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cinéma documentaire



Nostalgie de la lumière de Patricio Guzmán
(Chili/France-2010-90’)
Pour la sortie de son dernier film, le grand cinéaste chilien Patricio Guzmán est présent en France pendant une vingtaine de jours et nous avons le privilège de l’accueillir à Tulle.

vendredi 10 décembre 2010 - 21h - cinéma le Palace - Tulle
En présence de Patricio Guzmán

« Notre planète humide n’a qu’une seule tache brune sans le moindre degré d’humidité. Il s’agit de l’immense désert d’Atacama. Enveloppés de poussière stellaire, les scientifiques du monde entier ont construit ici les plus grands télescopes de la terre. La science s’est éprise du ciel du Chili. »
Ainsi débute le film de Patricio Guzmán. Le désert d’Atacama, réputé être le plus aride et le moins propice à la vie de notre planète, est surtout un terreau fertile pour l’histoire, parce qu’on y trouve les plus grands observatoires de la planète, mais aussi des momies de civilisations autochtones, les mines abandonnées du 19ème siècle et les cadavres de déportés politiques assassinés durant la dictature de Pinochet.
Et par cette porte du passé Patricio Guzmán part à la recherche de la mémoire enfouie, accompagne les femmes cherchant inlassablement depuis 27 ans les restes de leurs proches disparus et interroge les astronomes : pourquoi fait-on des recherches sur un passé vieux de millions d’années et occulte-t-on le passé proche ? (« Aujourd’hui encore, le coup d’Etat de Pinochet est raconté de manière très parcellaire et très brève, dans les manuels scolaires, on y apprend surtout combien les militaires du 18ème siècle étaient glorieux […] On construit une histoire de carton-pâte » P.G)
C’est ainsi que par une suite de circonvolutions et un jeu d’analogies et de parallèles, le réalisateur fait le lien entre toutes ces données qui composent l’histoire, qu’elle soit individuelle ou collective, et donne une dimension philosophique riche à son film : l’importance de la mémoire pour pouvoir vivre le présent.

Le réalisateur :
Après des études à l’Ecole Officielle de l’Art Cinématographique à Madrid de 1966 à 1969, Patricio Guzmán produit et réalise La Bataille du Chili (1975-1979) avec la contribution de Chris Marker. Cette trilogie de cinq heures sur la période finale du gouvernement de Salvador Allende remporte six grands prix en Europe et en Amérique latine.
Exilé à Paris et très attaché à l’histoire de son pays d’origine, il réalise plusieurs documentaires sur les bouleversements majeurs que connaît le Chili en cette fin de 20ème siècle : Au nom de Dieu (1987) sur la lutte de l’Eglise catholique pour la défense des droits de l’homme au Chili, Chili : la mémoire obstinée (1997) sur la mémoire historique de son pays, Le Cas Pinochet (2001) sur l’arrestation du célèbre dictateur chilien, ou encore Salvador Allende (2004), forme d’hommage rendu à un homme qui a profondément marqué la vie de Patricio Guzmán.


Le profit et rien d’autre ! de Raoul Peck
(France-2000-57’)
samedi 11 - 15h30 - médiathèque intercommunale - Tulle
Comment va le monde vu de Port-à-Piment, petite ville de Haïti, aujourd’hui réduite à la ruine et à la décomposition sociale ? Qu’en est-il en Occident de la solidarité, des grandes idéologies face à la nouvelle économie ?
Partant de l’hypothèse généralement acceptée que «la quête du profit mène le monde», Raoul Peck explore les conséquences que ce paradigme génère sur les rapports humains. Il pose une série de questions et construit un film polyphonique où jouent en contrepoint scènes de vie, entretiens, interviews d’économistes, archives, graphiques, micro-trottoirs filmés en Haïti et aux quatre coins du monde occidental... Soutenu par la parole engagée du réalisateur et par une stylisation brutalement contrastée, le film relie une approche «macro» - celle de la grande spéculation des organisations monétaires internationales et des spécialistes de l’économie - à une approche «micro» - celle des pêcheurs et des paysans de Port-à-Piment qui réinventent dans le troc de nouveaux systèmes d’échanges. Marqué par le totalitarisme de Duvallier, Haïti représente ici le tiers-monde paralysé par la misère et la violence, où le bonheur est un surplus. Le monde occidental, lui, semble avoir perdu la mémoire et la force de résister. Pamphlet à la fois caustique et poétique, Le Profit et rien d’autre ! retrace l’histoire de ce déséquilibre et dénonce les perversités et absurdités de «ce système féodal et opaque».
Le réalisateur : Ingénieur, économiste, journaliste, photographe, Raoul Peck est diplômé de l’Académie du Film et de la Télévision de Berlin. Réalisateur et producteur à travers ses compagnies Velvet Films GmbH Berlin et Velvet S.A., Haïti, il est Président de la Fédération Caribéenne du Film et de la Vidéo, membre de l’Association des scénaristes allemands et de l’A.R.P en France. Ancien Ministre de la Culture de Haïti, Raoul Peck a reçu en 1994 à New York le Prix Nestor Almendros, pour l’ensemble de son travail en faveur des Droits Humains.
En 2010, il est nommé Président de l’Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son (La Fémis).
Filmographie sélective : Lumumba - La mort d’un prophète (Documentaire, 1991), L’homme sur les quais (Fiction, 1993), Desounen - Dialogue avec la mort (Documentaire, 1994),
Haïti, le silence des chiens (Documentaire, 1994), Quelques jours en avril (Fiction, 2005) Moloch tropical (Fiction, 2009)



Des Français sans Histoire de Raphaël Pillosio
(France-2010-84’)
mardi 14 - 20h30 - salle Latreille - Tulle
mercredi 15 - 20h30 - librairie L’aire libre - Argentat
En présence du réalisateur

Des hommes, des femmes et des enfants catégorisés comme « Nomades » ont été internés en France de 1940 à 1946. La plupart d’entre eux étaient Tsiganes.
À la recherche des dernières traces de ce passé, ce film raconte l’Histoire méconnue d’une population marginalisée et stigmatisée depuis plus d’un siècle par la République française. Au langage technique et froid de l’Administration répondent des hommes et des femmes qui ont été internés.
Avec leurs mots, leurs accents, ils incarnent une parole ignorée et c’est tout un pan du rapport entre l’Etat et les minorités qui se dévoile sous nos yeux.
Ce film révèle aussi l’absence totale de travaux documentaires de mémoire sur ce thème : « Quand j’ai découvert cette histoire à l’occasion de mon premier film Route de Limoges, un documentaire sur le camp de Poitiers qui internait à la fois des Juifs et des nomades, j’ai été très étonné par l’ignorance et le manque d’intérêt général autour de ce sujet et par l’absence de travaux le concernant. Aussi surprenant que cela puisse paraître, des Français sans Histoire est le premier film documentaire envisageant ce sujet d’un point de vue exhaustif. »
Ce film est sélectionné par le collectif «2010 une année consacrée à l’internement des nomades de 1939 à 1946» qui soutient la diffusion du film dans toute la France à travers son réseau associatif. Le programme « Une mémoire française. Les Tsiganes pendant la Seconde Guerre Mondiale, 1939-1946 » propose de janvier à décembre 2010, des événements culturels dans la France entière. Son objectif est de faire connaître à un large public la spécificité du traitement des Tsiganes en France pendant la Seconde Guerre mondiale, ses origines ainsi que le contexte plus général du génocide tsigane en Europe. Il s’agit de porter à la connaissance du plus grand nombre ces faits trop souvent occultés et de rendre hommage aux victimes.
Le réalisateur : Raphaël Pillosio est réalisateur et metteur en scène. Son premier film Route de Limoges (2003) a reçu le Prix de la production régionale aux «Escales documentaires» de La Rochelle. En 2004, il réalise Algérie, d’autres regards qui a reçu le Prix du meilleur film engagé au Festival International du Film Indépendant de Bruxelles : Pendant la guerre d’Algérie, de jeunes cinéastes français, Pierre Clément, Cécile Decugis, René Vautier, Yann Le Masson et Olga Poliakoff ont réalisé des films pour dénoncer la guerre que menait la France en Algérie.


et aussi
Des luttes d’hier aux luttes d’aujourd’hui :
100 ans de luttes populaires en Corrèze

Rencontre avec Roger Eymard, fondateur de Peuple et Culture Corrèze
samedi 18 - 14h30 - salle polyvalente - Naves
à l’initiative de Cap à Gauche 19

… les luttes populaires - syndicats et politiques - au siècle dernier,
du temps :
- en 1920, des premières grandes grèves et des pissenlits en fleur entre les rails et les traverses de la gare de Tulle,
- dans les années 25-30, des grands rassemblements du syndicat des paysans-travailleurs autour de Marius Vazeilles,
- en février 34, des mobilisations contre le fascisme et les ouvriers de chez Maugein défilant derrière leurs patrons qui portent un drapeau rouge et un drapeau tricolore,
- des « bals rouges » de 36 aux jours ensolleillés du Front Populaire, de la semaine de 40 heures et des premiers congés payés,
- des journées de mai 68… ou ce que vivent les roses…
L’histoire toujours à suivre, toujours le même combat : des mêmes contre les mêmes.
Roger Eymard



 

Novembre 2010 : 11ème édition du mois du film documentaire
À l’initiative d’Images en Bibliothèques, cet évènement rassemble maintenant tous les acteurs de la diffusion cinématographique : bibliothécaires, salles de cinéma, réseaux associatifs, culturels, éducatifs, pour faire connaître et partager un cinéma documentaire d’auteur original et singulier


To shoot an elephant de Alberto Arce et Mohammad Rujailah
(Espagne-2009-112’)
vendredi 5 Novembre 2010 - 20h - salle Corrèze du Conseil général - Tulle
Hors les murs Cinéma du réel, en présence de Javier Packer Comyn, directeur artistique du festival Cinéma du Réel

Alberto Arce, rentré à Gaza juste avant l’opération « Plomb durci » (27 décembre 2008 - 18 janvier 2009), filme le quotidien des Gazaouis soumis à la brutalité et à la disproportion des moyens employés par Israël. Pendant cette offensive, plus de 1400 Palestiniens ont été tués. Pendant les attaques, alors que l’armée israélienne interdisait aux journalistes étrangers d’entrer dans la Bande de Gaza, Arce a réussi à rester à Gaza et à filmer comment les équipes médicales et les hôpitaux étaient pris pour cibles par les forces israéliennes alors qu’ils étaient en service.
Alberto Arce a commencé à envoyer ses chroniques sur internet pour elmundo.es alors qu’il parcourait les rues de Gaza dans des ambulances du Croissant Rouge, carnet et caméra à la main. C’est comme ça qu’est né To shoot an elephant. Mais personne ne voulait ni le financer ni le distribuer. L’équipe du film a alors décidé de le distribuer elle-même avec une licence libre par l’intermédiaire de l’organisation Creative Commons.
« Nous voulons briser les barrières, nous luttons contre les «tous droits réservés», notre devise est « pas de droits réservés » parce que la culture se transmet par le partage et non par des restrictions » Alberto Arce
Alberto Arce est arrivé à Gaza, depuis Chypre, sur le bateau du Free Gaza Movement le 18 décembre 2008, en tant que membre de l’International Solidarity Movement (ISM). Il a travaillé en solidarité avec le peuple palestinien, accompagné les pêcheurs et les fermiers pour tenter de dissuader la violence des forces israéliennes, et témoigner des impacts quotidiens du siège sur les Gazaouis.
Un jour après avoir reçu le Prix du Journalisme de la Fondation Anna-Lindh pour ses reportages du conflit dans ses articles sur Gaza publiés par le quotidien espagnol El Mundo, Arce a obtenu le prix du meilleur réalisateur au Festival Dei Popoli de Florence le 7 novembre 2009.



Noces d’or de Marie-Hélène Rebois (France-2006-74’)
mercredi 10 Novembre 2010 - 19h - théâtre des 7 Collines - Tulle
en partenariat avec le théâtre des 7 Collines

Histoire d’une œuvre inaboutie : la création que Bagouet voulait offrir, en 1993 à ses parents et au public avant que la mort ne le cueille. La réalisatrice a retrouvé tous ceux qui faisaient partie de l’équipe de création de Noces d’or, leur a demandé ce qu’ils savaient du projet, et comme dans un puzzle, a reconstitué les intentions du chorégraphe. Ce documentaire revient aussi sur la personnalité complexe et hors du commun de Dominique Bagouet, sur la naissance de sa vocation, sur sa relation à l’art ainsi que sur ses liens familiaux.
Dominique Bagouet est né à Angoulême le 9 juillet 1951. Il débute une formation de danse classique à l’école de Rosella Hightower à Cannes et intègre le Ballet du Grand Théâtre de Genève. Il interprète chez Félix Blaska, puis chez Maurice Béjart à Bruxelles et Carolyn Carlson à l’Opéra de Paris. En 1974 il s’installe aux Etats-Unis où il travaille avec plusieurs chorégraphes tels que Lar Lubovitch et Merce Cunningham. Deux ans plus tard, il retourne en France pour présenter sa première chorégraphie intitulée Chansons de nuit et la présente au Concours de Bagnolet où il obtient le premier prix. Il crée sa propre compagnie, « Compagnie Dominique Bagouet » et s’installe à Montpellier où il devient en 1980, directeur du Centre chorégraphique régional de Montpellier, puis du Centre chorégraphique national en 1984.
En 1981, Dominique Bagouet fonde le Festival International Montpellier Danse et participe à l’émancipation du mouvement de la nouvelle danse française.
Atteint du sida, il est décédé le 9 décembre 1992, alors qu’il préparait la chorégraphie Noces d’or pour fêter le 50ème anniversaire de mariage de ses parents.
Marie-Hélène Rebois consacre son travail de cinéaste à la création artistique contemporaine. Elle réalise des portraits d’artistes et des documentaires consacrés au mouvement, au corps, à la mémoire du corps... De la danse à la merveilleuse alchimie du corps humain, au geste créateur.



Un soir d’été, un étranger de Olivier Bertrand
(France-2007-46’)
vendredi 12 Novembre 2010 - 20h30 - salle des fêtes - Saint-Jal
avec l’Amicale laïque

Des habitants d’un village d’Ile-de-France ont caché un immigré clandestin marocain (Miloud) dans leurs greniers. Dix ans plus tard, le réalisateur revient dans ce village pour essayer de comprendre pourquoi ils ont ouvert leurs portes. Qu’est-ce qui fait que l’on entre en illégalité et en résistance ?
« Notre générosité vient se nicher dans nos failles ». Les faits remontent à 1997. Dix ans après, le réalisateur qui avait suivi l’histoire à l’époque en tant que journaliste à Libération est revenu à Janvry et à Palaiseau, où s’était improvisé un petit réseau de solidarité en faveur de Miloud. « Ce qui m’intéressait dans cette histoire, note Olivier Bertrand, c’est que ces gens ne sont pas des militants, pas forcément tous de gauche. »



Les Arrivants de Claudine Bories et Patrice Chagnard (France-2009-110’)
samedi 13 Novembre 2010 - 20h - cinéma Le Palace - Tulle
en partenariat avec le collectif 19 pour la Semaine de la solidarité internationale (Mashikuna, Corrèze environnement…)

Caroline et Colette sont assistantes sociales. À longueur de journées, elles reçoivent des familles qui viennent demander l’asile en France. Chaque jour il en arrive de nouvelles - avec ou sans bagages, avec ou sans passeport, dans des charters ou dans des camions bâchés.
Un matin c’est Zahra, une jeune Erythréenne enceinte de huit mois ; un autre jour, les Kanesha, une famille du Sri Lanka avec ses deux enfants ; puis ce sera les Moulou, un couple d’Erythrée et son bébé ; et encore les Wong qui arrivent tout droit de Mongolie.
Dans leurs regards épuisés, on peut lire à la fois une peur immense et une détermination sans faille. Ils viennent de si loin et ils attendent tant !
Comment répondre au flot débordant de toutes ces détresses, de tous ces besoins ?
Claudine Bories a d’abord été comédienne. Elle joue Brecht, Gatti, O’Casey, Molière, etc… En 1978, elle réalise son premier film, Femmes d’Aubervilliers, suivi de Juliette du côté des hommes qui est sélectionné au Festival de Cannes 1981. À partir de cette date, elle quitte le métier de comédienne pour se consacrer à la réalisation. Elle réalise de nombreux films documentaires (Monsieur contre Madame, Les femmes des douze frontières, etc...) et un long métrage de fiction La Fille du magicien. Entre 1992 et 2002, elle dirige Périphérie, un centre de création consacré au cinéma documentaire. Elle y crée les Rencontres du cinéma documentaire. En 1994 elle est vice-présidente de l’association ADDOC, un lieu important de réflexion des documentaristes français. C’est là qu’elle rencontre Patrice Chagnard. À partir de 1995 ils collaborent aux films l’un de l’autre. Les Arrivants est leur première co-réalisation pour le cinéma.
Patrice Chagnard est réalisateur de nombreux documentaires pour la télévision. En 1992 il fonde avec d’autres cinéastes documentaristes l’association ADDOC dont il est le premier président. En 1995 il réalise son premier film pour le cinéma, Le Convoi, sorte de road-movie sur un voyage humanitaire en Arménie. En 2005 il réalise Dans un camion rouge, où il nous fait partager le quotidien des pompiers volontaires de Vizille, en Isère.



Voyage en sol majeur de Georgi Lazarevski
(France, 2005, 54 min)
samedi 20 Novembre 2010 - 15h30 - médiathèque intercommunale - Tulle

Aimé a 93 ans. Depuis 40 ans, il projette un grand voyage au Maroc : il a lu tous les guides, annoté toutes les cartes. Mais sa femme refuse obstinément de l’accompagner. Elle pratique le sédentarisme avec conviction : allongée, assise, elle ne daigne sortir de chez elle que pour essayer des fauteuils, des chaises qu’elle ne trouve jamais à sa convenance. Alors, aller au Maroc… Il ne reste à son mari que le rêve, des petits carnets noircis d’une belle écriture bleue sur des itinéraires marocains imaginés. Sa vie sage s’est organisée autour de son métier de violoniste dans un grand orchestre, sans grand éclat et sans grandes entreprises.
Quand son petit-fils Georgi, réalisateur et photographe, décide de l’emmener enfin au Maroc, Aimé prépare sa valise avec un soin maniaque. C’est le départ pour l’aventure…
C’est un voyage tendre, un peu amer mais plein d’humour.
Georgi Lazarevski est né en 1968 à Bruxelles. Diplômé de l’Ecole Louis-Lumière, il alterne la pratique de la photographie et du cinéma comme chef opérateur. Il obtient des prix pour ses travaux photographiques et réalise des courts et moyens métrages documentaires pour des ONG : Guerre et peigne (1996), dans un camp de réfugiés croate, Visages, tourné à Gaza en 1997, ainsi que L’un pour l’autre, tourné au Mali, à Gaza et en Bosnie. En 2006 il réalise Voyage en sol majeur, un documentaire sélectionné dans de nombreux festivals dont celui de Montpellier. En 2007 il achève Le Jardin de Jad, tourné à Jérusalem-Est, que nous avions projeté à Saint-Jal et Argentat cette année.



Bajo Juarez, la ville dévorant ses filles d’Alejandra Sánchez et José Antonio Cordero (Mexique-2007-96’)
jeudi 25 Novembre 2010 - 20h - cité administrative - Tulle

Décade Cinéma et Société, Le féminisme est-il un mauvais genre ?
En présence de Nicole Fernandez Ferrer, déléguée générale du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir
Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, en partenariat avec la Mission départementale aux droits des femmes et à l’égalité.
Documentaire sur la disparition depuis une quinzaine d’années de plus de 400 femmes, à Ciudad Juárez, une ville de « maquiladoras » dans l’État de Chihuahua, à la frontière avec les Etats-Unis. Le film donne la parole aux parents des femmes assassinées et aux journalistes qui luttent pour dévoiler la vérité derrière ces disparitions, ainsi qu’aux femmes vivantes de Juárez, qui sont sous la menace constante de violences.


4ème édition du Festival de films ALIMENTERRE
du 15 octobre au 30 novembre

Lancé il y a 3 ans, le Festival de films ALIMENTERRE a pris de l’envergure avec plus de 200 structures mobilisées autour du Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI). Depuis sa création, le festival projette et met en débat les questions cruciales liées à l’alimentation et à l’agriculture, en France comme dans les pays pauvres.
Madre(s) tierra de Anne Farrer (France-2009-43’)
mardi 30 - 20h30 - salle de l’Auzelou - Tulle
En Equateur, la « Pachamama » (Terre Mère) est la mère spirituelle des indiens. Cette croyance englobe aussi bien la terre en tant que sol qui fournit les aliments pour vivre, que l’idée de mère, de femme, protectrice et nourricière. Aujourd’hui, la terre ne produit plus assez pour nourrir tout le monde. Dans certains villages, les femmes mettent leur énergie et leurs idées en commun pour recréer, au sein de leurs communautés, des projets d’économie locale. Ces initiatives leur permettent de faire face aux besoins de leurs familles, de défendre la culture indigène et de résister au phénomène migratoire vers les villes.


Entre nos mains de Mariana Otero (France-2010-87’)
du 10 au 16 Novembre 2010 - cinéma Le Palace - Tulle

Pour faire face à la faillite de leur entreprise qui fabrique et commercialise de la lingerie féminine, des salariés - majoritairement des femmes - tentent de la reprendre sous forme de coopérative. Au fur et à mesure que leur projet prend forme, ils se heurtent à leur patron mais aussi à la réalité du «marché». L’entreprise devient alors un petit théâtre où se joue sur un ton espiègle, entre soutiens-gorge et culottes, des questions fondamentales, économiques et sociales.

 

 


Décade Cinéma et Société
Le féminisme est-il un mauvais genre ?
vendredi 8 et samedi 9 octobre 2010 - médiathèque intercommunale et Conseil Général - Tulle

La troisième phase de l’édition 2010 de la
Décade sera consacrée au rapport que les femmes ont entretenu avec la télévision. Nous accueillerons cette fois-ci Claude Guisard, ancien directeur des programmes de recherche de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), et Christine Angoujard, déléguée régionale de l’INA Atlantique, à qui nous avons confié une carte blanche, et qui seront présents pour parler des œuvres qu’ils présenteront.
A la question « Qu’est-ce qui a guidé vos choix parmi les films programmés ? » Claude Guisard répond : « Tout d’abord leurs qualités cinématographiques, le fait qu’ils mettent en scène des femmes qui parlent d’elle, de leur condition, de leurs aspirations, de leur rapport à la société, une société avant tout d’hommes ». Ce à quoi Christine Angoujard ajoute, concernant les années 60, la création de « deux magazines qui seront des marqueurs de l’air du temps, des diffuseurs d’audace annonçant […] la révolution des idées et des mœurs qui éclatera quelques années plus tard ». Renseignements sur www.autourdu1ermai.fr



Biquefarre de Georges Rouquier (1983-90’)
vendredi 1er octobre 2010 - 20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix

Après avoir réalisé Farrebique en 1946, Georges Rouquier pensait pouvoir réaliser la « suite » quelques années plus tard. Il lui faudra attendre 1980 et une série de conférences aux Etats-Unis pour rencontrer des professeurs d’université passionnés qui enclencheront le processus de financement de ce nouveau film.
Nous sommes de nouveau en Aveyron, à Farrebique et retrouvons Roch, Raymond, Henri et la ferme, trente-huit ans plus tard.
Roch, 78 ans, le père, travaille auprès de son fils aîné, Raymond, qui est devenu le maître de la ferme. Il a construit une étable, plus spacieuse, et une maison au confort moderne. La vie coule, avec ses évolutions, ses modifications profondes mais sourdes. Jusqu’au jour où Raoul, le voisin, décide de vendre sa ferme de Biquefarre, trop petite pour être viable. Les paysans alentour désireux de s’agrandir pour pouvoir survivre entament d’âpres tractations.
Biquefarre n’est pas un Farrebique bis. Le film ne décrit pas de nouveau une paysannerie intemporelle. Bien au contraire, l’histoire est ancrée dans son temps : celui des engrais et des pesticides, de la télé et de l’émission Des chiffres et des lettres, des questions d’endettement. Même si les personnages sont les mêmes, une série de flash-back permet aux spectateurs n’ayant pas vu Farrebique de rentrer dans Biquefarre. Enfin, les capacités de jeu et l’expérience du cinéma des protagonistes ayant considérablement progressé depuis 1944, Rouquier a pu donner à son récit une structure dramatique plus forte, plus romanesque. Selon sa méthode habituelle, il a regardé ses personnages vivre, bouger, parler et a construit scénario et mise en scène à partir de ses observations. Biquefarre est un film où des personnes réelles expriment leur vie à travers une fiction. C’est une belle histoire.



Voyage en sol majeur de Georgi Lazarevski
(France-2005-54’)
samedi 16 - 15h30 - médiathèque intercommunale - Tulle

Aimé a 93 ans. Depuis 40 ans, il projette un grand voyage au Maroc : il a lu tous les guides, annoté toutes les cartes. Mais sa femme refuse obstinément de l’accompagner. Elle pratique le sédentarisme avec conviction : allongée, assise, elle ne daigne sortir de chez elle que pour essayer des fauteuils, des chaises qu’elle ne trouve jamais à sa convenance. Alors, aller au Maroc… Il ne reste à son mari que le rêve, des petits carnets noircis d’une belle écriture bleue sur des itinéraires marocains imaginés. Sa vie sage s’est organisée autour de son métier de violoniste dans un grand orchestre, sans grand éclat et sans grandes entreprises.
Quand son petit-fils Georgi, réalisateur et photographe, décide de l’emmener enfin au Maroc, Aimé prépare sa valise avec un soin maniaque. C’est le départ pour l’aventure…
C’est un voyage tendre, un peu amer mais plein d’humour.
Le réalisateur Georgi Lazarevski est né en 1968 à Bruxelles. Diplômé de l’Ecole Louis-Lumière, il alterne la pratique de la photographie et du cinéma comme chef opérateur. Il obtient des prix pour ses travaux photographiques et réalise des courts et moyens métrages documentaires pour des ONG : Guerre et peigne (1996), dans un camp de réfugiés croate, Visages, tourné à Gaza en 1997, ainsi que L’un pour l’autre, tourné au Mali, à Gaza et en Bosnie. En 2006 il réalise Voyage en sol majeur, un documentaire sélectionné dans de nombreux festivals dont celui de Montpellier. En 2007 il achève Le Jardin de Jad, tourné à Jérusalem-Est, que nous avions projeté à Saint-Jal et Argentat cette année.



Etat d’élue de Luc Decaster (2009-94’)
mardi 19 - 20h30 - cinéma Louis-Jouvet - Uzerche
mercredi 20 - 20h30 - salle Latreille - Tulle
En présence du réalisateur et de Françoise Verchère.

C’est un voyage peu commun auquel nous sommes conviés : suivre durant plus d’un an le cheminement d’une élue, Françoise Verchère, Maire et Vice Présidente du Conseil Général de Loire-Atlantique chargée de l’environnement.
Entre les réunions kafkaïennes avec des technocrates, une occupation anti-OGM ou un débat houleux sur un parc éolien, dans un rapport singulier avec le réalisateur, l’élue livre ses réflexions, évoque ses désirs comme ses déboires.
Françoise Verchère s’interroge sur la place qu’elle occupe au sein d’institutions où le dos rond semble coutumier pour faire carrière. Avec un humour peu commun, elle dépeint un monde où l’adversité politique est quasi permanente.
Derrière le beau sourire de cette femme qui dérange, on sent parfois une solitude.
« Si on veut me faire avaler des choses qui s’opposent à mes convictions, je démissionnerai de ma charge. Pour être libre, il ne faut rien devoir. » Françoise Verchère


Le réalisateur « Luc Decaster a grandi à Saint-Nazaire, “ capitale des constructions navales ”. Pendant son adolescence durant laquelle il prépare un Brevet Industriel de chaudronnier, il est marqué par les grèves dures, les affrontements des ouvriers des chantiers de l’Atlantique avec les CRS.
Devenu dessinateur industriel chez Chausson en Région Parisienne, derrière le mur du bureau d’études il découvre le taylorisme dans les ateliers de presses : les mains calleuses, les visages creusés des OS à la chaîne. Parallèlement il entreprend des études d’histoire et se spécialise dans les recherches sur le mouvement ouvrier [...] Il devient professeur d’histoire. Il reprend des études de cinéma à l’université. En 1991 il quitte l’enseignement et réalise ses premiers films autour d’Argenteuil, où il réside : des films qui évoquent, sans compassion, des bribes de vies de gens qui lui sont proches. Les oubliés de l’histoire. »
Christophe Kantcheff
Filmographie : Le rêve usurpé (1997), Rêve d’usine (1999), Dieu nous a pas fait naître avec des papiers (2004), Etat d’élue (2007)



17 octobre 1961 : une journée portée disparue
de Philip Brooks et Allan Hayling (France-1992-52’)
mardi 19 - 20h30 - salle Latreille - Tulle

En partenariat avec la Ligue des Droits de l’Homme de Tulle
Ce film est un témoignage sur les événements qui se sont produits le 17 octobre 1961, à Paris, pendant la guerre d’Algérie.
La manifestation pacifique organisée par le FLN à Paris, à laquelle participent des milliers d’algériens, sera violemment réprimée par les forces de l’ordre.
Construite essentiellement à partir d’interviews de protagonistes des événements, de séquences d’archives et de photos, cette enquête montre que plus de 200 Algériens ont été tués cette nuit-là par la police française.



droit de question
Séminaire franco-allemand-serbe : Les résurgences de l’extrême-droite et des racismes en Europe

du 23 au 30 octobre 2010 - Tulle
Ce séminaire, organisé par Peuple et Culture dans le cadre de l’OFAJ, réunit des participants allemands, français et serbes.
La première phase a eu lieu à Francfort en avril dernier et a porté principalement sur les stratégies et tentatives éducatives et pédagogiques de sensibilisation et de lutte antifascistes en Allemagne. La deuxième phase à Tulle sera consacrée plutôt aux aspects politiques de cette question et aux rapports passé-présent qui la constituent.
Lundi 25 octobre à 14h 30, à la salle des fêtes impasse Latreille, une séance sera consacrée aux causes (historiques, politiques, économiques, sociales) et aux effets des résurgences extrémistes et des racismes en Europe avec une intervention de Jean- Yves Camus, chercheur, essayiste, spécialiste de l’extrême droite et des questions d’identité. Cette séance est ouverte à toute personne intéressée par cette question sans inscription préalable.
Autres éléments du programme de la semaine :
« Balade antifasciste » dans Tulle autour des évènements du 9 juin 44 avec rencontres de témoins directs.
Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane.
Eléments de synthèse sur le contexte politique français et la politique d’immigration et d’expulsions.
Rencontres avec les familles Roms Tatari-Krasnici-Abdulahi, avec les voisins qui se sont solidarisés avec eux et l’association RESF.
Une journée à Tarnac : rencontre avec Benjamin Rosoux pour une analyse politique des arrestations et mises en examen et plus largement sur la volonté actuelle du pouvoir de criminaliser une partie de la jeunesse.
Marche vers « le trou de Gatti » et les traces d’un des tout premiers lieux de maquis sur le plateau de Millevaches, terre de résistance.
Le troisième temps de ce séminaire se déroulera en avril 2011 en Serbie.
Pour tout renseignement complémentaire : 06 84 48 15 14


 

artothèque
Exposition Collection en mouvement, Abstraits,

oeuvres de Sonia Delaunay, Shirley Jaffe, Aurélie Nemours,
Didier Mencoboni, Bruno Rousselot, Claude Tétot…
du 2 au 30 octobre 2010 – galerie du musée du Pays d’Ussel, 18 rue Michelet – Ussel
ouvert du mardi au vendredi de 14h à 17h30, le samedi de 10h à 12h et de 14h à 17h30
vernissage et présentation samedi 2 à 12h
En peinture, il est d’usage désormais d’opposer deux grandes orientations. L’une attachée à la figuration, l’autre valorisant une abstraction franche et radicale. Inévitablement, il s’agit d’une schématisation, d’un désir de dresser l’arbre de l’évolution picturale. Ceci traduit également l’importance qu’on a pu attribuer, au cours de la première moitié du XXème siècle, au pigment ainsi libéré du joug de la signification. Il est bien question de révolution picturale. Cependant, la terminologie « abstraction » reste à interroger et à approfondir. Toute une évolution de la peinture après les années cinquante, principalement durant les années soixante et soixante-dix, s’est développée dans une perspective formaliste. Support-Surface, dont Claude Viallat est une figure emblématique, a su ouvrir de nouvelles voies en situant le tableau et ses éléments constitutifs (du trait à la toile qui le reçoit, par exemple) au centre des préoccupations artistiques. Mais cette approche concrète du matériau n’est qu’un des multiples visages que l’art abstrait a pu recouvrir à ce jour.
Cette exposition d’œuvres abstraites, extraites de la collection de l’artothèque et du Faclim, propose un voyage au cœur de cet univers pictural où le signe n’est plus borné à faire sens, où la toile brute, le carton et autres matériaux pauvres entrent dans un dialogue permanent avec l’étendue picturale et l’œil. Loin d’entreprendre un inventaire des pratiques et des conceptions de l’abstraction, cette exposition souhaite donner l’occasion de découvrir des approches singulières et des démarches inventives, tout en rendant compte de la diversité des formes et des solutions que permet l’abstraction. Elle permet ainsi une confrontation entre les démarches désormais devenues historiques de Shirley Jaffe ou d’Aurélie Nemours et les travaux récents d’artistes comme Claude Tétot, Bruno Rousselot ou Didier Mencoboni.
Exposition réalisée par l’artothèque du Limousin/Faclim en partenariat avec le relais artothèque de Peuple et Culture Corrèze. Avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication/DRAC Limousin.



Les mains en l’air de Romain Goupil (2010-90’)
vendredi 10 - 21h - cinéma Le Palace - Tulle
en partenariat avec Réseau d’Education Sans Frontières
C’est l’histoire d’une bande de copains unis dans une classe de CM2. Un jour, Youssef est arrêté : ses parents sont sans-papier. Stupeur et consternation, effroi lorsque Milana, une autre membre du groupe, leur apprend qu’elle aussi est menacée. Que faire ? Les parents s’en mêlent. La mère de Blaise et Alice décide d’héberger Milana : « On l’accueille, c’est tout ! ». Mais les enfants continuent à sentir la menace peser et décident d’agir.

Une fois n’est pas coutume, Peuple et Culture projette un film de fiction. Nous avons retenu la proposition de RESF parce qu’il nous semble opportun de projeter un film « grand public » sur un sujet grave et d’actualité. Cette comédie peut être vue par tous. La fraîcheur, l’innocence nous entraînent dans un conte émouvant. Nous espérons que les enfants seront nombreux dans la salle.

Le réalisateur, Romain Goupil
« Tout a commencé par une conversation avec une amie. Elle me raconte qu’un jour, son petit garçon, d’origine vietnamienne, avait entendu que deux de ses copains s’étaient fait arrêter, qu’ils ne reviendraient sans doute plus. En rentrant de l’école, le gamin a demandé à sa mère : “C’est quand mon tour ?” D’une manière ou d’une autre, il avait compris que c’était lié à une différence – l’origine, la couleur de la peau – et il se sentait menacé. Comment justifier l’injustifiable face à un enfant ? Comment lui dire “toi, tu es français, c’est normal que tu restes, mais l’autre, qui n’a pas de papiers, il doit partir...” ? Je le dis à mon amie, et elle me rétorque : “Fais-en un film !”
Il n’était pas question de reprendre pied à pied une argumentation nauséabonde : “Mais non ils ne prennent pas le travail des Français ; mais non, ils ne mangent pas notre pain...” Les gamins disent juste : “On ne nous séparera jamais.”
J’ai voulu un film où les enfants perçoivent quelque chose qui échappe aux adultes, montrer qu’ils voient et entendent ce que leurs aînés ne comprennent plus. Ça ne signifie pas qu’ils soient purs et innocents, loin de là : mes gamins sont des petites canailles, qui trafiquent des jaquettes de DVD, refourguent des bonbons volés à l’épicerie. Mais ils ressentent, sans avoir besoin de l’expliquer, l’évidence d’une solidarité. Je n’ai pas bassiné mes jeunes acteurs avec les tenants et les aboutissants politiques. Ils ont compris intuitivement. Linda Doudaeva, qui interprète Milana, est une réfugiée tchétchène. Elle n’est régularisée que depuis quatre ans, après avoir dû se cacher en permanence avec ses parents. »


 

Terre d’usage
de Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil (2009-112’)
mercredi 22 - 20h30 - salle Latreille - Tulle
en présence de la réalisatrice et de Javier Packer-Comyn
Un territoire, l’Auvergne. Une ligne d’espace qui court de Vercingétorix à la mondialisation. Un personnage, ancien communiste, qui s’appelle Pierre Juquin. Des rencontres avec des gens qui pensent, agissent et sont. Des situations qui parlent République, religion, capitalisme et guerre. Un portrait en structure mosaïque qui suggère comme un état des lieux.
Les réalisateurs, Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil

Sophie Bruneau est anthropologue. Elle est cinéaste et chercheuse à l’Institut de sociologie de l’Université Libre de Belgique. Marc-Antoine Roudil est un réalisateur, scénariste, ingénieur du son français spécialisé dans les documentaires.
Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil ont co-réalisé en 1999 Pardevant notaire, un documentaire se penchant sur quatre situations notariales en Auvergne (diffusé en 2007 lors de la décade sur le monde rural). En 2002, ils réalisent Arbres, documentaire s’intéressant aux grandes différences et petites similitudes que l’arbre a vis à vis de l’homme (diffusé en 2006 par PEC à Saint Jal). Ils ne mourraient pas tous, qui aborde la question de la souffrance au travail, a été diffusé par PEC à Egletons en 2005, puis à Uzerche en 2009.
Terre d’usage est leur dernier film.

« Cela fait longtemps que nous couvions l’envie de tourner un film en Auvergne. Nous avons réalisé un film pour réfléchir le monde tel qu’il vient à partir de la notion de territoire au sens large. Ensuite c’est le travail du temps ; à la fois une accumulation de savoirs et une maturation. Le projet s’élabore par bribes. Parmi les éléments décisifs, la rencontre avec Pierre Juquin est importante, il répond à nos attentes de cinéastes : il enrichit notre réflexion et donne un visage au projet. La majorité des gens de plus de cinquante ans connaît Pierre Juquin pour son passé de dirigeant au parti communiste. On se souvient de son exclusion au milieu des années 80 pour avoir tenté de « rénover » le parti communiste français. Puis son rôle dans le mouvement réformateur jusqu’à sa candidature aux élections présidentielles de 88 et la mise en place des « comités Juquin ». Pour nous, Pierre Juquin est devenu Pierre, personnage du film. Pierre est d’origine auvergnate et c’est son rapport au monde, à partir de ce territoire, que nous avons travaillé ensemble. Ce personnage joue le rôle de penseur et de passeur, à travers un territoire qui est le sien. Son mouvement nous entraîne vers des rencontres, des paysages, d’autres situations. Il articule aussi à sa façon les thématiques qui traversent le film : la République, le capitalisme et la guerre.
Le titre que nous avons choisi a plusieurs sens. Terre d’usage, cela fait appel à l’expérience des choses. C’est l’usage que chacun fait de l’espace dans lequel il vit, travaille, jouit. Ce qu’il y fait et ce qu’il en fait. Cela se réfère aussi à l’expérience de chacun, ce qu’on fait et comment on pense le monde de là où on est. Ce titre évoque le concept de territoire et fait aussi référence à la notion de valeur d’usage de Marx, en opposition à la valeur d’échange. »

Le film sera présenté par Sophie Bruneau, co-réalisatrice, et Javier Packer-Comyn, directeur artistique du Festival du Cinéma du Réel.
Le festival du cinéma du réel a été créé en 1978 par la Bibliothèque Publique d’Information du Centre Pompidou. Pendant 10 jours, c’est une centaine de films documentaires français et étrangers qui sont diffusés. Cette grande manifestation est aussi l’occasion de rétrospectives (les frères Maysles en 2010) ou de programmations thématiques : le documentaire musical, les cinéastes qui travaillent en couple... Soucieux d’étendre la diffusion de cet immense travail, le festival du cinéma du Réel organise des projections «Hors les murs». c’est ainsi que nous aurons la chance d’accueillir Javier Packer-Comyn à Tulle.


 

Place du spectateur et part de l’ombre
Rencontres de cinéma en présence de Jean-Louis Comolli

du vendredi 24, 18h, au dimanche 26, 17h - Château de Ligoure (87)
« La place du spectateur était, à la naissance du cinéma, tendue par une dénégation puissante : les images cinématographiques ne ressemblaient en rien au spectacle familier du monde, mais les premiers spectateurs y croyaient quand même. Aujourd’hui,(...) il n’est plus de réel qui ne doive en passer par du visible. La place du spectateur est donc celle d’une toute-puissance illusoire : tout voir, être vu de tous, veut dire qu’il n’y a plus que des spectateurs qui sont eux-mêmes vus : la distance instituée par les représentations entre acteurs et spectateurs est aujourd’hui substantiellement annulée. »

Jean-Louis Comolli se propose, au travers de citations prises dans l’histoire du cinéma, de confronter les spectateurs d’ici et maintenant avec les places que les films d’hier et d’aujourd’hui leur ménagent.
A partir de films ou d'extraits de films — entre autres — Louis Lumière (1895-96), Dziga Vertov (1929), Luis Buñuel (1932), John Huston (1945), Jean Rouch (1959), Johan Van der Keuken (1966), Danièle Huillet et Jean-Marie Straub (1982), Robert Kramer (1990), Richard Dindo (1994), Wang Bing (2003), Claudio Pazienza (2009) et Ginette Lavigne (2010).

Jean-Louis Comolli est cinéaste ( fiction et documentaire), critique ( pendant de longues années aux Cahiers du cinéma dont il fut le rédacteur en chef, aujourd’hui auprés de Trafic et de Images documentaires ), enseignant, essayiste ( Voir et pouvoir, 2004 et Cinéma contre spectacle, 2009, éditions Verdier)
Sa pensée sur le cinéma et le monde est une des plus stimulantes.

Séminaire ouvert à tous.
Du vendredi 24 septembre 18.00 au dimanche 26 septembre 17.00.
Lieu : Château de Ligoure, à 17km de Limoges, (http://chateau-de-ligoure.blogspot.com/), navette organisée depuis la gare
Frais pédagogiques : 30 € pour les adhérents de PEC, 50 € non-adhérents
Château de Ligoure : 10 €/jour, que l’on dorme au château ou pas
Repas : à calculer en fonction des frais réels, compter environ 25 € pour trois jours

Attention, nombre de places limité.
Inscription par l’envoi d’ un chèque de réservation de 30 euros


 

ateliers chant

Retour ô 35 Chœurs : la reprise
L’atelier de chants de lutte et de résistance « Retour ô 35 Chœurs » reprendra ses activités courant septembre. Sous la baguette de Jean-Yves Depecker et Béatrice Bonnevie, les répétitions se déroulent tous les 15 jours le vendredi de 18h30 à 20h30, une fois à Tulle, une fois à Brive.
Contacts : Pierre Leymarie 05 55 23 52 38 / 06 86 03 78 32, Josette Pouget 05 55 27 12 49

Atelier chant traditionnel
Se retrouver autour du répertoire populaire traditionnel du Limousin mais aussi au-delà… Plaisir de chanter ensemble. Chanter a capella, à l’unisson, en polyphonies, faire sonner les voix… L’atelier animé par Sylvie Heintz se réunit tous les jeudis dans les locaux de Peuple et Culture, de 19 h.15 à 20 h. 45.
Reprise jeudi 23 septembre 2010 ( 1er jeudi après les Nuits de Nacre)
Contacts : Peuple et Culture 05 55 26 32 25, Sylvie Heintz 05 55 21 66 55 – 06 89 90 00 28
et aussi...


 

Repas-Concert avec «Délinquante»
samedi 2 octobre - 18h30 - Boîte en zinc - Chanteix
organisé en partenariat avec l’association Musicas Dreibidas ( Uzerche)

L’’idée : se retrouver pour échanger autour...
- d’un apéro-film (court-métrage surprise d’une dizaine de minutes)
- de mets délicieux que chacun aura préparés
- d’un concert du groupe Délinquante
Un espace permettra d’épingler recettes de cuisine ou de vie, des infos, des adresses, des titres de livres ou des idées en cours, bref ce qui pourrait intéresser les autres...
Participation : 10 euros par adulte et un plat sucré ou salé. Gratuit pour les enfants.
Réservation auprès de :
Cathy Froidurot, catherine.froidurot@neuf.fr, 05 55 73 05 04;
Maryline Mertens, fam.mertens@wanadoo.fr, 05 55 29 32 94;
Mary Rochais, rochaismary@gmail.com, 05 55 93 37 59;
Jean-Bernard Servières, jean.servieres@wanadoo.fr, 05 55 20 34 10.
Le groupe «Délinquante»
Céline et Claire sont 2 jeunes accordéonistes/chanteuses qui séduisent par leur présence, leur fraîcheur et leur authenticité sur scène... mais aussi par leurs grandes qualités humaines.
«Ce sont des artistes qui aiment par-dessus tout aller à la rencontre des autres. Le duo « DÉLINQUANTE » trimballe ses instruments, ses sourires et sa musique guinguette décalé aux quatre coins de l’hexagone, déposant au passage de délicieuses petites bulles de fraîcheur et de gaieté qui ressemblent au bonheur simple des choses partagées.»
Avec un répertoire riche, poétique et varié elles tracent leur chemin. Vous pourrez découvrir la substance de leur deuxième album qui devrait sortir cet automne (et auquel San Sévérino apporte sa contribution).
Elles aiment la Corrèze et les Corréziens pour lesquels elles ont déjà oeuvré lors de plusieurs passages aux Nuits de Nacre, à la Maison d’Arrêt de Tulle ou à la fête du Spéléo Club de Tulle (Sommet des Profondeurs).

Pour plus de renseignements sur les filles vous pouvez aller visiter : http://www.delinquante.fr


 

« Ils vivent ici, ils sont d’ici », un documentaire PEC en DVD

Il y a un an les familles Tatari-Krasnici-Abdulahi arrivaient sans-papier à Tulle pour être logées par la mairie dans le quartier de la Pièce Verdier. Elles s’installaient, scolarisaient leurs enfants.
Suite à une tentative d’expulsion par les autorités policières, les voisins réagissent et mobilisent des élus de la ville, les associations de soutien aux sans-papier et d’aide alimentaire, la presse. C’est la fraternité, la solidarité et l’engagement envers ces 15 personnes auxquels Peuple et Culture rend hommage dans ce film de 43 minutes.
Le film est en vente au prix de 10 euros reversés en soutien aux familles.

 

 



Le dictateur de Charlie Chaplin (1940-125’)
mercredi 2 - 20h30 - médiathèque - Tulle

« En 1937, Alexander Korda [réalisateur émigré de Hongrie dans les années 1920] m’avait conseillé de faire un film sur Hitler partant d’une erreur d’identité. Puisque Hitler avait la même moustache que Charlot je pourrais jouer les deux rôles, disait-il. Je n’y pensai guère sur le moment, mais en 1938, c’était un sujet d’actualité, et je cherchais désespérément une nouvelle idée de film. L’inspiration brusquement me vint. Bien sûr ! Dans le rôle de Hitler, je pourrais haranguer les foules dans un jargon de mon invention et parler à ma guise. Et dans le rôle de Charlot, je pourrais demeurer plus ou moins silencieux. » Charles Chaplin, Histoire de ma vie, Robert Laffont.
Le dictateur est un tournant dans la carrière de Chaplin : dernier Charlot et premier film parlant. Il s’agit d’une longue succession de gags sur un sujet dramatique : le contexte politique en Allemagne. Un petit barbier juif est soldat pendant la 1ère Guerre Mondiale. Blessé, il sort 20 ans après la fin de la guerre de l’hôpital et retrouve sa boutique pour reprendre son activité comme si de rien n’était, comme si Hynkel, un dictateur mégalomane et antisémite, mais aussi son sosie, n’était pas arrivé au pouvoir. Le film consiste en la vie parallèle des deux hommes, vies que le hasard des circonstances finira par intervertir le temps d’un long discours, un discours pacifiste et humaniste pas très bien écrit mais qui s’adresse directement à l’humanité entière, le public de Charlot, pour appeler à la raison, à l’amitié entre les peuples et à la résistance contre la haine.
En faisant ce film, Charlie Chaplin assume une vraie position politique. Il s’engage et engage avec lui ce qui lui a apporté le succès : le personnage de Charlot dans lequel tous les opprimés du monde se reconnaissent. En 1938, l’antisémitisme est très virulent en Europe mais aussi aux Etats-Unis. Les diplomates allemands tentent de le décourager de réaliser un film sur Hitler. Tout Hollywood, craignant des répercussions demande à Chaplin de renoncer à son projet. Charles Chaplin sera l’objet de pressions jusqu’à l’attaque de Pearl Harbor et le discours de la fin du film continuera à être suspecté de communisme. Le film a été censuré en France jusqu’à l’armistice.


En attendant les hommes de Katy Ndiaye (2007-56’)
jeudi 10 - 20h30 - salle Latreille - Tulle

en partenariat avec l’Association des Rencontres Africaines
Oualata, la ville rouge à l’extrême-Est du désert mauritanien. Dans cet îlot, éphémère rempart contre les sables, trois femmes pratiquent la peinture traditionnelle en décorant les murs des maisons de la ville. Dans une société apparemment dominée par la tradition, la religion et les hommes, ces femmes s’expriment en liberté sur leur manière de percevoir les relations amoureuses.
Les Mauritaniennes ont la réputation de s’affirmer et les trois protagonistes, à qui la réalisatrice donne la parole, ne dérogent pas à la règle. Elles sont libres. « Je suis une femme forte, convaincue d’être plus forte que beaucoup d’hommes ». Le premier mariage est de la responsabilité des parents et la fidélité une vertu, mais ces femmes ont une vie affective mouvementée. Pour les mariages suivants, ce sont elles qui choisiront. Alors interviendront les sentiments, les désirs, les besoins et joueront les convenances. En attendant les hommes, elles travaillent, jouent et dessinent des tarkhas. Il y a beaucoup de pudeur derrière ces tableaux : ils sont une façon de séduire sans passer par les mots. Ocres rouges des murs, couleurs chatoyantes des tissus, paroles sensuelles des femmes, pétrissage des enduits colorés pour les murs...
C’est parce que sa caméra, qui reste volontiers fixe, se fait proche des gestes, des couleurs, des regards et qu’elle laisse à ces femmes le temps d’exister à l’écran que Katy Lena Ndiaye échappe à la belle image pour capter les êtres, leur franchise et leurs contradictions.


Farrebique de Georges Rouquier (1946-90’)
vendredi 25 - 21h30 - en plein air près de la salle des fêtes - Chenailler-Mascheix
(repli dans la salle en cas de pluie)

Le sujet du film est simple : la vie d’une ferme aveyronnaise en 1945 sur quatre saisons. La dureté de la vie est transcendée par la poésie des images, la tendresse d’un noir et blanc très doux, une lumière cristalline. L’innocence et la force d’une vie humble, comme un bon vieux temps. « On m’a dit que j’ai décrit une paysannerie intemporelle. Elle était intemporelle parce que j’y avais mis un maximum de souvenirs d’enfance, des souvenirs qui me tenaient aux tripes. ». C’est pour cela sans doute qu’aujourd’hui encore ce film émerveille.
Rouquier commence son film avant la fin de la guerre. Il passera un an sur place pour tourner. Plus de 1400 plans, sans scénario. Un producteur lui avait proposé de faire un long métrage sur les saisons, un long métrage, le premier. Rouquier saute sur l’occasion et décide d’accrocher le thème sur de l’humain : une histoire de paysans. Alors il pense à Farrebique, ce lieu qu’il connaît depuis toujours, ses habitants qui lui sont familiers et qui l’aiment. Farrebique lui permet également d’inscrire son film dans un thème contemporain : celui de la modernisation de l’habitat rural.
Le film à peine terminé, le jury de sélection du 1er festival de Cannes l’élimine de la compétition. Mais l’issue du festival marque la première consécration du film : on crée le prix de la critique internationale pour le distinguer. Alors la bataille entre admirateurs et détracteurs se déroulera sur tous les fronts : est-ce un documentaire ou une fiction ? Les images sont-elles vraiment authentiques, les protagonistes ne sont-ils pas devenus des acteurs ? Et comment justifier l’emploi des trucages visuels s’il s’agit de réalité ? Ennuyeux pour les uns, poétique pour les autres ou pas assez engagé : ce film a beaucoup fait parler sur le cinéma et transformé des paysans d’Aveyron en vedettes. Pour André Bazin, grand critique et théoricien, c’est un des très rares films à avoir pressenti la révolution réaliste dont le cinéma français avait besoin.


Cheminots de Luc Joulé et Sébastien Jousse (2009-80’)
samedi 26 - 21h - sous la verrière de la gare - Tulle

En 2007 et en 2010 le transport des marchandises et des voyageurs a été ouvert à la concurrence. Invités par le Comité d’Etablissement des Cheminots de la région PACA, les réalisateurs Luc Joulé et Sébastien Jousse s’interrogent sur les conséquences de ce changement pour le travail des cheminots et pour nous, voyageurs.
Dans Un train entre en gare de la Ciotat des frères Lumière (1’30-1895), un train entre dans le champ de la caméra. Aussitôt, le plan presque vide se remplit : les voyageurs s’approchent et s’affairent, le chef de gare arpente et veille, le train a mis la société en mouvement. C’est cette ‘‘mission’’, comme ils définissent eux-mêmes leur activité, qui sous-tendait le travail des cheminots. Ils avaient des métiers très différents mais faisaient œuvre commune et avaient le sentiment d’appartenir à un service commun. Au long de son histoire, le train a unifié un réseau, auparavant scindé entre des entreprises privées, une communauté, un territoire.
Les luttes cheminotes ont souvent montré l’exemple ou ouvert la voie à d’autres luttes en France mais aussi à l’étranger. L’ouverture à la concurrence vient changer le cours de cette histoire. Le service du transport ferroviaire est désormais divisé. Là où il y avait unité, on trouve maintenant éclatement : entre le fret, la sécurité, les voyageurs, services eux-même divisés au sein desquels plusieurs entreprises travaillent maintenant de façon concurrente. Les cheminots qui savaient auparavant tout faire sont dorénavant spécialisés. Le travail s’est individualisé, chacun ‘‘gère’’ son activité.
Est-ce une conséquence directe, les cheminots ressentent un malaise : le sentiment que leur travail ne leur appartient plus. La division des tâches empêche les travailleurs d’avoir une vue d’ensemble et d’organiser le travail : « on est tourne-boutons ». La fierté du travail collectif bien fait qui donnait aux femmes et aux hommes le plaisir de travailler disparaît peu à peu. Les jeunes se rapprochent parfois des anciens pour apprendre, mais ce n’est pas forcément bien vu. Le militantisme, la lutte même sont source de questionnement : « Quand je suis rentré, on m’a dit que tout fonctionnait sur le rapport de forces. Qu’est-ce qu’on fait quand on ne l’a plus ? »
Concurrence et privatisation ont introduit de nouvelles notions : les parts de marché, la rentabilité, le commerce, le client, termes qui tentent de pousser vers la casse les notions de service, de voyageur, de sécurité. Les réalisateurs ont interviewé Ken Loach et Raymond Aubrac. Le premier invite à étudier de près l’exemple anglais, qui montre que la libéralisation n’est pas viable - le rail anglais a été en partie re-nationalisé. Le second, lui, invite à l’optimisme car la résistance sans optimisme est impossible. Pour ne pas renoncer au ‘‘transport en commun’’.


Himalaya, la terre des femmes de Marianne Chaud (2008-78’)
mardi 29 - 21h30 - en plein air derrière l’abbatiale - Uzerche

(repli au cinéma Louis Jouvet en cas de pluie)
Un chemin très étroit accroché au flanc de la montagne, un petit pont de branches fragiles, 4 longs jours de marche pour rejoindre le village de Sking, un des plus isolés du Zanskar, à 4000m d’altitude. Marianne Chaud va passer un été dans les montagnes, un été à préparer l’hiver.
« Depuis 7 ans, je vis la moitié de l’année au Zanskar, les paysans m’ont donné un prénom zanskari [Angmo : celle qui est capable d’agir] et m’ont acceptée dans leur famille. De village en village, de maison en maison, j’ai savouré l’incroyable privilège de l’ethnologue, celui de dire : ‘‘ je m’intéresse à la façon dont vous vivez, j’aimerais rester chez vous quelques temps, j’aimerais observer vos gestes, écouter vos paroles.’’ Quel drôle de métier ! ». Marianne Chaud montre avec sa caméra comment on vit là-bas. Elle observe, interroge et participe à la vie. Elle nous explique aussi ce qu’on lui a raconté, expliqué. Et nous dit ce qu’elle ressent pour ceux avec qui elle a passé simplement du temps.
La réalisatrice. Marianne Chaud est née en 1976 à Puy-Saint-Vincent dans les Alpes. En 1996, elle part pour la première fois en Inde. Deux ans plus tard, après avoir appris l’hindi, elle va vivre un an à Bombay pour étudier les théâtres folkloriques indiens. Elle découvre alors l’Himalaya et décide de centrer ses études doctorales sur la région du Ladakh-Zanskar. Depuis, elle y retourne tous les ans, donne des conférences. C’est après avoir participé à une émission d’Ushuaïa et été co-auteur d’un documentaire, Devenir femme au Zanskar qu’elle se décide à prendre elle-même la caméra. « La caméra me permet de dire des choses impossibles à exprimer dans le cadre d’un travail universitaire, où les relations personnelles restent en retrait. Rendre compte de ces relations c’est aussi une manière de conjurer l’exotisme, cette forme de colonialisme qui imprègne beaucoup de reportages. » Elle filmera donc seule Himalaya, la terre des femmes dans le village de Sking. Elle a depuis réalisé Himalaya, chemin du ciel, nominé aux Césars du film documentaire en 2010.


scènes ouvertes
mardi 1er - 19h - parc du château - Ste Fortunade

(repli à la salle de l’Orangerie en cas de pluie)


atelier théâtre
Trois Petits Points…
vendredi 4 - 21h - Conseil Général - Tulle - entrée gratuite
samedi 5 - 20h30 - Théâtre de la Grange - Brive - entrée gratuite

lecture - spectacle, présentation d’étape
L’atelier théâtre a été accompagné par le Bottom Théâtre.
Texte de Philippe Ponty d’après le travail en atelier. Mise en scène - direction du travail : Marie-Pierre Bésanger et Philippe Ponty.
Avec : Soleïma Arabi, Françoise Bach, Pierre Daniel, Béatrice Dubreuil, Olivier Durin, Laure Nonique-Desvergnes, Annabelle Pompier, Romane Ponty-Bésanger, Sophie Prodel, Alain Rabbe, Murielle Rabbe, Armelle Thomas.


9 juin
rencontre de Didier Jean et Zad avec les familles de victimes du 9 juin 1944 autour de la sortie de leur ouvrage C’était écrit comme ça
mercredi 9 - 10h - médiathèque - Tulle

Pour aborder le drame des pendus et déportés de Tulle, Didier Jean et Zad nous racontent la vie d’un enfant qui aurait dû être conçu le 9 juin 1944. C’était écrit comme ça... Mais ce jour-là, celui qui aurait dû être son père a croisé une unité de la division Das Reich. Et la vie s’est arrêtée... La narration de l’album alterne entre la terrible réalité de cette journée et l’existence imaginaire de l’enfant qui n’a jamais vu le jour.
Aux images tendres et colorées qui illustrent la vie telle qu’elle aurait pu être, s’opposent au fil du livre les pages grises et sépia de l’effroyable tragédie.


artothèque
Expo FacLim, une collection en mouvement
Jacques Villéglé
du 19 juin au 21 juillet - Salle Les Bains Douches - Bort-les-Orgues
samedi 19 - 11h - vernissage de l’exposition


et aussi...
Au Cinéma le Palace
Liberté de Tony Gatlif (2009-111’)
vendredi 11 - 21h

Cette projection est organisée par la Ligue des Droits de l’Homme de Tulle avec le soutien de RESF19 et de CDRoms. Elle sera suivie d’un débat en présence de Saimir Mile, président de l’association La voix des Roms.


L’arbre et la forêt de Jacques Martineau et Olivier Ducastel (2010-103’)
jeudi 27, vendredi 28, lundi 31 à 21h, dimanche 30 à 17h

Autour d’un secret de famille, le film met en scène une tragédie intimiste liée au silence qui entoure la déportation des homosexuels par les nazis, aujourd’hui encore largement taboue. Un très beau film, à ne pas manquer.


4èmes Rencontres Africaines
du jeudi 10 au samedi 12 - salle Latreille - Tulle

Pour cette 4ème édition, la femme africaine sera à l’honneur. Projections, expos, spectacles, concerts, contes et différents ateliers (peinture, initiation aux percussions...) seront proposés durant ces trois jours (cf programme joint).

 



Oussama !?! de Anne Chevrel (2005-52’)
mardi 4 Mai- 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche

C’est un petit garçon marocain aux yeux noirs. Il est né quelques jours après le 11 septembre 2001 et il s’appelle Oussama. Un prénom chargé. Apologie du terrorisme ? Tentation intégriste ? Provocation ?
La réalisatrice a connu le père d’Oussama au début des années 90 : marxiste, laïc et démocrate, il venait de passer dix ans dans les geôles de Hassan II. En tentant de comprendre pourquoi cet enfant s’appelle Oussama, elle interroge sa capacité à renouer un dialogue interrompu avec ce vieil ami. Et celle de notre société à échanger avec le Maghreb


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L’encerclement de Richard Brouillette (2008-160’)
mercredi 5 Mai- 19h30 (entracte à 21h00 et casse-croûte sur place)
médiathèque intercommunale - Tulle
projection suivie d’une discussion en présence du réalisateur

À travers les réflexions et les analyses de plusieurs intellectuels de renom (Ignacio Ramonet, Noam Chomsky, Susan George...), ce documentaire trace un portrait de l’idéologie néolibérale et examine les différents mécanismes mis en oeuvre pour en imposer mondialement les diktats.
Déréglementer, réduire la taille de l’État, privatiser, limiter l’inflation plutôt que le chômage, bref, financiariser et dépolitiser l’économie : les différents dogmes de cette pensée prêt-à-porter sont bien connus. Et s’ils s’immiscent lentement dans nos consciences c’est qu’ils sont diffusés à travers un vaste et inextricable réseau de propagande.
De fait, depuis la fondation de la Société du Mont Pèlerin, en 1947, les instituts de recherche néolibéraux, ces ‘‘think tanks’’ financés par des transnationales et des grandes fortunes, propagent inlassablement la pensée néolibérale au sein des universités, dans les médias, auprès des parlementaires, etc.
Cette idéologie qui s’affiche comme une évidence, forte de la sanction historique et scientifique que semble lui avoir conférée la chute de l’URSS, a su intoxiquer tous les gouvernements, de gauche comme de droite. En effet, depuis la fin de la Guerre Froide, le rythme des réformes néolibérales est allé sans cesse s’accentuant. Souvent imposée par la force, que ce soit à travers les plans d’ajustements structurels du FMI et de la Banque Mondiale, sous la pression des marchés financiers et des transnationales ou même par la guerre, la doctrine néolibérale s’étend dorénavant à la planète entière.
Pourquoi ce titre  ? Le mot rets vient du latin rete et signifie littéralement filet. Il exprime l’idée de piège tout autant que l’idée de réseau. Aussi, l’Internationale néolibérale s’est constituée en un vaste réseau, complexe et inextricable, qui lui permet de faire entendre sa voix polymorphe simultanément sur toutes les tribunes imaginables: les think tanks, le système d’éducation, les médias, les partis politiques, les marchés financiers, les organisations intergouvernementales (Fonds Monétaire International, Banque Mondiale, Organisation de Coopération et de Développement Économique, Organisation Mondiale du Commerce...), les transnationales, les fonds de pension et les divers autres gestionnaires de l’épargne (compagnies d’assurance, banques, fonds mutuels...). Chacun des maillons de cette vaste chaîne se charge de relayer la doctrine à un autre maillon ou, encore, directement au public. Cette circulation de l’idéologie néolibérale à travers tous les supports de diffusion possibles lui confère une espèce de ‘‘monopole de l’apparence’’ qui assure sa perpétuation et facilite l’endoctrinement des masses.
C’est ainsi que la pensée et la démocratie, encerclées de toutes parts par la propagande et les réformes, se trouvent prises au piège, dans les rets du néolibéralisme.


 

 

Le jardin de Jad de Georgi Lazarevski (2007-60’)
vendredi 7 Mai- 20h30 - salle des fêtes - Saint Jal

Jérusalem. Depuis le mont des Oliviers, on aperçoit un ruban de béton qui serpente à perte de vue, comme une hideuse balafre au milieu des habitations et des champs d’oliviers. Le « mur de sécurité » construit pour protéger Israël des attaques terroristes fait désormais partie du paysage et, pour leur plus grand malheur, du quotidien des Palestiniens. Il jouxte la maison de retraite Notre-Dame-des-Douleurs qui se retrouve désormais en zone israélienne. Or la plupart des résidents comme des employés viennent, eux, de Cisjordanie.
Le Jardin de Jad raconte le drame des familles qui ne peuvent obtenir de laissez-passer pour rendre visite à leurs proches, les galères des aides-soignants jamais assurés de pouvoir venir travailler. Les longs plans fixes expriment la solitude des vieux pensionnaires à l’ombre d’un mur qui transforme leur dernière maison en prison. Cependant, derrière la mélancolie, pointe l’espoir aussi, avec ces plans récurrents d’une échelle dressée vers le ciel, comme un symbole d’évasion. La poésie, enfin, avec ce ballon qui s’envole par la porte…


 

Les massacres de Sétif, un certain 8 mai 1945
de Mehdi Lallaoui et Bernard Langlois (1995-56’)
samedi 8 Mai- 20h30 - salle Latreille - Tulle

Le 8 mai, jour de la victoire contre le nazisme, coïncide avec le massacre de Sétif. Le Général de Gaulle déclare : « Nous avons retrouvé le droit de rire, de parler, de penser, d’être des hommes libres ». Mais cette liberté ne s’appliquera pas aux Algériens...
« Lorsque les journaux d’Alger sortent des presses le 17 mai 1945, ils ne savent pas encore que de jeunes lycéens du Lycée Albertini, dont Kateb Yacine (15 ans), sont en prison dans la caserne de Sétif. De cette même caserne où l’on fusille des émeutiers, sont partis les libérateurs de la mère Patrie dont les journaux célèbrent le retour ce même jour. Ces libérateurs découvriront l’inconcevable tragédie, en regagnant leurs villages.
Ce 8 mai 1945, les militants nationalistes qui organisent à Sétif et à Guelma les défilés de la victoire contre le nazisme ne sont pas dans une logique insurrectionnelle. Ils n’en ont ni l’intention, ni les moyens. Ils ont par contre en écho, les déclarations du Général de Gaulle à Brazzaville : « en Afrique française... comme dans tous les autres territoires où des hommes vivent sous notre drapeau, il n’y aurait aucun progrès qui soit un progrès, si les hommes, sur leur terre natale, n’en profitaient pas, moralement et matériellement, s’ils ne pouvaient s’élever peu à peu jusqu’au niveau où ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires. C’est le devoir de la France de faire en sorte qu’il en soit ainsi ».
En mêlant les premiers drapeaux algériens à ceux des nations victorieuses, les manifestants pensent que ce 8 mai annonce l’ouverture d’une nouvelle ère : celle de la liberté. Ils rencontreront pour solde de tout compte, les mitrailleuses. Il est rapidement établi, que c’est la police qui la première ouvrit le feu contre les manifestants de Sétif, à hauteur du café de France. Et ce dont les historiens sont sûrs aujourd’hui, c’est que l’émeute qui s’ensuivit coûta la vie à 103 Européens d’Algérie. La répression à l’encontre de la population algérienne fut féroce. Elle entérina la rupture avec la France, rupture qui trouvera son prolongement le 1er novembre 1954, début de la Guerre d’Algérie. Combien de morts à Sétif, Guelma, Kherrata et dans tout le Constantinois ? 5 000, 10 000, 20 000 ? (…)
Les voix des survivants ne sont plus que de minces filets qui vont disparaître. Mais les porteurs de cette tradition de fraternité dont nous sommes légataires grâce à la République seront encore là. Et s’il existe des lois d’amnistie pour les crimes passés, les lois d’amnésie sont pour nous inopérantes. » Mehdi Lallaoui, réalisateur.
Il faudra attendre le 27 février 2005 pour que, lors d’une visite à Sétif, Hubert Colin de Verdière, ambassadeur de France à Alger, qualifie les « massacres du 8 mai 1945 » de « tragédie inexcusable ». Cet événement constitue la première reconnaissance officielle de sa responsabilité par la République française.


 

Yézémed Yébaèd de Leïla Morouche (2009-58’)
mercredi 12 Mai - 20h30 - salle des Lendemains qui chantent - Tulle

Yézémed Yébaèd - qui signifie en langue amharique ‘‘de la famille et d’ailleurs’’ - écrit en images une ode à la musique éthiopienne des années 60-70 mais aussi et surtout, celle revisitée librement de manière inventive et audacieuse par Le Tigre des Platanes et Eténèsh Wassié. Cette épopée musicale trouve son point culminant lors d’une tournée dans le pays d’Eténèsh. Ce choc des cultures offre une expérience sonore inédite. Dans la veine du groove abyssinien d’autrefois, la musique de ce quintet, franco-éthiopien nous emmène au delà des frontières connues ou admises.
Cette rencontre improbable crée une passerelle entre un passé musical prolifique et un présent curieux et novateur. Comment ces ondes éthiopiennes résonnent-elles dans les corps ? Comment traversent-elles l’espace et le temps ? Qui sont les acteurs qui ont contribué à l’émergence et à la redécouverte de cette musique si singulière?

La réalisatrice. En 2007, Leïla Morouche coréalise avec Oriane Brun-Moschetti le film Algérie tours/détours né de leur rencontre avec René Vautier, avec qui elles partent en Algérie. Elles recréent alors une tournée de projection à travers le pays avec un ciné-bus, à la manière des ciné-pop mis en place par René Vautier au lendemain de l’indépendance.



Frida Kahlo, entre l’extase et la douleur
de Ana Vivas (2003-52’)
jeudi 20 Mai - 20h30 - Chamalot, résidence d’artistes - Moustier-Ventadour

dans le cadre de la décade Cinéma et Société
en présence de Julie Crenn, chercheur en arts plastiques
En 1938, André Breton écrit de l’œuvre de Frida Kahlo (1907-1954) qu’elle est un « ruban autour d’une bombe ». Le ruban fait référence au caractère « naïf » de sa peinture : les couleurs vives et brillantes, le style aplati qui rappellent l’art populaire mexicain. La bombe, ce sont les sujets souvent inédits dans les années 30-40 et 50, que Frida Kahlo a traités : la fausse couche, la violence conjugale, l’automutilation, la solitude des femmes et la douleur intérieure.
Kahlo s’est particulièrement penchée sur la question de la représentation du corps de la femme, ainsi que sur les conditions sociales oppressantes et stigmatisantes à l’égard des femmes. Elle affichait par là même une conscience féministe précoce développée plastiquement. Elle peignait sans tabou son identité sexuelle, qu’elle soit hétérosexuelle ou homosexuelle, en insistant souvent sur son physique androgyne ou sur une hybridité corporelle afin d’exprimer les ambivalences inhérentes à son identité. C’est par le biais de ses propres expériences que sa réflexion sur les femmes s’est développée. C’est aussi par une série d’identifications aux femmes légendaires de la culture populaire mexicaine (la Chingada, la Malinche et la Llorona) ainsi qu’à partir d’une identification entre destin féminin et histoire coloniale.Enfin, la revendication d’un statut indépendant en tant qu’artiste femme et une constante résistance contre les normes patriarcales faisaient partie intégrante de son message politique. Ne vient-elle pas trouver la première fois Rivera pour lui demander, en lui montrant ses premiers tableaux : « cela pourrait-il se vendre ? ».
La mise en avant de la vie personnelle de l’artiste ainsi que de sa personnalité a pu nuire à l’étude de son œuvre. Le fait de constamment rappeler ses problèmes physiques, sa volonté présupposée à devenir mère et son amour pour Diego Rivera a progressivement effacé le contenu politique de son œuvre. Le film Frida Kahlo, entre l’extase et la douleur s’inscrit dans une lecture biographique classique de l’œuvre de l’artiste. Il est composé de nombreuses reproductions des tableaux de l’artiste, d’images d’archives ainsi que d’entretiens avec différents critiques ou proches. La parole de l’artiste, tirée de son journal intime, le charge de poésie et d’émotion.
Julie Crenn animera la discussion qui suivra la projection et apportera une approche féministe de l’œuvre.


 

Ahlam Shibli
Derniers rendez-vous autour de l’exposition Trauma d’Ahlam Shibli
(clôture le dimanche 16 mai)
Thé-philo animé par Christophe Vergnaud, professeur de philosophie
dimanche 9 - 15h30 - château de Sédières
groupe limité à 12 personnes (réservations au 05 55 27 76 40)
Le livre Trauma (éditions Peuple et Culture) qui reprend les 48 photographies de l’exposition est disponible à la vente dans les librairies de Tulle, au château de Sédières et dans nos locaux au prix unique de 35€. Vous pouvez également le commander en nous adressant un chèque à Peuple et Culture (51 bis rue Louis Mie - 19000 Tulle) nous vous offrons les frais d’envoi et vous l’expédions par retour.
Toujours disponible, aux éditions Peuple et Culture, le livre de photographies Tulle de Patrick Faigembaum (2007 - 35€).


 

dates à retenir...
Trois Petits Points…

vendredi 4 juin Amphithéâtre du Conseil Général à Tulle et samedi 5 juin - 21h - Grange de Rivet à Brive - entrée gratuite
Projet conduit par l’atelier théâtre en collaboration avec le Bottom Théâtre
Texte de Philippe Ponty d’après le travail en atelier. Mise en scène - direction du travail : Marie-Pierre Bésanger et Philippe Ponty.
Avec : Françoise Bach, Pierre Daniel, Béatrice Dubreuil, Olivier Durin, Laure Nonique-Desvergnes, Annabelle Pompier, Romane Ponty-Bésanger, Sophie Prodel, Alain Rabbe, Murielle Rabbe, Armelle Thomas.
Chez les Terrassat, il y a des hommes qui partent et des femmes qui tiennent. Et puis il y a la terre, la vigne, la propriété. La terre comme origine et comme but, comme imaginaire, comme réalité. Celle que l’on conquiert, que l’on quitte, qui nous manque et nous étouffe. La terre comme famille. Une famille de vignerons-paysans-propriétaires, quelque part dans le sud-ouest de la France. Des générations, des permanences, des ruptures, des secrets, des fuites, des lubies, des amours, des peurs, des extravagances, des collections, des retours, des fantômes, des joies…


 

 


 

Les rendez-vous à la médiathèque


mercredi 7 avril- 20h30 - médiathèque intercommunale - Tulle

Dans le cadre de la Biennale de la petite enfance, Peuple et Culture propose la projection de trois courts métrages autour de ce thème.
En rachâchant de Danièle Huillet et Jean-Marie Straub (1982-7’)
« Je ne retournerai pas à l’école. Car à l’école on apprend des choses que je ne sais pas. »
Un petit garçon aux parents falots oppose à l’autorité de son maître la rigueur de sa propre logique. D’après le conte de Marguerite Duras, Ah! Ernesto (1971).
Bouquins-câlins de Isabelle Willems (1996-26’)
C’est dans les années 70 que l’on a découvert les capacités du bébé. Rapidement sont alors apparus des livres et des albums, supports d’interaction avec lui. Capable d’émotions, réceptif à l’apprentissage, le bébé et le petit enfant vont s’approprier le livre, physiquement d’abord, en tant qu’objet que l’on touche, que l’on manipule comme n’importe quel autre, puis par le babil quand leurs parents auront posé des mots sur les formes et couleurs des dessins ou photos. Le livre devient alors un support d’échanges linguistiques qui initie l’enfant au langage.
Le film nous entraîne dans les consultations de nourrissons, dans les crèches, chez des assistantes maternelles, ou à la bibliothèque et dans des familles pour nous faire partager ces moments de tendresse et d’intimité entre adultes et enfants autour de planches imagées.
Beppie de Johan van der Keuken (1965-38’)
Amsterdam. Une bague sur une main. Amsterdam. Des collants qui jouent de l’accordéon sur de vieux souliers. Amsterdam. Une fillette qui court en sautillant. Beppie. 1 minute 30 de film s’est écoulée et l’art de Johan van der Keuken est donné : une musique tonitruante, des plans fixes sur la ville, des caresses de caméra sur les détails, un montage très serré, rythmé, de l’image comme du son. Amsterdam, grise, étroite et en reflets. Une petite fille dans sa ville, comme un poisson dans son eau. C’est le matin et quelques fois avant l’école, Beppie passe devant chez tante Miep. Elle est déjà repartie. Nous allons la suivre et voir la ville, la vie par ses yeux. Et 1x3=3, et 2x3=6…
Johan van der Keuken est né à Amsterdam et fait ses études de cinéma à Paris. Son œuvre est énorme. Il devient photographe et cinéaste. Dans un premier temps, il fait des « films de photographe », expression qui a été tour à tour critique ou compliment. Beppie s’inscrit dans cette période. C’est ensuite l’expression d’« essai cinématographique » qu’on attribue à ses travaux : il n’impose plus à ses images documentaires un sens définitif mais crée une liberté en montrant un même élément sous différentes facettes : « Le montage ne se fonde pas sur une idée, mais sur la connaissance de la nature de chacune des images filmées ». Johan van der Keuken est mort en 2001 après avoir réalisé près de 50 films de tout métrage. Il laisse une œuvre humaniste, écologique et militante.


 

El batalett de Dalila Ennadre (2000-60’)
vendredi 23 avril- 20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix
projection gratuite suivie d’une collation marocaine offerte par Saadia et Rabia
L’action se situe au cœur de l’ancienne Médina de Casablanca, un quartier historique de la cité marocaine. Le film fait le portrait d’un groupe de femmes qui vivent là depuis leur enfance. Ensemble, elles donnent une image complexe de la femme populaire marocaine, femme moderne et urbaine, loin des clichés qui la décrivent soumise ou lascive telle que dans l’imaginaire transmis depuis les orientalistes. Entre rires et larmes, la réalisatrice a partagé leur quotidien durant plusieurs mois au hammam, dans leur foyer et dans les rues de l’ancienne ville...



cinéma et société
Le féminisme est-il un mauvais genre?
du 29 avril au 2 mai - médiathèque et cinéma le Palace - Tulle

Les femmes remettent le couvert en mai, mais ne vous y trompez pas : il ne s’agit pas ici de table de cuisine mais plutôt de table de montage !
Suite à un très bon week-end en campagne en février, nous investirons cette fois-ci la médiathèque intercommunale de Tulle et le cinéma le Palace du 29 avril au 2 mai, pour parler des femmes et du féminisme en littérature, de l’accouchement, de la relation au corps, des luttes ouvrières féministes, de l’immigration, etc.
Le programme vous sera communiqué prochainement, mais vous pouvez déjà en avoir un aperçu sur le site internet d’Autour du 1er mai :
www.autourdu1ermai.fr


THEATRE

Rencontre Improbable d’Ana Vila
mise en scène Sandro Pecout avec Joëlle Pinardon et Gilles Mosca-Linzeler
vendredi 9 - 20h30 - Salle Latreille - Tulle
L’auteure tire la force de ce texte de son vécu et de sa perception de l’histoire de ses parents, espagnols.
Rosa, d’origine espagnole, reçoit un paquet de lettres de Miguel, son mari disparu. Ces lettres, Miguel ne les avait pas envoyées, et Rosa, à travers elles, refait le parcours de leurs vies dans un improbable dialogue. Les blessures de l’enfance, l’exil après la victoire de Franco, la vie dans la France occupée, le déracinement, les rapports homme/femme, tous ces thèmes parcourent cette conversation posthume.



invitation Exposition de David Molteau
du 28 avril au 10 juin, vernissage le mardi 27 à 18h
le Point Art - école Jean le Bail - Limoges

ouvert les mercredis matin sur rendez-vous pendant les horaires scolaires
Le Point Art est un lieu de formation, d’expérimentations et de croisements des démarches artistiques, développé par Laurence Maurand, conseillère pédagogique en arts visuels, au sein d’une école de quartier dit «sensible», le Val de l’Aurence.
Invité dans le cadre d’une programmation intitulée «chercheur d’images», les productions présentées montreront l’expérience synthétique d’une démarche fortement modifiée par mon travail avec les œuvres de l’Artothèque du Limousin au relais de Peuple et Culture et de nombreux ateliers de pratique artistique en milieu scolaire. A partir d’un répertoire de formes captées du réel par la photo numérique, mes images sont manipulées, passées par le dessin, calquées et parfois hybridées. Conjuguant la surface de l’image avec la présence des objets, entre réel et fantasmagorie, je tente de convoquer l’étrangeté. David Molteau.

 



MARS 2010


Et la terre comme langue de Simone Bitton et Elias Sanbar (1998-59’)
mercredi 10 - 20h30 - Médiathèque intercommunale - Tulle
projection gratuite
Où me mènes-tu mon père ?
En direction du vent mon enfant.
Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ?
Que la maison reste animée mon enfant.
Car les maisons meurent quand partent leurs habitants.
Extrait du recueil, Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ? Mahmoud Darwich, Ed. Actes Sud, 1996
Poète de l’exil et de la tragédie palestinienne, Mahmoud Darwich est né en 1942 dans un village de Galilée. En 1948, il subit l’exode avec toute sa famille. Quelques années plus tard, son village est réduit en ruines par les Israéliens. Revenu en Israël, Arabe israélien réfugié dans sa propre patrie, il commence à écrire en 1965, alors que la population arabe de l’état d’Israël était encore soumise à un régime spécial d’administration militaire. La blessure qu’il porte en lui est une blessure collective, sa voix s’impose comme celle de son peuple. En 1971, il décide de s’exiler.
La popularité des poètes est immense en Orient où la poésie est considérée comme un art vivant. Lorsque Mahmoud Darwich donne un récital au Caire, à Beyrouth ou à Alger, des foules considérables viennent scander ses vers avec lui. C’est cette ferveur populaire, cette émotion que le film tente de faire partager. Aux antipodes d’une littérature militante, tout en étant profondément engagée, sa langue poétique a su trouver une voix entre le particulier palestinien et la souffrance universelle.
Le film est construit autour de divers entretiens avec Mahmoud Darwich, un commentaire analyse les principales étapes de sa vie dont l’écriture ne peut être dissociée.
Un lecture de textes du poète suivra la projection.



et aussi…
Les Francophonies en Limousin, Nouvelles Zébrures

Tram 83, un texte de Fiston Mwanza, mis en lecture par Marcel Mankita sous la direction de Catherine Boskovitz
mardi 16 - 20h30 - Médiathèque intercommunale - Tulle
Dans un pays imaginaire débarquent des hommes aux multiples nationalités. Ils pratiquent plusieurs langues et dialectes. Dénominateurs communs : l’engouement pour les jeunes filles de dix-sept ans, la propension pour les liqueurs approximatives et autres vodka de second pied, l’amour de l’argent, la corruption, les excès… La journée, ils se coupent en morceaux, trafiquent, vendent… La nuit tombante, ils se terrent dans des boîtes de nuit investies par des créatures de nuit. Débutent alors les événements, toutes sortes de tractations. Dans une langue aux confins du surréalisme, je m’attèle à suivre ces personnages qui n’ont qu’un seul désir : vivre, peu importe le prix. Je cherche à inventer, ou j’invente déjà, un monde ouvert à toutes les possibilités, où les frontières (physique, spirituelle…) tendent à disparaître car est préconisée seule l’envie de trafiquer, de réussir, de boire, d’oublier… Fiston Mwanza - janvier 2010.
Poète, nouvelliste et dramaturge, Fiston Mwanza est né à Lubumbashi (République Démocratique du Congo). Il participe à de nombreux rendez-vous littéraires organisés dans sa ville natale (Libreécrire, Fabrik Artistik), à Kinshasa et à l’étranger (Festival International de Littérature Kwani à Nairobi et à Lamu, Yambi en Belgique, Cité Internationale des Arts à Paris, Résidence Heinrich Böll en Allemagne, Nouvelles Zébrures 2009 à Limoges).


 

La danse, le ballet de l’Opéra de Paris de Frederick Wiseman (2009- 158’)
lundi 1er février- 21h - Cinéma Le Palace - Tulle
.
Frederick Wiseman a installé sa caméra durant douze semaines au cœur de l’Opéra de Paris. Des ateliers de couture aux représentations publiques où brillent les étoiles, La danse nous entraîne dans les coulisses de la prestigieuse institution. Sans un commentaire, il montre le travail de ceux qui le constituent, sa directrice, Brigitte Lefèvre et ses choix artistiques ou administratifs, les répétitions de ballets et ses chorégraphes, les différentes étapes d’un danseur pour parvenir à être une étoile, les coulisses des ateliers. La danse n’est pas seulement un film sur la danse et sa représentation mais sur ce travail multiple et structuré qui la compose.
Le réalisateur. Frederick Wiseman est un cinéaste américain né le 1er janvier 1930 à Boston, Massachusetts. Documentariste, il s’est principalement appliqué à dresser un portrait des grandes institutions nord américaines. Son premier documentaire, Titicut Follies jette un regard d’une acuité terrible sur un hôpital pour aliénés criminels. Déjà, il se démarque clairement de ses contemporains. Il prend le temps d’écouter et de regarder en privilégiant les longs plans séquences. Ses films ne comportent aucune interview, aucune musique ajoutée, aucun commentaire, ni ordre chronologique : ils présentent des segments thématiques qui se répondent et se lient par contraste et comparaison. Wiseman fournit une vision brute et laisse au spectateur le soin de se créer son propre avis.



Le temps des grâces de Dominique Marchais (2009 - 123’)
lundi 22 février- 21h - Cinéma Le Palace - Tulle

En présence de Thierry Letellier, maire de la Villedieu, protagoniste du film


Le temps des grâces est un documentaire sur l’état des terres et du paysage agricoles en France. Le titre convoque le temps de l’âge d’or, celui où homme et nature vivaient en harmonie, pour le confronter aux images de la campagne aujourd’hui : un troupeau de vaches sur un chemin creux dans la brume, des champs aux abords de routes, d’autoroutes, d’aéroports, avec poteaux électriques et lotissements pavillonnaires.

Dans le film de Dominique Marchais, les acteurs du monde agricole - agriculteurs, microbiologistes, intellectuels, institutionnels - posent dans les lieux - Beauce ou plateau de Millevaches, bibliothèque, bureau, labo - où ils travaillent de leurs mains bien sûr, mais avec leur pensée aussi et surtout. Le film réunit leurs voix et témoigne des connaissances pratiques, techniques, économiques, philosophiques relatives à la terre qui s’enchevêtrent depuis la période pré-industrielle. Une diversité d’approches pour aborder d’une façon plurielle et constructive un monde omniprésent dans la vie de chacun et qui fait face à des bouleversements récurrents.

« Certains plans du film peuvent sembler nostalgiques, notamment les paysages de bocage embrumé, à la fin. Mais lorsque l’on parle d’agriculture, la phrase « c’était mieux avant » n’est jamais bien loin. C’est ainsi, la nostalgie est un des sentiments avec lesquels on regarde l’agriculture, et mieux vaut s’en rendre compte si on veut par la suite s’en défaire. Se poser la question de ce que l’on a perdu, c’est aussi penser à ce que l’on veut conserver ou inventer. C’est parce que l’on a l’idée d’un âge d’or, d’une Arcadie, d’une époque mythique, que l’on peut rêver la suite du monde, que l’utopie regagne sa place. La télévision, en ne montrant l’agriculture que sous l’angle des crises, la stigmatisant, et louant une agriculture fantasmée (folklore, fête de transhumance...) fait que l’on croit aimer une agriculture qui n’existe pas et que l’on peine à penser l’avenir de celle qui existe.»
Dominique Marchais, réalisateur.

l’intervenant
Thierry Letellier est maire de La Villedieu et paysan moutonnier. Il intervient dans le film sur l’importance écologique du respect des tourbières.



projection - débat
La souffrance au travail
vendredi 26 février- 20h - la Boîte en Zinc - Chanteix
organisée par Cap à Gauche 19 et Peuple et Culture

Pourquoi et comment le travail peut-il être le lieu de souffrances majeures pour une part toujours grandissante des salariés ? Par delà la réalité du constat, comment réfléchir sur les causes ? Quelles mutations économiques et sociales, à différentes échelles, ont conduit à cet état de fait ? Quelles sont les voies d’une autre évolution ?

Le film - J’ai (très) mal au travail de Jean-Michel Carré (2005 - 80’)
Le travail est le carrefour de valeurs contradictoires. C’est cet « obscur objet de désir et de haine » qui est cerné dans ce film. Les images du travail, de la souffrance et de la résistance, prennent tout leur sens à travers les analyses de chercheurs, mais aussi de salariés à divers niveaux de hiérarchie. Un voyage initiatique au cœur du salariat et de l’entreprise d’aujourd’hui.
Le débat - avec Gérard Filoche, militant politique et inspecteur du travail
Gérard Filoche est militant politique et inspecteur du travail. Il est également le rédacteur en chef de la revue Démocratie & Socialisme. Il s’est notamment consacré à l’évolution du travail en France ces vingt dernières années. Il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrage parmi lesquels Carnets d’un inspecteur du travail (2005) ou Salariés si vous saviez (2008).


conférence
Ville-Paysage, présentation du projet paysager par Gilles Clément et ses élèves - projection documentaire
mardi 9 février- 20h30 - Cinéma Louis Jouvet - Uzerche

en partenariat avec la Mairie d’Uzerche et l’association Musicas Dreibidas
En 2006, la papeterie d’Uzerche ferme ses portes. La ville acquiert immédiatement le site et organise un concours d’architectes. Des projets sont sélectionnés. Un musée Cueco s’installera dans les anciens bâtiments industriels qui offriront aussi des infrastructures culturelles. Un quartier durable devrait être construit. Enfin, l’ensemble est intégré dans un projet paysager. C’est Gilles Clément, paysagiste qui a été chargé de faire des propositions. Il travaille depuis septembre dernier avec un groupe d’étudiants de l’Ecole du Paysage à Versailles, Lorène Jocteur, Odile Gabet et Romain Bocquet. Ensemble, ils viendront présenter l’avancée de leurs travaux. Un documentaire proposé par Peuple et Culture.


 

 


Janvier

 

Sicilia! de Danièle huillet et Jean-marie strauB (1998 - 64’) et Où gît votre sourire enfoui, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet de Pedro Costa (2001-72’), extraits
mercredi 6 - 20h30 - salle Latreille - séance gratuite suivie d’une médiation
Ni documentaristes, ni réalisateurs de fiction, les huillet et strauB dépouillent
le cinéma pour mieux rentrer dans le vif de ses questions. Leur œuvre, entière et engagée, constitue une référence cinématographique.

Sicilia! Chaleur aride. La lumière éclatante du soleil a évaporé les paysages et vidé les rues. Un fils rentre chez sa mère après une longue absence et retrouve ce qui semble être l’âme de l’île où les ouvriers sont payés en oranges, où les rémouleurs n’ont « plus rien de bon » à aiguiser, où la police veille et se cache en civil. La mamma prépare le repas. C’est du cuit qu’on mangera et du cru qu’on entendra, les réponses aux questions que son fils est venu poser sur son père.
Sicilia ! est tiré du livre Conversation en Sicile (1941) d’elio vittorini (1908-1966), écrivain sicilien censuré, résistant. Conversation en Sicile sera interdit pour son caractère « immoral et antinational» et deviendra le livre de chevet des néoréalistes italiens (roSSelini, De SiCa, viSConti).
Jean-Marie Straub (1933) et Danièle Huillet (1936-2006) ont réalisé plus d’une trentaine de films depuis 1962, en France mais aussi en Allemagne et en Italie (Jean-Marie Straub doit quitter le territoire français en 1958 après avoir refusé de se battre en Algérie). Ils remportent un gros succès avec leur premier long métrage Chronique d’Anna Magdalena Bach (1967). Ils adaptent ensuite de nombreux textes et livrets d’opéra (Corneille, SCHönberG, KaFKa, les dialogues entre Cézanne et JoaCHin GaSquet…).
On pourrait lire leur méthode de travail comme une déconstruction des éléments qui font un film suivie d’un travail minutieux et perfectionniste de chacun de ces éléments : le travail d’écriture du texte à partir de l’œuvre originale, la diction par les acteurs puis leur jeu distancié (des répétitions ont lieu comme pour une pièce de théâtre), le choix des lieux sur lesquels on tourne, retourne, vit afin de les connaître et définir les cadres avant l’arrivée des acteurs, le son, qui doit être parfait car il ne sera pas repris, le tournage qui dure jusqu’à ce que « la récolte » soit bonne et enfin le montage pointilleux effectué par Danièle Huillet, en image et son synchronisés.
Où gît votre sourire enfoui. PeDro CoSta a filmé les Huillet et Straub montant Sicilia ! Danièle Huillet est aux manettes. Jean-Marie Straub arpente la salle de montage. Ils discutent et commentent, dans un va-et-vient constant entre théorie et artisanat, le travail méticuleux qu’ils sont en train d’opérer.


Irène de alain Cavalier (2008 - 101’)
lundi 18 - 21h - Cinéma le Palace - Tulle
Au commencement était l’écriture. Celle, souple et serrée, dont alain Cavalier couvrait ses journaux intimes. Singulièrement ceux des premières années 1970, tandis que le cinéaste partageait sa vie avec irène. irène mourra peu après dans un accident de voiture.
Après avoir envisagé un film par procuration (avec une jeune femme d’aujourd’hui) ou le recours à la fiction, le cinéaste s’est engagé dans des récits entrecroisés à partir de sa propre écriture. Du dernier jour de la vie d’irène au premier jour de leur rencontre le film d’alain Cavalier témoigne d’un amour intense, qui n’excluait ni la rudesse, ni les incompréhensions, la complexité. Quelques objets modestes, filmés modestement, énigmatiques pour tout autre, convoquent les remémorations.
Ce nouveau film autobiographique d’alain Cavalier, s’inscrit dans la démarche que le cinéaste a adoptée maintenant depuis plus de vingt ans : tourner avec une petite caméra, seul, au jour le jour comme on tient un journal et monter pour donner sens aux fragments tournés, recomposer.
alain Cavalier commence sa carrière par des films politiques qui traitent plus ou moins directement de la guerre d’Algérie (Le combat dans l’île, 1961 et L’Insoumis,1964) et se confronte à la censure et à l’échec commercial. Il s’essaie ensuite à un cinéma plus traditionnel (un polar : Mise à sac, 1967) et c’est avec le succès (La Chamade, 1968) qu’il se retire. Il revient huit ans plus tard, avec des films où les acteurs jouent leur propre rôle (Le plein de super, 1976 ; Martin et Léa, 1978). Ses équipes se réduisent peu à peu, il se rapproche des gens qu’ils filment (lui-même : Ce répondeur ne prend pasde message, 1979 ; sa fille : Un étrange voyage, 1980). L’épure s’affirme encore avec Thérèse (1986).
Après Libera me, film sans dialogue qui revient sur les thèmes de l’oppression et de la torture, il se lance dans des portraits de femmes (Portraits, 1991), d’hommes et femme (Vies, 2000 ; René, 2001 ; Les braves, 2007) et l’autobiographie : La rencontre, 1996 ; Le filmeur, 2004 et aujourd’hui Irène.


Walter, retour en résistance de gilles Perret (2009 - 83’)
vendredi 29 - 20h30 - Salle des fêtes - Chenailler-Mascheix
avec l’association culturelle et sportive
Avec Walter, retour en résistance, GilleS Perret place sa caméra dans les pas de Walter baSSan, 82 ans, ancien Résistant déporté à Dachau, aujourd’hui révolté par les démagogies, injustices et oppressions de la France sous SarKozy.
Walter baSSan est un homme qu’on ne leurre pas. Déporté à Dachau suite à ses engagements politiques, il poursuit aujourd’hui son combat.
Avec simplicité et beaucoup d’humilité, Walterévoque son engagement dans la jeunesse communiste, témoigne de sa déportation dans les écoles primaires, accompagne les lauréats du concours de la résistance au camp de Dachau.
Mais résister se conjugue aussi au présent. Scandalisé par l’appropriation et la réinterprétation des valeurs de la Résistance qu’opère niColaS SarKozy, Walter revient sur les avancées du CNR démantelées aujourd’hui par un gouvernement qui s’y réfère honteusement : la sécurité sociale, le système de retraite par répartition, la nationalisation des secteurs vitaux de l’économie, la liberté de la presse garantie par l’indépendance de pouvoir financier par exemple. Flash info sur le suicide d’un sanspapier, annonces gouvernementales sur les tests ADN ou témoignage d’un médecin constatant que ses patients ne se soignent plus faute de remboursement, Walter, d’une sagesse révoltée, poursuit un combat toujours d’actualité : la défense des droits humains et sociaux.


soutien tarnac
Le coup de Tarnac de J.JaCques théoDore et faBriCe BiDault
vendredi 22 janvier- 20h30 - Salle Latreille - Tulle
avec le Comité de soutien aux inculpés du 11 novembre
séance gratuite suivie d’un débat en présence des auteurs du documentaire
A quoi servent les lois anti-terroristes? Les neuf mis en examens de Tarnac rappellent régulièrement qu’ils sont loin d’être les seules victimes de cette législation d’exception. Une émission spéciale de FR3 Limousin, diffusée le 8 décembre 2009 le soulignait aussi.


scènes ouvertes
samedi 30 janvier- 17h - Salle des fêtes - Lagraulière
Ça va jazzer aux scènes ouvertes organisées en ce début d’année dans le cadre du festival Du Bleu enHiver, Jazz(s) en tête ! On vous attend nombreux pour encourager les artistes en herbe et comme d’habitude, si vous souhaitez participer voici les contacts, n’attendez plus!
Céline au 05.55.26.89.60 ou Thomas au 05.55.26.09.50
avec les 7 Collines, Des Lendemains qui Chantent, le Centre Régional des Musiques Traditionnelles, Peuple et Culture Corrèze, la Ligue de l’Enseignement-FAL Corrèze, avec le soutien de la Sacem.


Ecchymoses de fleur Albert (2008 - 101’)
mercredi 13 janvier- 20h30 - Salle Latreille - Tulle
projection gratuite suivie d’un débat en présence de la réalisatrice
Après 10 ans dans le milieu hospitalier en région parisienne, anniCK part « au vert » s’installer près de Lons-le-Saunier. À travers son travail quotidien d’infirmière scolaire en milieu rural, le documentaire Ecchymoses propose une chronique de l’adolescence dont l’infirmerie est le théâtre unique et privilégié ; une forme de refuge où peut se dire le malaise scolaire, familial ou personnel tout autant que des questionnements cocasses ou graves sur la vie quotidienne, la famille, l’amour, l’école, la société…
Personnalité atypique, madone clownesque douce et rebelle, mère de 5 enfants, anniCK joue tout à la fois le rôle de soignante et de confidente.
« Préoccupée par le dénigrement des corps opéré chaque jour par les médias dont les adolescents subissent l’influence, je propose à travers ce film un parcours organique, une traversée dans le paysage mental du corps adolescent. Au-delà d’un portrait de l’adolescence à travers le huis clos qu’est l’infirmerie, ce film est aussi une façon de questionner le monde adolescent au sein de l’institution scolaire à travers le problème du corps. Comment l’institution exclut ou pas le corpsinadapté, comment elle le normalise, comment le poids d’un corps, son autonomie, l’apprentissage « d’être avec » se situe tantôt dans l’échappée, tantôt dans une pesanteur acceptée. Ainsi, comment apprend-on à un âge clé de la vie à accepter de s’offrir au regard des autres ? Comment les adolescents apprenant leurs corps apprennent le monde ? Comment apprenant le contrôle de leurs corps, dérapent-ils ou pas hors du système social préétabli ?
Derrière la densité des corps, surgissent des esprits, les horizons fragiles d’un paysage intérieur qui naît, grandit sans cesse et se raconte, se révolte, désire. Intimement, faire ce film, c’est aussi « rejouer » avec une part de mon adolescence, avec ses balbutiements de langage, ses cris, ses rengaines, ses mensonges, ses gestes manqués, ses opacités, loin de toutes sortes de maîtrise propre à l’âge adulte. » Fleur albert, réalisatrice.

droit de questions
Antisémite et de gauche? Une question toujours actuelle.
miChel Dreyfus, historien, directeur de recherches au Cnrs
jeudi 28 - 20h30 - amphithéâtre du Conseil Général - Tulle
avec l’association La Boussole - libre participation aux frais
Existe-t-il ou a-t-il existé un antisémitisme spécifique à la gauche ? Longtemps négligée par les historiens, cette question délicate est traitée pour la première fois dans cet ouvrage, qui retrace l’histoire des positions de la gauche française vis-à-vis de l’antisémitisme sur deux siècles.
Des débuts de la révolution industrielle à nos jours, toutes les composantes de la gauche ont tenu des propos antisémites, mais sous des formes très différentes dans l’espace et dans le temps. A l’antisémitisme économique associant les Juifs au capitalisme, exprimé par de nombreux socialistes au XIXème siècle, s’est ajouté un antisémitisme racial et xénophobe à partir des années 1880. Au lendemain de l’affaire Dreyfuss tournant fondamental, l’antisémitisme n’est plus revendiqué ouvertement dans les rangs de la gauche. Mais il n’y disparaît pas pour autant et on le voit encore insidieusement à l’œuvre dans l’entre-deux-guerres, à la SFIO et chez les pacifistes, parfois au sein du Parti Communiste, puis, après-guerre, à l’ultra-gauche, sous la forme du négationnisme. Une plongée historique passionnante, qui intéressera tous ceux que préoccupe cette question douloureuse - pour rester vigilants contre un danger toujours possible...
Michel Dreyfus est l’auteur de Histoire de la CGT (1895-1995) (Complexe, 1995), Liberté, égalité, mutualité. Mutualisme et syndicalisme en France (1852-1967) (L’Atelier, 2001), Histoire des Assurances sociales (Presses universitaires de Rennes, 2006), a également publié des travaux sur Charles Spinasse et sa carrière politique pendant la Guerre de 39-45.


 

décembre 2009

Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés
de Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil (2005 - 80’)
mardi 1er décembre- 20h30 - Cinéma Louis Jouvet - Uzerche avec l’association Musicas Dreibidas
en présence de Benjamin Sahler, directeur de l’Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ARACT)

Chaque semaine, dans trois hôpitaux publics de la région parisienne, un psychologue et deux médecins reçoivent des hommes et des femmes malades de leur travail. Les trois professionnels spécialisés écoutent et établissent peu à peu la relation entre la souffrance individuelle du patient et les nouvelles formes d’organisation du travail. Un huis clos cinématographique où prend corps et sens une réalité invisible et silencieuse : la souffrance au travail.

En 1998, dans son livre-réquisitoire intitulé Souffrance en France (éd. du Seuil), Christophe Dejours, psychanalyste et psychiatre, établissait de la façon la plus nette l’érection de la souffrance psychologique comme mode majoritaire de management. Sept ans plus tard, ceux dont le film de Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil recueille la parole peuvent être vus comme des survivants de ce système totalitaire ayant imposé de nouvelles formes de manutention humaine. Certains étaient ouvriers ou manœuvres, d’autres étaient cadres ou gérants, conservés au montage ou non. De conditions sociales différentes et d’origines culturelles diverses, aucun n’aurait imaginé un jour figurer dans la même histoire. Les voici pourtant qui apparaissent aujourd’hui dans le même film, corps nerveux et voix défaites, pareillement défaillantes, portant les mêmes stigmates, conséquences des mêmes humiliations. (…).
Trop tard. Le cinéma arrive trop tard, et ce n’est pas la première fois. Trop tard parce qu’au moment du tournage, la messe est dite : certes, ils ne meurent pas tous, mais déjà tous sont frappés, et quand commence pour nous le film de Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil, depuis longtemps le mal est fait ; comme pour les deux cinéastes, il ne nous reste plus qu’à prendre la mesure du désastre et constater l’étendue des dégâts.(…).
« Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » filme des corps sonnés d’en avoir trop bavé. Ils ont trop enduré, ils se sont tus trop longtemps faute de quelqu’un d’autre à qui parler. Il n’y a pas de parole possible sans écoute, sans que l’on sente face à soi un puissant désir d’écouter. Que peut alors le cinéma, sinon rompre la loi du silence (ou du trop-plein sonore encouragé par la télé, ce qui revient au même tant il s’agit toujours de ne rien faire entendre) en offrant modestement d’être là pour aménager chaque plan en une cellule d’écoute ? La sobriété du dispositif mis en place par Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil - cadre fixe et caméra sur pied sans la moindre variété d’angle, soit le cinéma dans son plus simple appareil - possède cette vertu d’encourager la parole sans jamais la forcer ni l’ensevelir sous les effets de signature. Car si les cinéastes s’effacent en tant qu’auteurs - c’est là le prix qu’il leur faut payer - ils apparaissent en revanche présences proches, tendues à l’extrême vers ce qui se dit, comme une première promesse d’ouverture. C’est ce que comprend instantanément cet ancien directeur d’agence bancaire, anéanti lui aussi, qui, ne retrouvant plus la date de l’adoption de son fils, l’année de la coupe du monde de football, demande au cinéaste de lui rafraîchir la mémoire, comme il s’adressera ensuite au caméraman pour qu’il coupe au montage ses excès de langage. Ce dialogue, l’un des rares moments drôles du film, peut sembler peu de choses, mais il signifie le début d’un échange, un déplacement, une transformation timide de la donne de départ et par voie de conséquence une possible sortie de l’isolement. Il rappelle que filmer revient toujours à décloisonner, ouvrant à d’autres espaces, introduisant le tiers filmant comme annonciation d’un autre à venir, communément appelé spectateur. À la logique de la séparation, marque de fabrique du Capital, le cinéma répond toujours par la suture et le raccord. Or c’est bien en raccordant dans le même film des mémoires personnelles qui jusqu’alors se pensaient isolées que Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil parviennent à dire l’histoire commune, comme un premier antidote à la fatalité du Marché.
Patrick Leboutte, critique itinérant.

Les réalisateurs
Sophie Bruneau est anthropologue de formation. Elle est cinéaste et chercheur à l’Institut de sociologie de l’Université Libre de Belgique.
Marc-Antoine Roudil est un réalisateur, scénariste, ingénieur du son français spécialisé dans les documentaires. Photographe, puis assistant de William Klein, il a exercé les fonctions de régisseur, d’assistant, réalisateur... sur une trentaine de téléfilms et films.
Marc-Antoine Roudil et Sophie Bruneau ont co-réalisé en 1999 Pardevant notaire, un documentaire se penchant sur quatre situations notariales en Auvergne (diffusé en 2007 lors de la décade sur le monde rural). En 2002, ils réalisent Arbres, documentaire s’intéressant aux grandes différences et petites similitudes entre l’homme et l’arbre (diffusé en 2006 par PEC à Saint-Jal). Ils ne mourraient pas tous... a déjà été diffusé à l’université d’été de PEC Union, à Egletons en 2005.
Ils travaillent en ce moment sur Les yeux de la ville , un film en forme d’essai sur la ville et la société disciplinaire qui interroge le quotidien d’un système basé sur la surveillance et le contrôle des individus, sur le point de sortir.

L’intervenant
Benjamin Sahler est directeur de l’ARACT, Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail, une structure paritaire qui entend et accompagne représentants syndicaux d’employeurs et de salariés .


Le mur des oubliés de Joseph Gordillo (2007 - 80’)
mardi 8 décembre - 20h30 - Salle Latreille - Tulle
en présence de Paloma Leon, présidente de l’association Ateneo Republicano

La guerre d’Espagne a fait un demi million de victimes et 400 000 exilés. En 1939, le pays est exsangue et la répression perdure. Aidé par la phalange, le régime franquiste incarcère, fusille ou ostracise les opposants. Le réalisateur du Mur des Oubliés, Joseph Gordillo, part sur les traces de son grand-père, fusillé parmi tant d’autres et enterré à la hâte dans une fosse commune. Le corps localisé, il en demande l’exhumation afin d’en demander la réhabilitation et d’en faire un symbole pour tous ceux qui ont été effacés de la mémoire collective de l’Espagne.
Cet événement dans le village participe au déliement des langues et ce qui avait débuté comme une simple quête personnelle se transforme peu à peu en enquête collective : les anciens parlent de la dictature, de la terrible répression et des exécutions sommaires, de l’absence de monuments aux morts ou de commémoration, et ce après trente ans de démocratie.

La dictature franquiste est restée taboue jusqu’à récemment....
« En tant que petit fils de républicain, j’entends récupérer la mémoire de mon grand-père, ceci est mon choix, mon droit légitime. En tant que citoyen d’une démocratie, réhabiliter la mémoire de tous ceux qui sont oubliés de l’Histoire est un devoir. L’Espagne a fait le choix de déchirer une page de son histoire au lieu de la tourner. La fameuse transition démocratique espagnole, que tout le monde cite en modèle, est en réalité un pacte pour effacer les responsabilités. En plus d’amnistie, il y a eu amnésie. Les vaincus ont renoncé à demander des comptes, en échange de quoi les héritiers du franquisme ont joué le jeu de la démocratie. Il faut aujourd’hui que les choses sortent, après, il sera trop tard, le fil de l’histoire risque de se rompre.
La dictature franquiste est restée taboue jusqu’à récemment. Après soixante-dix ans de silence, des milliers d’Espagnols sont, comme moi, à la recherche de leurs disparus. 35 000 à 50 000 républicains auraient été fusillés durant la terrible répression qui a suivi le conflit. Il faut bien se rendre compte que ce n’est qu’en octobre dernier qu’a été votée la loi de réhabilitation des victimes du franquisme par les députés espagnols. »
Joseph Gordillo, réalisateur, propos recueillis par Christine Torelli pour Filmer en Alsace.

De tabou à tabou...
Il y a 70 ans cette année, en 1939, 500 000 républicains fuient l’Espagne chassés par le franquisme. Cet exode, devenu exil (l’un des exils les plus grands des temps modernes), c’est la Retirada. Ces hommes et ces femmes qui viennent de combattre le fascisme arrivent en France dans l’hostilité quasi générale d’une administration qui était déjà plus proche de la Collaboration que du Front Populaire. Une partie d’entre eux sont parqués dans cinq camps de concentration des Pyrénées Orientales proches de la frontière : Argelès, Rivesaltes, Gurs... Certains de ces camps accueillent par la suite d’autres indésirables : les opposants au régime de Vichy, les juifs voués à la déportation, les tziganes. Près de 8000 républicains espagnols livrés aux allemands par Vichy périrent à Dachau, Buchenwald, Mauthausen.
La Retirada est une plaie politique qui n’a toujours pas cicatrisé, tant le déni de cet épisode de l’Histoire reste encore dominant en France. Alors même que d’autres républicains espagnols, par milliers, rouges ou anarchistes, se sont engagés dans la résistance française contre l’occupant nazi.

 


Vers un crash alimentaire de Yves Billy et Richard Prost (2008 - 80’)
mardi 15décembre - 20h30 - Librairie l’Aire Libre - Argentat

La récente flambée des prix agricoles a été un coup de semonce : jamais le monde n’avait affronté une crise alimentaire d’une telle ampleur. Et les difficultés ne font que commencer. Aujourd’hui 1 milliard 20 millions de personnes souffrent de la faim sur la planète et leur nombre croît de plus en plus vite. À la hausse du prix des matières premières, à la raréfaction de l’eau et des surfaces arables et aux ravages causés par les dérèglements climatiques, se sont ajoutés deux phénomènes récents : au moment même où la demande chinoise en céréales s’accélére brutalement, les biocarburants commencent à redessiner la carte de l’agriculture mondiale. Quant au productivisme agricole qui a épuisé les sols et pollué l’environnement, il a atteint ses limites…
Les « émeutes de la faim » de 2007 et 2008 se sont tues. Et pourtant la faim continue de croître avec 100 millions de personnes en plus dans les huit derniers mois, soit 400 000 par jour. Face à l’implacabilité de ces chiffres, auxquels s’ajoutent la croissance démographique une question centrale émerge : la Terre pourra-t-elle nourrir 9 milliard de personnes en 2050 et si oui à quelles conditions ? Avec un peu de recul peut-on aujourd’hui mieux comprendre les causes de ce que l’on a appelé « la crise alimentaire » en 2007 et 2008 ? Celle-ci doit-elle conduire à une remise en cause du modèle alimentaire occidental, privilégiant les produits animaux au détriment des céréales ? Nouvel eldorado pour certains, les agrocarburants sont dénoncés. Quels risques de compétition entre production alimentaire et énergétique ? Enfin, l’accès à la terre est désormais un enjeu stratégique pour les pays dont l’alimentation repose en grande partie sur les importations.


 

NOVEMBRE 2009


Le mois du film documentaire
Le mois du film documentaire c’est en novembre, tous les ans depuis 2000, un moment dans l’année où des structures qui ne sont pas forcément des professionnelles du cinéma - bibliothèques, centres culturels, associations - montrent du documentaire. A l’origine de cette manifestation, Image en Bibliothèques, une association nationale au service des bibliothécaires de l’image dont l’objectif était de créer un événement de grande ampleur qui permette de mettre en avant les fonds de films documentaires constitués par les médiathèques depuis plus de vingt ans.
Notre programme de novembre s’inscrit dans le cadre de cet événement.



Rachel de Simone Bitton (2008 - 100’)
mardi 3 novembre - 21h - Cinéma le Palace - Tulle
séance en présence de la réalisatrice

Elle s’appelait Rachel Corrie. Elle avait 23 ans. Elle est arrivée en Palestine croyant que sa nationalité américaine suffirait à faire d’elle un bouclier humain efficace pour sauver des vies, des oliviers, des puits et des maisons. Mais Rachel est écrasée par un bulldozer le 16 mars 2003 dans la bande de Gaza. Comme beaucoup de jeunes gens, elle tenait un journal de voyage sous forme de e-mails qu’elle envoyait à sa famille et à ses amis aux Etats-Unis…
Au rythme des mots de la jeune pacifiste, le film enquête sur cette mort en donnant la parole à toutes les parties impliquées, juxtapose des versions contradictoires du même évènement, observe les lieux du drame et dévoile de nombreux documents inédits. Vérité ou mensonge ? Témoignage ou propagande ? Le film dénoue peu à peu l’écheveau et transcende son sujet pour devenir une méditation cinématographique sur la jeunesse, la guerre, l’idéalisme et l’engagement politique.

Simone Bitton

Née au Maroc en 1955 dans une famille juive traditionnelle, Simone Bitton a vécu en Israël à partir de l’âge de onze ans, puis elle a suivi des études de cinéma en France où elle s’est installée. Pour elle l’appartenance à ces trois cultures est une richesse et un privilège. Après avoir appris la construction du mur qui isole les territoires palestiniens d’Israël, Simone Bitton s’exprimait ainsi: « Je me suis sentie déchirée en deux complètement. L’idée-même d’un mur entre Israéliens et Palestiniens, entre Juifs et Arabes, un mur qui coupe la terre en deux, sépare les gens, et de manière si vulgaire, je me suis sentie vraiment déchirée en deux. Je crois que j’ai une propension un peu pathologique à m’identifier à ce pays car c’est un pays juif et arabe et que je suis moi-même juive et arabe. Je ne sais pas, c’est comme ça. Si c’est d’un côté les Juifs et d’un côté les Arabes, je vais où moi ? ». En 2004, Simone Bitton réalise le film Mur qui documente ce chantier. A Tulle, Peuple et Culture a déjà projeté Palestine, histoire d’une terre, film de 1993, et L’Attentat qui date de 1998.

Dans ses derniers courriels à ses amis Rachel explique :
Il faut que ça cesse.
Je veux encore danser sur du Pat Benatar, sortir avec des garçons et dessiner des B.D.
Mais je veux aussi que ça cesse.
A mon retour de Palestine, je ferai des cauchemars, je me sentirai coupable d’être partie, mais je canaliserai ça dans le travail.
Ce voyage est la meilleure chose que j’aie jamais faite.
Pardon pour la diatribe.


Les pirates du vivant de Marie-Monique Robin (2005 - 56’)
jeudi 19 novembre- 20h30 - salle des fêtes - St Jal avec l’Amicale Laïque
dans le cadre du festival Alimenterre, en partenariat avec la MDH de Limoges.

Par le passé, il suffisait à des aventuriers de détenir une lettre patente de leur souverain pour prendre possession, en son nom, de territoires dits vierges, aliénant de ce fait les populations autochtones. Cette pratique se poursuit de nos jours, l’objectif n’étant plus l’expansion territoriale, mais l’appropriation de la biodiversité endémique et des savoirs et pratiques traditionnels des pays en voie de développement. Des multinationales et des laboratoires américains, européens et japonais, avides de profits, missionnent sur le terrain des agents (les bien-nommés « biopirates ») puis décrivent, à leur retour, les gènes des espèces prélevées, isolent des principes actifs, énoncent des protocoles d’utilisation et s’empressent enfin d’en déposer le brevet, déniant ainsi au pays d’origine sa propriété ainsi que ses usages et connaissances millénaires. Le pays dépossédé se voit alors contraint de verser des royalties au détenteur du brevet afin de poursuivre l’exploitation de ses propres ressources ! Face à ces abus, la résistance s’organise, notamment en Inde et au Brésil, qui apprennent à se protéger contre les dérives du brevetage et de la marchandisation du vivant, et obtiennent déjà l’annulation de quelques patentes inconsidérément octroyées.


 

Demain, sur la place publique de Anne Galland (2008 - 90’)
dimanche 22 novembre - 15h - salle des fêtes - St Bonnet l’Enfantier
avec les Amis de St Bonnet l’Enfantier
séance en présence de la réalisatrice et de Nadège Colladant, protagoniste

Comment vit-on ensemble aujourd’hui dans une petite commune rurale ? Cette question se pose à Saint-Jal, en Corrèze, alors que l’élaboration d’une carte communale doit aboutir vers la fin de l’année 2006 et permettre, après une enquête publique auprès de la population, de décider de nouvelles orientations pour la vie communale. Cette question est l’affaire de tous : qu’est-ce qui a changé, s’est transformé, s’est perdu dans notre vie sociale ? Qu’est-ce qu’attendent ceux qui vivent dans la commune, enracinés depuis des générations ou au contraire nouveaux arrivants ? Que peut-on projeter, imaginer, préparer pour un avenir proche ou même à plus long terme ?
A travers un exemple local, le microcosme d’une petite commune rurale de 600 habitants, ce film documentaire propose une réflexion sur nos choix de société.



et aussi ...


Le destin du clandestin
lundi 9novembre - 20h30 - salle Marie Laurent - Tulle (entrée 10€, tarif réduit chômeurs, étudiants...)
Compagnie théâtrale Bou-Sanaa de Zinguinchor (Sénégal)
renseignements/réservation : 05 55 27 30 70

Un homme jeune, face à son avenir. Il est Sénégalais. Il pourrait être Marocain, Kurde ou Colombien. Un choix très restreint : rester au pays et ne pas vivre ou partir et risquer de périr. Il part. Tente de toutes les manières possibles de franchir ces frontières des pays où il suffit de se baisser pour ramasser de l’argent. Prendre quelques sacs et les remplir : quand ils seront bien garnis, il rentrera… Mais les fantasmes ont leurs limites : celle de la réalité, celle des contrôles de police. Notre clandestin va vivre toutes les aventures, des plus drôles aux plus tragiques. C’est un personnage qui nous prend à témoins. Il nous permet d’approcher la douleur indicible de ceux qui n’ont plus rien à perdre - sauf leur vie !

Le comédien qui campe plusieurs personnages, excelle surtout dans l’imitation d’un Nicolas Sarkosy, agité par d’incontrôlables tics des épaules, qui fait la leçon aux africains lors de son discours de Dakar. Le Destin du Clandestin prend le tragique à rebrousse poil par l’humour et l’absurde. Ce clandestin est à la fois extrêmement lucide et plein de préjugés, naïf et débrouillard, faible et courageux. On pense à Jean Rouch dans ce beau travail de scène qui nous vient d’Afrique.
L’humanité - Rubrique Culture (Avignon 2009, Côté Off) - Muriel Steinmetz.


 


Festival Traces de Vie
du 23 au 29 novembre - 19ème rencontres du film documentaire - Clermont-Ferrand / Vic-le-Comte

Comme chaque année fin novembre, le festival Traces de Vies propose une semaine d’immersion dans le cinéma documentaire. La sélection 2009 s’est effectuée autour du thème : le progrès est-il soluble dans la crise ? Au programme également, une carte blanche au Festival international du film sur l’argile et le verre, des films sur les Femmes d’Afrique, des séances spéciales organisée avec l’ACSE (Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et l’Egalité des Chances) et une leçon de cinéma avec Amos Gitaï le jeudi 26 novembre. Plus d’ informations sur http://www.tdv.itsra.net/

Beaucoup d’adhérents de Peuple et Culture se rendent à cette manifestation, les co-voiturages sont donc possibles. Hébergement à prix attractif sur place : Home dôme, http://www.homedome.fr/

 



 

Octobre 2009 :

Une journée avec Jean-Louis Comolli
samedi 17octobre 2009 - Tulle

Jean-Louis Comolli sera à Tulle samedi 17 octobre. A partir d’extraits de films sélectionnés, il s’entretiendra tout au long de la journée avec nous de la question qui le préoccupe en ce moment : comment sauver le cinéma, cet art devenu industrie du spectacle ? Il procèdera en fin d’après-midi à la signature de son nouveau livre Cinéma contre spectacle. Enfin, Jean-Louis Comolli nous guidera dans la redécouverte de Nuit et Brouillard d’Alain Resnais qui sera projeté au cinéma le Palace avant de nous montrer son dernier long métrage : Face aux fantômes.

Jean-Louis Comolli est cinéaste (fiction et documentaire), critique (pendant de longues années aux Cahiers du cinéma dont il fut le rédacteur en chef, aujourd’hui auprès de Trafic, Images documentaires), enseignant à la FEMIS et dans les universités de Paris XIII et Barcelone, essayiste (Voir et pouvoir, 2004 et Cinéma contre spectacle, 2009 aux éditions Verdier).

Journée d’étude de 10h à 18h
Conseil Général - 9, rue René et Emile Fage - Bâtiment B - rez-de chaussée - Tulle

« Que peut le cinéma aujourd’hui ? Faut-il même qu’il puisse quelque chose, autre chose que de nous divertir ou de nous faire rêver aux inaccessibles fétiches du moment présent ? Ces questions, s’il faut les poser, c’est sans doute à cette part encore minorée du cinéma qu’il convient de le faire : le « documentaire ».
Partout dans le monde, cette part du cinéma dite « documentaire » prolifère irrésistiblement. L’accès au cinéma s’est démocratisé, popularisé. Des milliers et des milliers de films aux marges de l’économie marchande sont produits et réalisés chaque année dans tous les pays, par tous les peuples. Ces films circulent non pas depuis les centres de diffusion (télévisions, salles de cinéma) mais depuis les périphéries, à travers des réseaux amis et complices, militants et solidaires. C’est une révolution. Le Spectacle dans son alliance avec le Capital et la Marchandise n’est plus seul à investir les cultures et les consciences.
Mais cette généralisation du passage à l’image et au son exige que l’on questionne les formes mises en jeu. Les formes audio-visuelles sont des manières de pensée, elles modélisent des manières d’être et de faire. Elles produisent du sens par elles-mêmes, au-delà du sens qu’elles portent. Ce ne sont pas aujourd’hui les « contenus » seuls qui sont en jeu, ce ne sont pas les « messages » seuls qu’il faut entendre. Car les contenus, les messages sont déjà plus ou moins standardisés. Les mêmes questions se répètent d’un bout à l’autre de la planète. Les médias sont bègues. La globalisation standardise les formes pour uniformiser les contenus. C’est donc du côté des mises en forme que la lutte doit être menée contre la domination des formes standardisées du Spectacle ».

 

Ouvert à tous. Inscriptions au 05 55 26 04 69, par email (clairedages.pec@gmail.com)
Participation aux frais pour le séminaire :
15 Euros - gratuit pour les membres actifs du réseau de diffusion du cinéma documentaire de Peuple et Culture Corrèze, scolaires, étudiants et chômeurs.
Auberge espagnole à midi, chacun apporte du salé, du sucré ou du liquide à partager.

 


Signature du livre Cinéma contre spectacle
18h - Librairie Préférences - 11, place Clément Simon - Tulle

La sainte alliance du spectacle et de la marchandise s’est réalisée. D’un pôle, d’un tropique à l’autre, le capital a trouvé l’arme absolue de sa domination : les images et les sons mêlés. Jamais dans l’histoire autant de machines n’avaient donné à autant d’hommes autant d’images et de sons à voir et à entendre. L’aliénation dévoilée par Marx n’est plus seulement ce qui dore la pilule amère de la misère, l’opium du peuple ; elle va au-delà du service rendu au capital. Elle se sert elle-même. Les spectacles, les images et les sons nous occupent dans le but de nous faire aimer l’aliénation en tant que telle. Le spectacle ne se contente pas de servir la marchandise. Il en est devenu la forme suprême.
Se battre contre cette domination, c’est mener un combat vital pour sauver et tenir quelque chose de la dimension humaine de l’homme. Cette lutte doit se faire contre les formes mêmes que le spectacle met en œuvre pour dominer. Il nous revient, spectateurs, cinéastes, de défaire maille à maille cette domination, de la trouer de hors-champ, l’ébrécher d’intervalles. Cinéma contre spectacle ? Mais c’est le cinéma qui, dans son histoire, a construit un spectateur capable de voir et d’entendre les limites du voir et de l’entendre !

 


Projections au Cinéma le Palace

Nuit et Brouillard de Alain Resnais (1956 - 32’) et Face aux fantômes de Jean-Louis Comolli (2009 - 109’)
20h - Cinéma le Palace - Tulle

« C’est par le cinéma que je sus que le pire venait juste d’avoir lieu, écrivait le critique Serge Daney, plus précisément grâce à Nuit et Brouillard, le film d’Alain Resnais.
Nuit et Brouillard est né sous les feux croisés de l’histoire et de la mémoire. Le film fut commandé à la société de production Argos Film par le Comité d’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale (principalement chargé de susciter des témoignages sur divers aspects de la Résistance et de l’Occupation) et parrainé par le Réseau du souvenir fondé par d’éminentes figures de la Résistance et de la Déportation. Argos Film, jeune société de production, qui entendait oeuvrer en faveur d’une dimension artistique du cinéma documentaire, sollicita Alain Resnais.

Dès 1957, Peuple et Culture s’emploie à diffuser Nuit et Brouillard partout en Corrèze après avoir acquis une bobine 16 mm que nous possédons toujours. Alain Resnais (comme Chris Marker) faisait partie des compagnons de Peuple et Culture après la Libération. C’est d’ailleurs, entre autres, aux fondateurs du mouvement qu’il montra les premières ébauches de montage de Nuit et Brouillard.
C’est dire tout le sens que nous donnons à cette soirée qui renoue avec un passé vivant et en même temps ouvre - avec le film de Jean-Louis Comolli, Face aux fantômes et le travail de Sylvie Lindeperg - aux questions de traitement de l’histoire et de la mémoire auxquelles nous sommes très sensibles et qui sont particulièrement vives à Tulle.

Avant et après la censure. Photogrammes (Collection Argos Films, DR).
La photo du gendarme surveillant d’un mirador le camp de Pithiviers (photo de gauche) a dû être maquillée par Alain Resnais (photo de droite) à la demande d’un représentant du Ministère de la Guerre. Trente ans plus tard Alain Resnais s’exprime ainsi sur cette question relative à la censure : «Il y a un plan que je n’avais pas remarqué, qui est la fameuse histoire du képi du gendarme. Parce qu’il y a ce plan, en effet de trois secondes, je crois, dans lequel on énumère différents camps, et à contre-jour - je dis tout de suite que nous, on ne l’avait pas vu, ça a été tout à fait inconscient - on aperçoit un gendarme français du haut d’un mirador […] ce n’était pas notre intention de compromettre la gendarmerie, on s’en fichait. Mais je voulais garder le mot : « Camp de Pithiviers » parce que c’était quand même important de montrer que la France avait organisé des points de départ pour les camps». La censure ne fut levée qu’en 1974.


Face aux fantômes de Jean-Louis Comolli (2009 - 109’)

En 2007, Sylvie Lindeperg publiait «Nuit et Brouillard, un film dans l’histoire» (Ed. Odile Jacob), aboutissement d’une longue réflexion sur l’œuvre de Resnais [A partir d’archives inédites, Sylvie Lindeperg reconstitue dans son livre la genèse et les enjeux du film. Elle s’interroge sur les lectures et les usages, parfois inattendus ou contradictoires, dont Nuit et Brouillard a fait l’objet en France comme à l’étranger ]. Il m’a été proposé d’en tirer un film. Je connaissais et appréciais Sylvie Lindeperg et son travail depuis des années. L’idée de la filmer en action (comme j’avais autrefois filmé l’architecte Pierre Riboulet, le cuisinier Alain Ducasse, le musicien Michel Portal ou l’historien Carlo Ginzburg) m’a tout de suite attiré. Dans ce film comme dans son livre, mais cette fois au moyen des images et des sons, Sylvie Lindeperg interroge les influences complexes qui ont conduit à la réalisation de Nuit et brouillard et ont pesé sur son destin. (...) Les images d’archives des camps de concentration et des centres de mise à mort reprises dans Nuit et Brouillard posent toujours les questions de leur légitimité, de la souffrance qu’elles portent, du défi qu’elles présentent aux désirs comme aux possibilités de voir. S’agissant de la destruction des juifs d’Europe, ces questions sont brûlantes. Jean-Louis Comolli


 

 

Comolli à Limoges…

La Cécilia de Jean-Louis Comolli (1976 - 113’)
vendredi 16 octobre - 20h30 - Cinéma Le Lido - Limoges
avec l’association Mémoire à Vif

A la fin du 19ème siècle, des anarchistes italiens, dix hommes, une femme, libertaires, collectivistes, émigrent au Brésil pour y fonder une communauté sans chef, sans hiérarchie, sans patron, sans police, mais pas sans conflit, ni passion. Cette utopie d’hier convoque quelques unes des questions brûlantes d’aujourd’hui : celle d’une organisation non répressive, celle de la circulation du savoir et du pouvoir, celle de la libération des femmes et de la lutte contre l’appareil familial. Les seuls rêves intéressants sont ceux qui mettent en crise le vieux monde. L’utilité des utopies se mesure aux résistances qu’elles rencontrent.

 


 

 

Puisque nous sommes nés
de Jean-Pierre Duret et Andréa Santana (2007 - 90’)
vendredi 2 octobre - 20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix
avec l’association culturelle et sportive

Brésil. Nordeste. État du Pernambouc. Une immense station-service au milieu d’une terre brûlée, traversée par une route sans fin. Cocada et Nego ont 14 et 13 ans. Cocada a un rêve, devenir chauffeur routier. II dort dans une cabine de camion et, la journée, il rend service et fait des petits boulots. Nego, lui, vit dans une favela, entouré d’une nombreuse fratrie. Après le travail des champs, sa mère voudrait qu’il aille à l’école pour qu’il ait une éducation, mais Nego veut partir, gagner de l’argent. Ensemble, ils regardent le mouvement incessant des camions et des voyageurs. Tout leur parle de ce grand pays dont ils ne savent rien. Avec cette singulière maturité qu’on acquiert trop tôt dans l’adversité, ils s’interrogent sur leur identité et leur avenir. Leur seule perspective une route vers Sâo Polo, vers un ailleurs.


 

 


The cat, the reverend and the slave
de Alain Della Negra et Kaori Kinoshita (2009 - 90’)
mardi 20 - 20h30 - Cinéma Louis Jouvet - Uzerche avec l’association Musicas Dreibidas

Primé au Festival International du Documentaire de Marseille en 2009

Alain Della Negra et Kaori Kinoshita ont réalisé un documentaire sur les habitants de Second Life. Qu’est-ce que Second Life ? C’est un univers virtuel en trois dimensions inventé en 2003. Ce programme informatique permet à ses utilisateurs d’incarner sur internet des personnages virtuels, des « avatars », dans un monde qu’ils créent également eux-mêmes. Les « joueurs » se fabriquent ainsi une seconde vie. Cette « seconde vie » est vécue de manière très différente suivant les personnes s’y essayant : rencontres et interactions sociales pour les uns, développement d’un rôle à part entière dans une communauté spécifique pour d’autres, ou poursuite de fantasmes divers, jeux de rôles. À travers la rencontre de trois communautés emblématiques de « Second Life » - les « furries », les « goréens » et les « évangélistes chrétiens »- le film interroge la porosité entre la vie réelle et la vie virtuelle. Pour ces joueurs, la frontière réel-virtuel disparaît, jusqu’à perdre sens, tant l’un et l’autre sont étroitement mêlés et s’influent directement.


 

 

retour ô 35 choeurs


vendredis 9 et 23 octobre - 18h30 - Collège Jean Lurçat - Brive

L’atelier Retour ô 35 choeurs entame une nouvelle année accompagné par Béatrice Bonnevie et Jean-Yves Depecker. Chansons de luttes et de résistances, contestataires, passées et présentes.
Et plaisir de chanter ensemble.
Contact : 05 55 26 32 25

 

 

 



 

 

 

septembre 2009 :

L’autre 11 septembre...Chili, 1973

Non, le 11 septembre n’évoque pas pour nous seulement les tours du World Trade Center de New-York, mais aussi le rêve brisé du peuple chilien par le putsch du Général Pinochet le 11 septembre 1973. C’est pour cette raison que nous vous proposons de nous retrouver ce 11 septembre pour regarder ensemble le très beau film de Carmen Castillo Rue Santa Fe.

Rue Santa Fe de Carmen Castillo (2006 - 160’)
vendredi 11 septembre - 20h - cinéma le Palace - Tulle

Rue Santa Fe, le 5 octobre 1974, dans les faubourgs de Santiago du Chili, Carmen Castillo est blessée et son compagnon, Miguel Enriquez, chef du MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire) et de la résistance contre la dictature de Pinochet, meurt au combat. C’est le point de départ de Rue Santa Fe, voyage sur les lieux du présent. Tous ces actes de résistance valaient-ils la peine? Miguel est-il mort pour rien ? Au fil des rencontres, avec la famille, les voisins de la rue Santa Fe, les camarades, leurs vies, leurs visages, Carmen Castillo parcourt un chemin, qui va de la clandestinité à l’exil, des jours lumineux d’Allende aux longues années sombres de la dictature, avec tous ceux qui ont résisté à cette époque et ceux qui résistent encore aujourd’hui. Se tisse l’histoire d’une génération de révolutionnaires et celle d’un pays brisé. La quête du sens de ces vies engagées nous conduira dans les sous-sols d’un pays amnésique où les morts ne sont pourtant pas morts et où les jeunes inventent, une nouvelle fois, un rêve.
Miguel Enriquez. Neurologue brillant, il quitte son métier en 1969, quand le mouvement populaire grandissant le mène à passer un temps dans la clandestinité. Sous sa direction, le MIR ne s’enfermera jamais dans le cercle de la violence et, en 1970, surprendra amis et alliés en appelant à voter pour Allende. Miguel était très proche d’Allende.
Le 11 septembre 1973, avant de se suicider, le Président lui envoie un message « Maintenant, c’est à toi de jouer Miguel». Une fois la machine à tuer de la dictature de Pinocget en marche, Miguel décide de rester dans le pays, clandestin,et d’organiser la Résistance. «Le peuple ne peut pas se réfugier en masse dans les ambassades, alors, nous, on ne s’exile pas.» Il n’y avait rien de sacrificiel en lui, il aimait la vie et la vie l’aimait.
L’humour, l’amitié, une pensée ouverte, iconoclaste, inventive, il parlait à toute vitesse, charismatique et drôle, on le suivait dans un éclat de rire. Il meurt au combat le 5 octobre 1974. Il aurait pu s’enfuir, mais il est resté auprès de sa femme enceinte. Il avait 30 ans.

Carmen Castillo. Historienne, dirigeante elle aussi du MIR. Travaille à la Moneda auprès du président Allende en 1970. Après le coup d’Etat militaire, elle vit dans la clandestinité avec son compagnon, Miguel Enriquez et leur petite fille de 4 ans. Après la prise d’assaut de la maison par les militaires et la mort de Miguel, elle est emprisonnée alors qu’elle est blessée et enceinte. elle perd son enfant en prison et est expulsée du pays.
«Réfugiée politique, je me suis finalement installée en France parce qu’il y avait justement une fraternité immédiate, celle du combat contre le fascisme. Les résistants au nazisme en Europe avaient vécu comme nous, les militants le racontent dans le film,dans la clandestinité, une lutte armée inégale en force, avec la torture, la mort, les risques et l’éloignement des enfants, mais aussi la solidarité, le bonheur, l’amitié. Ici et là-bas, ils étaient portés par des convictions et la certitude de vaincre. Notre expérience, je l’ai partagée avec des amies rencontrées en exil et des femmes résistantes de l’époque de la guerre. Elles m’ont aussi aidée à traverser la défaite et à mener sans complaisance une réflexion sur les armes et la violence. Ainsi, j’ai réusii à dépasser le statut de ‘veuve du héros’».
Elle écrit, réalise des films documentaires. Après la fin de la dictature en 1990, le Chili reste pour elle hostile. C’est après l’écriture et le travail du film Calle Santa Fe qu’elle vit maintenant en partie en France et en partie au Chili.

11 septembre 1973, au Chili.
L’armée, appuyée par la CIA, cerne le palais présidentiel à Santiago, la capitale. A l’intérieur, le président démocratiquement élu Salvador Allende, refuse de se rendre. Il se bat jusqu’au bout et finit par se donner la mort. Le général Pinochet prend alors le pouvoir. Il reçoit les félicitations du secrétaire d’Etat américain, Henry Kissinger. Plus de 3000 personnes sont assassinées pendant les 17 ans que dure la dictature.
Ce coup d’Etat symbolise l’imposition par la force du modèle néolibéral en Amérique Latine. Les mouvements guévaristes et marxistes sont écrasés. Des dictatures militaires se mettent en place, avec le soutien des Etats-Unis. Les méthodes de déstabilisation et de propagande développées au Chili continuent d’être utilisées dans de très nombreux pays. Par son ampleur, par sa dramaturgie, la journée du 11 septembre 1973 constitue l’un des actes fondateurs de l’impéralisme américain.


Les Dormants de Pierre-Yves Vandeweerd (2008 - 60’)
mardi 22 septembre
- 21h - cinéma le Palace - Tulle
projection en présence du réalisateur

Les quatre récits qui habitent ce film nous entraînent de la Belgique aux rives du fleuve Sénégal, des Ardennes françaises aux montagnes du Sahara occidental.
Ils ont pour point commun de nous guider à la rencontre de dormants. Des hommes et des femmes évoluant entre deux mondes, celui des absents et celui des vivants, entre deux états, celui de l’éveil et celui du sommeil.

Dans chacune de ces histoires réside un mystère libéré de toute croyance, de toute philosophie, de toute tentative d’explication. Un mystère capable de réenchanter le réel.

Note d’intention du réalisateur
La vieille dame est ma grand-mère. J’avais l’habitude de lui rendre visite à son domicile. Elle me racontait son quotidien et je l’écoutais. Un jour, notre manière d’être l’un à l’autre s’est modifiée. Alors que je lui parlais, elle demeurait immobile, comme égarée dans ses pensées. J’ai alors compris que les choses ne seraient plus jamais pareilles. Je continuerais à lui rendre visite. Elle serait là, consciente de ma présence, mais en même temps absente. Les semaines qui ont suivi, je suis revenu avec une caméra super 8 mm. J’avais décidé de la filmer. […] Durant ces trois années où la matière vive d’un film à venir était en train de naître, un événement important dans mon existence est survenu. J’allais devenir père pour la seconde fois, d’une petite fille. Pour avoir observé mon premier enfant, je savais que les êtres en bas âge et ceux qui sont très âgés se ressemblent. Ils vivent dans un autre monde que le nôtre, dans une forme d’absence, ils ont le même regard, comme s’ils voyaient ce qui nous est imperceptible.
J’ai alors décidé de filmer ma fille durant la période qui a précédé sa naissance, durant l’accouchement de sa mère, durant les premières semaines qui ont suivi sa venue parmi nous. Autant d’images et de sons, de points de rencontres entre une arrière grand-mère et son arrière petite-fille, habitées par un même état, par un même rapport de proximité et d’éloignement au monde.
Après la mort de ma grand-mère, au vide a succédé le désir de donner un prolongement à ces images. Un besoin de continuer à filmer pour faire naître le souvenir, pour essayer de faire survivre la présence à l’absence. J’ai alors choisi de partir comme on part en voyage, en périple. Sans scénario, sans idée arrêtée, sans producteur. Partir pour me laisser glisser entre deux mondes, celui où j’habite aujourd’hui, la Belgique, et celui où je vis, cette partie de l’Afrique à partir de laquelle j’ai réalisé la plupart de mes films. Partir pour rencontrer d’autres lieux, d’autres personnes, d’autres histoires qui témoignent d’un imaginaire capable de faire le lien avec les absents, de réenchanter le réel.

Un film en tournée à travers la France
Les dormants ne repose pas sur un discours narratif mais plutôt sensoriel. Il propose une perte de repères, aussi bien de la géographie que du temps, et plus le film avance, plus les limites s’effritent. Imprégné de cette nouvelle manière d’écrire, et de réaliser, Pierre-Yves Vandeweerd souhaite accompagner son film et les spectateurs, de salle en salle.
A l’instar des troupes de théâtre itinérantes, Pierre-Yves prolonge et aboutit cette expérience de cinéma en cheminant avec le film à travers la France puis la Belgique. L’envie de dresser un pont avec le temps des ciné-clubs et de renouer avec une manière engagée de faire du cinéma sous-tend cette tournée.
Tout au long des mois de septembre et octobre 2009, des séances sont organisées, avec l’aide des salles et des associations accueillant le film et le cinéaste pour une soirée de cinéma et de rencontre. Paris, Montpellier, Perpignan, Aurillac, Lyon, Strasbourg et Tulle.

Le réalisateur
Pierre-Yves Vandeweerd est né en Belgique en 1969. Après des études de journalisme et d’ anthropologie et civilisations africaines, il a enseigné, jusqu’en 2003 à la Faculté de Philosophie de l’Université Libre de Belgique. Il est fondateur et co-directeur du festival Filmer à tout prix à Bruxelles, un des meilleurs festival de films documentaire en Europe.
Il est aussi chargé de cours et de projet au Media Centre de Dakar, où il développe, dans le cadre de la coopération bilatérale entre la Communauté française de Belgique, la Région wallonne et le Sénégal, une résidence annuelle d’écriture et de réalisation documentaire destinée à des jeunes cinéastes sénégalais.

Ses films
Ils ont été, pour la plupart, tournés en Afrique : en Mauritanie (Némadis, des années sans nouvelles - 2000 /Racines lointaines - 2002 / Le Cercle des noyés - 2007), au Soudan (Closed district - 2004 ), au Congo (Sida d’ici et de là-bas - 1998 ).



La marche des gueux de François Verlet et Louis Campana (2008 - 53’) en présence du réalisateur Louis Campana


vendredi 15 mai - 20h - cinéma le Palace - Tulle (tarif 5 € - tarif réduit aux adhérent de PEC)
avec les associations Amnesty International (Tulle et Brive), Corrèze Environnement, le CCFD Terre Solidaire, Mashikuna et le Réseau Solidarité.
25 000 paysans sans terre se rassemblent à Gwalior, en Inde, pour une marche d’un mois à travers le pays.
Leur but : le parlement de New-Delhi.
Leur objectif : obtenir des terres pour vivre dignement. Ce film raconte leur épopée.

Gandhi avait réussi à mettre le colonisateur à la porte. Mais ce dernier est revenu par la fenêtre... La globalisation financière crée un monde où les petits paysans indiens sont écrasés par leurs dettes, les expropriations, la logique du marché. Ils vont alors grossir les immenses bidonvilles des mégapoles, balayer les rues ou travailler à l'usine pour des salaires de misère. Aujourd'hui, pourtant, un peuple de 25 000 gueux s'est levé en Inde, regroupé dans un syndicat, Ekta Parishad. On y trouve des femmes et des hommes de tous âges, des enfants, des tribus, des intouchables. Refusant le fatalisme inhérent aux croyances indiennes, le karma, les castes, la condition féminine, il marche maintenant sur la route d'un destin qu'il se crée. En l'occurrence une autoroute traversant cinq régions pour récupérer ses droits à la terre, son droit à une vie décente.
Les auteurs de ce film ont partagé le quotidien de cette marche, l'excitation du début, les fêtes, la musique, les accidents, l'épuisement et le suspens final avec les autorités. Une expérience puissante, déroutante quelquefois, en tout cas d'une formidable humanité. Il n'y a pas de paix sans justice. Dans un pays agité par de violents affrontements et des actes terroristes, les revendications de la marche s'enracinent dans une lutte et des méthodes directement héritées de Gandhi. La non-violence déploie ici toute son efficacité et prouve qu'elle est une force de résistance. .capable de libérer nos sociétés de l'injustice.



Chronique d’un été de Jean Rouch et Edgar Morin (1961-90’)
mardi 12 mai - 18h30 - Peuple et Culture, 51 bis rue Louis Mie - Tulle
projection d’extraits dans le cadre de l’atelier de spectateurs

films tourné à Paris sur des Parisiens au tout début des années soixante.

Chronique d’un été de Jean Rouch et Edgar Morin.En 1960, alors que la guerre fait rage en Algérie et que le Congo lutte pour son indépendance, Jean Rouch et Edgar Morin envoient deux femmes interroger les parisiens sur leur conception du bonheur. Le film est largement improvisé. Les personnages sont créés au cours du tournage sur la base d'une simple question : "Êtes-vous heureux ?" Montrant les rushes aux participants, Jean Rouch et Edgar Morin les invitent à approfondir leur propos. En prêtant attention à la relation filmeur et filmé, au tournage conçu comme une expérience révélatrice et en créant des situations grâce à la caméra, Rouch crée un style nouveau qui annonce la naissance du cinéma-vérité.
Rouch in Devarrieux et de Navacelle, Cinéma du réel, Autrement, Paris, 1988.



Itinéraires, choix de vie alternatifs de Jean-Michel Le Saux et Jean-Philippe Raymond (1999 - 67’)
mardi 19 mai - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche avec l’association Musicas Dreibidas

Vivre autrement, inventer un mode de vie alternatif à la campagne en marge du système capitaliste, telle fut l'utopie que poursuivirent des milliers de jeunes en France pendant les années 70. Pascal, Norma, Diogène, Nicole, Patrice et Barbara appartiennent à cette génération qui redonna la vie à des villages abandonnés dans ces régions de montagne du Sud de la France, comme l'Ariège, la Haute-Provence et les Alpes que l'exode rural a fortement dépeuplés depuis le début du siècle. Ils poursuivent leur chemin de vie en marge du système et n'ont pas renoncé à leurs idéaux de jeunesse. À l'aube du XXIème siècle, à l'heure de la mondialisation et de la mal-bouffe, d'une génération à l'autre, ces choix de vie forment-ils des alternatives réelles et pertinentes en ces temps de crise ?


Ce film sera également projeté à la Maison d’Arrêt de Tulle le mercredi 13 mai dans
le cadre des projections mensuelles de cinéma documentaire en milieu carcéral.



lecture

Lettre à D. Histoire d’un amour de André Gorz
par Pierre-Etienne Heymann, comédien
samedi 2 mai - 11h - Salle Latreille - Tulle

L’ultime texte de André Gorz, philosophe et essayiste. A 83 ans, il adresse une magnifique lettre d’amour à sa femme Dorine, atteinte d’une maladie irréversible. “Tu vas avoir quatre-vingt deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t’aime plus que jamais.” En 2007, un an après la parution de ce texte qui se clot sur les lignes suivantes “Nous aimerions chacun ne pas survivre à la mort de l’autre. Nous nous sommes dit que si, par possible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble”, André Gorz et Dorine choisissent de se donner la mort ensemble.


Droit de Questions

L’ennemi intérieur, des guerres coloniales au nouvel ordre sécuritaire, fabriquer le désordre pour mieux rétablir l’ordre
avec Mathieu Rigouste, chercheur en sciences sociales
mardi 26 mai - 20h30 - salle Latreille - Tulle
avec le comité de soutien de Tulle aux inculpés de Tarnac

La contre subversion est une boite à outils élaborée au cours des guerres contre les populations colonisées ; elle a été par la suite peu à peu adoptée par les secteurs de l'Etat chargés du maintien de l'ordre. La doctrine de la guerre révolutionnaire ou de la contre subversion, doctrine d'Etat au cours de la guerre d'Algérie, a été prohibée dans l'armée entre 1960 et 1962. Mais après 68, la classe politique qui a mis en place les dispositifs sécuritaires contre la "subversion gauchiste", avait été formée à cette doctrine : elle a réemployé certains de ses enseignements.
La contre subversion a constitué une matrice idéologique dont on trouve l'influence tout au long de la Veme République, à travers la mise à disposition d'un savoir consistant à produire médiatiquement un ennemi pour mieux le réprimer, à fabriquer le désordre pour mieux rétablir l'ordre et en tirer des avantages politiques et économiques. Une logique qui réside au cœur de la domination sécuritaire.
Parmi les méthodes utilisées par les services de maintien de l'ordre pour le contrôle intérieur de la population, on peut citer les montages politico-policiers tels que celui de Tarnac, des islamistes de Folembray en 1994, des Irlandais de Vincennes en 1982, qui tous reposent sur un schéma comparable : construire une figure de l'ennemi intérieur (anarcho- autonome , islamiste des cités ou terroriste rouge), mettre en scène son écrasement et célébrer la protection de l'ordre et du chef qui l'incarne.
On peut aussi parler de la lutte antimigratoire qui tout en désignant massivement à la population "la menace portée par les clandestins" et en organisant le spectacle de leur déportation, permet d'insécuriser le sous-prolétariat immigré, d'occuper les esprits durant la destruction des conquêtes sociales et de légitimer la reproduction du système économique et politique.
Le système sécuritaire s'efforce officiellement de réduire des "ennemis intérieurs" qu'il désigne, voire fabrique lui-même, pas tant pour les détruire que pour justifier un schéma de contrôle global des opprimés. Nous avons là une forme de pouvoir conçue autour d'une gestion de la peur et du désir de sécurité.

D'après l'entretien accordé par Mathieu Rigouste à Politis n° 1037 du 29/01 au 04/02/2009

Mathieu Rigouste publie un ouvrage intitulé : L’ennemi intérieur - La généalogie coloniale et militaire de l'ordre sécuritaire dans la France contemporaine - Editions La Découverte, "Cahiers libres"
Cet ouvrage dans lequel il développe sa thèse concernant "l'ennemi intérieur" sera disponible lors de son intervention.


Où sont nos amoureuses ? de Robin Hunzinger (2006 - 53’)
vendredi 5 - 20h30 - salle polyvalente - St Jal avec l’Amicale Laïque

Deux jeunes provinciales, Emma et Thérèse, étudiantes puis professeurs dans les années 30, tentent de construire une vie commune à la fois engagée et amoureuse. L’été 35 elles font « le voyage en URSS » et songent à adopter un enfant. Leur émancipation va se transformer en apprentissage douloureux, puis en épreuve du feu.
À leur rupture, en 1940, Emma, mariée, vit dans une Alsace annexée par l’Allemagne nazie. Thérèse s’engage et joue un rôle important dans la Résistance, en Bretagne. Arrêtée par la Gestapo, elle meurt sous la torture en 43. Elle n’a pas parlé. A partir de correspondance, de documents et d’archives des années 30 et 40, le réalisateur (petit fils d’Emma) rassemble les morceaux brisés de ces deux vies et montre le destin de ces deux femmes en le replaçant dans le contexte historique de l’entre-deux guerres, puis de l’Occupation en France.


Les maîtres fous (1956 - 28'), Jaguar (1967 - 88')
Petit à Petit (1971 - 92') de Jean Rouch (extraits)
mardi 23 - 18h30 - Peuple et Culture - 51 bis rue Louis Mie - Tulle

Jean Rouch est né à Paris en 1917 et mort au Niger en 2004. Il fait des études d'ingénieur des Ponts et Chaussées et suit parallèlement des cours d'ethnologie. Son école finie, il part construire des routes au Niger. Sur place, il écrit, photographie et commence à penser que le cinéma est un outil indispensable pour l'ethnographie. La guerre finie, il entreprend la descente du fleuve Niger avec deux amis et réalise avec les prises faites lors de cette expédition son premier film :
"Au pays des mages noirs". Il effectuera ensuite diverses missions et tournera plus de cent films. Il enseignera également le cinéma et créera un atelier de formation au cinéma documentaire basé sur une pédagogie simple, fondée sur la pratique : "on tourne le matin, on développe à midi, on monte l'après-midi et on projette le soir".

Nous regarderons des extraits de trois films qui tournent autour des mêmes lieux et personnages : des Nigériens partent pour la Gold Coast au Ghana pour gagner un peu d'argent et beaucoup d'histoires à raconter (Jaguar). Sur place, ils mènent une vie dure. Immigrés exploités, soumis à la violence de la vie urbaine, ils reforment leur communauté et pratiquent leurs rites (Les maîtres fous). Enfin, ils rêvent d'ailleurs, et parfois, le cinéma permet de réaliser les rêves (Petit à petit).
Ces trois films sont représentatifs de procédés de création cinématographique différents : le film ethnographique (Les maîtres fous), le film ethnographique d'improvisation (Jaguar) et le film ethnographique fictionnalisé (Petit à petit).


L'histoire du soldat américain de Penny Allen (2007 - 52')
samedi 27 - 21h30 - projection en plein air sur le quai de la gare de Tulle

Dans l'avion qu'elle emprunte pour rentrer aux Etats-Unis, Penny Allen, écrivaine américaine vivant à Paris depuis la guerre du Golfe, croise un sergent en uniforme. Il rentre d'Irak et semble éprouver un irrépressible besoin de parler. Elle filme leur échange, comme pour saisir cette chance d'enregistrer la parole d'un soldat "anonyme", dans cet espace de vérité que semble ménager la rencontre de deux inconnus.
Les premières images du film restituent le contexte de sa rencontre inattendue avec ce soldat qui lui confie comme une nécessité thérapeutique son témoignage et les images qui le hantent. Il n'y a pas que la parole : le soldat a rapporté d'Irak des images d'une grande violence qui viennent d'emblée illustrer son propos. Le témoignage suggère que la pratique est des plus communes : avec la facilité de l'image numérique on photographie ou filme son "séjour en guerre" de la façon la plus prosaïque, depuis l'intérieur d'un blindé ou en arrivant sur les lieux d'un carnage. Les images s'échangent entre soldats comme des vignettes de collection.
Le soldat lui fait part de son expérience de la guerre en Irak, de son traumatisme, il dénonce la guerre et semble résolu à la fuir. Dans une deuxième partie du documentaire, Penny Allen rencontre le sergent chez lui aux Etats-Unis et filme ses réactions et ses commentaires face à ses images. Son propos se fait plus ambigu, il évoque cette fois "l'excitation" du combattant ; "bons moments" ou "mauvais moments", le sergent ne tranche pas. D'abord très virulent contre la guerre, puis en reconnaissant les bons côtés, puis finalement décidant d'y retourner parce qu'il n'arrive pas à se réinsérer, parce qu'il n'a plus d'argent et aussi parce qu'il peut aider d'autres soldats là-bas, horrifié mais attiré par cet endroit où il a, lui, plus d'importance qu'ailleurs.
Penny Allen est remarquable : combative, militante anti-guerre convaincue, elle écoute le récit du soldat jusque dans ses contradictions. C'est un des rares portraits de vétérans dont nous disposons. Le film, débat de conscience en direct, loin des concepts en noir et blanc, témoigne d'une vérité humaine infiniment plus obscure.


A voir absolument...

Let’s make money de Erwin Wagenhofer (2009 - 107’)
lundi 8 juin - 21h - cinéma le Palace - tarif unique 5 €

Après We Feed the World, documentaire sur l’alimentation, Erwin Wagenhofer vient de réaliser un nouveau film qui suit notre argent à la trace dans le système financier mondial. A travers les témoignages des différents acteurs de ce système, il révèle les dérives d’une économie sans garde fou qui contient en germe la crise actuelle.
Un documentaire impressionnant qui éclaire la complexité du système libéral et ses conséquences humaines, démographiques et écologiques.


bobines rebelles


Un festival du documentaire politique et social en Creuse
présenté par Autour du 1er mai, Peuple et Culture, Mémoire à vif, Creuse Citron,
Emile a une vache et La loutre par les cornes.
du jeudi 11 au samedi 13 - Royère-de-Vassivière

Festival : En programmant en continu, pendant une journée et une soirée, une série de films documentaires nous voulons proposer un moment fort permettant de créer une véritable dynamique de réflexion. Documentaire : En revendiquant un point de vue clairement affirmé, le documentaire permet de faire apparaître une réalité qui, d'habitude, nous est cachée. Il favorise une démarche critique et l’émergence d'une conscience politique plus affirmée.
Politique/social : A l’heure où les tenants du pouvoir nous imposent une pensée unique associée à une fausse bipolarisation politique, nous voulons partager nos interrogations, confronter nos dissidences. Indépendance politique et autonomie de pensée sont aujourd’hui une exigence sociale. Creusois : Les «élites» et les médias dominants nous affirment que la culture et la réflexion politique ne sont qu'urbaines. Rien n’est réservé à un territoire précis. C’est où l’on demeure, travaille…que l’on se doit d’agir.

Retrouvez la programmation complète du festival sur le site de Bobines Rebelles http://www.bobinesrebelles.org/2009/


arts plastiques

Présentation des travaux réalisés avec des élèves

mardi 9 - 18h - salle des fêtes - St Pardoux le Vieux

Habitat Paysage regroupe les productions, peintures et écritures des 175 élèves du Réseau Rural d’Education (RRE) des écoles de Tarnac, Sornac, Peyrelevade, St Rémy et St Pardoux le Vieux, assemblées par collage sur les parois d’une construction nomade, une “maison commune” portant la trace de chaque enfant, représentation mêlant le symbolique, le réel et l’imaginaire.
Il a bénéficié du dispositif “ Lire la ville, les bourgs et les villages en Limousin ” initié par la fondation du Crédit Mutuel pour la lecture et le Rectorat de l’Académie de Limoges avec de nombreux partenaires (DRAC, CAUE, etc.). Il s’agit d’un programme pédagogique de lecture et d’écriture (au sens large) invitant les élèves à lire, observer, découvrir et comprendre certains signes de leur environnement le plus proche, de l’espace rural à l’espace construit ; du paysage à l’urbanisme. David Molteau du relais artothèque de Peuple et Culture a conduit le volet “arts visuels” de ce projet dont le soubassement est constitué par des sorties sur le terrain au cours desquelles de nombreux documents photographiques ont été collectés. Une visite des écoles du réseau à l’exposition FACLIM de l’Artothèque en Novembre à Egletons sur le thème du paysage (urbain et rural) ainsi que des prêts d’oeuvres ont étayé ce travail.

vendredi 12 - 18h - médiathèque - Tulle
présentation des travaux au public (expo ouverte au public à partir du 9 juin)

Tulle au fil de l’eau est un projet développé à l’école de l’Auzelou avec le même dispositif que Habitat Paysage. Il a concerné la classe de CP de M. Devianne (17 élèves). L’objectif était de créer un “objet livre” retraçant précisément le parcours effectué par les élèves le long de la Corrèze, de leur école jusqu’au centre ville.

La médiathèque en pictogrammes a été mis en place à l’école Joliot Curie avec la classe de CM2 de Mme Morlinge grâce à un dispositif type classe à PAC (Projet Artistique et Culturel). Il a débuté par une longue période de travail sur les mots et les notions définissant la fonction d’une médiathèque. Une lecture de certaines oeuvres de l’Artothèque a permis aux élèves de mieux cerner le rapport du mot au signe. Des propositions graphiques, élaborées puis simplifiées ont produit un ensemble de pictogrammes, un travail complexe tant pour l’adulte que pour l’enfant.

Des livres ô livre. La surface à peindre est considérée généralement comme une sorte de plan mort anonyme, sur lequel va se placer une forme qui, seule, retient l'attention. Or, le support n'est pas neutre, qui a sa matière, sa couleur, sa forme, son histoire. Aussitôt qu'une tache s'y pose, s'établit un rapport qui peut devenir connivence ou désaccord. Les pages d'anciens livres détériorés ou pas, et que l'on voulait jeter, ont été investies comme support par les 30 élèves de la classe de CM1/CM2 de Véronique Clare, école Clément Chausson, accompagnés par Marie Trillo Pouget. Assemblés à d'autres travaux ils ont donné naissance à un livre, leur livre d'artistes.


scène ouverte

mardi 2 - 19h - rendez-vous à la salle des Lendemains qui Chantent

Ce mois de juin, pour fêter l’été (un peu en avance), la scène ouverte vous propose une promenade en musique dans les jardins ouvriers de l’Auzelou. Et si le temps n’est pas clément, nous nous replierons au Théâtre des Sept collines pour profiter du spectacle au sec!
Voix, percussions, danses, théâtre...toutes les expressions vous attendent.
Pour participer contactez le 05 55 26 09 50 ou le 05 55 26 99 24


ahlam shibli

mercredi 10 - 18h - Peuple et Culture - 51, bis rue Louis Mie - Tulle

Ahlam Shibli, photographe, est en résidence d’artiste à Tulle à l’invitation de Peuple et Culture. Nous vous proposons une rencontre avec elle : projection des photographies de sa récente exposition au Musée d’Art Moderne de Varsovie et dialogue sur son travail en cours à Tulle.
entretien avec Claire Dages et Gaelle Rhodes


résidence Armand Gatti

Du 1er mai au 11 juillet 2009, Armand Gatti résidera sur le plateau de Millevaches, au gîte de Malsagne dans la commune de Peyrelevade (05 55 94 75 67 - http://www.gitedesmillesources.fr )
Un prélude à une résidence de création au cours de l'année 2010.
Sa seconde naissance. Le plateau de Millevaches représente dans l'histoire personnelle d'Armand Gatti le lieu de sa seconde naissance. C'est là, en 1942, que l'adolescent de 18 ans, bardé de livres et de rêves, orphelin et révolté, se retrouve dans un maquis que Georges Guingouin a initié. L'hostilité du monde et l'évidence de l'action l'y conduisent. De Monaco, où il est né et a vécu son enfance, il part sans détour là où, à ses yeux, il fallait être. En ce temps là, l'endroit juste avait les allures d'un trou dans la forêt de la Berbeyrolle, près de la ferme du même nom, commune de Tarnac, département de la Corrèze, plateau de Millevaches, Limousin. À l'école, ses petits camarades l'appelaient "salami". En les battant sur leur propre terrain, celui de la langue française, lui, le fils d'immigrés piémontais, a gagné son sésame pour une existence démultipliée.

Son engagement. Résistant, déporté, Armand Gatti a été successivement journaliste (prix Albert Londres en 1954), cinéaste, auteur de plus de cinquante pièces de théâtre, et metteur en scène. A la fois poète et homme d'action - pour lui, les deux se confondent -, il a arpenté tous les fronts du siècle, de la Chine au Guatemala, à l'Irlande du Nord, à l'Algérie à Cuba …
Aujourd'hui, Gatti figure dans le dictionnaire. Son œuvre, véritable épopée du siècle, est une interrogation sur les possibilités s'offrant à l'homme de devenir "plus grand que l'homme".

Le retour au plateau. Mais les tours du monde de Gatti, ses voyages et ses échappées ne coupent jamais le cordon avec ce qui s'est passé sur le plateau durant la guerre. S'il n'y remet pas les pieds, l'oeuvre reste empreinte par la marque contractée à cette époque, là-bas. Et ce qui devait arriver arriva. Un jour, Gatti revint. Lors de ce retour, qui commença à se faire en 1996, au moment où Hélène Chatelain monte L'enfant rat pour le Festival des Francophonies et initie les terrains de parachutages, Gatti renoue avec le Limousin. Ce premier retour annonce celui de ces dernières années, qui va suivre. Ainsi, pendant l'été 2004, Gatti fait part de son désir de trouver un lieu en haute Corrèze prés du "trou" de la Berbeyrolle pour venir y écrire, y séjourner. Il reprend alors physiquement contact sur le plateau, avec les lieux qui l'ont en grande partie fondé. Depuis ce moment, les relations se multiplient et les événements se précipitent. A l'automne 2005, c'est en se rendant à Gentioux faire une lecture que Gatti apprend la mort de Guingouin. Le printemps suivant, il rend hommage au Libérateur de Limoges en offrant un grand poème : "Les cinq noms de Résistance de Georges Guingouin, poème rendu impossible par les mots du langage politique qui le hantent, mais dont les arbres de la forêt de la Berbeyrolle maintiennent le combat, par son toujours maquisard 'Don qui ?'". Le 23 septembre 2006, Gatti lit sous l'orage à la Berbeyrolle son poème à Guingouin. Cette date marque à la fois le rebond et l'ancrage de ce grand retour en Limousin : de nouvelles rencontres s'effectuent, une association le "Refuge des Résistances Armand Gatti" est créée. Les projets déjà esquissés peuvent alors commencer à se concrétiser…

Avant projet des rencontres, lectures, ateliers, projections, créations
samedi 2 mai - 11h - au gîte de Malsagne - Peyrelavade, conférence de presse ouverte
au public et lancement de la résidence
vendredi 8 mai - 16h30 - salle des fêtes de Tarnac en lien avec le comité de soutien Lecture Révolution culturelle.
Du 16 Mai au 10 juillet
Programme
Samedi 16 mai USSEL : - 21h. Au Musée de la Résistance : vernissage de l'exposition «Maquisarbres» réalisée avec des lycéens de l'Ecole forestière de Meymac ( en presence d'anciens résistants et d'Armand Gatti )

Samedi 23 mai : - La Pommerie (Saint Setiers) à 19 h
Lecture publique : « Gomorrhe» ( inédit) – preface à la traversée des langages, première partie : du Bombardement de hambourg au retour au maquis.
(repas libre préparé par une association locale)

Mardi 26mai- Royère les Vassivière
A(r)TELIER (près de la boulangerie )
19heures- Armand Gatti lit : Mort Ouvrier (poème)
21h : Projection du film «L'Enclos» (réal A Gatti)- 1960
- «Au départ de l'Enclos, il y avait un besoin très fort d'exorciser le monde concentrationnaire. Il fallait exorciser quelquel chose qui avait brusquement annulé l'homme non pas dans les victimes, mais dans ceux qui faisaient de l'homme une victime.
Avant de tuer un homme on tue en lui toute dignité et lorsque la victime meurt, elle meurt honteuse à ses propres yeux : on mettait en présence deux déportés et les gardiens persuadaient chacun d'eux que l'autre voulait l'assassiner. Les hommes s'entretuaient, c'est tout. C'est toute l'histoire de L'Enclos».(A.G)

JUIN

Mercredi 3 juin – Tulle – Salle Latreille
18 h : LECTURE : - «La Part en Trop» (extrait)
«La Part en trop» est un texte qui échappe à tout essai de classement ou de catégorie. Il trace une ligne de partage radicale dans l'écriture de Gatti : le passage d'une ecriture mettant en action des personnages à une écriture prise en charge par les pronoms personnels, cette armature des mots et du langage., qui impose l'enigme du «JE».
«Le spectateur peut-il à travers les morts de la guerre civile plantés aux quatre coins du monde devenir son propre spectacle? ( Une part engoulevent de l'été de l'anarchie, une part alouette montant à la verticale des lieux de la tuerie ,une part oiseau migrateur faisant le tour du monde , une part rouge-gorge dans la rigueur hivernale) . Toujours une part en trop...»
Une part en trop qui vient déregler les perspectives, multiplie les possibles , impose l'image. Et à partir de l'image ,et de ses contraintes, les pronoms personnels vont redécliner les guerres civiles du siècle guerre d’Espagne, guerre concentrationnaire, guerre de résistance..


20h30 : PROJECTION: «El otro Christobal» real A Gatti (1962).
Cuba part à la conquêt de sa revolution,l, Cristobal le marin part à la conquête du ciel. Et Gatti part à la conquête de ce que pourrait être un film partant à la conquête d'un langage qui dirait et le ciel et Cristobal le marin et la révolution...:
«Comment trouver une écriture qui parle le langage de cette révolutionqu nous voyons en train de se faire avec tous ses mythes, ses exagérations, avec ses drames et avoir ce souffle, le ton d'épopée qui nous paraissait le seulayant un rapport avecla revolution?.» (A.G)

Vendredi 5 juin : Neuvic – Cinéma Paradiso
20H30 : «Chant Public devant deux chaises électriques»
real. Hélène Châtelain- (2001-2003)
«Chant Public devant deux chaises electriques» est à l'origine un texte de A Gatti écrit à Cuba pendant le tournage de «El Otro Cristobal» et qui fut monté au TNP de Vilar. Il met en scène l'Amérique des années 20, les premières lois d'exception, l'ennemi intérieur «rouge» sur fond de terreur blanche, et l'histoire de deux anarchistes émigrés italiens Nicolas Sacco et Bartolomeo Vanzetti...Ils furent pris dans la nasse et accusés sans preuve du meurtre de deux caissiers. Leur procés – sept ans- provoqua une vague de solidarité jamais vue pour defendre deux hommes injustement condamnés. »…si ces deux hommes meurent, il n’y aura plus de justice sur cette terre » criait-on dans les rues et devant les Ambassades . La bataille fut perdue Sacco et Vanzetti furent electrocutés .
Ce texte fut monté à Los Angeles en 2001 et joué en septembre, juste après l'attentat contre les Tours à New York..La distribution rassembla des gens les plus divers venant des communautés (chinoises, noires, mexicaines, asiatiques...). Je suis venue à Los Angeles à la demande d''Emmanuel Deléage- producteur et metteur en scène -pour faire la captation du spectacle et me suis trouvée en pleine crise , face à un groupe de gens qui depuis trois mois reflechissaient ensemble à l'histoire de leur pays – cette Amérique des années 20 qu'ils découvraient – et qui leur paraissait soudain si proche.Ce fut pour moi, une rencontre essentielle. » (H.Ch)

Dimanche 7 juin- : Faux la Montagne- salle des fêtrs
20H30: «Armand Gatti est-il un nom d'arbre»

Spectacle présenté par le «Grand théâtre» -mise en scène de Jean Marc Luneau.
Jean Marc Luneau et ses compagnons du Grand Theâtre ont suivi pendant pres de 2 ans les ateliers de la maison de l'Arbre ( travail autour des textes et rencontres avec Gatti). Puis ils ont décidé de mettre en écriture le chemin parcouru et ce que pour eux, il signifie . Ce spectacle en est le résultat .Une mise en question, traitée sur le ton de l'absurde de notre réalité de consommation, mais ,c'est le chant des maçons de la Creuse qui vient se poser sur ce qui marque la fin 'd'un spectacle et un appel à ne rien finir.


Mardi 9 juin : Neuvic – Salle des fêtes :
20h30 : Gatti lit « L’Anarchie comme battement d’ailes : « Chicago »
Ce texte fait partie d’un cycle de 3 textes retraçant la saga familiale des Gatti : - -
« Docks » : le grand-père maçon émigré à Marseille et mort en pleine lumière, d’insolation sur un toit .
« Chicago » - Auguste le père, fils de paysan ,piémontais, l’anarchiste qui appela son fils « Dante », du nom du fils de Sacco . Emigré du Piemont à C,hicago, il parvint à échapper à la terreur blanche, se retrouva balayeur à Monaco (derrière la frontière, Mussolini faisait la loi) et mourut, matraqué .
3- « Ton nom était joie « - Laetizia, la mère, femme de ménage à Monaco , épouse de l’anarchiste et franciscaine

Mardi 16 juin – Limoges : 2Oh30 au Lycée professionnel Saint-Exupéry :
Gatti lit «Les cinq noms de Résistance de Georges Guingouin – poème rendu impossible par le langage poétique qui le hante et dont les Arbres de la forêt de la Berbeyrolle maintiennent le combat»

Ce texte, écrit en réponse à la mort de Guingouin, a été lu à la Berbeyrolle , mais jamais encore à LIMOGES . Cette lecture inaugure un lieu à l’intérieur du Lycée qui va porter le nom de Georges Guingouin et une collaboration du Refuge des Résistances Armand Gatti avec le Lycée

Vendredi 19 juin : 20h30 - Meymac - Centre d'Art Contemporain!
Gatti lit : « Ma première idée de theâtre » inédit – deuxième partie de la Préface au cycle « LA Traversée des langages » qui sera publiée en intégralité en 2010.

Samedi 20 juin à UZERCHE salle Jean-Jaurès 18 heures
Lecture de Gatti -Le Monde Concave (poème)

Le camp où Gatti a été envoyé à 18 ans, et dont il s’est évadé était un des camps sous la mer qui, à première vue, servaient de « garage » aux sous marins , mais qui en fait entraient dans la « guerre philosophique » des nazis. , où le monde n’était pas convexe, mais concave.- ce qui bouleversait toutes les lois de la balistique…Là, au fond de la mer, dans des bunkers glacés , rendu sourd par la profondeur, Gatti élabora une forme de résistance bouleversante : debout sur les places des Appels, il transforma son corps en prosodie. Les doigts serrées sur les côtes pianotaient des alexandrins, les orteils prenaient le relais …Ainsi s’écrivirent des poèmes entiers qui de leur rigueur formelle ne « disaient « pas une résistance. Qui l’étaient .

JUILLET

SAMEDI 4 JUILLET – DIMANCHE 5 JUILLET
Dernière Rencontre de l'expérience « La Tour de Babel maquisarde»
Gatti lit « Les Arbres de Ville Evrard» son dernier poème en date.
Ce texte a été écrit après la résidence européenne conduite par Armand Gatti qui fut hébergée en août 2007 par l’Hôpital psychiatrique de Ville Evrard « Les oscillations de Pythagore en quête du masque de Dyonysos » du cycle de la traversée des langages . Aujourd’hui, une vaste opération immobilière menace ces Arbres souvent plus que centenaires – témoins de l’histoire - tragique pendant l’occupation - de ce lieu où séjournèrent entre des milliers d’autres, Camille Claudel, et Antonin Arta.

La dernière semaine sera celle des contacts préparant la suite à donner à la Tour de Babel maquisarde.



LA TOUR DE BABEL MAQUISARDE- ATELIERS
L'écriture d' ARMAND GATTI
SUR LE PLATEAU DE MILLE VACHES 2009-2010

Les ateliers
Premier temps : 16mai – 11 juillet 2009:
VOYAGES AUX PAYS DES SIGNEs
(animes par hélène Châtelain)

Dans le cadre de l'expérience de création proposée par Artmand Gatti, sont organisés des ateliers publics : voyages exploratoires à travers la forêt de l’écriture de Gatti : découvertes des questions , des complicités, des rencontres qui la fertilisent .

A - «Le saule et le peuplier» : de l'alphabet à l'ideogramme ou comment la Chine , son écriture et son théâtre rencontrèrent les alphabets et le théâtre de Gatti, et ce qu'il en advint...
Animé par ZHANG Chunhong ( Edith pour les français)
Cela fait plus de cinq ans que Edith travaille et étudie à Limoges. Originaire du Nord où ses parents sont paysans, elle part faire ses études à XI'AN et termine un doctorat autour de la question : comment transmettre à des habitants de l'alphabet, une pensée formée par les ideogrammes?
Et comment une habitante du monde de l'ideogramme découvre les alphabets qui écrivent les textes de Gatti ( particulièrement les «textes»chinois» – qu'il écrivit en rentrant de ses voyages en Chine: le Poisson noir et l'Homme seul )
Car le théâtre de Gatti – et comment échapper aux images et concepts que ce simple mot «théâtre» engendre- n'est pas l'héritier des theâtres occidentaux, ni celui des mystères, ni celui de Versailles. Et c'est la découverte de l'ideogramme – ecriture analogique – qui rendit évident le compagnonnage avec la pensée quantique du non déterminisme qui désormais, fonde :son «théâtre»
Lieu: Eymoutier – au «Monde Allant vers» « - Salle de reunion: de 14 h à 17h.
Samedi 16mai - Samedi 30 mai - Dimanche 14 juin - Samedi 27 juin

B: Mots et Images : les feuilles de l'Arbre
1_ «on plante un mot et il pousse un oiseau...»( A.G)
a). Travail autour de textes courts(mise en voix) : comment s'approprier, ,lancer, partager un texte pour que l'Autre puisse répondre? Interpeller - ce qui n'est pas la même chose que «lire un texte à haute voix» ?
b) Travail autour de deux textes qui se glissent entre les lettres du mot «théâtre» pour s'en échapper
- Didascalie se promenant seule dans un théâtre vide: tentative de dire avant le spectacle En sous-titre : «de quoi s'agit-il ce soir»
Il s'agit du texte le plus paradoxal peut-être de Gatti ( et un des plus signifiants ?) . Une anti-chambre, non dialoguée, radicale où s'articulent, s’interpellent en pleine liberté les élements qui fondent son écriture actuelle .: «...laisser entendre comment sur une aire de jeu peuvent exister la parole et ses divagations dans le temps (passé, présent, futur) à l'abri des maladies psycho-mercantiles qui le dévastent...»
ou
comment faire dérailler les trains qui mènent en direct au spectaculaire et au marchand...
- La part en trop ( Poéme cinématographique)
ou comment les personnages de theâtre deviennent des pronoms personnels : Je, Tu, Il ou Elle. .au pluriel et au singulier.
Et comment ils reprennent en tant que pronoms, la responsabilité de dire ces guerres qui l'une après l'autre assassinèrent le langage. : guerre d'Espagne, guerre de résistance, guerre concentrationnaire. ...Toujours une part en trop...
C- Les « greffes» :
un week-end avec un Visiteur (groupe constitué)-
- Atelier animé par Eric Salama ( physicien, metteur en scène, a été l'assistant de Gatti dans les premières expériences de «TRAVERSEE des langages – vient de monter «le Joint» de A.G ). Ou comment, partant des premiers texters on decouvre les invariants (les fils) qui «tiennent» et structurent l'ensemble de l'oeuvre

Autres possibilités :

Atelier animé par Olivier Neveux – enseigne à l'Université de Strasbourg- auteur de nombreux textes sur l'histoire du théâtre (histoire du théâtre militant etc) . Prépare un ouvrage autour de la Traversée des langages.
-Atelier de polyphonies - animés par Bielka (qui chante yddish, rom, russe et tout ce qu'on aime...)


D- Les colportages
lectures légères chez «les gens» , chez vous, un soir de 19 à 20 heures . Ce qui aussi vous permettrait et nous permetterait de se connaître .
E –Les Femmes en Noir de Correze : collectes d’entretiens, archives, récits


F- notre utopie ? une bibliothèque.

Si chaque homme est un soleil, chaque texte est une constellation..
Commencer à rassembler les auteurs et les textes qui nourrissent la longue marche du poète Gatti – en vue de constituer un fond qui serait sur le plateau la bibliothèque de cette aventure en mouvement. (de Galilée à Poincaré, de Kepler à Khlebnikov, de Michaux à lao tseu , de Rabbi Aboulafia au Baal ShemTov, , de Spinoza l’hérétique aux étudiants de la Rose Blanche et à Cavailles l’épistémologue ……….

Ces propositions dépendent de ceux qui les rejoindront, à partir desquelles constituer des complicités de travail pour le futur Pour tout renseignements et pour fixer au plus vite les disponibilités, les lieux et les dates
O6 78 37 66 44(portable d'Hélène Châtelain)
05 55 94 72 30 (Gîte de Malsagnes)
chatelain.h@gmail.com ou hchatelain@laposte .net

Helène châtelain : études d'éthnologie, comédienne (TNP) , long compagnonnage avec Armand Gatti réalisatrice, dirige la collection de textes russes «SLOVO» chez Verdier, traductrice .
NB : des DVD relatif à GATTI, son œuvre et le Plateau sont disponibles (pour des séances particulières) : les demander à l’adresse ci-dessus


 


Avril 2009

Le banquier des humbles de Amirul Arham (2000 - 52')
vendredi 3 - 20h30 - Salle des fêtes - St Jal avec l’Amicale Laïque de St Jal

Il a créé une banque pour prêter aux pauvres et en priorité aux femmes. Il a développé un nouveau système bancaire, suscitant une extraordinaire révolution silencieuse qui touche le destin de millions d'individus. Sa pensée et son action transgressent les préjugés économiques et politiques. En critiquant l'approche des banques traditionnelles, il interpelle le monde : les pauvres sont le produit du système social, jamais le produit des pauvres eux-mêmes. Cet homme, c'est le professeur Muhammad Yunus, économiste bangladais, prix Nobel de la Paix 2006. C'est à travers son portrait que ce film se propose de raconter l'histoire du micro-crédit et de la Grameen Bank, une banque pour les pauvres de la planète.

Muhamad Yunus, pionnier du micro-crédit
Muhamad Yunus est né en 1940 au Bangladesh. Diplômé d'économie dans son pays, tout jeune chef d'entreprise, il part aux Etats-Unis pour préparer un doctorat sous la direction de Nicholas Georgescu-Roegen, économiste controversé connu aujourd'hui pour ses recherches sur la décroissance durable. Docteur, il enseigne dans l'Etat du Tenessee jusqu'à ce que la guerre de libération du Bangladesh éclate. Il rentre alors pour soutenir les indépendantistes et, l'indépendance proclamée, démissionne de son poste de professeur aux Etats-Unis pour mettre ses compétences au service de son pays. Il devient alors responsable du département d'économie de l'Université de Chittagong, construite en milieu rural. "Une terrible famine frappait le pays, et j'ai été saisi d'un vertige, voyant que toutes les théories que j'enseignais n'empêchaient pas les gens de mourir autour de moi". Il décide alors de s'intéresser au mode de vie misérable des villageois vivant à proximité de l'université.
Avec des étudiants, il crée un groupe de "recherche-action" dont les premiers travaux porteront surtout sur des questions agronomiques (implantation de nouvelles espèces de riz, notamment). Toutefois, Yunus se rend progressivement compte qu'une grande partie des problèmes rencontrés par les paysans pauvres tient à leurs difficultés d'accès à des capitaux. Leurs terres sont généralement si petites qu'elles ne peuvent constituer une garantie pour les banques. Quant au recours à l'usurier local, dont les taux d'intérêt sont supérieurs à 20% par mois, il achève souvent de précipiter les emprunteurs dans la misère. C'est ainsi que le jeune professeur d'économie en vient à proposer un premier "micro-prêt", 27 dollars à un groupe de 42 femmes, en utilisant son propre argent. L'effet de ces prêts au montant dérisoire s'avère rapidement très positif sur la situation matérielle des bénéficiaires. En outre, ces derniers remboursent sans difficulté leur bailleur de fonds. Yunus a ainsi créé son propre programme. Il est officiellement mis en place en 1977, sous le nom de "Grameen". Le succès est immédiat, et la "Grameen" obtient le statut d'établissement bancaire en 1983 au Bangladesh puis dans d'autres pays où le "modèle" s'exporte à partir de 1989.
La banque Grameen a aujourd'hui considérablement diversifié ses activités (industrie textile, téléphonie, production d'électricité par énergie solaire...)
En 2006, Muhamad Yunus obtient le prix Nobel de la Paix. Le comité suédois a estimé qu'"une paix durable ne pouvait être obtenue sans qu'une partie importante de la population trouve les moyens de sortir de la pauvreté. M. Yunus et la Grameen Bank (6 millions de clients, dont une majorité de femmes, pour 1861 agences, 17 400 employés et 5,7 milliards de dollars de prêts distribués, soit 1 % du PIB du pays) ont démontré que même les plus démunis peuvent oeuvrer en faveur de leur propre développement".
Depuis , le modèle s’est exporté. En janvier 2008 , plus de 500 New-Yorkaises ont accédé à un crédit de l'ordre de 2200 dollars par l'intermédiaire d'une filiale de la Grameen Bank. En France, M.Yunus a participé début mars au lancement du fonds de dotation pour l'entreprenariat populaire créé par l’Association pour le Droit à l'Initiative Economique (ADIE). L'ADIE veut imposer le microcrédit comme un instrument privilégié de retour à l'emploi en période de crise."Le nombre de demandeurs d'emploi va augmenter de façon considérable et les banques ne leur prêteront pas. Le microcrédit est une réponse à la crise qui peut régénérer l'économie à la base tandis que le haut de la pyramide (grandes entreprises et PME) s'effrite, déclare Mme Nowak, sa présidente. Il crée les emplois les moins chers du marché, des emplois de services non délocalisables, le nouveau tissu entreprenarial dont le pays a besoin." Créé avec une première dotation de 1,5 million d'euros, le fonds espère atteindre 3 millions d'ici 2010. Une campagne de collecte de fonds de donateurs, grands et petits, institutionnels comme particuliers, sera lancée sur Internet.
Sources : Wikipedia, Le Monde et Armor Films


artothèque

Exposition Ramon

du 4 au 26 avril - Ancienne Halle - place Delmas - Argentat
Ouverture au public tous les jours de 10h à 12h et de 15h à 18h, sauf les jeudis
vendredi 10 -18h - vernissage en présence de l’artiste
samedi 18 - visite commentée de l’exposition

Ramon Aguilella-Cueco, dit Ramon, est né en 1931 à Uzerche. Autodidacte, il est d’abord peintre en bâtiment, puis professeur de dessin en Corrèze ; en 1972 il devient professeur à l’Ecole Nationale d’Arts Décoratifs de Limoges, où il enseigne jusqu’en 1997. Il vit et travaille à Limoges.
Extrêmement protéiforme et toujours surprenante, l’œuvre de Ramon témoigne d’un goût prononcé pour l’expérimentation technique et le dialogue avec son époque. Ramon développe une critique sociale et politique sans faire l’économie d’une véritable recherche plastique.



utopistes ?

Décade Cinéma et Société à Tulle et dans le pays de Tulle
du 23 avril au 3 mai

co-organisée par Autour du 1er Mai, Peuple et Culture et le cinéma le Palace de Tulle

A ce jour, nous ne savons pas encore quelle est l'ampleur de la crise générée par ce capitalisme dont certains nous vantaient la valeur incontournable. Ce que nous savons, c'est qu'il creuse dans le monde toujours plus d'inégalités. La question n'est plus "que faire ?" mais : "par où commencer ?". Un an après avoir présenté "les années 68 au cinéma" et l'imagination au pouvoir, la décade du pays de Tulle s'intéresse cette année à l'imagination dans les faits : tentatives qui ont lieu, ici et maintenant, aujourd'hui et hier, utopies colletées à la réalité, en fragments, en morceaux mais bien tangibles. De tout temps le cinéma a capté ces expériences, modestes, éclatées, dans des domaines aussi différents que l'organisation du travail, l'école, la santé, la façon d'habiter la ville, ses quartiers ou la campagne, l'aspiration à d'autres modèles économiques qui feraient la part belle au don, à l'échange de savoirs, à la redistribution, l'invention d'autres modes d'organisation sociale et citoyenne…Fidèle à sa démarche qui s'attache à explorer tous les territoires du cinéma, films documentaires comme films de fiction, réalisés hier et aujourd'hui, la Décade 2009 de cinéma de Tulle a choisi de mettre en lumière ces expériences. Peut-on parler de démarche utopique à leur sujet ? Nous n'envisageons pas l'utopie, comme l'aspiration à une réalité idéale et sans défaut, une sorte de territoire de nulle part, impossible à atteindre et totalement refermé sur lui même.. Même si c'est souvent le sujet de nombreuses fictions…. Voici des films qui se sont attachés à évoquer d'autres modes de vie, des expériences réelles qui tentent de mettre en œuvre des valeurs de solidarité, de fraternité, d'organisation sociale qui battent en brèche l'idée que le monde est "naturellement" injuste, que l'intérêt individuel et le profit sont les seuls moteurs qui font agir les hommes. Confronter ensemble nos regards pour imaginer d'autres possibles à partir de pratiques alternatives, c'est faire œuvre de vigie afin de contribuer à provoquer des basculements et des questionnements, qui, nous l'espérons, feront advenir d'autres modes de "vivre ensemble".



scène ouverte

jeudi 16 - 19h - Maison des associations - Seilhac (entrée libre)

Les scènes ouvertes sont ouvertes à tous et tous les genres sont représentés, toutes les expressions sont les bienvenues. Une programmation de dernière minute, des artistes amateurs ou professionnels à découvrir, c'est en tout cas l'opportunité pour eux de nous faire découvrir un nouveau groupe, un projet ou juste quelques morceaux d'un répertoire. A ce moment là, la scène leur appartient et ça change tout le temps.
Pour participer contactez le 05 55 26 09 50 ou le 05 55 26 99 24.
http://www.myspace.com/scenesouvertesencorreze



Puisque nous sommes nés de Jean-Pierre Duret et Andrea Santana (2007 - 90’) en présence des réalisateurs
lundi 9 - 21h - Cinéma Le Palace - Tulle (tarif 5 € - tarif réduit aux adhérent de PEC)

Brésil. Nordeste. État du Pernambouc. Une immense station-service au milieu d'une terre brûlée, traversée par une route sans fin. Cocada et Nego ont 14 et 13 ans.
Cocada a un rêve, devenir chauffeur routier. II dort dans une cabine de camion et, la journée, il rend service et fait des petits boulots. Nego, lui, vit dans une favela, entouré d'une nombreuse fratrie. Après le travail des champs, sa mère voudrait qu'il aille à l'école pour qu'il ait une éducation, mais Nego veut partir, gagner de l'argent. Ensemble, ils regardent le mouvement incessant des camions et des voyageurs. Tout leur parle de ce grand pays dont ils ne savent rien. Avec cette singulière maturité qu'on acquiert trop tôt dans l'adversité, ils s'interrogent sur leur identité et leur avenir. Leur seule perspective une route vers Sâo Paulo, vers un ailleurs.



A côté de Stéphane Mercurio (2007 - 91’) en présence de la réalisatrice
mercredi 18 - 21h - Cinéma Le Palace - Tulle (tarif 5 € - tarif réduit aux adhérent de PEC)

Des femmes qui attendent, qui se font belles, qui se remontent le moral, qui craquent parfois, espèrent toujours. Dans la petite maison d'accueil de Ti-Tomm, accolée au mur de la prison des hommes de Rennes, les familles de détenus attendent l'heure du parloir…

"Pourquoi je ne peux jamais rien savoir ? Pourquoi la première fois que je viens le voir en prison sans en connaître les règles, le linge m'est-il jeté au visage parce que "non réglementaire" ? Pourquoi je ne peux pas lui apporter de livres ? Pourquoi la nourriture doit-elle entrer en cachette ? Pourquoi les détenus doivent-ils tout "cantiner" à des prix prohibitifs ? Pourquoi ne me prévient-on pas s'il est transféré ? Pourquoi n'est-il pas informé si je loupe un parloir que c'était juste pour une minute de retard ? Pourquoi le cahier d'école de ma fille peut être signé par le père à Rennes et pas à Fresnes ? " Comment ces femmes de détenus sont-elles capables d'un tel amour ? Pourquoi la peine s'étend-elle à elles, souvent unique lien du détenu avec l'extérieur, unique chance de retourner à la vie normale, unique espoir de réinsertion. Pourquoi ?
Stéphane Mercurio


rené vautier

René Vautier sera à Tulle pour présenter Afrique 50 et Le petit Blanc à la caméra rouge documentaire de Richard Hamon. Cette rencontre sera également l'occasion de projeter plusieurs courts métrages rares du cinéaste.
samedi 21 mars - Cinéma Le Palace - Tulle (tarif 5 € - tarif réduit aux adhérent de PEC)


Le glas de René Vautier et la ZAPU * (1964 - 7’)
*Zimbabwe African Party for Unity
Trois révolutionnaires africains doivent être pendus. La Reine les gracie, mais le gouverneur les pend quand-même. "Vous n'êtes pas gentil, Monsieur le Gouverneur !" dit la Reine.

Le remords de René Vautier (1973-12')
Une fiction plus vraie qu'un documentaire sur le thème de l'auto-censure des réalisateurs sur la guerre d'Algérie.

Techniquement si simple de René Vautier (1970-11')
Poser des mines, c'est techniquement si simple…


Afrique 50 de René Vautier (1950 - 17’)

En 1949, la Ligue de l'enseignement propose la réalisation d'un film destiné à montrer aux collèges et lycées de France "comment vivent les villageois d'Afrique Occidentale Française". René Vautier tourne seul pendant près d'un an, enfreignant le décret Laval du 11 mars 1934 qui impose une autorisation pour tourner dans les colonies et qui oblige tout cinéaste à être accompagné par un représentant de l'autorité publique. Inculpé et condamné à un an de prison, Vautier est victime de la seule application de ce décret.
Afrique 50, premier film anti-colonialiste français, interdit, a refait surface dans les années 90 lorsque le ministère des Affaires Etrangères a voulu acheter les droits de diffusion pour les ambassades françaises des ex-colonies afin de montrer qu'il existait, dès 1950, un sentiment anti-colonialiste en France ! C'est une oeuvre de colère d'un jeune homme qui pensait faire un beau voyage en Afrique, et qui filme, fou de rage, les exactions que la République commet " en notre nom, gens de France".

Le petit blanc à la caméra rouge de Richard Hamon (2007 - 52’)
Le documentaire retrace les pérégrinations de René Vautier entre l'Afrique et la France et resitue Afrique 50 dans le contexte politique et historique des années d'après-guerre.

René Vautier est né à Camaret en 1929. Il entre en résistance à 15 ans et n'en sortira plus. Après la guerre, il se hâte de lâcher les armes pour la caméra. Elève cinéaste, il lui apparaît immédiatement que filmer c'est aussi choisir son camp. Celui des mineurs pendant les manifestations de 1947, des Africains colonisés avec Afrique 50 et Le Glas, des maquisards de l'ALN à partir de 1957, des ouvriers victimes des premiers plans anti-sociaux des années 70, des Bretons dans leur combat judiciaire contre les multinationales du pétrole lors du naufrage de l'Amoco-cadiz (Marée noire, colère rouge, 1978), des victimes du tortionnaire Le Pen pendant la guerre d'Algérie (A propos de l'autre détail, 1985).

Cette résistance, c'est aussi celle d'un cinéaste dont l'œuvre s'est systématiquement heurtée, cognée à la censure. A la suite de la diffusion du premier film auquel il participe, La grande lutte des mineurs (1947), un visa pour les films non commerciaux est créé par le ministre de l'intérieur Jules Moch. Trois ans plus tard, les rushes d'Afrique 50 sont saisis dans les bureaux de La Ligue de l'Enseignement, commanditaire du travail, et c'est avec les quelques bobines subrepticement récupérées que Vautier crée clandestinement son film de 17 minutes. Quant à ses films concernant l'Algérie, ils sont interdits pour atteinte à la sûreté nationale (Une nation l'Algérie - 1954, Algérie en flammes - 1957, Peuple en marche - 1963).

Emprisonné un an par les autorités françaises, deux ans par l'ALN, c'est sa santé et sa vie qu'il mettra en jeu en janvier 1973 afin d'obtenir la modification de la loi sur la censure. Après trente et un jours de jeûne, le gouvernement cède : désormais, seules la violence et la pornographie pourront justifier le refus d'attribuer un visa.


atelier de spectateurs

2ème rencontre : L'amitié et le Bonheur
mardi 31 - 18h30 - Peuple et Culture - 51 bis rue Louis Mie - Tulle

Après l'art épistolaire du Chris Marker voyageur, l'atelier de spectateurs se penchera sur l'amitié et l'influence créatrice Medvedkine-Marker.
« Au milieu d'une rétrospective du cinéma soviétique qui allait d'Octobre à des œuvres de Barnet, il y avait un film inconnu, tourné par un inconnu, un film superbe, aussi beau qu'Eisenstein, aussi populaire qu'une musique de Moussorgsky, bouleversant : le Bonheur de Medvedkine ».
Chris Marker dans Le Monde du 2 décembre 1971 : Medvedkine, tu connais ?

Atelier gratuit ouvert à tous, un mardi par mois. Inscriptions au 05 55 26 04 69


droit de questions

Les rythmes et la sécurité affective de l'enfant, fondements obligés de l'aménagement du temps scolaire : un enjeu de société avec Hubert Montagner
Dr. d'état ès Sciences Biologiques (Psychophysiologie), Professeur des Universités en retraite, ancien Directeur de Recherche à l'INSERM
jeudi 12 - 20h30 - salle Latreille - Tulle

Le professeur Montagner exposera pourquoi la généralisation de la semaine scolaire de quatre jours combinée aux nouveaux programmes aggrave les difficultés de tous les écoliers, mais surtout de ceux que l'on dit en échec scolaire et, de façon plus générale, des enfants vulnérables dont la famille est en souffrance (maladie, chômage, pauvreté, maltraitance, ruptures et conflits au sein de la famille ...). Pourquoi en conséquence il faut diminuer la durée des journées scolaires, les réorganiser au sein d'une nouvelle semaine et d'une nouvelle année. Mais aussi repenser l'accueil, les stratégies relationnelles et les espaces dans l'Ecole.

La France a toujours la journée scolaire la plus longue et la plus dense du monde : six heures de temps contraint auxquelles il faut ajouter le temps souvent excessif que les élèves doivent consacrer aux devoirs à la maison ainsi que les autres temps imposés par les adultes. En outre, aucun enfant ne peut supporter au quotidien l'augmentation de la pression intellectuelle et relationnelle que génèrent tous les jours les temps supplémentaires décrétés par le ministre au bénéfice des apprentissages dits fondamentaux. Par exemple, au cours préparatoire (les enfants sont âgés de six à sept ans), deux heures trente de français (dix heures sur vingt-quatre par semaine) et une heure quinze de calcul et de mathématiques (cinq heures par semaine). Les maîtres n'ont plus assez de temps pour créer les moments de détente qui permettent de "souffler", "décompresser", "gratifier", valoriser ... et pour enseigner les autres "matières" (biologie, histoire, arts plastiques, musique ...), toutes aussi importantes que les "fondamentaux" dans l'acquisition des savoirs et des connaissances, le développement de la réflexion, la maîtrise de la pensée et la compréhension du Monde.
Les nouvelles mesures décrétées par le Ministre de l'Education Nationale entraînent un état de fatigue augmentée qui conduit à l'épuisement, au stress, au découragement et à la démotivation des élèves fragiles, finalement au "désamour" de l'école. Elle génère à tous les âges une diminution de la vigilance et des capacités d'attention alors que les enfants doivent les développer pour bien comprendre ce que dit le maître (les enseignants disent que "les enfants n'écoutent pas" et "ne viennent pas vers eux"). Dans ces conditions, les enfants qui cumulent les difficultés et qui vivent dans l'insécurité affective, ne peuvent être suffisamment concentrés pour bien comprendre les messages du maître. Ils ne peuvent pas bien mobiliser leurs ressources intellectuelles et s'engager avec confiance dans les apprentissages. C'est pourquoi, il faut diminuer la durée des journées scolaires et les réorganiser au sein d'une nouvelle semaine et d'une nouvelle année. Il faut en même temps repenser l'accueil, les stratégies relationnelles et les espaces. Sinon, on admet implicitement que l'école de la République est réservée à certaines catégories d'enfants et de familles.
Hubert Montagner


Lecture de textes, film documentaire et débat sur la situation du Congo avec Marie-Louise Bibish Mumbu et Fiston Nasser Mwanza Mujila
vendredi 27 - 20h30 - salle Latreille - Tulle

Marie-Louise Bibish Mumbu, journaliste congolaise de Kinshasa pour Africultures, mais également auteure, est en résidence aux Francophonies en Limousin. Elle a écrit, entre autres, La Fratrie errante mise en scène l'an passé au festival par Faustin Linyekula.
Marie-Louise Bibish Mumbu souhaite entrer en discussion avec les occidentaux sur leur vision de la République Démocratique du Congo (RDC) et plus particulièrement de Kinshasa. Elle souhaite également nous faire découvrir des auteurs et des artistes dont elle apprécie la démarche. Parmi eux, Clarisse Muvuba, jeune réalisatrice kinoise, auteure d'un documentaire de 16’. intitulé Les fils de la vie et de la mort. Ce documentaire montre le quartier de Mont Ngafula Kinshasa, quartier où les habitants veillent laborieusement sur les câbles électriques. à une époque où les hommes sont de plus en plus dépendants de l'électricité, Kinshasa est terrassée par des coupures de courant incessantes, et envahie par les groupes électrogènes. Ce documentaire est pour la réalisatrice une manière de parler des Kinois et de leurs défis sociaux et culturels au quotidien. C'est selon elle, le seul moyen pour sensibiliser tout le monde au respect de la vie humaine et de la chose publique. Ce documentaire et des lectures de ses œuvres ouvriront un débat sur la situation actuelle en RDC.

Fiston Nasser Mwanza Mujila est né vers les années 1980. Il vit et travaille à Lubumbashi. En même temps que ses humanités littéraires et des études universitaires en Lettres et Sciences Humaines (achevées en 2007), il participe régulièrement aux activités littéraires organisées dans sa ville natale à Kinshasa et à l'étranger.
“Percutante et originale, son écriture, traversée d'équations mathématiques et de dessins scientifiques, charrie des mots sortis de l'univers scientifique.”
Spécial YAMBI 2007 - Arts de la Scène et Litterature



une collection pour vous


avec des oeuvres de
adel abdessemed, michael dans, laurie-anne estaque,
franck gérard, jason karaindros, edouard levé,
charles mason, timothy mason, nicolas milhé...


exposition du 18 mars au 3 avril 2009, Sortir la Tête,14 rue Riche, Tulle

rencontre avec laurie-anne estaque
mercredi 1er avril à partir de 18h

Cette fois nous vous invitons à découvrir des oeuvres qui interrogent l'espace urbain et souvent, témoignent d'un engagement sociopolitique fort.
La plupart de ces images ont en commun de jouer sur deux temps du regard.
Le premier, celui de l'immersion, souvent piégeur (Estaque), parfois dérangeant (Abdessemed) ou encore étonnant (Milhé), alors que le second, celui du recul,
révèle un point de vue critique.

L'exposition s'attachera donc aussi à la question du territoire et celle de
l'appropriation de l'espace.
Timothy Mason réitère avec son appareil photo les terribles "drive by shootings" qui opposent les gangs de Californie.
Charles Mason reprend à son compte le principe du graffiti, à la fois marquage et expression graphique libre et urbaine.

Cette année, l'exposition Une collection pour vous, ouverte au grand public du 30 mars au 3 avril (de 13h à 19h), souhaite offrir des rendez-vous plus spécifiques à destination des publics scolaires et du corps enseignant (sur inscription 05 55 26 32 25).

un accueil de médiation spécifique pour les écoles du 19 mars au 3 avril
Les élèves pourront se confronter directement aux oeuvres. Ils feront l'expérience du regard et comprendront qu'il se construit et ne se réduit en rien à la simple immédiateté. II s'agira de les amener à découvrir les oeuvres puis à partager leurs remarques afin de nourrir tous ensemble les hypothèses d'interprétation.

des rendez-vous pour les enseignants et documentalistes autour de l'exposition
- professeurs des écoles (1erdegré), mercredi 18 mars à 10 h
- enseignants et documentalistes (collèges et lycées),
mercredi 18 mars à 14h30

la rencontre avec l'artiste laurie-anne estaque
- une rencontre pédagogique ouverte aux enseignants de l'Education
Nationale, le mercredi 1er avril à 14 h (sur inscription)
- une rencontre avec tout public, le mercredi 1er avril à 18h

renseignements : David Molteau 05 55 26 03 97

laurie-anne estaque
“Son oeuvre se construit sur un questionnement toujours renouvelé : quelles sont les représentations du monde aujourd'hui ? Quels en sont les signes dominants ? C'est par un travail sur le signe que l'artiste produit un discours qui est politique. Les moyens employés sont ceux d'une forme de résistance, et l'on comprend très vite que pour Laurie-Anne Estaque, l'art est bien le lieu par excellence d'une proposition "alternative".
Les formes employées prennent les aspects d'un recyclage permanent, selon le principe d'une intervention la plus minimale possible. Procédant par découpages, collages, broderies, Laurie-Anne Estaque invente une économie parallèle, et entreprend un véritable travail de sape contre l'oppression des signes - signes institutionnels (drapeaux, devises), puis, de plus en plus, économiques : publicités, logos et marques font l'objet de détournements. II s'agit de révéler l'envers des choses, et de montrer que le discours dominant produit le contraire de ce qu'il prétend dire.
Le travail sur les cartes géographiques est emblématique de cette démarche. La carte n'est-elle pas le lieu par excellence de l'expression d'une vision du monde ? Soutenue par la grâce d'un dessin très élaboré (car l'aspect plastique est au coeur de toute son oeuvre), Laurie-Anne Estaque découpe les cartes du monde, les renverse, les brode, et propose des mises à jour bien plus critiques que celles de l'IGN - et peut-être plus conformes à la réalité : un petit dessin, un carré de couleur sont parfois plus fidèles qu'une carte ou un drapeau. "
Les cartes du monde intitulées Anamorphoses perdent leur réalité géographique et confinent à l'abstraction, tandis que la présence de tickets de jeu à gratter (Nul si découvert et California Lottery) est amplifiée. Tout est "hand-made", Laurie-Anne Estaque calibre l'exécution de chaque ouvrage et mesure la corruptibilité du matériau, de la technique, du message. Dans la série de dessins de la Loterie californienne, les répliques de tickets sont obèses, la gouache est furtive. Leur pendant français intitulé Nul si découvert est brodé et encadré sous une chape de plomb. La broderie ordinairement ornementale, conserve son raffinement, mais devient acide. Le grattage compulsif (no pain, high gain) est transformé en activité réflexive. Laurie-Anne Estaque s'applique à la lenteur, inlassablement. Si les cartes fonctionnent selon des opérations d'aplatissement du réel ; les anamorphoses détournent le regard d'un monde chargé de données, piégé de trafics. Les continents s'étirent, se contractent et s'entrechoquent, déformés par le phénomène observé jusqu'à l'apparition de formes quasi organiques. La couleur domine. C'est elle qui témoigne. Ici, tout est affaire de manipulation. Laurie-Anne Estaque contredit les points de vue préétablis, elle magnifie l'inutilité des plaisirs du monde. Dans un mouvement réciproque, elle s'essaye à l'épaisseur malgré la fragilité, évoque la vanité du genre humain puis pointe la précarité des perceptions, les déformations de point de vue via l'information, la relativité de la connaissance et de la richesse. Elle suit le cours du monde, à contretemps... "
Jean Poussin, artothèque du Limousin, 2005

 

 


Février 2009

Filles de nos mères de Séverine Mathieu (2001 - 100’)
mardi 10 - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche avec l'association Musicas Dreibidas

Une famille, celle de la réalisatrice. Trois générations de femmes : la grand-mère, née au début du siècle ; la mère, née en 1936 ; deux tantes plus jeunes qui ont participé à Mai 68 ; la sœur de la réalisatrice et une cousine, fille d'une des deux tantes jeunes. Ce film aborde le sujet de la féminité en rapport avec la transmission mère-fille sur trois générations d'une même famille.
Ces témoignages de femmes, tissés au fil des époques qu'elles ont traversées, racontent une histoire de la féminité, de la construction personnelle et des femmes en général.
La réalisatrice suit sa mère et ses quatre sœurs, sa cousine et sa grand-mère. Quels rapports ont-elles ? Comment vivent-elles leur féminité ? Leur sexualité ?



El Telón de azucar (Le Rideau de sucre)
de Camila Guzmán Urzúa (2006 - 80’)
vendredi 20 - 20h - Cinéma Le Palace - Tulle (tarif 5 € - tarif réduit aux adhérent de PEC)
Filmer l’école à Cuba peut se concevoir comme une entreprise de dénonciation des mensonges de la propagande communiste et de l’embrigadement de la jeunesse. La démarche de Camila Guzmán Urzúa est plus intime, plus déchirée aussi. Deux images l’évoquent : un jeune homme fouille dans une boîte à biscuits pour en extraire des photos de ses parents, jeunes militants de la révolution, et une photo de classe de la réalisatrice. Celle-ci fait ensuite la liste de ceux qui se sont exilés, liste si longue qu’on comprend qu’il n’en est resté qu’un, le jeune homme à la boîte de biscuits. Le film est l’histoire du chemin qui sépare ces photos, où la petite voix de l’autobiographie questionne les représentations officielles de l’histoire, pro- ou anticastristes. L’école à Cuba, pour Camila, c’est d’abord une affaire de ton et de goût. Le ton de belles vacances, certes un peu spéciales, dans les camps de pionniers, où les enfants placés « au contact des travailleurs » se retrouvaient entre eux, loin de l’autorité rabat-joie des parents. Le goût, c’est le sucré des goûters, de pâtisseries et de jus de fruits. Les goûters ne sont plus qu’un souvenir, la colonie modèle des pionniers tombe en ruine. Des souvenirs amers ternissent l’image sucrée de l’école du socialisme : les punitions, la délation au quotidien, et le réveil brutal de la « période spéciale ». Si le film questionne inlassablement ce déni de la réalité, il puise sa force dans la permanence de son regard à l’échelle d’une cour d’école, aux dimensions d’un quartier. Le mensonge des dirigeants ne peut cacher le rêve de la population, celui d’une société solidaire. Ce rêve brisé est filmé comme une photo qui se désagrège avant de se déchirer, une photo d’enfants qui ont grandi à l’intérieur du rêve et l’ont vu se dissiper avec leur propre jeunesse. La société cubaine ne se divise pas entre pro- et anti-castristes, entre « restés » et « partis », mais à l’intérieur des familles déchirées par l’exil.
Récit douloureux d’une génération d’orphelins, d’orphelins d’un rêve.

Yann Lardeau



atelier de spectateurs

Premier rendez-vous : Chris Marker
mardi 24 - 18h30 - Peuple et Culture, 51 bis rue Louis Mie - Tulle

Partant du constat qu'un vrai public s'est constitué autour du documentaire, Peuple et Culture crée un temps de rencontre et d'échange autour de ces films : un atelier de spectateurs. Le principe est de constituer un noyau de participants qui se réunit régulièrement (une fois par mois) pour regarder et " travailler " ensemble un ou plusieurs films.
Regarder un documentaire d'hier ou d'aujourd'hui, découvrir un cinéaste et le suivre dans l'ensemble de sa filmographie, comparer, chercher, discuter afin d'aiguiser et d'enrichir collectivement nos regards et nous interroger sur l'enjeu de l'image documentaire aujourd'hui, c'est le programme de ce nouvel atelier. La discussion sera nourrie par des écrits de critiques ou de réalisateurs, des comparaisons entre différents extraits de films.
Le premier atelier renouera avec un réalisateur "historique" pour Peuple et Culture : Chris Marker.
Atelier gratuit ouvert à tous un mardi par mois.


Atelier gratuit ouvert à tous, un mardi par mois. Inscriptions au 05 55 26 04 69



scène ouverte

Musiciens, danseurs, diseurs, acteurs, inventeurs...
jeudi 5 - 19h - Théâtre Les 7 collines - Tulle

Cette scène est conçue pour vous, qui voulez aller à la rencontre du public. Une scène ouverte à toutes les expressions, un public avide de découvertes, plusieurs rendez-vous incontournables qui ponctuent la saison de surprises et de rencontres inédites. Entrée libre.
Pour tout renseignement ou inscription de groupe, contactez les 7 collines au 05 55 26 99 24.



droit de questions

Lecture de textes, film documentaire et débat sur la situation du Congo avec Marie-Louise Bibish Mumbu
jeudi 27 mars- 20h30 - salle Latreille - Tulle

Marie-Louise Bibish Mumbu, journaliste congolaise de Kinshasa pour Africultures, mais également auteure, est en résidence aux Francophonies en Limousin. Elle a écrit, entre autres, La Fratrie errante mise en scène l'an passé au festival par Faustin Linyekula.

Marie-Louise Bibish Mumbu souhaite entrer en discussion avec les occidentaux sur leur vision de la République Démocratique du Congo (RDC) et plus particulièrement de Kinshasa. Elle souhaite également nous faire découvrir des auteurs et des artistes dont elle apprécie la démarche. Parmi eux, Clarisse Muvuba, jeune réalisatrice kinoise, auteure d'un documentaire de 16’. intitulé Les fils de la vie et de la mort. Ce documentaire montre le quartier de Mont Ngafula Kinshasa, quartier où les habitants veillent laborieusement sur les câbles électriques. à une époque où les hommes sont de plus en plus dépendants de l'électricité, Kinshasa est terrassée par des coupures de courant incessantes, et envahie par les groupes électrogènes. Ce documentaire est pour la réalisatrice une manière de parler des Kinois et de leurs défis sociaux et culturels au quotidien. C'est selon elle, le seul moyen pour sensibiliser tout le monde au respect de la vie humaine et de la chose publique. Ce documentaire et des lectures de ses œuvres ouvriront un débat sur la situation actuelle en RDC.



voyage à venise

La biennale di Venezia du 24 au 29 septembre 2009

Peuple et Culture organise un séjour à Venise lors de la 53e exposition internationale d'Art. Outre les lieux permanents d'Art contemporain nombreux dans la cité des Doges, la Biennale s'installe pour sa partie la plus importante dans le Centre International d'Art Contemporain situé à Giardini et dans les locaux désaffectés de l'Arsenale militaire de la ville.

Modalités pratiques :

l Tarifs aux Départs : Limoges 590 € / Paris Charles de Gaulle et Lyon St-Exupéry 480 €.

Le prix comprend : le vol AR ; les transferts AR en bateau ; l'hébergement ; les frais d'organisation par Peuple et Culture.
Le prix ne comprend pas : l'adhésion à Peuple et Culture (obligatoire) ; l'assurance annulation ; le trajet d'accès aux aéroports ; les repas ; les entrées à la Biennale ; les frais éventuels d'émission et frais de livraison de la compagnie.
http://www.labiennale.org

Inscriptions avant le 18 février
Renseignements : peupleetculture.correze@wanadoo.fr ou tel : 05 55 26 38 96



et aussi....

Vladimir, création 2009 du Bottom Théâtre

avec 10 adolescents issus de collèges de corrèziens (tout public - durée : 50’)
vendredi 13 février à La Feuillade de Larche - samedi 14 février à Naves
vendredi 27 mars à Uzerche - vendredi 17 avril à Egletons

10 adolescents aux parcours très différents racontent l'école, ce que l'on y apprend, comment y grandir. Les relations avec les adultes, les amours et les conflits, les trahisons, les espoirs. Texte, son et vidéo tissent la trame d'une parole parfois dérangeante, écho d'une réalité faite d'obstacles et de vitalité.

Mise en scène, Marie-Pierre Bésanger - texte, Philippe Ponty - vidéo, Aurélie Gatet


ET AUSSI...
festival

Cinéma du réel du 5 au 15 mars

Depuis sa création il y a 30 ans, Cinéma du Réel s’est imposé comme le festival de référence du cinéma documentaire en France. C’est Javier Packer Comyn (jusqu’à présent coordinateur du P’tit Ciné à Bruxelles) qui va diriger et insuffler l’édition 2009. Au programme :
Compétition Internationale et Panorama français (Une vingtaine de courts et longs métrages inédits des quatre coins du monde, des rencontres et débats avec les cinéastes invités. Un état des lieux du meilleur de la production française de l’année projeté en présence des auteurs) ; Hommage à Pierre Perrault (Il y a dix ans disparaissait l’un des grands maîtres québécois du cinéma documentaire. Cinéaste, poète et écrivain, Pierre Perrault portait toute son attention à la parole de l’Homme et à son rapport à la nature) ; Mille Lieux (Face à une géographie contemporaine déboussolée, cette programmation propose un parcours à travers une vingtaine de films. Un voyage subjectif qui nous amène à penser autrement l’écriture du monde et notre rapport à lui. Comment habiter le mouvement du monde ? Avec des films de Danielle Huillet et Jean-Marie Straub, Pier Paolo Pasolini, Robert Kramer...) ; La télévision à l’avant-poste (Petit détour par la télévision publique lorsqu’elle était un véritable laboratoire de création dans sa représentation du monde. En collaboration avec l’Ina) ; Et aussi : Une présentation du travail de Denis Gheerbrant à Marseille etc...


L'Intraitable beauté du monde, adresse à Barack Obama
(un autre extrait...)

Une première observation est que chacun dans le monde semble avoir pensé de la même manière quand il s'est agi de M. Barack Obama : qu'il changerait la nature même de la vie aux États-Unis, et les orientations de leur politique étrangère, (mettant fin aux guerres d'Irak-et d'Afghanistan ?), et par conséquent le regard que le monde porterait sur ce pays, qu'il risque de se faire assassiner, que la condition des Noirs et des autres minorités pourra être améliorée par lui, qu'il contribuera au rapprochement entre les races, les ethnies, les groupes tribaux, qu'il améliorera le statut des pauvres dans son pays et combattra efficacement la crise économique et financière. Ce sont là les lieux communs les plus fréquents, les plus évidents, répétés jour après nuit après jour, comme mantras et croyances.
Ces opinions, qui ont eu cours avant et pendant l'élection à la Présidence des États-Unis, et qui continuent aujourd'hui de porter la même charge de conviction, mais que peut-être l'exercice du pouvoir viendra éroder, n'en cèdent pas moins à la puissance d'une donnée inédite, qui est que M. Barack Obama est le résultat à peu près miraculeux, mais si vivant, d'un processus dont les diverses opinions publiques et les consciences du monde ont jusqu'ici refusé de tenir compte : la créolisation des sociétés modernes, qui s'oppose aux traditionnelles poussées de l'exclusive ethnique, raciale, religieuse et étatique des communautés actuellement connues dans le monde. L'importance du phénomène est telle que nous avons cru pouvoir et devoir lancer ici adresse publique à
M. Barack Obama, parce que nous pensons vraiment qu'il a entendu le cri du monde, la voix des peuples et le chant joyeux ou meurtri des pays.

www.galaade.com / www.tout-monde.com



Janvier2009

cinéma documentaire

Demain, sur la place publique d’Anne Galland (2008 - 90’)
samedi 10 - 16h et 20h30 - salle polyvalente - Saint-Jal, film présenté et produit par l’Amicale Laïque de Saint-Jal

Comment vit-on ensemble aujourd'hui dans une petite commune rurale ? Cette question se pose à Saint-Jal, en Corrèze, alors que l'élaboration d'une carte communale doit aboutir vers la fin de l'année 2006 et permettre, après une enquête publique auprès de la population, de décider de nouvelles orientations pour la vie communale. Cette question est l'affaire de tous : qu'est-ce qui a changé, s'est transformé, s'est perdu dans notre vie sociale ? Qu'est-ce qu'attendent ceux qui vivent dans la commune, enracinés depuis des générations ou au contraire nouveaux arrivants ? Que peut-on projeter, imaginer, préparer pour un avenir proche ou même à plus long terme ?
La place de Saint-Jal, qui regroupe tous les lieux publics dans lesquels s'organise la vie sociale, sera le théâtre de ce questionnement, l'agora, le forum du débat public. C'est là que se croisent, se rencontrent, se réunissent ceux qui participent à la vie de la commune. Chacun à sa manière et avec ses moyens, mais avec cette conscience collective et cette envie partagée de construire quelque chose ensemble.

à travers un exemple local, le microcosme d'une petite commune rurale de 600 habitants, ce film documentaire propose une réflexion sur nos choix de société.


“Goûter du doc” à Saint-Mexant
dimanche 11 - 15h - Foyer culturel et sportif - Saint-Mexant
en présence de Cécile Déroudille-Maréchal, réalisatrice. Projection suivie d'un goûter


Le flan était presque parfait de Cécile Déroudille-Maréchal (2008 - 48’)

Depuis toute petite, je fais la cuisine avec ma mère : c'est à la fois un moment privilégié, mais aussi une activité toute spontanée. C'est également un plaisir. Un plaisir à partager. Je me suis demandée comment pour d'autres personnes, proches ou moins proches, se passe cette transmission aujourd'hui.
Cécile Déroudille-Maréchal


Le kugelhof de Ginette Lavigne (1993 - 12’)

“J'ai filmé ma mère en train de confectionner un kugelhof, gâteau traditionnel de Transylvanie. Elle pétrit la pâte, et remue ses souvenirs : la vie d'une famille juive en Roumanie, l'exil, l'histoire de sa famille disparue dans les camps nazis.”
Ginette Lavigne


Mardi 13 janvier à 18h30 Cinéma REX, 3 bd Koenig, Brive-la-Gaillarde
Séance spéciale du film « Louise Michel » au Rex de Brive, la recette de la séance du film de Gustave Kervern et Benoît Delépine sera reversée au Comité de soutien de Tarnac.
En soutien aux inculpés du 11 novembre de Tarnac
L’histoire : Une nuit, le patron d’une usine vide les locaux pour éviter d’annoncer à ses employées qu’il délocalise l’entreprise. Les ouvrières décident de faire « buter » l’indélicat chef d’entreprise.
Avec Yolande Moreau (Louise) et Bouli Lanners (Michel) dans les rôles principaux de ce film intelligent mais politiquement incorrect.
Cette action de soutien est faite avec le concours de Peuple et Culture.
Même si vous avez déjà vu le film, vous le reverrez avec plaisir.


Les mauvais jours finiront de Thomas Lacoste (2008 - 121')
40 ans de justice en France aux côtés du Syndicat de la Magistrature
en présence de Thomas Lacoste réalisateur et Anne Maffre juge, adhérente du Syndicat National de la Magistrature
mercredi 21 - 20h - salle Latreille - Tulle (exceptionnellement la projection débute plus tôt)
avec le Comité de soutien de Tulle aux inculpés de Tarnac

Au moment où déferle sur notre pays une vague liberticide sans précédent, où les orientations populistes et sécuritaires ne cessent de se durcir, où le droit des affaires se voit dépénalisé, où l'idée d'une justice à deux vitesses en faveur des puissants semble entendue, alors même que nous sommes pris en otage par une crise financière d'une rare violence et que le dialogue social semble inexistant, Thomas Lacoste choisit de se saisir du quarantième anniversaire du Syndicat de la magistrature pour revenir sur l'enjeu majeur que constitue l'idée de justice et sur le lien étroit qui lie l'histoire politique, sociale et judiciaire française.
Ce film-frontières entre entretiens réflexifs, fictions, littératures, œuvres picturales et créations sonores s'articule autour de onze chapitres (68 une société en débat, 70 les prisons de la misères, 75 repenser le droit du travail, 81 abolition de la peine de mort, 90 lutter contre la délinquance politico-financière, 2001 un tournant sécuritaire, 2003 l'immigration choisie, 2008 bilan et perspectives, etc).


 

15 novembre /// 15 décembre 2008


les structures d'art contemporain en Limousin proposent autour du film, cinéma et / ou vidéo, et de l'image animée, des événements :
expositions, projections, "veillées vidéo", rencontres avec des artistes.


À Tulle Peuple et Culture présente
Enfermement film d’Anne-Marie Filaire (2008 - 45’)
jeudi 4 décembre à 17h30 projection sur un mur au 2 rue Félix Vidalin- Tulle
et à 18h30 à Sortir la tête 14, rue Riche - Tulle

jeudi 11
Projection du film Tableau avec Chutes de Claudio Pazienza
20h30 - salle Latreille - Tulle


 

lecture
Juliette et Pierre-Etienne Heymann lisent Mahmoud Darwich
jeudi 6 - 18h30 - librairie Préférences - avenue Charles de Gaulle - Tulle
À présent que MAHMOUD DARWICH est absent, alors que sa voix nous manque, cette
voix unique qui, avec ferveur portait le poème au public, lui offrant l’expérience
vivante, charnelle de la poésie, alors que nous reste ses mots et son écriture, nous lui
rendons hommage, chez PIERRE LANDRY, avec cette lecture portée par JULIETTE et
PIERRE-ETIENNE HEYMANN.
Etre palestinien n'est ni un métier ni un slogan. Un palestinien est d'abord un être humain qui aime la vie, tremble à la vue des fleurs d'amandier, a la chair de poule au contact de la première pluie d'automne, fait l'amour pour assouvir un désir physique naturel et non pas pour répondre à un mot d'ordre, fait des enfants pour transmettre le nom et conserver l'espèce et la vie et non pas par amour de la mort sauf s'il s'avère par la suite que la mort est préférable à la vie !
Ce texte de MAHMOUD DARWICH sous-tend l'ensemble de poèmes et de proses que JULIETTE et PIERREÉTIENNE HEYMANN ont choisi pour Peuple et Culture et Préférences. Ils ont puisé dans plus de quarante années de la production (de 1966 à 2008) de celui qui apparaît dès à présent comme un des plus grands écrivains de l'exil, aux côtés de VICTORHUGO et de BERTOLT BRECHT. Qu'il chante la patrie, la femme aimée ou la nature, qu'il évoque les grands mythes de l'Humanité ou le café de sa mère,
DARWICH est un poète à la fois familier et inspiré, exigeant dans son choix des formes, et toujours attentif à éveiller l'émotion de son lecteur. Il faut écouter le militant, il faut découvrir le poète.


Comme des fleurs d'amandier ou plus loin, Paris, Sindbad/Actes Sud, 2007
Ne t'excuse pas, Paris, Sindbad/Actes Sud, 2006
Etat de siège, Paris, Sindbad/Actes Sud, 2004
Murale, Arles, Actes Sud, 2003
Le lit de l'étrangère, Arles, Actes Sud, 2000
Jidariyya (Murale), 2000
La terre nous est étroite, et autres poèmes, Paris, Poésie/Gallimard, 2000
Sareer El Ghariba (Le lit de l'étrangère), 1998
La Palestine comme métaphore, Paris, Sindbad/Actes Sud, 1997
Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ?, Arles, Actes Sud, 1996
Au dernier soir sur cette terre, Arles, Actes Sud, 1994
Une mémoire pour l'oubli, Arles, Actes Sud, 1994


droit de questions
Regard vrai sur les évènements de Tulle avec Bruno Kartheuser, historien
lundi 10 - 20h30 - salle Marie Laurent - Tulle
La vérité dans une reconstitution historique n'est pas donnée. Au contraire, il faut un grand effort et beaucoup de temps pour retrouver un maximum de données sur une trame d'histoire aussi controversée que le furent les événements de Tulle en juin 1944. L'auteur belge BRUNO KARTHEUSER a consacré onze ans à sa reconstitution des faits qui doit mener, dans son intention, "à mieux comprendre" ce qui s'est passé à Tulle en 1944. Il parlera lors de cette rencontre-débat de la complexité de la tâche, des réactions dans "ses trois pays", à savoir la France, la Belgique et l'Allemagne, du sens de son travail pour la conscience actuelle et future de la ville de Tulle et de la Corrèze.

À cette occasion, une mise à jour conséquente avec de nombreux témoignages, documents, photos et vidéos figureront dans la rubrique Tulle, 9 juin 1944 sur le site de Peuple et Culture


le mois du film documentaire novembre 2008

Saint-Jal

Ma Mondialisation de Gilles Perret (2006 - 86’)
vendredi 7 novembre - 20h30 - salle polyvalente - St-Jal, avec l’Amicale laïque

Fonds de pension, délocalisation, mondialisation font désormais partie de notre langage quotidien, mais demeurent des notions abstraites, souvent angoissantes. À travers le regard plutôt « atypique » d’un chef d’entreprise de la vallée de la mécanique de précision en Haute-Savoie, le film raconte cette phase récente du capitalisme dominé par des mécanismes financiers « globaux » et implacables. Victimes de leur succès, toutes les plus grosses entreprises de la vallée ont déjà été rachetées par des sociétés financières dont l’unique souci est la rentabilité maximale dans des temps records. Une illustration parfois drôle, et le plus souvent cruelle, du choc des cultures entre industrie et finance.

On a l’habitude d’entendre syndicalistes et ouvriers s’exprimer sur les inquiétudes nées de la mondialisation, mais jamais les patrons. Je crois que l’originalité du film est de donner à écouter leurs arguments, qu’on les juge recevables ou non. Ce qu’ils nous disent, c’est qu’ils ne sont plus très à l’aise dans ce monde-là, qu’ils sont en passe de se faire rattraper par un modèle économique qu’ils ont, pendant de nombreuses années, largement soutenu.
C’est difficile, ils ont travaillé énormément et n’ont pas eu le temps de l’analyse, du recul. Bien sûr, ils ne vont pas mettre le système en cause, ce ne sont pas des révolutionnaires dans l’âme, mais ils se rendent bien compte qu’il y a quelque chose qui ne marche plus, qu’ils sont en train de se faire déposséder de leur outil.
Gilles Perret (D’après un entretien avec Yvon Chaloyard, à l’antenne de Radio Plus, mai 2006)


Tulle

OAS, un passé très présent de Djamel Zaoui (2007 - 52’)
Projection en présence de Djamel Zaoui, réalisateur et de J. François Gavoury, protagoniste du film.
vendredi 14 novembre - 20h - cinéma Le Palace

Quel statut pour les victimes quand les bourreaux sont traités en héros ?
De 1961 à 1962, l'Organisation Armée Secrète (OAS) assassina au nom de l'Algérie française plus de 2200 personnes, des serviteurs de l'Etat dans l'exercice de leurs fonctions, mais aussi aveuglément, des anonymes ; plasticages, attentats à la voiture piégée, mitraillages en pleine rue... Avec l’objectif de torpiller la sortie de guerre prévue en tentant, par les assassinats d’Algériens, une réaction de leur part, propre à rallumer la mèche.
OAS, un passé très présent revient sur deux attentats : celui qui visait René Gavoury commissaire central d’Alger, dont l'appartement est plastiqué le 31 mai 1961 et l'assassinat le 15 mars 1962 de six inspecteurs de l'Education nationale, directeurs de centres sociaux éducatifs (dont Mouloud Feraoun, qui était aussi écrivain). Dans son documentaire, Djamel Zaoui laisse la parole à deux des fils des victimes. Le temps du deuil est révolu, a cédé la place à celui des revendications. Celles toutes légitimes de ne pas voir les bourreaux de leur père honorés, non plus seulement par des groupuscules nostalgiques de l'Algérie française mais par la République elle-même.

Dans le communiqué de presse, qui présente son film, Djamel Zaoui écrit : L'Etat français amnistie, réhabilite, dédommage et rend honneur à ceux qui hier ont voulu l'abattre.
Peuple et Culture a demandé à Djamel Zaoui de préciser ces termes.


L'état français amnistie
Depuis la fin de la guerre plusieurs lois d'amnistie ont été promulguées à la faveur des anciens de l'Algérie française. De 1964 à 1974, six décrets ont conféré année par année, l'impunité aux tortionnaires et aux putschistes d'Alger. En 1968, le Général de Gaulle a prononcé l'amnistie pour certains des anciens généraux putschistes. Mitterrand a également amnistié. Tous les présidents depuis 1962 ont prononcé des amnisties. Gauche et droite confondues.
L'état français réhabilite
La réhabilitation consiste à recouvrer ses droits de citoyen perdus suite à des condamnations. On a commencé à réhabilliter les plus “gros” et au fil des années on est descendu d’un cran à chaque fois.
L'état français dédommage
En 1982 les officiers putschistes bénéficièrent de la reconstitution de leur carrière profitant ainsi d'une confortable retraite.
Puis il y eut, l'article 13 de la loi du 23 février 2005 sur le rôle positif de la colonisation. Cet article prévoit de dédommager les anciens de l'Algérie française qui étaient en prison ou en fuite dans l'Espagne de Franco ou l'Amérique Latine des généraux. Durant ces années, ils n'ont pas pu travailler et donc cotiser pour leur retraite. Le gouvernement a créé une commission avec à sa tête, l'ancien chef des Commandos Delta de l'OAS de la région d'Oran.
L'état français rend honneur
En ce qui concerne “rendre honneur”, ce sont les élus de la République qui se chargent de ce travail selon leurs convictions politiques ou le poids électoral des anciens de l'Algérie française sur leurs communes (sud de la France). Car il ne faut pas oublier que le premier nom de l'OAS est le Front National Français. En 1962, la quasi totalité des anciens de l'Algérie française se sont installés dans le sud. On les retrouve en 1965 pour la candidature d'extrême-droite de Tixier Vignancourt à la présidence de la République (l'avocat les avait défendus lors de leurs procès). On les retrouve à la création du Front National et ils participent au choix de LE PEN comme président du FN. En effet, LE PEN avait défendu leurs intérêts à l'assemblée nationale. Aujourd'hui d'anciens OAS sont dans le bureau politique du FN. Nombre d'entre eux sont aussi devenus des élus. Ils représentent un poids électoral important dans nombre de villes du sud.

L'OAS

L'Organisation armée secrète (OAS) naît dans un premier temps à Madrid, fin janvier 1961, dans le cercle des exilés l'Algérie française. Le général Salan et les meneurs des Barricades (janvier 1960) en fuite, Pierre Lagaillarde et Jean-Jacques Susini, en sont les fondateurs. Puis elle est refondue sur le sol algérien par ceux qui, passés de Madrid à Alger à l'occasion du putsch, sont entrés dans la clandestinité après son échec. Cette seconde OAS se manifeste par l'assassinat du commissaire central d'Alger chargé de la combattre, Roger Gavoury, le 31 mai 1961, et par sa première émission de radio pirate le 5 août suivant.
L'OAS recrute, par contacts suivant des réseaux de sociabilité divers - famille, amis, voisinage, habitués d'un café -, dans la jeunesse masculine des villes à forte concentration française, Alger et Oran, plus particulièrement. À la lisière d'une criminalité de droit commun, ses membres maquillent des 403 volées, dépouillent des gardiens de la paix de leurs armes, se procurent des faux papiers et trouvent refuge chez des particuliers complices, qui tiennent appartement, maison, garage... à leur disposition. En son nom, des commandos de trois ou quatre hommes mitraillent des passants depuis leur voiture, et des jeunes gens, qui ont reçu une arme après un contact, suivi de quelques rencontres, avec un membre de l'Organisation, prennent des Algériens pour cible dans les rues, au hasard. L'OAS dispose aussi d'obus de mortier, tirés sur la place du Gouvernement général, à Alger, le 22 mars, et dans Oran trois jours plus tard. Aux plasticages, spectaculairement mis en scène par l'opération "Rock and Roll", dans la nuit du 5 au 6 mars, avec cent vingt explosions en deux heures, elle ajoute les attentats à la voiture piégée, qui font 25 morts à Oran, le 28 février, et 62 morts, le 2 mai, à Alger. Enfin, elle programme des journées de tueries aveugles, prenant des cibles au hasard, des préparateurs en pharmacie, le 17 mars, ou des femmes de ménage, le 5 mai. Ses commandos deltas procèdent à des assassinats, comme celui, le 15 mars, de six inspecteurs de l'Éducation nationale, dirigeant les Centres sociaux éducatifs, dont Mouloud Feraoun.
Cette violence n'est pas seulement une fuite en avant désespérée. Elle relève aussi d'une stratégie : torpiller la sortie de guerre prévue, en tentant de provoquer, par les assassinats d'Algériens, une réaction de leur part, propre à rallumer la mèche - ce qui n'aboutit pas, la conscience de l'enjeu et la perspective de l'indépendance l'emportant sur d'éventuelles pulsions vengeresses.
Et le gouvernement français maintient une ligne de non-intervention, après le cessez-le-feu ; ce serait prendre le risque de le violer et de rallumer la guerre. Cette attitude reste cependant au centre des polémiques sur les responsabilités françaises dans les violences postérieures au cessez-le-feu, voire à l'indépendance.

Sylvie Thénault extraits de son Histoire de la guerre d'indépendance algérienne éd. Flammarion, avril 2005 (tiré du site http://www.ldh-toulon.net)

 


L'Assiette sale de Denys Piningre (2006 - 80’)
lundi 17 novembre - 21h - cinéma Le Palace, en présence du réalisateur

Chaque année, le département des Bouches-du-Rhône accueille 5000 ouvriers agricoles saisonniers étrangers. Sans eux, l'agriculture dans ce département n'existerait pas. Les conditions de travail, de logement et les salaires qui leur sont imposés sont souvent indignes.
Le film décrit cette situation et remonte les mécanismes qui l'engendrent : les excès de l'agriculture intensive, les méthodes de la grande distribution. En effet, la quasi-totalité du marché des fruits et légumes est concentrée entre les mains de six centrales d'achat, qui disposent ainsi de tous les moyens de pression sur les producteurs français et étrangers pour obtenir des prix toujours plus bas, et permettre des marges toujours plus élevées…
Le film montre que d'autres formes d'agriculture existent, qu'elles permettent la pérennisation d'exploitations viables, à taille humaine, et souvent un mode de relation directe entre le producteur et le consommateur. Opter pour une autre forme de consommation, refuser de manger des tomates "hors-sol" en hiver, et retrouver le goût des produits naturels, fruits et légumes de saisons cueillis murs et distribués immédiatement, c'est à la fois garantir une vie plus saine à nos enfants et manifester son désaccord vis-à-vis des catastrophes engendrées par le libre-échange qui ne profite qu'à une poignée de privilégiés et empoisonne le reste du monde !



Quelle classe ma classe de Philippe Troyon (2006 - 59') avec l'Association des Psychologues Scolaires de la Corrèze.
mardi 2 décembre - 20h30 - salle Latreille, en présence du réalisateur Philippe Troyon et du proviseur Joseph Rossetto

Cinq cents élèves de soixante nationalités différentes, un environnement sensible secoué par les problèmes socio-économiques de ses habitants, le collège Pierre Sémard de Bobigny est intégré en ZEP (zone d'éducation prioritaire). à l'entrée en sixième, il est classé 80e sur les 119 que compte la Seine-Saint-Denis. Quatre ans plus tard, les résultats du BEPC permettent à l'établissement de se hisser parmi les vingt meilleurs du département. à l'origine de ce succès, la question que se pose chaque jour Joseph Rossetto, le principal du collège : comment faire la classe aujourd'hui ? Son projet pédagogique consiste à se saisir des connaissances des enfants, de leur curiosité, de leur créativité pour donner sens aux apprentissages scolaires. La création est conçue comme un foyer capable de mettre les enfants dans un rapport à eux-même et aux autres. Les mots se mélangent aux gestes pour les amener à se connaître et à appréhender le monde. Ce film témoigne d'une école où l'apprentissage se situe résolument au coeur de la langue, des cultures, du voyage et du corps.Ici, les projets pédagogiques tiennent compte de la singularité de chaque élève afin qu'aucun ne se sente exclu. Et l'on rivalise de réflexion et d'imagination. Dans chaque classe, on travaille sur la langue et les cultures, à travers l'écriture, la danse, le théâtre et le cirque. Les mots se mélangent aux gestes pour amener les enfants à se connaître et à appréhender le monde
Le réalisateur a suivi le proviseur de l’établissement lors de ses entretiens avec les élèves et leurs parents, pendant les réunions d'équipe. Cette découverte de soi et des autres, initiée entre les quatre murs du collège, se poursuit, pour les élèves de quatrième A, auteurs d'une nouvelle Odyssée, avec un voyage en Grèce sur les traces d'Ulysse, à bord d'un trois-mâts. Un voyage loin de Bobigny et de leur cité.
Joseph Rossetto exprime ses convictions, ses goûts, ses questionnements. Au-delà de l’éclairage mis sur cette expérience d'enseignement, le film réalise le portrait d'un homme.

 

Jusqu'aux rives du monde… un témoignage sous forme de livre du principal Joseph Rosetto

Pourquoi fait-on le choix d'être enseignant ou chef d'établissement aujourd'hui ? Questionnement essentiel quand on voit l'inadaptation de l'école. Ce questionnement ne fait pas peur à Joseph Rossetto. Dans son livre, il nous parle de rapports humains exigeants qui se construisent dans la culture et dans des expériences créatrices qui font naître des sentiments, des connaissances, des savoirs, des désirs de vie pour accueillir l'altérité et le multiple. Ce sont ces morceaux, ces clichés de vie qui font la pertinence et la beauté de cet ouvrage emprunt de réalité et d'émotion.

Le livre et le DVD sont en vente chez Striana édition.
Communiqué de presse de Striana, distributeur.


Tableau avec Chutes de Claudio Pazienza (1997 - 104’)
jeudi 11 décembre - 20h30 - salle Latreille - Tulle

TABLEAU AVEC CHUTES
Un film de Claudio Pazienza.
Belgique/France, 1997, Beta SP, 104’

« Tableau avec chutes est constitué d’un mélange de divers éléments : un journal que j’ai tenu pendant plusieurs mois entre juin et octobre 1996, une série d’entretiens avec le Premier ministre belge, des chômeurs, des psychanalystes, mes parents, des écrivains flamands…et, enfin, une enquête autour du tableau Paysage avec la chute d’Icare. Le tableau de Bruegel est une mise en scène très astucieuse. Notre regard est attiré par la tache rouge au centre, un personnage et sa charrue, en nous incitant à croire qu’il s’agit d’une chose très importante. Mais ça n’est pas le cas. Le regard découvre le sujet, Icare, en train de se noyer (…) C’est un peu à partir de cette question de l’œil et du regard que je me promène dans mon film. Il n’y a même qu’une seule question qui le traverse du début à la fin : qu’est ce que regarder veut dire ? » (Claudio Pazienza)

POUR LA SUITE DU MONDE : PORTAIT DU CINEASTE EN CITOYEN.

« Que deviendront les yeux d’un enfant lorsqu’il n’y aura plus rien à voir ? »
(Fernand Deligny)

Claudio Pazienza habite à Bruxelles et plus précisément rue de l’instruction. Il ne pouvait pas mieux s’établir. Né à Roccascalegna, dans les Abruzzes, d’un père tenu d’émigrer, venu travailler dans les mines en Belgique, il sut tôt en effet ce que l’enseignement peut offrir et s’il n’avait pas choisi de devenir cinéaste, sans doute à sa façon aurait-il fait lui-même un magnifique instituteur, conscient de ce qu’il ne faut jamais oublier d’expliquer aux enfants : combien de litres d’eau contient un corps humain ; quelle est la composition exacte de la bière ; comment s’est imposé mondialement le système de l’argent ; à quoi peut-on reconnaître la culture ouvrière ou que veut simplement dire le bonheur. Autant de questions essentielles qu’entre gai savoir et mélancolie, il n’en finit pas d’aborder de film en film, une dizaine depuis quinze ans, de Sottovoce (1993) à Scènes de chasse au sanglier (2007), le plus récent.

Ainsi Tableau avec chutes est-il avant tout un grand film pédagogique et social sur la peinture et j’en connais peu d’autres, à travers l’histoire du cinéma, ayant à ce point détaillé une œuvre de manière à la fois si humble et si précise et pourtant débordante, encyclopédique, à la limite de la démesure. Car si l’on en sort mieux renseigné sur l’art de Bruegel, documenté comme rarement, plus érudit ou plus savant, c’est avec la satisfaction d’avoir en outre découvert quantité d’autres choses, renvoyant à nous-mêmes comme aux temps que nous endurons, assemblage de préoccupations domestiques et de réflexions sur l’existence, association d’éléments certes disparates, mais visant d’abord à ne plus séparer l’œuvre de ceux qui la contemplent. Ainsi peut-on apprendre au détour d’un plan qu’en juin 1996, le taux de chômage en Belgique était de 14% ; le prix du kilo de beurre s’élevait alors à 203 francs, il en fallait 31 pour obtenir un dollar et, malgré l’introduction de la canisette en 1992, les chiens chiaient toujours autant sur les trottoirs. Cette année-là, celle du tournage, l’automne était tombé pile à l’heure. En septembre, le pays entier s’était mis à descendre dans la rue, écoeuré par le nombre élevé d’enlèvements d’enfants dont on commençait tout juste à retrouver les corps. A Liège, les pompiers avaient arrosé le palais de justice, jugeant urgent de nettoyer la magistrature. Cela sentait bon l’insurrection au point qu’une adolescente marocaine et voilée dut s’interposer entre ouvriers et policiers pour éviter le pire, alors même qu’on venait à peine d’exhumer le cadavre de sa sœur. Mais il n’y eut pas de révolution, ce que certains dont je suis regrettent encore. Flamands et Wallons purent à nouveau s’occuper de ce qu’ils considèrent comme l’essentiel : la partition programmée de l’espace commun, la séparation.

Mais me dira-t-on, quel rapport avec Bruegel? Telle est exactement la question que se pose le cinéaste tout du long. Elle lui tient lieu jusqu’au bout de fil rouge : comment instruire et faire voir cette relation, ne jamais perdre de vue le tableau tout en gardant toujours en point de mire ce monde-ci, celui dans lequel nous vivons ? A quoi servirait sinon d’admirer si longuement un chef-d’œuvre de la peinture flamande s’il ne s’agissait pas aussi de s’interroger sur le destin du pays qui l’a vu naître ? A quoi servirait seulement de regarder si ce n’était pas pour croire encore en la possibilité de voir, en dépit des limites du visible cyniquement entretenues, renforcées, par les industries du spectacle et de la culture ?

Pas à pas, modestement, le cinéaste Claudio Pazienza mène l’enquête, ne dissimulant rien de ses impasses comme de ses moments d’égarement. S’il avance souvent à tâtons, pour ne pas dire en aveugle, et parfois même à reculons, il progresse néanmoins : de sauts de puce en ricochets, de coq en pâte en coqs à l’âne, par glissements successifs et perpétuels décalages. Le doute est sa méthode, digressive, mais obstinée, autant que l’insatisfaction : ne pas se contenter de peu, ne rien prendre pour argent comptant, voir plus loin, déplacer toujours un peu plus le propos, interroger sans relâche. Plus le film dure et plus Pazienza rencontre : personnel politique et experts, immigrés et prolétaires, marabouts et bouts de chandelle, tous sur le même pied d’égalité, les uns comme les autres méritant la même attention. A chacun il montre le tableau, posant à tous la même question : « et vous, depuis l’endroit où vous êtes, que voyez-vous ? » Entre ce qu’il cherche – à percer le mystère de ce tableau – et ce qu’il trouve – un pays éclaté dans un monde en lambeaux –, il est celui qui assure les connections, obligé de payer de sa personne et plutôt deux fois qu’une, comme acteur et cinéaste, personne et personnage. Entre des sidérurgistes en colère, luttant contre la fermeture des forges qui les font vivre et défendant leur vision de la classe ouvrière, et son corps de cinéaste fatigué d’être toujours le seul à devoir tout recoudre ; entre sa voisine en deuil, rescapée des camps, et un premier ministre belge, probable espèce en voie de disparition ; entre le mythe d’Icare et la réalité de fillettes violées, Elizabeth, Julie, Melissa, Loubna, par ordre d’entrée dans l’horreur, il est celui qui met en présence et tente de raccorder. D’un côté la perte, la chute, la disparition, la dissolution, un désastre peut-être, et de l’autre son corps de cinéaste qui répare, suture, fait la jonction, remet du lien, arpente l’espace entre les hommes en quête d’un récit commun, jouant le temps du film contre l’accélération de l’Histoire. Si tel Icare, des enfants, une classe sociale, un pays sont tombés tandis que, comme le laboureur du tableau, les autres vaquent à leurs occupations, continuant de fonctionner, ignorants ou résignés, lui se veut encore une forme qui lutte afin de retarder l’échéance du mot « fin », une force qui faiblit certes, mais qui résiste encore, on pourrait dire un pédagogue, un cinéaste-citoyen.

Patrick LEBOUTTE



Enfermement d’Anne-Marie Filaire (2008 - 45’)
projection du film jeudi 4 décembre 2008 - Tulle


17h30 : sur un mur extérieur, 2 rue Félix Vidalin

18h30 : à Sortir la tête 14, rue Riche

 

Enfermement est un témoignage sur la nouvelle frontière que dessine le mur édifié entre les territoires palestiniens et l'État d'Israël. L'artiste dont la connaissance de ces régions est intime, a filmé en un unique travelling les photographies noir et blanc qu'elle a prises et organisées en panoramas. Peuple et Culture invite Anne-Marie Filaire à échanger avec le public à la suite de la projection.

Mon travail photographique ne tient pas du reportage mais s'apparente à une attitude de documentariste. Je m'intéresse à l'évolution des espaces et mes photographies "sont majoritairement consacrées à des entre-deux, des zones tampons, des zones frontières, dans lesquelles, même si aucun habitant n'est présent, les traces de l'activité humaine saturent l'espace. Sous la forme d'un constat, mes images montrent avant tout la structure mouvante d'un territoire en évoquant le paysage dans sa dimension politique."

Mon travail en Israël et en Palestine a débuté en juillet 1999 à Jérusalem, un peu plus d'un an avant la deuxième Intifada.
En 2004, au moment de la construction du mur, j'ai commencé à faire des relevés de terrain sur les zones frontières et je suis revenue photographier ces lieux de façon régulière pour enregistrer l'évolution des paysages. Ce travail a nécessité beaucoup de temps et c'est ce temps qui est donné à voir ici. Ces images parlent de l'enfermement, de la façon dont l'espace est investi, transformé, de la façon dont la vision est bouleversée.
Elles introduisent une réflexion sur la construction et la déconstruction du regard. Elles permettent de documenter cette période où l'espace s'est fermé, de confronter ces paysages et notre regard avant, pendant et après cette fermeture.
Cette frontière entre Israël et les territoires palestiniens, matérialisée par un mur, est quelque chose de très violent. Et j'ai voulu décrire l'impact sur les territoires de la présence de ce mur construit par les Israéliens, mais aussi décrire les contenus et les formes des espaces que constituent les "zones frontières."

J'ai décidé d'arrêter aujourd'hui ce travail. Le film "Enfermement" est un long travelling qui témoigne de ces années de fermeture des paysages particulièrement autour de Jérusalem. Ce qui y est montré c'est ce temps. Le film est une boucle.

Anne-Marie Filaire (Paris, 24 juin 2008)

Le film intitulé Enfermement d'Anne-Marie Filaire était projeté dans les rues de Jérusalem cet automne lors du festival "Jerusalem Show", il arrive en France et sera projeté le 10 janvier au cinéma Les 400 coups d'Angers puis au printemps à Marseille au travers du collectif La Compagnie. L'artiste nous a fait l'amitié de le projeter lors d'une séance de séminaire lundi dernier à l'Institut national d'histoire de l'art dans une version encore provisoire, accompagné d'une musique d'Arvo Pärt. Enfermement est un témoignage sur la nouvelle frontière que dessine le mur édifié entre les territoires palestiniens et l'État d'Israël. Mais ce témoignage est avant tout la création d'une œuvre photographique et filmique, cinématique pour le dire en un mot. L'artiste dont la connaissance de ces régions est intime, a filmé en un unique travelling les photographies noir et blanc qu'elle a prises et organisées en panoramas. D'une grande sobriété, et d'une apparente simplicité, le processus établi réside donc dans la mise en mouvement de panoramas successifs, montrant des lieux qui s'aboutent sans correspondre nécessairement au continuum géographique et temporel (les prises de vues couvrent 3 années en tout). Il s'en suit une position du spectateur tout à fait singulière que la métaphore du sentinelle illustre bien : vous semblez surplomber les paysages en tournant sur vous même, comme un guetteur. Du coup, le vide de ces régions devient frappant, malgré l'accumulation des habitations aux formes géométriques, malgré les quantités de gravas, la présence humaine n'est que manque. Le mur apparaît pour dresser des perspectives torves jusqu'à l'infini. Tout est séparation, et la séparation produit le manque. Ce film photographique est donc un montage dont les coupes forment des décrochages réguliers - que l'on connaît bien depuis le XIXe siècle dans la nécessité d'ajuster les images pour former le panorama (ce ne sont donc pas des " panoramiques ", l'effet n'étant pas obtenu à la prise de vue). Les légendes centrées sous les ensembles défilants dansent sans réellement bouger par le jeu des décrochements, si bien que l'on freine parfois ou bien on accélère, mais cela ne se passe que dans votre œil ; et au moment où le film s'arrête, la rétine de la sentinelle s'étant accoutumée au mouvement, vous semblez partir dans l'autre sens. Le sentiment d'enfermement n'est donc pas ici une donnée iconographique, et c'est tout le paradoxe : le spectateur-sentinelle voit loin, au-delà de ce mur-ruban, mais cet espace et ces paysages à perte de vue sont vains. L'œuvre s'enroule autour de vous, et l'on pense à un retour de l'image photographique à son état de rouleau qui serait ainsi dévidé mais dont l'autonomie de chaque prise de vue demeure soulignée par l'effet de dépliage. Anne-Marie Filaire réfléchit depuis longtemps sur les notions de paysage, de frontière, d'identité. Elle montre par ce film que les formes mêmes qu'elle a su inventer pour penser l'image sont nécessaires à la compréhension de ces notions telle qu'elles apparaissent incarnées dans l'histoire des peuples. Et cela donne à méditer. Car ce que ce film expose est bien le dépassement d'une esthétique de la répétition, du recommencement ou de tout autre processus itératif lorsqu'il s'agit de produire des formes en dialogue avec l'histoire. Ce film d'images est circulaire et sans retour, tragique sur le mode d'un déroulement qui impose aux plis sa loi mouvante. Il est tout ce qui nous désespère de seulement passer au long du temps des hommes. Cette œuvre participe de ce qu'il faut appeler aujourd'hui une esthétique des conditions.

Michel Poivert, Professeur Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne Institut national d'histoire de l'art

 


 

artothèque
Exposition Collection en mouvement
oeuvres de PHILIPPE COGNÉE, FRANCK GÉRARD, ISABELLE GROSSE, JASON KARAINDROS,
CHRYTÈLE LERISSE, EDOUARD LEVE, CHARLES MASON, FLORENCE PETETIN
du 22 novembre au 13 décembre
Espace Ventadour - Egletons
(du mardi au samedi de 14h à 17h30, sauf jours fériés)
vendredi 21- vernissage - 18 h
exposition réalisée par l’artothèque du Limousin , facLIM (Fond d’art contemporain des communes du Limousin) et Peuple et Culture, relais artothèque pour la Corrèze.

 


et aussi...
Dans le secret de la niche
exposition de David Molteau et Nilas Bendix Stacey
du 4 au 29 - médiathèque - avenue Alsace Lorraine- Tulle
vernissage mardi 4 - 18h
Dans le prolongement de la deuxième foire à l'Art organisée par l'association Merveilleux Prétexte, DAVID MOLTEAU, artiste Plasticien en charge du relais artothèque à Peuple et Culture et NILAS BENDIX STACEY, faiseur de son et horticulteur, présentent une niche à la médiathèque de Tulle.
Le prétexte de la niche leur a offert l'occasion de rendre visible l'attachement qu'ils portent à la Vallée du Doustre car ils y ont tous les deux engagé leurs projets respectifs de travail et de vie. Plus précisément, cet objet sonore tente de restituer des expériences intimes (et partagées) dans différents lieux, entre des moments du quotidien (l'empreinte des endroits familiers) et des moments privilégiés (dans des lieux de nature liés à l'enfance). La forme même de l'objet niche mais aussi cavité, cachette ; le travail de dessin sur l'interface entre dehors et dedans, le son, nous invitent à cheminer dans des méandres de pensées, de mondes intérieurs qui dialoguent avec des bribes de lieux réels ou sublimés, ruelles étroites, ruisseaux au creux de la forêt...
Cette installation servira également de terrain d'expérience pour un projet pédagogique Lire la ville, les bourgs, les villages en Limousin organisé par l'Académie de Limoges pour un réseau de cinq écoles élémentaires du plateau de Millevaches, sur la question du regard des enfants sur leur territoire.

 


 

usine de la marque

La Marque, des femmes, des hommes, des techniques
Exposition du vendredi 3 au samedi 25
36 avenue Ventadour - Tulle (parking de l’ancien site Obry, boutique luminaires)
ouverte du lundi au samedi de 14h30 à 18h30

L'usine de La Marque, deuxième bastion industriel de la ville après la Manufacture d'armes, a déménagé en 2006, pour s’implanter sur la zone industrielle de la Montane à Eyrein. Les locaux ont été rasés et remplacés par un centre commercial.

La Ville de Tulle et l’association Peuple et Culture proposent de remonter le temps en retraçant l’histoire de ce site. Trois collectionneurs passionnés Jean-Claude Crozat, Philippe Chénieux et Georges Picard ont rassemblé un patrimoine considérable de documents (actes notariés, affiches, cartes postales, photographies...) mais aussi d’objets et de matériels tels que des machines à écrire, à coudre, à tricoter, caméras, projecteurs ; témoins des savoir-faire développés dans les ateliers des usines Continsouza, Pathé, MIP, et plus tard BWA.
Philippe Mougin, a mis à disposition le bâtiment de l’ancienne boutique de luminaires pour accueillir cette exposition.

> vendredi 3 - 18h - vernissage.
> samedi 11 - 15h - rencontre avec Jean-Claude Crozat, philippe Chenieux et Georges Picard.
> mardi 21 - 20h30 - Ceux de La Marque, montage vidéo*
> samedi 25 - projections de films en présence du réalisateur Marcel Trillat - 15h00 Les Prolos de Marcel Trillat / Casse-croûte, sur place /
20h00 - Industrial Britain de Robert Flaherty -
20h30 - Le silence dans la vallée de Marcel Trillat

* Ceux de la marque...
Portraits vidéo d’ouvriers et d’ouvrières filmés par l'équipe de Peuple et Culture. Ces portraits témoignent de différentes époques, du travail, de la richesse et du bonheur d’une vie sociale, collective, solidaire ; des amitiés généreuses, des luttes, des moments durs des licenciements des copains “que plus tard on hésitait à croiser de peur de les trouver encore au chômage”, de leur colère et de leur tristesse que l’usine ait été transférée hors de Tulle pour des prétextes qu’ils jugent aujourd’hui fallacieux.

Un ancien ouvrier, élu du comité d'entreprise, responsable syndical, Jean-Claude Crozat, a patiemment recherché, accumulé et sauvé de la destruction (parfois volontaire) une grande quantité de documents et d'objets manufacturés dans cette entreprise. A travers cette collection, c'est une formidable mémoire ouvrière des savoir-faire mais aussi des luttes des femmes et des hommes qui ont travaillés à l'usine de La Marque, que l'exposition présentera.

Depuis le 7 mai 1758 date à laquelle le Seigneur de La Marque paraphait un contrat avec l'administration de l'église de Tulle pour obtenir la permission de construire le moulin de La Marque jusqu'à aujourd'hui, il a retracé l'histoire pratiquement complète de ce lieu emblématique de la ville.
- de 1859 jusqu'en 1867, c'est l'entreprise Sauvage et Fillol, usine à fer, qui devient usine à sabre en 1866 et travaille essentiellement pour la Manufacture.
- en 1893 on recense une tannerie, société Leveinstein et Compagnie.
- de 1893 à 1914, la société Clément fabrique des vélos et des vélomoteurs.
- à partir de 1914 jusqu'en 1927, ce sont les établissements Continsouza qui vont travailler pour l'armement mais également fabriquer du matériel pour Pathé (caméras et projecteurs) et des machines à écrire.
- de nouveau une tannerie à partir de novembre 1927 avec la société Enault et Cie, mais les opposants sont nombreux jusqu'à Malemort ou Brive qui dénoncent déjà la pollution de l'eau et les odeurs nauséabondes.
- la ville de Tulle rachète le site en 1934 pour un projet d'abattoir qui ne se fera pas sur ce lieu mais à l'autre bout de la ville.
- la MIP (Mécanique Industrielle de Précision) s'installe le 29 janvier 1937 et fabrique des caméras et projecteurs de cinéma pour Pathé, des machines à coudre et à tricoter et des pièces d'armement.
-à la Libération
du 25 août 1944 au 30 juin 1947, l’usine connaît une expérience de gestion ouvrière décidée pour des faits e collaboration de la direction pendant l’occupation nazie. A l’issue du procès intenté au groupe, Brandt reprend la direction de l’entreprise mais les avantages sociaux obtenus sous la gestion du comité d’usine notamment la dotation de 6% de la masse salariale au Comité d’entreprise qui a permis notamment d’alimenter unem utuelle qui assrue aujourd’hui encore une protection sociale exceptionnelle pour le personnel actig et retraité. Cette expérience de gestion ouvrière laisse une forte tradition de lutte et d'implantation syndicale en particulier de la CGT.
- la Société des Usines de La Marque (la SUM) voit le jour le 1er juillet 1947
En 1956 La société Brandt fusionne avec la société Hotchkiss Delahaye et devient le groupe Hotchkiss Brandt. Une nouvelle fusion intervient, en 1966 avec la Compagnie Française Thomson Houston et transforme le groupe en Compagnie Française Thomson Houston Hotchkiss Brandt.
- Le groupe Thomson est nationalisé en 1982, quatre ans plus tard l’usine de la Marque est revendue pour le franc symbolique au privé et en 1995 au groupe américain Borg Warner Automotive.

 



cinéma documentaire

L'Art de vieillir de Jean-Luc Raynaud (2007 - 74’)
projections en présence de de Thérèse Clerc (protagoniste du film)
lundi 13 - 21h - cinéma Le Palace - Tulle
mardi 14 - 20h30 - Librairie L'Aire Libre - 26 avenue Pasteur - Argentat
Une signature du livre Thérèse Clerc, Antigone aux cheveux blancs de Danielle Michel-Chich, éd. les femmes, aura lieu après les projections.

Quand on arrive à 50 ans, tout d'un coup on entre dans un autre pays. C'est à dire que tout se défait. Et à mesure que les choses se défont, il y a une espèce de grâce qui s'installe. Ça c'est difficile à comprendre.

Confronté à la vieillesse difficile de ses parents, le réalisateur a mené l’enquête auprès de trois hommes et deux femmes de 71 à 92 ans afin de découvrir le secret de leur art de vieillir. Le film nous livre leurs mots, leurs expériences, leur clairvoyance et leur simplicité, leur fraîcheur. Si leur épanouissement est bien sûr lié à leur nouveau rapport au temps, c'est le jouir qui illumine leurs yeux : jouir de chaque petite victoire sur soi-même, jouir de la disparition momentanée d'une douleur, et surtout jouir du jouir que l'on donne. La clé de leur bonheur semble tenir à la perte progressive de l'ego, la reconnaissance de l'autre. Face à leurs vieillesses tranquillement flamboyantes, « ces vieux fous, ces vieilles folles » stigmatisent les tabous et la répression que leur opposent famille et société.
Prix du meilleur documentaire, Festival des Films du Monde (Montréal 2006).

Thérèse Clerc, protagoniste du film
Thérèse Clerc est née en 1927 à Paris. Mariée à 20 ans, mère de quatre enfants à 32, elle fréquente la paroisse du Bon Pasteur, rue de Charonne. L’église décile ses yeux sur les questions sociales et, en mai 1968, elle bat le trottoir pour vendre Témoignage Chrétien. Quelques mois plus tard, elle signe son premier contrat de travail : vendeuse de machines à coudre pour fillettes aux Grands Magasins. Elle divorce en 1969.
1972 : Thérèse Clerc adhère au MLAC (Mouvement pour la Libération de l'Avortement et de la Contraception) et pratique des avortements militants. C’est le début de ses engagements et de son militantisme, plus particulièrement pour la cause des femmes. Elle fonde la Maison des Femmes à Montreuil en 2001 et pose en 2007 la première pierre de la Maison des Babayagas, maison de retraite collective, solidaire et unisexe.


à l’occasion de l’exposition La Marque, des femmes, des hommes, des techniques Peuple et Culture a invité le réalisateur Marcel Trillat. Il nous présentera Les Prolos et Silence dans la vallée. Nous projetterons également Industrial Britain, un film court d’un documentariste historique : Robert Flaherty.
samedi 25 - à partir de 15h - dans l’exposition - 36 avenue Ventadour - Tulle


Les prolos de Marcel Trillat (2002 - 92’)

Sept millions d'ouvriers en France aujourd'hui. Sept millions de personnes qui passent quasiment inaperçues. C’est parce qu’il a fait ce constat que Marcel Trillat est parti à leur rencontre : dans des usines à la pointe de l'organisation manageriale, sur des sites où la sous-traitance est légion, dans des manufactures familiales, chez les employés de petites entreprises de service.

Les prolos est un voyage dans la classe ouvrière en six étapes. C'est mon voyage à moi dans le monde ouvrier. C’est très subjectif, ce n'est pas du tout exhaustif. J'ai essayé de rendre compte de la diversité incroyable, et de la nouveauté que j'ai découverte moi-même dans cet univers. Je voudrais bien que les uns et les autres se rendent compte à quel point les choses ont changé.
Moi je suis un homme de gauche, je l'ai toujours été, je ne m'en cache pas. Mais ce que j'ai essayé, c'est de ne pas faire de l'idéologie. C'est de découvrir vraiment ce qui se passe, à ma façon bien sûr, avec mon regard, mais autant que possible, de ne pas filtrer ce que j'ai découvert. Parce que j'ai rencontré des directeurs d'usine étonnants. Parce que j'ai rencontré des ouvriers qui ne comprenaient rien à ce qui se passait. Les choses sont devenues très différentes de ce qu'elles étaient. Les anciennes lectures de ce monde-là, très schématiques, ne marchent plus. Donc ce que j'espère, c'est que les uns et les autres, aussi bien les responsables syndicaux que les chantres du libéralisme sauvage, feront l'effort de regarder le film en oubliant ce qu'ils pensent.

Marcel Trillat, Paris, 16 septembre 2002, in la revue Documentaires n°18.


Silence dans la vallée de Marcel Trillat (2007- 85’)

En octobre 2006 la dernière grande forge de Nouzonville, dans les Ardennes, est liquidée. Les Ateliers Thomé-Génot employaient 317 salariés. Premiers fournisseurs de pôles d’alternateurs pour les géants de l’automobile Valéo et Visteon Ford, leur production représentait 20% du marché mondial. Leur rachat par un fonds de pension américain (la société de consultants Catalina, qui fait aujourd’hui l’objet d’une enquête pour malversations) a ruiné leur activité et détruit leurs emplois. Ouvriers, ingénieurs, dynastie patronale de type paternaliste, tout cet univers a disparu, englouti par la mondialisation libérale. Aucun des protagonistes ne sortira indemne du drame. Dans ce film Marcel Trillat donne aussi la parole au patronat : comment les industriels considèrent-ils leur travail aujourd’hui, au regard notamment des délocalisations d’usine ? L’Humanité, le jour de la diffusion du film sur France 2 titrait : « Dans la vallée des larmes, les patrons pleurent aussi. ».

 

Marcel Trillat
Marcel Trillat est né en 1940 à Seyssinet-Pariset (Isère). Il devient journaliste à l’ORTF en 1965 en collaborant au magazine “Cinq colonnes à la Une”. Entre 1968 et 1981, il travaille pour la presse écrite, réalise plusieurs documentaires et reportages longs (Etranges étrangers, Guerre du Peuple en Angola...), anime des radios dont “Lorraine coeur d’acier” (radio libre créée à Longwy par la CGT). Il occupera ensuite différents postes à Antenne 2 puis France Télévisions : réalisateur pour Envoyé Spécial, directeur adjoint de l’information, rédacteur en chef du service Société, administrateur. Il prend sa retraite en 2001 et commence sa trilogie sur le monde ouvrier : 300 jours de colère, Les Prolos, Femmes Précaires. Son dernier film, Silence dans la Vallée se penche sur les questions de mondialisation et de financiarisation de l’économie.

Je viens du monde paysan. Mes parents étaient de petits paysans du Dauphiné. La génération avant c'était des ouvriers agricoles, des paysans sans terre qui avaient réussi à devenir métayers, puis petits propriétaires parfois. Dans ces familles-là, la moitié des gens étaient paysans, l'autre moitié étaient ouvriers. Ou petits employés. Puis, parfois, il y avait un gosse à l'école qui se débrouillait pas trop mal, qui rentrait à l'Ecole Normale d'instituteurs et devenait instit. Là, on lui permettait de poursuivre les études jusqu'au bac, parce que sinon, ça s'arrêtait au stade du centre d'apprentissage. C'est ce que j'ai fait. Mais, tout cet environnement-là était très proche. Mon grand-père parlait patois, il avait débuté comme ouvrier agricole et c'était une espèce de vieux rebelle. Anticlérical, très républicain, admirant sans trop savoir ce que c'était des gens comme Jaurès. Et mon père était dans cette tradition-là. Socialiste de gauche. Même si, à un moment, on ne s'est plus du tout compris. C'est la vie. Et dans la famille, il y avait plein d'ouvriers, ceux qui ne pouvaient plus vivre de la terre et qui ont alimenté les usines au moment où on avait besoin de bras. Et qui se sont battus pour obtenir les congés payés, salaires respectables, conditions de travail améliorées, etc. Je me suis retrouvé élève-instituteur. Puis j'ai poursuivi des études pour devenir prof de français. Mais j'avais ce rêve complètement hors d'atteinte d'être journaliste, un jour, si je le pouvais. La chance a fait que j'ai pu faire des stages comme journaliste. Ça s'est bien passé. J'avais presqu'une sorte de culpabilité d'avoir échappé au sort des miens. Devenir journaliste, ça impliquait pour moi un devoir. Parler pour eux, parler d'eux d'une certaine manière. Toute ma carrière de journaliste, il y a toujours eu ça en filigrane. À chaque fois que j'ai pu, j'ai essayé de parler d'eux. Après, il y a eu la vie, le journal télévisé, etc. Et voyant la retraite approcher, je me suis dit qu'avant de quitter ce métier, il fallait que je les retrouve. Ceux qui n'ont pas eu ma chance, où est-ce qu'ils en sont ?

Marcel Trillat,
Paris, 16 septembre 2002, in La revue Documentaires n°18.

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Industrial Britain de Robert Flaherty (1931 - 20’)

Industrial Britain est un film de commande. Dans les années 3o en Angleterre, John Grierson, théoricien du cinéma et réalisateur (Drifters, 1929, Coal Face, 1935), a créé au sein du ministère du commerce extérieur un service cinématographique chargé de la promotion des produits britanniques. Il passe commande à Flaherty d'un film sur l'industrie britannique. Dans Industrial Britain, Flaherty promène sa caméra dans la campagne anglaise, le long des fleuves et au bord de la mer autant que dans les paysages industriels, mines et usines de verre ou d’acier. Il réalise ainsi un hommage au savoir-faire des ouvriers britanniques, savoir-faire indispensable à l’industrie contemporaine.
Industrial Britain est un film romantique en tant qu'il refuse la modernité. Les gros plans et portraits des ouvriers les individualisent. La caméra s'arrête sur leurs gestes, montre la grâce du savoir-faire humain opposée aux mécanismes des machines. Le rythme du montage donne au film son dynamisme. Les images du film sont parfaitement composées. Leur beauté, leur lyrisme confinent au mythe. Comme à son habitude, Flaherty a tourné sans aucune écriture préalable. Il a filmé ce qui le touchait de façon intuitive et spontanée et procédé à des mises en scène de situations choisies. Le caractère imprévisible de cette façon de faire est incompatible avec les exigences institutionnelles. Flaherty est licencié et c'est un autre réalisateur qui terminera le travail. Industrial Britain est donc un hybride alliant l'esthétique de Flaherty à une visée résolument sociale portée par un commentaire très affirmatif. Ce film fera école et marque une étape dans l'histoire du documentaire britannique : les documentaristes anglais se serviront dorénavant de moyens formels pour servir un contenu social.

Robert Flaherty est né en 1884 aux Etats-Unis. Après des études de géologie et de minéralogie, il part explorer la baie d'Hudson au Canada pour le compte d'une compagnie de chemins de fer. Son patron lui met une caméra dans les mains afin qu’il lui rapporte des images du Grand Nord. Après cette expérience, Flaherty décide de devenir réalisateur et de filmer des populations éloignées à partir de leur fréquentation assidue et d'une expérience longue de terrain. Ce principe de travail sera cher plus tard au cinéma direct. Il est également considéré comme le père de la docu-fiction et de l'ethno-fiction. En effet, afin d'être au plus près de ce qu'il considère comme la vérité profonde, il dramatise les situations par des mises en scène, n'hésite pas à employer des acteurs, à faire rejouer des situations. Cette méthode pionnière sera plus tard utilisée méthodologiquement par Jean Rouch.
Flaherty réalisera de cette façon Nanouk l'Esquimau (1922), Moana (1926), filmé en Polynésie, l'Homme d'Aran (1934), tourné dans les Iles d'Aran en Irlande, Louisiana Story (1948), qui traite de l'installation d'une plateforme d'extraction de pétrole en Louisiane.

 



faire parler la terre aux mille sources, ses arbres, ses saisons…

A l'attention de touTEs et de chacunE,

Fils d'immigré et résistant dans le maquis limousin, homme de combats, Armand Gatti, auteur dramatique connu et reconnu, mais avant tout poète, reprend le maquis ici. Il vient renouer avec nous, gens de Corrèze et du Limousin, le fil d'un engagement initié il y a soixante six ans, pendant l'occupation nazie, sur le plateau de Millevaches.

Depuis plusieurs années, des femmes et des hommes d'ici, des associations culturelles, artistiques, citoyennes… cheminent avec l'œuvre de Gatti. Les rencontres avec lui, qui jalonnent ce parcours, ont donné naissance à un grand projet autour de la permanence de l'idée de résistance.
Résistance aux fatalités politiques, médiatiques : combat de la parole, des mots, des savoirs…
Ce projet qui aura plusieurs étapes, plusieurs formes, implique donc la présence prolongée d'Armand Gatti en Limousin dans les temps qui viennent.

En premier lieu, nous allons ouvrir ensemble un grand chantier d'écriture auquel vous êtes toutes et tous conviés.
Il s'agit dès maintenant d'entamer (ou de reprendre) un dialogue avec la terre d'ici, avec les arbres, avec tous ce qui pousse, avec les horizons et les vents et les ciels qui dessinent notre coin de monde. Il s'agit d'écrire notre rapport secret, personnel avec ces éléments, avec le pays d'ici : faire parler ce qui y est extraordinaire, pour nous.
Cette écriture peut-être organisée ou pas, repérable ou pas, il importe surtout qu'elle soit libre, au plus près de ce que nous ressentons.
Il importe aussi que chacunE, avec ou sans expérience de l'écriture, se sente invitéE à faire cette tentative, même si c'est la première fois … Toutes les écritures ont leur place.

Dans quelques semaines nous donnerons nos textes, nos mots, nos bribes, nos images… sur feuilles de papier ou sur cassettes à Armand Gatti.
Ce sera pour lui la matière d'un texte puisé aux sources des récits que nous lui aurons confiés, dont la trame suivra celle des saisons. Ce texte, monté en 2009 et joué par des gens de la région, volontaires, va constituer un des premiers volets d'un projet plus vaste en Limousin avec Gatti.

Vous pouvez dès que vous le souhaitez envoyer vos écrits au Bottom Théâtre (2, rue de la Bride 19000 Tulle / lebottom@wanadoo.fr) qui les transmettra.

En toute fraternité
Le Refuge des Résistances
(Mairie, 19290 Peyrelevade)

Cette action est mise en place par l'association Refuge des résistances - Armand Gatti, qui s'est constituée depuis deux ans.


 

La bataille de Tchernobyl de Thomas Johnson (2006 - 94’)
lundi 2 juin - 20h30 - salle latreille - Tulle
Projection gratuite proposée par Peuple et Culture Corrèze et le Collectif corrézien pour la sortie du nucléaire

26 avril 1986, 01h23 du matin.
Une flamme aux couleurs arc-en-ciel de 1000 mètres de haut s'élève dans le ciel d'Ukraine. Le quatrième réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl vient d'exploser. Le plus grave accident nucléaire de l'histoire vient de se produire.
Les autorités soviétiques observent tout d'abord le silence, se refusant à prévenir les habitants des risques encourus.
Mais devant l'ampleur du désastre et le risque d'une deuxième explosion d'une puissance encore décuplée, ils doivent avouer au monde qu'ils sont face à un problème majeur, et engager des moyens considérables pour lutter contre le "mal noir".
Pendant sept mois, cinq cent mille soldats, mineurs, civils, baptisés depuis "les liquidateurs", sont envoyés de toutes les Républiques d'Union Soviétique pour se battre, au péril de leurs vies, et tenter de "liquider" la radioactivité et écarter toute nouvelle menace.
Une véritable bataille. Sept mois, d'une intensité phénoménale, que les survivants ne sont pas prêts d'oublier…
Notamment le 7 mai, où grâce à l'action déterminante et au sacrifice de plusieurs dizaines de milliers de ces "liquidateurs", l'incendie qui faisait rage dans le bloc 4 de la centrale atomique fut éteint permettant ainsi d'éviter une seconde explosion nucléaire encore plus terrible que le première. Si elle avait eu lieu, l'Europe serait devenue inhabitable.
Lorsqu'enfin le sarcophage recouvrant le réacteur est terminé, ces hommes vont rentrer chez eux irradiés à vie et totalement oubliés du gouvernement. Vingt ans plus tard le mensonge international sur les retombées radioactives est toujours tenace.
Basé sur des images d'archives exceptionnelles et sur des interviews rares des responsables de la liquidation, le documentaire raconte avec un sobre talent, l'histoire de la catastrophe.

Prix Italia du meilleur documentaire au festival de Venise, octobre 2006. Mention spéciale du Prix Europa au festival de Berlin, octobre 2006. Prix du meilleur documentaire (catégorie programmes historique et biographique) au festival international de TV de BANFF (Canada), juin 2007.


rencontres africaines

A la rencontre de l'Afrique, de ses arts, de ses peuples
Les Rencontres Africaines de Tulle en sont à leur troisième édition. Conférences, concerts et films, seront consacrés cette année à l'Afrique Noire francophone.
du 3 au 7 juin- salle Latreille - Tulle

Au-delà de l'eau de Didier Bergounhoux (2007 - 52’)
Fruit d'un travail sur L'or bleu et suite du film projété en 2007, en présence du réalisateur
mercredi 4 juin - 20h30 - salle Latreille - Tulle

Le village de Debanga, au nord du Burkina Faso, est désormais pourvu d'un forage. Il aura fallu presque quinze ans de persévérance de la part des villageois et d'Eau Vive (association de solidarité internationale, créée en 1978) et plus de dix tentatives pour qu'ici l'eau jaillisse. Ce film porte sur les changements que ce point d'eau apporte à la population, mais il pose aussi un regard sur d'autres villages, parfois voisins de Debanga, approvisionnés en eau potable depuis plusieurs années.

Didier Berghounoux a filmé la dynamique insufflée par Eau Vive, la participation active des villageois, qui se sont progressivement équipés en écoles, centres de santé, maternités... en partie financés par eux-mêmes ; des initiatives citoyennes qui leur permettent d'accéder aux soins et à l'éducation, mais aussi d'amorcer un développement économique.
Ce documentaire donne la parole, aux chefs de villages, infirmiers, instituteurs, groupements féminins... souvent ignorés et écartés des décisions politiques.

Programme complet : Rencontres.africaines.tulle@gmail.com / tél 05 55 26 06 53 ou 06 88 16 69 95
en collaboration avec la Ville de Tulle, le Conseil Régional, Vivre et entreprendre, Peuple et Culture, le Cinéma Le Palace et France bleue.


 

bobines rebelles

Un festival du documentaire politique et social en Creuse
vendredi 13 et samedi 14 juin- Royère-de-Vassivière

Festival : En programmant en continu, pendant une journée et une soirée, une série de films documentaires nous voulons proposer un moment fort permettant de créer une véritable dynamique de réflexion.
Documentaire : En revendiquant un point de vue clairement affirmé, le documentaire permet de faire apparaître une réalité qui, d'habitude, nous est cachée. Il favorise une démarche critique et l’émergence d'une conscience politique plus affirmée.
Politique/social : A l’heure où les tenants du pouvoir nous imposent une pensée unique associée à une fausse bipolarisation politique, nous voulons partager nos interrogations, confronter nos dissidences. Indépendance politique et autonomie de pensée sont aujourd’hui une exigence sociale.
Creusois : Les «élites» et les médias dominants nous affirment que la culture et la réflexion politique ne sont qu'urbaines. Rien n’est réservé à un territoire précis. C’est où l’on demeure, travaille… que l’on se doit d’agir.

Le documentaire social se distingue du documentaire tout court et des actualités de la semaine par le point de vue qu'y défend nettement son auteur. Ce documentaire social exige que l'on prenne position car il met les points sur les i. S'il n'engage pas un artiste, il engage au moins un homme. Ceci vaut bien cela. [...]
Ce documentaire social devra nous dessiller les yeux.»
Jean Vigo (1905-1934)

 

vendredi 13 juin
21h30 au bar l'Atelier à Royère-de-Vassivière

Je m'appelle de Stéphane Elmadjian (10’)
Je voudrais vous dire de Jo Béranger et Doris Buttignol (24’)
Montage d'archives INA sur Mai 68 en Limousin (2008 - Peuple et Culture Corrèze - 15’).
La Reprise du travail aux usines Wonder. Réalisation collective : IDHEC en grève (1968 - 10’)

samedi 14 juin
de 10h à 24h au Villard à proximité de Royère-de-Vassivière
Grande salle
10h45 - Kwassa Kwassa Creuse de Patrick Watkins (2006 - 52’)
13h30 - Les moissons de la révolte de Richard Hamon et Allessandro Stella (2006 - 52’)
15h30 - Le chômage a une histoire de Gilles Balbastre (2001 - deux fois 52’)
18h30 - Escadrons de la mort, l'école française de Marie-Monique Robin (2003 - 52’)

20h00 - Pause repas en musique avec la Chorale des Résistances Sociales

21h30 - Un monde moderne de Sabrina Malek et Arnaud Soulier (2005 - 84’)

Chaque film est suivi d’un débat, certains réalisateurs seront présents : Patrick Watkins, René Bourdet, Jean-François Pressicaud et (sous réserve) Jeanne Gaggini ou David planque.


Un Festival à prix libre
Le prix libre est une démarche politique, non marchande. Ce n’est pas pour autant la gratuité et afin de donner un élément d'évaluation, les coûts de revient d'une place et d’un repas seront affichés. Concrètement, à l’accueil seront distribués en prix libre des tickets d'entrée (un ticket pour l'ensemble des projections) et des tickets de repas.


Hébergements possibles
Sur place en gîtes, camping (sur réservation) : Les Plateaux Limousins, Le Villard, 23460 Royère-de-Vassivière (05 55 64 70 53) htttp://plateaux-limousins.org/
Aux alentours : Office du tourisme, Rue Auphelle, 23460 Royère-de-Vassivière (05 55.64 75 11)
office-de-touristne-royere@wanadoo.fr http://www.lac-de-vassiviere.com

Bobines rebelles est co-désorganisé par : Autour du 1er mai, Creuse-Citron, Emile a une vache, Mémoire à vif, Peuple et Culture Corrèze.
Remerciements à l’INA Atlantique pour l'utilisation de ses archives sur MAI 68 en Limousin.
Contact, infos : www.bobinesrebelles.org ou 05 55 64 73 17

 

 

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une ville dans la ville

Le quartier de Souilhac, exposition des travaux d’élèves de l’école Joliot Curie à Tulle
du 3 au 28 juin - à la Médiathèque, 36 avenue Alsace Lorraine - Tulle
mardi 10 juin - 18h - présentation au public

Atelier d’arts plastiques réalisé par la classe de C.P. de Gérard Devianne, professeur à l'école primaire Joliot Curie dans le cadre du trophée Lire la ville, les bourgs, les villages en Limousin, initié par le rectorat de l'Académie de Limoges et la fondation du Crédit Mutuel pour la lecture, en partenariat avec Peuple et Culture.
Sensibilisé au travail photographique de Patrick faigenbaum et à son portrait de la Ville de Tulle, les enfants ont visité et étudié leur quartier. Ils ont restitué, par le biais d'une approche à la fois sensible et complexe, une évocation du soubassement de la ville sur lequel reposent quelques éléments de leur environnement urbain.


 

Exposition d’œuvres
de la collection Artothèque du Limousin

écrivains en Limousin
Exposition de Xavier Zimmermann
du 2 juin au 27 juillet
samedi 31 mai - 11h - présentation de l’exposition au public
salle d’exposition « les bains douches » - Bort-les-Orgues

Portraits de Pierre Bergounioux, Georges-Emmanuel Clancier, Pierre Courtaud, Henri Cueco, Jan dau Melhau, Florence Delaporte, Alain Lercher, Patrick Mialon, Claude Michelet, Christian Viguie.

L’exposition Portraits d’écrivains en limousin a été réalisée en 2004 à l’initiative du Ministère de la Culture-DRAC du Limousin et en collaboration avec l’artothèque du Limousin. Elle est constituée de douze portraits d’écrivains nés, ou vivant en Limousin, dont l’œuvre est traversée par cette terre parfois rude, le plus souvent en demi-teinte. Ces portraits constituent un paysage humain de la littérature contemporaine en Limousin, paysage d’une infinie variété nous invitant à aller au-delà de ces regards détournés, nous invitant à lire.

facLim (Fonds d’Art contemporain des Communes du Limousin)


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droits de questions

 

 

Récits d'enfrance avec Salih Mara
mercredi 19 mars - 20h30 - salle Latreille - Tulle

 

En 2004, Salih Mara publie L'Impasse de la République - Récits d'en France (1956-1962), à L'Harmattan, dans la collection "Graveurs de mémoire".
L’auteure y livre ses souvenirs de fillette, installée en banlieue parisienne, pendant la "guerre d'Algérie". Dans un quotidien ponctué de questionnements, de fuites, de squats, de perquisitions, de jeux... elle cherche à comprendre la disparition de son père. Après plus de 40 ans d'oubli, de refoulement, de silence, des impressions puis des images surgissent. Peu à peu se recompose un chapelet d'histoires qui montrent que les Chibanis, les vieux immigrés d'aujourd'hui, “ne rasaient pas les murs".

Salih Mara, rejoint son père en France en 1952. Après Mai 68, elle milite activement au sein de l'immigration pour être sujet de son histoire. Elle est co-fondatrice de la troupe de théâtre Kahina, du journal Sans Frontière, de "Radio-Beur", du Collectif jeunes parisiens pour la Marche de l’égalité des droits et contre le racisme et elle fut aussi présidente de l'Association Nouvelle Génération Immigrée (ANGI).
Elle dédicacera son ouvrage et nous fera partager son expérience militante dans une période décisive pour la prise de conscience et la lutte contre les violences et discriminations racistes.
Vous trouverez son livre chez les libraires (22 €), ou en le commandant en ligne sur Internet : http://www.editions-harmattan.fr

Salih Mara sera présente à la librairie Eméraldine
vendredi 21 mars à 17 heures
Librairie Eméraldine – 7 rue du Champ de Foire – 19140 UZERCHE – 05 55 73 40 41



Sortir de la vulgarité avec Marc-Vincent Howlett
vendredi 4 avril - 20h30 - salle Latreille - Tulle

Triomphe de la vulgarité, le "Tout-Un-Chacun"
Éditions de l'Olivier, 225 pages, en librairie à partir du 6 mars 2008.

L'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République et les débuts de son mandat ont généré un flot de discours : valeur du travail, argent, justice, nation, statut de l'individu, modernité, passé colonial de la France, héritage de mai 68, dénonciation de l'anti-racisme, ethnicisation des révoltes sociales, ce discours occupe tout l'espace public sans que lui soit opposé un véritable examen critique.
Pour Marc-Vincent Howlett, le processus déclenché par cette élection a quelque chose à voir avec la notion freudienne "d’après-coup". Comme si cet événement cristallisait subitement la masse longtemps diffuse de ces discours, pour en révéler le sens ultime. Ce sens est ce qui constitue la "signature" de notre époque. Il a un nom : la vulgarité.
Marc-Vincent Howlett dégage la signification et les enjeux philosophiques de ce trait contemporain, dans un essai brillant, animé par l'urgence de la dénonciation.

Marc-Vincent Howlett est né en 1948. Après une expérience militante - à l'UJCML, puis à la Gauche prolétarienne -, il se tourne vers l'anthropologie et la psychanalyse (enseignant à "Vincennes", au département de psychanalyse dirigé par J.-A. Miller), puis vers le théâtre (dramaturge). Agrégé de philosophie, il enseigne à l'École Supérieure des Arts Appliqués (Duperré) et à l'institut d'Études Théâtrales (Paris III).

Ce droit de questions se déroulera sous une forme originale : une lecture par Pierre Etienne

 


 

armand gatti

Une semaine autour de l’oeuvre d’Armand Gatti
du samedi 2 au jeudi 7 février- Théâtre de la grange Rivet
12 rue René Glangeaud - Brive
"Nous ne dirons pas ici l'Histoire nous dirons ici l'Univers"
Armand gatti

samedi 2 février

16h30 à 18h30 : du maquis de la Forêt de la Berbeyrolle au "Refuge des Résistances Armand Gatti”, sur le plateau de Millevaches, cohérence et arborescence d'une démarche et d'une écriture.
Rencontre avec Claude Faber, journaliste, poète auteur de La poésie de l'Etoile ; paroles, textes et parcours. Le dernier ouvrage en date qui s'est donné pour défi de brasser l'ensemble de l'oeuvre de Gatti.
Présentation du projet "Refuge des résistances Armand Gatti" sur le Plateau de Millevaches (en présence de membres de l'association du même nom, qui vient de se créer et qui sera basée à Peyrelevade). Pourquoi ce nom ? quel est ce projet ? quelles sont les perspectives ?

20h30 : un cinéma qui s'invente : Monbéliard 1975-1976. Projection : Le Lion, sa cage et ses ailes .

Gatti, ces années là, quitte les bâtiments institutionnels. Il se retrouve à Berlin, en Belgique, dans le Brabant wallon... Il reçoit la proposition de mener une "résidence d'écrivain" autour de Sochaux (les usines Peugeot).
Nous sommes partis à trois, et avons tourné ces six films, inventant avec ceux que nous avons découverts (Peugeot était à l'époque la plaque tournante de l'émigration ouvrière) une écriture : les Géorgiens, les Marocains, les Yougoslaves, les Italiens, les Espagnols, les Polonais... Montbéliard, ce fut pour nous, la découverte d'une montagne... Un vrai miracle qui ne rentrait en rien dans aucune des imageries de l'Histoire ...
Armand Gatti

dimanche 3 février

14h30 : Rencontre avec Hélène Châtelain, Marie-Pierre Besanger, et Olivier Neveu.
Préfacier, de Gatti, Olivier Neveu enseigne à l'université de Strasbourg et fait avec ses étudiants un travail essentiel autour des textes et de la pensée de Gatti. Que veut dire raconter ces pans de siècle, parler de la kaballe et de la physique quantique au "théâtre", mettre la poésie au centre des langages qui nous entourent ? Et quels choix ont mené cette écriture du TNP à la Traversée des langages ?
Projection de documents de travail : Hervé ou la solitude du paysan, le final de Montbéliard.

20h30 : Projection du film Chant public devant deux chaises électriques (réalisation Hélène Châtelain, 2h17). Ou comment quarante personnes habitant Los Angeles (noir, chinois, comédiens, SDF... ; tout ce qui fait cette ville) en septembre 2001, parlent de Sacco et Vanzetti, des années 20 en Amérique, de la peine de mort, des lois de l'émigration, de leur Amérique d'aujourd'hui et de celle des deux émigrés anarchistes condamnés, tout en jouant la pièce que Gatti avait monté au TNP de Vilar.

 

Lundi 4 février 20h00 au lycée D'ARSONVAL place du 15 aout 1944 à Brive

Projection du film :
Nous étions tous des noms d'arbres
Fiction (108 min) 1981
Réalisation et scénario : Armand Gatti ;
Assistants à la réalisation Luc Dardenne, Hélène Châtelain, Joseph B.Long

Interprètes : Brendan "Archie" Jeeney, Joseph B. Long, John Deehan, Don Doherty, Paddy Doherty, Nigel Haggan, John Keegan, Desmond McAleer, Neil McCaul, Noel McCloskey, Mary McMenamin, Raymond McMonagle, Mickey Mooney, Mary Murphy, Noël O'Brien, Mary Ryan, John Shields, Noel Tierney, Joe Coyle ;
Musique Philippe Hemon-Tarnié, The Demons.
Production France, Paris Tricontinental Productions, Les Voyelles ; Belgique, Bruxelles Dérives, R.T.B.F. ; Irlande, Derry : A.G.I.T.T.
Distribution : France, Paris : Doriane Films © : France, Montreuil : La Parole errante

Le film a été présenté en 1982 aux festivals de Cannes (prix Jean Delmas de la revue Jeune cinéma), d'Edimbourg, de Londres (prix du meilleur film de l'année), de Dublin.

Le film : Derry, ville d'Irlande du Nord, dévastée par la lutte anglo-irlandaise et les confrontations entre Catholiques et Protestants. Un soldat anglais est tué. La police anglaise mène l'enquête, observe aux moyens de caméras les quartiers « sensibles » de la ville et étudie les fiches signalétiques des suspects potentiels, principalement celles des jeunes du Workshop, lieu ouvert qui accueille indifféremment des Catholiques et des Protestants et les prépare à entrer dans la vie active, mais qui est pour la police anglaise un lieu de sédition. Les jeunes brouillent les pistes.

 

jeudi 7 février
Théâtre de la grange Rivet
12 rue René Glangeaud - Brive

20h30 : Les cinq noms de Résistance de Georges Guigouin d'Armand Gatti par l'Atelier de Peuple et Culture, mise en scène de Marie-Pierre Bésanger.

“Il y a 11 ans, je découvrais le travail d'Armand Gatti à travers la présence de L'enfant rat et le projet des terrains de parachutage, conduits par Hélène Chatelain dans le cadre du Festival des Francophonies et initié à Tulle par peuple et Culture.

Il y a 11 ans, une nuit, écho à l'engagement dans la résistance du jeune Gatti alors âgé de 17 ans, nous avions couvert la ville de Tulle de poèmes.
Fin 2005, Gatti revenait en Corrèze pour retrouver les racines de son parcours, "là où tout commence". Descendant du train, il apprenait la mort de Georges Guingouin, son compagnon de lutte, instituteur communiste, pionnier et guide des maquis corréziens.
En juin 2006, Peuple et Culture me proposait de conduire un travail théâtral sur le poème écrit par Gatti en hommage au maquisard.
A partir de septembre 2006, au moment où Gatti lisait pour la première fois son texte à Tarnac, devant la ferme du Père Elie, un groupe très hétérogène s'est constitué.
Nous avons traversé l'hiver en disant, mâchant, répétant les mots de Gatti, écoutant les mots de Guingouin, cherchant à comprendre, découvrant les parcours de ces deux hommes et des morts qui les accompagnent. Ils sont huit maintenant à porter le poème.
Nous vous proposons de croiser l'avancement de ce travail, comme une visite de chantier où l'on entendra les mots du texte et notre tentative en cours à le transmettre, à approcher l'Histoire, cette Histoire, notre Histoire, celle qui n'est pas dans les manuels consacrés de la connaissance.
"Comprendre un texte, c'est d'abord se comprendre devant le texte" M.A. Ouaknin.
Alors nous travaillons à comprendre, à "prendre avec", à prendre nos responsabilités de passeurs, à trouver notre place dans cette symphonie à inventer.”

Marie-Pierre Bésanger

Marie-Pierre Bésanger est la directrice artistique du Bottom Théâtre, compagnie implantée à Tulle et en Corrèze depuis 1999. Ses mises en scène naissent toujours d'un travail avec le temps et les gens, dans la confrontation avec une expérience et des destins réels.

Le coup de pied de l'ange, Quand les oiseaux auront des ailes, Mario et Lyse, Le Groenland, La pluie d'été, Ligne de Faille, Vladimir... sont des aventures artistiques qui s'inscrivent dans ce chemin.

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Elle s’appelle Sabine
de Sandrine Bonnaire (2007 - 85 min.)


jeudi 31 janvier - 18h30 - Cinéma Rex - Brive

en présence de Sandra Alvarez de Toledo (qui a conçu et édité l’ouvrage : Fernand Deligny, oeuvres ; éditions L'Arachnéen), Hubert Montagner (professeur des universités, ancien directeur de recherche à l’INSERM), Jean-Jacques Puydoyeux (directeur de la ferme des vallées à Montmoreau) et Anne-Marie Vaillant (pédopsychiatre, responsable du CATTP Corrèze qui accueille des enfants autistes et psychotiques).

vendredi 1er février - 20h15 - Cinéma Le Palace - Tulle


en présence de Pauline Poisson (psychologue CATTP Corrèze) et Isabelle Bétaille (éducatrice spécialisée, ESAT Moulin du soleil, Tulle et maman d’enfant autiste).

Pour désigner la démarche d’un réalisateur, les critiques parlent parfois, de "geste" cinématographique. Pour le coup, le terme s’applique avec une merveilleuse simplicité au premier film de Sandrine Bonnaire en tant que réalisatrice. Elle s'appelle Sabine n’est en effet qu’un geste, tout entier résumé par son titre : il s’agit de nous donner à voir (plutôt que de nous "montrer") un être humain singulier ; une singularité marquée par le handicap, sans pour autant s’y résumer. Sabine est la sœur cadette de Sandrine Bonnaire. Enfant "différente" puis adolescente "inadaptée", elle a peu à peu sombré dans ce que l’on ne diagnostiquera que des années plus tard, après un passage destructeur en hôpital psychiatrique, comme une forme d’autisme. Mêlant le passé (images tournées à l’adolescence, notamment lors de vacances en famille ou d’un voyage des deux sœurs aux Etats-Unis) et le présent (au gré d’un long séjour dans l’institution spécialisée où (re)vit maintenant sa sœur), Sandrine Bonnaire nous donne le temps de connaître Sabine et de mettre sur des mots (autisme, handicap) et des symptômes qui font peur, une histoire et des sentiments. Bouleversant, Elle s’appelle Sabine, est également utile : le film dresse le constat du manque de structures d’accueil spécialisées pour les enfants et les adultes handicapés, qui met les familles aux prises avec des choix déchirants : garder leur fille, leur fils, leur frère ou leur sœur à la maison, au risque d’une déstabilisation de leurs vies personnelles, ou les interner dans les seules structures disponibles, souvent l’hôpital psychiatrique, décision dont on voit les effets destructeurs sur la personne de Sabine.
Propos recueillis sur www.zerodeconduite.net


"Sécurité, sécurité, sécurité", chantait Jean-Marie Straub, le cigare éteint à la bouche, pour lancer la projection d'Antigone, hier soir au Reflet-Médicis à Paris. Brecht, rappelait-il (dont Antigone reprend l'adaptation de Sophocle, via Holderlin), demandait de rire. Riez, riez, ne vous laissez pas prendre aussi votre rire. "Riez, même si Créon et Bush, c'est pareil, ou Bush et Créon, comme vous voudrez".
Quel est ce détour par les Straub pour en arriver à Deligny ? Le lien n'est pas si lâche. Dans les salles où on projette Le Moindre geste, le film de Deligny, on s'autorise à rire. Un tour de force, l'air de rien. Yves, le personnage principal "débile profond, disent les experts", est drôle à n'en plus pouvoir. Il est libre. Il erre dans les collines cévenoles, il appelle les pompiers, les croque-morts, il téléphone à Dieu, il met en scène un enterrement, les mains en prière et le sourire aux lèvres, il fait et défait les nœuds de ses lacets, il imite De Gaulle, il use et abuse de cette "parole cocasse, meurtrière" dont il ne faudrait pas croire qu'elle "appartient à celui qui la prend". Pourquoi rit-on ? Parce que Deligny a créé les conditions de ce rire : le formidable rire nietzschéen qui défie la pesanteur (entendre : enfermement, diagnostic, mais également compassion, maternage, mais également langage, volonté, pouvoir, histoire).
Contre la pesanteur, Deligny a créé des réseaux de prise en charge "à l'air libre". Contre le redressement, il a joué l'espace, la dispersion, la ligne d'erre, le geste, la répétition, l'agir pour rien. Il a renversé la donne, si ce n'est le donné (c'est à dire l'acquis). Il a proposé de voir le monde du point de vue des autistes (ce qu'il appelle le "point de voir"). Son approche est anthropologique et politique.
Deligny s'est donné un seul et unique territoire : l'écriture. C'est depuis l'écriture qu'il "voit" la trace flagrante laissée par les autistes : celle qui indique une autre voie possible. Celle d'Yves, celle de Janmari, celle de ceux à qui il a offert de vivre plutôt que de mourir.
Nous avons donné un lieu de vie à cette écriture, son lieu naturel : le livre. En 1850 pages, nous avons tâché de rassembler ces morceaux d'écriture, d'images, de cartes, ces films, une trace de cette pensée radicale de l'humain. De cette pensée et de cette langue (qui sont une seule et même chose) qui se sont cherchées au diapason de ces "étrangers", voisins de ceux qu'on voudrait aujourd'hui évaluer, expertiser, détenir, éloigner, anéantir.
Il s'agit bien de cela dans Elle s'appelle Sabine, le film de Sandrine Bonnaire. Où faire vivre une jeune femme détruite par des conditions inhumaines de détention ? Quel asile donner à l'étrangeté ? Le film est un premier asile. Sabine y est. À bien y regarder, elle est toujours là. Sa force, l'intensité de son regard et de son désir, ont survécu. Quelque chose de précieux, un noyau, n'a pas été détruit. Il s'agit de donner lieu à cet éclat de vie et d'être. C'est à quoi s'attela Deligny en son temps.

Sandra Alvarez de Toledo,
16 janvier 2008
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cinéma documentaire

Les Lip, l’imagination au pouvoir de Christian Rouaud (2006 - 118 min.) en présence de Charles Piaget, syndicaliste ouvrier de Lip
mercredi 16 janvier 2008 - 21h - cinéma Le Palace - Tulle

Les Lip, trente ans après...
Trente ans de silence, de représentations partielles ou déformées, surtout aujourd’hui où il semble que mai 68 et son héritage doivent être renvoyés aux poubelles de l’histoire. Pourtant, et le film le montre, ce conflit emblématique portait tout à la fois les dernières vagues de ce même mai 68 comme les prémices de nos conflits contemporains.

Le film donne la parole aux hommes et aux femmes qui ont mené la grève ouvrière la plus marquante de l'après 68, celle des usines d'horloges LIP à Besançon. Ce mouvement de lutte incroyable a duré plusieurs années, a mobilisé des foules entières en France et en Europe, et n'a jamais cédé à la tentation de la violence malgré les actions illégales. Le film retrace donc cette épopée, à travers des récits entrecroisés, des portraits, des archives. Le film tente de comprendre comment le combat des LIP a porté l'espoir et les rêves de toute une génération. Pour ceux qui ont vécu les années LIP, ces retrouvailles éveillent des souvenirs chaleureux. Pour les autres, c'est l'occasion de découvrir cette lutte, qui pose des enjeux bien modernes.

L’idée du film
à l’époque du conflit, en 1973, j’étais au Parti Socialiste Unifié à Choisy-le-Roi, dans la banlieue parisienne. Comme mes camarades, je considérais que Lip était notre lutte : après tout, les responsables de ce conflit étaient tous membres du parti. Trente ans sont passés. J’avais l’idée de faire un film sur les années 70. J’avais fait auparavant un film sur Bernard Lambert, le fondateur des Paysans travailleurs, l’ancêtre de la Confédération paysanne. Quand j’ai présenté mon film sur Bernard Lambert à un public de jeunes, je me suis aperçu qu’ils sortaient de la projection avec le sourire. Et pourtant, que d’échecs dans la vie et le combat de Lambert ! Je me suis alors dit qu’il serait intéressant de raconter Lip aux jeunes d’aujourd’hui.
Les personnages
Le charisme de Piaget est étrange. Ce n’est pas un bon orateur. En revanche, à tout moment, il sait où en sont les troupes, sans démagogie. Roland Vittot, lui, c’est l’organisateur. Il fait adhérer, place les cartes du syndicat. Les deux font la paire. Raymond Burgy est un beau personnage, complexe, contradictoire. Il vient d’un autre milieu, plus aisé. Quand le conflit éclate, il se fâche avec sa femme, son père, son frère, cadre dans l’entreprise. C’est un type d’une honnêteté foncière.
Au début, il est contre la prise des montres. Une fois convaincu, il devient le grand ordonnateur de toute l’opération clandestine. Michel Jeanningros était un des cadres les plus importants de la boîte. Il s’est syndiqué clandestinement à la CFDT en mai 1968 et va devenir un des animateurs du comité d’action. S’il passe si bien à l’image, avec son sourire et ses bons mots, c’est évidemment qu’il a des qualités. Mais mon regard n’y est pas pour rien. Je ne prétends pas à une
objectivité absolue.

La structure du film
Pour réaliser ce film, il fallait tresser ensemble trois fils : le récit des événements, les portraits et enfin les idées politiques qui se tapissent derrière. Mon monteur, qui est aussi mon fils, a été radical. Il a coupé tout ce que lui, qui appartient à une autre génération, ne comprenait pas.


Christian Rouaud
propos recueillis par Edouard Waintropv, Libération, mardi 20 mars 2007)

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Combalimon de Raphaël Mathié (2007 -80 min.)
vendredi 25 janvier 2008 - 20h30 - salle polyvalente - Saint-Jal, avec l’Amicale laïque
projection suivie d’un débat sur la transmission de la terre et des exploitations agricoles

Jean est au crépuscule de sa vie. Fatigué, seul et sans descendance, il doit se résoudre à vendre ses quelques vaches et songer à la transmission pour sauver sa ferme Combalimon. Une étape délicate, une perspective vertigineuse, entre douleur et espoir.

L’amertume d’être seul comme le devoir de rester accompagne cet homme dans son long cheminement intérieur. Difficile alors pour lui d’imaginer qu’une nouvelle jeunesse puisse avoir le courage de sa propre jeunesse. Difficile de croire en l’autre. Difficile de vendre et de donner une valeur chiffrée aux choses que l’on aime. Il lui faut aussi du temps, une saison et la volonté d’une jeune femme, pour l’amener à douter de ses certitudes.

Le cinéaste, avec rigueur et constance, renvoie notre écoute vers notre pensée et notre regard vers nos sensations sans jamais nous priver de notre lucidité sur les êtres qu’il filme.
Dominique Boccarossa

Le réalisateur
Raphaël Mathié se consacre au cinéma et aux arts plastiques depuis 2002. Il a suivi une formation cinématographique aux Ateliers Varan en 1998 et a été formé au journalisme au Centre Universitaire d’Enseignement du Journalisme de Strasbourg de 1991 à 1993. Il a travaillé en tant que journaliste de presse écrite au Figaro, à Libération, au Républicain et au Midi Libre.

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les visages d’artaud

Conférence-débat, lectures mises en espace entrecoupées d’extraits du film Antonin Artaud le visage
jeudi 24 janvier 2008 - 18h30 -Théâtre de la grange Rivet - 12 rue René Glangeaud - Brive
tarifs : 4.5 € et 3 €

Antonin Artaud est né en 1896 à Marseille. Il fut poète, auteur et metteur en scène de théâtre, comédien, plasticien, c'est-à-dire un homme hors norme. Membre du mouvement surréaliste, il incarna un verbe unique, étrange, toujours aux confins de la folie, sa poésie et son théâtre furent le reflet de sa personnalité et de ses pratiques toxicomanes. Aujourd'hui ce qui nous reste de lui : une oeuvre unique, grinçante, inscrite dans l'absurde d'une vie que l'on détourna du bien-pensant. Découvrons ou redécouvrons ses textes pour que ses mots ou ses maux, plus que jamais trouvent à nous dire quelque chose...
auto-portrait

Conférence-débat

André Roumieux, ancien infirmier psychiatrique à Ville-Evrard où Artaud séjourna, de 1939 à 1943. Fondateur de la Société d'études et de recherches historiques en psychiatrie. Auteur, entre autres, de Je travaille dans un asile d'aliénés (1974), La tisane et la camisole, Trente ans de psychiatrie publique (1981) et de Artaud et l'asile (1996).

Laurent Danchin, écrivain, critique d'art, commissaire d'expositions. Spécialiste de l'art brut. Auteur, notamment, de Jean Dubuffet peintre-philosophe (2001) et de Art brut, l'instinct créateur (2006), co-auteur de Artaud et l'asile.

Lectures mises en espace entrecoupées d’extraits du film Antonin Artaud le Visage d'Alain Virmaux

par le Théâtre du Cri avec Michèle et Robert Birou, Claire Fustier, Nicole Lécuras, Isabelle Machado, Philippe Lemaire et le Bottom Théâtre avec Marie-Pierre Bésanger, Philippe Ponty, dans une scénographie de Marie Antoine. Montage des extraits de film par Peuple et Culture
Pour ceux qui le souhaiteront, la soirée se prolongera par une AUBERGE ESPAGNOLE
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lecture

Arlette Chauffour et Pierre-Etienne Heymann lisent
Pierre Bergounioux
lundi 21 janvier 2008 - 18h30 / 19h30 - Sortir la tête, 14 rue Riche - Tulle

Pierre Bergounioux est un quêteur de sens. Il nous mène sur le chemin de la connaissance des lieux, des temps, auxquels notre destin est assigné. Pour cela il sème des mots, petits cailloux blancs, uniques, ciselés par les joies et les souffrances du désir cardinal de comprendre. Il écrit "en avançant". Le suivre sur cette voie exigeante n'est pas chose aisée, mais le plaisir, si lumineux.

“Nous avons tous été enfants. Nous avons eu notre part de parfaite félicité, goûté la douceur, la quiétude de l'immanence pure, participé de la création toute entière, de son infinité, de sa gloire, de sa profusion, de son éternité. Nous avons vécu sans savoir et cette ignorance miséricordieuse, avec les soins, la protection, les ménagements dont on nous entourait, font des premières années ce matin frais, cette aube d'été, cette réserve de liesse dont le souvenir est à la fois l'archétype perdu de tous les bonheurs et l'idéal inaccessible vers quoi on s'obstine à tendre ".
Conversations sur l'Isle, William Blake & co. édit., p 26.
Ecrivain de la terre et des hommes qui s'y sont penchés, il puise dans la géographie, l 'histoire, la philosophie, le matériau de sa littérature qu'il façonne avec une application déterminée toute empreinte d'épure et de sensualité.

Nous vous proposons de nous accompagner pour une première étape dans l'oeuvre de Pierre Bergounioux où l'écriture, le livre, l'enfance et la Corrèze sombre et bleue seront autant de repères dans la perspective d’une rencontre future avec lui.


Saint-JAL
“sur la place publique”


un film de Anne Galland en cours de réalisation….

Depuis février 2006, Anne Galland (réalisatrice, notamment avec Alima Arouali, du film : on n’est pas des steaks hachés) a entamé à Saint-Jal une série de repérages pour un projet de film documentaire autour de la question du “Comment vit-on ensemble” (ou ne vit-on pas ensemble...) dans une petite commune rurale ?... Entre les "enracinés" et les nouveaux arrivés, entre paysans qui vivent au pays en travaillant la terre et ceux qui habitent la commune et travaillent ailleurs, entre les différentes générations, entre les différences d’opinions, de croyances, d’habitudes, de cultures, de modes de vie...
Retour sur la genèse de ce projet : il y a plusieurs mois Pierre Couloumy, le maire de Saint-Jal, sollicite Peuple et Culture pour une réflexion sur cette question. Nous envisageons d’abord de l'aborder par un "Droit de questions". Puis avec du recul, vient l’idée d'initier un projet cinématographique qui partirait d'abord d'une écoute de la population, de ses différentes composantes, pour dégager des situations, des personnages, des idées, des émotions. Bref, ce qui fait au bout du compte fait un film, qui n'est pas un simple reportage rapide mais le regard singulier d'un réalisateur sur une réalité humaine et sa complexité.
Ce que j’aimerais capter, avec mon regard de cinéaste, ni sociologue ni ethnologue mais documentariste, travaillant donc avec les matériaux du réel en essayant de partager une émotion, c’est ce qui est mis en œuvre dans l’action collective, qui implique l’engagement individuel de chacun et qui repose sur quelque chose d’indicible… une volonté commune… une mise en commun des compétences et de l’imaginaire… (Anne Galland)
Depuis, La poste a décidé de transformer le bureau de poste de Saint-Jal en agence postale. En faisant reporter ses responsabilités sur la commune, elle se désengage et n’offre plus qu’un service restreint, qui pose la question de vivre ensemble quand l’espace public se réduit comme peau de chagrin. Face à cette situation, le maire réagit et propose à la Préfecture, la création d’une maison des services. Une partie du film accompagnera cette tentative des élus et de la population, pour imaginer des alternatives au démantèlement des services encore présents dans les campagnes.
Depuis bientôt deux ans, l’amicale laïque de Saint-Jal recherche des financements pour ce film. Se sont déjà engagés : l’Amicale Laïque de Saint-Jal, le Conseil Régional du Limousin, Peuple et Culture, la commune de Saint-Jal, l’Association des Maires, le Crédit Agricole. D’autres partenaires sont sollicités, notamment la Communauté Européenne par l’intermédiaire du fonds structurel Leader+, en place sur le « Pays de Tulle et Cœur de Corrèze ».


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chant occitan

Stage avec Guillaume Lopez et Rodin Kaufmann
samedi 12 avril de 13h30 à 17h - dimanche 13 avril 10h/12h30 et 14h/17h
Conservatoire à Rayonnement Départemental - avenue Alsace Lorraine - Tulle


Renseignements et inscriptions (limitées à 15 personnes par atelier) : avant le 31 mars au CRMTL (Centre Régional de Musiques traditionnelles en Limousin) - 05 55 27 93 48

organisé par Le Centre Trobar, le CRMTL, Les Lendemains qui chantent et Peuple et Culture

Modalités pratiques
Public : tous niveaux en chant et/ou en occitan
Tarifs : 20 € (concert compris)
tarif réduit : 10 € (étudiants, chômeurs, Rmistes),
Renseignements et inscriptions (limitées à 15 personnes par atelier)
avant le 31 mars au :
Centre Régional de Musiques traditionnelles en Limousin -
4 avenue Jean Vinatier - 19700 SEILHAC
téléphone - 05 55 27 93 48 - mail : crmtl@crmtl.fr
chèque à l’ordre du CRMTL

Guillaume Lopez, saxophoniste de formation classique il est aujourd'hui joueur de fifre, de cornemuse, et chanteur dans plusieurs formations dont le Duo Brotto-Lopez et Montanha Negra. Il abordera le chant à danser et le chant polyphonique, ainsi que les variations, sur la base d'un répertoire du Quercy, de Gascogne et de l'Occitanie au sens large.

Rodin Kaufmann, est un des chanteurs du Choeur d’hommes de Marseille Lo còr de la Plana. Fondée en 2001, la formation s'est adonnée à la re-création systématique du patrimoine populaire occitan. Chantant dans une fièvre inégalée tous les répertoires, du plus religieux au plus débridé, du plus répétitif au plus occasionnel, (et cela, bien souvent, en même temps !), lo Còr a cette volonté nouvelle et définitive d'en finir avec le chant "traditionnel", d'en découdre avec la musique vocale et la polyphonie, quitte à réveiller ceux qui rêvaient de voir mourir ces dernières dans leurs chapelles... Lors de ce stage Rodin s’intéressera à des chants de Noël du Limousin et d’autres régions.

Guillaume Lopez et Rodin Kaufmann se produiront à la salle Des Lendemains qui chantent dans le cadre de Planète Musique,

samedi 12 avril : 21h00 Lo còr de la Plana
22h30 Duo Brotto-Lopez .


Une pièce commune aux deux ateliers du samedi (même thème proposé différemment par les deux intervenants) sera interprétée par les stagiaires lors de cette soirée.

 

 


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une soirée autour de fernand deligny

vendredi 7 décembre- cinéma Le Palace - Tulle - 20h00

à l’occasion de la parution de
Fernand Deligny, Oeuvres ; 2007, éditions de l'Arachnéen
en présence de Sandra Alvarez de Toledo et Anaïs Masson (éditions de l'Arachnéen) et de Anne-Marie Vaillant, pédopsychiatre


 


20h00 - présentation de l’ouvrage et projection du film Ce gamin là de Renaud Victor
21h45 - débat Qu’en est-il aujourd’hui de la prise en charge des enfants autistes et psychotiques ?

Ce gamin là de Renaud Victor (1975 - 96 min.)

La rencontre (fin 1966) de Deligny avec Janmari, enfant de 12 ans déclaré "encéphalopathe profond", est à l'origine de la création d'un réseau de prise en charge d'enfants autistes dans les Cévennes. Deligny invente un dispositif spatial, des coutumes, une cartographie, une langue infinitive. Entre 1972 et 1974, Renaud Victor tourne un document sur le réseau, centré sur le personnage de Janmari. Le film co-produit avec François Truffaut sort en salles en 1976.


Ce qui ne se voit pas par Fernand Deligny
[...] L’ère de l’image. Le temps de l'image, quoi qu'ils disent, ce n'est pas le nôtre.
L'ère de l'image ! Alors que jamais on n'a été aussi loin de l'image. Nous sommes au siècle du langage, de la parlotte, de la reproduction verbalisante, de la parole débridée. Il faut parler.
L'image, c'est ce que Janmari, l'enfant autiste de Ce Gamin là, conçoit, c'est son mode de pensée, lui, chez qui il n'y a pas de langage... Je vis tout le temps aux prises avec cette absence, cette vacance, ce mode de pensée à part.
C'est évident qu'ils pensent, ces enfants qui n'ont aucunement l'usage du langage. Il faut leur foutre la paix, mais l'Institution ne supporte pas ça. Elle ne supporte pas l'absence du langage, rien à faire. Il faut du langage quelque part ou nous, on est perdu.
Ils tiennent à cette caractéristique du langage qui maintient l'homme singulier par rapport à l'animal... une vieille trouille... [...]
Propos recueillis par Serge Le Péron et Renaud Victor. Les Cahiers du cinéma. Février 1990.


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mes docs...

mardi 12 févreier - 19 h - Sortir la tête, 14 rue Riche - Tulle

Vous avez vu et aimé un film documentaire. Vous avez envie de le partager avec d’autres, d'en débattre autour d'un verre. Un mardi par mois, Peuple et Culture et Autour du 1er mai, vous proposent un nouveau rendez-vous, à Sortir la Tête.
Vous choisissez le film, l’heure de la projection et vous organisez vous même la diffusion de l’information (téléphone, courrier postal, dépliants etc...) avec ou sans notre aide. Prendre contact avec Adrien Dournel.
Prochain rendez-vous, un film proposé par Marie-Pierre Bastion


du 11 janvier 2008 au 23 février, à l'artothèque de Caen


Patrick Faigenbaum portrait de ville : Tulle

exposition 11 janvier 2008 au 23 février, vernissage vendredi 11 janvier à 18h 30
à l'artothèque de Caen en présence de Patrick Faigenbaum.
du mardi au samedi de 14h à 18h 30.

Visite commentée de l'exposition samedi 26 janvier à 14h 30

L’Artothèque de Caen organise l'exposition des œuvres de Patrick Faigenbaum produites à l'issue du travail mené en résidence, à Tulle, à l'initiative de Peuple et Culture Corrèze. Ces œuvres sont ainsi les traces exemplaires d'une démarche ambitieuse menée pendant trois années par l'artiste aux côtés de l'association Peuple et Culture.

Le livre, publié en juin 2007 aux éditions du Point du Jour, précise ce point de vue si singulier et très poétique de Patrick Faigenbaum sur la ville de Tulle.

Livre d’art : Patrick Faigenbaum, Tulle

Éditions Le Point du Jour
86 photographies de Patrick Faigenbaum et un texte de Jean-François Chevrier.
Parution le 8 juin 2007, disponible à Peuple et Culture, Sortir la Tête, à l'exposition de l'artothèque de Caen.


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sortir la tête

La mort dans tous ses états
du vendredi 9 au vendredi 30 Novembre- 14 rue Riche - Tulle
exposition, film, documents, ouvrages....

jeudi 8 - 18h - vernissage de l’exposition en présence de Jean-Marc Gauthier et Marco Cruz
Papiers découpés
Au Mexique, il est impossible d'imaginer une fête, nationale, religieuse ou familiale sans les guirlandes de papiers découpés. La fête des morts n'échappe pas à cette règle. Pour cette occasion, les papiers découpés s'ornent de squelettes représentés dans des scènes de la vie quotidienne.
Ces papiers découpés ont été glanés sur les marchés, auprès des vendeurs ambulants ou des artisans. De leurs mains habiles naissent de véritables oeuvres d'art.
Jean-Marc Gauthier

Au Mexique, tout comme en France les 1er et 2 novembre on honore les saints et fête les morts. Cependant, la manière de les célébrer est tout à fait différente : la mort est sacralisée. Cette fête traditionnelle* célèbre davantage la mort comme la plus proche voisine que comme la cause de la perte d'êtres chers. On fête les morts avec bruit, nourriture, pétards, alcool, messes, couronnes, chansons populaires (corridos) et beaucoup de larmes, pour que les disparus sachent qu'ils n'ont pas été oubliés.
Le papier découpé (papel picado) sert à décorer les rues et les maisons durant ces fêtes. On choisit des motifs rappelant la mort : squelettes, crânes, qui sont ensuite dessinés sur du papier de Chine puis mis en forme grâce à un travail de découpe. Ainsi se mélangent la douleur de la perte des êtres chers avec les couleurs, les offrandes, les festins...
Jean-Marc Gauthier a enseigné pendant deux anx au Mexique, il a collectionné une série de ces papiers aux multiples couleurs.

* savant mélange de traditions catholiques et préhispaniques.



artothèque

Exposition Collection en mouvement oeuvres de Frédérique Bouffandeau, Nelly Maurel, Jean Mazeaufroid, Claude Viallat, Jacques Villeglé...
du 10 au 26 Novembre- mezzanine de l’Espace Ventadour - Egletons
(du mardi au samedi de 14h à 17h30, sauf jours fériés)

vernissage vendredi 9 à 18 h
visite commentée de l'exposition le samedi 17 novembre à 11 h

exposition réalisée par l’artothèque du limousin - facLIM (Fond d’art contemporain des communes du limousin) et Peuple et Culture, relais artothèque pour la Corrèze.



lecture

Pierre-Etienne Heymann lit Léonard de Vinci
lundi 12 Novembre
- 18h30 / 19h30 - Sortir la tête, 14 rue Riche - Tulle

Il y eut une fois Quelqu'un qui pouvait regarder le même spectacle ou le même objet, tantôt comme l'eût regardé un peintre, et tantôt en naturaliste ; tantôt comme un physicien, et d'autres fois, comme un poète ; et aucun de ces regards n'était superficiel. Paul Valéry

Il n'y a pas que La Joconde et l'invention de la bicyclette ! Léonard de Vinci embrasse tout le champ des connaissances de son temps : la Renaissance. Anatomie, médecine, optique, acoustique, astronomie, botanique, géologie, géographie, mathématiques, hydraulique, machines volantes, balistique… et accessoirement peinture et sculpture : aucun de ces domaines ne lui est étranger. Il étudie, il invente et il essaye de vendre ses inventions (il faut bien vivre, il n'y a pas de marché de l'art !). Heureusement pour nous, il écrit, beaucoup.

Ce sont des extraits de ses Carnets et de sa correspondance que va lire Pierre-Etienne Heymann. Avec le plaisir de faire découvrir sciences et beaux-arts intimement imbriqués dans la pensée et l'écriture d'un humaniste exceptionnel.

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film et table ronde

lundi 19 Novembre - 20h30 - salle Latreille - Tulle
Dans le cadre des 14e journées des prisons, le Groupe local de Concertation Prison de la Corrèze propose :

une table ronde : La prison, c'est pas automatique. Les alternatives à l'emprisonnement

Une société est en droit de se protéger contre les atteintes qu'elle juge graves. Mais la majorité des peines prononcées vise des délits mineurs et sont dans 80% des cas inférieures à 1 an. Ces courtes peines sont exécutées dans des maisons d'arrêt surpeuplées où les conditions d'incarcération peuvent relever d'un traitement inhumain et dégradant. Toute incarcération, même de courte durée, présente le risque de ruptures sociales, professionnelles et familiales. La prison ne doit plus être un outil de gestion de l'exclusion.D'autres sanctions sont possibles : travail d'intérêt général, sursis avec mise à l'épreuve, placement sous surveillance électronique, amendes...et ont depuis longtemps prouvé leur efficacité. Si toute infraction doit être sanctionnée, la prison ne doit être qu'un ultime recours.
Sont conviés à cette table ronde : ANVP, Aumônerie catholique et protestante des prisons, Croix Rouge française, FARAPEJ, FNARS, GENEPI, Secours Catholique, UFRAMA.

la table ronde sera précédée du film : Eux dehors… moi dedans (2006 - 30 min.) réalisé par l’ANVP (association nationale des visiteurs de prison)

à l’initiative de ce film, l’A.R.C.H.E Touloise et Europartage, deux associations proches des personnes incarcérées et de leurs familles. qui ont proposé avec la MJC Lorraine, à des jeunes de lycée et de quartier un atelier cinéma.
L’incarcération d’un mari, d’un compagnon, d’un frère, d’un enfant plonge toute la famille dans une situation difficile. Elle doit affronter avec les enfants le regard des voisins, de l’école. Nous avons tenté de faire changer des regards tant sur les personnes incarcérées que sur leurs familles et leurs proches.
Jean-François Fyot, président d’Europartage.

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droit de questions

Violences et différence des sexes, quelques réflexions issues des sciences sociales avec Véronique Nahoum Grappe
lundi 26 - 18h - salle Latreille - Tulle
Dans le cadre du 25 novembre, journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, à l’invitation de Peuple et Culture et de la Mission départementale aux droits des femmes et à l'égalité.

Véronique Nahoum-Grappe est anthropologue à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Rattachée au Centre d'études transdisciplinaires sociologie, anthropologie, histoire, à Paris, elle travaille sur les formes contemporaines et sociales de la culture: le quotidien, les conduites d'excès, les rapports entre les sexes, la violence…
Comment interpréter le fait que les femmes sont plus nombreuses parmi les victimes de crimes que parmi les criminels, que les crimes des hommes qui tuent les femmes qui veulent les quitter sont plus nombreux que l'inverse, qu'elles font plus de tentatives de suicide mais qu'elles sont moins nombreuses à se suicider etc. ? Si l'on écarte d'emblée une explication de type naturaliste, comment rendre compte de ces spécificités et de la dissymétrie persistante entre le masculin et le féminin? Et peut-on penser la différence sexuelle autrement qu'en termes hiérarchiques ?
Véronique Nahoum-Grappe interroge l'histoire, l'ethnologie, la sociologie… pour aborder la question difficile du rapport entre différence des sexes et inégalité entre les sexes, ainsi que celle des violences encore massivement exercées à l'encontre des femmes.


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cinéma documentaire

vendredi 26 octobre
à l’initiative du groupe de Tulle d’Amnesty International : une soirée sur la Tchétchénie le 26 octobre salle Marie Laurent 20h30
projection du film de Florent Marcie "ITCHKERY KENTI'
suivi d'un débat avec Catherine Marguin du comité de Tchétchénie de Lyon qui répondra à vos questions sur la situation actuelle.

"ITCHKERY KENTI' Film documentaire français de Florent Marcie (2 h 25, 2006).

En janvier 1996, un jeune Français part pour la Tchétchénie en guerre, avec pour bagage une caméra vidéo, une toile à peindre et des couleurs. Pendant quelques semaines, il sillonne la République caucasienne, croisant le chemin des dirigeants indépendantistes, de combattants, de familles tchétchènes ou russes. A chaque fois, il leur demande d'ajouter une image à sa toile blanche. Dix ans plus tard, Florent Marcie a exhumé les images qu'il a engrangées cette saison-là et en a fait un film. «Itchkérie», tel est le nom de la Tchétchénie avant la colonisation du Caucase par les Tsars, à la fin du XVIIIe siècle. C'est aussi, de nos jours, l'appellation de la Tchétchénie par les indépendantistes. « Kent », en langue tchétchène, désigne le jeune homme valeureux, prêt de tout temps à se sacrifier pour la liberté de son pays. Itchkéri Kenti : Les Fils de l'Itchkérie est un document qui émerge soudainement d'un passé que tout - la brutalité russe, l'indifférence occidentale - tend à maintenir enfoui. Réaliser un film sur la guerre de Tchétchénie à partir d'images datées d'une décennie soulève ainsi une diversité de questions toujours aussi vives, débordant très largement les frontières du Caucase. En 2006, la guerre en Tchétchénie, qualifiée par certains spécialistes de génocide ou de crime contre l'humanité, se poursuit sous un autre visage. Avec 500 000 mines pour une superficie de 17 500 km2, la Tchétchénie est le pays le plus miné au monde.
Mais ce souvenir du surgissement d'un peuple, arc-bouté contre une puissance écrasante, n'est pas seulement une pièce à verser aux archives de cette guerre, c'est aussi un film de cinéma à part entière. (…)
Les Russes ont rasé Grozny, la capitale de 400 000 habitants, qui a été réoccupée par la population. Hommes, femmes et enfants campent au milieu des ruines pour affirmer leur droit à vivre chez eux, à décider de leur sort. Florent Marcie saisit aussi la vie des combattants qui circulent en évitant les forces russes montant des embuscades, se fondant dans la population au risque d'attirer sur celle-ci de terribles représailles.
On croise des figures historiques, des noms - Maskhadov, Bassaïev - que le Kremlin a depuis ajoutés à son tableau de chasse. Florent Marcie a pris fait et cause pour les Tchétchènes et leurs combattants, ce qui n'entache pas pour autant sa lucidité. Il montre aussi bien la formidable bravoure des habitants de Novo Grozny, rassemblés en une manifestation à découvert au moment où les hélicoptères russes survolent le village, fief indépendantiste, que l'immense lassitude d'une femme terrée dans sa cave, qui analyse rageusement la tactique des combattants qui met en danger sa famille et sa maison. (…)
Le commentaire du film est réduit au minimum. Marcie donne les informations indispensables et lit des extraits d'Hadji Mourat, le roman de Tolstoï inspiré de la conquête de la Tchétchénie par la Russie tsariste. Un prologue et un épilogue, tournés à l'occasion d'une récente manifestation tchétchène devant le Parlement européen de Strasbourg, font mesurer la profondeur du gouffre dans laquelle s'est abîmée la Tchétchénie depuis 1996 et finissent de donner à ce film tout son impact.

D’après un article de Thomas Sotinel paru dans le Monde du 07.02.07


Où sont nos amoureuses de Robin Hunzinger (2006 - 53 min.)
mercredi 14 Novembre- 21h - cinéma Le Palace

Deux jeunes provinciales, Emma et Thérèse, étudiantes puis professeurs dans les années 30, tentent de construire une vie commune à la fois engagée et amoureuse. L’été 35 elles font « le voyage en URSS » et songent à adopter un enfant. Leur émancipation va se transformer en apprentissage douloureux, puis en épreuve du feu.
À leur rupture, en 1940, Emma, mariée, vit dans une Alsace annexée par l’Allemagne nazie. Thérèse s’engage et joue un rôle important dans la Résistance, en Bretagne. Arrêtée par la Gestapo, elle meurt sous la torture en 43. Elle n’a pas parlé. A partir de correspondance, de documents et d’archives des années 30 et 40, le réalisateur (petit fils d’Emma) rassemble les morceaux brisés de ces deux vies et montre le destin de ces deux femmes en le replaçant dans le contexte historique de l’entre-deux guerres, puis de l’Occupation en France.

à la santé bruyante d'Emma, Thérèse oppose un visage exsangue. En cette année 1929, ces jeunes filles nouent pourtant une amitié exigeante et entière. Devenues toutes deux professeurs, nommées dans des villes différentes, elles entretiennent une correspondance assidue. Emma est morte en 1987, à 81 ans, laissant derrière elle une boîte remplie de papiers, de photos, de négatifs. Les secrets d'une vie. Dans ses lettres écrites voilà soixante-dix ans, l'exaltée Emma dispense à son amie ses rêves de plénitude. Son petit-fils, Robin Hunzinger, a découvert son écriture virevoltante, sa plume vivace, et compris l'histoire en noir et blanc de cette chère vieille dame disparue.
Tout à leur désir d'indépendance, Emma et Thérèse sont sorties des chemins balisés de leur époque, jusqu'à partager une tendre amitié amoureuse dont on ne connaîtra vraiment ni les contours ni les interdits. Les jeunes femmes envisageront même d'élever ensemble une petite fille. Mais Emma, qui se défend de succomber à l'amour, "cette maladie de l'imagination", prend un amant, puis en épouse un autre, dont elle portera les enfants. Non sans regrets, Emma abandonne Thérèse, et opte pour cette vie d'épouse qu'elle refusait jusqu'alors. Et tandis qu'elle épaule toujours ce mari qui arbore l'insigne nazi, Thérèse, le petit caporal aux yeux tristes, rejoint l'armée de l'ombre. La grande Histoire, toujours tragique, séparera définitivement les deux amies.
Télérama donne deux T au film : "Basé sur des documents d'archives, des photos, des manuscrits, ce film retrace le tragique destin de deux femmes qui ont réellement existé, Emma et Thérèse, dans les années 30. Elles étaient étudiantes, voulaient être professeurs, et s'émanciper. L'une et l'autre, l'une avec l'autre, dans une complicité aimante et clandestine. Emma, grande, sportive, volontaire à qui tout réussit, Thérèse fluette et discrète, qui rate avec constance ses concours. Emma aime aussi les hommes et fera le choix, au bout de dix ans, du mariage.
Elles vivaient en Alsace, et elles y ont vécu la montée du nazisme. Emma s'étiole et paiera chère la voie choisie. Thérèse se révélera forte et courageuse dans ses engagements, mais sera anéantie par les assassins de la liberté.
"Ces deux femmes-là confirment que la réalité, parfois, est plus troublante encore que la fiction. D'où le statut étrange de ce film rare : documentaire, mais prenant comme un roman."

Cécile Deffontaines
dans TéléCinéObs du 28/03/2007


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Uzerche

5 - 7, rue Corbeau de Thomas Pendzel (2007 - 59 min.)
mardi 20 Novembre - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche avec l’association Musicas Dreibidas


Vu de l’extérieur c’était un immeuble normal. Dans cent soixante-huit logements d’une pièce, il accueillait les derniers arrivants à Paris qui furent, au fil du temps, provinciaux, belges, italiens, juifs d’Europe de l’Est, espagnols, portugais, rapatriés, maghrébins, sénégalais puis maliens. En 1998, devenu le plus gros taudis de Paris, il fut racheté et démoli par la ville après que ses trois cent cinquante occupants eurent campé dans la rue pendant quatre mois. Comment filmer un immeuble disparu ? Qu’en reste-t-il ?



Mes docs à Sortir la Tête
mardi 30 octobre - 19h - Sortir la tête, 14 rue Riche - Tulle

Vous avez vu et aimé un film documentaire. Vous avez envie de le partager avec d’autres, d'en débattre autour d'un verre. Un mardi par mois, Peuple et Culture et Autour du 1er mai, vous proposent un nouveau rendez-vous, à Sortir la Tête.
Vous choisissez le film, l’heure de la projection et vous organisez vous même la diffusion de l’information (téléphone, courrier postal, dépliants etc...) avec ou sans notre aide.
Premier rendez-vous, le mardi 30 proposé par Karine Georges.

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lecture

Pierre-Etienne Heymann et Luc de Goustine
lisent René Char
lundi 8 - 18h30 / 19h30 - Sortir la tête, 14 rue Riche - Tulle

L'art est la respiration de l'homme libre.
René Char

Pierre-Etienne Heymann reprend ses lectures mensuelles en donnant la parole à René Char (dont on vient de célébrer le centenaire de la naissance), avec la complicité de Luc de Goustine. Rappelons que le poète fut un grand résistant, et aussi en 1947 un des initiateurs du Festival d'Avignon. Plutôt que d'émietter une anthologie, toujours arbitraire, de ses écrits, Pierre-Etienne Heymann et Luc de Goustine ont choisi de partager le plaisir de relire de larges extraits de ceux des recueils majeurs de René Char qu'ils aiment particulièrement : Feuillets d'Hypnos, Le Poème pulvérisé, En trente- trois morceaux, Eloge d'une soupçonnée.

 

 


 

atelier souffle

Pédagogie et thérapie par le souffle et le corps avec Iris Bugl
des ateliers, des stages de formation continue ainsi que des séances individuelles

La respiration est le mouvement vital profond qui nous lie avec le monde. Point de jonction entre le corps, la pensée et les émotions, elle réagit à chaque changement interne ou externe aussi subtil qu’il soit. A tout moment elle exprime sincèrement ce que nous sommes.
La pédagogie et thérapie par le souffle est un travail somato-psychique, un chemin vers la connaissance de soi. Il ne s'agit pas d'apprendre des techniques spéciales de respiration mais de prendre conscience de son souffle tel qu'il est à un moment donné, de son corps, de ses états intérieurs. Et à partir de là commencer à élargir ses propres possibilités et découvrir ce qui empêche de s’exprimer de manière plus libre et authentique.

Ce travail s'exerce soit en groupe soit individuellement. Il se pratique avec des adultes mais peut s'adresser aussi à des enfants sous une forme plus ludique.
Les effets sont multiples : relaxation, libération de la respiration, prévention de la santé globale. Une pratique régulière permet plus d’équilibre, de reprendre confiance en soi et d’approcher son véritable potentiel de vitalité et la joie de vivre.
Chanteurs, musiciens, enseignants peuvent y trouver un travail en profondeur qui ne forme pas seulement la voix, mais aide à se relier au sol pour mieux libérer le son et le geste, à être présent et plus en contact avec soi et les autres.
Cette méthode est née en Allemagne sur les bases des années vingt. Fondée par Ilse Middendorf, elle est connue dans les pays germanophones sous le terme Erfahrbarer Atem. Iris Bugl l’a implantée en France depuis 1997.

contact : Iris Bugl 4 ter, rue robinet 19000 Tulle - 06 08 30 63 24 / 05 55 26 01 49
iris.bugl@wanadoo.fr

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ateliers

atelier vidéo
tous les 15 jours (jour à déteminer) à partir de 17h et jusqu’à 19h
à Peuple et Culture, Tulle

atelier théâtre
un week-end par mois à partir d’octobre avec Catherine Beau et Catherine fourty
à Peuple et Culture, Tulle

atelier chanson
les jeudis à 20h30 avec Sylvie heintz
à Peuple et Culture, Tulle

scènes ouvertes

Parce que les scènes ouvertes sont les spectacles de tous pour tous, elles concrétisent une certaine idée de l'accès à la culture : des pratiques artistiques à portée de sens pour les pratiquants ou les spectateurs.
Les scènes ouvertes, c'est une attitude, un état d'esprit qui rassemble autour d'un moment convivial, acoustique ou amplifié, tous les sons des arts et toutes les influences.
Venir aux scènes ouvertes c'est faire preuve de curiosité, de créativité, d'audace parfois (si si ! ), pour participer à ces rencontres entre associations, publics, artistes en herbe ou confirmés.
Se déplacer à l'un des six rendez-vous de l'année, c'est aussi échanger avec des interprètes une première expérience de scène, un moment fort souvent empreint d'émotions.
Les scènes ouvertes sont surtout de vrais instants de vie culturelle à partager entre nous.

jeudi 3 novembre à 19h, salle Des Lendemains Qui Chantent / jeudi 15 décembre à 19h, Petit Forum du Théâtre / mercredi 18 janvier à 19h, Petit Forum du Théâtre / vendredi 10 mars à 19h, salle Des Lendemains Qui Chantent / jeudi 11 mai à 19h , salle Latreille

Sortir la Tête : Pousser la porte librement, voir une exposition, visionner des films
documentaires, consulter des documents, des livres tout en buvant un café ou
un thé. Assister à une lecture, une rencontre, participer à un atelier
d’écriture, découvrir de nouvelles acquisitions de l’artothèque… voilà
quelques exemples (et d’autres à imaginer) de ce qui peut être fait dans ce
lieu ouvert à tous où se croisent art, information et politique.
du mardi au samedi, de 15h à 18h, 14 rue Riche à Tulle, 05 55 20 95 61

ATELIERS DE PRATIQUES ARTISTIQUES
Depuis près de vingt ans maintenant, Peuple et Culture a mis en place des ateliers de pratiques artistiques accompagnés par des comédiens, des musiciens, des plasticiens et plus récemment par des écrivains. Une exigence, pour que les pratiques dites amateurs, participent d'une véritable démarche artistique et culturelle.

les rendez-vous de l'année
Atelier d'écriture avec Eugène Durif, écrivain.
à partir de sa propre démarche d'écriture, Eugène Durif favorise l'émergence des univers de chacune des personnes qui constitue le groupe. Complément indispensable de ce travail d'écriture, la découverte d'auteurs contemporains.
renseignements : 05 55 26 32 25.
Atelier théâtre avec Catherine Beau, comédienne, metteur en scène, Compagnie l'Envers du Décor.
Une approche originale : le texte choisi donnera lieu à un double travail : un pour le théâtre (avec présentation au petit forum du Théâtre de Tulle) et un pour le cinéma (avec prises de vues à la caméra numérique et montage d'un film vidéo).
renseignement : 05 55 26 32 25
Atelier chanson avec Sylvie Heintz.
Se saisir du riche et complexe matériau des chansons traditionnelles pour un travail vocal et musical. Partir de cette expression particulière et l'ouvrir de manière contemporaine et vivante vers les polyphonies. Tous les jeudi à 20h30 à partir du 9 septembre 2004 dans les locaux de PEC 51 rue Louis Mie à Tulle
Atelier vidéo
Il s'adresse à tous ceux qui souhaitent expérimenter les nouvelles possibilités ouvertes par les caméras et le montage numérique, tout en se posant à travers une pratique (qui n'est pas qu'une technique) les questions fondamentales du cinéma : que filmer ? pourquoi ? comment filmer ? qu'est-ce qu'un montage ? etc...
Dans un premier temps, l'atelier vidéo aura pour objectif la réalisation d'une série de portraits de personnes immigrés vivant en Corrèze.

 

ART CONTEMPORAIN
Peuple et Culture a commencé à se mêler d'art contemporain dans les années 80, en invitant des artistes en résidence à Tulle et en Corrèze. Cette expérience, fondée au départ sur une volonté de rapprochement entre des artistes, des œuvres et une population, dans laquelle Peuple et Culture était en position de simple relais, est devenue peu à peu une tentative plus ambitieuse. Comment à partir d'un territoire donné, un mouvement d'éducation populaire et des artistes, peuvent-ils inventer des procédures et des formes de collaboration et formuler ensemble l'exigence d'un art public en prise sur l'actualité, sans pour autant réduire l'activité artistique à une fonction sociale.
Résidence Patrick Faigenbaum
Portrait de Tulle

Patrick Faigenbaum Photographe et professeur à l'Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris réalise une série de portraits d'habitants, de quartiers ou paysages Tullistes qui s'inscrit dans son oeuvre après des portraits de familles plusieurs portraits de ville : "En Italie, mon atelier était dans les familles. A Brême, Prague ou Barcelone, la ville est devenue mon atelier." Dans la capitale catalane, en collaboration étroite avec l'historien Joan Roca, il "montre et dénonce" la rénovation du Besos, une aire qui couvre quatre quartiers jusqu'à la mer. La dimension documentaire du projet est centrale, Faigenbaum allant jusqu'à photographier les sites à la demande de Roca. En même temps, ces images sont des "tableaux urbains". Sans que Faigenbaum y voie de contradiction : "Plus l'image est construite et élaborée, plus le projet documentaire est visible." Ce travail à Tulle donnera une exposition printemps 2006 mais d'ici là des comptes rendus d'étape permettrons de voir les photos de P.Faigenbaum à Tulle.

RELAIS ARTOTHÈQUE DU LIMOUSIN
Plus de trois mille œuvres sont aujourd'hui rassemblées au sein de la collection de l'artothèque du Limousin. Ce patrimoine existe pour être partagé :
les œuvres peuvent être empruntées par des particuliers, des établissements scolaires, des communes, des associations, des entreprises. Relais pour le département de la Corrèze, Peuple et Culture s'est doté d'un véhicule équipé permettant d'acheminer les œuvres au plus profond du territoire rural. Expositions, présentation d'œuvres, fiches pédagogiques... des moyens pour une sensibilisation à l'art contemporain.
Les lectures d'œuvres sont des temps d'échanges autour d'œuvres de l'Artothèque du Limousin. Ces moments ne permettent pas seulement de transmettre des informations, mais aussi de s'interroger ensemble sur le sens de l'œuvre.

Et la possibilité d'emprunter des œuvres et d'accéder à de la documentation sur l'art contemporain.

CINÉMA DOCUMENTAIRE
Le cinéma documentaire connait un renouveau depuis quelques années. Mais sa diffusion (sauf quelques exceptions récentes) reste confidentielle.
Parce qu'il touche à la fois au réel et à l'intime, il provoque le plus souvent réflexion, interrogation et en même temps émotion et plaisir. C'est pour ces raisons que Peuple et Culture a entrepris de mettre en place un réseau de diffusion en Corrèze.
Projections sur grand écran, à Tulle, dans des petites communes rurales, chez l'habitant, etc...
à Tulle, " les mercredis du doc ", salle Latreille,

à Espagnac, " les goûters du doc ", le dimanche après-midi, une fois par trimestre, projection suivie d'un goûter, chez Régine, restaurant du Vieux Puits,
10 octobre 2004.
à St-Jal, en collaboration avec l'Amicale Laïque,
17 septembre, 20h30
à Uzerche, en collaboration avec Musicas Deibridas

Des journées thématiques
Samedi 30 octobre journée Chris.Marker à Tulle salle Latreille.
Doc à la grange
Une série de films qui apportent un regard sur l'état du monde et en même temps décrivent des utopies concrètes mai 2005.
Le mois du film documentaire
Novembre à Tulle. En reprenant la collaboration avec " le Café vision FJT Varlin Pont Neuf " à Limoges et " Mémoire à vif " à La Villedieu et en l'élargissant à d'autres structures de diffusion du film documentaire en Limousin. Thème choisi : films coup de coeur.

Droit de Questions
Une ambition... Ne pas nous retrouver demain devant un destin que personne n'aura voulu mais que chacun n'aura pas assez combattu. (Albert Jacquard)
Un moyen... La rencontre avec des chercheurs, des militants, des scientifiques, des artistes, des responsables politiques et culturels, des journalistes spécialisés... pour l'exercice nécessaire d'un droit de questions qui pose le fait que la parole est plus que le bavardage et l'être humain plus qu'une cible pour la consommation et le bulletin de vote.

SCÈNE OUVERTE
à vous de jouer...
Vous jouez de la musique, vous chantez... cette scène ouverte permet la rencontre d'artistes musiciens et musiciennes qui vivent dans la région ou sont de passage à Tulle. Il suffit d'appeler le 05 55 26 89 60...
16 octobre 2004 19 h au théâtre de Tulle, 16 décembre 2004 au Lendemain qui chantent à Tulle, 3 février 2005 salle Latreille haut, 17 mars des lendemain qui chantentl,10 mai Tulle, impasse Latreille petit forum du Théâtre.
En partenariat avec les 7 collines, la Fédération des Associations Laïques, des Lendemains qui chantent, le Centre Régional des Musiques Traditionnelles, l'Ecole Nationale de Musique de Tulle.

STAGES DE FORMATION FRANCO-ALLEMANDS
Souffle, mouvement, voix avec Iris Bugl .
au château de Ligoure 87110 Le Vigen



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Le calendrier de Peuple et Culture



 

rendez-vous décembre 2010



vendredi 10 décembre
Projection du film Nostalgie de la lumière de Patricio Guzmán
20h - cinéma le Palace - Tulle
En présence du réalisateur

samedi 11 décembre
Projection du film Le profit et rien d’autre ! de Raoul Peck
15h30 - médiathèque intercommunale - Tulle

mardi 14 décembre
Projection du film Des Français sans Histoire de Raphaël Pillosio
20h30 - salle Latreille - Tulle
En présence du réalisateur

mercredi 15 décembre
Projection du film Des Français sans Histoire de Raphaël Pillosio
20h30 - librairie L’aire libre - Argentat
En présence du réalisateur

samedi 18 décembre
Rencontre avec Roger Eymard :
Des luttes d’hier aux luttes d’aujourd’hui, 100 ans de luttes populaires en Corrèze
14h30 - salle polyvalente - Naves
à l’initiative de Cap à Gauche 19


 

rendez-vous novembre 2010

vendredi 5 novembre
Projection du film To shoot an elephant Alberto Arce et Mohammad Rujailah
20h - salle Corrèze du Conseil général - Tulle
Hors les murs Cinéma du Réel, en présence de Javier Packer Comyn, directeur artistique du festival Cinéma du Réel

mercredi 10 novembre
Projection du film Noces d’or de Marie-Hélène Rebois
19h - théâtre des 7 Collines - Tulle
En partenariat avec le théâtre des 7 Collines

vendredi 12 novembre
Projection du film Un soir d’été, un étranger de Olivier Bertrand
20h30 - salle des fêtes - St-Jal

samedi 13 novembre
Projection du film Les Arrivants de Claudine Bories et Patrice Chagnard
20h - cinéma Le Palace - Tulle
Pour la Semaine de la solidarité internationale avec le collectif Planète Paix 19

samedi 20 novembre
Projection du film Voyage en sol majeur de Georgi Lazarevski
15h30 - médiathèque intercommunale - Tulle

jeudi 25 novembre
Projection du film Bajo Juarez, la ville dévorant ses filles
d’Alejandra Sánchez et José Antonio Cordero
20h - cité administrative - Tulle
En présence de Nicole Fernandez Ferrer, déléguée générale du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir

mardi 30 novembre
Projection du film Madre(s) tierra de Anne Farrer
20h30 - salle de l’Auzelou - Tulle
Dans le cadre de la 4ème édition du festival de films Alimenterre

vendredi 3 décembre
Projection du film L’Atlantide, une histoire du communisme de Marcel Trillat et Maurice Failevic
18h - la boîte en Zinc - Chanteix
En présence des réalisateurs


 

rendez-vous octobre 2010

vendredi 1er
Projection du film Biquefarre
20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix

samedi 2
Vernissage et présentation de l’exposition Abstraits, collection en mouvement...
12h - galerie du musée du pays d’Ussel - Ussel
Repas-concert avec Délinquante
18h30 - Boîte en zinc - Chanteix

vendredi 8 et samedi 9

Décade Cinéma et Société : Le féminisme est-il un mauvais genre ?
médiathèque intercommunale et Conseil Général - Tulle

samedi 16
Projection du film Voyage en sol majeur de Georgi Lazarevski
15h30 - médiathèque - Tulle

mardi 19
projection du film 17 octobre 1961 : Une Journée portée disparue
de Philip Brooks et Allan Hayling (France-1992-52’)
20h30 - salle Latreille - Tulle

mardi 19 et mercredi 20
Projection du film Etat d’élue de Luc Decaster
En présence du réalisateur et de Françoise Verchère.
mardi - 20h30 - cinéma Louis-Jouvet - Uzerche / mercredi - 20h30 - salle Latreille - Tulle

lundi 25
Droit de questions : Causes et effets des résurgences de l’extrême droite et des racismes en Europe avec Jean Yves Camus, chercheur, spécialiste de l’extrême droite et des questions d’identité.
14h30 - salle des fêtes (bas) impasse Latreille - Tulle

 

 


 

rendez-vous de septembre 2010

vendredi 10
Projection du film Les mains en l’air de Romain Goupil
21h - cinéma Le Palace - Tulle - avec Réseau Education Sans Frontières

mercredi 22
Projection du film Terre d’usage de Sophie Bruneau et Marc Antoine Roudil
20h30 - Salle Latreille - Tulle
séance en présence de la réalisatrice et de Javier Packer-Comyn (Cinéma du Réel)

vendredi 24, samedi 25 et dimanche 26
Place du spectateur et part de l’ombre, un séminaire avec Jean-Louis Comolli
Château de Ligoure (87)

samedi 2 octobre
Repas-concert avec «Délinquante»
18h30 - Boîte en zinc - Chanteix

 

Rendez vous de mai 2010
samedi 1er et dimanche 2
Décade Cinéma et Société : Le féminisme est-il un mauvais genre?
séances à 10h - 14h30 - 17h - 20h/21h - cinéma le Palace - Tulle
mardi 4
Projection du film Oussama!?! de Anne Chevrel 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche
mercredi 5
Projection du film L’encerclement de Richard Brouillette 19h30 - entracte à 21h et casse-croûte sur place - médiathèque intercommunale - Tulle en présence du réalisateur
vendredi 7
Projection du film Le jardin de Jad de Georgi Lazarevski 20h30 - salle des fêtes - St Jal
samedi 8
Projection du film Les massacres de Sétif, un certain 8 mai 1945 de Mehdi Lallaoui et Bernard Langlois
20h30 - salle Latreille - Tulle
mercredi 12
Projection du film Yézémed Yébaèd de Leïla Morouche
20h30 - salle des Lendemains qui chantent - Tulle
jeudi 20
Projection du film Frida Khalo, entre l’extase et la douleur de Ana Vivas
20h30 - Chamalot, résidence d’artistes - Moustier-Ventadour
dans le cadre de la Décade Cinéma et Société
en présence de Julie Crenn, chercheur en arts plastiques



 

rendez-vous d'avril 2010

vendredi 2 avril
Projection du film Le chagrin et la pitié de Marcel Ophüls
1ère partie - 18h30, suivie d’un casse-croûte sur place / 2ème partie - 21h Cinéma le Palace - Tulle

mercredi 7 avril
Projection de courts-métrages dans le cadre de la Biennale de la petite enfance
20h30 - médiathèque intercommunale - Tulle

vendredi 9 avril
Vernissage de l’exposition Jacques Villeglé, en partenariat avec l’Artothèque du Limousin et le FacLim - 18h - Ancienne Halle - Argentat
Exposition ouverte au public du samedi 10 au dimanche 25 (10-12h/15-18h, fermé le lundi)

vendredi 9 - 20h30 - Salle Latreille - Tulle
Rencontre Improbable d’Ana Vila
mise en scène Sandro Pecout avec Joëlle Pinardon et Gilles Mosca-Linzeler

dimanche 11 avril
Projection du film La petite Russie, récits d’un maquis de Patrick Séraudie
15h30 - château de Sédières - Clergoux
mercredi 21 avril

Lecture du Discours sur le colonialisme de Aimé Césaire par Pierre-Etienne Heymann et Estelle Duquénois
18h30 - médiathèque intercommunale - Tulle

Projection du film Chronique d’une disparition de Elia Suleiman
21h - cinéma le Palace - Tulle
vendredi 23 avril

Projection du film El Batalett de Dalila Ennadre suivie d’une collation marocaine
20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix

Exposition de David Molteau du 28 avril au 10 juin
vernissage le mardi 27 à 18h le Point Art - école Jean le Bail - Limoges

du jeudi 29 avril au dimanche 2 mai
Décade Cinéma et Société : Le féminisme est-il un mauvais genre?


 

rendez-vous de mars 2010

mercredi 3 mars
Droit de questions Immigrés de force. Les travailleurs indochinois en France (1939-1952) avec Pierre Daum, journaliste. 20h30 - salle Latreille - Tulle
samedi 6 mars
Vernissage de l’exposition Trauma de Ahlam Shibli, en sa présence
15h - Château de Sédières - Clergoux
17h - visite commentée de l’exposition par Jean-François Chevrier, historien et critique d’art, professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et Ulrich Loock, directeur adjoint du musée Serralves à Porto.
mercredi 10 mars
Projection du film Et la terre comme langue de Simone Bitton et Elias Sanbar
20h30 - Médiathèque intercommunale – Tulle
mardi 16 mars
Lecture de Tram 83, un texte de Fiston Mwanza, mis en lecture par Marcel Mankita sous la direction de Catherine Boskovitz dans le cadre des Francophonies en Limousin, Nouvelles Zébrures
20h30 - Médiathèque intercommunale – Tulle
mercredi 17  mars
Projection du film Pacification en Algérie de André Gazut en sa présence
20h30 - salle Latreille – Tulle
vendredi 2 avril
Projection du film Le chagrin et la pitié de Marcel Ophüls
1ère partie - 18h30, suivie d’un casse-croûte sur place / 2ème partie - 21h Cinéma le Palace - Tulle


 

rendez-vous de février 2010


lundi 22 février
Projection du film Le temps des grâces de Dominique Marchais
21h - Cinéma le Palace - Tulle
en présence de Thierry Letellier, protagoniste, paysan et maire de La Villedieu, Creuse
vendredi 26 février
Projection-débat sur la question de la souffrance au travail
projection du film J’ai (très) mal au travail de Jean-Michel Carré, suivie d’un débat en présence de Gérard Filoche, militant politique et inspecteur du travail
20h - La Boîte en Zinc - Chanteix
dimanche 28 février
Projection du film Mais qu’est-ce qu’elles veulent ? de Coline Serreau
dans le cadre de la Décade Cinéma et Société
15h - Salle des fêtes - St Mexant avec le foyer sportif et culturel


rendez-vous de janvier 2010

mercredi 6 janvier
Projection du film Sicilia! de Danièle Huillet et Jean-Marie Straub
20h30 - Salle Latreille - Tulle

mercredi 13 janvier
Projection du film Ecchymoses de Fleur albert
20h30 - Salle Latreille - Tulle - en présence de la réalisatrice

lundi 18 janvier
Projection du film Irène d’ alain Cavalier
21h - Cinéma le Palace - Tulle

vendredi 22 janvier
Projection du film Le coup de Tarnac de Jean-JaCqueS tHéoDore et FabriCe biDault
20h30 - Salle Latreille - Tulle - en présence des auteurs
avec le Comité de Soutien aux inculpés du 11 novembre

jeudi 28 janvier
Droit de questions Antisémite et de gauche? Une question toujours actuelle.
avec MiCHel DreyFuS, historien, directeur de recherches au CNRS
20h30 - Amphithéâtre du Conseil Général - Tulle

vendredi 29 janvier
Projection du film Walter, retour en résistance de Gillet Perret
20h30 - Salle des fêtes - Chenailler-Mascheix avec l’association culturelle et sportive

samedi 30 janvier
Scènes ouvertes
17h - Salle des fêtes - Lagraulière

 


 

rendez-vous de décembre 2009

mardi 1er décembre
Scènes ouvertes
19h - salle des Lendemains Qui Chantent - Tulle

Projection du film : Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés
de Marc-Antoine Roudil et Sophie Bruneau
20h30 - Cinéma Louis Jouvet - Uzerche - avec l’association Musicas Dreibidas
en présence de Benjamin Salher, directeur de l’Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ARACT)

mardi 8 décembre
Projection du film Le Mur des Oubliés de Joseph Gordillo
20h30 - Salle Latreille - Tulle
en présence de Paloma Leon, présidente de l’association Ateneo Republicano

mardi 15 décembre
Projection du film Vers un crash alimentaire de Yves Billy et Richard Prost
20h30 - librairie L’Aire Libre - Argentat

 


 

rendez-vous d'octobre 2009


vendredi 2
Projection du film Puisque nous sommes nés de Jean-Pierre Duret et Andréa Santana
20h30 - salle des fêtes - Chenailler-Mascheix - avec l’association culturelle et sportive

vendredi 16
Projection du film La Cecilia de Jean-Louis Comolli
20h30 - Cinéma le Lido - Limoges

samedi 17
Journée d’étude avec Jean-Louis Comolli
10h à 18h - Conseil Général - 9 rue René et Emile Fage - Tulle
Signature du livre Cinéma contre spectacle
18h - Librairie Préférences - 11, place Clément Simon - Tulle
Projection de Nuit et brouillard de Alain Resnais
et Face aux fantômes de Jean-Louis Comolli
20h - Cinéma le Palace - Tulle

mardi 20
Projection du film The cat, the reverend and the slave de Alain Della Negra et Kaori Kinoshita
20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche avec l’association Musicas Dreibidas

vendredis 9 et 23 octobre
-retour ô 35 choeurs atelier chansons de luttes et de résistances 18h30 - Collège Jean Lurçat - Brive

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

rendez-vous de septembre 2009

vendredi 11 septembre
Projection du film Rue Santa Fe de Carmen Castillo (2007 - 160’)
20h - cinéma le Palace - Tulle

mardi 22 septembre
Projection du film Les dormants de Pierre-Yves Vandeweerd (2008 - 60’)
21h - cinéma le Palace - Tulle
séance en présence du réalisateur


rendez-vous de juin 2009


samedi 2 - 11h - Salle Latreille Haut - Tulle
Lecture de Lettre à D., Histoire d’un amour d’André Gorz par Pierre Etienne Heymann, comédien dans le cadre de la Décade Cinéma et Société.

mardi 12 - 18h30 - Peuple et Culture -51 bis rue Louis Mie - Tulle
Projection du film Chronique d’un été de Jean Rouch et Edgar Morin (1961-90’)
jeudi 14 - 20h30 - Salle Marie Laurent - Tulle

vendredi 15 - 20h - cinéma le Palace - Tulle
Projection du film La marche des gueux de François Verlet et Louis Campana
en présence du réalisateur Louis Campana.

mardi 19 - 20h30 - Cinéma Louis Jouvet - Uzerche
Projection du film Itinéraires, choix de vie alternatifs de Jean-Michel Le Saux
et Jean-Philippe Raymond.

mardi 26 - 20h30 - Salle Latreille Haut - Tulle
Droit de questions L’ennemi intérieur, des guerres coloniales au nouvel ordre sécuritaire, fabriquer le désordre pour mieux rétablir l’ordre,
avec Mathieu Rigouste, chercheur en sciences sociales.

rendez-vous d'avril 2009

vendredi 3
Projection du film Le banquier des humbles de Amirul Arham avec l’Amicale Laïque de St Jal
20h30 - salle polyvalente - St Jal

mardi 7
Projection surprise en avant première de la Décade Cinéma et Société
20h30 - Tour de l’Alverge avec l’Amicale Alvergeoise

du samedi 4 au dimanche 26
Exposition Ramon - Ancienne Halle - place Delmas - Argentat
vendredi 10 - 18h - vernissage en présence de l’artiste
samedi 18 - 15h - visite commentée de l’exposition
Ouverture au public tous les jours de 10h à 12h et de 15h à 18h (sauf les jeudis)

jeudi 16
Scène ouverte
19h - Maison des associations - Seilhac

du jeudi 23 avril au dimanche 3 mai
Décade Cinéma et Société - Utopistes ? - avec Autour du 1er mai et le Cinéma le Palace
(programme joint)



 

rendez-vous de mars 2009

lundi 9 mars à 21h - cinéma le Palace - Tulle
Projection du film Puisque nous sommes nés de Jean Pierre Duret et Andrea Santana
en présence des réalisateurs

jeudi 12 mars 20h30 - salle Latreille - Tulle
Droit de questions Les rythmes et la sécurité affective de l'enfant, fondements obligés de l'aménagement du temps scolaire : un enjeu de société avec Hubert Montagner


du mardi 17 mars au vendredi 3 avril
Exposition Une collection pour vous


mercredi 18 mars 21h - cinéma le Palace - Tulle
Projection du film A côté de Stéphane Mercurio en présence de la réalisatrice

samedi 21 - cinéma le Palace - Tulle
Journée avec René Vautier. Projections des films en sa présence.
15h - Le glas, Le remords, Techniquement si simple de René Vautier
20h - Afrique 50 de René Vautier et Le petit blanc à la caméra rouge de Richard Hamon


vendredi 27 mars 20h30 - salle Latreille - Tulle
Droit de questions Lecture de textes, film documentaire et débat sur la situation du Congo avec Marie-Louise Bibish Mumbu et Fiston Nasser Mwanza Mujila

mardi 31 mars 18h30 - Peuple et Culture -
51 bis rue Louis Mie - Tulle
Atelier de spectateurs.
Deuxième rendez-vous : L'amitié et le Bonheur


 

rendez-vous de février 2009


jeudi 5
Scène ouverte
19h - Théâtre Les 7 collines - Tulle

mardi 10
Projection du film Filles de nos mères de Séverine Mathieu
20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche avec l'association Musicas Dreibidas

jeudi 12
Droit de questions, lecture de textes, film documentaire et débat sur la situation du Congo avec Marie-Louise Bibish Mumbu
20h30 - salle Latreille - Tulle

vendredi 20
Projection du film El Telón de azucar (Le Rideau de sucre) de Camila Guzmán Urzúa
20h - cinéma le Palace - Tulle

mardi 24
Atelier de spectateurs. Premier rendez-vous : Chris Marker
18h30 - Peuple et Culture - 51 bis rue Louis Mie - Tulle


rendez-vous de janvier 2009

samedi 10
Projection du film Demain, sur la place publique de Anne Galland
16h00 et 20h30 - salle polyvalente - Saint-Jal
film présenté et produit par l’Amicale laïque de Saint-Jal

dimanche 11
“Goûter du doc”
Projection des films Le flan était presque parfait de Cécile Déroudille-Maréchal
(2008 - 48’) et Le kugelhof de Ginette Lavigne (1993 - 12’) suivie d’un goûter
15h00 - Foyer culturel et sportif de Saint-Mexant

mercredi 21
Projection du film Les mauvais jours finiront de Thomas Lacoste (2008 - 121’)
20h00 (exceptionnellement la projection débute plus tôt) - salle Latreille - Tulle
avec le Comité de soutien de Tulle aux inculpés de Tarnac


 

rendez-vous de décembre 2008

mardi 2
Projection du film Quelle classe ma classe de Philippe Troyon
20h30 - salle Latreille - Tulle

jeudi 4
Projection du film Enfermement d’Anne-Marie Filaire
17h30 - projection sur un mur extérieur au 2 rue Félix Vidalin - Tulle
18h30 - Sortir la tête 14, rue Riche - Tulle

jeudi 11
Projection du film Tableau avec Chutes de Claudio Pazienza
20h30 - salle Latreille - Tulle


rendez-vous de novembre 2008


jeudi 6
Lecture : JULIETTE et PIERRE-ETIENNE HEYMANN lisent MAHMOUD DARWICH
18h30 - librairie Préférences - avenue Charles de Gaulle - Tulle


lundi 10
Droit de questions : Regard vrai sur les évènements de Tulle avec BRUNO KARTHEUSER
20h30 - salle Marie Laurent - Tulle


du samedi 22 novembre au samedi 13 décembre
Exposition Collection en mouvement oeuvres de PHILIPPE COGNÉE, FRANCK GÉRARD,
ISABELLE GROSSE, JASON KARAINDROS, CHRYTÈLE LERISSE, EDOUARD LEVE, CHARLES MASON,
FLORENCE PETETIN - Espace Ventadour - Egletons
vendredi 21 - 18h - vernissage


mardi 2 décembre
Scène ouverte
18h30 - salle des Lendemains qui chantent - Tulle


jeudi 4 décembre
Projection du film Enfermement d’ANNE-MARIE FILAIRE
17h30 projection sur un mur exterieur 2 rue Félix Vidalin - 18h30 à Sortir la tête 14, rue Riche


novembre, mois du film documentaire


vendredi 7 novembre - 20h30 : Ma Mondialisation de GILLES PERRET - salle polyvalente - St-Jal

vendredi 14 novembre - 20h00 : OAS, un passé très présent de DJAMEL ZAOUI - cinéma Le Palace - Tulle

lundi 17 novembre - 21h00 : L'Assiette sale de DENYS PININGRE cinéma Le Palace - Tulle


mardi 2 décembre - 20h30 : Quelle classe ma classe de PHILIPPE TROYON salle Latreille - Tulle

 



rendez-vous d'octobre 2008

du mercredi 1er au samedi 25
Exposition
Usine de La Marque : des femmes et des hommes, des techniques
36 avenue Ventadour - Tulle

vendredi 3 - 18h - vernissage

samedi 11- 15h - conférence

mardi 21 - 20h30 - projection

samedi 25- en présence de Marcel Trillat
- 15h - projection du film Prolos de Marcel Trillat
- 20h - projection du film Le silence dans la vallée de Marcel Trillat


lundi 13 et mardi 14
Projection du film L'Art de vieillir de Jean-Luc Raynaud en présence de Thérèse Clerc lundi 13 - 21h - cinéma Le Palace - Tulle


et mardi 14 - 20h30 - Librairie L'Aire Libre Argentat
Une signature du livre Thérèse Clerc, Antigone aux cheveux blancs de Danielle Michel- Chich, éd. les femmes, aura lieu après les projections.



 

rendez-vous de juin

lundi 2 juin
La bataille de Tchernobyl de Thomas Johnson
20h30 - salle latreille - Tulle

mercredi 4 juin
Au-delà de l'eau de Didier Bergounhoux en sa présence
20h30 - salle Latreille - Tulle

vendredi 13 et samedi 14 juin
Bobines rebelles, un festival du documentaire politique et social en Creuse
vendredi 13 - 21h30 - au bar de l'Atelier - Royère-de-Vassivière
samedi 14 - de 10h à 24h - Villard (proximité de Royère-de-Vassivière)

du 2 juin au 27 juillet
écrivains en Limousin, exposition de Xavier Zimmermann
samedi 31 mai - 11h - présentation de l’exposition au public
salle d’exposition « les bains douches » - Bort-les-Orgues

du 3 au 28 juin
Une ville dans la ville. Le quartier de Souilhac, exposition des travaux
d’élèves de l’école Joliot Curie à la Médiathèque, 36 avenue Alsace Lorraine - Tulle
mardi 10 - 18h - présentation au public



stages franco-allemands

Le chant comme support de l'apprentissage interculturel
27 juillet - 4 août avec Sylvie Heintz et Ferdinand Jentsch
au centre socio-culturel de formation et de rencontre Köllbachhaus e.V." à Simmersfeld près d'Altensteig, dans la Forêt Noire.
Tarif 200 € (inclus l’hébergement complet). Frais de voyage remboursés à 75 %.

Chants français et allemands, pour le plaisir de pratiquer ensemble et comme support de connaissance mutuelle. Accueil dans une ancienne ferme, maison ancienne à colombage de 400 ans, en pleine Forêt Noire.


Le Souffle, la voix, la rencontre
2 août - 9 août avec Iris Bugl
au château de Ligoure 87110 Le Vigen
Tarif : 250 euros (inclus l’hébergement complet)

Ce stage qui se déroule dans le magnifique cadre du château de Ligoure s’adresse à toute personne intéressée par un travail global sur le souffle, le corps et la voix et qui souhaite l’expérimenter au sein d’un groupe franco-allemand avec les dimensions de rencontre interculturelle.

Pour ces deux stages OFAJ, renseignements et inscriptions à Peuple et Culture.

 



rendez-vous de mai

jusqu’au dimanche 4 mai
Les années 68 au cinéma à Tulle et dans le pays de Tulle
Décade : Cinéma et Société

du mardi 6 au vendredi 30 mai
Exposition Mai 68
Photographies de élie Kagan et affiches originales de l’Atelier populaire des Beaux Arts
Sortir la Tête - 14 rue Riche - Tulle

mardi 6 mai
Le destin du clandestin par La Compagnie Théâtrale associative Bou-Saana - Casamance, Sénégal (organisé par le Collectif Planète Paix 19)
20h30 - salle polyvalente - Malemort

samedi 17 mai
Rencontre avec Vassili Golovanov
autour de son ouvrage Éloge des voyages insensés
en présence de Gérard Bobiller (co-directeur des éditions Verdier) et de Hélène Chatelain 17h - chez Pierre Landry - Librairie Préférences - 11 Place Clément Simon - Tulle

mardi 27 mai
Scène ouverte
19h - sous les châtaigniers - Tulle

 



rendez-vous de mars 2008

samedi 1er mars
Projection du film Et nos rêves de Claudine Bories et Patrice Chagnard 20h - Cinéma Le Palace - Tulle

du jeudi 28 février au vendredi 4 avril
Exposition Tout doit disparaître
vernissage le mardi 4 mars - Sortir la tête - 14 rue Riche - Tulle

mardi 11 mars
Les nettoyeurs de Jean-Michel Papazian - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche

jeudi 13 mars
Projection du film La voix de son maitre de G Mordillat
avec l’association Mémoire à vif

vendredi 14 mars
chenailler mascheix

Projection du film Combalimon
de Raphaël Mathié
20h30 - salle polyvalente -


samedi 15 mars
salle Latreille à Tulle
Théâtre avec Sarah Froidurot

mardi 18 mars
mes doc à Sortir la tête, 14 rue riche 19000 Tulle.

mercredi 19 mars
Droit de questions Récits d’en France avec Salih Mara
20h30 - salle Marie Laurent - Tulle

samedi 29 mars
Fils de Lip de Thomas Faverjon (2007 - 50 min.)
- 20h - cinéma Le Palace - Tulle
en présence du réalisateur Thomas Faverjon

dimanche 30 mars
Prisonniers de Beckett de Michka Säal - 18h - Théâtre de la grange Rivet - à Brive

mardi 1er avril
Théâtre du Cri - - 20h 30
Fin de partie de Samuel Beckett

Théâtre de la grange Rivet - à Brive

vendredi 4 avril
Droit de questions Sortir de la vulgarité avec Marc-Vincent Howlett
20h30 - salle Latreille - Tulle


rendez-vous de janvier 2008

mardi 8
Mes docs à Sortir la Tête
19h - Sortir la Tête, 14 rue Riche - Tulle

mercredi 16
Projection du film Les Lip, l’imagination au pouvoir de Christian Rouaud
en présence de Charles Piaget, syndicaliste ouvrier de Lip
21h - cinéma Le Palace - Tulle

lundi 21
Lecture, Arlette Chauffour et Pierre-Etienne Heymann lisent Pierre Bergounioux 18h30 / 19h30 - Sortir la Tête, 14 rue Riche - Tulle

jeudi 24
Les visages d’Antonin Artaud, conférence-débat, lectures mises en espace entrecoupées d’extraits du film Antonin Artaud le visage d'Alain Virmaux
18h30 - Théâtre de la grange Rivet - Brive

vendredi 25
Projection du film Combalimon de Raphaël Mathié
20h30 - salle polyvalente - St-Jal, avec l’Amicale laïque
suivie d’un débat sur la transmission de la terre et des exploitations agricoles

Elle s’appelle Sabine
de Sandrine Bonnaire (2007 - 85 min.)
jeudi 31 janvier - 18h30 - Cinéma Rex - Brive
vendredi 1er février - 20h15 - Cinéma Le Palace - Tulle


du 11 janvier 2008 au 23 février, à l'artothèque de Caen exposition :
Patrick Faigenbaum TULLE

 


rendez-vous de février 2008

vendredi 1er février -
20h15 - Cinéma Le Palace - Tulle
Elle s’appelle Sabine

de Sandrine Bonnaire (2007 - 85 min.)

samedi 2 février
vernissage de l'exposition : Bande dessinée indépendante, planche originales à Sortir la tête

du samedi 2 au jeudi 7 février
Une semaine autour de l’oeuvre d’Armand Gatti
Théâtre de la grange Rivet - 12 rue René Glangeaud - Brive

mardi 12 février
Mes docs à Sortir la Tête
19h - Sortir la Tête - 14 rue Riche - Tulle



rendez-vous de mars 2008

samedi 1er mars
Projection du film Et nos rêves de Claudine Bories et Patrice Chagnard 20h - Cinéma Le Palace - Tulle

du jeudi 28 février au vendredi 4 avril
Exposition Tout doit disparaître
vernissage le mardi 4 mars - Sortir la tête - 14 rue Riche - Tulle

 

jeudi 13 mars
Projection du film La voix de son maitre de G Mordillat
avec l’association Mémoire à vif

vendredi 14 mars
chenaillers


samedi 15 mars
salle Latreille à Tulle
Théâtre avec Sarah Froidurot

mardi 18 mars
Mes docs à Sortir la Tête
19h - Sortir la Tête, 14 rue Riche - Tulle

mercredi 19 mars
Droit de questions Récits d’en France avec Salih Mara
20h30 - salle Marie Laurent - Tulle

samedi 29 mars
Fils de Lip de Thomas Faverjon (2007 - 50 min.)
- 20h - cinéma Le Palace - Tulle
en présence du réalisateur Thomas Faverjon


rendez-vous de avril 2008

jeudi 3 avril
prisonnier de Beckett
Théâtre de la grange Rivet -
12 rue René Glangeaud - Brive

vendredi 4 avril
Droit de Question : Marc Howlett


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