Cinéma documentaire

Le cinéma documentaire puise dans toute la complexité du « réel » à travers le regard singulier d’un réalisateur, touche à la fois à l’intime et à l’universel, agit à l’articulation entre sensible et savoir et ainsi peut convoquer plaisir, émotion, pensée, questionnement sur soi et sur le monde.

Un cinéma qui laisse une place au spectateur (contrairement aux images télévisuelles), un cinéma qui concerne à la fois l’individu et le collectif. Avec le renouveau de ce cinéma, en partie certainement lié à un « vide » du politique, nous avons été quelques uns à le redécouvrir dans les années 90 (notamment grâce aux Etats Généraux du Film Documentaire de Lussas). Est né le désir et la responsabilité de le faire partager à d’autres, hors des seuls festivals, là où nous vivons, en Corrèze. Ainsi depuis 2011, tout au long de l’année, là où le cinéma documentaire n’arrive jamais : dans des petites communes, des quartiers, des salles non équipées, des granges, chez l’habitant, en plein air, ont lieu des projections sur grand écran avec une bonne qualité d’image et de son, assez souvent en présence des réalisateurs

En référence aux droits culturels, aujourd’hui dans plusieurs communes rurales éloignées de toute salle de cinéma, des personnes, appuyées par Peuple et Culture, visionnent des films et font un choix en se déterminant pour tel ou tel film, tel ou tel réalisateur et co-organisent les projections et l’accueil des cinéastes.

Ils exercent ainsi leur droit de prendre part concrètement et de contribuer activement à la vie culturelle et la liberté de faire leurs propres choix tout en respectant celle de l’autre (les choix sont souvent très discutés et les décisions ne sont pas prises au plus petit dénominateur commun).

Cette initiative, parce qu’elle s’inscrit dans la durée permet peu à peu aux personnes qui s’y impliquent de faire des choix non figés, qui s’ouvrent, se transforment et s’élargissent peu à peu, de s’exercer à plus d’autonomie, de s’arracher à des idées reçues, de développer leur esprit critique.

Et parce que les projections sont proposées à d’autres au sein de leur commune et aux communes et villes voisines, il s’agit bien aussi d’une initiative qui permet d’exercer la responsabilité de favoriser la nécessité du débat collectif, de participer à la vie publique.

Malgré le confinement de 2020 (ou, paradoxalement, grâce à…), le besoin d’activités collectives s’est fait particulièrement ressentir en milieu rural et de nouvelles sollicitations venant de petites communes se sont fait jour, si bien que le réseau s’étend. Il comprend une vingtaine de communes et de structures associatives.

Cinéma en prison 

Dès 2006, le directeur du SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation) et des enseignants du Centre de Détention d’Uzerche et de la maison d’arrêt de Tulle nous ont sollicité pour l’organisation de projections pour les détenus. Elles ont depuis lieu une fois par mois. Les détenus sont associés à la programmation.