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Programme 2017


Septembre 2017

Assignés à Résistance, montage vidéo réalisé par Peuple et Culture (2016 - 73’)
dimanche 24 - 17h - salle des fêtes - Eyrein, entrée gratuite, en présence de Pierre Faucher, résistant du groupe Antoine Vinatier d’Eyrein et de Dominique Albaret de Peuple et Culture
C’est Jean Maison, résistant de la première heure, maire de Clergoux pendant 49 ans et conseiller général du canton de la Roche Canillac pendant 10 ans, qui nous a servi de guide auprès de ses amis résistants du plateau des étangs. Il nous a conduits vers les lieux où, très jeune homme, avec ses compagnons, il a participé à la lutte contre le fascisme.
Ce film est fait d’entretiens avec ces anciens résistants du plateau des étangs, situé à l’Est de Tulle autour de Clergoux, commune appelée parfois « la capitale du maquis » car le château de Sédières a abrité quelques temps l’état major des Francs Tireurs Partisans Français. Ces hommes et ces femmes témoignent de ces quatre années d’occupation et de leur refus de voir leurs libertés disparaitre devant le fascisme. Ils racontent leur engagement dans la résistance les premières années, puis dans le maquis avec les conditions difficiles de l’hiver 43-44, et leur détermination à participer à la libération du pays.

 


 


carte blanche à Federico Rossin
Federico Rossin, critique et historien du cinéma sera en résidence d’écriture à Peuple et Culture durant tout l’automne pour la conception d’un ouvrage sur les formes du cinéma documentaire à paraître chez Actes Sud. Il accompagnera régulièrement la projection de films.


Concerning violence de Gorän Hugo Olsson (2014-89’)
vendredi 29 - 20h30 - locaux de Peuple et Culture - Tulle


« Le colonialisme n’est pas une machine à penser, n’est pas un corps doué de raison. Il est la violence de l’état de nature et ne peut s’incliner que devant une plus grande violence ».
Frantz Fanon, Les Damnés de la terre, 1961.
Au travers des textes de Fanon, Concerning violence met en image des archives et plusieurs entretiens, retraçant ainsi l’histoire des peuples africains et de leurs luttes pour la liberté et l’indépendance. La modernité du parti pris esthétique de Concerning violence offre au public une nouvelle analyse des mécanismes du colonialisme, permettant ainsi une autre lecture des origines des conflits actuels.
« Je suis ami avec l’éditeur suédois des Damnés de la Terre. Un jour, il m’en a donné un exemplaire, comme ça. Je l’ai lu d’un trait, j’étais soufflé. La manière dont cet essai décortique les mécanismes de la violence est sidérante. En tant que psychiatre, Frantz Fanon propose une analyse aussi pertinente pour expliquer la violence domestique que les conflits coloniaux et post-coloniaux. Immédiatement, j’ai pensé que je devais en faire un film. Je n’avais pas d’inquiétude sur l’accessibilité du texte lui-même. Je pars du principe que les spectateurs ne sont pas stupides, et que le cinéma n’a pas besoin d’une tonne de faits : avec Internet, le public a accès à toute l’information qu’il faut. Une fois « traduit », débarrassé de ses scories datées, le texte de Fanon reste incroyablement fort et parlant.
Avec cinquante ans d’avance, cet essai nous explique pourquoi le Hamas balance des roquettes sur Israël. Et pourquoi Israël sur-réagit. Il nous dit comment ces gamins de la bande de Gaza – le pire endroit où un être humain puisse naître aujourd’hui – qui grandissent entre interventions militaires, bombardements et représailles, agiront demain. Il n’y a pas de suspense donc, ce ne sera pas la peine de s’étonner. A quoi s’attendre d’autre qu’à une surenchère de violence, de la part de personnes qui n’ont jamais connu autre chose que la violence et l’oppression ? (...)
Comment fait-on d’un livre, qui n’est pas une fiction, une expérience de cinéma ? Le vrai défi portait sur le choix des images. Au départ, j’ai pensé que le texte résonnerait d’autant mieux sur fond d’images contemporaines. J’imaginais des images tournées au Pakistan, en Irak, au Soudan…
Finalement non, trop illustratif. J’ai alors songé à un film d’animation pour atteindre une forme d’universalité. Et puis j’ai découvert ce fonds d’archives de la télé suédoise : des documentaires réalisés par des cinéastes des années 60-80. J’en avais vu des extraits, enfant, à la télé. J’ai été frappé par le parti pris de ces films, bien souvent engagés contre la colonisation. à l’époque où ils ont été tournés, la guerre froide était à son apogée, et la Suède, état neutre, avait un discours critique envers les grandes puissances impérialistes, allant jusqu’à soutenir certains mouvements de libération africains. Le pays n’a pourtant pas toujours été irréprochable en matière de colonialisme, mais il n’était pas aussi mouillé que la France ou la Grande Bretagne.
L’une de mes préoccupations principales est de toujours maintenir l’intérêt du spectateur. L’inversion de deux séquences peut produire un effet différent, les mêmes mots incrustés sur deux images différentes ne disent pas la même chose, c’est la joie d’un film de montage ! ».
Gorän Hugo Olsson, réalisateur


Collectif Mohamed
samedi 30 - 17h - locaux de Peuple et Culture - Tulle


Entre 1977 et 1981, des jeunes adolescents, habitant des cités d’Alfortville et de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, se réunissent et forment le Collectif Mohamed. Ensemble ils tournent trois court-métrages. Ce projet naît de leur volonté de filmer leurs propres images, de raconter par eux-mêmes leurs histoires, d’enquêter au sein des cités où ils vivent, de s’amuser, mais aussi de produire un discours politique et donner forme à leur révolte. Ils se sont cotisés et ont acheté quelques bobines Super-8, le support amateur de l’époque, ils ont emprunté du matériel dans leur lycée, et monté leurs images avec l’aide d’un enseignant. Ces films ont été distribués par AUDIOPRADIF, un collectif qui « aidait tous ceux qui ont quelque chose a dire et des luttes à porter, à mettre en forme ces projets et à les diffuser partout où c’est possible, pour changer la vie, car c’est l’affaire de tous ».
Le Collectif Mohamed, parfois dénommé Collectif Joint de Culasse, constitue une tentative d’appropriation de l’outil cinéma (ici le super 8) par un groupe de jeunes banlieusards. L’un des membres de ce collectif explique leur démarche comme suit : «Il ne s’agit pas de faire évoluer la condition de l’immigration mais de faire comprendre à un segment de la population, celui qui vit dans les cités, qu’il faut accélérer les processus de réappropriation. S’ils sont curieux de savoir comment fonctionne une caméra, ils sont aussi curieux de beaucoup de choses. Il y a un minimum de blocage dans leur tête, mais si tu leur expliques que tout est accessible, les mecs se le réapproprient d’autant plus vite. Ils accélèreront tout seuls, pour obtenir une salle, apprendre à faire un canard ou de la propagande... En ce moment, les gens essaient d’investir le domaine de l’image, par exemple pour les bombages, ce ne sont plus des graffitis minables : ils chiadent, il y a un niveau politique minimum. Il y a un double truc : la curiosité qui permet de t’intégrer dans les procédés modernes et un décodage qui leur permet d’avancer politiquement. Et ça, c’est pas du tout de l’utopie ».


Le Garage, France, super 8, couleur, son (1979-30’)
Un court documentaire-fiction, où les jeunes filment leur quotidien et leurs amis. Le film se tourne autour du « Garage », un lieu que les jeunes ont obtenu dans la cité, afin de pouvoir se rassembler ailleurs que dans la rue, avoir un espace à eux, un lieu où organiser des réunions, des activités d’éducation diverses, des rencontres, des fêtes.


Zone Immigrée, France, super 8, couleur, son (1980-40’)
Une enquête dans la ville pour interroger l’agression d’un jeune par un chauffeur de bus. Un peu partout dans la rue, le collectif va à la rencontre des gens pour se demander quelles sont les causes et les effets de certaines formes de violence.


Ils ont tué Kader, France, super 8, couleur, son (1980-20’)
Un film qui prend le chemin du combat politique. Suite à la fermeture du Garage, les jeunes sont obligés de se rassembler dans la rue. Un soir un gardien tire sur l’un d’eux, Kader, et le tue. Suite à cet événement, les médias viennent dans la cité, pour faire un reportage et pour récupérer des images de leurs films. Un film qui pose de nombreuses questions sur le rôle des médias en banlieue, et sur la nécessité de produire soi-même des images.


Food Coop de Tom Boothe (2016 - 97’)
samedi 30 - 20h30 - foyer rural - St-Martin-la-Méanne, participation libre
Au cœur d’une des plus grandes villes du monde, au cœur du capitalisme, une coopérative offre depuis 40 ans à ses ‘’membres-travailleurs’’ la possibilité de se nourrir de produits, fruits et légumes frais en particulier, de très haute qualité et à très bas prix. Comment est-ce possible ? C’est ce que nous découvrons grâce à ce film optimiste qui ouvre des pistes de réflexion sur nous-mêmes et le monde dans lequel nous vivons, le lien social, le temps, le travail par exemple...

 

 


 


formation
à la méthode Tandem en lien avec l’accueil des réfugiés
jeudi 21 et vendredi 22 - de 10h à 18h - locaux de Peuple et Culture - Tulle, en présence de Garance Thauvin, formatrice à l’OFAJ, gratuit sur inscription
Peuple et Culture organise une formation à la méthode Tandem avec l’OFAJ (organisme qui a mis au point cette méthode d’apprentissage linguistique mutuel et réciproque). Cette méthode a également pour objectif de favoriser l’échange interculturel et il nous est apparu intéressant de mettre en place cette formation dans le cadre des rencontres que nous organisons depuis quelques mois entre habitants d’ici et nouveaux venus.
Ces deux jours de formation sont une occasion unique pour se rencontrer et échanger à partir de nos pratiques et contextes respectifs, s’enrichir de l’expérience et de la diversité de chacun, constituer un groupe de «pairs» de référence sur une compétence acquise collectivement.
La démarche pédagogique proposée alterne l’initiation à différentes activités favorisant l’animation linguistique, des temps d’analyse de la méthode, des apports théoriques et des moments d’échanges et de débats en vue d’une utilisation immédiate par les stagiaires à l’issue de la formation.
Le programme des deux jours est disponible sur demande. Si vous êtes intéressé-e-s merci de vous inscrire par email gaellerhodes.pec19@gmail.com ou par téléphone au 05.55.26.32.25 avant le lundi 18 septembre.

 



le travail en questions
Cycle travail n°7 : organisation
mardi 26 - 19h - locaux de Peuple et Culture, avec l’association Médication Time
(repas tiré du sac)
Un été annonciateur de tempêtes sociales vient de confirmer que les pouvoirs en place nous veulent en tous points rentables, et entièrement au service d’une économie monstrueuse qui ne fait plus sens pour personne. Nous avons passé six «cycles travail» à échanger des concepts et des outils qui nous permettent de mieux comprendre ce qui nous arrive. Mais aussi, de faire émerger ce que l’on veut pour tout de suite. Ce sont alors dessinés trois temps, celui de l’autoformation, celui de l’écriture, et celui de l’organisation.
L’organisation... en d’autres termes «comment on fait maintenant?». Plusieurs hypothèses sont sorties, dont une proposition commune de constitution d’une sorte de «base arrière», qui nous permette d’être plus solides pour aller au front, et aussi d’expérimenter localement l’activité et l’argent (ou son absence) autrement. Plusieurs initiatives dans ce sens existent dans la région.Est-ce que ce ne serait pas le moment de tenter quelque chose ensemble ? On en discute le 26 septembre à 19h, autour d’un casse-croûte auquel chacun peut contribuer, nous apporterons une bonne base.

 



ateliers de pratique artistique
Ateliers arts plastiques et chansons, c’est la reprise !


Atelier arts plastiques - pour adultes et adolescents, avec David Molteau, responsable du relais artothèque de Peuple et Culture et artiste plasticien
lundi 11 - de 18h à 20h - locaux de Peuple et Culture - Tulle
Cet atelier, ouvert aux adultes et adolescents dès 14 ans, propose de s’aventurer dans la fabrique des images au moyen de procédés multiples ; le papier calque, l’image numérique, le scanner et la photocopieuse, le projecteur seront les principaux moyens d’élaboration des projets par le dessin.


Atelier arts plastiques collectif enfants/adultes, avec Pascale Guérin,
artiste plasticienne
mercredi 13 - de 14h à 16h - locaux de Peuple et Culture - Tulle
L’atelier d’arts plastiques est ouvert à ceux qui souhaitent vivre une expérience artistique collective et individuelle, à partir de 8 ans, débutants ou non.


Retour ô 35 choeurs avec Marion Lherbeil
vendredi 22 - 18h30 - locaux de Peuple et Culture - Tulle
Conduit par Marion Lherbeil, l’atelier chant «Retour ô 35 Choeurs» a pour ambition de faire vivre les chants de lutte et de résistance. Les répétitions ont lieu un vendredi sur deux à 18h30 en alternance entre Tulle et Brive.


Chant traditionnel avec Sylvie Heintz
jeudi 27 - 18h30 - locaux de Peuple et Culture - Tulle
Cet atelier propose de découvrir le monde des chansons traditionnelles collectées en Limousin ou ailleurs. Basé sur l’oralité, il permet d’expérimenter et d’explorer sa propre voix : chanter en petit groupe, ou seul, à l’unisson ou en polyphonie, dans la palette sonore particulière de ce large répertoire qui aborde des histoires de vie aussi intemporelles qu’universelles.

 

 

 


Juillet Aout 2017

Les moissons du futur de Marie-Monique Robin (2013 - 95’)
samedi 1er juillet - devant la salle des fêtes - Sérilhac, participation libre
20h30 - repas tiré du sac
21h30 - projection en plein air


« Si on supprime les pesticides, la production agricole chutera de 40% et on ne pourra pas nourrir les gens…». Prononcée par le patron français de l’industrie agroalimentaire lors d’une émission de télévision à laquelle Marie-Monique Robin participait, en mars 2011, cette affirmation est répétée à l’envi par les promoteurs privés ou publics de l’agriculture industrielle. De son côté, après les émeutes de la faim qui ont secoué la planète en 2008, Olivier de Schutter, le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation des Nations Unies, affirmait qu’au contraire il faut « changer de paradigme » et que seule l’agro-écologie peut relever le défi de la faim et répondre aux besoins d’une population croissante. Qui croire?
« C’est à cette question que le documentaire Les moissons du futur tente de répondre, en menant l’enquête sur quatre continents (Afrique, Asie, Amérique du Nord et du Sud, et Europe). S’appuyant sur les témoignages d’experts (agronomes, économistes, responsables politiques, représentants d’organismes internationaux, et de nombreux agriculteurs), le film dresse un bilan de la «Révolution verte » qui, après un demi siècle, n’est pas parvenue à nourrir le monde (aujourd’hui près d’un milliard de personnes souffrent de malnutrition), tandis qu’elle participait largement au réchauffement climatique, épuisait les sols, les ressources en eau et la biodiversité, en poussant vers les bidonvilles des millions de petits paysans. Il montre qu’un peu partout dans le monde, des expériences pratiquant l’agriculture familiale et biologique sur une large échelle sont hautement efficaces d’un point de vue agronomique et économique et qu’elles représentent un modèle d’avenir car elles s’inscrivent dans le cadre d’un développement durable. Il confirme que « l’on peut faire autrement » pour résoudre la question alimentaire en respectant l’environnement et les ressources naturelles, et en (re)donnant aux paysans un rôle clé dans cette évolution indispensable à la survie de l’humanité.» Marie Monique Robin

 


 

 


La cour de Babel de Julie Bertuccelli (2014 - 90’)
vendredi 7 juillet - Chenailler-Mascheix - devant la salle polyvalente,
avec l’association culturelle et sportive, participation libre
20h30 - repas tiré du sac
21h30 - projection en plein air


« Ils sont Anglais, Sénégalais, Brésiliens, Marocains, Chinois... Ils ont entre 11 et 15 ans, ils viennent d’arriver en France. Le temps d’une année, ils cohabitent dans la classe d’accueil d’un collège parisien. 24 élèves, 22 nationalités... Dans ce petit théâtre du monde s’expriment l’innocence, l’énergie et les contradictions de ces adolescents qui, animés par le même désir de changer de vie et de vivre ensemble, bouleversent nos idées reçues et nous font croire en l’avenir...».
La réalisatrice Julie Bertuccelli a choisi de ne filmer les élèves qu’à l’intérieur du collège. Dans leur classe, dans la cour de récréation, à l’abri des miasmes du dehors. Seuls l’intéresse les personnalités et le parcours des adolescents. Si l’on entraperçoit les parents, c’est à l’occasion de rencontres avec la professeure. Au centre de ce film choral, un personnage anime, écoute, pose des questions, cherche des solutions, enseigne. Met en valeur les particularités de chacun, suscitant respect et confiance de la part de ses élèves. Brigitte Cervoni, la professeure de français. C’est elle qui fait vivre ensemble tout ce petit monde. Elle qui met du liant entre les élèves jusqu’à ce que se créent entre eux des rapports d’une profonde humanité, qui trouve le temps de faire faire à ses élèves un film sur le thème de la différence. On dira que cette cour de Babel est un brin utopiste. Que cette classe, animée de main de maître par madame Cervoni, est une classe de rêve dans laquelle se développe une pédagogie d’exception. Que ce collège est un cocon, loin de la réalité sociale des enfants d’immigrés de quartiers difficiles. Que l’avenir même des classes d’accueil n’est pas garanti, loin s’en faut. Il n’empêche, cette classe a bel et bien existé, avec ces élèves et cette professeure.»
Franck Nouchi, Le Monde, mars 2014.

 


 

 


Le libraire de Belfast d’Alessandra Celesia (2011 - 54’)dimanche 9 juillet - 15h - salle du Cantou - St Martin La Méanne, dans le cadre de la Fête du livre, en partenariat avec l’Amicale laïque de St-Martin-la-Méanne


« Le libraire de Belfast accompagne bien à propos la Fête du livre annuelle, villageoise et populaire, organisée par l’Amicale laïque à St-Martin-la-Méanne. Dans sa petite maison de briques, ce vieil amoureux des livres avec ses vêtements d’un autre âge et sa trogne pas ratée par les gros plans, s’affaire parmi les milliers d’invendus…
« Je vais te rafistoler, fiston ! », murmure-t-il à un vieux livre en ruines, une édition ancienne de Bambi, le recollant avec autant de douceur que s’il soignait un bébé. Ici, chez John Clancy, pas de grands auteurs ni de mineurs, pas de mauvais livres, pas de bons ni de mauvais lecteurs, du moment que les bouquins portent nos rêves, que les mots nous aident. Notre libraire n’a pas trop de clients mais des amis, car la plupart du temps les livres, il les donne. Il s’attendrit quand on le paie. Le petit monde du quartier de Belfast défile chez lui, « on a un point commun, ici, la pauvreté ». On vient chercher de quoi rêver auprès de John : la serveuse du bistrot qui veut être chanteuse, le punk illettré qui déchiffre mot à mot l’histoire de la Rome antique, son frère le rappeur qui chante que « c’est dur de pas chuter », les petits vieux du club des anciens qui s’émeuvent à la lecture d’un poème qui parle de vie et de mort…
Décidément, Le libraire de Belfast va bien avec notre Fête du livre : les bouquins sont là pour partager des rêves entre nous tous. Le libraire de Belfast va bien aussi avec l’éducation populaire.»
L’équipe de St-Martin-La-Méanne
Ottuda, réalisation collective des Travailleurs de nuit (2016 - 35’)
Rockfarmers de Yan Sourigues (2015 – 31’)
samedi 26 août - 21h30 - lieu dit La force - St Martial Entraygues, projection en plein air, en présence d’un des réalisateurs d’Ottuda.
Quoi de commun entre des rockers gascons et des bûcherons corréziens immigrés ? Rien à première vue. Pourtant, avec ces deux films, des correspondances apparaissent. Le rôle majeur que joue le travail dans la création du lien social, la force du désir de faire qui pousse à agir et construire, la liaison avec la nature, le sentiment très fort d’être ‘’de là’’ par naissance ou par choix. Deux films optimistes, hymnes discrets à la différence, deux remèdes contre le racisme... Et une Corrèze terre d’accueil, loin des clichés, où des gens viennent travailler et vivre. »
L’équipe de St-Martin-la-Méanne et St Martial Entraygues.

 


 

Ottuda, réalisation collective des Travailleurs de nuit (2016 - 35’)
Rockfarmers de Yan Sourigues (2015 – 31’)
samedi 26 août - 21h30 - lieu dit La force - St Martial Entraygues, projection en plein air, en présence d’un des réalisateurs d’Ottuda.


Quoi de commun entre des rockers gascons et des bûcherons corréziens immigrés ? Rien à première vue. Pourtant, avec ces deux films, des correspondances apparaissent. Le rôle majeur que joue le travail dans la création du lien social, la force du désir de faire qui pousse à agir et construire, la liaison avec la nature, le sentiment très fort d’être ‘’de là’’ par naissance ou par choix. Deux films optimistes, hymnes discrets à la différence, deux remèdes contre le racisme... Et une Corrèze terre d’accueil, loin des clichés, où des gens viennent travailler et vivre. »
L’équipe de St-Martin-la-Méanne et St Martial Entraygues.

Ottuda est un web-documentaire élaboré par quatre jeunes Corréziens. Montage d’images à partir d’un reportage radiophonique, il vient conclure un travail d’enquête sur des trajectoires de Corréziens venus il y a des années ou décennies, de pays, de régions ou de départements voisins de la Corrèze. Autour du bois, de la forêt et du paysage, ce projet fait résonner entre eux les récits de vies présents.
Rockfarmers. Peut-on faire plus indépendant que le groupe The Inspector Cluzo ? En tournée mondiale pour défendre leur quatrième album Gasconha Rocks, le duo le plus terroir du paysage rock s’apprête à prouver au monde entier qu’on n’a besoin de rien pour vivre de sa passion, sinon de volonté. Après avoir tourné dans plus de 44 pays en auto-gestion complète, les deux compères ont acheté une ferme pour y produire foie gras, fruits et légumes du terroir.Aux travers de divers témoignages glanés durant leur périple mais aussi dans leur campagne chérie, le film donne une preuve supplémentaire s’il en fallait une, que la musique est un moyen comme un autre de rester libre et authentique.

 


 

 

 


état généraux du film documentaire
du dimanche 20 au samedi 26 août - Lussas
« D’une forme d’errance peuvent naître les plus belles associations : les idées mûrissent parfois longuement avant de prendre forme, de pouvoir être formulées. Les programmations sont un processus de sédimentation, au cours duquel des films, des œuvres se déposent. Puis cette accumulation de traces dessine un chemin. C’est un cheminement semblable qui nous a conduits cette année à deux ateliers autour de la mémoire. Des cinémas qui arpentent, explorent, déambulent pour faire surgir une mémoire des lieux ou bien qui composent le territoire d’une mémoire où l’Histoire s’immisce. L’« Histoire de doc » consacrée à la Pologne repose sur cette exploration du cinéma par l’histoire politique et celle des formes cinématographiques. Les films libanais récents de la « Route du doc » portent encore les traces de l’Histoire tragique et violente des guerres traversées par ce pays, terre de refuge, et tentent de trouver une manière de surmonter le réel. Nous accompagnerons le monde dans ses frémissements ainsi que nous le proposent aussi Dominique Auvray et Vincent Dieutre, à qui nous avons confié cette année la programmation « Expériences du regard ». Puis nous emprunterons d’autres chemins de traverse, avec Guy Sherwin et Peter Nestler et bien d’autres cinéastes invités.»
Pascale Paulat et Christophe Postic.


Covoiturage possible à partir de Tulle. Contact : 05.55.26.32.25
Pré-programme disponible sur http://www.lussasdoc.org

 


 


ateliers ouverts
Présentation des travaux des ateliers d’arts plastiques de Pascale Guérin et David Molteau
mercredi 5 juillet - à partir de 18h - locaux de Peuple et Culture - Tulle
19h - repas tiré du sac
20h30 - projection du film L’art en friches d’Abel Kavanagh (2013 - 53’)
Après les différentes manières d’ ‘‘habiter’’ en 2015, les ‘‘hybridations’’ en 2016, c’est la ville qui nous a intéressés cette année. Les pistes de travail se sont dessinées après plusieurs discussions : que perçoit-on en traversant à pied la ville, notre ville ? Quelles en sont les particularités, géographiques, architecturales ? Est-elle porteuse d’imaginaire ?
C’est par un collage que nous avons commencé : dans une ville, une plante étrange apparaît…C’est Claude Ponti, l’auteur de l’album La nuit des Zéfirotes qui nous a donné le feu vert : les zéfirotes, créatures rigolotes vivant sous terre, permettent à la ville de Paris de rester gonflée grâce à toute une machinerie qu’elles font fonctionner. Tout bascule lorsqu’une monstrueuse mauvaise herbe qui prolifère les enraye peu à peu et recouvre tout de verdure…
Ensuite, dans le déroulement d’un papier Kraft au format très allongé (0,30m x 5m), ce sont des détails mémorisés ou imaginés de la ville où l’on vit, ou celle que l’on a un jour traversée qui apparaissent, fugaces, tracés rapidement au pinceau et à l’encre.
Parallèlement, chacun est chargé de recueillir des images dans sa ville, ou dans une ville qu’il a visitée (Tulle, Berlin, Toulouse, Brive, Clermont-Ferrand) en se focalisant sur les détails : murs peints, grilles d’entrées, ferronneries, encadrements de fenêtres, escaliers, vitrines, tags, graffitis. On est allé chercher sur internet des images de passants dans diverses ville du monde pour créer des personnages. L’idée de départ était de créer une sorte de panorama, qui s’est peu à peu changé en plusieurs univers différents les uns des autres, traversés par des ‘‘figures’’ qui leur semblaient destinées…
Pour la réalisation, des binômes se sont constitués, et cela nous a permis de voir comment on peut ‘‘s’arranger’’ pour créer ensemble : celui qui a fait une photo n’est pas forcement celui qui va l’utiliser dans une autre étape, celui qui invente un personnage va peut-être le donner à quelqu’un qui va le transformer.
Enfin, la dernière période a été consacrée à un travail sur la ville de Tulle. Nous avons choisi plusieurs points de vue en hauteur et ‘‘croqué’’ en direct les quartiers, relevé les couleurs dominantes de façades, volets, toitures. à l’atelier, c’est un travail à la fois pictural et graphique qui a été réalisé sur un grand format. Au préalable, de nombreux essais ont été faits, de couleurs, de formes dessinées d’après les croquis, pour aboutir à une image en plusieurs strates : des formes colorées qui évoquent comme une impression visuelle globale, et des détails précis qui viennent soit les prolonger, soit les recouvrir et créer d’autres formes.
Le groupe participant à l’atelier conduit par David Molteau a souhaité participer à ce travail sur le paysage urbain et complètera l’exposition par des assemblages collectifs et individuels.
Nous montrerons également l’ensemble des réalisations achevées ou en cours, fruit d’une expérience où se croisent les techniques traditionnelles et numériques, où chacun développe une démarche personnelle plutôt graphique à partir de ses propres choix d’images, enrichie par la dynamique d’échange de regards et d’idées.
L’art en friches d’Abel Kavanagh
« Il y a dans le Nord de la France, partout, des vestiges d’un passé industriel triomphant. Ce sont désormais souvent des friches de briques, de cheminées à demi écroulées et d’herbes folles. C’est très beau, parfois un peu triste, toujours rempli de mémoire, de mémoires. Aujourd’hui, il arrive que la vie renaisse de ces abandons résignés : l’art, les arts redonnent mouvement, couleurs et sourire aux herbes sauvages et aux vieilles briques. Il y a ici deux mondes, deux temps qui se côtoient sans plus trop se parler. Mais il y a aussi de temps en temps un arc de lumière qui réunit ces deux univers : c’est ce que nous a expliqué un beau matin Abel Kavanagh... Ces arcs sont dessinés par de jeunes peintres, photographiés par des artistes un peu poètes, brillamment structurés par des architectes curieux, sculptés par des plasticiens épatants ou taggés par de jeunes urbains qui réinventent la couleur, à leur façon. Et ce travail là, souvent gratuit, décalqué et critique, est une excellente façon de se réapproprier un patrimoine architectural.» Les escales documentaires

 

 

 

 


 

juin 2017

 

 

Printemps citoyen de Ryslaine Boumahdi (2017 - 85’)
vendredi 2 juin - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche, avec La p’tite fabrique
solidaire, en présence de la réalisatrice. Tarif adhérents PEC : 4 €


« L’idée de ce film est née de mon envie de redonner aux citoyens, à moi-même, l’espoir qu’il est possible de ré-inventer et d’améliorer nos démocraties. Le film part d’un constat : nos systèmes politiques traversent une profonde crise de représentation.
Plutôt que s’arrêter sur ce constat, ou nourrir un sentiment de frustration, j’ai voulu à travers Printemps Citoyen, raconter un nouveau récit de la démocratie où le citoyen peut faire plus que de voter tous les quatre ou cinq ans. Argentine, Islande, Espagne, France… le film explore différentes initiatives à travers le monde qui expérimentent des solutions plurielles afin de réimaginer la démocratie au XXIe siècle.»
Ryslaine Boumahdi, réalisatrice.


 


Bajo el agua brillante de Lucile Legoubé et Johan
Gavlovsky (2017 - 35’)
mardi 6 juin - 18h30 - salle Latreille - Tulle, avec Medication Time, en présence des
réalisateurs, entrée libre


Bajo el agua brillante est une première expérience vidéo de tournage et de montage à l’étranger. Dans le cadre d’un stage de fin d’études sur les problématiques sociales du continent Sud-américain, Lucile Legoubé a intégré l’association Guardianes del Iberá, dans la province de Corrientes (nord-est de l’Argentine). Cette association écologiste militante est née de la lutte contre l’accaparement croissant des terres à Corrientes dans les années 1990. Des investisseurs venus d’ailleurs (nord-américains, européens ou argentins) ont développé des activités de monoculture intensive. En même temps, les Correntinos voient naître des projets d’éco-tourisme dans la zone la plus convoitée de la province, les estuaires de l’Iberá, qui devient« réserve naturelle » et est en passe de devenir « parc national ».
Guardianes del Iberá voit cette forme d’éco-tourisme comme un grand projet amené par des milliardaires « étrangers », destinés à des « étrangers » et soutenu par le gouvernement argentin, dans un endroit rural où les habitants sont contraints d’abandonner leurs activités agricoles. Ainsi, plusieurs acteurs sociaux se lèvent contre cette mainmise autoritaire et défendent la vie rurale des paysans et communautés guarani habitant sur ces terres. Ils luttent pour pouvoir choisir l’usage qu’ils font de la terre qu’ils occupent depuis des générations.
L’objectif de la mission de Lucile, en accord avec l’association, est de présenter au public français les enjeux et les problématiques rencontrés, en donnant la parole à ces habitants.
Lucie et Johan affirment un regard tranché et directif sur l’éco-tourisme dans les estuaires de l’Iberá. Sans prétendre transmettre un discours analytique et détaillé de ce qu’ils ont observé sur place pendant deux mois et demi, le documentaire a été conçu comme un aperçu du présent.
« De ce court périple, nous portons une vision d’une réalité argentine, un réel qui coule dans les eaux brillantes des estuaires de l’Iberá. Cette expérience cinématographique nous a permis de rencontrer des habitants de la province de Corrientes. Ils nous parlent, rendent compte de leur territoire submergé d’eau, offrant à boire et à manger à leurs animaux. Simona nous dit que la terre donne la vie. Antonio se désole de ne plus pouvoir chasser le carpincho qui le nourrissait
il y a quelques années. Miriam défend sa maison et revendique une identité guaranie contre l’offense des acheteurs. Des investisseurs étrangers ne voient pas l’endroit du même oeil. Mais plutôt comme une réserve à « produire » de la nature, l’eau comme l’or bleu de demain, les animaux comme des produits à photographies payantes, les habitants comme des silhouettes en cartons à exposer dans les musées. Doucement ensevelis par le projet pharamineux de Douglas Tompkins, milliardaire philanthrope voué à la cause de l’écologie profonde, qui achète des milliers d’hectares de terres, les Correntinos doivent faire face à la construction d’un parc national propice à la mise en place d’une nouvelle activité florissante : l’éco-tourisme. Derrière le pastiche progressiste se cache un danger de destruction.
Qu’adviendra-t-il de la vie des gens du lieu ?
Deviendront-ils des employés au service du tourisme ?
Ou parviendront-ils à s’organiser pour se réapproprier l’usage de leur terre et leurs propres moyens de production ? »
Lucile Legoubé et Johan Gavlovsky, réalisateurs.


 


Blanche Neige en prison de Claire Durand-Drouhin
(2011 - 52’)
samedi 10 juin - 20h30 - salle des fêtes - St Martial Entraygues, participation libre


Centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne, juillet 2011. Claire Durand-Drouhin, danseuse et chorégraphe, anime un atelier au quartier femmes. Dix jours de danse dans une ambiance détendue, parfois festive, parfois plus lourde lorsque des confidences apparaissent. Dix jours de partage avec des femmes qui nous révèlent les variations infinies entre la gravité de l’existence et la légèreté de la vie.
« La réalisatrice met en lumière les personnalités singulières de chacune de ces femmes en leur proposant de témoigner face caméra, de danser, de nous présenter leur lieu de vie, leur regard porté sur le monde, de partager avec nous leurs idées et leurs réflexions.
La musique est jouée par un accordéoniste avec un dialogue qui peut parfois apparaître entre lui et les danseuses. La respiration d’un personnage, le mouvement d’un nuage derrière les barreaux, le souffle d’une femme qui danse, ces sensations deviennent perceptibles, tout autant que des coups contre un mur ou des sons de prison qui résonnent, tels que le bruit métallique des portes et des clés. Il faut distinguer l’élégance de ces femmes et la rudesse de la prison. C’est la nature même de cette aventure, chaotique et humaine, qui nous pousse à envisager cette délicatesse dans le regard que nous posons sur elles. »
L’équipe de St Martial Entraygues


 


Crossing the bridge, the sound of Istanbul de Fatih Akin
(2005 - 90’)
vendredi 23 juin - 21h30 - service Habitat jeunes - 3-5 rue Pauphile - Tulle
projection en plein air


Alexander Hacke, musicien dans un groupe d’avant-garde allemand depuis plus de vingt ans, débarque à Istanbul pour composer la musique du film Head-on (Fatih Hakin).
Dans cette ville, il rencontre les membres d’un groupe néo-psychédélique, les Baba Zula. Lorsque leur bassiste les quitte, ils demandent à Alexander de la remplacer. Il accepte et essaie de capter la diversité musicale d’Istanbul pour l’intégrer à sa musique et la faire connaître au monde entier.


 


La sociologue et l’ourson de Mathias Théry et Étienne Chaillou (2016 - 77’)
vendredi 30 juin - à partir de 20h30 - derrière la salle des fêtes - St Jal
Pique-nique suivi d’une projection en plein air


De septembre 2012 à mai 2013, la France s’enflamme sur le projet de loi du Mariage pour tous.
Pendant ces neuf mois de gestation législative, la sociologue Irène Théry raconte à son fils Mathias (co-réalisateur du film) les enjeux du débat. De ces récits nait un cinéma d’ours en peluche, de jouets, de bouts de cartons. Portrait intime et feuilleton national, ce film nous fait redécouvrir ce que nous pensions tous connaître : la famille.
« Avec La sociologue et l’ourson, Étienne Chaillou et Mathias Théry donnent envie de voir ce à quoi aurait dû ressembler cette fameuse année 2013 : non pas à un carnaval de polémistes bas du front, de grossièretés et de médias insatiables, mais à une réflexion apaisée et approfondie sur la nature du lien marital, l’histoire de la famille française et les modalités d’inscription de la réforme dans la société contemporaine. Il y a en effet bien un parfum d’apaisement de la pensée
et de guérison dans ce film structuré par les discussions de Mathias, co-réalisateur et de sa mère Irène Théry, sociologue de renom impliquée à toutes les étapes de la loi. Leurs conversations téléphoniques forment le socle du film, qui s’amuse à s’en servir de bande vocale pour animer des peluches et rechercher un rendu ludique, pédagogique, d’ailleurs plutôt bienvenu.
Mais si ces conversations traitent bien sûr du sujet sociétal et en décortiquent les imbrications de façon passionnante, ce sont avant tout des conversations entre une mère et son fils, où il est souvent aussi question, et c’est assez drôle, du pain à aller chercher ou du déjeuner dominical. Drôle oui, mais pas que : inscrire le film dans l’intimité d’une famille n’est pas un geste anodin pour les réalisateurs qui trouvent ici un point d’ancrage fondamental pour leur film, sans lequel les débats risqueraient de demeurer théoriques, aériens. Ce qui se lit ici, c’est une histoire et une sociologie de la famille qui ne sépare pas la population française de ceux et celles qui la réfléchissent ; une réflexion sociétale certes, mais aussi une réflexion intime. Et l’intimité, c’est de la politique. »
Théo Ribetton dans Les Inrocks.


 


le travail en questions
Cycle travail n°6
jeudi 29 juin - 20h - locaux de Peuple et Culture - Tulle, avec Medication Time


Nous nous disons souvent que notre manière d’envisager le travail est consécutive du contexte économique dans lequel nous vivons. Notre prisme, nos lunettes, nos oeillères, ou notre grille de lecture, sont certainement celles d’un système qui nous a plus ou moins programmés et encodés pour, jusque dans nos désirs de subversion, faire en sorte que nous conservions l’ordre établi (classes sociales et dominations économiques, culturelles ou de genre), tel qu’il a toujours été.
Alors, pour que nos perspectives s’ouvrent enfin, peut-être faudrait-il transformer le monde qui les enfante. En l’occurrence, nous cherchons aujourd’hui quels travaux avancés, étayés et applicables, sont disponibles et opérationnels, pour, au delà de nos tentatives locales, penser des formes structurelles plus grandes.
Le travail du Réseau salariat (avec Bernard Friot) et sa proposition de « salaire à vie », fait partie de cette constellation de propositions économiques qui relèvent de dimensions structurelles - avec des prétentions universalistes - mais qui présentent l’intérêt de pouvoir s’expérimenter localement.

Avec l’aide des acteurs locaux du Réseau salariat, nous allons d’abord dérouler et analyser le contenu de la proposition du « salaire à vie ». Quels principes la sous-tendent ? Quelles ruptures politiques, philosophiques, voir même religieuses pour les croyants du capitalisme, faut-il opérer ? Le Réseau salariat se fonde sur l’existant de la sécurité sociale et du fonctionnariat pour généraliser ce « déjà-là » au monde du travail entier. Comment ? Quelles modalités de production, d’organisation du travail ? Quelles définitions de la valeur ?
Dans un deuxième temps, nous verrons avec le réseau salariat, comment, à défaut d’organisation nationale ou internationale, nous pourrions expérimenter localement des formes de « salaire à vie ». Comme une manière de l’éprouver.


 


exposition
Paysage de jeunesse par Anne-Marie Filaire
du 16 juin au 29 juillet - église St Pierre - Tulle ( cf invitation jointe )


Peuple et Culture Corrèze et les résidences d’artistes
Depuis les années 80, Peuple et Culture Corrèze invite des artistes en résidence à Tulle et dans le pays de Tulle avec l’objectif de rapprocher la population de la création plastique contemporaine qui reste une des plus élitistes. Peuple et Culture a fait le pari de tenter une démarche : non pas d’organiser des expositions de manière « classique » avec des oeuvres déjà constituées et venues d’ailleurs, mais d’inviter des artistes à séjourner ici et prendre le temps de faire connaissance avec ce territoire, (c’est pour cette raison que les résidences ont lieu sur un temps long de deux à trois années), à s’emparer de réalités et de problématiques par des rencontres avec des habitants. Et à partir de cette matière et de la démarche artistique qui leur est propre de créer des formes. Le pari qu’un mouvement d’éducation populaire peut inventer, avec des artistes et une population, des formes de collaboration et construire avec eux l’exigence d’un art public sans pour autant réduire l’art à une fonction sociale.
Entre la commande publique traditionnelle et l’oeuvre dite autonome, l’association explore une troisième voie : celle d’un art rattaché à l’espace public par des procédures de participation et d’échanges, et capable dans le même temps de produire des formes exemplaires. Les formes artistiques produites induisent de la reconnaissance et dans le même temps, des rapports d’étrangeté, des décalages, des lignes de fuite. Un travail artistique, qui justement, parce qu’il part du local, de l’intime, peut atteindre une valeur générale, parler à d’autres ailleurs et fonctionner pour et hors du lieu précis où il a été conçu.
Les quinze dernières années ont été marquées par trois temps forts avec les photographes Marc Pataut, Patrick Faigenbaum et Ahlam Shibli qui chacun-e à leur manière ont investi par leur travail artistique, le pays de Tulle. En est résulté un corpus d’oeuvres (plus de 140 photographies et deux ouvrages) inscrits dans ce territoire et en lien avec sa population, ce qui constitue un phénomène rare. En 2011, ce travail s’est poursuivi par une nouvelle étape de cette démarche avec l’invitation en résidence d’un collectif de jeunes artistes (aux pratiques diverses : photographie, sculpture, vidéo, dessin) sensibles au lien d’art/territoire : le groupe Rado dont les créations (autour des réseaux techniques qui irriguent le territoire) ont fait l’objet d’une commande publique du CNAP (Centre national des arts plastiques).
Depuis plusieurs mois, c’est la photographe Anne-Marie Filaire (dont plusieurs oeuvres sont présentes dans la collection FRAC/Artothèque) qui a été invitée en résidence et dont les travaux vont donner lieu à partir du 16 juin à l’exposition Paysage de jeunesse à Tulle.


 


ateliers chants
Les chorales chantent dehors
jeudi 29 juin - à partir de 18h - jardins de la mairie - Tulle
Retour ô 35 choeurs, la chorale issue de l’atelier chants de lutte et de résistance de Peuple et Culture et la chorale de l’atelier chant traditionnel se produiront à cette occasion.
Plus d’infos : culture-cooperations@ville-tulle.fr : 05.55.21.73.96


 


et aussi…
Wadjda de Haifaa Al Mansour (2013 - 97’)
vendredi 2 juin - 20h30 - cinéma Véo - Tulle, avec l’association À bicyclette


Wadjda, douze ans, habite dans une banlieue de Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite. Bien qu’elle grandisse dans un milieu conservateur, c’est une fille pleine de vie qui porte jeans et baskets, écoute du rock et ne rêve que d’une chose : s’acheter le beau vélo vert qui lui permettra de faire la course avec son ami Abdallah. Mais au royaume wahhabite, les bicyclettes sont réservées aux hommes car elles constituent une menace pour la vertu des jeunes filles.


Avant la projection l’association À bicyclette, invite le public à une balade vélo dans Tulle, du marché de la gare au cinéma Véo. Rendez-vous avec votre bicyclette, à 19h45, sur la place du Lovy, face au marché couvert.

 

 

 


 

mai 2017


L’océan électro de Philippe Orreindy (2015 - 52’)
mardi 2 mai - 18h30 - médiathèque éric Rohmer - Tulle, avec Des Lendemains Qui Chantent. Séance suivie d’une discussion avec le réalisateur, entrée libre
Romain, dit Molécule, compositeur de musique électro, a fait le pari fou de partir cinq semaines sur un chalutier pour y composer un album. Fred, le capitaine responsable du Joseph Roty II et de ses cinquante-neuf marins, lui, doit pêcher le maximum de poissons. Chaque jour, le capitaine annote dans son journal de bord tous les événements. Romain écrit un carnet de voyage. Ces deux regards sur l’océan nous dévoilent une rencontre inattendue entre la musique et l’industrie de la pêche.
Cette projection entre dans le cadre de l’exposition Pix Mix, musiques électroniques, proposée jusqu’au 31 mai par le collectif artistique RISK à la médiathèque Eric Rohmer.
Découvrir ou approfondir, peu importe. Le collectif artistique RISK a conçu son exposition sur la musique électro comme autant de moments festifs et participatifs : 8 panneaux historiques associés aux genre majeurs des musiques électroniques et 8 bornes d’écoute équipées de casques avec une bande sonore pour illustrer les sous-styles dans chacun des grands genres. Pour en savoir plus : www.riskparty.com


 


Histoire d’un secret de Mariana Otero (2003 - 90’)
samedi 20 mai - 20h30 - foyer rural, St-Martin-la-Méanne, participation libre
- « Je lui parle en rêve », dit l’une.
- « Moi aussi », répond l’autre.
- « J’ai rêvé qu’elle allait revenir ».
- « Moi aussi ».

Telles deux petites filles qui se chuchotent leurs secrets serrées l’une contre l’autre « comme jamais on ne s’était assises », Mariana et sa sœur Isabel se racontent, pour la première fois depuis 25 ans, comment elles ont traversé l’absence de leur mère, disparue quand elles avaient 4 et 5 ans. « Partie travailler à Paris », leur a-t-on dit alors.
Ce film autobiographique de Mariana Otero, construit comme une enquête avec ses témoins, ses victimes, ses fausses pistes, ses voiles et ses silences, progresse en entraînant le spectateur dans un lent dévoilement. Mariana appelle les images à la rescousse : comment se souvenir quand un voile a été jeté sur l’histoire, « pour éviter un trop grand chagrin », lui dit son père ?
« Je ne voulais pas que le spectateur écoute une histoire, je voulais qu’il la vive, qu’il la partage de l’intérieur. Le film a été pour moi une expérience, il devait l’être aussi pour celui qui le regarde ». La spectatrice que je suis partage : comme c’est dur, de lever un secret de famille, comme c’est douloureux, j’en ai mal pour eux ! Pour moi ? Et puis, comme une récompense, la lumière baigne la fin du film. Clotilde Vautier, la mère, la disparue, revient avec force grâce aux images d’elle que sa fille nous offre. Les peintures de Clotilde, sorties de la malle que les petites filles n’avaient pas le droit d’ouvrir, s’exposent au grand jour : des nus puissants, calmes, pleins de rondeurs, disent que la vie est là. »
L’équipe de St-Martin-la-Méanne.

 

 

 


 


la capture
projection du film en présence de Pierre Bergounioux et de Geoffrey Lachassagne, réalisateur
à l’occasion de la parution du coffret co-édité par Verdier et la Huit
( un livre, un dvd, un entretien )
Dédicace - mercredi 3 mai - 17h - librairie Préférence - Tulle


Projection - mercredi 3 mai - 20h30 - cinéma Véo - Tulle, tarif unique : 5 €
« Pierre Bergounioux est l’un des écrivains majeurs de notre temps. Si son œuvre a une portée universelle, elle a aussi ses territoires privilégiés : l’histoire et la littérature, la mémoire et l’écriture, l’enfance et la Corrèze.
Une parole, donc, mais aussi un corps - noueux, vibrant, «giacomettien». Dévoré de passions : Pierre collecte avec une égale férocité les choses et les mots pour les dire, la ferraille, les insectes, tout. Il y a six mois, nous sommes partis ensemble sur le plateau de Millevaches. Je lui avais demandé d’y capturer pour nous ses insectes préférés : un scarabée, un papillon, des hoplies… Nous avions dix jours. C’était le mois de juin, il aurait dû faire beau, les insectes auraient dû pulluler. Mais ç’aurait été trop beau, trop facile. Ce n’aurait pas été le plateau. Ce n’aurait pas été Pierre. » Geoffrey Lachassagne

 

 


 


le travail en questions
Cycle travail n°5
jeudi 18 mai - 19h - locaux de Peuple et Culture - Tulle
Poursuivant la dynamique d’autoformation et de constructions d’outils pour tenter de mieux comprendre et transformer le travail, le cycle travail N°5 commencera en chansons (concert d’une quinzaine de minutes), avec un rappeur / chômeur décomplexé : L’1consolable.
Il y a un peu plus de dix ans, il a déserté sans possibilité de retour le marché du travail et les supermarchés, décidant lui-même de devenir bénéficiaire du RSA jusqu’à ce que mort (ou fortune) s’en suive. Après quelques chansons aussi douces dans le son que virulentes dans le propos, il nous racontera son expérience du travail, de l’usine, de l’intérim, et comment pour sauver sa peau, il a dû se tracer une trajectoire loin de l’emploi mais toujours - et même plus que jamais - pleine d’activité.
Cette expérience nous paraît importante dans la mesure où plusieurs d’entre nous ont émis le souhait de quitter leur poste, et sont curieux, parfois angoissés, de ce qui se trouve derrière une fin de contrat de travail. Sans faire de cette aventure une solution idéale et toute faite aux maux du travail, c’est un récit qui nous paraît déterminant.
Pour compléter cette expérience qui par défaut reste solitaire, nous entendrons le témoignage de luttes collectives et concrètes menées localement par deux syndicalistes de la CGT. Il s’agit de percevoir comment les lignes peuvent bouger de l’intérieur de l’entreprise ou les collectivités, quand on s’organise. Comment, sans quitter son «poste» (car on entend bien que l’on puisse y tenir), peut-on le transformer et quelles marges de manœuvre sont libérées par l’action collective ? Quelles stratégies pour quels conflits, avec quels pouvoirs ? Et quand ça échoue, pourquoi ? En défiant les mesures incessantes, légales ou managériales, qui visent à «flexibiliser» l’emploi, comment peut-on concourir à l’autodétermination de nos conditions de travail dans les organisations classiques ? Si nous semblons avoir peu de prise sur le contexte économique, de quels leviers collectifs peut-on se servir pour vivre autrement l’activité salariée dès maintenant ?
Nous nous retrouverons à 19h, dans les locaux de Peuple et Culture, et même si nous amènerons une bonne base, prenez votre panier avec un peu de quoi boire et manger!
Plus d’infos ici: http://autographie.org/cycletravail/
et là: http://www.l1consolable.com/

 

 


 

 


artothèque
Collection en mouvement
Terrains de jeux avec les œuvres de Christian Babou, François Boisrond, Richard Fauguet, Jacques Julien, Mathias Le Royer, Joan Rabascall, Hugo Schüwer-Boss, William Wegman
du mardi 2 mai au vendredi 2 juin - galerie du musée du pays d’Ussel - Ussel
Ouverture du mardi au samedi de 14h à 18h
Exposition réalisée par le FRAC-Artothèque du Limousin et le FACLim, dans le cadre des Printemps de Haute Corrèze.

 

 

 


 

 

 

et aussi…
Les amis de Jayyous
jeudi 18 mai - 20h30 - cinéma Véo - Tulle
projection du film 3000 nuits de Mai Masri (2017-103’)
Années 80, à la veille des événements de Sabra et Chatila. La révolte gronde dans une prison israélienne, où sont détenues des prisonnières politiques palestiniennes. Layal, une jeune institutrice de Naplouse, vient d’arriver, condamnée à 8 ans de prison pour un attentat dans lequel elle n’est pas impliquée.
vendredi 19 - de 16h30 à 18h
cinéma Véo - Tulle
Colloque psychiatrie, traitement de « traumas » lors des conflits avec Samah Jabr et Thierry Tournebise
Samah Jabr est une psychiatre et psychothérapeute, chef de l’unité de psychiatrie du ministère de la Santé, professeure adjointe de clinique à l’université George Washington de Jérusalem.Thierry Tournebise est fondateur de la « Maïeusthésie », praticien en psychothérapie depuis 1979 et formateur depuis 1988.
18h30 - cinéma Véo - Tulle
projection du film Derrière les fronts d’Alexandra Dols suivie d’une discussion en présence de Samah Jabr, protagoniste du film.
Derrière les fronts, propose un cheminement dans nos esprits et sur les routes de Palestine, en compagnie de la psychiatre psychothérapeute et écrivaine palestinienne Dr. Samah Jabr. Dans l’héritage du Dr. Frantz Fanon, psychiatre anticolonialiste, elle témoigne des stratégies et conséquences psychologiques de l’occupation et des outils des palestinien.ne.s pour y faire face.
Dans ce film aux multiples voix, des extraits de chroniques, d’interviews et d’échappées poétiques dansent aux corps-à-corps avec l’invisible des rues et paysages palestiniens. Dans cette Palestine fragmentée, des femmes et des hommes aux multiples identités partagent leurs résistances et résiliences. Parce que la colonisation au quotidien n’est pas seulement celle des terres, du ciel des logements et de l’eau, elle ne cherche pas simplement à s’imposer par les armes, mais travaille aussi les esprits, derrière les fronts !

 

 

 


 

 


Poètes et artistes de la Résistance
exposition du lundi 22 au samedi 27 mai- salle Latreille - Tulle, entrée gratuite
Présentée dans le cadre de journées « connaissance de la Résistance » organisées par le Comité ANACR départemental, le Comité ANACR de Tulle et Peuple et Culture
Cette exposition veut donner à découvrir où redécouvrir des textes, des extraits d’œuvres, des dessins, des peintures qui ont éclairé ces sombres années du fascisme et du nazisme ou qui, aujourd’hui, mettent en lumière les acteurs de la Résistance.
Heures d’ouverture : de 9h30 à 12h et de 13h à 18h30, samedi fermeture à 18h

 

 

 



6ème rencontres des medias libres et du journalisme de résistance
du jeudi 18 au samedi 20 mai- Meymac (cf programme joint)

 

 


 


date à retenir
Printemps citoyen de Ryslaine Boumahdi (2017 - 85’)
vendredi 2 juin - 20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche, avec la P’tite Fabrique Solidaire et en présence de la réalisatrice. tarif adhérents PEC : 4 €
Le documentaire « Printemps Citoyen », est une immersion dans un monde où la démocratie prend des allures d’un autre temps, celui de notre temps le XXIè siècle.
Argentine, Islande, Espagne, France, Grèce, états-Unis... Partout dans le monde, nous entrons au cœur de l’innovation démocratique. Nous explorerons les différentes solutions, qui sont aujourd’hui en train d’être expérimentées pour améliorer nos Démocraties, secouées par une profonde crise de représentation et gangrenées par la désaffection des citoyens dans le système. « Printemps citoyen », offre une vision réaliste, plurielle et compréhensible des solutions qui s’offrent à nous en explorant des cas concrets et des outils technologiques d’un nouveau genre qui ré-inventent le fonctionnement de nos Démocraties. Les acteurs : des simples quidam, activistes, membre des NTIC, élus qui avec les richesses des innovations démocratiques, bousculent notre conception du rapport entre citoyen et pouvoir.
« Printemps citoyen », c’est avant tout un message d’espoir et d’action. Car, oui, aujourd’hui, il est possible de faire de la politique autrement. Et oui, nous pouvons construire une vision durable du système dans lequel nous voulons vivre. Et enfin, oui, nous sommes plus qu’un simple vote…

 

 

 

 

 


 

Avril 2017

 

rencontres cinéma et société


Un cinéma en révolution de 1917 à aujourd’hui du mercredi 19 au samedi 22 - en campagne
du jeudi 27 au lundi 1er mai - au cinéma Véo - Tulle


Cette année, les Rencontres cinéma et Société, nouveau nom de la Décade, nous proposent de célébrer l’anniversaire d’un évènement qui a marqué le monde : la révolution de 1917.
Dans un monde décimé par une guerre meurtrière, naît une révolution à l’Est, en Russie, pays écrasé
sous le joug tsariste, l’obscurantisme, la violence, les pogroms antisémites… De cette révolution naîtra le
meilleur comme le pire. Nous avons décidé de nous intéresser au meilleur, tant de gens et d’intellectuels
depuis quelques années ne s’intéressant qu’au pire…
Dix jours de projections, une vingtaine de films, trois ateliers, des invitées, des discussions... Plongez-vous dans le programme ci-joint pour connaître tous les détails de cette programmation concoctée par Sylvie Dreyfus Alphandéry et Federico Rossin!

 



artothèque : Collection en mouvement


Sur les murs, une enquête sur le graffiti dans les collections du FRAC-Artothèque du Limousin et du FACLim
du samedi 1er au samedi 29 - médiathèque - Argentat, avec la communauté de communes du pays d’Argentat
samedi 8 - 11h - visite commentée avec David Molteau
Exposition des oeuvres de Ben, Christophe Cuzin, Philippe Durand, Charles Mason, A.R.Penck, Laurent Proux, Jacques Villeglé
Horaires d’ouverture :
les mardi et jeudi - de 9h30 à 13h30, le mercredi
de 9h à 18h et le samedi de 9h30 à
16h30.



rencontre


La poésie sauvera le monde, conversation avec Jean-Pierre Siméon, auteur
vendredi 14 - 18h30 - librairie Préférences - Tulle


La poésie sauvera le monde. Le titre original de cet essai, et qui peut sembler provocateur à une
époque où tout fait bruit et fureur, est une réflexion sur le rôle que peut jouer la littérature et en
particulier la poésie dans notre société. « Quand on n’est pas capable de donner du courage, on
doit se taire » nous dit Jean-Pierre Siméon citant dans son livre Kafka.
Et il ne veut pas se taire car la parole des poètes est rebelle à tous les ordres établis ; c’est une langue insoumise qui libère les représentations du réel et permet de trouver ainsi les chemins d’une insurrection de la conscience.
Elle nous est nécessaire comme le pain et l’eau et elle est une perpétuelle rébellion de la conscience contre l’oubli, l’oubli de nousmêmes et de notre sensible. Nous devons continuer à nous émerveiller, à nous révolter loin des divertissements qui détournent notre regard et nous laissent vides de conscience. La poésie sauvera le monde (éd. le Passeur, 2016) a reçu le Prix Goncourt de la poésie en 2017. Cette
conversation avec Jean-Pierre Siméon sera ponctuée de lectures de cet ouvrage et également de
Aïe, un poète (éd. Cheyne, 2014) et Stabat mater furiosa (éd. Les Solitaires intempestifs, 2000).
Jean-Pierre Siméon. Poète, romancier, dramaturge, critique, il est également professeur agrégé de Lettres Modernes et a longtemps enseigné à l’Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) de Clermont-Ferrand, la ville où il réside. Il est l’auteur de nombreux romans, livres pour la jeunesse, pièces de théâtre, recueils de poésie mais aussi d’essais - sur le théâtre, sur Laurent Terzieff, sur la nécessité de la poésie, notamment La poésie sauvera le monde, Aïe un poète ! et La Vitamine P.
Il a fondé avec Christian Schiaretti le festival Les Langagières à la Comédie de Reims et
est désormais poète associé au Théâtre National Populaire de Villeurbanne. Il enseigne
parallèlement à l’ École nationale supérieure d’arts et techniques du théâtre (ENSATT) de Lyon
jusqu’en 2010. Il a également enseigné, à Sciences Politiques à Paris et y a créé l’événement
SciencesPoésie. En 1986, il créée La Semaine de la poésie à Clermont-Ferrand.
Jean-Pierre Siméon a été membre de la commission poésie du Centre national du livre, a
collaboré comme critique littéraire et dramatique à l’Humanité et a dirigé avec Jean-Marie
Barnaud pendant vingt cinq ans la collection Grands Fonds chez l’éditeur Cheyne. Depuis
2001, il est directeur artistique du Printemps des poètes.

 



et aussi…


Conférence de Raphaël Krafft autour de son ouvrage
« Passeur »
samedi 22 - 16h30 - théâtre de la Chélidoine - St Angel
20h30 - salle Amérique - CCS - Tulle, avec la Boussole et les Compagnons de
la mémoire vivante
« Raphaël Krafft est un journaliste à part.
Les actualités qui dévorent l’attention sur les
médias l’intéressent moins que la présence des
êtres, leur présent. C’est sans doute pourquoi il
affectionne moins les voyages que les pèlerinages
: sa longue randonnée à vélo en Amérique, du
Nord au Sud, ou à travers le Proche-Orient ou
en France, avant chaque élection présidentielle.
Une pérégrination contemplative des paysages
et des gens qui s’y meuvent et spontanément le
reçoivent, l’accueillent à leur table…
Voici qu’il a choisi de se rendre à la frontière
franco-italienne, dans quelques gites de hasard
où des migrants en souffrance n’ont pas de toit
à offrir, ayant été eux-mêmes chassés de leur
patrie, lancés dans un périple dont chaque
étape les dépouille de leur avoir et menace de
les amoindrir davantage. Raphaël est venu
les rencontrer, la mémoire bien armée pour
sonder le mystère de la frontière, symbolique
entre toutes, qui vit passer de France en Italie
ou l’inverse, tant d’armées en conquêtes et de
persécutés en fuite. À commencer par les mille deux cents juifs, oubliés par les Italiens à Saint-
Martin-de-Vésubie, mais entrés dans la résistance ou raflés par les Allemands en 1943 et qui
avaient tenté de passer par le col de Fenestre.
« Sans en être spécialiste, écrit Raphaël Krafft, je travaille sur cette question depuis des années :
du camp de Sangatte aux Palestiniens du Liban, de Syrie, de Jordanie ou de Cisjordanie,
en passant par la révolution libyenne, dramatique pour les réfugiés subsahariens… et plus
récemment par Paris où les campements sauvages ont fleuri ces derniers mois. »
Habitant lui-même le quartier de La Chapelle, il a vécu l’implantation de ce « camp » sous le
pont du métro par des centaines de réfugiés attendant une place en centre d’accueil ou un transit
vers Calais puis l’Angleterre. D’abord réservé, intimidé comme un riverain ordinaire, il s’était
rapproché d’eux et, au moment de découvrir la trajectoire particulière de tel commerçant ou
artisan, homme d’affaire ou professeur, chassé de son pays par la guerre ou l’exclusion politique,
il avait assisté au « démantèlement » du camp, à l’« encagement », embarquement en bus,
destruction des tentes et des équipements fournis par les bénévoles, puis à la traque de métro en
métro de quelques récalcitrants, par des forces mobiles de plus en plus écoeurés de la besogne.
Fort de cette lamentable initiation, Raphaël s’est donc rapproché du point névralgique de
notre frontière sud où les rescapés de la traversée méditerranéenne fuyant d’Iran, du Soudan,
d’Afghanistan, Syrie, Irak, Libye, viennent butter par vagues en attendant la providence
d’une fissure par où s’infiltrer. Or – il faut en faire ici la découverte et le répandre : un piège
particulièrement raffiné est tendu, plus cruel que les murs érigés par des états à leur frontière,
pour ceux de ces réfugiés qui auraient droit en France au droit d’asile : ils ne peuvent en faire la
demande de l’étranger. Si bien que « Franchir illégalement la frontière est la seule façon pour
eux de pouvoir légalement demander l’asile en France. Ce mépris du droit et de l’hospitalité,
écrit Raphaël Krafft, l’État l’a érigé en doctrine… une opération d’influence tournée vers un
électorat supposément xénophobe. »
(...) Avec l’aide d’amis, il va faire passer la frontière à deux migrants. Raphaël et son complice
Thomas risquent cinq ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende pour avoir aidé au
passage illégal de la frontière. (...)» Luc de Goustine

 


 

Cueco
Compañero de ruta...


Le début du long chemin de Cueco avec Peuple et Culture date de 1961. Cette année-là, la jeune association signe une des ses premières intitiatives de diffusion de l’art en demandant au Musée de Castres le prêt des 80 planches des Caprices de Goya (1) pour organiser une exposition qui va circuler dans plusieurs lieux du département, y compris dans des petites communes.
Cueco accompagne l’exposition dans les salles des fêtes et présente Goya au public, souvent jeune (2), qui n’a jamais poussé la porte d’un musée, ni vu une oeuvre originale.
Joyeux et symbolique début d’un compagnonnage qui ne s’est ensuite jamais interrompu : plusieurs expositions (avec la Ville de Tulle, l’Artothèque du Limousin/FACLim), écriture d’un texte inédit (L’été des serpents confié pour Peuple et Culture au comédien Pierre-Etienne Heymann) (3),réalisation de la scénographie pour Le Cran de l’abattu (4) , création d’une toile pour le 50ème anniversaire du 9 Juin 44 et d’une lithographie pour le port folio édité à cette occasion par l’Artothèque du Limousin, entretiens filmés qui donneront lieu à deux montages vidéos : On ne meurt pas le temps d’un désir et Cueco, art et politique et fréquemment conversations amicales sous son oeil malicieux dans son atelier au Pouget ... Un attachement et une estime réciproques qui nous laissent aujourd’hui tristes et émus.
(1) 80 gravures dans lesquelles Goya adopte le genre de la caricature et critique la noblesse et le clergé de la société espagnole de la fin du 18ème siècle.
(2) de ceux dont Peuple et Culture disait à l’époque que « l’école les avait quittés trop tôt »
(3) Uzerche sous l’occupation allemande, Cueco (de 10 à 15 ans à l’époque) raconte son monde coupé en deux : le monde des adultes et celui des enfants, le monde des hommes et celui des femmes ; le monde des bourgeois - qui ne recoupe pas entièrement celui des pétainistes mais presque et le monde des ouvriers, ceux que les curés et les chefs scouts soupçonnent tous d’être tous communistes ou
« maquis», celui des juifs emportés dans des camions...
(4 ) Texte écrit par Pierre- Etienne Heymann à partir d’entretiens avec des ouvriers de la Manu.
« Dans Le Cran de l’abattu, des voix d’anciens ouvriers de la Manu racontent avec colère ou dépit, avec lucidité, l’indignation qu’a provoqué chez eux l’exclusion de leur usine» Henri Cueco
« Cueco, c’est tout à la fois une oeuvre et un personnage, et les deux sont indissociables. Et les deux vont demeurer parmi nous, au-delà de sa mort survenue après une traversée de plus de quatre-vingt-sept ans. C’est la chance offerte à ceux qui restent, lorsqu’un artiste s’en va, de pouvoir vivre et dialoguer encore avec ses oeuvres.
Cueco réfutait l’étiquette d’artiste engagé, mais ses oeuvres, particulièrement celles des années soixante-dix (sa période la plus riche, à mon sens) sont explicitement politiques. Elles parlent très directement de la violence du monde et des bouleversements de nos sociétés. Creusant un sillon esthétique et poétique très cohérent, Cueco n’en a pas moins assumé sa place et sa responsabilité de citoyen, comme en témoigne son engagement au sein du groupe des Malassis. Plus tard, ses oeuvres traduisent son amour de la nature, qu’il savait observer et représenter comme peu ont su le faire. Cette période plus contemplative, ce retrait (à défaut d’une retraite qu’il a toujours repoussée) traduisait peut-être un certain désarroi devant le monde tel qu’il évoluait ? Toujours est-il que son jardin, sa Corrèze, son pré, furent pour lui une ressource permanente. Même si son existence d’adulte fut largement parisienne, il revenait toujours en Limousin pour y scruter les brins d’herbe, et prendre une part active aux aventures artistiques et culturelles de cette région. C’est ainsi qu’il créa Pays/Paysage, devenu aujourd’hui le Centre des livres d’artistes, dont la renommée est internationale. Il fut aussi le compagnon du Faclim à ses débuts, ou encore de Peuple et Culture Corrèze.
Homme de dessin, de lignes et de traits, Cueco était aussi un homme de mots, de paroles, un amoureux du langage, dont il se jouait avec bonheur à l’écrit comme à l’oral. À mesure que sa peinture se faisait plus référencée, plus savante, comme s’il cherchait à trouver sa place dans l’histoire, son écriture prenait davantage d’importance et se développait, libre et belle. Cueco était aussi, à n’en pas douter, un écrivain.
Ceux qui ont pu connaître l’homme n’oublieront pas de sitôt sa malice, son espièglerie. Je revois ses yeux si doux derrière ses lunettes si rondes. J’entends encore sa voix chaude et enveloppante, immortalisée par la radio. Il aimait se jouer de ses interlocuteurs, sans jamais se départir d’un regard bienveillant et attentif à l’autre. Il ne s’épargnait pas dans ses facéties, se moquant souvent de lui-même, comme s’il n’était pas dupe de tous ces honneurs, de toute cette oeuvre accumulée. Son talent de conteur se nourrissait d’une imagination et d’une mémoire qui semblaient inépuisables. À nous, maintenant, de le faire vivre encore à travers nos souvenirs.» Jean Poussin, 17 mars 2017.

 

 

 

 



 

Mars 2017

 

 

Anne-Marie Filaire

« Je suis en Corrèze où je travaille sur la jeunesse, en tant que photographe, dans le cadre d’une résidence avec Peuple et Culture. La rencontre avec PEC s’est faite en 2004 autour de mes travaux sur la Palestine. Je travaillais alors dans une notion de résistance et c’est là que le lien s’est fait avec la Corrèze. Parce que j’étais sur un terrain politique. Pour venir ici, je n’ai pas fait un grand voyage, je ne suis pas sur des lignes de front ou dans des pays lointains, il n’y a plus ce dépaysement. Depuis octobre 2015, je viens régulièrement en Corrèze, et je n’avais pas encore photographié ses paysages, je les traversais, sensible à leur beauté, à la respiration qu’ils procurent, mais sans les photographier, comme si je n’avais pas fini d’en découdre avec ceux qui me hantaient de mes voyages. Comme dans le reste de mon travail les paysages sont très liés à mes états d’âme. C’est en janvier dernier, au moment le plus froid de cet hiver, dans la quiétude et l’hospitalité des paysages de Corrèze, que j’ai retrouvé quelque chose de la sérénité. C’est un peu un retour aux sources, la fin d’une boucle. J’ai eu beaucoup de plaisir à être dans le paysage et à le photographier. Après ces longs voyages, j’ai été heureuse de revenir sur des terres proches de celles de ma naissance.»
Anne-Marie Filaire, Paris, le 20 février 2017.

 

Zone de sécurité temporaire, exposition Anne-Marie Filaire du 4 mars au 29 mai 2017 - MUCEM - Marseille Depuis plus de vingt ans, Anne-Marie Filaire s’intéresse aux paysages, aux frontières, aux zones de démarcation. Attentive aux souffles de l’histoire, son œuvre s’attache autant à ses fracas qu’à ses repos, aux lieux marqués par les guerres, à leur héritage. L’exposition revient sur son parcours photographique au Moyen-Orient, prenant comme fil rouge ses travaux en Israël-Palestine de 1999 à 2007, ses images prises au Yémen, en Erythrée, ainsi que lors de la période d’après-guerre au Liban en 2006, jusqu’à sa récente série à la frontière jordano-syrienne en 2014.

 


 

 

 

cinéma documentaire

Les jours ici de Benoit Keller (2016 - 72’)

vendredi 17 - 20h30 - salle des fêtes - St Jal, avec l’Amicale Laïque, participation libre « Ma grand-mère est entrée en maison de retraite et elle y a perdu ses souvenirs, ses habitudes et tous les plaisirs qui la reliaient à la vie. Des années ont passé et aujourd’hui, je retourne en institution. Comment vit-on ici ? Au fil des jours, les résidents m’entraînent à la découverte de leur quotidien. Par quelles ruses, quels affrontements ou quelles démences faut-il passer pour rester maître de sa propre histoire ?»
Benoit Keller.

 


 

 

 

Ces enfants sur mon chemin de Erika Haglund (2015 - 48’)

mardi 28 - 20h - auditorium du lycée agricole Edgard Pisani - Naves, dans le cadre des Journées Départementales des Droits de l’Enfant, entrée libre à l’école primaire de Senlis, on accueille des enfants «pas comme les autres». Ils ont entre 7 et 12 ans et font partie d’une classe spécialisée mais sont intégrés à certains moments avec les autres enfants. Une attention particulière leur est apportée par l’équipe enseignante. Ces enfants sont d’une sensibilité incroyable et malgré leurs difficultés d’apprentissage et de développement, ils ont une vivacité, une intelligence qui leur est propre et comme le dit très bien la réalisatrice : «Ulysse, Elana, Camille… ont un gros retard scolaire mais ne manquent par ailleurs ni d’esprit, ni d’humour, ni de verve. On peut se poser la question de la norme attendue justement. N’est-ce pas cette attente du ‘‘comme les autres’’ qui les place en situation d’échec ? Et si on décalait un peu notre regard ?». Par cette image, la première du film, on entre en contact avec ce garçon qui interpelle la réalisatrice derrière sa caméra. Il a mis le casque sur ses oreilles comme un cordon qui le relie à elle et du coup, à nous, spectateurs. Ce visage rayonne. Il exprime la spontanéité, l’insouciance, le naturel propre à chaque enfant. Il a un air malicieux aussi, offrant à la réalisatrice un épi de maïs juste cueilli, pour son dîner. La réussite de ce film est dans cette distance mise par la réalisatrice, entre elle et ces enfants, filmés à leur hauteur, tels qu’ils sont. «Ce qui a guidé mon geste, ce sont des visages, des regards, des lumières. Un fort désir de filmer, tout simplement, ces enfants irréductibles et singuliers, pour reprendre les mots de Félix Guattari. J’ai toujours envisagé ce film comme un film très libre, sans contrainte de forme ni de durée. Je voulais m’autoriser, en dehors de scènes très tenues dans le temps et l’espace, des échappées poétiques, des instants d’enfance, qui sont les leurs aussi bien que les nôtres.» Erika Haglund


 

 

Projections en prison

Depuis 10 ans maintenant, Peuple et Culture propose aux détenus de la Maison d’arrêt de Tulle et du Centre de détention d’Uzerche, des projections de film documentaires. En partenariat avec le Service de Probation et d’Insertion Pénitentiaire (SPIP), nous allons une fois par mois, en alternance, à la rencontre des détenus afin d’échanger et de discuter de ce format cinématographique un peu à part, peu diffusé en univers carcéral. Au travers de ces rencontres, ce sont des instants forts, très intimes et chaleureux qui nous restent en mémoire, des moments de pause, de respiration et de voyages entre ces murs.

 


 

 

 

le travail en questions Cycle travail n°4

vendredi 24 - 20h - locaux de Peuple et Culture - Tulle Après les premières recherches issues de la sociologie du travail et après deux retours d’expériences autogestionnaires, il devient important, lors de ce quatrième « Cycle Travail », de se retrouver autour d’une discussion concernant les situations que nous vivons. Alors donnons-nous le temps de nous interroger, un par un, sur notre rapport au travail. Comme une trêve pour se poser quelques questions de fond, afin de préciser d’où l’on parle et examiner ce travail qui nous travaille tant. Pour mieux se connaître d’abord, et ensuite pour affiner notre perception des enjeux (communs ou pas) que les uns et les autres rencontrent dans leurs activités. Pour savoir où nous allons et où nous en sommes, individuellement et collectivement, vis à vis du travail, et peut-être au-delà. à chacun d’y répondre à sa façon : - Qu’attendons-nous de notre «travail»? De notre retraite? De notre activité? Ou de notre chômage? - Comment notre activité s’organise-t-elle? Comment l’aimerions-nous à l’avenir? - Quel est notre rapport à l’argent? En gagne-t-on? Si oui, pourquoi faire et d’où vient-il? Si non, comment ca se passe? Pas d’intervenant ni d’enseignant, juste nous et nos multiples manières d’incarner toute cette histoire, avec l’envie de se les raconter et d’en faire quelque chose. Une façon aussi de se dire pourquoi nous nous retrouvons depuis 4 mois (relativement nombreux) dans cet espace là, et ce que nous y cherchons. Le Cycle Travail est une proposition commune des associations Peuple et Culture et Medication Time, la démarche est visible en ligne ici : http://autographie.org/cycletravail/

 


 

 

 

accueil de migrants Rencontres tandem

samedi 18 - 15h - locaux de Peuple et Culture - Tulle, rencontre suivie d’un goûter partagé Notre dernière rencontre dans les locaux de Peuple et Culture nous a permis de mieux nous connaître. Chacun a pu matérialiser son parcours à l’aide de fils reliés sur une carte du monde (qui s’est révélée trop petite!). Le monde est vaste, les chemins sont parfois longs, parfois non. Des idées commencent à émerger : ateliers cuisine, projections de films... Vous pouvez encore nous rejoindre! Renseignements : gaellerhodes.pec19@gmail.com/ 05.55.26.32.25 Iris Bugl : 06.08.30.63.24

 


 

 

 

et aussi…

Fukushima, les voix silencieuses
de Lucas Rue et Chiho Sato (2016 - 57’)

samedi 11 - 15h30 - auditorium - médiathèque éric Rohmer - Tulle, en présence des réalisateurs, entrée libre Je m’appelle Chiho Sato, je vis en France depuis 5 ans et je suis née à Fukushima. Mes parents et grands-parents vivent encore à 60 km de la centrale de Fukushima Daiichi dans ce que l’on appelle : «la zone d’évacuation volontaire». Plus de quatre ans après la catastrophe, la radioactivité, invisible mais omniprésente, a peu à peu disparu des esprits des habitants de la région.

 


 

 

 

à venir…

L’exploration inversée
de Jean-Marie Barrère et Marc Dozier (2007 - 101’)

samedi 1er avril - 20h30 - salle des fêtes - St Martial Entraygues, participation libre Dans leur tribu des hautes plaines de Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’un est « chef de Guerre » drôle et curieux ; l’autre « chef de Paix » sage et observateur. Invités par leur ami photographe Marc Dozier, Polobi et Mudeya se lancent dans une expédition au cœur d’une civilisation étrange : la France. Depuis les profondeurs du métro parisien jusqu’aux sommets enneigés des Alpes, ces voyageurs du bout du monde se trouvent confrontés à une autre réalité : le pouvoir, le travail, les femmes, la gastronomie. À la fois voyageurs émerveillés et vedettes malgré eux, découvreurs boulimiques et philosophes, ils veulent tout voir, tout essayer, tout goûter. Un marathon absurde et merveilleux à la découverte de notre pays.



 

Février 2017

projet ottuda

Récits de Corréziens de là et d’ici de Johan Gavlovsky, Robin Mairot, Sylvestre Nonique-Desvergnes et Vivien Vedrenne (2017 - 31’)
mercredi 1er février - 20h30 - salle de l’Université Populaire - Tulle,
projection suivie d’une discussion avec l’équipe du web-documentaire, entrée libre

«Déraciné d’un côté, je me suis replanté dans l’autre».
Lon vit seul sur le plateau de Millevaches. Ou plutôt, entouré de milles arbres et oiseaux, il entend dire des mots qu’il ne trouve nulle part ailleurs. « En Hollande, ce n’était pas possible. Pas de grands espaces ». Ici, Lon enregistre le bruit de la nature, mais on coupe autour de chez lui. Majid travaille dans une entreprise presque familiale d’élagage où des bûcherons sont originaires de la région de Khénifra dans le Moyen Atlas, au Maroc. Et Simo, qui vient d’intégrer l’équipe, est parti du pays il y a maintenant sept ans. Lui et ses amis ont traversé les frontières du sud de l’Europe pour venir vivre ici. Abdenour Bellil a soixante-sept ans. D’origine kabyle, il a planté des figuiers algériens chez lui, à Tulle. Il les léguera à ses enfants qui les garderont toute leur vie.
OTTUDA est la traduction française et certainement approximative du ‘‘de là’’ russe. Pour rendre compte de l’existence de vies en mouvement, des ‘‘collecteurs de mémoires’’ ont fait naître ce projet. Sylvestre Nonique-Desvergnes, Robin Mairot, Vivien Vedrenne et Johan Gavlovsky se sont concentrés pendant quatre mois sur le récit de quelques-uns de ces nouveaux habitants aux trajectoires multiples avec néanmoins pour point commun la forêt... Parce que c’est du bois et de ces hommes dont il est question dans OTTUDA. Une création au regard poétique sur un pays de passage, de transformations, de mutations culturelles et sociales en perpétuelle construction.

« Ce travail, sans imposer de problématique insipide et polémique sur l’immigration est néanmoins clairement défavorable à l’idée d’une Corrèze immuable, imperméable à l’altérité, où les batteuses, les veillées et le patois demeurent les éléments forts d’une culture à priori rurale. Alors, à la volée, nous avons saisi des résidus de vie - c’était une intuition, une commande instinctive - puis nous les avons jetés en l’air pour qu’ils retombent sur nous en une pluie de souvenirs. Nous n’avons encore tiré aucune conclusion des opérations. Mais à première vue, il semblerait que si nous devions élire un endroit pour nous retrouver ensemble, il s’agirait alors de faire corps dans notre étrangeté. OTTUDA est un web-documentaire en cours de réalisation. Il vient conclure un travail d’enquête autour des trajectoires de corréziens venus il y a des années ou décennies, de pays, de régions ou de départements voisins de la Corrèze. Cette rencontre avec le public permettra des échanges à propos de la construction du projet final. La mise en ligne du web-documentaire se fera le soir même. Il sera complété les mois suivants par de nouveaux récits et de nouvelles rencontres. Ce projet a reçu une bourse départementale de la MSA Corrèze et de la DDCSPP Corrèze. Partenaires : Peuple et Culture Corrèze, CRMT Limousin et Merveilleux Prétexte. »

L’équipe d’OTTUDA

 


cinéma documentaire

Le potager de mon grand-père de Martin Esposito (2016 - 76’)
samedi 4 février - 20h30 - salle des fêtes - Sérilhac, participation libre

À travers son documentaire, Martin Esposito nous offre une parenthèse ressourçante qui nous connecte aux choses essentielles : la terre, l’amour, le partage et la simplicité de la vie. Il met en avant la transmission du savoir de nos aïeux, source inépuisable de connaissances que nous avons tendance à souvent oublier d’écouter. Il nous montre différentes manières de cultiver la terre et incite à une culture « naturelle » toujours possible, il nous décrit une relation chaleureuse d’un grand père pétillant qui, après une perte douloureuse, se ressource dans son potager, et avec son petit fils plein de tendresse et de bienveillance. On aurait envie d’accompagner Martin Esposito et son grand-père dans ce fameux potager. Cette histoire simple de partage et de transmission inter-générationnelle nous rappelle que cela fait du bien de prendre le temps pour vivre en harmonie avec la terre. Le réalisateur a fait preuve de beaucoup de pudeur pour filmer son grand père Vincenzo qui nous dévoile tout son savoir légumineux avec humour et tendresse. Il nous permet aussi d’aborder tout en demi-teinte le secret cheminement du temps, celui du deuil et de la renaissance et filme ainsi une aventure humaine à travers les saisons, émouvante de simplicité. L’équipe de Sérilhac


Il s’agit de quitter la Terre de Virginie Meunier (2014 - 65’)
samedi 18 février - 20h30 - salle du Cantou - St Martin La Méanne, participation libre

Lire ou écouter André Gorz, c’est comme boire de l’eau fraîche quand on a soif. Sa pensée allume des lumières et donne du sens. Il a beaucoup écrit sur le travail. La réalisatrice Virginie Meunier, 25 ans, a confronté des travailleurs à des textes que Gorz a consacré à ce sujet. Pleines d’intelligence et de sensibilité, leurs réactions sont infiniment touchantes. Cela nous donne un film lumineux, à la fois réaliste et optimiste. On ne s’attarde pas sur les misères du présent, la souffrance au travail. On les dépasse à la recherche de la « richesse du possible », comme l’écrit le philosophe. C’est une invitation à quitter symboliquement la terre pour un monde meilleur. Ce que nous vous proposons, au ciné du village film après film ! L’équipe de Saint-Martin la Méanne

« Il faut ne rien attendre des traitements symptomatiques de la “crise”, car il n’y a plus de crise : un nouveau système s’est mis en place qui abolit massivement le “travail”. Il restaure les pires formes de domination, d’asservissement, d’exploitation en contraignant tous à se battre contre tous pour obtenir ce “travail” qu’il abolit. Ce n’est pas cette abolition qu’il faut lui reprocher : c’est de prétendre perpétuer comme obligation, comme norme, comme fondement irremplaçable des droits et de la dignité de tous ce même “travail” dont il abolit les normes, la dignité et l’accessibilité. Il faut oser vouloir l’Exode de la “société de travail” : elle n’existe plus et ne reviendra pas. Il faut vouloir la mort de cette société qui agonise afin qu’une autre puisse naître sur ses décombres. Il faut apprendre à distinguer les contours de cette société autre derrière les résistances, les dysfonctionnements, les impasses dont est fait le présent. Il faut que le “travail” perde sa centralité dans la conscience, la pensée, l’imagination de tous : il faut apprendre à porter sur lui un regard différent ; ne plus le penser comme ce qu’on a ou n’a pas, mais comme ce que nous faisons. Il faut oser vouloir nous réapproprier le travail. »

André Gorz, Misère du présent, richesse du possible, 1997.

 


cycle travail Récits d’expériences : Le battement d’ailes à Cornil et le Magasin général de Tarnac jeudi 9 février - 20h - locaux de Peuple et Culture - Tulle

Durant les cycles 1 et 2, il s’agissait de constituer un espace hors du travail, pour mieux le mettre à distance et le penser; en partant de différents écrits critiques des organisations du travail et de l’histoire du concept. Laissant à la discussion entre les participants le rôle d’envisager des perspectives désirables de transformation. Cette démarche visait notamment à établir un minimum de culture commune pour aller plus loin, grâce à un brassage sémantique collectif, à des aller-retours entre le vécu et les livres, et en partageant les notes de recherches qui ont alimenté les séances. Plus qu’un énième temps de débat, il s’agissait donc d’une autoformation.
Poursuivant cet effort là, le cycle travail n°3 sera quant à lui nourri des récits de deux expériences locales d’organisations autogestionnaires du travail et de l’économie. Elles nous semblent particulièrement intéressantes car elles tentent de répondre aux problématiques de l’aliénation au travail et de sa perte de sens, de la division des tâches et des savoirs, de l’appropriation par le capital des richesses et du pouvoir organisationnel... Bref, ces tentatives se sont coltiné en pratique la question des modalités et des finalités du travail. D’autre part, elles sont passionnantes dans la mesure où elles constituent un double pied de nez ; déjà face aux discours naturalistes qui estiment que ‘‘de toute façon on ne peut pas faire autrement’’ et ensuite face aux solutions révolutionnaires toutes faites prenant la forme des éternels ‘‘y’a qu’à, faut qu’on’’.
Ces deux expériences sont celles du Battement d’Ailes à Cornil et du Magasin Général de Tarnac. Nos intervenant-e-s feront un retour critique de leurs expériences, en évitant l’écueil des recettes magiques et avec l’envie d’aller encore plus loin dans leur manière de les analyser et de les retransmettre.
Ce sera pour nous l’occasion de voir comment nos désirs de transformation du travail ont réellement pris corps ici et là, et quelles parts d’ombres restent encore à ‘‘travailler’’. Une manière d’en savoir plus sur la question : qu’est-ce qu’il se passe quand on s’y met vraiment?

(Le Cycle Travail est une proposition commune des association Peuple et Culture et Medication Time, la démarche est visible en ligne ici: http://autographie.org/cycletravail/ )

 


accueil de migrants Tandem, retour d’expérience et nouvelles rencontres samedi 11 février- 15h - dans le local de PEC, 51 bis rue Louis Mie -19000- Tulle

Une ambiance chaleureuse, des jeux, de la bonne humeur dès les présentations dans diverses langues, soso, français, arabe, anglais, espagnol... Cette première rencontre tandem, organisée dans les locaux de Peuple et Culture le 14 janvier dernier a permis à près de 60 participants de faire connaissance et de partager des récits, des expériences autour d’un globe terrestre ou d’un goûter. Des enfants jouent et dessinent ensemble : ici, la barrière de la langue n’est pas un frein. Ailleurs, on essaie de communiquer comme on peut, par des gestes, des mélanges improbables de différentes langues, on se touche, on se sourit, on rit. Des affinités se créent déjà, des numéros s’échangent. À la fin de l’aprèsmidi, une prochaine date est fixée avec l’envie de se retrouver : ce sera le samedi 11 février prochain. Si vous souhaitez nous rejoindre, n’hésitez pas à nous contacter !

Contact : Gaëlle Rhodes : gaellerhodes.pec19@gmail.com - 05.55.26.32.25 et Iris Bugl : 06.08.30.63.24

« Une réunion impulsée par Peuple et Culture a eu lieu samedi 14 janvier 2017 L’idée première était de mettre en relation les habitants de la région avec les migrants déjà accueillis en Corrèze et qui sont par ailleurs accompagnés par différentes structures depuis leur arrivée. Ce rassemblement a été l’occasion de partager un goûter avec l’ensemble des participants avec, au préalable, la participation à des jeux de sociétés, qui ont permis de briser la glace et d’amorcer des conversations. C’est ainsi que j’ai pu à mon grand plaisir communiquer avec certains des migrants présents dans ma langue maternelle qui est le Libanais. J’ai pu échanger avec des soudanais et des irakiens. C’est grâce à cette absence de barrière de la langue que j’ai pu en apprendre plus sur leur histoire, leur personnalité et sur tout ce qu’ils ont dû traverser avant leur arrivée en France. Laisser derrière soi une famille, une maison, un métier, une culture, bref, toute une vie, révèle pour moi un réel courage. Certains étaient artisans, commerçants, ou ingénieurs dans leur pays. Cette opportunité m’a permis de faire connaissance avec des personnes cultivées qui m’ont fait découvrir au travers également de photos, leur métier, leur vie. Ils ont pris un réel plaisir à me montrer tout ce qu’ils avaient réussi à créer avant d’être obligé de tout quitter. Le plus frappant est cette humilité et ce sourire toujours présent sur leurs lèvres malgré toutes les difficultés et souffrances vécues et les obstacles qu’ils doivent encore surmonter. Au fil des échanges je m’aperçois qu’ils se contentent de peu et profite de chaque instant de la vie alors même que moi je me plains régulièrement de ce que je n’ai pas... En quelques heures, je suis repartie enrichie par ces rencontres. Je m’aperçois qu’ils sont très demandeurs d’être accompagnés et soutenus pour l’assimilation de la langue française et du fonctionnement de notre administration. Mais ce qu’ils souhaitent par-dessus tout c’est trouver un travail et être enfin indépendant comme ils l’étaient auparavant. Finalement, est ce moi qui leur ai apporté quelque chose cette après-midi là ou bien eux qui m’ont donné une leçon de vie et de courage ? »

Carine Zeenny, une participante.


et aussi…

Journées d’études ENSA Limoges «1917, regards croisés sur la révolution bolchevik : impact et héritage » lundi 6 et mardi 7 - campus de Vanteaux - 19, av Martin Luther King - Limoges

lundi 6 à10h : Accueil des participants et introduction par Geneviève Vergé Beaudou

10h45 : La révolution de 1917 en Russie : quelques éléments autour d’un événement extraordinaire par Fabien Archambault, maître de conférences en histoire contemporaine, faculté des lettres et sciences humaines, université de Limoges. La chute du régime absolutiste tsariste au mois de février 1917, suivie de la prise du pouvoir par les bolcheviks au mois d’octobre ont stupéfié le monde entier : pour la première fois se mettait en place, dans la douleur, un régime qui se définissait comme communiste. Celui-ci entendait révolutionner la société russe de fond en comble, que ce soit dans les domaines politique, économique, social, artistique et culturel.

14h : John Reed (1887-1920), poète américain, écrivain et témoin engagé de la Révolution bolchévique par Clotilde Druelle-Korn, maître de conférences, HDR en histoire contemporaine, faculté des lettres et sciences humaines, université de Limoges. Diplômé de Harvard enterré au Kremlin ; poète, journaliste, écrivain, activiste, révolutionnaire romantique, fondateur du Parti communiste américain, John Reed est par excellence le symbole d’une culture populaire américaine de la dissidence. La présentation se focalisera sur les rapports entre écriture et engagement chez Reed et sur son héritage.

16h : « La commande d’État » et les arts plastiques après la Révolution d’Octobre par Marija Podzorova, A.T.E.R. en histoire de l’art moderne et contemporain à la faculté des lettres et des sciences humaines à l’université de Limoges. Dans le contexte de la Révolution d’Octobre et de la création d’un nouvel État Bolchevique se pose la question de la place de l’art plastique dans ce nouveau cadre révolutionnaire. De nombreux artistes sont ravis de ce changement inouï. Certains sont inquiets pour l’avenir incertain de l’art plastique. Personne dans les milieux artistiques ne connaît le projet des bolcheviks pour l’art plastique. La Révolution a effacé la structure de fonctionnement habituelle du domaine artistique avec les marchés de l’art / les galeries / les riches commanditaires, acheteurs et mécènes, mais qu’est-ce qu’elle propose à la place ?

18h30 : chorale des résistances sociales

mardi 7 : 9h30 - 12h30 et 14h - 17h30 : journée Medvedkine Alexandre Medvedkine : images du bonheur (perdu) par Federico Rossin, historien du cinéma.
Cinéaste original et non aligné aux dogmes du réalisme socialiste stalinien, la figure d’Alexandre Medvedkine (1900-1989) résume en soi toutes les utopies, les apories et les illusions du cinéma et du rêve soviétiques. Au cours de sa carrière longue et mouvementée, Medvedkine développa une idée personnelle du cinéma comme point de rencontre entre des éléments de l’imaginaire collectif (tels la fable, le carnaval, la satire, le grotesque) et un langage abstrait basé sur les possibilités du montage, du cadrage, du jeu d’acteur. Un cinéma hybride, qui transfigure les données documentaires à travers la fiction, et inversement. Compagnon de route de Sergueï Eisenstein (par sa sensibilité à la recherche plastique), d’Alexandre Dovjenko (par son intérêt pour la culture populaire) et de Lev Koulechov (par son goût pour l’expérimentation narrative), Medvedkine a été - avec Dziga Vertov - le cinéaste de chevet de la génération qui a fait Mai 68. Son «communisme pur» et sa vie fabuleuse que symbolise l’expérience mythique du «ciné-train» ont fasciné et scandalisé. Nous raconterons à la fois son histoire et celle de ses admirateurs inconditionnels, à commencer par Chris Marker.

 

 

 

 

 



 

 

Mois de janvier 2017

 

 

L’an 01 de Jacques Doillon (1973 - 87’)
samedi 7 janvier - 20h30 - salle du cantou - St Martin la Méanne, participation libre
Avant d’être un film, L’an 01 fut d’abord une série de BD chronique dessinée par Gébé dès 1969 dans les pages de Politique Hebdo puis de Charlie Mensuel. Le projet de Gébé se transforme au fil des publications en une aventure collective y mêlant amateurs, lecteurs, quidams, jeunes acteurs du cinéma ou de la presse connus ou encore inconnus. Il aboutira à un long-métrage orchestré par Jacques Doillon. L’idée est là : «On arrête tout, on réfléchit et c’est pas triste» : un mardi matin à 15h, la population française décide de tout stopper. Elle ne va plus travailler, elle s’aborde, elle discute, elle se réunit, elle met en commun ses pensées et ses rêves.
«On nous dit : le bonheur c’est le progrès, faites un pas en avant et c’est le progrès… mais ce n’est jamais le bonheur. Et si au lieu de faire un pas en avant comme l’encourage l’air du temps nous faisions un pas sur le côté, on verrait alors ce qu’on ne voit jamais :
– Les queues ne tomberaient plus en face des guichets.
– Les fusils tomberaient à côté des recrues.
– Les usagers du petit matin ne tomberaient plus en face des portières de train, des portières de bus, des entrées de métro.
– Ceux qui par manque de pot, le pas exécuté, se trouveraient en face de la portière, une fois arrivés au boulot pourraient retenter leur chance et là, à tout les coups c’est bon. Un pas de côté et tu t’assoies à côté de ta chaise de bureau. À la chaîne tu n’es plus en face des trous, tu boulonnes dans le vide.
– Au comptoir tu bois dans le verre du voisin. Pas grave !
– Au cinéma tu n’es plus en face de la caisse, tu entres sans payer. Au poil !
– Et pour danser ça ne gène pas, il suffît de faire ensemble le pas du même côté.
– Sur le chantier, un pas de côté et tu montes le mur à la place de la fenêtre. Mais regarde avant si l’échafaudage est assez long. Va pas mettre le pied dans le vide !
Car moi le sang me fait pas bicher. C’est pour ça que je cherche des trucs. Des trucs pour sortir de l’ornière, pour sortir des rails. SANS DOULEUR ! » Gébé


 


Hiver nomade de Manuel Von Stürler (2013 - 85’)
vendredi 13 janvier - 20h30 - salle polyvalente - Chenailler-Mascheix, participation libre
Carole et Pascal partent pour leur transhumance hivernale avec trois ânes, quatre chiens et un millier de moutons. Trois mois à braver le froid et la neige. Pour la nuit, une bâche et des peaux de mouton comme seul abri. Entre villas, voies ferrées et zones industrielles, ils traversent des terres en pleine métamorphose, tout en rencontrant leurs amis paysans ainsi que les nouveaux résidents : ces «pendulaires» des campagnes qui s’urbanisent. Un film d’aventure au cœur de notre monde contemporain qui nous renvoie à nos racines et nous interroge sur la société d’aujourd’hui.
« Dans son dispositif d’observation pure, le film semble globalement assez anecdotique. Document sur une pratique rare, portrait de deux personnalités fortes, le film se laisse guider par son sujet. Hiver nomade est un documentaire d’observation qui feint l’absence de la caméra, capte à merveille la singularité d’une pratique peu commune et offre un point de vue rafraîchissant sur la ruralité.
Toutefois,ce film n’a rien d’un documentaire militant. Et, finalement, ce sont ses sujets (les deux bergers) qui captivent plus que leur activité – point de départ du film. À mesure qu’on suit Pascal et Carole le long des chemins de Suisse, c’est la relation qui les unit, le mystère qui l’entoure et le refus de la moindre explication, qui constituent la vraie singularité du récit. Recevant des amis dans un bois, fêtant Noël autour d’un feu, se querellant au sujet de l’apprentissage de Carole, les deux bergers viennent phagocyter la qualité purement instructive de la présentation de cette pratique traditionnelle. La jeune Carole, qui a tout plaqué pour suivre le dur Pascal dans cet apprentissage éprouvant, est le personnage le plus intéressant qui traverse cet hiver nomade. Elle a un caractère aussi affirmé que son acolyte et, sur leurs pérégrinations, souffle un vent de liberté d’une grande vigueur, d’une force aussi affirmée que le sont leurs caractères – miroirs de la liberté saisissante de la nature qu’on découvre au fil du documentaire.
La nature est comparée par une passante à une « feuille A4 » sur laquelle se détache le troupeau de moutons – belle image, qui rappelle l’espace libre du documentaire, investi par les protagonistes. Perdant le spectateur dans une narration non-didactique, Manuel von Stürler et la caméra nous entraînent dans une temporalité suspendue, attachante et singulière.» Marianne Fernandez - Critikat.


 

Food Coop de Tom Boothe (2016 - 97’)
vendredi 20 janvier - 21h - cinéma Louis Jouvet - Uzerche avec La P’tite Fabrique Solidaire. Tarif adhérents Peuple et Culture : 4 €
projection suivie d’une rencontre avec des acteurs locaux du circuit court : Mylène Tartarin du magasin Les Récoltes locales (vente directe producteurs), Marylène et Michel Dupuis de La Ruche qui dit Oui et La P’tite fabrique
Solidaire pour une présentation du P’tit Panier Paysan.
En pleine crise économique, dans l’ombre de Wall Street à New York, une institution qui représente une autre tradition américaine, moins connue à l’étranger, est en pleine croissance. C’est la coopérative alimentaire de Park Slope, un supermarché autogéré où 16 000 membres travaillent 3 heures par mois pour avoir le droit d’y acheter les meilleurs produits alimentaires, pour la plupart biologiques, dans la ville de New York aux prix on ne peut moins chers.
Inspirant autant de haine que d’enthousiasme, cette coopérative fondé en 1973 est sans doute l’expérience socialiste la plus aboutie aux Etats-Unis.
« Le film se présente comme une déambulation curieuse et bienveillante à travers les méandres de ce magasin unique en son genre, sans PDG, sans actionnaires. Le réalisateur débute son investigation en demandant le métier de chacun : tour à tour une psychanalyste, un graphiste ou deux jeunes réalisateurs répondent, avec le sourire. Les uns sont à la caisse, d’autres réceptionnent les marchandises, passent la serpillière, rangent les produits dans les rayons. Au-delà d’un nouveau système économique, à deux pas de Wall Street, le supermarché offre du lien social en pleine période de crise économique.
Très engagé, le documentaire pourfend les circuits de distribution classique qui offrent de la nourriture industrielle et des rares produits frais, de mauvaise qualité : une adhérente du mouvement Alimentation et justice, désireuse de favoriser les meilleurs systèmes de distribution, démontre, citron à l’appui, que les épiceries environnantes dans lesquelles s’approvisionnent les riverains, ne proposent que des aliments transformés ou frelatés, vendus à un prix élevé. La Coop, elle, donne la priorité aux producteurs locaux et aux circuits courts, parvient à renouveler ses produits, en écoulant son stock entier soixante-dix fois par an, alors que la moyenne est de quinze. Preuve de son succès. Car cette coopérative, inventée dans le contexte des mouvements de la contre-culture, demeure fidèle à ses principes originels, anti-capitalistes. Des membres fondateurs témoignent de ce qui a guidé leur engagement : «On ne voulait pas que les profits générés par nos achats et notre travail partent ailleurs». Jeremy Gallet - à Voir, à lire.

 



date à retenir
Le potager de mon grand-père de Martin Esposito (2016 - 76’) samedi 4 février - 20h30 - salle des fêtes - Sérilhac
Chez son grand-père, Martin est venu se ressourcer, aider et partager des moments de vie. L’aïeul lui transmettra son savoir, un peu de ses racines et les secrets de ce potager cultivé par amour pour sa femme disparue. Issu de cette génération fast-food, Martin prendra conscience de la valeur de ce précieux héritage. C’est un hymne à la vie et à cette nature que nous devons protéger.
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Mois de decembre 2016

Home sweet home de Nadine Naous (2014 - 58’)
jeudi 8 - 20h30 - salle des fêtes - St Jal , avec l’Amicale Laïque - participation libre
À la suite des difficultés financières de son père, directeur d’une école progressiste dans un quartier chiite de Beyrouth, la réalisatrice retourne au Liban. En famille, les discussions fréquentes et souvent drôles, sont animées. À partir de ces confrontations se dessinent l’histoire récente du pays et la façon dont les changements politiques ont irréversiblement transformé la société.
« Je suis entre Home et Sweet Home : je viens du Liban, que j’ai quitté pour faire des études de cinéma à Poitiers. Après j’ai migré vers Paris où je vis avec des «crises existentialistes» tous les trois ou quatre ans, je repars à Beyrouth... Home Sweet Home, c’est une histoire de famille : j’ai appris il y a quelques années que mon père était surendetté et que notre maison était hypothéquée. Mon père avait fondé dans les années 1960 une école un peu alternative, laïque, dans la banlieue sud de Beyrouth, mais avec la guerre, les changements de population, les divisions communautaires, l’école ne marchait plus comme avant, et il s’est endetté pour continuer, il nous avait caché tout ça. J’ai eu envie de faire un film là-dessus pour comprendre ce qui se passait dans ma famille, dans sa tête. » Nadine Naous



 

Flore de Jean-Albert Lièvre (2014 - 93’)
samedi 10 - 20h30 - salle des fêtes - St Martial Entraygues, avec Kassoumaï participation libre
« Qui aurait imaginé que Flore revoie un jour le soleil sur la mer ? » Diagnostiquée malade d’Alzheimer en 2004, Flore glisse rapidement vers un état qui ne ressemble plus à la vie. Placée, comme on dit, dans des institutions successives plutôt luxueuses – Flore est riche -, bourrée de médicaments, en proie à une violence qui dérange, elle cesse de parler, de marcher, de manger. Son fils, Jean-Albert Lièvre, filme ce glissement. « Je refuse que tu finisses ta vie enfermée », adresse-t-il à sa mère alors même qu’elle ne comprend plus les mots. Flore était peintre.Ses toiles explosaient de couleur et de gaieté, elle aimait rire, la compagnie des autres, nager dans la Méditerranée, escalader les sentiers corses. Son fils, contre tous les avis médicaux et après un enlèvement dans les règles, la ramène vers cette vie ensoleillée dans la maison familiale corse. Avec sa soeur et une équipe de soignants, ils inventent un cadre de vie et de soin propre à ramener Flore à elle-même. Jean-Albert fait tourner sa caméra.
Ce film, signalé il y a quelques mois dans un article du Monde Diplomatique, « Alzheimer, maladie politique », ne se veut pas un réquisitoire de plus contre les institutions de soin, l’industrie pharmaceutique, la mise sur le marché de nos corps rendus malades. L’article dénonce ça très bien. Flore offre une vision lumineuse, allégorique, d’une renaissance à soi-même et au monde. Même si on résiste en se disant que c’est une belle histoire pour les riches, même si on oppose que ce n’est pas réaliste sur le plan clinique, on ne peut pas ne pas voir que, ce qui est en jeu dans le retour de Flore vers le monde, dans sa remontée des enfers, dépasse complètement la question de l’argent et nous interroge : Comment vit-on ensemble ? Comment se place-t-on en face de l’autre ? Comment le regarde-t-on, le touche-t-on ? Le soleil, les aliments cuisinés et offerts avec goût, la chaleur du bain en Méditerranée, la main qui guide Flore dans ses trébuchements à travers les odeurs des sentiers corses, les mots vrais qui répondent à ses balbutiements de vieille enfant, nue, la confiance faite au corps … Et si c’était cela une réponse politique à une maladie politique ?

 


 


le travail en questions
Cycle travail, rencontre n°2
vendredi 9 - 20h - locaux de Peuple et Culture - Tulle, avec Medication Time
Au programme de cette rencontre et à la suite de la première, nous ferons un point sur l’évolution des méthodes de management. Nous nous intéresserons particulièrement à la question de la participation des travailleurs à l’organisation de leur travail et en quoi la naissance apparente de la démocratie dans l’entreprise est potentiellement un leurre, dont la stratégie réelle est d’améliorer la productivité et dont les conséquences sur la santé des travailleurs sont désastreuses.
Nous ferons un point sur le contenu de la séance passée et discuterons éventuellement des notes de recherche qui ont été distribuées. Vous pouvez retrouver ces notes en ligne :
http://autographie.org/cycletravail/
Enfin nous préparerons la séance n°3 de janvier où nous prévoyons d’échanger sur trois expériences locales alternatives au travail (ou de travail alternatif).
à quoi sert le cycle travail ? On dit souvent que la théorie est déconnectée du vécu des gens. Mais la théorie est parfois bien pratique pour s’extraire des situations de domination, c’est pourquoi nous souhaitons mettre en partage différents travaux de recherche sur la question du travail.
Avec le cycle Le travail en questions, nous cherchons en réalité à produire cette déconnexion pour mettre à distance le travail et son environnement, sa valeur et son histoire, afin d’avoir prise sur lui et objectiver les conditions de sa réalisation. Le « cycle travail » est donc un temps de respiration. Car précisément, le travail aliéné est celui que l’on ne peut plus penser.
C’est donc un espace d’autoformation où l’on met en résonance, en débat, nos vécus du travail et nos recherches. C’est un temps où l’on s’alimente, où l’on s’outille pour mieux comprendre ce qui se joue dans nos entreprises, nos associations, nos collectivités, nos communautés...
Tout l’enjeu est de créer un espace hors du temps de travail pour mieux le transformer. Provoquer une rencontre entre des milieux qui ont un rapport au travail différent (employés, chômeurs, retraités...) et de les faire interagir, dans un autre lieu que celui de l’entreprise.
Le cycle le travail en question est proposé par les associations Peuple et Culture, et Medication Time, et présenté par Nicolas Guerrier.


 


fête du court métrage
En attendant la fin de l’hiver
(animation - 45’ - à partir de 3 ans)
dimanche 18 - à partir de 10h30 - cinéma Véo - Tulle, gratuit
projection précédée d’un goûter offert
L’hiver arrive ! Les ours préparent leur hibernation et les lions restent bien au chaud… Quelques courts métrages pour passer l’hiver en douceur et faire découvrir aux plus petits la magie du 7ème art.

 


 


 

Mois de novembre 2016


Tout va bien [1er commandement du clown]
de Pablo Rosenblatt et Emilie Desjardins (2014 - 94’)
samedi 12 novembre - 20h30 - salle du Cantou - St Martin la Méanne, participation libre
Dans cette école du Samovar à Bagnolet, nous allons suivre pendant deux ans le parcours d’une formation atypique, celle de clown. Sans chercher à expliquer son fonctionnement, sans interrogations sur son organisation, nous sommes amenés à voir et à découvrir le fondement de cet enseignement dispensé par différents clowns qui viennent apporter chacun leurs expériences. Loin du duo ancestral d’Auguste et du clown blanc, le film nous entraîne dans la quête de ces élèves à la recherche de leur clown intérieur. Ils ne rentrent pas dans cette école pour recevoir des techniques, apprendre des gags ou juste à faire rire. Non, ils sont là pour trouver l’essence même du clown qui est déjà en eux ! C’est en mettant au grand jour leurs propres faiblesses, leurs défauts mais aussi leurs atouts qu’ils pourront sortir de l’uniformité du monde qui les entoure. C’est en affirmant cette unicité qu’ils montreront sur scène leur clown qui nous fera rire, ou pleurer.

 


 


Coups de foudre de Christophe Reyners (2015 - 52’)
vendredi 25 novembre - 10h - Inform’Elles, accueil de jour - 3 rue Louisa Paulin - Tulle, dans le cadre de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes
Cinq femmes racontent leur histoire ‘‘d’amour’’. Chacune d’entre elles a vécu un coup de foudre, une merveilleuse rencontre avec l’homme qui deviendra par la suite leur bourreau. L’emprise qui s’installe lentement mais fermement. Et puis la violence, protéger ses enfants et fuir. Doucement essayer de se reconstruire, retrouver l’estime de soi et se mettre à l’abri...
« Pour son premier film, Christophe Reyners a eu l’intelligence de choisir un dispositif simple, modeste même, mais qui va droit au but : s’attarder sur les visages, laisser la parole emplir un espace sobre. Pour le reste, nous sommes happés par les récits. Qui commencent tous comme un conte de fées moderne : un homme gentil, attentionné, qui s’implique, s’occupe des enfants quand il y en a déjà, parle d’en faire… Mais la chronologie suit un canevas précis, une descente aux enfers qui mène à la violence conjugale, physique et psychologique.
Les écouter, les comprendre et prendre en compte leur témoignage, c’est faire un terrible constat : elles sont comme nous, elles pourraient être nous, nous pourrions, nous aussi, tomber dans l’engrenage manipulateur qu’elles décrivent et révèlent avec un immense courage. Celui de témoigner, outre de cette violence physique, de cet enfermement psychologique et de cette mainmise absolue qui finit par régenter les moindres aspects d’une vie quotidienne. Parler de la confiance en soi sabotée, d’une existence qu’on finit par penser inutile, effaçable.
Coups de foudre ne s’arrête pas là, va plus loin, toucher du doigt ce moment suspendu où, pour chacune, il en va littéralement d’une question de vie ou de mort. Et comment chacune a décidé de rebasculer du côté de la vie, en partant. Comment, seules ou avec leurs enfants, dans l’urgence, elles ont tout laissé derrière elles, en particulier cet espoir ténu auquel elles s’accrochaient, que les choses allaient changer. C’est en partant que les choses ont changé. » Notes de production.

 


 


Of men and war [Des hommes et de la guerre]
de Laurent-Bécue Renard (2015 - 142’)
samedi 26 novembre - 20h - salle des fêtes - Sérilhac, participation libre
Ils auraient pu s’appeler Ulysse, ils s’appellent Justin, Brooks ou Steve. Ils auraient pu revenir de Troie, ils reviennent d’Irak ou d’Afghanistan. Pourtant, pour eux aussi, le retour au pays est une longue et douloureuse errance. Partis combattre pour l’Amérique, les douze guerriers de Of Men and War sont rentrés du front sains et saufs mais l’esprit en morceaux, consumés de colère, hantés par les réminiscences du champ de bataille. Leurs femmes, enfants et parents ne les reconnaissent plus et les regardent, impuissants, se débattre contre d’invisibles démons. Guidés par un thérapeute pionnier des traumatismes de guerre, ils vont peu à peu tenter ensemble de mettre des mots sur l’indicible et de se réconcilier avec eux-mêmes, leur passé, leur famille.
« Petit-fils d’anciens combattants, Bécue-Renard est hanté par ce qu’il n’a pas connu : la guerre ou ce qu’il en reste quand le feu a cessé. Dans son premier film, De guerres lasses, il se penchait sur les blessures invisibles des veuves de soldats bosniaques. C’est aux Etats-Unis qu’il poursuit sa démarche, auprès d’un groupe d’ex-GI filmés pendant cinq ans. Ils sont douze, rentrés d’Irak sans jamais en être tout à fait revenus. Ils ont, pour la plupart, une trentaine d’années. Certains sont en couple. Tous souffrent du syndrome de stress post-traumatique. Tous sont « des otages de la guerre » : l’expression est de leur thérapeute, Fred Gusman, fondateur en 2008 du Pathway Home, ce centre de prise en charge pour anciens combattants. Vétéran du Vietnam, Gusman sait de quoi il parle : les crises de panique ou de violence, l’anxiété, la honte et la culpabilité, l’impression terrifiante d’être enfermé en soi-même, des spectres plein la tête.

Le réalisateur a eu accès sans restriction aux éprouvantes séances de cure, où chaque survivant doit se rappeler ce qu’il a vu et fait tout en se confrontant au groupe. Moments charnières qui alternent avec d’autres plus intimes et informels, captés dans leur quotidien par le documentariste. Pour ces masses de muscles, capables de retourner leur arme contre eux-mêmes ou de tirer dans le tas, le « home sweet home » est devenu un enfer quotidien. Et les « dégâts collatéraux » de l’après-guerre s’accumulent : les mariages qui se délitent quand les « héros » attendus ressemblent à des zombies, les femmes et les enfants, sur qui l’on passe ses nerfs... Le va-et-vient entre les scènes familiales et les récits du front permet de mesurer le fossé qui sépare ces hommes fracassés d’une vie normale. On est bouleversé par la solitude de ce vétéran qui ne prend même plus la peine de feindre d’écouter sa femme parler d’avenir et de la chambre de leur futur bébé... En filmant au long cours, Laurent Bécue-Renard tient la chronique, pudique mais frontale, d’une thérapie. De la difficulté d’accepter un telle cure — « Je suis un bloc de rage », dit l’un des patients — à celle d’apprendre à vivre sans. Sobre et bouleversant, ce film dit la nécessité vitale de la parole, mais aussi de l’urgence à entendre. En creux, il est question de notre responsabilité à tous : rester sourd aux cris de ces soldats cassés, c’est accepter de vivre à côté de grenades dégoupillées. » Mathilde Blottière, Télérama.

 


 


le travail en questions
Regards contradictoires des sociologues contemporains sur la «valeur travail», avec Nicolas Guerrier
jeudi 10 novembre - 20h30 - salle Amérique - CCS - Tulle, avec Medication Time
Nos représentations du ‘‘Travail’’ sont aujourd’hui bousculées et les récents mouvements sociaux ont accentué le trouble. Quand dans les cortèges, les syndicats scandaient «Retrait Loi Travail !», les groupes dits ‘‘autonome’’ leur rétorquaient «Retrait Du Travail !». Deux visions semblaient s’opposer là, pourtant elles partagent le même désir de transformation, qui interroge la place du travail dans nos vies et aspire à désaliéner nos activités.
La sociologie nous enseigne que le travail reste le moteur majeur de la socialisation et de la réalisation de soi. Mais paradoxalement, cette vertu est largement empêchée par l’organisation actuelle du travail. Celle-ci génère de nouvelles souffrances notamment à travers ses méthodes de management «modernes» qui donnent l’illusion de la liberté et de la participation des travailleurs pour mieux atteindre les éternels objectifs gestionnaires et productivistes.
L’économie, qui a fait du travail un marché, nous pousse sur les chemins tordus et de plus en plus destructeurs de la recherche d’emploi à coups d’injonctions paradoxales (lesquelles rendent fou ) : d’un côté le travail est sensé nous «réaliser», et de l’autre, il a rarement été aussi piégé. Il est donc plutôt logique de voir fleurir ici et là, de nouvelles manières de «s’employer», de produire, de s’organiser, de se sauver. Autant dans les organisations classiques qu’en dehors.
Les associations Peuple et Culture et Medication Time ont choisi de vous inviter à participer au «Cycle Travail», une fois par mois, pour mieux comprendre ce qui est en train de se jouer dans notre rapport au travail, grâce à des récits et analyses d’expériences et par le partage de lectures d’auteurs qui ont déjà bien avancé sur la question.

 



accueil de migrants
Constitution de tandems, réunion d’information
mardi 15 novembre - 18h15 - locaux de Peuple et Culture - Tulle
Plus que jamais dans la situation actuelle nous ne pouvons nous satisfaire, même si elles sont indispensables, de dénonciations, positions et analyses critiques, il est en effet plus que nécessaire de mettre la main à la pâte. Pour celles et ceux qui ne sont pas encore engagé(e)s concrètement et qui se demandent que faire, Peuple et Culture propose une forme spécifique héritée de son histoire. Au lieu de continuer à penser l’accueil de migrants en sens unique et de demander aux nouveaux arrivants de s’adapter tous seuls à la langue française et à des repères qui sont les nôtres, même s’ils sont nécessaires pour vivre ici, nous invitons à mettre en place de vraies rencontres personnelles soutenues et facilitées par la méthode Tandem.
Si une personne d’ailleurs rencontre un habitant d’ici, tous les deux font l’expérience d’une situation réelle d’apprentissage interculturel. La méthode Tandem (nom désignant une bicyclette à deux selles et à quatre pédales) tient compte de cette spécificité de la réalité considérant l’un comme connaisseur de son propre contexte culturel et l’autre comme spécialiste du sien. Leur entente dépendra de la finesse et de l’intelligence de compréhension mutuelle en s’appuyant sur ce qui est commun mais aussi sur les différences. Invitant les deux personnes à prendre des responsabilités et à être acteur du processus de rencontre elle permet ainsi de valoriser chacun en mobilisant ses atouts. Cette méthode a été élaborée par l’Office franco-allemand pour la Jeunesse, organisme unique dans le monde crée par deux états dans les années soixante, après un passé lourd de guerres répétitives, afin de proposer des rencontres et des échanges à des adolescents et de jeunes adultes pour faire l’expérience d’un travail d’éducation populaire de fond prévenant l’évolution de clichés, de stéréotypes, de préjugés et de pensées simplistes qui dans le passé avaient mené à de la haine et de la violence.
Quelques exemples de formes que peuvent prendre ces tandems : une rencontre régulière d’environ deux heures autour de la langue française et (supposons) la langue arabe : initiation à l’arabe pendant une heure et au français pendant l’autre, autour d’une table, en marchant dans la ville, en ramassant des champignons, en faisant des courses, des démarches ou la cuisine ensemble… Des parents et leurs enfants participent à des activités ensemble le mercredi après midi ou le week-end pour ainsi faire connaissance en partageant une expérience.
Cette démarche est complémentaire de cours d’alphabétisation plus classiques.
En tout état de cause et quelle que soit la forme que prennent ces tandems, ils demandent un engagement régulier et dans la durée. Selon la disponibilité de chacun, par exemple, 2h par semaine ou une après midi tous les 15 jours. Peuple et Culture fera l’interface entre de nouveaux arrivants et des volontaires.
Contacts :
Gaëlle Rhodes : 05.55.26.32.25/ gaellerhodes.pec19@gmail.com
Iris Bugl : 06.08.30.63.24/ iris.bugl@gmail.com

 


 


formation
Lire les images : pour une nouvelle alphabétisation,
avec Federico Rossin, critique, historien du cinéma
et programmateur indépendant, formateur
du vendredi 18 au dimanche 20 novembre - locaux de Peuple et Culture - Tulle
Qu’est-ce qu’une image ? La multiplication proliférante des images semble bien – et c’est là son paradoxe – inversement proportionnelle à notre faculté de dire ce qu’est réellement une image et de savoir lire ses codes et analyser ses messages. Si elles ne manquent certainement pas de visibilité, les images souffrent par contre d’un défaut de lisibilité. Si notre interaction quotidienne avec les écrans nous a rendus insensibles au pouvoir des images, cette fausse normalisation des rapports fait elle-même écran à une confrontation réelle avec elles.
Suralphabétisés que nous sommes, nous sommes encore imparfaitement préparés pour déchiffrer les réalités visuelles qui déterminent pourtant nos vies, plus que jamais. Comment réarmer le regard et faire de la lecture analytique un outil critique du présent ?
En croisant plusieurs approches (histoire de l’art, philosophie, anthropologie, sémiologie) pour décrypter les formes hétérogènes que peut prendre le discours des images et en déjouer les pièges, avec cette formation nous voulons construire ensemble un arsenal conceptuel permettant d’affronter de façon pratique et politiquement responsable la question de l’image

Modalités pratiques :
vendredi 18 novembre - de 14h30 à 18h -
projection le soir
samedi 19 novembre - de 10h à 13h et de 14h30 à 17h30 - projection le soir
dimanche 20 novembre - de 10h à 13h et de 14h30 à 17h30, exercice collectif à partir des journées de formation précédentes.
Formation gratuite sur inscription. Possibilité d’hébergement chez l’habitant sur demande et dans la limite des possibilités pour les participants éloignés de Tulle.
Contacts : David Chadelaud : 05.55.26.04.69 / Manée Teyssandier : 06.84.48.15.14


 


rado
Enfantillages outillés, rencontres autour du livre avec Fanny Beguery et Adrien Malcor du groupe Rado (page centrale)




Assignés à Résistance, réalisé par Peuple et Culture
samedi 10 décembre - 16h30 - cinéma Véo - Tulle,

en présence de Dominique Albaret, de Chantal Sanchez-Maison, fille de Jean Maison et de Christian Planche, président du comité de la stèle de Clergoux
C’est Jean Maison, résistant de la première heure, maire de Clergoux pendant 49 ans et 10 ans Conseiller Général du canton de la Roche Canillac, qui nous a servi de guide auprès de ses amis résistants du plateau des étangs et nous a accompagnés. Il nous a conduits vers les lieux où, très jeune homme, avec ses compagnons, il a participé à la lutte contre le fascisme. Ce film est fait d’entretiens avec ces anciens résistants du plateau des étangs, situé à l’Est de Tulle autour de Clergoux, commune appelée parfois «la capitale du maquis» car le château de Sédières a abrité quelques temps l’état major des Francs Tireurs Partisans Français. Ces hommes et ces femmes  témoignent de ces quatre années d’occupation et de leur refus de voir leurs libertés disparaitre devant le fascisme. Ils racontent leur engagement dans la résistance les premières années, puis dans le maquis avec les conditions difficiles de l’hiver 43-44, et leur détermination à participer à la libération du pays.
Le film n’a pas la prétention de montrer l’ensemble des actions de résistance du plateau des étangs, mais à partir d’une douzaine de témoignages, retrace l’atmosphère de cette époque difficile. Le courage des activistes, la solidarité avec les femmes de prisonniers sans ressources, l’accueil de nombreux réfugiés, le silence qu’il faut garder pour ne pas se dévoiler (pour soi ou pour les amis), ceux dont il faut se méfier, et puis le nombre important d’habitants qui ont aidé généreusement les maquis à se nourrir, se loger, se soigner… malgré les risques encourus.
C’est en hommage à ces femmes et ces hommes qui risquèrent leur vie et qui pour autant ne se sont jamais pris pour des héros que cette vidéo est disponible afin d’être présentée au public, dans les communes ou avec les associations qui le voudront.


Quelques mois après le décès de Jean, ce film reste un témoignage de son engagement, une façon de lui rendre hommage.


 

et aussi…
Une littérature pour la jeunesse ? avec Martine Fialip-Baratte, enseignante chercheuse
jeudi 24 novembre- 16h - Auditorium - médiathèque éric Rohmer - Tulle, avec les Délégués Départementaux de l’Education Nationale
La littérature dite de jeunesse est-elle réservée aux jeunes ? Ne peut-elle rien apporter à l’adulte ?
Comment l’adulte, entendu comme médiateur, peut-il au travers des albums, aider l’enfant à se construire personnellement et socialement et à pénétrer les différents domaines culturels ? Ou, pour résumer, comment l’adulte peut-il lire avec l’enfant ?

 


 

 


 

Mois d'octobre 2016

La sociale de Gilles Perret (2016-84’)
mercredi 5 - 20h30 - cinéma Véo - Tulle, avant-première en présence de Bernard Friot, protagoniste du film, sociologue et économiste, avec le Réseau Salariat. Tarif unique : 5€

17h30 - locaux de Peuple et Culture - rencontre (suivie d’un repas tiré du sac) avec Bernard Friot autour de ces questions : Et s’il y avait une alternative ?
Et si la classe ouvrière redevenait sujet de son histoire ?
Et arrêtait de penser avec les mots de la classe dominante ?

Il y a 70 ans, les ordonnances promulguant les champs d’application de la Sécurité sociale étaient votées par le Gouvernement provisoire de la République. Un vieux rêve séculaire émanant des peuples - vouloir vivre sans l’angoisse du lendemain - voyait enfin le jour.
Le principal bâtisseur de cet édifice des plus humanistes qui soit se nommait Ambroise Croizat. Qui le connaît aujourd’hui ? Il est temps de raconter cette belle histoire de
« la Sécu » : d’où elle vient, comment elle a pu devenir possible, quels sont ses principes de base, quels en furent les bâtisseurs et ce qu’elle est devenue au fil des décennies. La Sociale retrace l’histoire d’une longue lutte vers la dignité tout en dressant, en parallèle, le portrait d’un homme et celui d’une institution incarnée par ses acteurs du quotidien.
« Avec ce nouvel opus, Gilles Perret prolonge l’exploration entamée avec Les Jours heureux (2013), qui était dédié aux 70 ans du Conseil national de la Résistance (CNR). Il en reprend les mêmes ingrédients : des images d’archives, des précisions percutantes de spécialistes et des témoignages forts. Sans commentaire ni voix off. Et sans passéisme : si l’histoire, une fois de plus, occupe une place importante (mais le dernier tiers du film est très contemporain), il ne s’agit toujours pas d’un documentaire historique. En lui rappelant le passé, Perret aide le spectateur à mieux comprendre son présent et semble l’interroger sur l’avenir : «et maintenant, tu fais quoi ?». Eric Renevier, Les éco des pays de savoie



Être et avoir de Nicolas Philibert (2002-104’)
vendredi 7 - 20h30 - salle polyvalente - Chenailler-Mascheix, avec l’association culturelle et sportive. Participation libre
Tourné au fin fond de l’Auvergne, Nicolas Philibert suit le quotidien d’un instituteur en fin de carrière et de sa « classe unique », dernier recours, souvent, avant fermeture pour cause d’effectifs insuffisants. Ici, se mêlent une douzaine d’enfants, tous âges confondus, de la maternelle au CM2, dans un équilibre précaire, fruit du savoir-faire d’un « maître » qui, dans le meilleur des cas, joue à longueur de temps les funambules du savoir.
Le temps s’est arrêté dans cette chronique pleine de sensations qui se transmettent d’une génération d’écoliers à l’autre : la place de chacun dans la classe, le froid dehors, les saisons qui s’égrènent, parfois si lentement ! être et avoir nous parle d’une éducation qui est formation, initiation à tout ce qui fait l’être, tout ce qui sera son bagage. L’ennui et la rêverie sont donc les bienvenus. Tout est utile. Pour Philibert, raconter cette classe, c’est écouter les mots d’enfants, qui sont comme des échappées belles, mais aussi regarder comment on apprend à vivre ensemble, à travers des relations qui comptent : entre maître et élève, parents et enfants et, bien sûr, entre camarades de classe, tantôt amis, tantôt ennemis jurés ! Au fil de ces liens, ce film nous met sur le chemin de l’existence, le coeur battant.
Ce documentaire, qui a réalisé près de deux millions d’entrées lors de sa sortie en 2002, est aujourd’hui devenu un classique, unique en son genre. Le film a reçu de nombreux prix (César du meilleur montage (2003), prix Louis Delluc (2002), Prix du cinéma européen).


 


Raphaëlle de Seilhac, portrait réalisé par Peuple et Culture (2016-30’)
mercredi 12 - 18h - salle Latreille - Tulle, dans le cadre de la manifestation
« Mon territoire a du goût »,
avec Tulle Agglo. Entrée libre
Projection suivie d’une rencontre avec Raphaëlle de Seilhac
Raphaëlle de Seilhac élève brebis et vaches sur un peu plus de 40 hectares au domaine du Mons à Vitrac-sur-Montane en Corrèze. Ayant atteint l’autonomie alimentaire de ses animaux grâce à sa gestion de l’herbe, elle travaille assidument à l’amélioration de son autonomie énergétique. Elle vend en direct les produits certifiés bio de sa ferme et fait sienne la devise « Penser global, agir local ».



Maladies à vendre de Anne Georget et Mikkel Borch-Jacobsen (2011-52’)
mercredi 19 - 20h30 - salle Latreille - Tulle, dans le cadre du festival Sciences en Bobines, avec Autour du 1er mai, Corrèze environnement et la LDH19
Projection suivie d’un débat animé par Elena Pasca, sociologue, philosophe, membre de la Fondation Sciences Citoyennes. Entrée libre
Jusque dans les années 70, l’industrie pharmaceutique créait des médicaments pour guérir des maladies. Depuis, pour répondre à l’obligation d’un retour sur investissement immédiat, l’industrie pharmaceutique en vient à créer des maladies pour vendre des médicaments. Du cholestérol trop élevé à la dysfonction érectile en passant par la dépression et le trouble bipolaire, Maladies à vendre démonte les stratégies mises en oeuvre par l’industrie pharmaceutique, avec la complicité plus ou moins passive des experts médicaux et des autorités de santé, pour tous nous transformer en malades, c’est-à-dire en consommateurs de médicaments. Cette promotion de maladies, appelée ‘‘condition branding’’ par les spécialistes, est en passe de changer la médecine moderne en une vaste entreprise de marketing où la science est mise au service de l’industrie et non plus des patients.
La Fondation Sciences Citoyennes. Créée en 2002, organisatrice du Festival Sciences en Bobines, elle cherche à favoriser et prolonger le mouvement actuel de réappropriation citoyenne et démocratique de la science, afin de la mettre au service du bien commun. Reposant sur la charte de la fondation, « Sciences en Bobines » propose une riche palette de films critiques et militants et des débats pour que le dialogue s’engage entre chercheurs et citoyens dans le but de privilégier le bien commun… pour des futurs meilleurs.
Elena Pasca est philosophe et sociologue, administratrice de l’association Sciences Citoyennes. Outre ses essais sur des thématiques philosophiques, psycho-sociologiques, littéraires et critiques des technosciences, elle crée le blog Pharmacritique. Dans plus de 720 articles, elle y fait de l’expertise citoyenne et lance des alertes surtout sur des sujets médico-pharmaceutiques, des questions d’éthique, de conflits d’intérêts et lobbying. Elle a été souvent auditionnée par des institutions sanitaires et politiques, a participé à de nombreux débats et colloques. C’est elle qui a fait connaître en France le dispositif de transparence Sunshine Act, qui a inspiré la loi Bertrand de 2011.
Le film sera précédé de deux courts-métrages : 200 000 fantômes de Jean-Gabriel Périot (2007-10’) et Copier cloner de Louis Rigaud (2009-4’)


 


Edmond, un portrait de Baudoin de Laetitia Carton
(2014-80’)
samedi 22 - 20h30 - salle du Cantou - St Martin la Méanne, participation libre
Le film de Laetitia Carton est consacré au dessinateur homonyme, Edmond Baudoin (dit Baudoin), figure pionnière de la bande-dessinée contemporaine. Le film, bien sûr, entame le double portrait d’un homme et de son art, en cherchant le point où vie et création s’entrecroisent, se nourrissent mutuellement. Un pari facilité par la très grande part autobiographique du travail de l’artiste, l’un des premiers en France à faire de son existence, ses souvenirs, ses doutes, ses chimères et ses engouements la matière vive d’une bande dessinée.
Edmond, résultat d’un an de tournage avec le dessinateur, prend donc la forme d’une évocation en tête à tête, où l’on découvre le petit monde de Baudoin, entre le village du Var où il passe ses vacances depuis toujours, les invitations à des festivals de BD et les petites classes où il vient parfois donner cours. Une balade avec l’auteur qui laisse émerger par touches les grands thèmes d’une existence, amour, rapport à la nature, enfance, création, afin de cerner le parcours cahotant d’un homme assez épris de son art pour quitter, passé la trentaine, le métier de comptable au profit de celui de dessinateur.


 


17 octobre 1961

lundi 17 - 17h30 - médiathèque éric Rohmer - Tulle
Rassemblement devant la plaque commémorant les évènements du 17 octobre 1961
(massacre de plus de 200 algériens qui manifestaient pacifiquement contre le couvre-feu instauré par Maurice Papon, alors préfet de police de Paris)
vendredi 21 - médiathèque éric Rohmer - Tulle
18h30 - projection de la pièce de théâtre
Monique H., Nanterre 61 de Medhi Lallaoui, en présence de Monique Hervo, auteure du livre Chroniques du Bidonville - Nanterre en Guerre d’Algérie dont est tiré la pièce,
avec le Comité du 17 octobre 1961


 

Mois de septembre 2016

 


Cinéma et Front Populaire
mercredi 7 - 20h30 - salle Latreille - entrée libre
L’histoire est parfois ironique… 2016 est à la fois l’année de la loi El Khomri, détruisant des pans entiers du code du travail et celle du 80ème anniversaire du Front Populaire, qui a marqué le début de la construction d’un état social sous la pression de la grève générale et des occupations d’usine : salaires augmentés, instauration des conventions collectives, recours à l’autorisation de l’inspection du travail en cas de licenciement (1), généralisation des délégués du personnel qui limitent l’arbitraire patronal, durée légale hebdomadaire qui passe à 40h au lieu de 48h et pour la première fois dans l’histoire ouvrière les congés payés !
« Temps libre » accompagné par un secrétariat d’état à l’organisation des loisirs et des sports, confié au jeune député Léo Lagrange et qui suscite l’ire des conservateurs, moins parce qu’il traite de culture et de loisirs que parce qu’il en fait un objet de préoccupation publique. Soutien apporté aux Auberges de jeunesse, billets SNCF à tarif réduits, premières nocturnes au Louvre, création du Musée d’Art Moderne, du Palais de la Découverte, du Musée des arts et traditions populaires, premières formes d’aide publique au livre et à la création radiophonique, premiers pas du théâtre populaire.
Ce mouvement se nourrit aussi de l’action d’une multitude d’associations (2) comme les Auberges de jeunesse ou d’organismes qui élargissent leur champ d’intervention. Ainsi par exemple la CGT qui organise des voyages, fonde le « Théâtre du peuple » ou finance le cinéaste Jean Renoir pour son film La Marseillaise. Ou le PCF, initiant l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires, la fédération musicale populaire, les associations Radio Liberté et Ciné Liberté dans lesquels se sont engagés des cinéastes aussi prestigieux que Jean Epstein, Jean Renoir, Jacques Becker, Luis Buñuel et le photographe Henri Cartier-Bresson.
(1) le texte de loi El Khomri a même été aggravé dans sa version finale après le 49-3. En effet, dans la discrète ordonnance n°2016-413 du 7 avril 2016, l’intitulé « inspecteur du travail » disparaît du code du travail, remplacée par « agent de contrôle de l’inspection du travail ». Un changement fondamental qui scelle la fin de l’indépendance des inspecteurs du travail, pourtant garantie par l’OIT.
(2) Peuple et Culture était déjà le nom d’une association d’éducation populaire fondée en 1936 au moment du Front Populaire à Sassenage près de Grenoble. Ce nom fut repris en 1945 par les fondateurs de Peuple et Culture descendus des maquis du Vercors


 

Le défilé des 500 000 manifestants à la porte de Vincennes,
14 juillet 1935 (1935 - 20’ - noir et blanc - sonore)
Réalisation collective. Production : le comité national d’organisation du Rassemblement populaire du 14 juillet 1935, réalisé avec le concours du service
cinématographique SFIO et de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires
Ce document retrace la journée du 14 juillet 1935. Face à la menace représentée par la montée des ligues fascistes, les forces de gauche proclament leur union au cours d’un grand rassemblement. Première manifestation unitaire, cette journée clé préfigure le Front Populaire.
Le film s’ouvre sur les assises du Rassemblement populaire, qui se tiennent le matin au stade Buffalo à Montrouge, en présence de membres de la SFIO, du parti communiste, des radicaux, des deux CGT et de la Ligue des Droits de l’Homme. Le défilé a lieu l’après-midi entre la place de la Bastille et la Porte de Vincennes. Des différents quartiers de Paris converge une foule immense et joyeuse.
Film restauré par les Archives Françaises du Film du CNC
Grèves d’occupations (1936 - 13’ - noir et blanc - sonore)
Réalisation collective. Production : Les Films Populaires pour L’Union des Syndicats Ouvriers de la Région Parisienne, avec l’équipe technique et la Société « La Marseillaise »
Les grèves de juin 1936 en région parisienne, principalement aux usines Renault de Billancourt et aux studios et laboratoires de cinéma de Gennevilliers et épinay-sur-Seine. Fidèle reflet de l’esprit de 1936, Grèves d’occupations fut un des films les plus diffusés dans les circuits militants du Front populaire, et signe une des premières rencontres entre le monde ouvrier parisien – les métallos en particulier – et une partie du monde du cinéma – les travailleurs et leur syndicat.
« à l’intérieur des grandes entreprises de la région parisienne, l’équipe de Ciné-Liberté (…) a filmé les occupations d’usines. On voit les ouvriers préparant des lits de fortune pour la nuit, couchant sur le tapis roulant de la chaîne, sur les coussins des carrosseries, au pied d’une machine, sur les chaises longues des magasins et, parfois, sous une tente de camping dressée dans la cour de l’usine.(…) On assiste aux grandes fêtes, aux bals, aux manifestations, aux séances de chant organisées dans l’usine. » Georges Sadoul, Regards, 27 août 1936
Film restauré par les Archives Françaises du Film du CNC

 


Ceux qui se souviennent de Hubert Knapp (1981 - 60’)
Le documentaire se compose d’images d’archives et de témoignages d’anciens ouvriers originaires de Villerupt, Longwy, Paris et Marseille. Ils racontent l’euphorie de 36, l’élection du Front populaire, les grèves et les occupations d’usines, leurs engagements.


 

 

 


Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin (2014 - 90’)
samedi 10 - 20h30 - salle des fêtes - St Martial Entraygues, avec l’association Kassoumaï, participation libre
Thomas Sankara devient président de la Haute-Volta le 4 août 1983. Une année après, il marque définitivement l’histoire et l’identité de son pays en le rebaptisant Burkina Faso, littéralement la « terre des hommes intègres ». Bien au-delà des frontières de son pays, il a représenté un immense espoir pour une grande partie de la jeunesse africaine.
Sa politique d’affranchissement du Burkina Faso, qui promeut notamment l’autosuffisance de la nation sur le plan alimentaire, l’amène à prendre radicalement position contre toute forme d’influence impérialiste ou néocoloniale, et lui fait adopter un discours sans ambages à l’égard des puissants de son époque. Sankara tente de réformer en profondeur la société civile, qu’il considère comme encore figée sur le modèle féodal, en luttant contre les inégalités entre hommes et femmes, l’analphabétisme, la corruption, les privilèges des fonctionnaires… Mais en dépit des succès apparents et de la popularité de sa révolution, Sankara est contesté en coulisses. Il est brusquement assassiné le 15 octobre 1987 lors d’un coup d’État que l’on dit organisé par Blaise Compaoré, l’homme qu’il considérait comme son frère, président du Burkina Faso de 1991 à 2014. À travers un montage d’archives rares méticuleusement rassemblées, le réalisateur Christophe Cupelin offre une vision complète de l’héritage intellectuel et politique de Sankara, et restitue fidèlement l’atypisme de ce chef d’état, percutant dans son action comme dans ses propos. Vingt-sept ans après sa disparition tragique et officiellement non élucidée, ce film donne enfin à voir et à entendre la parole de Thomas Sankara, l’un des plus importants leaders africains du XXème siècle.


 

 


Ciné-discussion : l’objet regard, ça t’regarde ?
vendredi 30 - cinéma Véo - Tulle, avec L’Association de la cause freudienne Massif Central, tarif unique : 6€
18h - Le photographe aveugle de Natalia Bogdanovska (2014 - 26’)
Portrait d’Evgen Bavcar, philosophe et photographe, devenu aveugle à douze ans. Il retourne son destin grâce à une volonté étayée par sa passion et le refus de la fatalité. Aujourd’hui ses photos sont exposées partout en Europe. “Voler” puis fixer sur pellicule quelque chose qui ne lui appartient pas lui procure un sentiment de plaisir. Il découvre qu’il peut posséder ce qu’il ne voit pas. Mais cet invisible, il le voit mieux que les autres. Le temps sous toutes ses formes est la substance même du film. La voix d’une horloge parlante annonce au début qu’il est dix-sept heures, et dans la dernière séquence qu’il est dix-sept heures et quelques minutes. Mais cette brève durée n’est pas la longueur réelle du film, dont la matière temps est celle des ténèbres.


 

 

 

 

20h30 - Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock (1955 - 110’)
à cause d’une jambe cassée, le reporter-photographe L. B. Jeffries est contraint de rester chez lui dans un fauteuil roulant. Homme d’action et amateur d’aventure, il s’aperçoit qu’il peut tirer parti de son immobilité forcée en étudiant le comportement des habitants de l’immeuble qu’il occupe dans Greenwich Village. Et ses observations l’amènent à la conviction que Lars Thorwald, son voisin d’en face, a assassiné sa femme. Sa fiancée, Lisa Fremont, ne le prend tout d’abord pas au sérieux, ironisant sur l’excitation que lui procure sa surveillance, mais finit par se prendre au jeu...
« Que peut-on dire de plus à propos de Fenêtre sur cour, tant ce film a déjà alimenté les débats les plus enflammés, a été découpé de long en large par les plus brillants analystes et théoriciens du monde entier ? Répéter en premier lieu qu’il constitue le manifeste d’un art exploitant subtilement toutes ses possibilités visuelles et d’une réflexion vertigineuse sur les rapports pervers d’un spectateur envers son objet. Qu’il s’agit aussi de la « figure-mère », exécutée de main de maître, d’une forme qui s’invente au même instant où l’on reconnaît son formidable pouvoir de fascination. Enfin, depuis la sortie de ce chef d’œuvre définitif du septième art, il est entendu que vous n’observerez plus en toute innocence des individus depuis votre fenêtre et ne regarderez plus jamais le cinéma comme avant. » Romain Genissel - Critikat
ateliers de pratique artistique
Ateliers arts plastiques et chansons, c’est la reprise !
Atelier arts plastiques - pour adultes et adolescents avec David Molteau, responsable du relais artothèque de Peuple et Culture et artiste plasticien
lundi 12 - de 18h à 20h - locaux de Peuple et Culture - Tulle
Cet atelier, ouvert aux adultes et adolescents dès 14 ans, propose de s’aventurer dans la
fabrique des images au moyen de procédés multiples ; le papier calque, l’image numérique, le scanner et la photocopieuse, le projecteur seront les principaux moyens d’élaboration des
projets par le dessin.


 

 


Atelier arts plastiques collectif enfants/adultes avec Pascale Guérin,
artiste plasticienne
mercredi 14 - de 14h à 16h - locaux de Peuple et Culture - Tulle
L’atelier d’arts plastiques est ouvert à ceux qui souhaitent vivre une expérience artistique
collective et individuelle, à partir de 8 ans, débutants ou non.
exposition - du samedi 3 au vendredi 30 - librairie Chantepages - Tulle
Les travaux réalisés l’année dernière et placés sous le signe de l’hybridation en tous sens en deux et trois dimensions, dessins, collages, peintures, assemblages seront exposés tout le mois de septembre à la Librairie Chantepages.
« Nous avons inventé des objets étranges, et transformé des reproductions de tableaux abandonnées au grenier en sorte de « bas reliefs » (à voir dans tous les sens, à plat ou contre le mur, à l’endroit ou à l’envers). Nous sommes loin d’avoir fait le tour du sujet, et comptons bien prolonger l’expérience ...». Pascale Guérin


 

 


Retour ô 35 choeurs avec Marion Lherbeil
vendredi 23 - 18h30 - locaux de Peuple et Culture - Tulle
Conduit par Marion Lherbeil, l’atelier de chant «Retour ô 35 Choeurs» a pour ambition de faire vivre les chants de lutte et de résistance. Par des textes nés dans les luttes pour la défense des droits et des libertés, il souhaite garder vivant l’espoir et l’engagement pour un autre monde possible de justice, de solidarité et de paix. Les répétitions ont lieu un vendredi sur deux à 18h30 en alternance entre Tulle et Brive.


Chant traditionnel avec Sylvie Heintz
jeudi 29 - 18h30 - locaux de Peuple et Culture - Tulle
Cet atelier propose de découvrir le monde des chansons traditionnelles collectées en Limousin ou ailleurs. Basé sur l’oralité, il permet d’expérimenter et d’explorer sa propre voix : chanter en petit groupe, ou seul, à l’unisson ou en polyphonie, dans la palette sonore particulière de ce large répertoire qui aborde des histoires de vie aussi intemporelles qu’universelles.


 

 


date à retenir
La sociale de Gilles Perret (2016 - 84’)
mercredi 5 octobre - 20h30 - cinéma Véo - Tulle, projection en avant-première, en présence de Bernard Friot, sociologue, économiste et spécialiste de la
Sécurité sociale.
Il y a 70 ans, les ordonnances promulguant les champs d’application de la Sécurité sociale étaient votées par le Gouvernement provisoire de la République. Un vieux rêve séculaire émanant des peuples - vouloir vivre sans l’angoisse du lendemain - voyait enfin le jour. Le principal bâtisseur de cet édifice des plus humanistes qui soit se nommait Ambroise Croizat. Qui le connaît aujourd’hui ?
Il est temps de raconter cette belle histoire de la ‘‘Sécu’’ : d’où elle vient, comment elle a pu devenir possible, quels sont ses principes de base, quels en furent les bâtisseurs et ce qu’elle est devenue au fil des décennies.

 

 

 


 

Mois de juillet - aout 2016

 

cinéma documentaire
Les origines de la pomme, ou le jardin d’éden retrouvé de Catherine Peix (2012 - 54’)
samedi 2 juillet - 20h30 - salle des fêtes - St Jal avec l’Amicale Laïque,
participation libre
Comment un antique pommier sauvage kazakh pourrait nous sauver des pesticides ? Mais d’où vient la pomme du jardin d’Éden ? Catherine Peix nous emmène dans les montagnes du Tian Shan, au Kazakhstan où les premiers pommiers seraient nés, il y a 165 millions d’années. On trouve dans ces forêts épaisses d’arbres qui peuvent atteindre plus de trente mètres de haut et vivre plus de trois cents ans, des pommiers sauvages : les Malus sieversii. Leurs pommes sont non seulement comestibles et savoureuses, aux couleurs et aux goûts variés, mais elles ont su développer des résistances exceptionnelles aux maladies et, en particulier, au fléau numéro un du pommier : la tavelure.
Sauvegarder, préserver la pomme ‘‘originelle’’, tels sont les maîtres mots du travail de Catherine Peix, fascinée par les origines de quelque nature qu’elles soient. Son documentaire retrace aussi bien le contexte géographique, les enjeux politiques et scientifiques en se fondant sur la vie de ceux qui se sont battus pour préserver l’histoire même des origines de la pomme du Tian Shan. Se retrouve ainsi remémoré le négationnisme scientifique stalinien, qui a envoyé au goulag nombre de scientifiques et particulièrement de généticiens tels que Nicolaï Vavilov, le premier à être convaincu d’avoir trouvé dans les pommiers du Kazakhstan l’origine même de la pomme.
« J’ai toujours été passionnée par les arbres et la forêt. C’est ainsi que ce travail sur Malus sieversii s’est imposé comme une évidence. Il a fallu alors se demander comment sensibiliser le spectateur, lui transmettre cette passion et éveiller en lui l’envie de combattre pour sauver cet inestimable patrimoine. S’il est facile d’émouvoir pour des causes telle que la protection animale, il est bien moins évident de susciter le même engouement pour les pommiers sauvages. Pourtant, à chaque fois qu’un grand arbre disparaît c’est un monument d’histoire et de vie qui disparaît. » Catherine Peix


 

 


Les moitiés d’Alexandre Zarchikov (2015 - 96’)
vendredi 8 juillet - à partir de 20h30 - Chenailler-Mascheix - devant la salle polyvalente, avec l’Association culturelle et sportive
projection à 21h30, précédée d’un casse-croûte sorti du sac
Un film étonnant, ne ressemblant à aucun autre. Un ancien marin russe. Une tournée des bars japonais. Un capitaine philosophe. Des voitures coupées en deux, embarquées sur un bateau pour Vladivostok, pour être ressoudées à l’arrivée… moins de taxes. Un road-movie qui prend son temps, à travers la Russie d’aujourd’hui, avec un ancien flic et un comptable… De l’humour et une révélation : la Russie vue par les Russes.
Originaire de l’île de Sakhalin, à l’extrême Est de la Russie, Alexandre Zarchikov a longtemps été marin sur des navires de commerce. Les Moitiés est son premier long métrage documentaire.


 

 


Les jours heureux de Gilles Perret (2014 - 97’)
samedi 9 juillet - 20h30 - foyer rural - St Martin la Méanne, participation libre
Entre mai 1943 et mars 1944, sur le territoire français encore occupé, seize hommes appartenant à tous les partis politiques, tous les syndicats et tous les mouvements de résistance vont changer durablement le visage de la France. Ils vont rédiger le programme du Conseil National de la Résistance intitulé magnifiquement : « Les jours heureux ». Ce programme est encore au cœur du système social français puisqu’il a donné naissance à la sécurité sociale, aux retraites par répartition, aux comités d’entreprises, etc.


 


La sociale de Gilles Perret (2016 - 84’)
samedi 13 août - 20h30 - foyer rural - St Martin la Méanne, dans le cadre de l’université d’été du Réseau Salariat

Avant-première en présence de Bernard Friot, sociologue, économiste et spécialiste de la Sécurité Sociale, participation libre.
Il y a 70 ans, les ordonnances promulguant les champs d’application de la Sécurité Sociale étaient votées par le Gouvernement provisoire de la République. Un vieux rêve séculaire émanant des peuples à vouloir vivre sans l’angoisse du lendemain voyait enfin le jour. Le principal bâtisseur de cet édifice - des plus humanistes qui soit - se nommait Ambroise Croizat. Qui le connait aujourd’hui ?
Aujourd’hui, il est temps de raconter cette belle histoire de ‘‘la sécu’’. D’où elle vient, comment elle a pu devenir possible, quels sont ses principes de base, qui en sont ses bâtisseurs et qu’est-elle devenue au fil des décennies ? La Sociale dresse en parallèle le portrait d’un homme, l’histoire d’une longue lutte vers la dignité et le portrait d’une institution incarnée par ses acteurs au quotidien.
« Nous fêterons cet été nos 3 ans de ciné documentaire au village avec des films de Gilles Perret. Avec lui, nous avons inauguré nos projections en 2013. Un hasard ? Plutôt une proximité avec ce réalisateur qui filme « à hauteur d’homme », sans dominer, des gens qui tiennent debout et nous donnent du courage, nous font réfléchir et sentir ce que nous aussi nous pouvons faire. Comme Walter en résistance, premier film projeté à St Martin.
Gilles Perret revendique une démarche qui ne varie pas d’un film à l’autre : « Je ne filme pas un sujet mais d’abord des gens exceptionnels à mes yeux. Les Jours heureux, c’est un bon exemple. A un moment donné, il y a des gens qui ne se sont pas laissé endormir. Ils ont pris les choses en main, dans la clandestinité, dans la violence, et avec une autre prise de risque que ce qui nous pend au nez aujourd’hui. Ils étaient ultra-minoritaires, mais optimistes, ils ont proposé des choses qui n’ont pas fait plaisir à tout le monde ! » Le film montre comment cette poignée d’optimistes, en pleine Occupation, rédige le programme du Conseil National de la Résistance. Comment cette utopie qui veut en finir non seulement avec le nazisme mais aussi avec la misère devient réalité à la Libération. Comment, en toute logique, elle est combattue et peu à peu démantelée par la classe au pouvoir. Comment, cependant, elle laisse des traces durables dans notre société. Et comment elle pourrait, cette utopie, inspirer le monde de demain !
Dans La Sociale, son dernier film, Gilles Perret fête à sa manière les 70 ans de notre Sécu. Car, parmi ces « choses qui n’ont pas fait plaisir à tout le monde » dans le programme de la Résistance, il y a la Sécurité Sociale. Dans un pays ruiné et en quelques mois, sous la direction du ministre communiste Ambroise Croizat, 136 caisses sont édifiées pour être gérées en majorité par des militants syndicaux. Un des héros du film, Jolfred Fregonara, 96 ans, acteur de cette épopée, raconte : « On ne s’imagine pas ce qu’a pu être ce fabuleux moment de la construction, une nouvelle ère de dignité commençait. Nous montions les caisses dans un enthousiasme incroyable parce que nous savions que nous allions pour la première fois pouvoir nous soigner et jouir du repos décent de la retraite, tout cela à travers une institution que nous allions gérer nous-mêmes ».
Aujourd’hui, une véritable bataille de la mémoire se livre autour de la Sécu. Gilles Perret prend sa place dans cette bataille en invitant historiens, sociologues, économistes, militants révolutionnaires à analyser cette histoire et sa portée. Michel Etiévent, un historien présent à Tulle il y a peu et Bernard Friot, historien de la Sécu et militant communiste en font partie. Ce dernier sera présent pour la projection du film à St Martin, dans le cadre de l’université d’été de son association Réseau Salariat. Par amitié, nous pourrons voir La Sociale en avant-première dans notre village (le film ne sortira en salle qu’au mois de novembre) car « Friot a beaucoup œuvré pour ce film, vous pouvez donc le projeter ! » nous a fait savoir Gilles Perret. Mais attention : La Sociale n’est pas un documentaire sur notre passé mais sur ce qui se joue aujourd’hui, sur notre espoir de bâtir des jours heureux à partir de ce déjà-là ! ».
L’équipe de St Martin la Méanne


 

 


états généraux du film documentaire à Lussas
du dimanche 21 au samedi 27 août

Covoiturage possible à partir de Tulle le dimanche 21 août. Contact 05 55 26 32 25
« Qu’est ce qui motive chaque année quelques milliers de personnes à venir regarder des films et à en parler pendant près d’une semaine ? Ici à Lussas mais ailleurs aussi pour d’autres disciplines, le théâtre, la musique, la littérature… On formulera quelques réponses au risque de se répéter peut-être, mais disons plutôt parce qu’il est nécessaire d’insister.
Le cadre est assez agréable, le climat le plus souvent bienveillant, l’ambiance à la fois studieuse et festive. Nous employons souvent le terme de convivialité pour désigner l’ambiance qui règne et c’est un terme, une attitude, difficile à préserver semble-t-il aujourd’hui, d’une manière générale – sans même parler d’hospitalité.
Le cinéma documentaire, par l’entremise des réalisateurs, a le désir d’aller voir et écouter ce qui bruisse, ce qui couve, ce qui se passe dans les failles, les interstices, pour s’opposer à cette tendance délétère à généraliser, camoufler, divertir, étouffer, refouler… Il faut que les courants soient vigoureux pour résister à cette domination.
Alors, aujourd’hui, imaginer un film comme l’espace pour une expérience commune revêt toute son importance. Un espace commun dans la fabrication du film puis la projection publique. C’est à cette réflexion que l’atelier « Les bonnes manières » notamment vous invite : des manières de faire, de dire et la mise en relation d’un film – de ses auteurs – et d’un public – ses spectateurs – pour mettre en circulation la parole.
Faire entendre, faire voir et faire penser, c’est la perspective qui nous réunit fidèlement autour de toutes ces rencontres que nous imaginons à Lussas, avec vous, depuis vingt-sept ans. Soyez les bienvenus. »
Pascale Paulat et Christophe Postic

 


 

Jean Maisoncamarade Jean Maison presente, aquí, hasta siempre…(1)

Lors des derniers mois, Dominique Albaret de Peuple et Culture filmait Jean Maison, convaincu de la nécessité de garder des traces vivantes pour que la transmission qui lui était si chère ne se tarisse pas. Et de l’intuition d’une urgence à la faire avant qu’il ne soit trop tard. Il captait à la fois récit, lieux de résistance et pensée. Et Jean l’a guidé particulièrement vers ceux de ses compagnons encore là du Plateau des étangs autour de Clergoux appelé parfois « la capitale du maquis » (2). Dominique m’avait demandé de l’accompagner pour être en dialogue avec Jean ou ses camarades pendant qu’il était à la caméra.
Et s’est ainsi formé, pendant quelques mois, un trio fraternel, joyeux, grave et tendre.
Car il était tout cela à la fois.
Parmi tous ces moments dont je pourrais faire part, je choisis celui où Jean nous a conduit au Theillet, de Saint Pardoux la Croisille, à l’endroit de ce qui fut un camp du maquis, dans un bois en pente, à quelques pas en contrebas d’une maison (où vivait la famille Monteil - dont le père avait été un élu du Front Populaire - et pendant toute la durée du campement les maquisards se sont ravitaillés en pain et en eau grâce à cette famille).
Pour descendre, Jean s’appuyait très doucement sur mon bras.
Parce qu’il était ainsi, jamais pesant, à la fois léger et profond...
Là, nous avons découvert avec émotion les traces encore présentes de l’emplacement de la cuisine, des aplats formés pour les couches des maquisards à même le sol, de l’imprimerie du journal clandestin du parti communiste.
Aujourd’hui je pense qu’il était comme ces traces, fragile et solide, émouvant, humain.
Et je mesure la chance que nous avons eue de l’approcher ainsi pendant toutes ces heures, dans une forte intimité personnelle et politique, comme un frère, un père, un camarade, un communiste.
Manée Teyssandier


(1) Camarade Jean Maison, présent, aujourd’hui et pour toujours…
Pendant ses obsèques, j’aurais rêvé que dans la tradition chilienne, la foule nombreuse scande tout d’un coup ces mots.
(2) Des DVD du montage vidéo qui a résulté de ces entretiens seront disponibles à Peuple et Culture très prochainement. S’adresser à Dominique Albaret : 05 55 26 38 96.

Dans ce bois , quand j’ai questionné Jean Maison sur son retour à la vie civile et sur ce que la Résistance avait changé dans sa vie, voici ce qu’il a répondu :
« La Résistance m’a appris à connaître des gens que je n’aurais jamais connus, de toutes opinions. J’en garde le meilleur des souvenirs même s’ils n’avaient pas mes idées. Ça m’a permis cela. Et la fraternité, car il n’y avait pas que des Français mais aussi des Espagnols, des Tchèques, des Roumains, des Polonais, des Nord-Africains.
Dans ce combat là, il y avait deux choses : pour les jeunes comme nous, c’était retrouver notre liberté et ceux qui étaient plus âgés que nous pensaient aussi à fonder un pays plus égalitaire et fraternel. La Sécurité Sociale a été créée, le système des retraites. Des choses formidables se sont faites pendant les deux ans qui ont suivi la Libération. Ce qui n’avait pas pu se faire pendant le Front Populaire s’est fait là. Tu as bien dû voir la composition du CNR, ce n’était pas que des communistes que je sache. Il y avait des M.R.P, des gaullistes, des socialistes, des radicaux socialistes, des gars qui croyaient au ciel et d’autres qui n’y croyaient pas comme disait Aragon. Ils ont bien trouvé le moyen de se mettre d’accord pour faire un programme. »

 

 

 

 


 


Mois de juin 2016

Crossing the bridge, the sound of Istanbul de Fatih Akin (2005 - 90’)
vendredi 10 juin - 20h30 - salle des fêtes - St Martial Entraygues, avec Kassoumaï

« Fatih Akin (Head on, De l’autre côté) suit ici la rencontre d’Alexandre Hacke, bassiste et guitariste rock mais aussi auteur-compositeur, avec les sons et les musiciens d’Istanbul, ville foisonnante coincée entre deux mondes. De la musique classique turque au hip hop en passant par le rock psychédélique, le punk, l’électro et la musique tzigane, ces stambouliotes se racontent, disent leur monde, leur histoire et leurs révoltes et nous voici happés par leurs mélopées et les images de Fatih Akin. Au final, après les tourbillons du derviche, c’est un pont entre eux et nous que nous avons franchi. » L’équipe de Kassoumaï.
Bram’FM nous accompagnera tout au long de cette soirée !
Johan de la radio associative locale Bram’FM (98.3) a souhaité réaliser un reportage radiophonique lors d’une projection en campagne organisée par Peuple et Culture. Du trajet en camion au montage de l’écran, de la rencontre avec les membres de Kassoumaï autour du casse-croûte aux réactions du public lors du débat, Johan nous fera vivre par un montage sonore l’ambiance des projections en campagne ! Le reportage sera diffusé sur Bram’FM, dans l’émission L’œil dans le micro, le rendez-vous de la création radiophonique. Une émission diffusée le dimanche à 14h et le mercredi à 21h, puis «podcastable» sur la page mixcloud de l’émission. (https://www.mixcloud.com/Loeildanslemicro/)

 


 

 


ateliers ouverts
Présentation des travaux des ateliers d’arts plastiques de Pascale Guérin et David Molteau

mercredi 29 juin - à partir de 18 heures, locaux de Peuple et Culture - Tulle
19h - casse croûte sorti du sac
20h30 - projection du film Le complexe de la salamandre de Stéphane Manchematin et Serge Steyer


« Les adultes et enfants qui ont participé cette année aux deux ateliers présenteront leurs réalisations en deux et trois dimensions, dessins, collages, peintures, assemblages, placées sous le signe de l’hybridation en tous sens ! (invitation jointe)
Aujourd’hui, l’hybride est mangé à toutes les sauces : nouvelles obtentions de variétés de plantes, croisements d’espèces animales, gammes d’automobiles ‘‘nouvelle génération’’, etc. Dans l’art actuel, l’hybridation, notion importante, est vue comme « un espace exemplaire, car il permet de sortir d’une menace restrictive qui est celle de la catégorisation, qui limite l’expression, qui censure. L’artiste se déploie dans un nouvel espace où les formes évoluent diversement, sans fin, et offrant des horizons toujours possibles. L’hybridation intègre alors une multiplicité de pratiques et de contenus : installations, environnements, performances, multimédia… » Emmanuel Molinet, L’hybridation, un processus décisif dans le champ des arts plastiques.
à l’atelier, j’ai pensé d’abord revisiter certaines œuvres du passé dans lesquelles la figure de l’hybride, apparaît, sans doute pas sous son meilleur jour, puisque c’est plutôt sous sa forme rejetée, occulte, et négative : celle du monstre. Nous nous sommes penchés sur les étranges gravures de l’alchimiste, philosophe italien Giambattista della Porta (1536- 1615), représentant des créatures mi-animales, mi-végétales, mi-humaines, illustrations de la fameuse ‘‘théorie des signatures’’. Chacun a crée de nouvelles variétés de plantes, qui auraient emprunté quelques caractéristiques propres aux insectes.
Ensuite, un pas de géant dans le temps, et une fois le pauvre hybride réhabilité lors de la période romantique, et surtout dadaïste, nous nous sommes intéressés à la série Gluts, et aux Combine paintings de l’artiste américain Robert Rauschenberg (1925-2008), œuvres dans lesquelles l’artiste utilise les déchets jetés dans les rues de New York, remettant en cause les excès de notre société et donnant une seconde vie à tous ces objets en les transformant en tableaux-objets, en assemblant, peignant, recomposant, rejetant par la même occasion la catégorisation de ces œuvres en ‘‘peintures’’ ou ‘‘sculptures’’.
Nous avons inventé des objets étranges, et transformé des reproductions de tableaux abandonnées au grenier en sorte de ‘‘bas reliefs’’ (à voir dans tous les sens, à plat ou contre le mur, à l’endroit ou à l’envers). Nous sommes loin d’avoir fait le tour du sujet, et comptons bien prolonger l’expérience...»
Pascale Guérin.


Le complexe de la salamandre
de Stéphane Manchematin et Serge Steyer (2014 - 80’)

Dans les Vosges où il vit en retrait du monde, Patrick Neu façonne, à son rythme, une œuvre énigmatique et singulière, à la fois contemporaine et sans âge. Le jour où un grand centre d’art lui passe une commande qui pourrait asseoir sa notoriété, ses proches se réjouissent. Mais notre homme ne court pas après la consécration, il se mobilise sans renoncer à ses méthodes de travail habituelles et sans rien changer à son quotidien. Au fil des saisons et de rares allers/retours à la capitale, la commande avance plus lentement que prévu. On approche progressivement l’univers du personnage, son espace-temps, son intimité. Le travail sur la forme du film est méticuleux, à l’image de celui de l’artiste.

 


 

 


retour ô 35 chœurs
Les chorales chantent dehors

jeudi 30 - à partir de 17h30 - Tulle
L’occasion de venir découvrir toutes les chorales de Tulle en sillonnant le quartier de Souilhac et le quartier de la Gare. 11 formations, autant de styles différents et un défi… atteindre plus de 400 personnes pour le chant collectif (chorales et public mélangés !).
Retour ô 35 chœurs, la chorale issue de l’atelier chants de lutte et de résistance de Peuple et Culture se produira à 18h40, place des Nez noirs.
Plus d’infos : culture-cooperations@ville-tulle.fr : 05.55.21.73.96

 


 

 


résidence d’artiste
Anne-Marie Filaire
Dans la continuité de son travail sur les jeunesses arabes et sur la construction d’espaces intimes dans ces sociétés, la photographe Anne-Marie Filaire, en résidence à l’invitation de Peuple et Culture, travaille depuis plusieurs mois sur les lieux que se sont créés les jeunes en Corrèze comme terrains de rencontres et d’activités, ces lieux qu’ils ont investis ou inventés pour partager leur intimité et leur créativité.
« Les premières semaines de résidence à Tulle et en Corrèze m’ont permis d’entrer dans mon projet et de cerner les directions, la forme qu’il est en train de prendre.
Travailler sur la jeunesse m’oblige à entrer en contact avec les différentes institutions (FJT, CADA, Centre Départemental de l’enfance, lycées), les associations - nombreuses en Corrèze, les communautés qui incluent aussi les mouvements alternatifs et de tisser un réseau de rencontres, d’affinités. Dans ce parcours, je dresse deux tableaux :
CASTING : les personnages
REPéRAGES : les lieux
Ces deux tableaux sont deux ensembles de travail, d’images ; parmi lesquels je vais extraire les figures et les paysages qui vont devenir les personnages d’une histoire et son cadre corrézien.Cela s’articule ainsi :
Photographie instantanée - rencontres au quotidien avec des jeunes dans la ville de Tulle et le territoire de la Corrèze. Cette forme de photographie instantanée s’est imposée à cause des nombreuses rencontres fortuites, échanges, lors de mes excursions quotidiennes.
Photos de l’environnement intérieur, privé - les chambres des pensionnats des Lycées Edmond Perrier et René Cassin à Tulle. En accord et partenariat avec le directeur du lycée Edmond Perrier, M. Didier Guilbault. (Dans la continuité d’une recherche amorcée en 2007, Chambres à part – Voir « Une chambre à soi » La découverte 2013)
Entretien filmés - avec des jeunes corréziens. Comment vit-on en Corrèze quand on est jeune, qu’est ce qui vous anime ?
L’actualité entre dans la région et l’accueil des réfugiés est un autre aspect que je peux aussi aborder dans ces entretiens en fonction des vouloirs des personnes.
C’est un plan qui s’est dessiné au bout de trois mois d’observation et qui va peut-être être remanié en fonction des rencontres et des entretiens. » Anne-Marie Filaire.

 


 

 


projets vidéo
Régulièrement un travail de conservation de la mémoire à l’aide de l’outil vidéo est fait à Peuple et Culture. Nous enregistrons une grande partie des conférences et une partie des actions de l’association, mais nous filmons aussi des personnes avec lesquelles nous menons des entretiens sur des sujets de société.
Le 8 mai dernier, Peuple et Culture a présenté la dernière vidéo réalisée cette année : Assignés à Résistance, devant 85 spectateurs à Saint-Pardoux-la-Croisille.
C’est Jean Maison*, résistant de la première heure, maire de Clergoux pendant 49 ans et Conseiller Général du canton de La Roche Canillac pendant 12 ans qui nous a accompagné et qui nous a servi de guide auprès de ses amis résistants du Plateau des étangs. Il nous a promené vers les lieux qu’il connaît bien où, très jeune homme, avec ses compagnons il a participé activement à la lutte contre le fascisme.
Ce film est composé d’entretiens avec ces anciens résistants du plateau situé à l’est de Tulle, autour de Clergoux appelée parfois « la capitale du maquis », car le château de Sédières a abrité quelques temps l’état major des Francs Tireurs Partisans Français. Ils témoignent de ces quatre années d’occupation et de leur refus de voir leurs libertés disparaître devant le fascisme. Ils racontent leur engagement dans la résistance les premières années, puis dans le maquis avec les conditions difficiles de l’hiver 43-44, et leur détermination à participer à la libération du pays.
Le film n’a pas la prétention de montrer l’ensemble des actions de résistance du Plateau des étangs, mais à partir d’une douzaine de témoignages, retrace l’atmosphère de cette époque difficile. Le courage des activistes, la solidarité avec les femmes de prisonniers sans ressources, l’accueil de nombreux réfugiés, le silence qu’il faut garder pour ne pas se dévoiler (pour soi ou pour les amis), ceux dont il faut se méfier, et puis le nombre important d’habitants qui ont aidé généreusement les maquis pour se nourrir, se loger, se soigner… malgré les risques que cela comportait.
C’est en hommage à ces femmes et ces hommes, qui risquèrent leur vie et qui pour autant ne se sont jamais pris pour des héros, que cette vidéo est disponible pour être présentée au public, dans les communes ou avec les associations qui le voudront.
* Aujourd’hui, émettons des vœux de rétablissement et de profonde et sincère amitié à Jean, suite à l’accident de santé qui le touche.

 


 

 

Présentation du DVD
Le silence et la douleur
de Patrick Séraudie
jeudi 2 - 17h - médiathèque éric Rohmer - Tulle
Deux ans après sa première projection à Tulle le 9 juin à la salle de l’Auzelou, le DVD du film de Patrick Séraudie est disponible. à cette occasion, deux séquences inédites seront projetés à l’auditorium de la médiathèque.

 


 

 

Ciné d’été : Partitions Cinéma
du 23 au 25 juin à Tulle
jeudi 23
18h30 - cinéma Véo : Chantons sous la pluie de Stanley Donen
20h30 - parc de la mairie : Inauguration musicale et chantée autour des Blues Brothers par les élèves du collège Clemenceau.
21h - Improvisations à l’accordéon par les élèves du Conservatoire de Tulle et leurs professeurs Rémi Sallard et Fred Valy.
22h - projection en plein air
Les Blues Brothers de John Landis
vendredi 24 - cinéma Véo
16h - Une chambre en ville de Jacques Demy
précédé de Aubervilliers d’Eli Lotard et Jacques Prévert
18h - Le Bal d’Ettore Scola
précédé de Umbrella, court métrage musical.
21h - On connaît la chanson d’Alain Resnais
samedi 25
10h15 - médiathèque éric Rohmer
Coup de sang de Jean Marboeuf, en présence du réalisateur et de Jean Rochard, producteur de la musique.
cinéma Véo - 14h30
Rencontre autour de la place de la musique dans le cinéma avec Jean Marboeuf, Jean Rochard et Alain Jomy.
16h15 - Sita chante le blues, film d’animation de Nina Paley
18h30 - à une heure incertaine
de Carlos Saboga (musique Alain Jomy)
22h - Programmation en cours autour de Roland Romanelli,
en lien avec les Nuits de Nacre.

Ciné d’été est organisé par la Ville de Tulle en partenariat avec le Cinéma Véo Tulle, Federico Rossin, Peuple et Culture, Autour du 1er Mai, la médiathèque éric Rohmer, Kind of Belou, Les Nuits de Nacre.

 

 

 


 

 

 

décade cinéma et société
Y’en aura pour tout le monde 

du jeudi 21 avril au lundi 25 avril en campagne
du mercredi 27 avril au dimanche 1er mai
au cinéma Véo à Tulle
Cette année pendant la Décade, on se régale et y’en aura pour tout le monde !
Dix jours de projections, plus de trente films (western, comédie, science-fiction, road movie, documentaire, films amateurs, cinéma muet et parlant), des invitées, des discussions autour d’une assiette...
Plongez-vous dans le programme ci-joint pour connaître tous les détails de cette savoureuse programmation !


Mois de mai 2016

 

cinéma documentaire
Merci patron ! de François Ruffin (2016 - 84’)
vendredi 6 mai - 21h - cinéma Louis Jouvet - Uzerche, avec La P’tite Fabrique Solidaire
en présence de Baptiste Lefèvre du journal Fakir , tarif adhérents PEC : 4€
« Comme on ne risque pas d’avoir les studios Universal sur le dos et qu’en réalité il ne s’agit pas tout à fait d’un film à suspense, on peut révéler l’intrigue de Merci patron ! de François Ruffin. C’est l’histoire de Serge et Jocelyne Klur, employés d’Ecce, filiale du groupe LVMH, plus exactement employés de son usine de Poix-du-Nord, jadis chargée de la confection des costumes Kenzo. « Jadis », car, mondialisation oblige, le groupe a cru bon d’en délocaliser toute la production en Pologne. Moyennant quoi les Klur ont été invités à se rendre employables ailleurs. Cependant, ils explorent méthodiquement la différence entre employables et employés. Depuis quatre ans. Evidemment, la fin de droits a été passée depuis belle lurette, on tourne à 400 euros par mois, la maison est fraîche — forcément, il n’y a plus de chauffage, et il a fallu se replier dans la seule pièce habitable. Au rayon des vertus tonifiantes, on compte aussi
l’élimination de tout excès alimentaire et l’adoption de saines résolutions diététiques ; on peut même aller jusqu’à parler de rationnement — Noël avec une tartine de fromage blanc, les amis de la frugalité apprécieront. (…)
On ne fait pas plus local que le cas Klur. Et on ne fait pas plus global non plus. Car
les Klur offrent en concentré un résumé presque complet du système. Pourtant, contrairement à bon nombre de ceux qui ont traité avant lui de la condition salariale à l’époque néolibérale, le film de François Ruffin n’a aucune visée analytique ou pédagogique. C’est un film d’un autre genre, difficilement identifiable, d’ailleurs, au regards des catégories cinématographiques habituelles. Le plus juste serait sans doute d’en dire qu’il est un film d’action directe. Car Ruffin, qui a Bernard Arnault dans le collimateur depuis un moment, veut littéralement faire quelque chose de la situation des salariés d’Ecce. En 2008, déjà, il avait fait débouler impromptu les licenciées à l’assemblée générale des actionnaires de LVMH. Cette fois, ce sera l’attaque frontale : Klur-Ruffin contre Arnault. L’époque néolibérale enseignant que si l’on ne demande pas avec ce qu’il faut de force, on n’obtient rien, Klur-Ruffin va demander. Avec ce qu’il faut de force. En l’occurrence : 45 000 euros de dédommagement pour réduction à la misère, plus un contrat à durée indéterminée (CDI) quelque part dans le groupe pour Serge !
Et sinon, campagne de presse. Pas Le Monde, pas France Inter, pas Mediapart : Fakir, journal fondé par Ruffin et basé à Amiens. Tremblez, puissants ! (…)
Le premier effet de ce film à nul autre pareil, c’est de donner le goût des ambitions réviséesà la hausse. En commençant par prendre l’exacte mesure de ce qu’il annonce. D’abord, le cauchemar de la droite socialiste : lutte des classes pas morte ! Ça n’était pourtant pas faute d’avoir rédigé toutes les variantes possibles et imaginables de son acte de décès. C’est que, de la lutte des classes, on peut dire ce qu’on veut : que son paysage s’est complexifié ; que le feuilletage de la couche intermédiaire des « cadres » a créé une vaste catégorie d’êtres bifaces, partie du côté du capital (par identification imaginaire), partie du côté du salariat (par statut) ; que cette nouvelle sociologie a fait perdre à la polarisation de classes sa netteté originelle, etc.
De la lutte des classes, donc, on peut dire tout cela. Mais certainement pas qu’elle a disparu. Pour en réapercevoir le noyau, il faut cependant monter des opérations de court-circuit, qui font revenir à l’os : typiquement, les ouvrières d’Ecce faisant effraction parmi les actionnaires de LVMH en train de discuter des dividendes, soit le face-à-face pur du capital exploiteur et du travail exploité. Ou alors les Klur : la misère directement rapportable à la valorisation du capital.(...)
Le propre des films d’action directe, c’est qu’ils propagent leurs effets bien après leur dernière image. De celui-ci, on sort chargé comme une centrale électrique et avec l’envie de tout renverser — puisque, pour la première fois, c’est une envie qui nous apparaît réaliste. Ecrasés que nous étions par la félonie de la droite socialiste, par l’état d’urgence et la nullité des boutiques de la gauche, Merci patron ! nous sort de l’impuissance et nous rebranche directement sur la force. Ça n’est pas un film, c’est un clairon, une possible levée en masse, un phénomène à l’état latent.
De cet événement politique potentiel, il faut faire un événement réel. » Frédéric Lordon.


 

 

 

Je préfère ne pas penser à demain de Nathalie Joyeux (2013 - 79’)
mardi 10 mai - 20h - café associatif Ô Soleil - Tulle, avec l’OCCE Corrèze, entrée libre
Pendant quatre ans, la réalisatrice a suivi le parcours de trois jeunes, lycéens en terminale à Tremblayen- France au début du film. On les rencontre donc au moment de faire des choix pour le commencement de leur vie adulte. Quatre ans, c’est un temps long et nécessaire, qui nous permet de voir évoluer ces jeunes dans leur choix de vie : quelle orientation, quel établissement, quel métier ?…Un temps long qui rend le film très précieux : les jeunes sont en confiance devant la caméra et livrent des instants importants, des réflexions très lucides, comme l’admet Florian, un des protagonistes,à l’issue d’une projection. « Cela permet d’avoir du recul sur soi-même, du recul au sens propre car on se voit. C’est l’effet que ça m’a fait quand j’ai vu le film. J’ai ressenti beaucoup d’émotions.
Il y a eu beaucoup de sujets philosophiques abordés comme la question du bonheur. Et puis il présente une belle image de Tremblay. On disait pour rire que ça faisait carte postale. »


L’association ACEDC. Créée en 1991, l’association Accompagnement Scolaire sur la Ville de Tulle devient ACEDC en 2008. Elle a comme action principale l’accompagnement à la scolarité dans le cadre du dispositif national CLAS. Celle-ci s’articule autour de l’aide aux devoirs et d’activités éducatives périscolaires. A partir de 2008, les activités principales, qui étaient le théâtre et la vidéo, donnent naissance à deux établissements secondaires : la compagnie du crépuscule et Coolprod. A partir de 2010 des demandes de lycéens font émerger un besoin de ‘‘ cafét’ en dehors du lycée’’. Ce sera la base de la création du projet de café associatif Ô Soleil.


 

 

 


Éloge de la cabane de Robin Hunzinger (2002 - 52’)
samedi 14 mai - 20h30 - salle des fêtes - St-Martial-Entraygues, avec l’association
Kassoumaï, entrée libre
La cabane est d’abord un savoir de l’enfance lié à son pouvoir de fabulation. L’enfant dans sa cabane joue, agit, tout en se sachant dans l’illusion. À partir de sa propre expérience de la cabane, le cinéaste raconte cette magie active et la confronte aux expériences concrètes d’autres personnes. Grâce à Jean, architecte-passeur, il part à la rencontre de ceux qui, de leur côté, vivent dans les forêts. Même si l’antique forêt s’est transformée en domaine d’état et en domaine privé avec ses lois régissant la vie, des individus continuent à se réfugier dans des endroits toujours reculés.
Il existe aujourd’hui une civilisation des cabanes, qui vit sans bruit, à l’écart. Mais si les modes de vie de Brigitte, Polo, Paul, Félix, ou Francis et Estelle sont semblables, leurs motivations sont différentes. Le film interroge les notions de jeu, d’autonomie, de réflexion, de rébellion ou d’utopie qu’ouvre l’idée même de la cabane.
« Elle prit toutes sortes de noms à travers les âges ou selon les lieux : la cabane, la cahute, la bicoque, la masure, le refuge, … et j’en passe. Ce sera une petite maison rudimentaire, sauvage et d’intimité extrême. L’expression d’une vie sobre et naturelle, en osmose avec la nature, à la recherche de l’essentiel. En marge de l’architecture habituelle, faite de matériaux bruts, elle sera source de créativité poétique et souvent fruit de la récupération. La cabane perdue au fond des bois, celle où gamin les grands n’avaient plus leur mot à dire, celle où l’on s’affirme par rapport aux parents, celle où l’on s’autorise à rester enfant. Pour certains, elle est un lieu de méditation, de repli, de passage. D’autres n’ont jamais su la quitter, c’est une évidence, elle sera leur habitat. » L’association Kassoumaï


 

 

 


La glace et le ciel de Luc Jacquet (2015 - 89’)
jeudi 19 mai - 20h30 - cinéma Véo - Tulle, avec la FAL 19, Corrèze Environnement
et le CCFD Terre solidaire. Projection suivie d’un débat en présence de Robert
Delmas, chercheur au CNRS, chargé de mission pour les questions du changement
climatique à la DGRI (Direction Générale pour la Recherche et l’Innovation)
1955 : Claude Lorius répond à une petite annonce et part avec deux compagnons pour un hivernage d’un an en Antarctique, sans possibilité de retour ni d’assistance. Cette première campagne dans le grand sud est l’acte fondateur de son existence. Sur ces terres vierges de toute expérimentation, le jeune homme réalise que chaque bulle d’air enserrée par les glaces des pôles est un échantillon de l’atmosphère de l’époque où elle fut emprisonnée. Autrement dit, à une profondeur de quelques mètres, la glace contient l’air que respiraient les Romains.
Températures, bulles d’air... Ces découvertes vont conduire à des forages qui vont lui permettre de remonter à plus de 400 000 ans dans notre histoire climatique, ce qui n’avait jamais été réalisé auparavant. Face aux connaissances qu’il vient de mettre à nu, Claude Lorius n’a de cesse tout au long de sa vie de tenter de convaincre, de faire prendre conscience des périls que l’humanité fait peser sur sa propre planète. Mais trop souvent il se heurte au silence,à l’incompréhension, au déni et aux pressions. L’homme de science a décidé de prendre le temps de revenir en arrière, de reconstituer le puzzle de sa vie. Il livre ici son témoignage, peut-être le dernier. Il raconte un monde ancré dans l’Anthropocène, cette ère nouvelle où l’homme est devenu la puissance qui régit l’écologie et la marche climatique du monde.

L’intervenant. C’est dans les années 60 que Robert Delmas rencontre pour la première fois Claude Lorius, alors jeune chercheur glaciologue, qui préparait sa thèse sur les neiges et les glaces polaires. Robert Delmas, chimiste de formation, décide alors de développer ses activités scientifiques dans la chimie de l’environnement, domaine novateur. Il propose à Claude Lorius de rejoindre son équipe en 1968. Dès 1970, ils contribuent ensemble à l’essor et au développement des disciplines basées sur l’étude des carottes de glace. Les études de paléoclimatologie de Robert Delmas, notamment celles de Vostok, ont été décisives pour convaincre les gouvernants de la planète de prendre des mesures visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre.
Exposition des travaux réalisés par les élèves des « Classes natures » des écoles de Tulle et des alentours au Centre Ressources Nature et Environnement de Pandrignes. L’objectif de ces sorties est de sensibiliser dès le plus jeune âge aux enjeux de la nature et de la biodiversité.
Du 11 au 25 mai - hall du cinéma Véo.


 

 

droit de questions
70ème anniversaire de la Sécurité Sociale
avec Michel Etiévent, écrivain et historien
vendredi 13 - 20h30 - salle de l’Université Populaire - Tulle, entrée libre
avec les Compagnons de la mémoire vivante et Meymac Autrement
Au moment où les programmes éducatifs d’Histoire sont de plus en plus réduits il peut être salutaire de s’arrêter, 70 ans après sa création le 4 octobre 1945, sur la genèse de l’évènement : l’ordonnance du 4 octobre était une des nombreuses mesures issues du programme du Conseil National de la Résistance, et émanation directe d’une réflexion et conception collective sous la responsabilité d’Ambroise Croizat à l’assemblée consultative d’Alger (juin 1943). Le rapport des forces politiques et syndicales progressistes était alors tel que cette grande conquête sociale a pu être mise en place malgré l’opposition violente de la Droite, des assurances privées, du corps médical, du patronat...
Aujourd’hui, les atteintes à cette conquête et les idées reçues qui l’accompagnent (dont le fameux « trou de la sécu » ) sont un des arsenaux du combat idéologique que mène sur tous les fronts l’ultra libéralisme pour l’abandon des acquis sociaux en laissant à penser que la France est plus pauvre qu’en 1945 !
Pour rappeler le 70 ème anniversaire de la Sécurité Sociale, dissoudre les écrans de fumée et rendre à César ce qui est à César, invitation est faite à Michel Etiévent, auteur de l’ouvrage majeur Ambroise Croizat ou l’invention sociale. Écrivain et historien, il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages pour adultes et enfants (documentaires, essais, albums, fiction...). Il est aussi directeur de stages de formation et anime depuis 30 ans des ateliers d’écriture en milieu universitaire, scolaire, urbain, carcéral, hospitalier...
Il est très attaché à montrer la réalité de la vie ouvrière et vient de participer au dernier film de Gilles Perret La sociale dans lequel il assure la partie historique. Des initiatives sont prévues à l’automne pour organiser des projections-débats en Corrèze.


 

 


nuits debouts... à Tulle
« Une énergie qui s’éveille. D’abord contre la loi El Khomri et « son monde » (pour reprendre l’expression de François Ruffin), cette énergie s’est transformée en un kyste gênant les pouvoirs, et s’est répandue sur toutes les places du pays. Sa force réside dans l’acceptation partagée d’une multiplicité de luttes, aux fonds et formes hétérogènes qui désormais se croisent. L’insatisfaction générale et l’exaltation à l’idée d’en découdre, d’une manière ou d’une autre, suffisent largement pour remplir les places tous les soirs. C’est dire la situation de notre monde...
Il n’y a pas d’organisateur, il y a peu de mots d’ordre. La puissance de cette séquence dont la fin serait complètement inutile est dans la capacité de chacun de s’en saisir et de lui donner le ton qu’il souhaite. Il n’y a plus de programme. Ce joyeux bordel, c’est ce que notre vieille démocratie nous a toujours refusé, et ce par quoi nous en finirons avec elle.
C’est tous les samedi soirs à Tulle. » Des participants aux Nuits Debouts à Tulle

 

 

 

 

 


Mois d'avril 2016

 


droit de questions
Podemos, pour une autre Europe avec Christophe Barret, historien

samedi 16 - 14h - salle de l’Université Populaire - Tulle
avec La Boussole, Les compagnons de la mémoire vivante
et Meymac Autrement dit
En décembre dernier, le parti « anti-austérité » Podemos est entré au Congrès des députés de Madrid. Que nous dit ce mouvement de la gauche radicale espagnole ? Qui sont ses jeunes leaders ? Où ont-ils été formés ? Comment et pourquoi ont-ils été les premiers à comprendre que la partie que se jouait, en 2011, au cours du printemps des Indignés n’est pas une révolte d’agités, mais un soulèvement des classes moyennes contre les partis libéraux qui ne les convainc plus.
Pour répondre à ces questions, Christophe Barret est allé en Espagne où il a non seulement participé à plusieurs manifestations organisées par Podemos, mais où il a aussi rencontré des militants et responsables du Parti. Il a étudié leur maître à penser, le politologue post-marxiste Ernesto Laclau. Fruit d’une enquête inédite et très documentée, le livre de Christophe Barret, Podemos. Pour une autre Europe (éditions du Cerf, novembre 2015), dévoile les dessous d’une des conquêtes politiques les plus inattendues de ce début de XXIe siècle.
Avec l’auteur, nous nous donnerons les moyens d’expliquer en quoi Podemos a réussi là où tous les partis anti-libéraux français ont échoué, et comment cette gauche radicale venant du sud de l’Europe permet de se réarmer théoriquement et politiquement.
Christophe Barret est titulaire d’une maîtrise d’histoire contemporaine (université de Bourgogne). Professeur certifié d’histoire-géographie puis attaché d’administration au sein de la Direction des publics des Archives nationales, il est aujourd’hui en charge de projets éducatifs interculturels. Familier de l’Espagne depuis une douzaine d’années, il commente régulièrement l’actualité de ce pays dans différents médias.
artothèque


 


Collection en mouvement : une peinture aussi plate que possible avec les oeuvres de Christophe Cuzin, Alain Doret, Sol Lewitt, Bruno Rousselot
du samedi 2 avril au samedi 7 mai - médiathèque du pays d’Argentat
mercredi 6 avril - 18h - vernissage de l’exposition
samedi 16 avril - 11h - visite commentée par David Molteau du relais artothèque
L’exposition sera ouverte le mardi et jeudi de 9h30 à 13h30, le mercredi de 9h à 18h et le
samedi de 9h30 à 16h30. Cette opération est réalisée par le FRAC-Artothèque du Limousin et le FACLim, la Communauté de communes du Pays d’Argentat et Peuple et Culture, avec le soutien de la DRAC et de la Région Limousin.


 


et aussi...
RESF fête ses 10 ans !
samedi 2 avril - toute la journée - salles Latreille haut et bas - Tulle

Les rendez-vous
11h - Spectacle de Mohammed Cassius Bangoura sur son vécu et son expérience depuis la Guinée
12h - Chorale / 12h30 - Repas
14h - Conférence gesticulée de Chantal Beauchamp intitulée Héléna, Ibrahima, Sarkis et les autres... un bout de chemin avec les sans-papiers
17h - âne à ailes (présentation théâtre et musique avec les enfants de l’atelier)
19h - Apéro suivi d’un repas tiré du panier
21h - Concert
Toute la journée
- des expositions (peintures mises en vente au profit de RESF, ‘‘mur’’ de dessins, actions de RESF19, sur les migrations, sur les préjugés)
- une table librairie (Editions Tartamudo)
- tables des organisations du réseau
- « Oreilles sans frontières » préparé par l’OCCE
Et pour les enfants
- un atelier peinture
- un coin lecture (Lire et faire lire/FAL)
- des jeux de société (Air de jeux)


 

cinéma documentaire


MARS 2016


Of men and war (Des hommes et de la guerre)
de Laurent Bécue-Renard (2014 - 142’)
vendredi 4 - 20h - cinéma Véo - Tulle, en présence du réalisateur
tarif unique : 6 €

Ils auraient pu s’appeler Ulysse, ils s’appellent Justin, Kacy, Brooks, Trevor ou Steve. Ils auraient pu revenir de Troie, ils reviennent d’Irak ou d’Afghanistan. Pourtant, pour eux aussi, le retour au pays est une longue et douloureuse errance. Partis combattre sous le drapeau américain, les douze guerriers de Of Men and War (Des hommes et de la guerre) sont rentrés du front sains et saufs, mais l’esprit en morceaux, consumés de colère, hantés par les réminiscences du champ de bataille. Leur quotidien est désormais peuplé d’ombres et de fantômes, la menace semble encore rôder partout. Leur femme, leurs enfants et parents ne les reconnaissent plus et les regardent, impuissants, se débattre contre d’invisibles démons. Guidés par un thérapeute pionnier dans la prise en charge des traumatismes de guerre, lui-même vétéran du Vietnam, ils vont peu à peu tenter ensemble de mettre des mots sur l’indicible et se réconcilier avec eux-mêmes, leur passé et leur famille.
On dénombre aux États-Unis près de 3 millions de vétérans des récentes guerres d’Irak et d’Afghanistan. Selon les estimations du Pentagone, un tiers d’entre eux souffriraient de
« syndrome de stress post-traumatique ». Nombreux sont les soldats qui rentrent du front en espérant tourner la page sur ce qu’ils ont vécu. Grâce aux bourses d’études accordées aux anciens G.I., ces jeunes mariés – parfois jeunes pères – comptent vite se trouver une situation. La plupart d’entre eux ont été examinés par un psychiatre militaire pour détecter d’éventuels troubles : rien à signaler. Pourtant, quelque chose ne va pas. La guerre ressurgit à travers des cauchemars et de violentes crises d’angoisse. Un bruit soudain peut suffire à déclencher un accès de panique. D’autres fois, c’est une querelle domestique ou le regard équivoque d’un inconnu. Alors c’est comme une lame de fond : tout ce qui était enfoui refait surface et engloutit le reste. Les journaux américains regorgent d’articles sur les vagues de suicides chez les jeunes vétérans, leur addiction aux drogues, leur implication dans des affaires de violence conjugale ou de tueries collectives. Le nombre de soldats démobilisés nécessitant des soins, qui a dépassé le demi-million, a débordé les capacités de la Veterans Administration.
Le réalisateur. Laurent Bécue-Renard est un réalisateur et producteur français. En 1995-96, il passe la dernière année de la guerre à Sarajevo comme rédacteur en chef du magazine Sarajevo Online, qui publiera ses Chroniques de Sarajevo.
Après le conflit, il retourne en Bosnie-Herzégovine et se consacre à une réflexion sur les traces psychiques de la guerre en filmant sur plusieurs saisons le travail de deuil entrepris en thérapie par des veuves de jeunes combattants. Le film qu’il en tire, De guerre lasses, est présenté dans une cinquantaine de festivals internationaux et plusieurs fois primé, recevant notamment le Prix du film de la Paix décerné au Festival international du film de Berlin. Deuxième volet d’une trilogie intitulée Une généalogie de la colère, Of Men and War (Des hommes et de la guerre) accompagne cette fois dans leur chemin intime de jeunes soldats américains revenus de guerres lointaines meurtris dans leur âme.

 


 


Les invisibles de Sébastien Lifshitz (2012 - 115’)
samedi 26 - 20h30 - salle du Cantou - St-Martin-la-Méanne, entrée libre

« Maurice, Monette, Lucien et Thérèse sont tous nés dans l’entre-deux-guerres. Ils partagent deux points communs, celui d’être homosexuels et d’avoir osé le vivre au grand jour, à une époque où la société les rejetait. Aujourd’hui, tous âgés, ils racontent ce que fut cette vie insoumise, partagée entre la volonté de rester des gens comme les autres et l’obligation de s’inventer une liberté pour s’épanouir. Chacun se souvient de son histoire et de ses anecdotes. Ces témoins n’ont pas eu peur d’assumer leur sexualité. Leurs récits permettent également de retracer l’histoire de la société française...
Leur parole est libre comme ce qu’ils nous racontent de leur vie amoureuse. Des hommes et des femmes âgés nous disent comment ils ont vécu l’homosexualité, leur refus d’être ‘‘invisibles’’, leur vie insoumise. Le film plutôt joyeux de Sébastien Lifshitz balaie sans que ce soit complètement prémédité beaucoup de clichés, à la fois sur la vieillesse et sur l’homosexualité : peu de tragédies, mais beaucoup de luttes et de travail sur soi ; personne ne se cache, ne cavale la nuit en quête d’amours furtives et supposées malheureuses ; personne n’habite « seul avec maman dans un très vieil appartement », comme dans la chanson ; aucun artiste, antiquaire, danseur ou coiffeur… Ici au contraire et comme l’a voulu le jeune réalisateur, ‘‘Monsieur et Madame Tout le Monde’’ répondent depuis leur expérience singulière à des questions universelles. Comment être soi ? D’ailleurs qui est-ce, ‘‘soi’’ ? Qu’est-ce que l’amour ? Comment se dégager des petites boîtes dans lesquelles on veut nous consigner ? Qu’est-ce que s’aimer quand on vieillit ? Loin du cirque médiatique autour du mariage gay et des pensées convenues de tout bord, les différences sont revendiquées avec humour, avec courage. Et la ‘‘nature’’, dans tout ça, à qui on fait dire tant de choses en la matière ? La caméra complice et partisane de Sébastien Lifshitz filme abondamment cette nature, ciels, nuages, prairies et rivières, comme un écrin pour l’amour libre. Ces vieux homos racontent notre société française dans le fond. D’un point de vue minoritaire, certes, mais si on veut bien écouter, ils nous parlent à nous tous et de nous tous. » L’équipe de St Martin.


 

 


Kosmos de Ruben Desiere (2014 - 61’)
mercredi 30 - 20h30 - salle Latreille - Tulle, dans le cadre des 10 ans
de RESF 19, entrée libre

Le Gesù était l’un des plus grands squats d’Europe, installé dans un ancien couvent bruxellois. Il abritait, jusqu’à sa fermeture en novembre 2013, près de 250 personnes de toutes origines; artistes, activistes, sans-papiers... Ruben Desiere décide d’y tourner un film avec certains occupants, basé sur le roman Cosmos de Witold Gombrowicz. Mais la menace d’une expulsion prochaine enfle, et la réalité rattrape la fiction.
Kosmos se focalise sur des Roms slovaques, Kevin Mroč et sa famille, qui y vivent depuis trois ans ainsi que sur deux nouveaux arrivants Mižu Balász et Rastjo Vaňo. Comme dans le livre de l’écrivain polonais, les jeunes hommes découvrent dans le bâtiment un pigeon pendu par une patte. Qui a fait cela et pourquoi ? Kevin et ses deux compères décident de mener l’enquête, qui n’aboutira jamais. Tout ça est l’occasion pour Ruben Desiere de capter des fragments de leur vie quotidienne : la solidarité entre habitants, les chaleureuses soirées familiales autour d’un verre ou le désarroi du père face à l’absence de travail et de perspective. Mais l’inéluctable arrive vite, trop vite. L’expulsion est immédiate, on se presse pour trouver un refuge à quelques meubles, on sauve les vêtements chauds pour affronter l’hiver. Desiere, lui, est toujours aussi proche de ses personnages mais le dispositif a changé, bousculé par l’urgence du réel.
RESF 19. Le Réseau éducation Sans Frontières de Corrèze s’est constitué en 2006 à partir d’associations, de syndicats, de groupes politiques et de citoyens pour soutenir les familles d’enfants sans papiers scolarisés. Il a pris la suite d’un collectif corrézien de soutien aux sans-papiers. Tout naturellement, RESF 19 a pris en charge le suivi administratif de toutes les personnes en difficulté de régularisation. Suivi en liaison avec le RESF national (créé en 2004), le Gisti (Groupe d’information et de soutien aux immigré.e.s), la Cimade, l’Anafé (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers). Ce suivi consiste en aide à la constitution des dossiers, en accompagnement à la Préfecture, en organisation de parrainages républicains, en aide pour la mise place des recours éventuels… RESF 19 travaille, dans la mesure du possible, en liaison avec les services sociaux et les associations caritatives.
L’autre aspect fondamental des objectifs de RESF depuis sa création est de mettre en œuvre les actions pour essayer de faire évoluer la loi vers une vraie politique d’accueil par modification du Code d’Entrée et de Séjour des étrangers et Demandeurs d’Asile (suppression des taxes exorbitantes, allègement et accélération des procédures, amélioration de l’accueil par les services de l’état…). Pour ce faire RESF 19, avec ses diverses composantes et soutiens a mené un certain nombre d’actions : sensibilisation au travers d’actions culturelles, manifestations, pétitions, interpellations des parlementaires et de l’état par l’intermédiaire des Préfets.


 


droit de questions
État d’urgence, la République en danger?
avec Dominique Noguères, avocate, vice-présidente de la Ligue des droits de l’homme
jeudi 3 - 19h30 - salle de l’Université Populaire - Tulle,

à l’initiative du collectif corrézien Nous ne cèderons pas
Les collectifs Nous ne cèderons pas se sont créés un peu partout en France sur la base du texte suivant : « Pour nous, c’est définitivement non !
Non au projet de déchéance de la nationalité, non à une démocratie sous état d’urgence, non à une réforme constitutionnelle imposée sans débat, en exploitant l’effroi légitime suscité par les attentats. Nous n’acceptons pas la gouvernance de la peur, celle qui n’offre aucune sécurité mais qui assurément permet de violer nos principes les plus essentiels. Notre rejet est absolu. Nous appelons tous ceux et celles qui partagent une autre idée de la France à le manifester.
Premières organisations corréziennes signataires : Cap à Gauche, Confédération Générale du Travail (CGT), collectif Maquis de Corrèze, Europe-Ecologie Les Verts (EELV), Fédération Syndicale Unitaire (FSU), La Libre Pensée, Ligue des Droits de l’Homme, Mouvement de la Paix, Parti de Gauche (PG), Peuple et Culture, Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF), Réseau Education Sans Frontières (RESF 19), Union Syndicale Solidaires.
pétition à retrouver sur www.change.org/p/collectif-correzien-d-urgence-citoyenne

 


 


dates à retenir
RESF 19 fête ses 10 ans
samedi 2 avril - à partir de 11h - salle Latreille (haut et bas) - Tulle

Journée festive et ouverte à tous : expos, tables rondes, spectacles, concerts, conférence gesticulée, ateliers et jeux pour les enfants…


 

Décade cinéma et société : Y’en aura pour tout le monde !
Cette année la Décade nous met l’eau à la bouche en proposant une programmation autour de l’alimentation.
du jeudi 21 au lundi 25 avril
en campagne : Chenailler-Mascheix, St Jal, Naves, St-Martin-la-Méanne, Sérilhac, Vitrac- sur-Montane
du mercredi 27 avril au dimanche 1er mai au cinéma Véo à Tulle

Alimentation générale ! Note d’intention de la Décade 2016

“Si j’avais un fils à marier, je lui dirais : Méfie-toi de la jeune fille qui n’aime ni le vin, ni la truffe, ni le fromage, ni la musique” Colette.

Manger ne se réduit pas à se nourrir. L’alimentation, autant qu’un besoin physiologique, relève également du plaisir et de la relation à l’autre. De plus, la diversité des pratiques alimentaires témoigne de la dimension culturelle et sociale du rapport à la nourriture.

Traditionnellement, les repas sont des moments où les liens se tissent entre les individus. Temps de la vie quotidienne, temps de fêtes où se partagent les histoires, les blagues, les émotions et parfois les engueulades...

En reprenant Marcel Mauss, nous pouvons qualifier l’alimentation comme un “fait social total”, c’est-à-dire un fait qui concerne l’ensemble des relations sociales, individuelles, collectives, institutionnelles...

Le choix des aliments, les manières de manger révèlent des positions sociales différentes et des imaginaires multiples. Au delà de la dimension matérielle de la nourriture, s’exprime donc le sens qu’elle revêt pour les groupes humains, c’est à dire sa dimension symbolique. Aussi peut-on dire avec Lévi-Strauss : « Il ne suffit pas qu’un aliment soit bon à manger, encore faut-il qu’il soit bon à penser » .

La symbolique des aliments participe à la construction des identités individuelles et collectives. Aujourd’hui, les liens entre identité et pratiques alimentaires sont complexes : on croit manger local pour être et se sentir de quelque part, alors que les circuits de distribution s’inscrivent dans un contexte de mondialisation des échanges et de mobilité des hommes.

Nous avons eu le grand plaisir de concocter pour cette décade un véritable repas de fête composé de parfums et de saveurs très variées. Tous les genres cinématographiques sont convoqués : western, comédie, science fiction, road movie, documentaire, films amateurs, cinéma muet et parlant... Au plaisir de partager avec vous films et repas qui seront organisés autour des projections.

Sylvie Dreyfus Alphandéry et Federico Rossin

 



et aussi
Tempête de Samuel Collardey (2016 - 89’)
mardi 29 - 20h30 - cinéma Véo - Tulle, en présence du réalisateur
à 36 ans, Dom est marin pêcheur en haute mer et ne rentre que quelques jours par mois à terre. En dépit de ses longues absences, il a la garde de ses deux enfants. Dom fait tout pour être un père à la hauteur. Il rêve même d’avoir sa propre affaire, un petit bateau de pêche à la journée qu’il exploiterait avec son fils. Assez grands pour s’assumer, Mailys et Mattéo n’en sont pas moins deux adolescents qui font leurs propres expériences. L’une d’elles, malheureuse, va forcer Dom à faire un choix entre son métier au grand large et sa vie de famille.



Conférence du 8 mars
mardi 29 - 19h30 - ENSA (école nationale supérieure d’art)
19 rue Martin Luther King - Limoges
avec Geneviève Fraisse, philosophe et historienne de la pensée féministe
devinette

 


 


Saurez-vous reconnaître l’auteur de ce texte?
« Ici plus qu’ailleurs, il convient de faire le partage entre les bons éléments et les indésirables qui, pour être exclus de notre territoire, ne doivent évidemment pas pouvoir s’intégrer dans la collectivité française.
Cette préoccupation nous a également amené à simplifier la procédure de déchéance de nationalité, car, si notre législation se montre des plus libérales pour attribuer aux étrangers la qualité de Français, il importe que les autorités responsables aient à leur disposition des moyens prompts et efficaces pour retirer notre nationalité aux naturalisés qui se montreraient indignes du titre de citoyen français. Enfin, s’il fallait strictement réglementer les conditions d’acquisition de la nationalité française, il n’était pas moins indispensable d’assurer l’élimination rigoureuse des indésirables. Sans doute le ministre de l’intérieur a-t-il le droit d’expulser les étrangers résidant en France, ou, s’ils sont dans l’impossibilité de trouver un pays qui les accepte, peut-il leur assigner une résidence dans une localité déterminée, mais il est de ces étrangers qui, en raison de leurs antécédents judiciaires ou de leur activité dangereuse pour la sécurité nationale, ne peuvent, sans péril pour l’ordre public, jouir de cette liberté encore trop grande que leur conserve l’assignation à résidence. Aussi est-il apparu indispensable de diriger cette catégorie d’étrangers vers des centres spéciaux où elle fera l’objet d’une surveillance permanente que justifient leurs infractions répétées aux règles de l’hospitalité. »
Alors, de qui est ce texte ?
□ Nicolas Sarkozy ? □ Manuel Valls ? □ Florian Phillipot ? □ Autre ? (Réponse ci-dessous)

 

Edouart Daladier, Président du Conseil, ministre de la défense nationale, radical socialiste en 1938


 


 

 

 

FEVRIER 2016

Between times de Marc Karlin (1993 - 50')
vendredi 5 février - 20h30 - salle Latreille haut - Tulle


Essai sur l'avenir de la gauche britannique, Between Times est un voyage à travers les idées et questions traversant les débats contemporains autour du programme de Tony Blair. Il prend la forme d'un échange entre un socialiste, A, qui croit en la possibilité de l'auto-activité de la classe ouvrière et un postmoderne, Z, pour qui tout effort de résistance est vain.
Est-il possible, ou même souhaitable, de dessiner une carte politique ? Karlin cherche à dévoiler les présupposés et les conséquences enfouis au sein de la manipulation médiatique.
Marc Karlin (1943 - 1999) fait partie de cette génération de cinéastes qui, après avoir vécu l'expérience militante des années soixante et soixante-dix, a développé une nouvelle pratique cinématographique dans les années quatre-vingt ( les années de Margaret Thatcher et Ronald Reagan ) en repensant la tradition marxiste pour la dépasser.
Son activisme politique a pris la forme d'une approche radicale de l'esthétique documentaire et d'une tentative constante de construire une culture cinématographique alternative qui puisse s'opposer au système médiatique.


 


Brûle la mer de Nathalie Nambot et Maki Berchache (2014 - 75')
samedi 6 février - 20h30 - cinéma Véo - Tulle, en présence de la réalisatrice

avec RESF 19, tarif unique : 6 €

Brûle la mer se tient au croisement paradoxal entre l'énergie vive d'une révolution en cours,
l'élan d'un départ vers l'Europe et la violence d'un accueil refusé. Le film guette ce qui
constitue la trame sensible d'une existence à un moment de rupture. Ce qu'il y a d'infime, de
plus commun, loin de l'exotisme, mais hanté par le rêve, comme un appel. Il ne s'agit pas d'un
documentaire sur l'émigration ou la révolution, c'est un essai sur la liberté ou plutôt de liberté :
une tentative d'évasion réelle et fictive à laquelle la fabrication d'un film participe, prenant part
à ce processus d'émancipation : brûle la mer, les frontières, les lois, les papiers… Qu'est-ce que
rompre avec sa vie passée, quitter son pays, sa famille où prévalent encore vaille que vaille des
liens très forts de solidarité, d'entraide et un attachement ancestral à la terre, pour rejoindre le
monde mythifié et dominé par les rapports capitalistes. Qu'est-ce que : Vivre sa vie ?
La réalisatrice. Pendant 20 ans, Nathalie Nambot a travaillé comme actrice au théâtre. Elle
réalise un premier film à Moscou en 2010 Ami, entends-tu. Elle fait partie du collectif de cinéma
« l' Abominable » et participe à des luttes autour de la question de la précarité et des sans-papiers.


 


J'avancerai vers toi avec les yeux d'un sourd
de Laetitia Carton (2015 - 105')
lundi 8 février - 20h30 - cinéma Véo - Tulle, en présence de la réalisatrice


film en version sous-titrée pour les sourds et les malentendants suivi d'un débat
interprétation en langue des signes - français - assurée, tarif unique : 6 €
« Ce film est adressé à mon ami Vincent, mort il y a dix ans. Vincent était Sourd. Il m'avait
initiée à la langue des signes. Je lui donne aujourd'hui des nouvelles de son pays, ce monde
inconnu et fascinant, celui d'un peuple qui lutte pour défendre sa culture et son identité.
Les Sourds sont parmi nous et on ne les voit pas, on ne les connaît pas. Il existe, par rapport à
la surdité, un déni fort qui m'interpelle beaucoup. L'histoire de Vincent est celle de beaucoup de
sourds, qui ont subi une éducation oraliste, avec un déni de leur surdité, qui en ont souffert, puis
qui découvrent sur le tard la langue des signes et la culture sourde, et basculent dans ce monde.
Pour mon film, je me suis intéressée aux Sourds-Signeurs, ceux qui ont pu accéder à la langue
des signes et qui sont bien dans leurs baskets. Pour moi, ce sont eux qui sont sous-représentés au
cinéma et à qui j'avais vraiment envie de donner la parole. » Laetitia Carton, réalisatrice.
Un film indispensable, d'une humanité profonde. La réalisatrice nous fait découvrir un monde
souvent réduit - à tort - au handicap. Le film témoigne du quotidien des Sourds, du sentiment
d'exclusion dont ils sont victimes, de souvenirs d'enfance faits de contraintes et d'impuissances,
de luttes contre les préjugés mais aussi contre un système qui souhaiterait que la seule réponse
à apporter à un sourd soit un dispositif médical qui le rendrait ''entendant'', le faisant ainsi
rentrer dans la norme.
La langue des signes, leur ''langue première'', n'est pas seulement un moyen de communiquer,
c'est aussi une façon d'être et de penser, une culture, une appréhension différente du monde : un
sourd regarde plus le regard que les mains car c'est lui qui exprime tout et apporte des nuances
subtiles, permettant de développer un vocabulaire riche et complexe. Ce que la réalisatrice a
surtout voulu nous montrer c'est un monde soudé, combatif, positif, souriant et vivant, et c'est
terriblement communicatif. Pari réussi.

 


 

Spartacus et Cassandra de Ioanis Nuguet (2014 - 81')samedi 13 - 20h30 - St-Martial-Entraygues - salle des fêtes
avec l'association Kassoumaï, entrée libre


Spartacus, jeune Rom de 13 ans et sa soeur Cassandra, 10 ans sont recueillis dans le chapiteau-squat de Camille, une drôle de fée trapéziste qui prend soin d'eux, leur offre un toit et leur montre le chemin de l'école. Mais le coeur des enfants est déchiré entre l'avenir qui s'offre à eux… et leurs parents qui vivent encore dans la rue.
Ioanis Nuguet a passé trois ans auprès des Roms de Seine-Saint-Denis. À la froide observation de leur vie, le jeune cinéaste préfère un film documentaire à « hauteur d'enfants », constitué de la somme de leurs regards, sentiments, pensées… Son cinéma direct en plans séquences s'ouvre à la fantaisie, à la musique, au Super 8, aux photos et animations, libre comme le slam de Spartacus. L'histoire de deux enfants qui, au bout de l'engrenage judiciaire, comprennent qu'à défaut de pouvoir sauver leurs parents, ils peuvent décider de se sauver eux-mêmes.
Ioanis Nuguet compose avec empathie un « conte documentaire » à la fois tendre et rude, réaliste et poétique. Où, dépassant la fonction de sujets-témoins de l'enfance rom, Spartacus et Cassandra nous offrent la possibilité d'expérimenter l'absolue singularité de leur vie. Et de devenir les témoins de leur combat pour trouver une place dans ce monde qui souvent les rejette, pour rompre avec cette fatalité qui voudrait qu'ils n'aient d'autre existence que celle qu'on leur réserve, à la lisière de la société. Être enfant, comme leur dit Camille, c'est continuer de rêver à une vie meilleure.


 

formation
Comment le cinéma nous sert-il à penser ?
trois journées avec Federico Rossin
vendredi 5, samedi 6 et dimanche 7 - locaux de Peuple et Culture - Tulle
Dans une époque où la démocratie, le vivre ensemble, les droits fondamentaux du citoyen sont gravement menacés, nous avons fait de cette formation à la programmation des films documentaires un parcours en trois étapes où l'actualité la plus brûlante des derniers temps n'entraîne pas de fuite en avant irréfléchie et d'addiction aux nouvelles mais, au contraire, une tentative de se réapproprier les outils critiques fondamentaux. Ces outils nous mettent à l'abri des réactions émotives simplistes et nous poussent à retrouver la réflexion collective et le travail sur les images et sur les concepts.
Les films dont nous allons discuter, réunis en trois programmations distinctes, nous pousseront à penser ensemble et à envisager le potentiel d'émancipation du travail du programmateur.


vendredi 5 : Réapprendre à voir
Réapprendre à voir, afin de désamorcer les pièges que nous tendent les machines mythologiques
des médias, à tout moment. Utiliser à nouveau le montage - ici, entre les films - comme un outil
de lecture critique des images et des sons, pour répondre avec plus d'intelligence politique
à la violence qu'impose l'urgence d'État au travers de ses appareils. Oser la réappropriation
des médias, afin d'en extraire des possibilités concrètes d'émancipation et de libération.
Analyse, échange, travail autour d'une programmation de films.
Projection du soir : Between Times de Marc Karlin - 20h30 - salle Latreille Haut - Tulle
(voir résumé du film dans la rubrique cinéma documentaire)


samedi 6 : Lutter ici pour comprendre l'ailleurs
Il est possible de penser politiquement l'altérité et l'ailleurs seulement si l'on comprend ses effets
ici et maintenant. Les questions de l'autre, du réfugié et du migrant nous confrontent aux apories
tragiques que les États européens (parmi d'autres) cultivent sans s'interroger. Savoir lire dans
l'actualité les traces d'une époque et trouver les racines de la violence dans l'histoire longue du
colonialisme, cela signifie aller voir l'autre et se battre contre le fantasme et contre les préjugés.
Analyse, échange, travail autour d'une programmation de films.
Projection du soir : Brûle la mer de Nathalie Nambot et Maki Berchache - 20h30 - cinéma Véo - Tulle
(voir résumé du film dans la rubrique Cinéma documentaire)


dimanche 7 : Traces d'histoire
La programmation peut devenir une machine à décrypter les symptômes et les signes dont la
réalité qui nous entoure est intimement constituée. Les questions de l'histoire, de la trace, du sens
du passé qui se fait sentir sur l'avenir, feront l'objet de cette troisième rencontre. Comment peut-on
rendre du sens à des batailles considérées comme étant perdues ? Comment pouvons-nous étudier,
en archéologues du présent, les racines profondes des appareils de capture qui nous brident ?
Analyse, échange, travail autour d'une programmation de films.
Federico Rossin, historien du cinéma, critique et programmateur (entre autres : États généraux
du film documentaire de Lussas, Cinéma du réel... )


Modalités pratiques : La formation est ouverte à tous gratuitement (sur inscription par
mail à david.chadelaud@gmail.com pour prévoir l'organisation matérielle). Les trois jours
font un tout et il est préférable d'y participer dans sa totalité, cependant en cas d'impossibilité,
une inscription partielle peut s'envisager. Horaires : de 9h45 à 13h et de 14h30 à 17h.

 

 

 


 


 

 

JANVIER 2016

 


Hiver nomade de Manuel Von Stürler (2012 - 85’)
samedi 16 - 20h30 - salle du Cantou - St Martin-La-Méanne, entrée libre
Pascal et Carole sont bergers en Suisse. Durant les mois de l’hiver 2012, le cinéaste Manuel Von
Sturler les suit, leurs 800 brebis et agneaux, leurs ânes, leurs chiens et eux, le long des chemins
de transhumance. De trans : « de l’autre côté » et humus : « terre ». 600 kilomètres de pâturage
itinérant, une pratique ancestrale qui se fait rare aujourd’hui. Carole, 28 ans, pourrait bien être
la seule femme à faire ce métier dans nos contrées. Pascal, lui, y revient chaque hiver depuis
trente ans (pour l’anecdote, il est Corrézien !). Un vent de liberté bien glacé souffle sur leur
pérégrination, il nous revigore. Cette « terre de l’autre côté » offre des trésors cachés aux brebis
et à leurs agneaux, qui doivent être engraissés pour nourrir les citadins. Leur mort n’est pas
éludée, fin d’une bonne vie.
Hiver nomade pourrait être un beau film un peu nostalgique sur la transhumance, servi par
une photo magnifique. Mais le mystère qui entoure animaux et bergers, l’espèce d’harmonie et
de consentement qui règnent, les questions qui surgissent, le suspens même, en font plus qu’un
témoignage sur une pratique d’élevage. Nos deux bergers sont avares de mots et d’explications,
bourrus, tournés vers leur travail avec les brebis, plutôt moqueurs. À nous donc de deviner ce
qui passe. Pourquoi dorment-ils dans la neige comme leurs animaux, roulés dans des peaux
de bête ? Et pourquoi les agneaux jugés assez gras montent-ils dans le camion tranquillement,
sans contrainte, vers la boucherie, bien loin des scènes cruelles et dérangeantes habituelles ?
Pourquoi l’âne, épuisé, reprend force et se relève grâce aux quelques mots d’encouragement
que lui prodigue doucement le berger ? Qu’est-ce qui lie Pascal et Carole et pourquoi, quand ils
s’engueulent, ils ont l’air de s’amuser ensemble ? Pourquoi le monde des sédentaires semble irréel,
factice, ridicule, et le troupeau si vrai au contraire ? Pourquoi cette « terre de l’autre côté » paraît
tellement vivante, ordonnée, sensée, alors que l’autre, celle des autoroutes et des supermarchés,
des lotissements et des propriétaires terriens qui râlent, si bizarre, comme un décor moribond
qu’on a envie de fuir aussi vite que courent les brebis pour gambader dans la neige.
« Nous avons souhaité réfléchir à partir d’un film à ce qui se passe entre les hommes et les
animaux, à ce qu’on fait ensemble, hormis exploiter et massacrer. Peuple et Culture nous a
proposé celui-ci dans le fond documentaire de l’association. Bonne pioche ! Le propos semble
une illustration parfaite de la réflexion de l’agronome et ancienne éleveuse Jocelyne Porcher,
qui nous dit que notre capacité à coexister pacifiquement dépend de notre capacité à vivre en
paix et dignement avec les animaux. Elle fait l’hypothèse que les animaux coopèrent, peuvent
offrir leur travail et même leur mort en échange d’une vie bonne et de la protection offertes
par l’éleveur quand il respecte son troupeau. On ne sera pas tous d’accord avec ce point de
vue, mais il a le mérite d’indiquer une autre voie au massacre engendré par la « production
animale » et à l’éloignement du monde animal engendré par le végétarisme. Après le film, on
en discutera et sans doute on se disputera un peu car nous avons constaté, après la projection
de Bovines, que le thème touche beaucoup d’entre nous. Comme si, lorsqu’on parle de notre
rapport aux animaux, on parlait aussi de notre rapport aux humains, à nous-mêmes.»
L’équipe de St-Martin -la-Méanne


 

 


Être sans avoir de Christophe Ferrux (2013 - 80’)
vendredi 22 - 20h30 - salle des fêtes - Chenaillers-Masheix,
avec l’Association culturelle et sportive, entrée libre
Il y a 35 ans, Jean-Paul Grospélier abandonne son travail de dessinateur dans un cabinet
d’architecte et, à 21 ans, se lance, comme beaucoup à cette époque, dans le rêve d’un retour
à la terre. C’est dans le Haut-Jura qu’il déniche un nid pour ses utopies : la ferme idéale doit
être isolée, sans eau ni électricité et surtout sans loyer ! 35 ans après, Jean-Paul habite toujours
sans confort, cette presque ruine, alors que beaucoup des candidats à la vie nouvelle des
années 70 ont remballé leurs rêves. Lui a tenu bon, toujours décidé à être pauvre et heureux à
la fois. Aujourd’hui, Jean-Paul doit quitter son «squat des neiges». Le contrat tacite qui tenait
lieu de bail depuis 35 ans s’est achevé avec le décès de la propriétaire. Plutôt que de rechercher
une nouvelle ruine, il a décidé de construire sa propre maison, sans argent, sans budget, mais
en récupérant les pierres sur les ruines des fermes alentours.
C’est sur un plateau venté à 1200 mètres d’altitude et une vue somptueuse sur le sud Jura qu’il a
trouvé un petit bout de terrain classé... non constructible... Et comme il ne fait rien comme les
autres, il a choisi de construire en pierre de taille, tout seul, à son rythme. Le travail est colossal,
le chantier, lent, agace ou fait sourire les habitants du plateau, mais tous reconnaissent la
qualité de sa construction.
Depuis huit ans Jean-Paul partage sa vie avec Anne et ses deux filles âgées aujourd’hui de 12 et
13 ans. Une famille. Déscolarisées pendant cinq ans les filles ont souhaité retourner à l’école,
au collège, où elles ont retrouvé des camarades et...de très bonnes notes. Avec un regret cependant,
celui d’être de nouveau prisonnières du calendrier scolaire, interdisant dorénavant de
partir en famille au soleil dans la vieille caravane pendant les mois d’hiver...


 

 


Annonces de Nurith Aviv (2013 - 63’)
vendredi 29 - 20h30 - salle Latreille - Tulle , entrée libre
Depuis un bon moment déjà, et particulièrement par les temps qui courent dans les
conflits, les causalités religieuses se substituent avec facilité – voire démagogie – aux
analyses d’ordre historique, politique, géopolitique, économique et sociale.
C’est pourquoi Peuple et Culture propose ce film de Nurith Aviv qui, au lieu d’opposer
les religions, les rapproche.
Qu’ont en commun Abraham, fondateur du judaïsme, sa femme Sarah et sa servante Hagar, Marie, la mère de Jésus et Mahomet, le prophète de l’islam ? La visite d’un ange venu un jour leur annoncer l’impossible : à Abraham et Sarah, déjà avancés en âge et incrédules au point qu’ils en rient, la naissance d’un enfant ( Itzhak : « Il a ri » en hébreu) ; à Hagar, chassée dans le désert avec son fils Ismaël, que d’elle naîtrait une grande nation (les Arabes),à Marie qu’elle enfanterait le Sauveur sans avoir« connu » d’homme. Quant à Mahomet, qui dit ne pas savoir lire, l’ange lui ordonne : « Lis ! » le Coran, évidemment. Tous ont accepté l’annonce qui leur a été faite, et l’impossible ne l’a plus été.
Afin d’explorer les harmoniques mythologiques et psychanalytiques de ces histoires qui ont
bouleversé l’humanité, la réalisatrice Nurith Aviv a demandé à sept femmes, issues d’horizons extrêmement divers, de les commenter. Au lieu d’opposer les religions comme les récits dominants concourent à le faire aujourd’hui, la parole de ces femmes tend au contraire à les rapprocher, les entremêler, les superposer.
Ensemble, ces interviews-portraits esquissent une cartographie aux frontières mouvantes qui
évolue entre le Liban, Israël, la Pologne, la France, entre catholicisme, judaïsme et Islam : une relecture vivante et singulière des textes fondateurs du monothéisme.
La réalisatrice. Nurith Aviv est une portraitiste errante, entre chef opératrice et réalisatrice,
entre la France et Israël, entre le cinéma et la photographie, entre la fiction, le documentaire et le film expérimental. Elle est la première femme chef opératrice en France et a fait l’image d’une centaine de films de fiction et documentaires avec entre autres Agnès Varda, Amos Gitaï...
Passionnée par les langues, par le passage de l’une à l’autre, Nurith Aviv a réalisé ces dernières années une trilogie autour de l’hébreu.

 


 

 

Le temps des châtaignes de Jean Samouillan (2012 - 59’)
précédé du court métrage Mon petit frère de la lune de Frédéric Philibert (2007-6’)samedi 30 - 20h30 - salle des fêtes - Sérilhac avec l’association Achabatz d’Entrar entrée libre, cidre et galettes offerts après la projection.
Ce documentaire tourné en Ariège, dans le Volvestre, traite de la reprise des châtaigneraies par les néo-ruraux, alors que ces espaces furent pour la plupart abandonnés lors de l’exode rural des années 60. Cette revitalisation s’opère aujourd’hui sur des bases coopératives et écologiques, et s’appuie paradoxalement sur certaines valeurs qui furent celle de la société traditionnelle paysanne et qui renaissent aujourd’hui.
« Achabatz d’Entrar est le nom de la nouvelle association créée en mai 2015 à Sérilhac. Elle a pour objet l’organisation de manifestations festives, sportives et culturelles ouvertes à tous en favorisant l’intergénérationnel, facteur de cohésion, partage, transmission et solidarité.
Le choix de son adhésion à l’association Peuple et Culture participe à cet objectif d’ouverture offrant à chaque projection l’occasion d’un regard sur l’extérieur, ainsi qu’une interrogation sur soi. Le choix du film Le temps des châtaignes trouve d’emblée l’explication dans son titre et ses protagonistes : des néos-ruraux réhabilitant une production fruitière locale, en rappelant les principes fondamentaux liés au rythme et au respect de l’environnement, beau clin d’oeil dans notre contexte socio-économico-climatique actuel…» L’équipe d’Achabatz d’Entrar

 


 

PROGRAMMATION PEUPLE ET CULTURE CORREZE 2010 - 2015

PROGRAMMATION PEUPLE ET CULTURE CORREZE 2008 - 2010



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Programme du mois de juillet 2017

jeudi 21 et vendredi 22 septembre
Formation à la méthode Tandem en lien avec l’accueil des migrants de 10h à 18h - locaux de Peuple et Culture - Tulle, formation gratuite

dimanche 24 septembre
Projection du montage vidéo Assignés à Résistance de Peuple et Culture


17h - salle des fêtes - Eyrein, en présence de Pierre Faucher, résistant du groupe Antoine Vinatier d’Eyrein et de Dominique Albaret de Peuple et Culture

mardi 26 septembre
Cycle travail n°7 - Organisation
19h - locaux de Peuple et Culture, précédé d’un repas tiré du sac

vendredi 29 septembre
Projection du film Concerning violence de Göran Hugo Olsson
20h30 - locaux de Peuple et Culture - Tulle, en présence de Federico Rossin

 

samedi 30 septembre
Projection de trois courts métrages du Collectif Mohamed
17h - locaux de Peuple et Culture - Tulle, en présence de Federico Rossin

samedi 30 septembre
Projection du film Food Coop de Tom Boothe
20h30 - foyer rural- St-Martin-la-Méanne

 

 

 


Programme du mois de juillet 2017

Résidence Anne-Marie Filaire
Exposition du 14 juin au 29 juillet Paysage de Jeunesse
de 11 à 18h - église St Pierre - Tulle du mardi au samedi ( cf invitation jointe )

 

samedi 1er juillet
Projection en plein air du film Les moissons du futur de Marie-Monique Robin
à partir de 20h30 - devant la salle polyvalente - Sérilhac

 

mercredi 5 juillet
Atelier ouverts !
18h - présentation des travaux des ateliers arts plastiques de Pascale Guérin et David Molteau
19h - casse-croûte tiré du sac
20h30 - projection du film L’art en friches de Abel Kavanagh

vendredi 7 juillet
Projection en plein air du film La cour de Babel de Julie Bertuccelli
à partir de 20h30 - devant la salle polyvalente, Chenailler-Mascheix

dimanche 9 juillet
Projection du film Le libraire de Belfast d’Alessandra Celesia
15h - salle du Cantou - St-Martin-la Méanne, dans le cadre de la fête du livre

 

 

 

 

 

 

 


 

Programme du mois de juin 2017

vendredi 2 juin
Projection du film Printemps citoyen de Ryslaine Boumahdi
20h30 - cinéma Louis Jouvet - Uzerche avec la P’tite fabrique, en présence de la réalisatrice

Vendredi 2 juin
Projection de Wajda de Haifaa Al Mansour au cinéma Véo Tulle
avec l'association à bicyclette.

mardi 6 juin
Projection du film Bajo el agua brillante de Lucile Legoubé et Johan Gavlovsky
18h30 - salle Latreille - Tulle avec Médication Time, en présence des réalisateurs

samedi 10 juin
Projection du film Blanche Neige en prison de Claire Durand-Drouhin
20h30 - salle des fêtes - St Martial Entraygues

mercredi 14 juin
Rencontre avec Anne-Marie Filaire et signature de l’ouvrage Zone de sécurité temporaire
18h - librairie Préférences - Tulle

Résidence Anne-Marie Filaire
vendredi 16 juin
Vernissage de l’exposition Paysage de Jeunesse de Anne-Marie Filaire
18h - église St Pierre - Tulle ( cf invitation jointe )

vendredi 23 juin
Projection en plein air du film Crossing the bridge de Fatih Akin
21h30 - parking du Service Habitat jeunes - rue Pauphile - Tulle

jeudi 29 juin
Les chorales chantent dehors
à partir de 18h - jardins de la mairie - Tulle

jeudi 29 juin
Cycle travail n°6
20h - locaux de Peuple et Culture - Tulle, avec Médication Time

vendredi 30 juin
Projection en plein air du film La sociologue et l’ourson de Mathias Théry et Étienne Chaillou
à partir de 20h30 - derrière la salle des fêtes - St Jal

 


Programme du mois de mai 2017

du mardi 2 mai au vendredi 2 juin
Collection en mouvement, Terrains de jeux
galerie du musée du pays d’Ussel - Ussel, dans le cadre des printemps de Haute Corrèze

mardi 2 mai
Projection du film L’océan électro de Philippe Orreindy
18h30 - médiathèque Éric Rohmer- Tulle, avec Des Lendemains qui Chantent, en présence du réalisateur

mercredi 3 mai
Dédicace du coffret DVD/livre La capture avec Pierre Bergounioux
17h - librairie Préférences - Tulle
Projection du film La capture de Geoffrey Lachassagne en présence du réalisateur et de Pierre Bergounioux
20h30 - cinéma Véo - Tulle

.jeudi 18 mai
Cycle travail n°5 : témoignages d’un rappeur/chômeur décomplexé et de deux syndicalistes de la CGT
19h - locaux de Peuple et Culture - Tulle, avec repas partagé

vendredi 19 mai
16h30 - Colloque psychiatrie : Traitement de « traumas » lors des conflits
avec Samah Jabr et Thierry Tournebise, proposé par Les amis de Jayyous

20h30 - Projection du film Derrière les fronts d’Alexandra Dols
cinéma Véo - Tulle

samedi 20 mai
Projection du film Histoire d’un secret de Mariana Otero
20h30 - foyer rural - St-Martin-la-Méanne

 

 

 


 

Programme du mois de mars 2017

.vendredi 17 mars
Projection du film Les jours ici de Benoit Keller 20h30 - salle des fêtes - St Jal, avec l’Amicale laïque

mardi 28 mars
Projection du film Ces enfants sur mon chemin de Erika Haglund 20h - auditorium du lycée agricole Edgar Pisani - Naves, dans le cadre des Journées Départementales des Droits de l’Enfant

 

vendredi 24 mars
Le travail en questions : cycle travail n°4 20h - locaux de Peuple et Culture - Tulle

 

samedi 18 mars
Rencontre Tandem 15h - locaux de Peuple et Culture - Tulle, suivie d’un goûter partagé

 

 

samedi 11 mars
Projection du film Fukushima, les voix silencieuses de Lucas Rue et Chiho Sato 15h30 - auditorium - médiathèque éric Rohmer - Tulle, en présence des réalisateurs

 

samedi 1er avril
L’exploration inversée de Jean-Marie Barrère et Marc Dozier (2007 - 101’) - 20h30 - salle des fêtes - St Martial Entraygues, participation libre

 



 

Programme du mois de février 2017

 

mercredi 1er février
Projet Ottuda Récits de corréziens de là et d’ici
, web documentaire réalisé par Johan Gavlovsky, Robin Mairot,
Sylvestre Nonique-Desvergnes et Vivien Vedrenne projection suivie d’une discussion avec l’équipe 20h30 - salle de l’Université Populaire - Tulle

samedi 4 février Projection du film Le potager de mon grand-père
de Martin Esposito 20h30 - salle des fêtes - Sérilhac

lundi 6 et mardi 7 février
Journées d’études
: 1917, regards croisés sur la révolution bolchévik : impact et héritage
ENSA - campus Vanteaux - 19 av. Martin Luther King - Limoges

jeudi 9 février
Cycle travail n°3 : Récits d’expériences :

Le battement d’ailes à Cornil et le Magasin général de Tarnac 20h - locaux de Peuple et Culture - Tulle

samedi 11 février
Accueil de migrants, Rencontres Tandem
15h - salle de réception - Centre Culturel et Sportif - Tulle

samedi 18 février
Projection du film Il s’agit de quitter la terre
de Virginie Meunier 20h30 - salle du Cantou - St Martin la Méanne


 

Programme du mois de janvier 2017

 

 

samedi 7 janvier
Projection du film L’an 01 de Jacques Doillon
20h30 - salle du cantou - St-Martin-la-Méanne

vendredi 13 janvier
Projection du film Hiver nomade de Manuel Von Stürler
20h30 - salle polyvalente - Chenailler-Mascheix, avec l’association culturelle et sportive

vendredi 20 janvier
Projection du film Food Coop de Tom Boothe
21h - cinéma Louis Jouvet - Uzerche, avec la P’tite Fabrique Solidaire
projection suivie d’une rencontre avec des acteurs locaux du circuit court :
Mylène Tartarin du magasin Les Récoltes locales, Marylène et Michel Dupuis de la Ruche
qui dit Oui et la P’tite Fabrique Solidaire pour une présentation du P’tit Panier Paysan

 




 

Programme du mois de décembre 2016

ji 8 décembre

eudi 8 décembre
Projection du film Home sweet home de Nadine Naous
20h30 - salle des fêtes - St Jal, avec vendredi 9 décembre
Le travail en questions, rencontre n°2 avec Nicolas Guerrier de l’association Medication Time
20h - locaux de Peuple et Culture- .

samedi 10 décembre
Projection du montage vidéo Assignés à Résistance réalisé par Peuple et Culture
16h30 - cinéma Véo - Tulle,

lleicale laïque

samedi 10 décembre
Projection du film Flore de Jean-Albert Lièvre
20h30 - salle des fêtes - St Martial Entraygues, avec Kassoumaï
20h30 - salle des fêtes - St Jal, avec dimanche 18 décembre
Fête du court métrage, sélection de courts métrages d’animation, à partir de 3 ans
10h30 - cinéma Véo - Tulle, projection précédée d’un goûter offert
micale laïque

 

:



Programme du mois de novembre 2016:

jeudi 10 novembre
Le travail en questions
ave

samedi 12 novembre
Projection du film Tout va bien [ 1er commandement du clown ]
de Pablo Rosenblatt et Émilie Desjardins

mardi 15 novembre
Accueil des réfugiés, réunion d’information sur la méthode Tandem
18h15 - locaux de Peuple et Culture - du vendredi 18 au dimanche 20 novembre
Formation Lire les images : pour une nouvelle aphabétisation
avec Federico Rossin, critique et historien du mercredi 23 novembre
Journée d’étude autour du livre Enfantillages outillés, en présence de Fanny Béguery
et Adrien Malcor
à partir de 10h - École Nationale Supérieure vendredi 25 novembre
Projection du film Coups de foudre de Christophe Reyners

10h - accueil de jour Inform’Elles - rue Vendredi 25 novembre
Rencontre autour du livre Enfantillages outillés en présence de Fanny Béguery et Adrien Malcor
18h - école - St Martin la Méanne
samedi 26 novembre
Rencontre autour du livre Enfantillages outillés en présence de Fanny Béguery et Adrien Malcor
11h - librairie Préférences - Tulle

samedi 26 novembre
Projection du film Of men and war

de Laurent Bécue-Renard
20h30 - salle des fêtes - Sérilhac, avec Assignés à Résistance, réalisé par Peuple et Culture
samedi 10 décembre - 16h30 - cinéma Véo - Tulle,habatz d’entrar

ouisa Paulin - Tulled’Art - LimogescinémaTulle0h30 - salle du Cantou - St Martin la Méannec Nicolas Guerrier de l’association Medication Time
20h30 - salle Amérique - CCS - Tulle

 

 

et Culture


Programme du mois d'octobre 2016:

mercredi 5 octobre
Rencontre avec Bernard Friot, sociologue et économiste, suivie d’un repas tiré du sac
17h30 - locaux de Peuple et Culture - Tulle
Projection du film La Sociale de Gilles Perret
20h30 - cinéma Véo - Tulle, en présence de Bernard Friot, avec le Réseau Salariat

 

vendredi 7 octobre
Projection du film Être et avoir de Nicolas Philibert
20h30 - salle polyvalente - Chenailler-Mascheix, avec l’association culturelle et sportive

mercredi 12 octobre
Projection du montage vidéo Raphaëlle de Seilhac, portrait réalisé par Peuple et Culture
18h - salle Latreille - Tulle, dans le cadre de la manifestation ‘‘Mon territoire a du goût’’ avec Tulle Agglo, suivie d’une rencontre avec Raphaëlle de Seilhac

lundi 17 octobre
Rassemblement devant la plaque commémorant les évènements du 17 octobre 1961
17h30 - médiathèque Éric Rohmer - Tulle

vendredi 21 octobre
Projection de la pièce de théâtre Monique H., Nanterre 61 de Medhi Lallaoui, en présence de Monique Hervo,
auteure du livre Chroniques du bidonville - Nanterre en Guerre d’Algérie, avec le Comité du 17 octobre 1961

18h30 - médiathèque Éric Rohmer - Tulle

mercredi 19 octobre
Projection du film Maladies à vendre de Anne Georget et Mikkel Borch-Jacobsen
20h30 - salle Latreille - Tulle, dans le cadre du festival ‘‘Sciences en bobines’’,
en présence de Elena Pasca, sociologue, philosophe, membre de la Fondation Sciences citoyennes, avec Autour du 1er mai, Corrèze environnement et la LDH19

..samedi 22 octobre
Projection du film Edmond, un portrait de Baudoin de Laetitia Carton
20h30 - salle du Cantou - St-Martin-la-Méanne

 

 

 

Programme du mois de septembre 2016 :

du samedi 3 au vendredi 30 septembre
Exposition des travaux des ateliers arts plastiques de Pascale Guérin
de 10h à 19h - librairie Chantepages - Tulle

mercredi 7 septembre
Cinéma et Front populaire, sélection de films
20h30 - salle Latreille - Tulle

samedi 10 septembre
Projection du film Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin
20h30 - salle des fêtes - St Martial Entraygues, avec Kassoumaï

vendredi 30 septembre
Ciné discussion L’objet regard, ça t’regarde ? - cinéma Véo - Tulle,
avec l’Association de la cause freudienne Massif Central
18h - Le photographe aveugle de Natalia Bogdanovska, projection suivie d’une discussion
20h30 - Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcok

Les ateliers chansons reprise septembre 2016

.

.les dates à retenir sur octobre 2016

 


 

 

Programme du mois de juillet aout 2016 :

:.Hommage de Manée Teyssandier à Jean Maison.

du 1er au 6 juillet
Exposition des travaux des ateliers arts plastiques

de 9h à 17h - locaux de Peuple et Culture - Tulle, sur rendez-vous

samedi 2 juillet
Les origines de la pomme ou le jardin d’éden retrouvé de Catherine Peix

20h30 - salle des fêtes - St Jal, avec l’Amicale laïque

vendredi 8 juillet
Projection du film Les moitiés d’Alexandre Zarchikov

20h30 - casse-croûte sorti du sac
21h30 - projection en plein air devant la salle polyvalente - Chenailler-Mascheix

samedi 9 juillet
Projection du film Les jours heureux de Gilles Perret

20h30 - foyer rural - St Martin la Méanne

samedi 13 août
Projection du film La sociale de Gilles Perret

20h30 - foyer rural - St Martin la Méanne, en présence de Bernard Friot, sociologue, spécialiste de la Sécurité Sociale, dans le cadre de l’université d’été du Réseau Salariat
.

 

 

Programme du mois de juin 2016 :

mercredi 29 juin 2016
Ateliers ouverts

jeudi 30 juin 2016
Les chorales chantent dehors

à partir de 17h30 - quartier de Souilhac et de la gare - Tulle

Programme du mois de mai 2016 :

.décade cinéma et société Y’en aura pour tout le monde du 21 avril au 5 mai

.Nuits debouts... à Tulle
C’est tous les samedi soirs à Tulle.

vendredi 6 mai
Projection du film Merci Patron ! de François Ruffin
21h - cinéma Louis Jouvet - Uzerche, avec la P’tite Fabrique Solidaire
projection suivie d’un débat en présence de Baptiste Lefèvre du journal Fakir

mardi 10 mai
Projection du film Je préfère ne pas penser à demain de Nathalie Joyeux
20h - café associatif Ô Soleil - 1 av. de Bournazel - Tulle, avec l’OCCE Corrèze

vendredi 13 mai
Droit de questions 70ème anniversaire de la Sécurité Sociale
avec Michel Etiévent, écrivain et historien
20h30 - salle de l’Université Populaire - Tulle, avec les Compagnons de la mémoire vivante et Meymac Autrement

.samedi 14 mai
Projection du film Éloge de la cabane de Robin Hunzinger
20h30 - salle des fêtes - St-Martial-Entraygues, avec l’association Kassoumaï

 

jeudi 19 mai
Projection du film La glace et le ciel de Luc Jacquet
20h30 - cinéma Véo - Tulle, avec Corrèze Environnement, la FAL 19 et le CCFD Terre Solidaire
en présence de Robert Delmas, chercheur au CNRS, chargé de mission pour les questions du changement climatique à la Direction Générale pour la Recherche et l’Innovation

.

 

 

Programme du mois de avril 2016 :

du samedi 2 avril au samedi 7 mai
Collection en mouvement : Une peinture aussi plate que possible

exposition des oeuvres de Christophe Cuzin, Alain Doret, Sol Lewitt, Bruno Rousselot
mercredi 6 - 18h - médiathèque du pays d’Argentat - vernissage
samedi 16 - 11h - visite commentée par David Molteau

samedi 2 avril
RESF fête ses 10 ans !

toute la journée - salles Latreille haut et bas - Tulle

samedi 16 avril
Droit de questions Podemos, vers une autre Europe ? avec Christophe Barret, historien

14h - salle de l’Université Populaire - Tulle, avec La Boussole, Les compagnons de la mémoire vivante et Meymac Autrement dit

..

du jeudi 21 au lundi 25 avril
Décade Cinéma et Société : Y’en aura pour tout le monde

En campagne : Chenailler-Mascheix, St Jal, Naves, St Martin-la-Méanne, Sérilhac, Vitrac-sur-Montane (programme joint)

du mercredi 27 au dimanche 1er mai
Décade Cinéma et Société : Y’en aura pour tout le monde

Cinéma Véo - Tulle (programme joint)

 


 

Programme du mois de mars 2016 :

jeudi 3 mars
Droit de questions état d’urgence, la République en danger ?
avec Dominique Noguères, avocate, vice-présidente de la Ligue des Droits de l’Homme


19h30 - salle de l’Université Populaire - Tulle,

à l’initiative du collectif corrézien
«Nous ne cèderons pas»

vendredi 4 mars
Projection du film Of men and war (Des hommes et de la guerre) de Laurent Bécue-Renard
20h - cinéma Véo - Tulle, en présence du réalisateur

samedi 26 mars
Projection du film Les invisibles de Sébastien Lifshitz
20h30 - salle du Cantou - St-Martin-la-Méanne

mercredi 30 mars
Projection du film Kosmos de Ruben Desiere
20h30 - salle Latreille - Tulle, dans le cadre des 10 ans de RESF 19


Programme du mois de février 2016 :

vendredi 5, samedi 6 et dimanche 7 février 2016
Comment le cinéma nous sert-il à penser ?
trois journées de formation avec Federico Rossin

de 9h45 à 13h et de 14h30 à 17h - locaux de Peuple et Culture - Tulle

vendredi 5 février
Projection du film Between times de Marc Karlin
20h30 - salle Latreille haut - Tulle

samedi 6 février
Projection du film Brûle la mer de Nathalie Nambot et Maki Berchache
20h30 - cinéma Véo - Tulle, en présence de la réalisatrice avec RESF 19

lundi 8 février
Projection du film J'avancerai vers toi avec les yeux d'un sourd de Laetitia Carton
20h30 - cinéma Véo - Tulle, en présence de la réalisatrice
film en version sous-titrée pour les sourds et les malentendants suivi d'un débat interprétation en langue des signes - français - assurée

samedi 13 février
Projection du film Spartacus et Cassandra de Ioanis Nuguet
20h30 - salle des fêtes - St-Martial-Entraygues avec l'association Kassoumaï

vendredi 19 février
Projection de film
20h30 - salle des fêtes - St Jal avec l'Amicale laïque

Programme du mois de janvier 2016 :

samedi 16 janvier
Projection du film Hiver nomade de Manuel Von Stürler
20h30 - salle du Cantou - St-Martin-la-Méanne


vendredi 22 janvier
Projection du film Être sans avoir de Christophe Ferrux
20h30 - salle des fêtes - Chenaillers-Mascheix, avec l’association culturelle et sportive


vendredi 29 janvier
Projection du film Annonces de Nurith Aviv
20h30 - salle Latreille - Tulle


samedi 30 janvier
Projection du film Le temps des châtaignes de Jean Samouillan
20h30 - salle des fêtes - Sérilhac, avec Achabatz d’entrar
projection suivie d’une dégustation de cidre et galettes