30 novembre
Projection du film Opération Correa, 1ère partie : les ânes ont soif de Pierre Carles
20h30 - salle Latreille haut - Tulle, en présence du réalisateur
dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale en partenariat avec
l’association Mashikuna et Corrèze Environnement

 

 


 

 

 

 

Programme du mois d'octobre 2015

du vendredi 2 au dimanche 28 octobre
Exposition de photos d’Élie Kagan

vernissage le samedi 3 octobre- 10h - salle des mariages - mairie de Tulle


du mardi 6 octobre au vendredi 13 novembre
Collection en mouvement : Souvenir du futur, exposition
des oeuvres de Martine Aballea,
Simon Bergala, Florent Contin-Roux, Gabriele Di Matteo, Franck Eon, Matt Mullican
galerie du musée du Pays d’Ussel, avec le FRAC-Artothèque du Limousin et le FacLim
Vernissage et visite commentée par David Molteau le vendredi 9 octobreà 17h30


vendredi 9 octobre
Projection du film Nostalgie de la lumière de Patricio Guzmán

20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix, avec l’association culturelle et sportive


samedi 10 octobre
Conférence Les grands chantiers inutiles par Serge Quadruppani
17h - théâtre de la Chélidoine - St Angel
, organisée par les Compagnons de la Mémoire
vivante avec la Chélidoine, la Bouquinerie du Carrefour Ventadour et Peuple et Culture


samedi 17 octobre
Projection du film Le Silence du fleuve de Mehdi Lallaoui et Agnès Denis
14h30 - médiathèque Éric Rohmer - Tulle, en présence du réalisateur

précédée d’un extrait du film Le manifeste des 121 de Mehdi Lallaoui en hommage
à François Maspero


samedi 24 octobre
Projection du film Louise, son père, ses mères, son frère et ses soeurs

de Stéphane Mercurio et Catherine Sinet
20h30 - salle des fêtes - Sérilhac, avec l’association Achabatz d’entrar

Date à retenir : le 2 novembre projection du film Je lutte donc je suis de Yanis Youlountas

 

 

 

 

 

Programme du mois de septembre 2015 :

du jeudi 27 août au dimanche 20 septembre
Collection en mouvement : Code couleur
exposition des oeuvres de Sigrid Calon, Aurélie Godard, Jane Harris et Cathy Jardon
salle des Bains douches - Bort-les-Orgues, avec le FRAC-Artothèque du Limousin et le FacLim


lundi 7 septembre
Projection du film Edgard Morin, chronique d’un regard de Céline Gailleurd et Olivier Bohler
20h30 - cinéma le Palace - Tulle, en présence des réalisateurs


vendredi 11 septembre
Projection du film El diálogo de América d’Alvaro J.Covacevich, suivie d’un film surprise
20h30 - locaux de Peuple et Culture - Tulle, projection en 16 mm


samedi 12 septembre
Jean Jaurès, une voix, une parole, une conscience de Jean-Claude Drouot
20h30 - La boîte en zinc - Chanteix, avec la ville de Tulle
réprésentation suivie d’un temps d’échange avec le comédien autour d’un verre


mercredi 23 septembre
Projection du film Edmond, un portrait de Baudoin de Lætitia Carton
20h30 - cinéma le Palace - Tulle, en présence de la réalisatrice et d’Edmond Baudoin


vendredi 25 septembre
Faire couple : liaisons maltapropo ? Ciné-discussion avec l’École de la Cause freudienne
18h - projection de courts-métrages suivie d’une discussion
20h30 - projection du film Sur mes lèvres de Jacques Audiard


samedi 26 septembre
Projection du film Paul dans sa vie de Rémi Mauger
20h30 - salle des fêtes - St-Martial-Entraygues, avec l’association Kassoumaï

 


 

Programme du mois de juillet 2015 :
mercredi 1er juillet
Ateliers arts plastiques ouverts

18h - présentation des travaux réalisés par les participants aux ateliers de Pascale Guérin et David Molteau depuis octobre 2014
20h - casse-croûte sorti du sac
20h30 - projection du film Détroit, ville sauvage de Florent Tillon, en sa présence

jeudi 2 juillet
Les chorales chantent dehors ! Intervention de Retour ô 35 choeurs

17h30 - place de la chapelle de l’hôpital - Tulle


vendredi 3 juillet
Projection en plein air du film Nostalgie de la lumière de Patricio Guzman -
stade municipal - St Jal, avec l’Amicale laïque
20h - casse-croûte sorti du sac / 21h30 - projection suivie d’une observation des étoiles


vendredi 10 juillet
Projection en plein air du film Avec presque rien de Lova Nantenaina
20h30 - devant la salle des fêtes - Chenailler-Mascheix, avec l’Association culturelle et sportive


samedi 11 juillet
Soirée autour du pain - lieu dit «la Force» - St Martial Entraygues

19h - débat autour du pain avec Marie-France Houdard, ethnologue
suivi d’un casse-croûte et de la projection en plein air de deux films Les blés d’or
de Honorine Périno et Nicolas Supiot, la passion du pain de Mathieu Marin

et aussi :

Un tango pour la vie
samedi 4 juillet - 17h - mairie - St Angel, avec les Compagnons de la mémoire vivante

Un camp de juifs oubliés, Soudeilles 1941-1942
mercredi 29 juillet - 18h - salle des fêtes - Soudeilles
conférence-débat autour du livre de Paul Estrade et Mouny Estrade-Szwarckopf,

 

 

programme de juin 2015

samedi 13 juin
Projection du film Nostalgie de la lumière de Patricio Guzmán
20h30 - foyer rural - St-Martin-la-Méanne


lundi 15 juin
Projection du film Citizenfour de Laura Poitras
18h30 - cinéma le Palace - Tulle, et une information débat sur la loi de renseignement
organisée avec la Ligue des Droits de l’Homme et l’association Medication Time


mardi 23 juin
Réunion publique : S’interroger sur la laïcité et en débattre...
18h15 - Centre culturel et sportif - salle Amérique - Tulle, avec la FAL


du mercredi 24 au dimanche 28 juin
Ciné d’été : Pierre Etaix, Jean-Claude Carrière ; Cinéma, le grand amour
jeudi 25 - 20h - chez Maryline et Léo Mertens - La Chassagne - St Mexant
casse-croûte champêtre et projection à 21h du film La controverse de Valladolid
de Jean-Pierre Verhaeghe


samedi 27 juin
à ta place !? Journée organisée par l’association Autrement dit
Projections des films L’île aux fleurs de Jorge Furtado et Des caravanes dans la tête de Sylvie Texier
19h - Halle de Meymac, avec la participation de nomades sédentaires installés à Meymac
mercredi 1er juillet
Ateliers arts plastiques ouverts
18h - présentation des travaux réalisés par les participants aux ateliers de Pascale Guérin et David Molteau depuis octobre 2014
20h - casse-croûte sorti du sac
20h30 - projection du film Détroit, ville sauvage de Florent Tillon, en sa présence

 


Programme du mois de mai 2015

du mercredi 29 avril au samedi 2 mai à TULLE
Dixième Décade Cinéma et Société : L’école aux frontières de la République ?
cinéma Le Palace - Tulle, avec Autour du 1er Mai

mercredi 13 mai
Projection du film Anaïs s’en va-t-en guerre de Marion Gervais
20h30 - salle Latreille - Tulle


samedi 16 mai
Projection du film D’une école à l’autre de Pascale Diez
20h30 - salle des fêtes - St Martial Entraygues dans le cadre de la « Décade off »

Mardi 19 mai
Projection du film On est vivant de Carmen Castillo,
en sa présence au cinéma Le Palace à Tulle
Nous avons rencontré Carmen Castillo chez elle, transcription de l'entrevue

jeudi 21 et vendredi 22 mai
Projections, débats, chansons, lectures proposés par Mémoire à Vif - Limoges

jeudi 21 mai - 20h30 - cinéma le Lido - Limoges
projection du film Howard Zinn, une histoire populaire américaine d’Oliver Azam et Daniel Mermet, en sa présence.
vendredi 22 mai - 18h30 - Théâtre Expression 7 - Limoges
1905, Des mots et des images d’hier pour parler d’aujourd’hui


samedi 23 et dimanche 24 mai
Peuple et Culture Cantal fête ses 10 ans! - La Barreyrie - Roumégoux
Projections non stop de 14h à 20h


du jeudi 28 au samedi 30 mai
Décade Cinéma et Société : L’école aux frontières de la République
en campagne : St Jal, Espagnac, Naves, Sérilhac, Chenaillers-Mascheix
et à la médiathèque éric Rohmer à Tulle

 

 


 

Programme du mois de avril 2015

vendredi 3 avril
Projection du film Solutions locales pour un désordre global de Coline Serreau
20h30 - salle Lou Cantou - St Martin-la-Méanne


du jeudi 9 avril au samedi 9 mai
Collection en mouvement, exposition des oeuvres de Jane Harris
médiathèque - Place Joseph Faure - Argentat
mercredi 8 avril - 18h - vernissage en présence de l’artiste
samedi 25 avril - 11h - visite commentée par David Molteau, du relais Artothèque


vendredi 10 avril
Projection du film Le Lonzac pendant les années noires, avril 1944
18h - salle des fêtes - Le Lonzac, avec la municipalité, l’ANACR de Treignac
et de Chamboulive


mardi 14 avril
Projection du film Des étrangers dans la ville de Marcel Trillat
20h30 - cinéma Le Palace - Tulle, en présence du réalisateur (tarif unique 5€)


mercredi 22 avril
Projection du film Au bout de la nuit de Patrick Séraudie
20h30 - cinéma Le Palace - Tulle, en présence du réalisateur (tarif unique 5€)


vendredi 24 avril
Projection du film Iranien de Mehran Tamadon
20h30 - salle des fêtes - St Jal, avec l’Amicale laïque


du mercredi 29 avril au samedi 2 mai
Décade Cinéma et Société : L’école aux frontières de la République ?
cinéma Le Palace - Tulle, avec Autour du 1er Mai

 


Programme du mois de mars 2015

vendredi 6 mars
Projection du film We want sex equality
de Nigel Cole
14h - locaux de l’association Inform’elles - rue Louisa Paulin - Tulle


jeudi 12 mars
Projection du film Maspero, les chemins de la liberté
de Yves Campagna, Bruno
Guichard et Jean-François Raynaud
20h30 - cinéma Le Palace - Tulle, tarif unique 5€, en présence des réalisateurs
et de François Maspero
François Maspero, libraire, éditeur, écrivain, traducteur…


dimanche 15 mars
Bourse aux graines - Battements d’Ailes - Cornil

14h et 16h - projection des films Je mange donc je suis de Vincent Bruno, Copier
Cloner de Louis Rigaud et La era del buen vivir d’Aline Dehasse et Jeroen Verhoeven


samedi 21 mars
Projection du film Marinaleda
, un village en utopie de Sophie Bolze
20h - foyer rural - St Martial Entraygues

à venir en avril...
Des étrangers dans la ville de Marcel Trillat (2014-69’)
mardi 14 avril - 20h30 - cinéma le Palace
- Tulle, en présence de M. Trillat

Réunion publique sur le nouveau modèle d’assurance chômage des intermittents
dimanche 15 mars- 17h - salle de réception du CCS -


 

 

 

Programme du mois de novembre 2014

lundi 3 novembre
Projection du film Le silence et la douleur de Patrick Séraudie
21h - cinéma le Palace - Tulle, avant-première nationale en présence du réalisateur

jeudi 6 novembre
Projection du film Les fils de la terre d’édouard Bergeon
20h30 - salle Latreille - Tulle avec Solidarité Paysans Limousin

vendredi 7 novembre
Projection du film Mare Magnum d’Ester Sparatore et Letizia Gullo
20h30 - salle des fêtes - St Jal avec l’Amicale Laïque

samedi 8 novembre
Projection du film Adieu la vie, adieu l’amour. Fusillés pour l’exemple,
de Michel Brunet et Dominique Hennequin
20h30 - salle des fêtes - Sérilhac

jeudi 13 novembre
Lucien Jacques : Carnets de Moleskine extraits lus par Pierre-Etienne Heymann et Dominique Vincent
20h30 - salle Latreille - Tulle

mercredi 19 novembre
Projection du film Ne vivons plus comme des esclaves de Yannis Youlountas
20h30 - salle Latreille - Tulle avec Attac 19

vendredi 28 novembre
Projection du film Les glaneurs et la glaneuse d’Agnès Varda
20h30 - chambre d’hôtes le Creuset - St-Martin-la-Méanne

Programme du mois d'octobre 2014

vendredi 3 octobre
Projection du film La relève de Juliette Warlop
20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix, avec l’association culturelle et sportive


vendredi 17 octobre
Commémoration du 17 octobre 1961 - Médiathèque éric Rohmer - Tulle
18h - recueillement devant la plaque et hommage à Jean-Luc Einaudi
20h - projection du film Ici, on noie les Algériens de Yasmina Adi


samedi 18 octobre
Projection du film Les petits gars de la campagne d’Arnaud Brugier
20h - salle des fêtes - St-Martial-Entraygues, avec le Foyer Rural


vendredi 24 octobre
Rencontre et projections de courts-métrages, d’extraits de films
avec Alain Della Negra et Kaori Kinoshita, documentaristes
20h30 - salle Latreille - Tulle, avec le ciné-club de Tarnac


vendredi 31 octobre
Maudite soit la guerre, spectacle proposé par Peuple et Culture et Autour du 1er Mai dans le prolongement de la Décade Cinéma et Société
chants, textes, poèmes, extraits de romans par Marie-Mélanie Pavie et Francis Facon
20h30 - salle polyvalente - Espagnac, avec la municipalité

 

 

 

 


 

Programme du mois de septembre 2014

samedi 6 septembre
table ronde : Agriculture et approvisionnement de proximité
samedi 6 - 14h30- St-Pardoux-la-Croisille

lundi 8 septembre
Assemblée Générale de Peuple et Culture (ouverte à tous les adhérents)
20h30 - 51, bis rue Louis Mie - Tulle

vendredi 12 septembre
C’est la rentrée pour Retour ô 35 Chœurs 18h30 local de Peuple et Culture- Tulle


vendredi 12/samedi 13 septembre
Exposition Fil, du Rosel au Poinct de Tulle


jeudi 18
septembre
Rencontre art contemporain avec Lucy Watts, artiste en résidence à l’atelier de
lithographie d’Ussel
18h30 - local de Peuple et Culture - Tulle (avec casse-croûte sorti du sac)


vendredi 19
septembre
Projection du film Le rideau de sucre de Camila Guzmán Urzúa
20h - chambre d’hôtes Le Creuset - St Martin-la-Méanne, avec l’association Corrèze
Cuba Estrella, en présence de Muriel Dichamp, corrézienne, journaliste de presse à Cuba

dimanche 21 septembre
Journée d’étude et de réflexion dans le cadre de l’exposition Ce qui ne se voit pas
du groupe Rado de 10h30 à 18h - Centre International d’art et du paysage - île de Vassivière

Ateliers de pratiques artistiques adultes et enfants
les lundi et mercredi à partir du 22 septembre

mardi 23 septembre
Projection du film à ciel ouvert de Mariana Otero
20h - EPDA le Glandier - Beyssac, en présence de Manuel Pereira, auteur de théâtre
en résidence / casse-croûte sorti du sac à partir de 18h30


jeudi 25
septembre
Projection du montage vidéo Juin 44, mémoires tullistes réalisé par Peuple et Culture
18h30 - médiathèque éric Rohmer- Tulle

 


 

Programme du mois de juin 2014

vendredi 6 juin
Projection du montage vidéo à partir de témoignages sur les évènements de juin 44 réalisé par Peuple et Culture
dans le cadre du projet 70 ans après, sauvegarder la mémoire
18h30 - médiathèque éric Rohmer - Tulle, à l’initiative des Archives municipales et du pôle Musées de la ville de Tulle (entrée libre dans la limite des places disponibles)


lundi 9 juin
Projection en avant première du film Le silence et la douleur de Patrick Séraudie

20h30 - salle de l’Auzelou - Tulle (entrée libre dans la limite des places disponibles), en présence de l’équipe du film


jeudi 12 juin
Projection du film Laissez les avorter tranquille ! d’Alima Arouali et François Bernard

20h30 - salle de l’Université Populaire - Tulle, en présence des réalisateurs


vendredi 13 juin
Projection du film Barkha et ses filles d’Alima Arouali

20h30 - salle des fêtes - St Jal, en présence de la réalisatrice


du samedi 21 juin au samedi 12 août
Ce qui ne se voit pas, exposition du groupe Rado
vernissage le samedi 21 - 18h - église St Pierre - Tulle, en présence des artistes
ouverture mardi, jeudi, vendredi : 15h-19h / mercredi, samedi : 10h-12h/15h-19h (entrée libre)

 


 

 

Programme du mois d'avril 2014

mercredi 2 avril
Projection du film Visages d’une absente de Frédéric Goldbronn en sa présence
20h30 - salle Latreille bas - Tulle

vendredi 4 avril
Rencontre autour de la collection de l’Artothèque du Limousin
de 18h à 19h - médiathèque éric Rohmer - Tulle

du mercredi 9 avril au samedi 17 mai
Exposition Collection en mouvement autour des oeuvres de Laurie-Anne Estaque,
Alain Jacquet et Laurent Terras
avec l’Artothèque du Limousin - Faclim
médiathèque intercommunale - Argentat

vendredi 11 avril
Droit de questions Fille et fils de républicains espagnols. Fragments,
avec Paloma León et Llibert Tarragó
20h30 - salle Latreille - Tulle

vendredi 25 et samedi 26 avril
Entr’acte. Expériences cinématographiques d’avant-garde et regards sur la ville
cycle de projections proposé par La cour des arts, Autour du 1er mai et la médiathèque
éric Rohmer
vendredi - 18h30 et 20h30 / samedi 14h30 et 16h - médiathèque éric Rohmer- Tulle

décade cinéma et société
14-18, Maudite soit la guerre…
du mercredi 30 avril au dimanche 4 mai - cinéma le Palace et médiathèque éric Rohmer - Tulle, avec Autour du 1er Mai (voir programme pdf)

 


 

Programme du mois de mars 2014

vendredi 7 mars
Rencontre autour de la collection de l’Artothèque du Limousin
de 18h à 19h - médiathèque éric Rohmer - Tulle

samedi 8 mars
Projection du film Kinshasa Symphony de Claus Wischmann et Martin Bauer
20h30 - chambre d’hôtes Le Creuset ( près de l’église ) - St Martin la Méanne

mardi 11 mars
Droit de questions Penser et agir autrement contre la misère avec Anne de Margerie, responsable du réseau Wresinski-culture d’ATD Quart Monde
20h30 - salle Latreille - Tulle

vendredi 14 mars
Projection du film Gagner sa vie de Laurence Lirsch
20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix avec l’association culturelle et sportive

dimanche 16 mars
Projection du film Cultures en transition de Nils Aguilar
16h45 - Battement d’ailes - Cornil dans le cadre de la Bourse aux graines

vendredi 21 mars
Projection du film Silence radio de Valéry Rosier
20h30 - salle des fêtes - St Jal avec l’Amicale laïque, en présence de Bram FM, RGB (Radio Grand Brive) et Radio Vassivière

samedi 29 mars
Lecture Haine des femmes de Nadia Kaci dans le cadre des Nouvelles Zébrures
18h - librairie L’aire libre - Argentat

 


Programme du mois de janvier 2014

vendredi 10 janvier
Projection du film Merci Ovide de Catherine Harnois et Jacques Meaudre
20h30 - salle Latreille- Tulle- à l’initiative de l’association Ecole Publique Expérimentale


samedi 11 janvier
Projection du film L’art de vieillir de Jean-Luc Raynaud
20h - Chambre d’hôtes Le Creuset - St Martin-la-Méanne


mercredi 22 janvier
Projection du film Les éclaireurs de Simone Fluhr et Daniel Coche
20h30 - salle Latreille - Tulle- en partenariat avec RESF

vendredi 24 janvier
Rencontre autour des œuvres de l’artothèque avec David Molteau
à partir de 18h30 - local de Peuple et Culture - Tulle

 


 

PEC en 2013

Novembre 2013

mercredi 6 novembre
Droit de Questions avec Marc Dufumier
, ingénieur agronome
dans le cadre de la Semaine de Solidarité Internationale
20h30 - Amphithéâtre du Conseil Général - Tulle


vendredi 8 novembre
Projection du film Pierre Rabhi, au nom de la terre
de Marie-Dominique Dhelsing,
20h - Chambre d’hôtes Le Creuset - Saint Martin la Méanne

Le Chili et Peuple et Culture, par Manée Teyssandier

dimanche 10 novembre
Projection Chili 11 septembre 1973 40 ans
15h30-Librairie L’Air libre - Argentat

lundi 11 novembre
Projection Chili 11 septembre 1973 40 an.
16h - Ciné club, salle des fêtes - Tarnac


mardi 12 novembre
Projection Chili 11 septembre 1973 40 an
18h30 - Cinéma Le Palace - Tulle
Projection Chili 11 septembre 1973 40 an. 21h - Cinéma Le Palace - Tulle


jeudi 21 novembre
Présentation du livre Terres Rouges de Roger Eymard.20h30 - Salle de l’UP - Tulle


samedi 23 novembre
Projection du film Cultures en transition de Nils Aguilar,20h - Librairie L’Aire libre - Argentat


vendredi 29 novembre
Projection du film La Relève de Juliette Warlop,52’.20h30 - Salle des fêtes - Saint Jal


 

Octobre 2013

mercredi 2 octobre
18h - Vernissage - Galerie du Musée du Pays d’Ussel
Exposition Collection en mouvement réalisé par l’Artothèque du Limousin, FacLim et Peuple et Culture du 3 au 31 octobre


vendredi 4 octobre - 20h30 - Projection du film Secret des champs de Honorine Perino Salle Latreille - Tulle


vendredi 4 octobre
20h30 - Projection du film De l’autre côté du périph (partie 2) de Bertrand Tavernier,
Salle des fêtes - Chenailler Mascheix


samedi 5 octobre
15h30 - «Le jeu de patience» de Louis Guilloux - Lecture-spectacle
Médiathèque - Tulle


vendredi 11 octobre
18h30 - Projection du court métrage d’animation Octobre noir de Florence Corre,
dessiné par Aurel
- Médiathèque - Tulle
20h - Conférence avec Didier Daeninckx, auteur de la BD Octobre noir
Auditorium de la Médiathèque - Tulle


jeudi 17 octobre
17h - Dévoilement de la plaque commémorative du 17 octobre 1961
rue Eric Rohmer - Tulle
20h - Projection du film Octobre à Paris de Jacques Panijel - Médiathèque - Tulle
21h - Conférence de Jean Luc Einaudi, historien - Médiathèque - Tulle


vendredi 25 octobre
20h00 - Projection du film 20 000 moujiks sans importance de Patrice Legall,
Salle Latreille - Tulle

et aussi...
Exposition Lumière derrière vous de David Molteau du 19 octobre au 16 novembre
Médiathèque du Pays d’Argentat - place Joseph Faure
samedi 19 octobre - 11h30 - vernissage de l’exposition

 

septembre 2013

samedi 7 septembre 2013
Exposition Sillons et écriture de Pierre Bergounioux et Jean-Pierre Bréchet
du 7 au 30 septembre
18h - Vernissage - Eglise St Pierre - Tulle -
21h - Cinéma Le Palace - Tulle - en présence du réalisateur et de Pierre Bergounioux
jeudi 19 septembre
Reprise de l’atelier chant traditionnel avec Sylvie Heintz
19h - local de PEC - Tulle
vendredi 20 septembre
Reprise de l’atelier chant «Retour ô 35 choeurs» avec Marion Lherbeil
18h30 - local de PEC - Tulle

Décade Cinéma et Société
du 13 au 17 mars en campagne et du 1er au 5 mai à Tulle

Résidences d’artistes

RADO

Pascale Guérin
« L’inventaire s’élargit ...


Programme du mois de juin

lundi 3 juin
Projection du film De l’autre côté du périph (épisode 1) de Bertrand Tavernier
20h30 - Salle Latreille - Tulle

vendredi 7 juin
Projection du film Pleure ma fille, tu pisseras moins ! de Pauline Horovitz
20h30 - Salle des fêtes- Saint Jal

du vendredi 14 au samedi 15 juin
Bobines Rebelles, festival du documentaire politique,
Royère-de-Vassivière - Creuse (voir programme joint)

samedi 22 juin
Rencontre avec le groupe Rado pour la présentation de l’étude pour une commande publique sur le Pays de Tulle
à partir de 17h - Locaux de Peuple et Culture

Du 26 au 29 juin, TULLE rend hommage à Bertrand Tavernier : Et si on s’engageait ?


du mardi 28 mai au dimanche 1er septembre
Exposition Foyer Fantôme de Ahlam Shibli
Musée du Jeu de Paume - Paris

vendredi 5 juillet
Projection du film Un soir un étranger de Olivier Bertrand ( 2007-46’)
20h30 - Salle des fêtes - Chenaillers-Mascheix



 

 

 

 


 

Programme du mois de janvier

jeudi 10 janvier
Projection du film Sombras de Oriol Canals
20h30 - salle Latreille - Tulle


jeudi 24 janvier
Vernissage de l’exposition Phantom Home de Ahlam Shibli
19h30 - musée d’Art Contemporain - Barcelone


vendredi 25 janvier
Projection du film Les invisibles de Sébastien Lifshitz
21h - cinéma le Palace - Tulle


samedi 26 janvier
Projection du film La nuit remue de Bijan Anquetil, en présence du réalisateur
et de Hamid, protagoniste du film
20h30 - Transformerie «La vie et demie» - Tulle


 

 

 


 

rendez-vous d'octobre 2012

du mardi 2 au mardi 23
Exposition Collection en mouvement
- Ussel
mardi 2 - 18h - vernissage de l’exposition
jeudi 11 - 18h - visite guidée avec David Molteau

du jeudi 4 au samedi 13
Cycle (In)Dépendances, du joug colonial à la dictature du marché

Proposé par l’association Mémoire à Vif - Limoges
Festival panafricain d’Alger de William Klein (1970-90’)

jeudi 4 octobre - 20h30 - cinéma le Lido - Limoges

vendredi 12
Projection du film Voix de garage
de Philippe Guilloux
20h30 - salle des fêtes - St Jal avec l’Amicale laïque


vendredi 19
Projection du film La ruée vers l’Est
de Raphaël Girardot et Vincent Gaullier
précédé du court métrage Taraneasca de Tim Moreau
20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix avec l’association culturelle et sportive


dimanche 21
Projection du film Zahia Ziouani, une chef d’orchestre entre Paris et Alger
de Valérie Brégaint
17h - salle des fêtes - St Privat avec l’Amicale européenne de la Xaintrie


du vendredi 26 octobre au dimanche 18 novembre
Exposition Collection en mouvement réalisée par l’Artothèque du Limousin
,
le FacLim et Peuple et Culture, relais artothèque pour la Corrèze
Place Delmas - Argentat
vendredi 26 - 18h - vernissage de l’exposition


samedi 27
Cycle psychiatrie - 1er volet avec le ciné-club de Tarnac
Projection du film Fous à délier d’un collectif de réalisateurs italiens

17h - local de Peuple et Culture - Tulle
Projection du film Un tramway nommé désir de élia Kazan
20h - cinéma le Palace - Tulle (sous réserve)

 

 


rendez-vous de septembre 2012

du mercredi 5 au dimanche 30
Exposition de l’atelier d’expression picturale de l’EPDA du Glandier

les mardi, jeudi et vendredi de 14h à 19h
les mercredi et samedi de 10h à 12h et de 14h à 19h - église St Pierre - Tulle
et du mardi au samedi de 14h à 18h - Cour des Arts - Tulle
vendredi 14
Vernissage de l’exposition en partenariat avec l’EPDA du Glandier, la Ville de Tulle, La Cour des Arts, le Conseil Général de la Corrèze, Entropie et Compagnie et Peuple et Culture
17h - église St Pierre - Tulle

vendredi 21
Projection du film Vol Spécial de Fernand Melgar en partenariat avec RESF 19
21h - cinéma le Palace - Tulle

samedi 22
Journée d’étude autour des premiers travaux de RADO en Corrèze
de 9h à 18h - salle Latreille - Tulle


à venir au mois d’octobre...
Festival panafricain d’Alger de William Klein (1970-90’)

jeudi 4 octobre - 20h30 - cinéma le Lido - Limoges

et aussi…
Ateliers souffle et voix avec Iris Bugl

les mardi de 18h à 19h30 - Peuple et Culture, 51 bis rue Louis Mie - Tulle
les mercredi de 19h à 20h30 - école Jules Ferry, entrée Rue Dalton - Brive


 

rendez-vous de juillet - aout 2012

mardi 3 juillet
Présentation des projets scolaires Arts Plastiques réalisés avec David Molteau
Cabinet des curiosités - 16h30 - école primaire - St Martin la Méanne
La peinture dans tous ses états - 16h30 - école primaire - St Clément

mercredi 4 juillet
Soirée organisée par Amitiés Droujba 19 avec poésies par Pierre-étienne Heymann et chants par les ateliers chants traditionnels et Retour Ô 35 choeurs de Peuple et Culture.
20h30 - salle polyvalente du lycée Cassin - Tulle

les jeudis 5 et 19 juillet
Promenade théâtrale avec l’atelier théâtre de Peuple et Culture
18h30 - rendez-vous au parking St Pierre - Tulle

mardi 17 juillet
Projection du film Zahia Ziouani, une chef d’orchestre entre Paris et Alger de Valérie Brégaint
21h - librairie L’aire libre - Argentat

vendredi 20 juillet
Projection du film The Black Power Mixtape de Göran Olsson
21h - ciné-club - Tarnac (sous réserve)

mardi 24 juillet
Projection du film Babel Caucase toujours ! de Mylène Sauloy
21h - librairie L’aire libre - Argentat

mardi 14 août
Projection du film Djembéfola de Laurent Chevallier
21h - librairie L’aire libre - Argentat

mardi 21 août
Projection d’une sélection de courts-métrages
21h - librairie L’aire libre - Argentat


rendez-vous de mai 2012

vendredi 11 mai
Projection du film Avec Dédé de Christian Rouaud, avec le Centre Régional des Musiques Traditionnelles en Limousin (CRMTL) et la médiathèque de Seilhac
à partir de 19h - salle Cerous - mairie - Seilhac


mardi 15 mai
Projection de 3 films par l’association Mémoire à Vif dans la continuité de la décade Cinéma et Société El Djazaïr !
20h - cinéma le Lido - Limoges


jeudi 24 mai
Scènes ouvertes
19h - dans les jardins de l’association Le battement d’ailes - Lauconie - Cornil


jeudi 31 mai
Projection d’un film (à déterminer) dans le cadre des Rencontres Africaines
salle Latreille - Tulle

PEC change de constitution

télé-brouette PEC mercredi 9 mai - 18h - locaux PEC - 1ère rencontre autour de cette nouvelle aventure


rendez-vous de avril 2012

jeudi 5 avril
Scènes ouvertes
19h - théâtre des 7 Collines - Tulle

vendredi 6 avril
Droit de questions - Changer d’économie ! par Mireille Bruyère, «économiste atterrée» 20h30 - salle Latreille - Tulle

du mercredi 11 au dimanche 15 avril

Décade Cinéma et Société
El Djazaïr! France-Algérie, du colonialisme à aujourd’hui
cinéma le Palace et médiathèque éric Rohmer - Tulle

vendredi 20 avril
Projection du film Mémoires d’immigrés, les enfants de Yamina Benguigui, dans le cadre de la Décade Cinéma et Société
20h - Lauconie - Cornil, avec l’association Le battement d’ailes
21h30 - concert avec le groupe Cabaret Constantine


 

rendez-vous de février 2012

vendredi 3 février
Projection du film Les roses noires de Hélène Milano
20h30 - salle des fêtes - Chenaillers -Mascheix, avec l’association culturelle et sportive


mardi 7 février
Projection du film La stratégie du choc de Michael Winterbottom et Mat Whitecross
20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche, avec Musicas Dreibidas


mercredi 8 février
Projection du film An angel in Doel de Tom Fassaert
20h30 - salle Latreille - Tulle


lundi 20 février
Projection du film Duch, le maître des forges de l’enfer de Rithy Panh
21h - cinéma le Palace - Tulle


vendredi 24 février
Maquisarbres
exposition, projection, lectures, rencontres, buffet participatif
18h - salle de l’université populaire - Tulle


rendez-vous de janvier 2012


vendredi 13 janvier
Projection du film La Rue est à eux de Isabelle Regnier

21h - cinéma le Palace - Tulle, avec l’association Autour du 1er Mai
en présence de la réalisatrice


vendredi 20 janvier
Projection du film Fumel, de feu, de fer, de rock
de Jacques Mitsch
et Jean-Christian Tassy
20h30 - salle des fêtes - Lostanges, avec le Foyer Rural


mardi 24 janvier
Projection du film Retour à Gorée
de Pierre-Yves Borgeau
20h30 - médiathèque éric Rohmer - Tulle, dans le cadre du festival du Bleu en hiver


vendredi 27 janvier
Scènes ouvertes, dans le cadre du festival du Bleu en hiver

19h - salle Latreille - Tulle


dimanche 29 janvier
Projection du film Le bonheur... Terre promise de Laurent Haas
14h30 - librairie L’aire libre - Argentat, en présence du réalisateur
suivie d’un goûter sorti du sac

 


rendez-vous de décembre

jeudi 1er décembre
Scènes ouvertes
19h - salle Des Lendemains qui chantent - Tulle


vendredi 2 décembre
Projection du film La Mort de Danton de Alice Diop
20h30 - salle des fêtes - St Jal


vendredi 9 décembre
Droit de questions Réforme de la psychiatrie, l’entrée en résistance d’une profession
avec Olivier Labouret, médecin psychiatre, président de l’Union Syndicale de la Psychiatrie,
membre du collectif Contre la Nuit Sécuritaire.
20h30 - médiathèque Eric Rohmer - Tulle


mardi 13 décembre
Projection du film Les Roses noires de Hélène Milano

20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche


vendredi 16 décembre
De retour de Palestine… Rencontre avec Anne Tanné
(Peuple et Culture Cantal), témoignage, photographies
20h30 - local de Peuple et Culture - Tulle


mercredi 21 décembre
Le jour le plus court, 1ère fête du court métrage à l’initiative du CNC

21h - cinéma le Palace - Tulle

 


rendez-vous de novembre

vendredi 4 novembre
Projection du film Sub de Julien Loustau, en présence du réalisateur
20h30 - salle de l’exposition Rado - avenue Ventadour - Tulle


samedi 5 novembre
Présentation du projet de résidence d’artistes de Bruno Even, Pascale Guérin et David Molteau
17h30 - Merveilleux Prétexte - Cerice - Tulle


mardi 15 novembre
Projection du film Water makes money de Leslie Franke et Herdolor Lorenz
20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche,
dans le cadre de la semaine de la Solidarité Internationale avec Corrèze
environnement et l’association Qualité de la vie en pays d’Uzerche


jeudi 17 novembre
Projection du film Un combat singulier de Xavier Villetard en présence du réalisateur et de Jérôme Amimer, producteur
20h30 - salle de l’Université Populaire - Tulle, dans le cadre du mois du film documentaire

du 18 au 21 novembre - cinéma le Palace - Tulle, avec la ligue des Droits de l’Homme,
présence de la réalisatrice à confirmer durant cette période
Ici on noie les algériens - 17 octobre 1961 de Yasmina Adi (2011 - 90’)

festival Traces de vies
du 21 au 27 novembre, Clermont-Ferrand

jeudi 24, vendredi 25, samedi 26 novembre
Anniversaire de l’association Mémoire à Vif
projections, lectures, débats, théâtre - Limoges

 

 


 

octobre 2011

du mardi 4 au vendredi 28 octobre
Exposition Abstraits #2 réalisée par l’Artothèque du Limousin, le FacLim et PEC
Galerie du musée du Pays d’Ussel - Ussel
mardi 4 - 18h- Vernissage de l’exposition


jeudi 6 octobre
Anniversaire de l’association Mémoire à Vif
«Premier parachutage sur le terrain accidenté de la mémoire» - Projections
20h - cinéma le Lido - Limoges


samedi 8 octobre
Journée Gheerbrant (inscriptions préalables, participation libre)
Projection de l’heptalogie La république Marseille de Denis Gheerbrant
de 10h à 13h et de 14h à 19h - salle de l’Université Populaire à Tulle
21h - salle des fêtes - Saint-Jal en présence du réalisateur


jeudi 13 octobre
Droit de questions - 17 octobre 1961, le racisme d’Etat, d’hier et d’aujourd’hui
par Olivier Le Cour Grandmaison, historien, auteur
20h30 - salle Latreille - Tulle, en partenariat avec la LDH Tulle


vendredi 14 octobre
Projection du film Le terre des âmes errantes de Rithy Panh
20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix avec le groupe RADO


samedi 15 octobre
Projection du film Trois jardins de Marie Preston du groupe RADO en sa présence
20h - local de l’exposition RADO - Tulle


vendredi 21 octobre
Projection du film D’égal à égales de Corinne Mélis et Christophe Cordier
20h30 - salle des fêtes - Salon-la-Tour



rendez-vous de septembre 2011

du 9 septembre au 28 octobre
Exposition d’une sélection d’oeuvres des artistes du groupe RADO
accueillis en résidence par Peuple et Culture jusqu’en 2013
visites accompagnées ou ateliers sur rendez-vous - friche commerciale,
ancien magasin de luminaires, route de Clermont-Ferrand (fléchage RADO)


vendredi 23 septembre
Droit de questions avec Laurence Pache,
conseillère régionale du Limousin :
Palestine : Comment les sociétés civiles peuvent-elles agir pour une paix juste ?
20h30 - médiathèque intercommunale - Tulle


mercredi 28 septembre
Projection du film Dieu nous a pas fait naître avec des papiers
de Luc Decaster
20h30 - salle Latreille - Tulle en présence du réalisateur


samedi 8 octobre
Journée Gheerbrant (inscriptions préalables, participation libre)
Projection de l’heptalogie La république Marseille de Denis Gheerbrant
de 10h à 13h et de 14h à 19h - salle de l’Université Populaire-Marie Laurent - Tulle
21h - salle des fêtes - Saint-Jal en présence du réalisateur


 

rendez-vous de mai 2011

du mercredi 4 au dimanche 8 mai
Deuxième partie de la Décade Cinéma et Société
«Ouvriers, ouvrières la classe !»


vendredi 13
Projection du film Walter, retour en résistance de Gilles Perret
20h30 - salle des fêtes - Aix
Projection du film Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch
de Anne Linsel et Rainer Hoffmann
18h - théâtre des 7 Collines - Tulle


vendredi 20
Projection du film La Terre des âmes errantes de Rithy Panh
20h30 - salle des fêtes - Saint-Jal


samedi 21
Journée d’étude de l’ANACR-Corrèze «Connaissance de la résistance»
de 9h30 à 17h - salle du conseil municipal - Lagraulière


vendredi 27
Projection du film L’An prochain la révolution de Frédéric Goldbronn
20h30 - médiathèque intercommunale - Tulle
en présence de Frédéric Goldbronn et Maurice Rajsfus


lundi 30
Présentation du travail de l’atelier théâtre
18h30 - école Turgot - Tulle


mardi 31
Scène ouverte
19h - place du bourg - Naves

 


 

rendez-vous d'avril 2011

mardi 5 avril
Projection du film Rien à perdre de Jean-Henri Meunier
20h30 - salle Latreille - Tulle
En présence de Fakir, protagoniste du film


vendredi 8 avril
Projection du film Bernard, ni dieu ni chaussettes de Pascal Boucher
20h30 - salle des fêtes - Chenailler Mascheix


jeudi 14 avril
Projection du film Au Nom du père, de tous, du ciel de Marie-Violaine Brincard
20h30 - salle Latreille - Tulle
avec l’association Rencontres africaines


mardi 26 avril
Diffusion de L’Europe et Tchernobyl de Dominique Gros
A partir de 20.40 - THEMA : Tchernobyl, l’histoire sans fin - ARTE


du mercredi 4 au dimanche 8 mai
Deuxième partie de la Décade Cinéma et Société
«Ouvriers, ouvrières la classe !»


 

rendez-vous de mars 2011

lundi 7 mars
Projection du Cran de l’abattu
Captation vidéo du spectacle théatral et musical
de Pierre-Etienne Heymann

20h30 - Salle Marie Laurent - Tulle


vendredi 11 mars
Lecture de textes de Frantz Fanon
par Marie-Pierre Bésanger et Philippe Ponty

18h30 - Médiathèque intercommunale - Tulle


jeudi 17 mars
PEC Corrèze a 60 ans
Chanson, casse-croûte et projection du film
"peuple et culture, indépendant mais pas neutre"

réalisé à partir d’entretiens entre Manée Teyssandier et Roger Eymard
19h - Salle Marie Laurent - Tulle

jeudi 17 mars
Scènes ouvertes

19h - Théâtre des 7 Collines - Tulle


du mardi 15 au dimanche 20 mars
Décade Cinéma et Société : Ouvriers, Ouvrières : la classe!

Projections en campagne : Uzerche, St Jal, Naves, Cornil et Argentat


vendredi 25 mars
Projection du film Biquefarre de Georges Rouquier

20h30 - Salle polyvalente - Sérilhac avec le foyer culturel


jeudi 31 mars
Projection du film Birlyant, une histoire tchétchène de Helen Boyle

20h30 - salle Latreille - Tulle en présence de Nicole Fernandez Ferrer,
déléguée générale du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir


jusqu'au au samedi 26 mars
Exposition François Maspero et les paysages humains / Affiche en PDF
Médiathèque - Tulle

 


 

rendez-vous de février 2011



mardi 1er février
projection du film L’Eau, la terre et le paysan de Christian Rouaud
20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche


vendredi 4 février
droit de questions
La question du foncier et de l’accaparement des terres en Afrique avec José Tissier
20h30 - salle Latreille bas- Tulle


mercredi 9 février
Projection du film Peter Tosh, stepping razorde Nicholas Campbell
20h - salle des Lendemains qui chantent - Tulle


du vendredi 4 février au samedi 26 mars
Exposition François Maspero et les paysages humains
Médiathèque - Tulle
samedi 12

15h30 - Rencontre avec François Maspero ‘‘ Homme livre - homme libre’’
animée par Bruno Guichard de la Maison des passages de Lyon
17h30 - Vernissage de l’exposition en sa présence
20h30 - Rencontre avec François Maspero - Librairie L’aire libre - Argentat

jeudi 17 - Projection du film Frantz Fanon, mémoire d’asile d’Abdenour Zahzah et Bachir Ridouh
20h30 - médiathèque intercommunale - Tulle

 

 


rendez-vous de janvier 2011


vendredi 14 janvier
projection du film Illégal d’Olivier Masset-Depasse
21h - cinéma Le Palace - Tulle
en partenariat avec RESF 19, LDH 19 et le cinéma Le Palace

vendredi 21 janvier
projection du film Ecchymoses de Fleur Albert
20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix

lundi 24 janvier
projection du film L’Ordre des mots de Cynthia et Mélissa Arra
20h30 - salle Latreille - Tulle
en présence de Nicole Fernandez Ferrer, déléguée générale
du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir.

samedi 29 janvier
scène ouverte spéciale Bleu en hiver
16h - médiathèque intercommunale - Tulle

mardi 1er février
projection du film L’Eau, la terre et le paysan de Christian Rouaud
20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche

vendredi 4 février
droit de questions La question du foncier
et de l’accaparement des terres en Afrique avec José Tissier
20h30 - salle Latreille - Tulle