édito

Mohamed est arrivé à Tulle depuis plusieurs années. Il s’est «intégré» – comme on dit – rapidement dans le tissu social et associatif de la ville. Il a trouvé une nouvelle maison et une autre famille au sein de la Fédération du Secours populaire de la Corrèze. Son sens de la solidarité et son humanité l’ont rendu indispensable à la vie quotidienne de la structure qui lutte chaque jour pour que les plus démunis (et il y en a de plus en plus de toutes origines et catégories sociales) tiennent le coup, mangent à leur faim, survivent malgré la crise, les crises. Mohamed a entrepris des démarches auprès de l’administration française en vue de sa régularisation. Le plus dur était à venir. Dura lex, sed lex… La préfecture veut bien qu’il reste «chez nous» mais à certaines conditions : trouver un travail en CDI dans un secteur professionnel en tension ! Autant chercher une aiguille dans une botte de foin en temps de COVID 19. Cet été, il a participé avec Peuple et Culture à un atelier d’écriture photographique avec Fabienne Yvert. «Se tenir debout malgré les circonstances» avait-il écrit sur son carton. Une phrase qui prend tout son sens aujourd’hui. Il est devenu quasi impossible de nos jours de traverser certaines passerelles, frontières, et la jungle des lois.

Mohamed Soumah, lors d’un atelier écriture/photographie avec Fabienne Yvert à l’été 2020